Skip to main content

Full text of "DICTIONNAIRE INFERNAL (1863)"

See other formats


(BnF 




allica 



BIBLIOTHEQUE 
NUMERIQUE 



Dictionnaire infernal : 
repertoire universel des 
etres, des personnages, 
des livres... qui tiennent 
aux esprits, aux [...] 

Source gallica.bnf.fr / Bibliotheque nationale de France 



BnF 



BIBLIOTHEQUE 
^^^J NUMERIQUE 



Oallica 



Collin de Plancy, Jacques-Albin-Simon (1794-1881). Dictionnaire infernal : repertoire universel des etres, des personnages, des livres... qui tiennent aux esprits, aux demons... (6e 

ed.) par J. Collin de Plancy. 1863. 



1/ Les contenus accessibles sur le site Gallica sont pour la plupart des reproductions numeriques d'oeuvres tombees dans le domaine public provenant des collections de la 
BnF.Leur reutilisation s'inscrit dans le cadre de la loi n°78-753 du 17 juillet 1978 : 

*La reutilisation non commerciale de ces contenus est libre et gratuite dans le respect de la legislation en vigueur et notamment du maintien de la mention de source. 

*La reutilisation commerciale de ces contenus est payante et fait I'objet d'une licence. Est entendue par reutilisation commerciale la revente de contenus sous forme de produits 

elabores ou de fourniture de service. 

Cliquer ici pour acceder aux tarifs et a la licence 

21 Les contenus de Gallica sont la propriete de la BnF au sens de I'article L.21 12-1 du code general de la propriete des personnes publiques. 
3/ Quelques contenus sont soumis a un regime de reutilisation particulier. II s'agit : 

*des reproductions de documents proteges par un droit d'auteur appartenant a un tiers. Ces documents ne peuvent etre reutilises, sauf dans le cadre de la copie privee, sans 
I'autorisation prealable du titulaire des droits. 

*des reproductions de documents conserves dans les bibliotheques ou autres institutions partenaires. Ceux-ci sont signales par la mention Source gallica.BnF.fr / Bibliotheque 
municipale de ... (ou autre partenaire). L'utilisateur est invite a s'informer aupres de ces bibliotheques de leurs conditions de reutilisation. 

4/ Gallica constitue une base de donnees, dont la BnF est le producteur, protegee au sens des articles L341-1 et suivants du code de la propriete intellectuelle. 

5/ Les presentes conditions d'utilisation des contenus de Gallica sont regies par la loi frangaise. En cas de reutilisation prevue dans un autre pays, il appartient a chaque utilisateur 
de verifier la conformite de son projet avec le droit de ce pays. 

6/ L'utilisateur s'engage a respecter les presentes conditions d'utilisation ainsi que la legislation en vigueur, notamment en matiere de propriete intellectuelle. En cas de non 
respect de ces dispositions, il est notamment passible d'une amende prevue par la loi du 17 juillet 1978. 



71 Pour obtenir un document de Gallica en haute definition, contacter reutilisation@bnf.fr. 



Source gallica.bnf.fr / Bib I iotheque nationals de France 



5 



-.J 



;- ■-U* 





rA : ;H 



.A':/? 



. - t: 



I- ■ - ^ 

■. \ - .-M 

• ; .«: ! U 



-'''v'i~ 



"-'■sjy 



'■-"-'.a 



\iO- 



(^V.'-ii.t- - 



t 

* : - 1 , 



) 



PAWS'. TYPQGHAPUIE DM HKXM PLOX, RUE GAUANCIIiRE } 8, 



£1 



Nous, Pierre-Louis Paris-is, <§veque d' Arras, de Boulogne et de Saint-Omer; 

Vu le rapport qui nous a ete souinis sur la : hQUvelle edition da Dictionnaire infernal, deja 
approuve en l%hk par Monseigneur Affre , archeveque de Paris, nous n'avons trouve dans 
les additions qui y oiit ete faites fien qui puisse blesser la foi ou les mceurs. 

PIERRE-LOUIS, 

_ ■ ' -" tfveque d* Arras , de Boulogne et dc Saint-Omer. 

" "V: f * ' . f . ■ ' - - :-- 



i'-f-: 



Arras, le 26 d^cembre 4862. 




i - 



,1 ' 



J- ' 





RE PERT O I RE UN IV ERSEL 



DES ETRES, DES PERSONNAGES, DES LIYRES, DES FAITS ET DES CHOSES QUI T1ENNENT AUX ESPRITS , 
AUX DEMONS, AUX SORC1ERS, AU COMMERCE DE l'ENFER, AUX DIVINATIONS } AUX MALEFICKS, 
A LA CARALE .ET AUX AUTRES SCIENCES OCCULTES) AUX PRODIGES , AUX IMPOSTURES , 
AUX SUPERSTITIONS MYERSES 1ST AUX ;oPRONOSTIGS , AUX FAITS ACT U ELS DU SPIRITISMEy 
ET GENE RALE ME NT A TOUTES. LES FAUSSES CROYANCES MERVEILLEUSES , SURPRENANTE S 3 

MYSTKRIEI SES ET SURNATURELLES J 




ft." K^-n 'A 

• i".i>. .^'.-'^•'.rl'l /l-r-'l! 



1. ^-w>oi 



PM J. COLLIN DE PL&NCY. 



2<* 



six i em e Edition, augmenti5e m soo a rti gbe s nouveaux , 

ET ILLUSTRATE D I! 6 5 .<] H A V U R E S , IUUMI LESQUKLLES LES PORTRAITS DE 72 DEMON'S 
DKiiSINKS PAR M. L, BRETON, d'apR&S LKS DOCUMENTS Y RME L S, 



■JSf: 



- ..V. : .- 




PARIS 



\ - 



■ ■ 'V. vt 

■- - • :\* 

* ! - ' - J L *f 
, - V L T 



HENRI PLON, IMPRIMEUR-EDITEUR 



RUIi G A II A \ C I E It B , 8. 



1863 



^ 1 H 



PREFACE 



1/ immense reunion de matieres, toutes adMreiiles par quelque point, que comprend 
le Dictionnaire infernal, forme tin tel patidsemoniuni d' aberrations et de gerines ou de 
causes d' erreurs, qui cotoient presque toujours la v6rite, qu'il n'y a que l'Eglise, dont le 
flambeau ne pSlit jamais, qui puisse 6tre , en ces excentriei tes , un guide sili ? . Les ouvrages 
qui , avant ce livre , orit trait6 de ces inatieres si variees, et qui sont dans cbaque sp6cialit6 
extremement nombreux, ne sont g6neralement r a peu d- exceptions pres, que d'indigestes 
atiias d'id6es extra vagantes, ou d'incohipletes compilations , ou dUnterminables- discussions 
d6sordomiees, ou de mauvais livres dims tous les sens de ce mot* Le leeteur qui veut un 
peu connaitre ce myst6rieux d6dale des croyances fausses ou d6nitu r6es , et faire ; la 
collection des ouvrages rares et recherch6s , mais trfes-peu lus , dont elles sont le sujet, 
doi Vpour cela , d6periser de grandes sommes , consacrer des ann£es a ces* recherchesy et 
hasarder sa foi en plusieurs cas; Tons ces frais , toute cette peine et ce p6ril seront 
6pargnes par celte nouvelle edition du DlcUonnaire infernal, ! 

Nous disons « cette nouvelie Edition; » parce que, dans les deux premieres, publiGes 
en 1818 et en 1825, l'auteur, en combattant r foiorme phalange des erreurs populaires e t 
des impostures myst&'ieuses, est'tomM lui-m6me dans des 6garements non moins 
funestes, II cherchait alors la v6rit6 hors db son centre; au lieu de s*appuyer sur P %lise , 
oil clle si6ge toujours inalterable 1 , il s'6tait 6bloui aux lueurs d'uiie philosophic oi-gueil- 
leuse et sans autoritfe, dont les enseignements; pris d'cn bas 6gareront longtemps encore les 
esptits frivoles. Entralnfi la trop long temps r iL cut* en 1841, l'insighe bonheur de sortir 
des steppes oil la lumi&re lui manquait et de la retrouver dans les seules doctrines oil clle 
est indfifectible et toujours sttre. II a done entiferement refondu ses travaux, en recon- 
naissant que les superstitions, les folles croyances, Les sciences ^t les pratiques occultes , 
insurrections plus ou moins tacites contre la religion, ne sont venues que des d6serteurs 
de la foi, ou par rh6r6sie, ou par le schisme , ou par des voles moins d6termin6es. 

Tout homme qui 6tudiera Thistoire avec des intentions droiles reconnattrai que 1'Iilglise 
a constamment lutt6 contre les superstitions et les fourberies irifefnales ; qu'elle ti'ajamais 
cessd de r6pandre la liimifere sur les fausses croyances , sur les folles terreurs et sur les 
pratiques pfirilleuses des docteurs en sciences secretes. 

Pour ne titer que quelques t6moignages, saint Augustin dit que les superstitions sont 
Topprobre du genre humain. Origfene les condamne avec plus de force que les encyclo- 
p6distes, et surtout avec plus de poids, Le pape Lfion X notait d'infamie ceux qui se 
livraient aux divinations et autres pratiques superstitieuses. Le quatrifcine concile de 
Carthage les exclut de rassemblee des fideles. Le concile provincial tenu a Toulouse en 
1590 ordonne aux confesseurs et aux predicateutls;de ddraciner, par de fr<5quentcs exhor- 
tations et par des raisbns solides, les pratiques superstitieuses que l'ignorance a introduces 
dans la religion, Le concile de Trente , aprfis avoir condamne ces diverses erreurs, enjoin t 
formellement aux 6v6ques de d6fendre aux fideles tout ce qui peut les porter a la super* 
stition et scandaliser le procbain. 

Nous r6unirions au besoin mille tfimoignages pareils. Conlentons^nous d*ajouter, sans 
craindre un dementi de quelque poids > que Tfiglise a seule les moyens et les grdces 
n6cessaires pour dissipcr ces ^garemenls si souvent dangereux el toujours ^bominables. 



— VIII — 

Ce qui peut-etre n'a pas etc remarque suffisamment au milieu des clameurs int6ress6es 
des philosoplies, c'est que les seuls hommes qui vivent exempts de superstitions sont les 
fideles . enfants de FEglise, parce qu'eux seuls possedent la verite, Les douteurs, au 
contraire, semhlent tous justifier cette grande parole, que ceux qui se separent de Dieu 
ont r esprit fourvoye ; car, parmi eux, les plus incredules sont aussi les plus superslitieux; 
lis repoussent les dogmes reviles, et ils croient aux revenanls; ils out peur du n ombre 13 ; 
ils ont un prejuge contre le vendredi; ils recherchent Implication des songes; ils 
consistent les tireuses de cartes; ils etudient l'avenir dans des combinaisoiis de chiffres; 
ils redoutent les presages. On a cite uu savant de nos jours qui poursuit Telixir de vie ; 
un math^maticien celebre qui croit les elements peuples. par les essences cabalisliques; 
un pliilosophe qui ne sait pas s'il croit a Dieu et qui execute les ceremonies du grimoire 
pour faire venir ic diable. 

Ge liyre done reproduit les aspects les plus eiranges des evolutions de Tesprit humain ; 
il expose lout cc qui cpneerne les esprits, lutins, lees, genies, demons, species et 
faniomes , les sorciers et leurs malefices,' les prestiges des charmeurs, la nomenclature 
et les fonelions des demons et des magiciens, les traditions superstitieuses, les r^cits de 
faits surnaturels, les conies, populaires. Ilouvre les cent portes fantasliques de Vavenir, 
par la definition elaire des divinations, depuis la chiromancie des bobemiens jusqu'a 
Tart de prMire par le marc de cafe ou le jeii de cartes. L'astrologie, Talchimie, la cabale, 
la phrenologie, le magnetisme, ont leur place en des notices qui rfisuinent par quelques 
pages de longs et lourds in-folio. Enfin, le spiritisme, les tables parlantes et les progres 
du magnetisme se trouvent dans ces pages. Depuis quaranle-cinq ans , Uauteur n'a cesse 
d'agrandir ce patient travail, en poursuivant ses. recherches dans des milliers de volumes. 
Avant lui, personne n'avait song6 a r<hmir en un seul coi'ps d'ouvrage toutcs les varices 
que rassemble le Diclionnaire infernal; et nul no peut nier l'ulilil6 de cette enlreprise* 

Les superstitions et les erre.urs out toujours pour fondement une v6rite obscurcie, 
alt6r6e oil trahie; les 6clairer, e'est les combattre* Si on les groupe, ellcs font saillie, et 
leurs difformit6s se rfivelent. Ainsi* peu k peu, on produit la lumiere -dans ces pauvres 
intelligences qui refusent de s^lever jusqu'aux mysteres sublimes de la foi , et qui 
s'abaissent h croire fermement les plus grossieres impostures. On dpnne aussi des arin.es 
aux amis de la vGritcS, pour confondre les deceptions auxquelles se soumeltent des esprils 
qui se croient sup6rieurs, parce qu'ils ne sentent pas leur faiblesse. > 

Par-dessus ces avantages, on a voulu satisfaire le gotit de noire epoque, qui cxige des 
lectures piquantes, et, les sujels aidant, on a pu lui offrir tr^s-frequemmeiit ces excenlri* 
cites, ces singularity, cet impr£vu et ces emotions dont il est si avide. 

L'auteiir de cette sixieme Edition, en la revoyant avec grand soin, Ta augmentee de 
800 articles; et Tediteur Ta illustr6e de 550 gravures, parmi lesquelles 72 portraits de 
d6mons, dessin6s, d'aprte les documents de Wierus et des plus eurieux dSmonographes, 
par M. L. Breton. 




LA DANS IS DES FKJ5S. 





A 



Aaron, magicien du Bas-Empire, qui vivait 
du temps de I'empereur Manuel Coninfene. On 
conte qu'il possedail les Claviculcs de Salomon , 
qu'au moyen'de ce livre il avail a ses ordres des 
legions de demons et se melail de necromancie. 
On lui fil crevcr les yeux; apres quoi on lui 
coupa la langue, el ce ne fut pas la. une viclime 
de quelque fanalisme ; on le condamna comme 
bandit : on avail Irouve chez lui , enlre aulres 
abominations v un cadavre qui avail les piedsen- 
chaines el le occur, percd d'un clou. (Nicolas, 
Annates, liv. IV.) 

Abaddon, le destrucleur; chef des demons de 
la seplieme hierarchic G'est quelquefois le nom 
de l'ange exlerminateur dans r Apocalypse. 

Abadie (Jeannelle d' ), jeune Kile du village 
de Siboure ou Siboro, en Gascogne. Delancre; 
dans son Tableau dc I'inconslance des demons } 
raconle que Jeannelle d' Abadie, dormant, un 
dimanche (le 13 scplembre 1609) s pendant la 
sainle messe, un demon profila du moment el 
1'empoNa au sabbat (quoiqu'onne fit le sabbat ni 



le dimanche ni aux heures des saints offices , 
temps ou les demons ont peu de joie). Elle 
Irouva au sabbat grande compagnie , vit que ce- 
lui qui presidait avail a la tete deux visages, 
comme Janus, reinarqua des crapauds royale- 
ment vetus el triss-honords, et fulscandalisde des 
debauches auxquelles se livraient les sorci&res. 
Du reste, elle ne fit rien de criminelet fut re- 
mise a son togis par le meme moyen de transport 
qui 1'avait emmenee, Elle se nSveilla alors et ra- 
massa une petile relique que le diable avail eu 
la precaution d'oter de son cou avant de l'em- 
porter* 11 parait que le bon cure a qui elle con- 
fessa son avenlure lui fit comprendre en vain les 
dangers qu'elle avail courus; elle relourna au 
sabbat et y fit sans scrupule tout ce que Satan 
ou ses representants lui conseillaient de faire, 
se disanl a elle-meme qu'en faisanl le mal pres- 
ent elle n'en elail pas responsable, Voy* Sabbat, 
Balcoin, Loups-gahous, etc. 

Abalam , prince de Penfer, tres-peu connu. II 
est de la. suite de Paymon. Voy. cb mot, 

\ 



ABA — 2 — 

Abano. Voy. Pierre d'Apone. 

Abaris , grand pretre d'Apollon , qui lui donna 
une Heche d'or sur laquelle il chevauchait par 
les airs avec la rapidite d'un oiseau; ce qui a 
fait que les Grecs Font appele YAerobate. II fat, 
dit-on, m'allre de Pythagore, qui lui vola sa 
Heche, dans laquelle on doit voir quelque allego- 
ric. On ajoute qu'Abaris predisait l'avenir, qu'il 
apaisait. les orages , , qu'il chassait la peste ; on 
conte meme que , par ses sciences magiques, il 
avait trouve Tart de vivre sans boire ni manger. 
Avec les os de Pelops , il fabriqua une figure de 
Minerve 5 qu'il vendit aux Troy ens comme un ta- 
lisman descendu du. ciel : c'est le Palladium qui 
avait la . reputation de rendre imprenable la ville 
ou il se trouvaiL 

Abdeel ( Abraham) , appele communement 
Schoenewald (Beauchamp), predicateur a Gastrin , 
dans la Marche de Brandebourg, fit imprimer a 
Than , en 1572V le Livre de l& parole cachetic, 
dans lequel. il a fait des calculs pour .trouver qui 
est l'Anteehrist et a quelle epoque il doitparaitre. 
Cette methode cohsiste a prendre au hasard mi . 
passage du prophete Daniel ou de F Apocalypse , 
et a donner a chaque lettre,.depuis a -jusqu-'a z, 
m vaieur numerique* A vautl , b vaut 2, c vaut 
8/, et ainsi de suite. Abdeel declare que TAnte- 
christ est le pape Leon X. II trouve de la meme 
maniere les noms'des trois anges par lesquels 
l'Anteehrist doit 6Lre decouyert. ,Ces trois anges 
sont Huss , Luther et un certain Nod qui nous est 
inconnUi ■ , 

Abd-el-^ Azys r astrologue arabe du dixieme 
slecle , plus connu en Europe sous le nom d' Al- 
- chabitius. Son TraiU d'aslrologiejitditiairc a ete 
Iraduit en latin par Jean de Seville (Hispalensh). 
L'edition la plus recherchee de ce livre : Alcha- 
Ulius, mm coirimenlo, est cellede Venise, 1503, 
in-4°'de 1/(0 pages* 

Abdias de Babylone, On attribue a un ecri- 
Vain de cenom l'histoiredu' combat merveilleux 
que livra saint Pierre h Simon le Magicien. Le 
livre d' Abdias a ele traduit par Julius Africanus , 
sous ce Litre : Historia cerlaminis aposlolici ', 

1560 , in-8°. 

Abeilard. II est plus celebre aujourd'hui par 
ses tragiques desordres que par ses ouvrages 
thdologiques , dont les dangereuses erreurs lui 
attirerent justement les censures de saint Ber- 
nard. II mourut en 1142. Yingt ans apres, He- 
loise ayant ete ensevelie dans la meme tombe, 
on conte (mais c'est un pur conte) qu'a son ap- 
proche la cendre froide d' Abeilard se r&hauffa 
tout a coup , et qu'il etendit les bras pour rece- 
voir celle qui avait ete sa femme. Leurs restes 
dtaient au Paraclet, dans une precieuse tombe 
gothique que Ton a transports a Paris en 1799 , 
el qui est presentement au cimetiere du Pere- 
Lachaise. 

Abeilles. C'6tait l'opinion de quelques demo- 



ABE 

nographes que si une sorciere, avant d'etre 
prise, avait mange la reine d'un essaim d'abeilles, 
ce cordial lui donnait la force de supporter la 
torture sans coiifesser 1 ; mais cette decouverte 
n'a pas fait principe. 

Dans certains cantons de la Bretagne , on pre- 
tend que les abeilles sonf sensibles aux plaisirs 
comme aux peines de leurs maitres, et qu'elles 
ne r&ississent point , si on neglige de leur faire 
part des evenements qui int^ressent la maison. 
Geux qui ont cette croyance ne manquent pas 
d'attacher a leurs ruches un morceau d'etoffe 
noire lorsjqu'il y a une mort chez eux, et un 
morceau d'etoffe rouge lorsqu'il y a un mariage 
ou toute autre fete 2 . " - 

Les Circassiens, dans leur religion inelee de 
christianisme , de mahpmetisme et- dldolatiie , 
honorent la Mere de Dieu sous le nom de Me- 
rieme ou de Melissa. lis la regardent comme la 
patronne des abeilles , dont elle sauva la race en 
conservant dans sa manche une de leurs reines, 
un jour que le tonnerre menaQait d'exterminer 
-tous les insectes. Les revenus que les Circassiens 
tirent- de leurs ruches expiiquent leur reconnais- 
sance pour le bienfait qui les leur a preservees. 

Solin a ecrit que les abeilles ne peuvent pas 
vivre en Irlande; que eel les qu'on y amene y 
meurent lout a coup ; et que si Ton porte* de la 
terre de cette ile dans un autre pays et qu'on 
la repande autour des ruches , les. abeilles sont 
forcdes d'abandonner [la place , parce que cette 
terre leur est mortelle. On lit la mepae chose 
dans les Origines d'Isidore. « Faut-il exatniner, 
ajoute le pere Lebrun daus son Hlstoire critique 
des superstitions, d'ou peut venir cette malignite 
de la terre d'Irlande? INon, car il suffit de dire 
que e'est une bourde , et qu'on trouve en Irlande 
beaucoup d'abeilles. » » 

Abel, fils d'Adairi. Des docteurs musuhrians 
disent qu'il avait quarante-huit pieds de hauL ir 
se peut qu'ils aient raisonnd d'apres un tertre 
long de cinquante-cinq pieds, que Ton montre au- 
pres de Damas , et qu'on nomme la tombe d'Abel. 

Les rabbins ont <§crit beaucoup sur Abel. lis 
lui attribuent un livre d'astrologie judiciaire qui 
lui aurait 6l6 rdveld et qu'il aurait renfermd daus 
une pierre. Apres le deluge, Hermes-Trismegiste 
le trouva : il y apprit Tart de faire des talismans 
sous Tinfluence des constellations. Ce livre est 
intitule Liber de virtalibus planetavum et de 
omnibus rerum mandanarum virtutibus. Voy. le 
traite De essentiis essentiamm , qu'on decovc 
faussement du nom- de saint Thomas d'Aquin, 
pars IV, cap. n. Voy. les Legendes de VAncim 
Testament, 

Abel de la Rue* dit h Casscur t savetier et 
mauvais coquin qui fut arrete, en 1582, a Cou- 
lommiers, et brule comme sorcier, magicien , 

1 Wierus, De pmstigiis, lib. VI , .cap. vn, 

2 Cambry, Voyage dans le Finistere, t. .II, p. 46. 



ABE 



— 3 — 



Abr 



noueur d'aiguillettes , et principalement comme 
voleur et meur trier. Foy/ Ligatures. 

Aben-Ezra. Voy. Maciia-Halla. 

Aben-Ragel , astrologue arabe * ne a Cordoue 
au commencement du cinquieme siecle. II a laisse 
un livre d'horoscopes , d'apres l'inspection des 
eloiles , traduit en latin sous le litre De judkiis 
sea falis stdlariim, Venise, iZj85; rare. On dit 
que ses predictions , quand il enfaisait, se dis- 
tinguaient par une certitude tres-estimable. 

Abigor, demon d'un ordre superieur, grand- 
due dans la monarchie infernale. Soixante le- 
gions marchent sous ses ordres *. II se nionlre 
sous la figure d'un beau cavalier portant la lance, 




l'etendard ou le sceptre; il repond habilement 
sur lout cc qui concerneles secrets de la guerre, 
sail l'avenir, et enseigne aux chefs les moyensde 
se faire aimer des soldats. 

Abime, el plus correclement ahjsme. C'est le 
nom qui est donhe, dans TEcrilure sainle, 1° a 
I'enfer, 2° au chaos lenebreux qui prdceda la 
creation. 

Abominations, Voy. Sabbat. 

Abou-Ryhan, aulremenl appcle Mohammed- 
ben-Ahmed, astrologue arabe, morl en 330. 
11 passe pour avoir possddd a un haut degrd le 
don de prddire les choses futures. On lui doit 
une introduction a I'astrologie judiciaire. 

Aboyeurs. 11 y a en Brelagne et dans quel- 
ques autres contrees des homines et des femmes 
affccLes d'un certain delire inexpliqud, pen- 
dant lequel ils aboient absolument comme des 
chiens. Quelques- uns parlenl a Ira vers leurs 
aboiements, d'autres aboient et ne parlenl plus. 
Le docleur Champouillon a essaye d'expliquer ce 
terrible phenomene, en raltribuanl aux suites 
d'une frayeur violenle. II cite un jeune consent 
de la classe de 1853 qui , appele devant le con- 
seil de revision, reclama son exemption pour 

1 Wierus, in Pseudomonarchia d&m>, etc* ■ 



cause d'aboiement; il racontait qu'elant mous&e 
a bord d'un caboteur, il avait ele precipile & la 
mer par un coup de vent? Tepouvante Tavait 
frappe d'un tel aneantissement, qu'il ri'en etait 
sorti que pour subirdes suffocations qui Fempfi- 
cherent de-parler pendant une semaine. Lorsque 
la parole lui revinfc, elle s'entrecoupa a chaque 
phrase de cris veh&nents, remplaces bientot 
par des aboiements saccades qui duraient quel- 
ques secondes. Ges spasmes f urenfc reconnus bien 
reels, et le consent fut reforme. 

Mais il y a en BreLagne des aboyeuses qui ap- 
p or tent eri naissant celte affreuse infirmite im- 
plantee dans quelques families. Les bonnes gens 
voient la un malefice etnous nesavons comment 
expliquer une si trisle misere. 

Nous pourrions ci ter un horn me qui , dans 
Tagonie qui preceda sa mort, agonie qui dura 
trois jours , ne s'exprima que par des aboiements 
et ne put retrouver d'autre langage* Mais ceku-la, 
dans la profanation des eglises, en 1793, avait 
enfermd son chieri dans un tabernacle* - v 

Nous connaissons aussi une famille ou le pere 
et la mere devenus muels , nous ne savons par 
quelle cause ni pour quelle cause , n'ont que des 
enfants muels. Ainsi les freres et les soeurs ne 
poussent que des cris inarticul& et ne s'entendent 
pas aulremenl pour les plus urgenls besoiris de 
la vie. ■ ■ 

Abracadabra. Avec ce mot d'enchanlement, 
qui est tres-celebre , on faisait , surtout en Perse 
et en Syrie , une figure magique a laquelle on 
attribuait le don de charmer di verses maladies 
jet de guerir particulifcrement la fi&vre. 11 ne fal- 
lait que porter autour du cou celte sorte de phi- 
lactere, ecrit dans la disposition triangulaire que 
voici : - 

ABRACADABRA 
ABRACADABR 
ABR AC A DAB 
ABB. AG AD A 
ABR A CAD 
ABRACA 
ABRAC 
ABRA 
ABR 
AB 

A , 

Abracax ou Abraxas, Tun des dieux de 
quelques theogonies asiatiqnes', du nom duquel 
on a lire le philactere abracadabra. Abracax est 
represent^ sur des amulettes avec une Lfite de 
coq, des pieds de dragon et un fouet a la main, 
Les demonographes ont fait de lui un ddmon, 
qui a la tele d'un roi et pour pieds des serpents. 
Les basilidiens, herdtiques du deuxieme siecle, 
voyaient en lui leur dieu supreme. Comme ils. 
trouvaient que les sept lettres grecques dont ils 
formaient son nom faisaient en grec le nombre 
365, qui est celui des jours de Tannde, ils pla- 
Qaient sous ses ordres phisieurs gdnies qui pr<§si^ 
daient aux trois cent soixante-cinq cienx, et 



ABR 



ABS 



auxquels ils 
yerlus, une 
saient encor 



attribuaient trois cent, soixante-cinq 
pour chaque jour. Les basilidiens di- 
e que Jesus-Christ, Notre-Seigneur, 




n't^tait qu'un fantdme biehveillant envoye sur la 
terre par Abracax. lis s'tfcarlaientde la doctrine 
de leur chef. 

Abraham. Tout 1e monde connait Phistoire de 
GO: saint patriarche, ecrite dans les livres sacres. 
Les rabbins et les musulmans Font chargde de 
beaueoup de traditions curieuses, que le lecteur 
peut trouver dans les Ldgendcs de I'Ancien Tes- 
tament. 

Les Orientaux voient dans Abraham un savant 
astrologue et un homme puissant en prodiges. 
Suidas et Isidore lui attribueuL rinvention de l'al- 
phabet, qui est du a Adam. Voy\ Cadmus. 

Les rabbins font Abraham auteur d'un livre 
Da l* explication des songes, livre que Joseph , 
disent-iis, avait etudid avant d'etre yendu par 
ses freres. On met aussi sur son compte un ou- 
vrage intitule Jelzirah, ou la Creation 1 que plu- 
sieurs disent ecrit par le rabbin Akiba. Votj. ce 
nom. Les Arabes possedent ce livre cabalistique , 
qui traite de l'origine du monde : ils l'appellent 
le Sepkev. On dit que Vossius, qui raisonnait tout 
de Ira vers la-dessus, s'etonnait de ne pas le voir 
dans les livres canoniques. Postel I'a traduit en 
latin : on l'a imprimd a Paris en 1552 ; a Mantoue 
en 1562, avec cinq - commcntaires ; a Amsterdam 
en 1642. On y trouve de la magie et de l'astrolo- 
gie. — « C'est un ouvrage cabalistique tres-ancien 
ettres-c^lebre, dilledocleur Rossi. Quelques-uns 
le croient compose par un ecrivain anterieur au 
Talmud, dans lequcl il en est fait mention. » — 
Le Litre de l'ouvrage porle le nom d 5 Abraham ; 
mais ajoutons qu'il y a aussi des opinions qui le 
croient dcrit par Adam lui-m6me. 

Abrahel, demon succube, connu par une 
a venture que raconte Nicolas Remy dans sa D&- 
monoldtric, et que void : — En Tannee 1581, 
dans le village de Dalhem , au pays de Limbourg , 



un mediant patre, nomine Pierron, conQUt un 
amour violent pour une jeune fille de son voisi- 
nage. Or cet homme mauvais etait marie ; il avail 
meme de sa femme un petit gargon. Un jour qu'il 
dlait occupe de la criminelle pensee de son amour, 
la jeune fille qu'il conVoitait lui apparut dans la 
campagne: e'etait un 1 demon sous sa figure. Pier- 
ron lui decouvrit sa passion ; la pretendue jeune 
Qlle promit d'y repondre , s'il se livrait a elle et 
s'il.jurait de lui obeir en toutes choses. Le patre 
ne refusa rien, et son abominable amour fut ac- 
cueilli. — Peu de temps apres, la jeune fille, ou 
le demon qui se faisait appeler Abrahel par son 
adorateur, Jui demanda, comme gage d'attadhe- 
ment, qu'il lui sacrifiat son fils. Le patre recut 
une pomme qu'il devait faire manger a Fenfan!.; 




1'enfant * ayant mordu dans la pomme, tpmba 
mort aussitot. Le desespoir de la mere fit tant 
d'effet sur Pierron, qu'il courut a la recherche 
d' Abrahel pour en obtenir reconfort. Le ddmon 
promit de rendre la vie a 1'enfant, si le pere vou- 
lait lui demander cette grace a genoux, en lui 
rendant le culte d'adoration qui n'est du qu'a 
Dieu. Le patre se mil a genoux, adora, et aussi- 
tot 1'enfant rouvrit les yeux. On le frictionna, on 
le rechaufla; il recommenga a marcher et a par- 
ler. 11 etait le m£me qu?auparavant, mais plus 
maigre, plus have, plus defait, les yeux baltus 
et enfonces, les mouvements plus pesants. Au 
bout d'un an, le ddmon qui l'animait Tabandonna 
avec un grand bruit, et 1'enfant tomba .a la ren- 
verse... 

■ Cette histoire d6cousue et incomplete se ler- 
mine par ces mots, dans la narration de Nicolas 
Remy: « Le corps de 1'enfant, d'une puanteur 
insupportable, fut tir6 avec un croc hors de. la 
maison de son pere et enterre dans un champ. » 
— 11 n'est plus question du ddmon succube ni du 
pMre. 

Absalon. On a dcrit bien des choses supposees 
a propos de sa cheveiure. Lepellelier, dans sa 
dissertation sur la grandeur de l'arche de INoe, 
dit que toutes les fois qu'on coupait les cheveux 
d'Absalon, on lui en otait trente onces... 

Abstinence. On pretend, comme nous I'avons 
dit, qu'Ai)aris ne mangeait pas et qu<? les magi- 
ciens habiles peuvent s'abstenir de manger et de 
boire. 



ABU 

Sahs parler des jcunes merveiileux dont il est 
fait mention dans la vie de quelques saints, Marie 
Pelet de Laval, femme du Hainaut, vecut trente- 
deux mois (du 6 riovembre 1754 au 25 juin 1757) 
sans recevoir aucune nourriture, ni solide ni 
liqnide. Anne Harley, d'Orival , pres de Rouen, 
se soutint virigt-six ans en buvant seulcment un 
peu de lait qu'elle vomissait quelques moments 
apres l'avoir avale. On ciierait (Taulres exemples. 

Dansjes idees des Orientaux > les genies ne se 
nourrissent que de fumees odorantes qui ne pro- 
duisent point de dejections. = 

Abundia, fee bienfaisante honoree en Thu- 
ringe comme prolectrice* Elle visite les maisons, 
6u elle mange et boit avec ses compagnes ce 
qu'on Jeur a prepare , mais sans que rien des mets 
soit diminue par elles. Elles soigneht les etables; 
et on a des marques de leur passage par des. 
gouttes de leurs ciergesjle cire jaime, qu'on re- 
in a rq tie stir la peau des animaux domestiques. 

Acatriel , Tun des trois princes des bons de- 
mons, dans la cabal e juive , qui admet des demons 
de deux natures. 

Acca-Laurentia, appelee aussi Lupa : la 
Louve, a cause de ses mceurs debordees, etait 
miseau rang des divinitds dans 1'ancienne Rome, 
pour avoir adopts et nourri Romulus. 

Accidents. Beaucoup d'accidenls peu ordi- 
nances, mais naturels, auraient passe autrefois 
pour des sortileges. Voici ce qu*on lisait dans un 
journal de 1841 : — « Mademoiselle Adele Mercier 
(des environs de Saint-Gilles) , occupde il y a peu 
de jours a arracher dans un champ des feuilles de 
murier, fut piqu<5e au bas du cou par une grosse 
mouche qui, selon loule probability, venait de 
sheer le cadavre putr<§fie de quelque animal, et 
qui deposa dans Tincision faile par son dard une 
ou quelques gouttelettes du sue morbifique dont 
elle s'elait rcpue. La douleur, d'abord extreme- 
ment vive, devinl insupportable* II fallut que 
mademoiselle Mercier fut, reconduite chez elle et 
qu'elle se mil au lit. La partie piquee s'enfla pro- 
digieusement en peu de temps : l'enflure gagna. 
Atleinte d'une fi&vre algide qui acquit le carac- 
lore le plus violent,, malgre,Lous les soins qui lui 
furent prodigues, et (juoique sa piqure eut <He 
cauterisee et alcalisee , mademoiselle Mercier 
mourut le lendemain , dans les souffrances les plus 
alroces. » 

Le Journal du Rhone racontait ce qui suit en 
juin 18/jl : — « Un jeune paysan des environs de 
Bourgoin , qui voulait prendre un repas de cerises, 
commit l'imprudence, lundi dernier, de monter 
sur un cerisier que les chenilles avaient qui lie 
apres en- avoir ,devor<5 toil tes les feuilles. II y 
avail vingt minutes qu'il salisfaisait son caprice 
ou son appelit, lorsque presque instantanemenl 
il se sentit atteint d'une violente inflammation a 
la gorge. Le malheureufc descendil en poussant 
p6nibleinent ce cri : J'6louffe!j*4touffe! Une demi- 



ACH 

heure 'apr&s il etait mort. On suppose que. les die-, 
nilles ddposent dans cette saison sur les cerises 
qu'elles touchent une substance que Toeil dis- 
tingue a peine ; mais qui n'en est pas rnoins un 
poison, C'est done s'exposer que de manger ces 
fruits sans avoir pris la sage precaution de les 
laver. » - . • 

Accoucheraents. Chez les Grecs , les char- 
meuses retardaient un accouchement, un jour, 
une semaine et davanlage; en se tenant les 
jambes croisees et les dorg-ls entrelaces a la porte 
de la pauvre femme prise des douleurs de l'en- 
fantement, Voy. Ai:tite. 

Accduchements prodigieux. Tbrquemada , 
dans son Exam6ron r €i\& une femme qui mil au 
monde sept enfants ala fois^ a Medina del Gampo; 
une autre femme de Salamanque qui en eut neuf 
d'une seule couche. Jean Pic de la Mirandole as- 
sure qu'uhe femme de son pays eut vingt enfants 
en deux grossesses, neuf dans 1'une et ciiize dans 
l'autre. Voy. Irmentrude,, Trazkgni^s, Imagina- 
tion. Torquemada parle aussi d'une Italienne qui 
mitau monde soixante-rdix enfants a la fois; puis; 
il rapporle,.comine aTabri du doute, ce-que eonle 
Albert le Grand, qu'une Allemande enfanta, d'une 
se^le couche, cent cinquante enfants, tous enve- 
loppds clans une pellicule,. grands comme le petit 
doigt et tres-bien formes 1 . 

Acham t v demon que Ton conjure le jeudi. 
Voy. GoNJunATiONS.- 

Achamoth, esprit, ange ou eon du sexef^mi- 
nin, mere de Jehovah, dans les stupides doctrines 
des valenliniens. 

Actearai - Rioho , chef des enfers chez les 
Yakouts. Voy. Mang-taar. 

Acheron, lleuve de douleur dont les eaux 
sont amferes; Tun des fleuVes de Tenfer des 
paiens. Dans des relations du moyen age, TAch£- 
ron est un monslre; dans la mythologie grecque , 
Acheron etait un homme qui donna a boire aux 
Titans altdrtSs; Jupiter Ten chfitia en le changeant 
en fleuve et le jelant dans les enfers. 

Acherusie, marais d'l^gypte pres d'Hdliopo- 
lis, Les morts le traversaient dans une barque, 
lorsqu'ils avaient el<5 juges dignes des honneurs 
de la sepulture. Les ombres des morLs enterres 
dans le cimeti&re voisin erraient, disail-on, sur 
les bords de ce marais, que quelques g6ographes 
appellent un lac. 

Achguaya-Xerac. Voy. Guayotta. 

Achmet, devin arabedn neuvieme sitele, au- 
teur d*un livre Do Vintcrpritalion des songes, 
suivant les doctrines de TOrienL Le lexte origi- 
nal de ce livre est perdu ; mais Rigault en a fait 

i Plusieurs tie ces fails, s'ils sont bion. autlieiiti- 
ques,,peuvent etre dos miracles. Une aventnre plus 
prodigieasc , ct qui est admise comme un cMliment 
miraculeux, a eu lieu en Hollando. Yoycz, dans les 
Legendes des Verlxis theologaies : Les plats de Loos- 
duynen. 



mm- 



ACO 



imprimer la traduction grecque et la tine a la suite 
de VOndirocHtique d'Artemidore ; Paris, 4603, 
in-4°. 

Aconce (Jacques) , cure apostat du diocese de 
Trente, qui, pousse par la debauche, embrassa 
le protestantism© en 1557 ,-et passa en Angle*- 
terre. La reine Elisabeth iui fit une pension. 
Aussi il ne.manqua pas de Tappeler diva Elisa- 
helha, en lui dediant son livre Des stratagemes 
de Satan*. Mais nous ne mentionnons ce livre ici 
qti'a causede son titre c.e ri'esfc pas un ouvrage 
de demonomanie, c'est une vile et detestable dia- 
tribe contre le Gatholicisme. 

Adalbert; heretique qui fit du bruit dans les 
Gaules au huitieme siecle:; il est regarde par les' 
uns eomme un habile faiseur de miracles et par 
les autres cpmme un grand cabaliste; II distri- 
buait les rognures de "ses brigles et de ses che- 
veux, disant que c'etaienfc de puissants preserva- 
iifs ; il contait qu'un ange, venu des extremites 
du monde, lui avait apporte des reliques et des 
amiilettes d^ine sainteteprodigieuse. On difc meme 
qu'il se consacra des autels a lui-meme et qu'il se 
fit adorer. II pretendait savoir Tavenir, lire dans 
la pensee. et connattre la confession des pecheurs 
rien qu'enles regardant. II moiitraitimpudemment 
une lettre de Notre^Seigneur J<§sus-Christ, disant 
qu'elie lui avait ete app'ortee par saint Michel. 
Baluze,; dans sori^ppendice aux GapiLulaires des 
rois francs, a public eette lettre, dont void le 
titre : — « Au nom de Dieu : Ici commence -la 
lettre de Notre-Seigneur J&us-Ghrist v qui est torn- 
bee ,a Jerusalem, et qui a 6te trouvee par 1'ar- 
change saint Michel , lue et copiee par la main 
d'un pr&re nomme Jean, qui Ta.erivoytfe a la 
ville de Jeremie a un autre: prelre, nommd Tala- 
sius; et Talasius l'a envoyee en Arabie a un autre 
pretre, nomme L6oban ; et Leoban Pa envoyee a 
la ville de Betsamie, ou elle a- ete re^ue par le 
prStre Macarius, qui 1'a renvoyee a la montagne 
du saint archange Michel ; et par le moyen 4'un 
ange, lalettre.est arrivee a la ville de Rome, au 
sdpulcre de saint Pierre, ou sont les clefs du 
royaume des cieux; et les douze pretres qui sont 
a Rome ont fait des veilles de trois jours, avec 
des jeunes et des prieres, jour.et nuit, » etc, Et 
Adalbert enseignait a ses disciples une prifcre qui 
debutail ainsi : 

« Seigneur, Dieu tout-puissant, pere de Notre- 
Seigneur J£sus-Christ 3 Alpha et Omdga, qui eles 
sur le trone souverain , sur les Cherubins et les 
Seraphins, surl'ange Uriel, Tange Raguel, 1'ange 
Cabuel, 1'ange Michel, sur Tange Ihias, 1'ange 
Tabuas, 1'ange Simiel et 1'ange Sabaolh , je vous 
prie de m'accorder ce que je vais vous dire. » 

C'etait, comme on voit, tres-ingenieux. Dans 

- 1 De strata g&matibus Satanw in rcligiohis negotio, 
per suparstitionem, err or em, Jmresim, odium } ca~ 
lumniam, schisma, etc., lib, VIM. Bale, 1565. Sou- 
veut r&mprimiS et traduit en plusieurs langues. 



6 — ' . . ADA 

un fragment conserve des memoires qu'il avait 
ecrits sur sa vie, il raconte que sa mere* etant 
enceinte de lui, crut voir sortir de son cote droit 
un veau; ce qui etait , dil-il, le pronostic des 
graces dont il fut comble en naissant par le mi- 
nistere d'un ange. On arreta le cours des extra- 
vagances de e'et insense en l'enfermant dans une 
prison, ou il mourut,: 

Adam, le premier homme. Sa chute devant 
les suggestions de Satan est un dogme de la reli- 
gion chretienne. 

Les Orientaux font- d'Adam un geant deme- 
sure, haut d'une lieue; ils en font aussi un magi- 
cien, un cabaliste; les rabbi'ns en font de phis 
un alchimiste et un ecrivain. On a suppose un 
testament de lui ; et enfin les musulmans regret- 
tent toujours dix traites merveilleux que Dieu lui 
avait dictes 1 . - / 

Adam (rabbe). 11 y eut un temps. ou Ton 
voyait le diable en toutes choses et partoufc, et 
peuk-etre n'avait-on pas tort, Mais il nous sem- 
ble qu'on le voyait trop ; m'atenellement, Le bon 
et naif Gesaire 4'Heisterbach a fait un liyre d'his- 
toires prodigieuses oil le diable est la machine 
universelie; il se montre sans cesse et sous di- 
verses figures palpables. G'etait surtout a Tepo- 
que oil Ton s'occupait en France de rextinetion 
des templiers, Alors un certain abb6 Adam , qui 




gouvernait rabbayedesVaux-de-Gernay, au dio- 
cese de Paris, avait l'esprit tellement frappe de 
Tidee que le diable le gueLtait, qu'il croyait le 
reconnaitre a chaque pas sous des formes que 

1 Yoyez les ldgcndes d'Adam , des preadamites el 
des gdnies, dans les Legendes de PAncien Testament 



Odeur de brouillard , "mar- 



ADA — 

sans doute le diable n'a pas souvent imagine de 
prendre. — Un jour qu'il revenait de visiter une 
de ses petiLes metairies, accompagne d'un servi- 
teur aussi credule que lui, fabbe Adam raconLait 
comment le diable Favait harcelfi dans son 
voyage. L'esprit malin s'etait montre sous la 
figure d'un arbre blanc de frimas, qui semblait 
venir a lui. — G'est singulier, dit un de ses amis; 
n'etiez-vous pas la proie de quelque illusion 
causee par la course de votre cheval ? — - Non , 
c'etait Satan. Mon cheval s'en effraya ; l'arbre 
pourtant passa au galop etdisparut derriere nous, 
il laissait une certaine odeur- qui pouvait Men 
etre du soufre. - 
motta Tautre. — 
Le diable repa- 
rut , et cette fois 
c'etait nil cheva^- 
lier noir qui s'a- 
vangait vers nous 
pareillement. — 
Eloigne- toi , lui 
criai-jed'unevoix 
etouflee. Pour-v 
quoi m'attaques- 
tu? 11 passa en- 
core, sans avoir 
Tail* de s'oceuper 
de nous, Mais il 
revint. une troi- 
sieme fois ayant 
la forme d'un 
homrae grand,. et 
pauvre, ayec un 
cou long et mai- 
gre. Je fermai les 
yeux et ne le re- 
vis que quelques 
instants -pi us lard 
sous le capuchon 
d'un petit moine. 
Je crois qu'il avail 
sous son froc une 
rondache dont 
il me menagait. 
— Mais , inter- 

rompit r autre, ces apparitions ne pouvaient-elles 
pas etre des voyageurs nalurels? — Commesion 
ne savait pas s'y reconnaitre! comme si nous ne 
ravions" pas'vu derechef sous la figure d'un 
pourceau, puis sous celle d'un ane, puis sous 
celle d'un tonneau qui roulait dans la campagne, 
puis enfin sous. la forme d'une roue.de charretle 
qui, si je ne me trompe, me renversa, sans tou- 
Lefois me faire aucun mal ! — Aprcs tanl d'as- 
sauts, la route s'elait achevee sans autres mal- 
encontres 4 . . Voy . Hallucinations. 
Adamantius, mddecin juif, qui se fit chre- 

1 Robert Gaguin , Philipp. 



— ADE 

tien a Constantinople, sous le regne de Con- 
stance, a qui il dedia ses deux livressur Ja 
Phtjsiognomonie ou Tart de juger les homines 
par leur figure. Cet. ouvrage., plein de contra- 
dictions et de reveries, a die imprime dans quel- 
ques collections , notamment dans les Scnplo- 
res pliysiognomomm veleres, grec et latin", extra 
J.-G.-F. Franziij AUembourg; 1780, in-8°. 

Adamiens ou Adamites. Heretiques du se- 
cond siecle, dans fespece des basilidiens. Us se 
mettaient nus et proclamaient la promiscuite des 
femmes. Clement d'Alexandrie dit qu'ils se van- ' 
taient d' avoir des livres secrets de Zoroaslre , 
ce qui a fait conjeclurer a, plusieurs ; qu-ils ,<§taient 

• ■ livr6s a la magie. 
Adelgreiff 
( Jean - Albert ) , 
ills nature! d'un 
paste ur alle- 
mand , qui lui 
apprit le latin, le 
grec, l'hebreu et 
plusfeurs langues 
moclernes. .11 de-. 
vi.nt foil et crut 
avoir des visions. 
II disait que sept 
anges l'avaienl 
cbargd de repr<§- 
senter Dieu sur 
laterre eldecha- 
tier lesr-souve- 
rains avec des 
verges de fer. II 
signait ses dd- 
crets : « Jean Al- 
brechlAdelgreilf, 
Kihi Schmalkhit- 
mnndis , archi - 
souverain pon- 
lifc,roiduroyau- 
me des cieux , 
juge des vivanls 
et des morls, 
I)ieueip£ire,dans 
la gloire duquel 
le Christ viendra. au dernier jour, Seigneur de 
tons les seigneurs et Roi de lous les rois. » 11 
causa beaucoup de troubles par ses extrava- 
gances, qui trouverenl, comme toujours, des 
partisans. On lui attribua des prodiges, et il 
fufc bride a Kcenigsberg comme magicien , bdrd- 
tique et perturbateur , le 11 octobre 1636. II 
avait predit avec assurance qu'il ressusciterait le 
Iroisieme jour, ce qui ne s*est pas vdrifie. 
' Adeline, ou plutot Edeline. Voy. ce mot 
Adelites , devins espagnols qui se vantaient 
de pr^dire par le vol ou le chant des oiseaux 
ce qui devait arriver en bien ou en mal, 
Adelung (Jean-Christophe) , litterateur alle- 




■'"■i 



ADE — 8 

mand, mort a Dresde .en 1806. II a laisse un ou- 
vtage intitule Histoire des folies humaines, ou 
Biographie des plus eelebres necromanciens , al- 
ehiinistesy devins,. etc.; sept parties; Leipzig. 
-1785-1789. 

Adeptes, nom que prennent les alchimistes 
qui prelendent avoir troiwe la pierre. philoso- 
phise et l'elixir de vie. lis disent qu'il y a lou- 
jours onze adeptes dans ce nionde ; et , comme 
l'elixir les rend immortels, lorsqu'un nouvel 
alehimiste a deeouvert le secret du grand ceuvre, 
il faut qu'tin des onze ancjens lui fasse place et 
se retire dans un autre des mondes elementaires. 

Ades, ou Hades, roi de Penfer. Ge^mot est 
pris sou vent, chez quelques poetes anciens, pour 
Penfer meme, 

Adhab-Algab, purgatoire'des musulmans, ou 
les mechantssont tourmentes par les anges noirs = 
Munkir et Nekir. 

Adjuration, formule d'exorcisme par laquelle 
oii conimande, au nomdeDieu, a l'espril malin 
de dire, ou de faire ce qu'on exige de lui. 

Adonis, demon brule. Selon les demonqlo- 
gues, ; il remplit quelques Mictions dans les incen- 
dies\ Des savants; croientque e'est le meme 
que le demon Thatnuz des Hebreux. 

Adoration du crapaud. Les sorciers n 5 ado- 
rent pas settlement le diable dans leurs hideuses 
-assemblies. Tout aspirant qui est recu la sor- 
cier apres certaines dpreuves rfrjoit uncrapaud, 
avec Pordre de Padbrer ; ce qu'il fait en lui don- 
liant uii baiser en signe de r6v<3rence. Voy. 
Sabbat. ; 

Adramelech, grand chancelier des enfers, 
inlendant de la garde-robe du souverain des de- 




mons, president du haut conseil des diables. II 
elait adore a Sdpharvaim, ville des Assyriens, qui 
brulaient des enfaiils sur ses autels. Les rabbins 
disent qu'il se montre sous la figure d'un mulet, 
et quelquefois sous celle d'un paon. 

1 Wierus, DeprcBstigiis daemon., Jib. I. 



— AET I 

Adranos* idole sicilienne, qui a donne son • 
nam a la ville. d'Adranum, aujoiuxi'hui Aderno. \. 
On £levait dans son temple mille chiens^dits sa- \- 
cres, qui avaient pour mission prineipale de re- j 
conduire chez eux les homines ivres. 1 
Adrien* Se trouvant en-Mesie, a la tete d'une | 
legion auxiliaire , vers la fin du regne de Domi- | 
tien , Adrieri consulta un devin {car. il croyait | 
aux devins et a l'aslrologie judiciaire), lequel lui | 
predit qu'il parviendrait un jour a Pempire* Ge | 
n'etait pas, dit-on, la premiere fois qu'on lui fai^ p 
salt cette promesse. Trajan, qui elait son tuteur, U 
1'adopta, et il regna en effet. | 
On lui attribue en Ecosse la construction de la j:; 
muraille du Diable. . [5 

Fulgose, qui croyait beaucoup a Pastrologie, | 
rapporte, comme une preuve de la solidite de ) 
cette science, quel'empereur Adrien, tres-habile i 
aslrologue, ecrivait tbus les an s , le premier jour 
du premier mbiSj ce qui lui devait arriver pen^ 1 
dant Pannee, et que, Fan ■.qu'il mourut, il n!e- J 
crivit que jusqu'au mois de sa mort, donnant a j 
eonnaitre par son silence qu'il prevoyait son I 
tripas. Mais ce livre de Pempereur Adrien, qu'on j 
tie mon tra q u' a p res sa mort, n 'e tai t qu' u n jou r n al , 
Aeromancie , art de predire les choses fu- 
tures par I'exatiien des variations et des pheno- j 
menes de Tair. C'est en vertu de cette divination 5 
qu'une comete annonce la mort d'un grand } 
liomine. Gependant ces presages extraordinaires \ 
peuvent renlrer dans la tdraloscopic. 

Francois de la Torre-Blanca dit que Taero- 
mancie est- Tart de dire 3a bonne aventure en 
faisant apparaltre des spectres dans les airs, ou 
en representaiit, avec l'aide des demons , les ; 
evenemenls fulurs dans un nuage, comme dans 
une lanterne magique. a Quant aux eclairs el au 
tonnerre, ajoule-t-il, ceci regarde les augures; el 
les aspects du ciel et des planetes apparliennent 
a l'astrologie. » : 

Aetite, espece de pierre qu'on nomine aussi 
pierre d'aigle, selon la signification de ce mot 
grec, parce qu'on pretend qu'elle se trouve dans 
les nids des aigles. Matthiole dit que les aigles 
von I cliercher cette pierre jusqu'aux Indes, pour J 
faire eclore plus facilement leurs petits. De la | 
vient qu'on attribue a TaetiLeJa propriete de fa- [ 
ciliter 1'accouchement lorsqu'elle est attachee j 
au-dessus du genou d'une femme, ou de le retar- j 
der si on la lui met a la poitrine. Dioscoride j 
dit qu'on s'en servait autrefois pour decouvrir 
les Yoleurs. Apres qu'on 1'avait broyde, on en j 
melait la cendre dans du pain fait expr&s; on en j 
faisalt manger a tous ceux qui dtaient soupQon- 
nes. On croyait que, si pen d'aetile qu'il y eut 
dans ce pain, le voleur ne pouvait avaler le mor- 
ceau. Les Grecs modernes emploient encore 
cette vieille superstition, qu'ils rehaussent de 
quelques paroles mysterieuses. Voy. Alphito- 
mancie, 



jEYO 



— 9 — 



AGR 



JEvoli (Cdsar), auteurou collecleur d'un livre 
pea remarquable , intitule Opuscules sur les at- 
tribute divins et sur le .pouvoir qui a ete donne 
aux demons de connaitre les choses secretes et 
de tenter les homines. Opmcula de divmis attri- 
butts et de modo el potestate quant deemoncs ha- 
bent intellujendi et jiassiones animi excitandi^ 
in-4°; Venise, 1589. 

Agaberte, «Aucuns parlent, dit Torquemada, 
d'une certaine femme nominee Agaberte, fille 
d r un geant qui s'appelait Vagnoste, demeurant 
aux pays septentrionaux , laquelle etait graiide 
encharileresse; et la force de ses eiichantements 
etait si variee cju'ori ne la voyait presque jamais 
en sa propre figure. Quelquefois e'etait une pe- 
tite vieille fort; ridee, qui semblait ne se pouvoir 
remuer, ou bien une pauvre femme malade et 
sans forces; d'autres fois elle etait si haute qu'elle 
paraissait toucher les nues avec sa tete. Ainsi 
elle prenait telle forme qu'elle voulait aussi ai- 
sement que les auteurs ecrivent d'Urgande la 
Meconnue. Et, d'apres ce qu'elle faisait, le monde 
avait opinion qu'en un instant elle pouvait obs- 
curcir le soleil , la lime et les etoiles, aplanir les 
monts, renverser les montagnes , arracher les ar- 
bres, dessecher les rivieres, et faire autres choses 
pareilles v si ailment qu -elle semblait tenir tons 
les diables attaches et sujets a ses volontes » 

Agar es,. demon. Voy. AcuAniis. 

Agate, pierce precieuse a laquelle les an- 
ciens altribuaient des qualites qu'elle n'a pas, 
comnie de fortifier le coeur, de preserver de la 
pesle et de guerir les morsures du scorpion et de 
la vipere. 

Agathion, demon familter qui ne se montre 
qu-a midi. II parait en forme d'homme ou de 
bete ; quelquefois il se laisse enfermer dans un 
talisman, dans une bouteilie ou dans un anneau 
magique 2 . 

r Agathodemon , ou bon demon, adord des 
%yptiens sous la figure d'un, serpent a tete hu- 
maine. Les Grecs de l'Arcadie donnaient ce nom 
a Jupiter. Les dragons ou serpents aiies, que les 
anciens revdraient, s'appelaient agat/wdtcmones, 
ou bons genies. 

Agla, sigle ou mot cabalislique auquel les 
rabbins altribuent le pouvoir de chasser l'esprit 
malin. Ce mot se compose des premieres leltres 
de c6s qualre mots hebreux : Athah gabor leo- 
lam, Adonai; « Yous etes puissant et etcrnel, 
Seigneur. » Ce charme n'etait pas seulemenl em- 
ploye par les Juifs et les cabalistes, quelques 
Chretiens heretiques s'en sont armes souvent 
pour combatlre les demons. L'usage en etait fre- 
quent au seizieme siecle Vet plusieurs livres ma- 

i Examcron, de Torquemada, traduit par Gabriel 
tnappuis, Tourangeau, sixieme journec. 

* Le oyer, Disc, et hist, des spectres, liv. Ill , ch. v. 

* Leloyer, Disc, et hist, "des spectres, liv. YIII , 
ch, vi. * 



giques en sont pleins, principalement Y Enchiri- 
dion; attribue ridicnlement au pape Leon III. 
Voy. Cabale, ' - ' 

Aglaophotis, sorte d'herbe qui croit dans les 
marbrieres de l* Arable , et dont les magiciens se 
servaient pour evoquer les demons. Us em-* 
ployaient ensuite Tanancitide et la syrrochile, 
autres ingredients qui retenaient les demoris evo- 
ques aussi longtemps qu'on le voulait; Voy. 
Baaras. 

Agnan, ou Agnian, demon qui tourmente les 
Aniericains par des apparitions el des mechan- 
celes. 11 se montre surtoufc - an Bresil et chez les 




Topinamboux. 11 parait sous toutes sortes de 
formes, de fagon que ceux qui veulent le voir 
peuvent le rencontrer partout. 

Agobard, archeveque de Lyon au neuyifcmc 
siecle. 11 a ecrit contre les epreuves judiciaires 
et contre plusieurs superstitions de son dpoque. 
On croyait de son temps que les sorciei's fai- 
saient les tempetes, qu'ils 6taient maitres de la 
grele el des intemperies. Ainsi , dit le saint ev6- 
que, on ote a Dieu son pouvoir tout- puissant 
pour le donner a des homines. Jl dclaira done 
son diocese, et il est bon de remarquer ici que 
e'est toujours l'l5glise qui a le plus constamment 
combattu les superstitions. Cependant elle a cru 
avec raison aux magiciens et aux mal6flces, mais 
jamais a leur omnipotence. ; 

Agrafena-Shiganskaia. L*une des maladies 



AGR 



les plus r generales sur les cotes nord-est de la 
Siberie, surtout parmi les femmes: c'est une ex- 
treme Micatesse des nerfs. Gette maladie, ap- 
pelee mirak dans ce pays, peut etre causee par 
le defaut absolu de loute nourriture vegetale ; 
mais la superstition l'attribue a Finfluence d'une 
magicienne nominee Agrafena-Shiganskaia, qui, 
bien que morte depuis jriusieurs siecles, conti- 
nue, comme les vampires, a repandre l'effroi 
parmi les habitants et passe pour s'emparer des 
malades, — M. de Wrangel, qui rapporte ce fait 
dans le recit de son expedition au nord-est de la 
Siberie, ajoute que parfois on trouve aussi des 
hommes, qui souffrent du- mirak ; mais ce sont 
des exceptions. 

Agrippa (Henri-Corneille) , medecin et philo- 
sopbe, contemporain d'firasme* Tun des savants 
hommes de son temps, dont on Ta appele le 
Trismegiste; n£ a Cologne en 1/jS6 , mort en 
1535, apres une carri&re orageuse, chez le rece- 
veur general de Grenoble, et rion a Lyon ni dans 
un hopital, comme quelques-uns Font ecrit, il 
avail ete lie avec tous les grands personnages et 
recherchd de tous les. princes de son epoque, 
Charge souvent de negotiations pol.itiques, il fit 
de nombreux voyages, que Thevet, dans ses 
Vies des hommes iilustres, atlribue a la.manie 
<( de faire partout des tours de son metier de 
magicien ; ce qui le faisait reconnaitre et chasser 
incontinent » . 



— 10 — AGU 

grand succes probablement , puisqu'il mourut 
pauvre. II avait des pretentions a penelrer 
l'avenir, et on raconte qu'il promit au connetable 
de Bourbon des succes contre Francois I cr , ce qui 
etait peu loyal, car il elait alors le medecin de 
Louise de Savoie. On croit pouvoir etablir aussi 
qu'il avait etudie les arts extranaturels dans pes 
universites occultes qui existaient au moyen age. 

Sa Philosophie occulte lui atlira des persecu- 
tions. On y voit, malgre d'habiles detours, les 
traces evidentes de la theurgie. Aussi il a laisse 
une certaine reputation parmi les pauvres etres 
qui s'occupent. de sciences secretes , et on' a mis 
sous son nom de stupides opuscules magiques. 
On croyait encore sous Louis XIV qu'il n'etait 
pas mort, Voyez sa legende , oil il est peul-etre 
trop menage , dans les Ligcndcs infernalcs. 

Aguapa, arbr6 des hides orientales dont on 
pretend que l'ombre est-veninieuse. Un homme 
vetu qui s'endort sous cet arbre se releve tout 
enfle,;et Ton assure qu'un homme nu creve sans 
ressource. Les habitants atlrihuent a la. median- 
cete du diable ces cruels effelS; Voy. Bouon- 
Upas. 

Aguares, grand-due de la partie orientale des 
enters. II se montre sous les trails d'un seigneur 
a cheval sur un crocodile, l'6pervier au poing. 



r. 




Agrippa, 

Entrain^ par ses <5fcudes philosophiques dans 
des excentricitfe ou la magie intervenait, comme 
de nos jours le magnetisme et le spiritisme , il 
s'est <§gai*6 dans la theurgie des neb-plaloniciens 
et s'est pos<5 « heritier de I'ecole d'Alexandrie 4 , » 
II a done fait reellement de la magie , comme 
Ten accusentles ddmonologu.es, ou du moins il 
l'a tente. II s'est occupd aussi de l'alchimie, sans 

1 M. Gougenot des Mousseaux : La magie au dix- 
neuvieme Steele > p. 210. 




II fait revenir a la charge les fuyards du parli 
qu'il protege et metrennemi en deroiite. Ildonne 
les dignites, enseigne toules les langues, et fait 
danser les esprils de la terre. Ce chef des de- 
mons est de l'ordre des vertus : il a sous seslois 
trente et une legions. 

Aguerre (Pierre d'). Sous Henri IV, dans 
cette partie des Basses-Pyr<$n6es qu'on appelait 
le pays de Labour 1 , on lit le proc&s en sorcel- 
lerie a un vieux coquin de soixante-treize ans , 
qui se nommait Pierre d'Aguerre , et qui causail 
beaucoup de maux par empoisonnemenls , dits 

1 Lapurdum, autrefois, dans la Gascogne. 



AIG 



11 — 



AIM 



sortileges. On avait arrete, en meme temps que : 
lui, Marie d'Aguerre et Jeanne d'Aguerre, ses 
petites-filles ou ses petites-niexes , avec d'autres 
jeanes filles et les sorcieres qui les avaient me- 
nees au sabbat. Jeanne d'Aguerre exposa les tur- 
pi Ludes qui se commettaient dans les grossieres 
orgies ou on l'avait conduite; elle y avait; vu le 
diable en forme de bouc. Marie d'Aguerre deposa 
que le demon adore au sabbat s'appelait Leo- 
nard^ qu'elle l'avait vu en sa forme de bouc sor- 
tir du fond d'uhe grande cruche placee au milieu 
de l'assemblee, qu'il lui avait par u prodigieuse- 
ment haut, et qu'a la fin du sabbat il etait reii- 
tre dans sa cruche.- - 

Deux temoins ayant affirme qu'ils ayaient vu 
Pierre d'Aguerre remplir au sabbat le person- 
nage demaitredes : ceremonies, qu'ils avaient vu 
le diable lui donner un baton dore avec lequel 
il ran geait, comme un mestre de camp* les per- 
sonnes et les choses, et qu'ils t 5 avaient vu a la 
fin de Tassemblee rendre au diable son baton de 
commandement 4 , le vieux coquin, qui avait bien 
cTauLres mdfaits, fut condamne a mort cotnme 
sorcier avere, Voy. Bouc et Sabb/lt. 

Aigle. L'aigie a toujours ete un oiseau de pre- 
sage chez les anciens. Valere-Maxime rapporte 
que la vue d'uh aigle sauva la vie au roi Dejola- 
rus, qui ne fuisait rien sans consulter les oi- 
seaux; comme il s ? y connaissait,il comprit que 
l'aigie qu'il voyait le d&ournait d'aller loger 
dans la maisoix qu'on lui avait preparde, et qui 
s'ecroula la nuit suivante. 

De profonds savants out dit que Paigte a des 
proprieles surprenantes, entre autres celle-ci, 
que sa. cervelle clessechde , mise en poudre, im^ 
pregnee de sue de eigne et. mangee: en ragout , 
rend si furieux ceux qui se sont permis ce regal , 
qu'ils s'arrachent les cheveux, et se decbirent 
jusqu'a ce qu'ils aient complement acheye leur 
digestion. Le livre qui contient cette singuliere 
recctte 2 donne pour raison de ses eflels que « la 
grande chaleur de la ceryelle de l'aigie forme 
des illusions fanlastiques en bouchant les con- 
duits des vapeurs et en remplissant la tete de 
fumfie »; C'est ingenieux et clair. 

On donne en alchimie le nom d'aigle a diffe- 
renles combinaisons savantes. Vaigle cdlesie est 
une composition de mercure reduit en essence , 
qui passe pour un remede universel ; Yaigle de 
Vetms est une composition de vert-de-gris et de 
sel ammoniac, qui forment un safran; Yaigle 
no/rest une composition de cette cadmie yene- 
neuse qui se nomme cobalt, et que quelques al- 
chimistes regardent comme la mat&re du mer- 
cure. pbilosophique. 

Aiguilles. On pratique ainsi, dans quelques 

1 T*dmcrG y Tableaudel'incon$tancedesdemons,elc., 
liv. II, discours iv. 

2 Les admirables secrets d' Albert le Grand, liv. II, 
ch. in. (Livre supposd.) 



localites, une divination par les aiguilles. — On 
prend vingt-cinq aiguilles neuves; on les met 
dans une assiette sur laquelle on verse de Teau. 
Gelles qui s'alTourchent les unes sur les autres 
annoncent autant d'ennemi^. 

On conte qu'il est aise de faire merveille 
avec de simples aiguilles a coudre, en leur com- 
muniquant une vertu qui , enchan te. . Kornmann 
ecrit ceci 1 : « Quant a ce que les magiciens. et les 
eiichanteurs font avec Taiguille dont on a cousu 
le siiaire d'un cadavre /aiguille au liioyen de la- 
quelle ils peuvent lier les nouveaux maries , cela 
ne doit pas s'ecrire, de crainte de faire naitre 
la pensee d'un pareil expedient.;. » 

Aiguillettje. On appelle nouement de F.aiguil- 
lette un charme qui frappe tellement Fimagina- 
tion de deux epoux iguorants ou superstitieux , ; 
qu'il s-eleve entre eux une sorte d'antipathie 
dont les accidents sont: tres^di vers. Ge charme 
est jete par des malveillants qui passent pour 
sorciers ou qui le sont. Foy, Ligatuiuds. , , 

Aimant (Magnes), principal producteur de la 
vertu magnetique ou attractive*— II y a siirTai- 
mant quelques erreurs populbires qu'ii est bon 
de passer en revue. On rapporte des choses ad- 
mirables, dit le docteur Brown 2 , d'un certain 
aimant qui n^attire pas seulement le fer, mais la * 
chair aussi. C'est un aimant trfes-faible, compose 
surtout de terrp glaise semee d'un petit nombre 
de lignes magn&iques et Jerries. La terre glaise 
qui en est la base fait qu- il s T attache aux Ifevres , 
comme llheiniatLte ou la terre de Lemnos. Les 
m&lecins qui joignent cette pierce a Tadtite lui 
donnenl mal a propos la vertu de prevenir les 
avortements. 

On a dit de toute espece d- aimant que Tail 
pent lui enlever sa propri^ld attractive ; opinion 
: certainement fausse , quoiqu'elle nous: ait &1& 
transmise par Solin, Pline, Plutarque, Hat- 
thiole , etc. Toutes les experiences 1' on t ddm en- 
tie. Un fil d'archal rougt, puis eteint dans le: jus 
d'ail^ne Iaisse pas de conserver sa vertu polaire ; 
un-morceau d'aimant enfonc(5 dans Tail aura la 
meme puissance attractive qu'auparavant; des 
aiguilles laissees dans Tail jusqu'a s'y rouiller 
n'en retiendront pas moins cette force d'attracr 
tion. On doit porter ie meme jugement (le eette 
autre assertion, que le diamant a la vertu d'emp6- 
cher Tattraclion de Faimant, Placez un.diamant 
(si vous en avez) entre Taimant et Taiguille, 
vous les verrez se joindre, dussent-ils passer 
par-dessus la pierre precieuse. Les auteurs que 
nous combatlons ont surement pris pour des 
diamants ce qui n'en etait pas. 

Mettez sur la meme ligne, continue Brown, 
cette autre tnerveille cont6e par certains rab- 
bins, que les cadavres humains sont nlagn&i- 

1 De mirac. morkior^ pars Y, cap. xxn, 

2 Essai sur les errcurs, etc M liv. II, ch. hi. 



AIM 



— 12 



AKB 



ques, et quia, s'ilssont etendus dans un bateau, 
le bateau tournera jusqu'a ce que la tete du 
corps mort regarde le sep ten Irion. — Francois 
Rubus, qui avait une credulite tres-solide, recoit 
comme vrais la plupart de ces faits inexplica- 
bles. Mais tout ce qui tient du prodige, il Taltri- 
bue au prestige du demon 1 , et c'est un moyen 
facile de sortir d'embarras. 
1 Disons un mot du tombeau de Mahomet. 
Beaucoup de gens croient qu'il est suspendu , a 
Medine , entre deux pierres d'aimant placees 
avec art, l'une au-dessus et l'autre au-dessous; 
niais ce tombeau est de pier re com me tous les 
aulres, et bati sur le pave du temple, — On lit 
quelque part , a la verite , que les mahometans 
avaient cpnQii un pareil dessein ; ce qui a donne 
l|eu a. la fable que le temps et Teloignement des 
lieux ont fait passer pour une verite, et que Ton 
a essaye d'accrediter par des exemples. On voit 
dans Pline que l'architecte Dinochares com men ca 
.de vouter, avec des pierres d'aimant, le temple 
d'Arsinoe a Alexandre, afin de suspendre en 
Pair la statue de cette reine; il moun.it. sans 
avoir execute ce projet, qui eutecboue. — - Rufin 
conte que v dans le temple de Sernpis, il y avail 
un chariot de fer que des pierres d'aimant te- 
naient suspendu ; que ces pierres ayarit ete 
otees, le chariot tomba et se brisa. Bode rap- 
porte dgalement,* d'apres des contes anciens, 
que le cbeval de Bellerophon, qui dtaitde fer, 
fut suspendu entre deux pierres d'aimant. 

C'est sans doule a la qualitd minerale de 1'ai- 
manL qu'il faut attribuer ce qu'assurent quel- 
ques-uns, que les blessures faites avec des armes 
aimantees sont plus dangereuses et plus difliciles 
a gueri'r, ce qui est detruit par 1'experience ; les 
incisions faites par- des chinirgiens avec des in- 
struments aimant&s no causent aucun mauvais 
eflet. Rangez dans la meme classe P opinion qui 
fait de 1' aim ant un poison, parce que des auleurs 
le placent dans le catalogue des poisons. Garcias 
de Huerla, medecin d'un vice-roi espagnol, rap- 
porte au contraire que les rois de Geylan avaient 
coutume de se faire servir dans des plats de 
pierre d'aimant, s'imaginant par la conserver 
leur vigueur. 

- On ne peut attribuer qu'a la vertu magnetique 
ce que dit iEtius, que si un goutteux tient quel- 
que temps dans sa main une pierre d'aimant, il 
ne se sent plus de douleur, ou que du moins il 
dprouve un soulagement. C'est a la m&ne vertu 
qu'il faut rapporler ce qu'assure Marcel 1 us Em- 
piricus, que l'aimant guerit les maux detete. 
Ces effcts merveilleux ne sont qu'une extension 
gratuitede sa vertu attractive, dont tout le monde 
convient. Les hommes, s'etant apergus de celte 
force secrete qui attire les corps niagnetiques, 

1 Discours sur les pierres prdcieuses dont il est fait 
mention dans PApocalypse. 



lui ont donne encore une attraction, d'un ordre 
different, la vertu de tirer la douleur de toutes 
les parties du corps ; c'est ce qui a fait eriger 
l'aimant en philtre. 

On dit aussi que l'aimant resserre les noeuds 
de 1 'ami tie paternelle et de l 1 union conjugate , en 
meme temps qu'il "est tres-propre aux operations 
magiques. Les' basilidiens en faisaient des talis- 
mans pour^chasser les demons. Les fables qui 
regardent les vertus de cette pierre sont en 
grand nombre. Dioscoride assure qu'elle est 
pour les voleurs un utile auxiliaire ; quand ils 
veulent piller tin logis : , dit-il, ils allument du 
feu aux quatre coins, et y jettent des morceaux 
d'aimant. La fumee qui en resulte est si incom- 
mode, que ceux qui habitent la maison sont for- 
ces de l'abandonn.er. Malgre Tabsurdite de cette 
fable, mille ans apres Dioscoride, elle a ete 
adoptee par les ecrivaihs qui ont compile" les 
prelendus secrets merveilleux d' Albert le Grand. 

Mais on ne trouvera plus d'aimant comparable 
a celui de Laurent Guasius. Cardan afilrme que 
toutes les blessures failes avec des armes froltees 
de cet aimant ne causaient aucune douleur. 

Encore une fable : je ne sais quel ecrivain as- 
sez grave a dit que l'aimant fermente dans du 
sel produisait et formait le petit poisson appele 
remove, lequel possede la vertu d 1 allirer Tor du 
puits le plus profond. L'auteur de cette r'ecette 
savait qu'on ne pour rait jamais le refuter par 
P experience ! ; et c'est bien dans ces sortes de 
cboses qu'il ne faut croireque les faits eprouves. 

Aimar. Voy* Baguette divinatoiki;:. 

Ajournement. On croyait assez generalement 
autrefois que, si quelque opprimd, au moment 
de mourir, prenait Dieu pour juge, et s'il ajour- 
nait son oppresseur au tribunal supreme , il se 
faisait toujours une manifestation du gouverne- 
ment temporel de la Providence. Le mot tou- 
jours est une lemeril6, car on ne cite que qu'cl- 
ques faits h Pappui de cette opinion. Le roi de 
Castille Ferdinand IV fut ajourne par deux gentils- 
hommes injustement condamneSj et mourut au 
bout de trente jours. ICndas Sylvius raconte, et c'est 
encore un fait constat^, que Francois l cr , due de 
Bretagne, ayant fait assassinerson frere (en 1/(50) , 
ce prince, en mourant, ajourna son meurlrier 
devant Dieu, et que le due expira au jour fixd 2 . 

Mous ne mentionnerons ici I'ajournement du 
grand niaitre des tern pliers, que 1 on a dit' avoir 
cite le pape et le roi au tribunal de Dieu , quo 
pour faire remarquer ail lecteur que cet ajour- 
nement a 6l6 imagine longtemps apres le supplice 
de ce grand maitre. Voy, Templieus. 
Akbaba, vautour qui vit mille ans en se 

1 Brown, au lieu citd. 

2 Voyezj dans les JJgendes des Femmes dans la vie 
reelle , rajournement de la femme du comte Alar cos, 
et la ldgende de rajournement dans les Legcndes des 
Vertus theologales et cardinales. 



I-, 



AKH --13 

nourrissant de cadavr'es. C'est une croyance 
lurque. 




Akhmin. Ville de la "ixioycnne Tliebaidc, qui 
avail autrefois le.renom d'etre la demeure des 
plus grands magiciens 1 . Paul Lucas parte, dans 
son second voyage % du serpent mervetlleux 
d'Akhmin, que les musulmans honorent com me 
on ange, et que les. Chretiens croient etre le de- 
mon Asmodee. I/mj. Haiudi. 

Akiba , rabbin du premier siecle de noire ere, 
precursenr de Bar-Gokebas 5 . De simple berger, 
poussepar Vespoir d'oblenir la main d'une jeune 
niledoat il elait 6pris, il devint un savant re- 
nomme\ Les Juifs disent qu'il fut instruil par les 
esprits dlementaires, qu'il savait conjurer, el 
qu'il eut, dans ses jours d'eclat , jusqu'a qualre- 
vingt mille disciples.,. On croit qu'il est auteur 
du Jctzirah, ou.livre de la creation, atlribue 
aussi par les uns a Abraham, et par d'aulres a 
Adam meme. 

Akouan, demon geant, qui, dans les tradi- 
tions persanes , lutla longlemps conlre Roustam, 
et fut en Q.n, malgre* sa masse enorme, tue par 
ce heros. — Roustam est en Perse un personnage 
que Ton ne petit- comparer qu'a Roland, chez 
nous. v 

Alain de lisle (Insulensis) , religieux ber- 
nardin, eveque d'Auxerre au donzieme siecle, 
aulcur vrai ou suppose de V Explication des pro- 
phetic* dc Merlin (Explana Liorics in prophetias 
Mcrlini Angli; Francfort, 1608, in-8°). II com- 
posa, dil-on, ce commenlaire, en 1170, a Poc- 
casion du grand bruit que faisaient alors lesdiles 
propheiies. 

Un autre Alain ou Alanus, qui vivait dans le 
meme siecle, a laisse pour les alchimisles un 
livre intitule* Dicta de lapide philosophico, in-8°; 
Leyde, 1600. 

Alaric, roi des Goths et premier roi du pre- 
mier royauine d'llalie (car il y en a eli qua Ire 
avant nos jours, el aucun n'a pu durer). Olym- 
piodore nous a conserve un recit populaire de 

1 IVIIerbelot, Biblioikcque orientate . 

2 Liv. Y, t. 11, p. 83. 

3 Yoycz la ldgendc de Bar-Gokebas, dans les Le- 
gendes de VAncien Testament. 



— ALB 

son temps, suivant lequel, lorsque Alaric voulut 
envahir la Sicile, il fut repousse par une statue 
myslerieuse qui lui lancait des flammes par Pun 
de ses pieds et des jets d'eau par Pautre. 11 se 
retira a Gosenza, ou il mourut subilemerit peu 
de jours apres (an 410). 

Alary (Frangois), songe-creux, qui a fait im- 
primera Rouen, en 1701, la Prophetic du comic 
Bombastc, chevalier de-la Rose-CroiXj neveu de 
Paracclse, publiee en Pannee 1609, sur la nais- 
sance de Louis le Grand. 

Alastor, demon severe, executeur supreme 
des sentences du monarque infernal. 11 fait les 
lonclions deNemdsis. Zoroaslre Pappelle le bourr 
reau ; Origene dit que c'est le meme qu'Azazel ) 




d'aulres le confondenl avec Pange exlerminaleur. 
Les anciens appelaient les gdnies malfeasants 
alaslores, et Plularque dit que Cicdron, par haine 
centre Auguste, avail eu le projet de se tuer 
aupres du foyer de ce prince pour devenir son 
alastor. 

Albert le Grand, Albert le Teulonique, Al- 
bert de Cologne, Albert de Ralisbonne , Alhertm 
Groins > car on le designe sous lous ces noms (le 
veritable elait Albert de Grool), savant et pieux 
dommicain , mis a tort au nombre des magiciens 
par les demonographes, fut , dit-on, lepluscu- 
rieux de lous les hommes. II naquil dans la 
Souabe , a Lawigen sur le Danube, en 1205. D'un 
esprit fort grossier dans son jeune age, il devint, 
a la suite d'une vision qu'il eut de la sainle Yierge, 
qu'il servait tendremeiil etqui lui ouvritlesyeux 
de J'esprit, l'un des plus grands docleurs de son 
siecle. 11 fut le mailre de saint Thomas d'Aquin. 
Vieux,il retomba dans la mddiocritd, comme 
pour monlrer qu'evidemment son inerite el sa 
science elendue n'elaient qu'un don miraculeux 
et temporaire. — D'anciens dcrivains onl dit, 
apr6s avoir remarque la durele^ naturelle de sa 
conception, que d'ane il avail 6te transmue* en 



ALB 

philosophe; puis,' ajoutent-ils, de philosophe il 
redevint ane i . 

Albert ]e Grand fut eveque de Ratisbonne , et 
inourut saintement a Cologne, age de quatre- 
vingt-sept ans. Ses ouvrages n'ont ete publies 
qu'en 1651 ; ils forment vingt et un volumes in- 
folio. En les parcourant* on admire un savant 
chrelien; on ne trouve jamais rien qui ait pu 
le charger de sorcellerie. II dit formellement 
au contraire : « Tons ces contes de demons qu'on 
w voit roder dans les airs , et de qui on tire le 
» secret des choses futures, sont trop souvent 
» des absurdites ou des fourberies 2 , » — C'est 
qu'on a mis sous son nom des livres de secrets 
inerveilleux, auxquels il n'a jamais euplus de 
part qu'a l'invention du gros canon et du pistolet 
que lui attribue Malthieu de Luna. 

Mayer dit qu'il recut des disciples de saint Do-, 
minique le secret de la pierre philosophale , et 
qu'il le eommuniqua a saint Thomas d'Aquin; 
qu'il possedait une pierre marquee natnrellement 
d'un serpent, etdouee de cette vertu admirable, 
que si on la mettait dans un lieu frequente par 
des serpents, elle les attirait tous; qu'il em- 
ploya, pendant trente ans , toute sa science de 
magicien et d'astrologue a faire, de metaux bien 
choisis et sous l'inspection des astres , un auto- 
mate doue* de la parole , qui lui servait d 5 oracle 
et resolvait toutes les questions qu'on lui propo- 
sal : c'est ce qu'on appelle Yandro'ide d } Albert le 
Grand ; que cet automate fut andanti par saint 
Thomas d'Aquin, qui le brisa a coups de baton , 
dans Tidee que c'etait un ouvrage ou un agent 
du diable. On sent que tous ces petits faits sonl 
des contes. On a donne aussi a Virgile, an pape 
Sylvestre II, a Roger Bacon, de pareils androi'des. 
Vaucanson a montre" que c'&ait un pur ouvrage 
de me~canique. 

Une des phis celebres sorcelleries d' Albert le 
Grand eut lieu a Cologne. II donnait un banquet 
.dans son cloitre a Guillaume II, comte de Hol- 
lande et roi des Romains ; c'etait dans le coeur de 
i'hiver; la salle du festin prdsenta, a la grande 
surprise de la cour, la riante parure du prin- 
temps; mais, ajoute-t-on, les fleurs se fletrirent 
a la fin du repas. A une epoque ou Ton ne 
connaissait pas les serres chaudes, Pelegante 
prevenance du bon et savant religieux dut 
surprendre. — Ce qu'il appelait lui-meme ses 
operations magiques n'etait ainsi que de lamagie 
blanche. 

Finissons en disant que son nom d' Albert le 
Grand n'est pas,un nom de gloire, mais la simple 
traduction de son nom de famille, Albert de GrooL 
On lui attribue done le livre intitule les Ad- 
miralles secrets d' Albert le Grand , con tenant 



1 Voyoz, dans les Legendes de la sainte V large, la 
Vision de VEcolier* 

2 De sewm, ctvig., lib. Ill, tract. I, cap. vhi. 



— 14— ALB 

plusieurs traites sur les vertus des herbes , des 
pierres precieuses et des animaux, eLc., augmen- 
ted d'un abrege curietix de la physionomie et 
d'un preservatif contre la peste, les fievres ma- 
lignes, les poisons et l'infection de Fair, tires et 
traduits des anciens manuscrits de 1'auteur qui 
n'avaient pas encore paru, etc., .in-1.8, in-2/i, 
in-12. Excepte du bon sens, on trouve de tout 
dans ce fatras, jusqu'a un traite des fwntes qui, 
«quoique viles.^et meprisables , sont cependant 
» en estime, si on s'en sert aux usages pres- 
» crits (les engrais) » r Le recollecteur de ces 
secrets debute par une fagon de priere; apres 
quoi il donne la pensee du prince desphilosophes, 
lequel pense que Fhomme est ce qu'il y a de 
meilleur dans le monde , attendu la grande sym- 
pathie qu'on decouvre entre lui et les signes du 
ciel , qui est au-dessus de nous , et par conse- 
quent nous est superieur. 

Le livre I er traite principalement, et de-la ma- 
niere la plus inconvenante , de Tiniluence des 
planetes sur la naissance des enfants , du mer- 
veilleux effet des cheveux . de la femme, des 
mbnstres , de la fagon de connaitre si une femme 
enceinte porte un garcon ou une fille, du venin 
que les vieilles femmes ont dans les yeux, sur- 
tout si elles y ont de la chassie, etc, Toutes ces 
reveries grossieres sont fastidieuses , absurdeset 
fort sales. On voit au livre II les vertus de cer- 
tainps pierres , de certains animaux , et les mer- , 
veilles du monde , des planetes et des astres. — 
Le livre Illpresente Texcellent traite des flentes, 
de singulieres iddes sur les urines , les punaises , 
les vieux souliers et la pourriture; des secrets 
pour amollir le fer, pour manier les mdtaux , 
pour dorer l'etain et pour nettoyer la batterie 
de cuisine. Le livre IV est un traite dephysiogno- 
monie, avec des remarques savanies, des obser- 
vations sur les jours heureux et malheureux, 
des preservatifs contre* la hevre, ties purgatifs, 
des recettes de cataplasmes et autres choses de 
m'eme nature. Nous rapporterons en leur lieu ce 
qu'il y a de curieux dans ces extravagances, et 
le lecteur, comme nous , trouvera ^tonnant qu'on 
vende chaque annde par milliers d'exemplaires 
les secrets d' Albert le Grand aux habitants mal- 
avises des campagnes. 

Le solide Trdsor du Petit Albert, ou secrets 
mer veil leux de la magienaturelleetcabalistique, 
traduit exactement sur 1'original latin intitule 
Alberti Parvi Lueii liber de mirabilibas natures 
arcanis } enrichi de figures mysterieuses el la 
maniere de les faire (ce sont des figures de ta- 
lismans). Lyon, chez les heritiers de Beringos 
fratres, a 1'enseigne d'Agrippa. In-18, 6516 (an- 
nexe cabalistique). — Albert le Grand est egale- 
ment dtranger a cet autre recueil d'absurditds, 
plus dangereux que le premier, quoiqu'on n'y 
trouve pas, comme Ies -paysaus se l'imaginent, 
les moyens d'evoquer le diable. On y voit la 



2 
'i 

4. 

I 



ALB 

maniere de nouer et de denouer l'aiguillette, la 
composition de divers philtres, l'art de savoir en 
songe qui on epousera , des secrets pour faire 
danser, pour multiplier les pigeons , pour gagner 
au jeu , pour retablir le vin gat6 5 pour faire des 
talismans cabalistiques , decouvrir les tresors , se 
servir de la main de gloire , composer Teau ar- 
dente et le feu gregeois , la jarr§tiere et le baton 
du voyageur, Tanneau d'invisibilite , la poudre 
de sympathie , Tor artificiel , et enfin des remecles 
conlre les maladies , et des gardes pour les trou- 
peaux. tfoy, ces divers articles. 

Albert d'Alby, auteur de V Oracle parfait. 
Voy. Cartomancik , k la fin. 

Albert de Saint-Jacques, moine du dix-sep- 
tietne siecle, qui publia un livre intitule Lu- 
mihre mix vimnts par Vexpdrimcc des morls, ou 
diverses apparitions des ames du purgatoire en 
notre siecle. In-8°, Lyon, 1675. 

Albigeois, fusion de nianicbeens tres-per- 
fides, dont l'heresie eGlata- dans le Languedoc, 




et eut pour centre AM. lis admetlaient deux 
principes, disant que Dieu avait produit de lui- 
meme Lucifer, qui etait ainsi son fils aind; que 
Lucifer, filsde Dieu, s'dtait revolle contre lui; 
qu'il avait cntralnd dans sa rebellion une partie 
desanges; qu'il s'etait vu alors chasse du ciel 
avec ses complices; qu'il avait, dans son exil, 
crd6 ce monde que nous habitons , oil il rdgnait 
el oil lout allait mal. lis ajoutaienL que Dieu, 
pour retablir l'ordre, avait produit un second 
fils, qui etait Jesus-Christ. 

Ge singulier dogme se presentait avec des va- 
ries, suivant les difT6rentes sectes. Presque 



15 — ALB 

toutes niaient la resurrection de la chair, Tenfer 
et le purgatoire, disant que nos ames n'etaient 
que des demons loges dans nos corps en chati- 
ment de leurs crimes. — Les Albigeois avaient 
pris, des la fin du douzieme siecle, une effrayante 
consistance, lis tuaient les pr6tres et les moines , 
brulaient les croix, detruisaient les eglises. De 
si odieux exces marquaient leur passage, que, 
les remontrances et les predications etant vaines, 
il fallut faire contre eux une croisade, dont 
Simon de Montfort fat le heros. On a denature 
et fausse par les plus insignes mensoilges rhis- 
toire de cette guerre sainte 4 ; on a oubM que , 
si les AlbigQois eussent triomphe, TEurope re- 
Lombait dans la plus affreuse barbaric II est vrai 
que leurs defenseurs sont les protestants , heri- 
ritiers d'un grand nombre de leurs erreurs, et 
les philosoplies , amateurs assez souvent de leurs 
desordres. k . 

Albigerius. Les ddmonographes disent que 
les possedes, par le moyen dudiable, tombent 
quelquefois dans des extases pendant lesquelles 
-lejir ame voyage loin du corps, et fait a son re- 
tour des revelations de choses secretes. C'est 
ainsi, comme dit Leloyer, que les corybantes 
devinaient et proph&isaient, phenomfcnes que 
le somnambulisme expliquerait peut-6tre. Saint 
Augustin parle d'un Garthaginois, nomme Albi- 
gerius, qui saVaitpar ce moyen tout ce qui se 
faisait hors de chez lui. Chose plus .(Strange , a la 
suite de ses extases, il nSvelait souvent ce qu'un 
autre songeait dans le plus secret de sa pens6e. 
Saint Augustin cite un autre frdn&ique qui, 
dans une grande fifevre, dtant possdd6 du mau- 
vais esprit, sans extase, mais bien (SveillS, rap- 
portait fidelement tout ce qui se faisait loin de 
lui, Lorsque le pretre qui le soignait dtait a six 
lieues de la maison, le diable , qui parlait par la 
bouche du malade, disait aux personnes pn$- 
sentes en quel lieu (§tait ce pretre a Theure ou il 
parlait et ce qu'il faisait, etc. On prdtend que 
Cagliostro en faisait autant. Ces choses-la sont 
surpr en antes, Mais Tame immortelle , suivant la 
remarque d'Aristote, peut quelquefois voyager 
sans le corps 2 . 

Albinos. Nom que les Porlugais ont donn6 a 
des hommes d'une blancheur extreme, qui sont 
ordinairement enfants de negres. Les noirs les 
regardent comme des monstres, et les savants ne 
savent a quoi attribuer cetle blancheur. Les al- 
binos sont p&les comme des spectres ; leurs yeux, 
faibles et languissants pendant le jour, sont bril- 
lanls a la clarte de la lune. Les noirs, qui don- 
nenL aux demons la peau blanche, regardent les 
albinos comme des enfants du demon. lis croient 
qu'ils peuvent les combattre aisement pendant 
le jour, mais que la nuit les albinos sont les plus 

1 Yoycz, dans les Legendes des Groisades, la croi- 
sade contre les Albigeois. 

2 Leloyer, Hist, et diso. des spectres, liv. IV. 



ALB 



— 16 — 



ALG 



forts et se vengent. Dans le royaume de Loango, 
les albinos passent pour des demons champetres 
et-obliennent quelque consideration a ce Litre. 

Vossius dit qu'il y a dans 3a Guinee des peu- 
plades d'albinos. Mais comment ces peupladcs 
subsisteraient-elles, s'il est vrai que ces inf or tu- 
nes ne se reproduisent point?- - . 

11 parait que les anciens connaissaient les. al- 
binos/ « On assure , dit Pline, qu'il existe en 
Albanie des individus qui naissent avec des che- 
veux blancs, des yeux deperdrix, et ne voient 
clair que pendant la nuit. » II ne ditpas que ce 
soit une nation , raais queiques sujets affecles 
d'une maladie particuliere. « Plusieurs animaux 
ont aussi leurs albinos, ajoute M. Salgues; les 
naturalisles ont observe des corbeaux blancs, 
des merles blancs, des taupes blanches; leurs 
yeux sont rouges, leur peau est plus, pale etleur 
organisation plus faible *. » ■ - . 

Alborak. Voy. Bohak. 

Albumazar, astrologue du neuvieme siecle, 
ne dans le Khorassan, connu par son traite 
astrologique inliLule Milliers ct 'amides , oil il 
alfirme que le .monde. n'a pu elre . cree que 
quand- les sept planetes se sont trouvees en cpn- 
jonction dans le premier degre du Belier, et que 
la fin du monde aura lieu quand ces sept pla- 
netes , qui sont aujourd'hui (en 1862) au riombre 
de cinquante et une, se rassembleront dans le 
dernier degre .des Poissons. On a traduit en la- 
tin et imprime d' Albumazar le Traclatus Jlorum 
aslrologiw, in-lf, Augsbourg, 1/(88. On peut 
voir dans Gasiri , Bibtiolh. aval, hi&pan*, t. I cr , 
p. 351 ,. le catalogue de ses ouvrages. 

Albunee, sibylle celebre. On voit encore son 
temple a Tivoli, en ruines, il est vrai. Voy. Si- 

BYLLES. 

Alchabitius. Voy. Abd-el-Azys. 

Alchimie. L'alchimie ou chimie par excel- 
lence, qui s'appelle aussi j)hilosophie Jicrmiliquc, 
est cetle partie eminente de la chimie qui s'oc- 
cupe de Tart de transmuer les melaux. Son resul- 
tat, en expeclative, est la pierre philosophale. 

Voy. PJI-UIUS PHILOSOP1IAL12 Ct GOBINEAU. 

Alchindus, que Wierus 2 met au nombre des 
magiciens, mais que Delrio * se contente de ran- 
ger parmi les ecrivains superstitieux, elait un 
medecin arabe du onzikne si eel e qui employ ait 
conime remede les paroles charmees et les com- 
binaisons de chiffres. Des demonologues Pont 
declare" suppot du diable, a cause de son livre in- 
titule Theorie des arts magiqucs, qu'ils n'ont 
point hi. Jean Pic de la Mirandole dit qu'il ne 
connalt que Irois liommcs qui se soient occupes 
de la magie naturelle et permise : Alchindus, 
Roger Bacon et Guillaume de Paris. Alchindus 
elait simplement un peu physicien dans des temps 

1 Des err curs ct des prejuges, etc., t. I, p, 479. 

2 De jircBStigiis, lib. II, cap. hi. 

3 Disquisit. magim, lib. F, cap. in. 



d'ignorance. — A son nom arabe Alccndi, qu'on 
a latinise, quelques-uns ajoutent le prenom de 
Jacob ; on croit qu'il etait mahometan. — On lui 
reproche d'avoir ecrit des absurdiles. Par exem- 
ple, il pensaift expliquer les songes en disant 
qu'ils sont Pouvrage des esprits elementaires: 
qui se monlrent a nous dans le sommeil et nous 
representent di verses actions fanlastiques r comme 
des acteurs qui fouent la comedie devarit le pu- 
blic; ce qui n'est peut-etre pas si bete. - • ■ 
Alcoran. Voy. Koran. 

Alcyon. Une vieille opinion , qui subsiste en- 
core chez les babilanLs des cotes, e'est que P alcyon 
ou marlin-pecheur est une girouelte naturelle, et 




que, suspendu par le bee , il designe le cote d'ou 
vient le vent, en tournant sa poitrine vers ce 
point de Phorizon. Ge qui a mis cette croyance 
en credit parmi le peuple, e'est P observation 
qu'pn a faite que Palcyon semble etudier les vents 
et les deviner lorsqu'il elablit son nid sur les 
(lots , vers le solstice d'hiver. Mais cetle prudence 
est-elle dans Palcyon une pr^voyance qui lui soit 
particuliere? N'est-ce pas simplement un instinct 
de la nature qui veille a la conservation de cetle 
espece? « Bien des choses arrivent, dit Brown, 
parce que le premier moteur Pa ainsi arr^te, et 
la nature les execute par des voies qui nous sont 
inconnues. » 

C'est encore une ancienne coutume de conser- 
ver les alcyons dans des coflres , avec Pidee qii'iis 
preservent des vers les etoffes de laine. On n'eut 
peut-elre pas d'autre but en les pendant au pla- 
fond des chambrcs* « Je crois m6me, ajoule 
Brown, qu'en les suspendant par le bee on lVa 
pas suivi la methode des anciens, qui les suspen- 
daient par le das , afin que le bee marquat les 
vents. Car e'est ainsi que Kirker a decrit Phiron- 
delle de mer. » Disons aussi qu' autrefois, en con- 
servanl cet oiseau, on croyait que ses plumes se 
renouvelaient comme s'il eul ete vivant, et c'e^l 
ce qu' Albert le Grand espera inutilement dans ses 
experiences*. 

Outre les dons de predire le vent et de chasser 
les vers, on attribue encore a l'alcyon la pre- 
cieuse qualite d'eririchir son possesseur, d'entre- 
lenir Punion dans les families et de communiquer 
la beaute aux femmes qui porlenL ses plumes. Les 
Tartares et les Ostiaks ont une tres-grande vdnd- 
ration pour cet oiseau. lis recherchent ses plumes 

1 Brown, Erreurs populaires, Hv. Ill, ch. X. 



ALD 

avec empressement, les jeltent dans un grand 
vase d'eau , garden t avec soiri c'elles qui surna- 
gent, persuades qu'il suflit de toucher quelqu'un 
avec ces plumes pour s'en faire aimer. Quand un 
Ostiak est assez heureux pour posseder un alcyon , 
il en conserve le bee, les pattes et la peau, qu'il 
met dans une bourse, et, tant qu'il porte ce tre- 
sor, il se croit a Fabri de Lout malheur 1 . C'est 
pour lui un talisman comme les fetiches des ne- 
gres. Voy. Kme damnise. 

Al.don. Voy. Gk ansok. 

Alectorienne (Pierre). Voy % Coq. 

Alectryoxnancie ou Alectromancie. Divina- 
tion par le moyen du coq , usilee chez les anciens, 




Voici quelle etait leur methode : — On tra<jaitsur 
le sable un cercle que Ton divisait en vingt-quatre 
espaces egaux, On ecrivait clans chacun de ces 
espaces une lettre de Falphabet; on metlait sur 
chaque lettre un grain d'orge ou de ble ; on pla- 
^ait en suite au milieu du cercle un coq dressp 
a ce manege ; on observait sur quelles lettres il 
enlevait le grain; on en suiyail Ford re, et ces 
lettres rassemblees formaient un moLquj donnait 
la solution de ce que Fon cherchait a savoir. Des 
devins, parmi lesquels on cite Janiblique, vou- 
lanLconnaiLre le succ.esseurde Fempereur Valens, 
employerent 1'alectryoniancie ; le coq Lira les 
lettres Thcod... Valens, instruit de cette particu- 
larity, fit mourir plusieurs des curieux qui s'en 
elaient occupes, et se defit meme , s'il faut en 
croire Zonaras, de Lous les hommes conside- 
rables dont le nom commcngut par les letlres 
falales. Mais, malgre ses efforts, son sceptre 
passa aTheodose le Grand. — Gette prediction a 
du eire faite apres coup 2 . 

Ammien-Marcellin raconte la chose autrement. 
II dit que sous Fempire de Valens on comptait 
parmi ceux qui s'occupaient de magie beaucoup 
de gens de qualite et quelques philosophes. Cu- 
rieux de savoir quel serait le sort de Fempereur 
regnant, ils s'assemblerent la nuit dans une des 
maisons affectees a leurs cer&monies : ils com- 

1 M. SatgueSj Des crreurs et des prejuqes. t.III, 
p. 374, 

2 M. Junquieres, dans le quatrteme chant de son 
poemo intituld Caquet-Bonbec, ou la Poule a ma 
tante, a fait un spirituel usage de cette divination. 



— 17 — ALE 

mencerent par dresser un trepied -de ratines et 
de rameaux de laurier, qu'ils consacrerent par 
d'horribles imprecations; sur ce trepied ils pla- 
cerent un bassin forme de dilTereiits metaux, et 
ils rangerent autour, a distances egales, toutes 
les lettres de Falphabet. Alors le mystagdgue le 
plus savant de la compagnie s'avanga , enveloppe 
d'un long voile, la tete rasee, tenant a la inain 
des feuiJles de verveine, et faisant a grands cris 
d'efTroyahles invocations qu'il accompagnait de 
convulsions. Ensuite, s'arretant tout a coup de- 
vant le bassin magique, il y resta immobile, tenant 
un anneau suspendu par un Gl. jG'dtai.t de la dac- 
tylomancie. A peine il achevait de prononcer les 
paroles du sortilege * qu'on vifc le trepied s'ebran- 
ler, Fanneau se remuer, et frapper tantot une 
lettre., tan tot une autre. A mesure que ces leLtres 
etaient ainsi frappees, elles allaient s'arranger 
d'elles-memes, a cote Fune.de Fautre, sur une 
table ou elles composferent des vers heroiques 
qui etonnerent toute Fassemblee. 

Valens, informe de cette operation , et n'aimant 
pas qu'on interrogeat les enfers sur sa destinee, 
punit les grands et les philosophes qui avaient 
assiste a cet acle de sorcellerie,: il etendit meme 
la proscription sur tous les philosophes et tous 
les magiciens de Rome. 11 en peril une multitude ; 
et les grands, degoutes d'un art qui. les exposait 
a des supplices , abandonnerent la magie a la po- 
pulace et aux vieilles , qui ne la -Brent plus servir 
qu'a de petites intrigues et a des matefices~subaU 
ternes. Voy. Goo, Maui agk, etc, 

Ales (Alexandre) , ami de M61anchthon , nd en 
1500 a l^dimbourg. 11 i*aconte que, dans sa jeu^- 
nesse, etant monle sur le sommet d'une Lres- 
haute montagne, il fit un faux pas et roula dans 
un precipice. Comme il tStait pr&s de s'y englou- 
tir, il se sentit transporter en un autre lieu, sans 
savoir par qui ni comment, et se retrouva sain et 
sauf, exempt de contusions et de blessures. Quel- 
ques-uns attribu6rent ce prodige aux amulettes 
qtFil portaitau cou, selon Fusage des enfantsde 
ce temps-la. Pour lui, il Fattribue a la foi et aux 
prieres de ses parents^ qui n'etaient pas h6r6- 
tiques. 

Alessandro Alessandri, en latin Alexander 
ab Alexahdro, — jurisconsulte napolilain, mort 
en 1523. II a publie un recueil rare de disserta- 
tions stir les choses merveilleuses. 11 y parle de 
prodiges arrives recemment en Italic, de songes 
verifies, d'apparitions et de fanldmes qu'il dit 
avoir vus lui-rafime. Par la suite, il a fondu ces 
disserlalions dans son livre Genialhtm dicr\wl } 
ou il raconte toutes sortes de faits prodigieux, 
Voy. Possessions et Spectres , et les Lcgmdcs des 
esprils et ddmons. 

Aleuromancie , divination qui se pratiquait 
avec de la farine. On mettait des billets routes 
dans un tas de farine ; on les remuait neuf fois 
confinement. On partageait ensuite la masse aux 

2 



ALE 



— 18 — 



ALE 



differents curieux, et chacim se faisait un theme 
selon les billets qui lui etaient echus. Chez les 
paiens, Apollon etait appele Aleuromantis, parce 
qu'il presidait a cette divination. II en reste quel- 
ques vestiges dans certaines localites, ou Ton 
emploie le son au lieu de farine. G'est une ame- 
lioration. 

: Alexandre le Grand,' roi de Macedoine, etc. 
II a ete le sujet de legendes prodigieuses chez 
les Orientaux, qui ont sur lui des contes immen- 
ses. lis Pappellent Iskender. Les demonographes 
disent qu'Aristqte lui enseigna la magie ; les ea- 
balistes lui atlribuent un livre sur les proprietes 
des elements ; les rabbins ecrivent qu'il eut un 
songe qui fempecha de maltraiter les Juifs, 
lorsqu'il voulut entrer en conquerant dans Jeru- 
salem. ^ 




La figure d' Alexandre le Grand , gravee en 
maniere de talisman sous certaines influences, 
passait autrefois pour un excellent prdservatif. 
Dans la famille : des ; Macriens, qui usurperent 
Fempire du temps de Valenen, les hommes por- 
laient toujours sur eux la figure d' Alexandre ; les 
femmes en ornaient leur coiffure, leurs brace- 
lets, leurs anneaux. Trebellius Pollio dit que 
cette figure est d'un grand secours dans toutes 
les circonstances de la vie, si on la porte en or 
ou en argent... Le peuple d'Antioche pratiquait 
cette superstition, que saint Jean Chrysostome 
eut beaucoup de peine a detruire 1 . 

Alexandre de Paphlagonie, imposteur et 
charlatan du genre d'Apollonius de Tyane , ne 
au deuxieme siecle, en Paphlagonie, dans le 
bourgd'Abonotique. Sespauvres parents n'ayant 
pu lui donner aucune education, il profita, pour 

1 Yoyez les faits merveilleux attribues & Alexandre 
le Grand dans les Legendes de VAncien Testament. 



se pousser dans le monde, de quelques dons 
qu'il tenait de la nature* II avait le teint net, 
Poeil vif, la voix claire, la taille belle, peu de 
barbe et peu de clieveux , mais un air gracieux 
et doux. II s'attacha* presque enfant, a une 
sorte de magicien qui debitait des philtres pour . 
produire Paffeclion ou la haine, decouvrir les 
tresors, ohtenir les successions, perdre ses enne-^ 
mis, et autres resultats de ce genre. Get homme, 
ayant reconnu dans Alexandre un esprit adroit * 
l'initia a ses secrets. Apres la mort du- vieux 
j ongleur, Alexandre se lia avec un , eer tain Goc- 
conas, homme malin, et lis parcoururent ensem- 
ble divers pays, etudiaht Tart de faire des dupes, 
lis rencontrerent une vieille dame riche , que 
leurs pretendus secrets charmerent, et qui les 
fit voyager a ses depens depuis la Bithynie jus- 
qu'en Macedoine. — Arrives en ce pays, ils re- 
marquerent qu'qn.y elevait de grands serpents , 
si familiers qu'ils les enfants sans 

leur faire de mal ; ils eri acheterent un des plus 
beaux pour les; : ^n^^ 

jouer. Ils se rendiren t' ; a Abphotique , ou les es- 
prits etaient grossiers , et & ils cachererit des 
lames de cuivre dans un vieux temple d' Apollon 
qu'on demolissait. Ils avaient ecrit dessus qu'Es- 
culape et son pere viendraient bientot s'etablir 
dans la ville. 

Ges lames avant ete trouvees, les habitants se 
haterent de decerner un temple a ces dieux, et 
ils en creuserent les fondements. — Gocconas 
mourut alors de la morsure d 1 une vipere, 
Alexandre se hata de prendre son role, et, se 
declarant prophete, ii se niontra avec une lon- 
gue chevelure, une robe de pourpre rayee de 
blanc ; il tenait dans sa main une faux, comme 
on en donne une a Persee , dont il pretendait 
descendre du cote de sa mere; il publiait un 
oracle qui le disait Ills de Podalyre , lequel , a la 
maniere des dieux du paganisme, avait epouse 
sa mere en secret. II faisait debilcr en meme 
temps une prediction d'une sibytle qui porlait 
que des bords du Pont-Euxin il viendrait un libe- 
rateur d'Ausonie. ' , 

Des qu'il se crut convenablement annonce, il 
parut dans Abonotique, ou ii fut accueilli comme 
un dieu. Pour soutenir sa dignile, il machait la 
racine d'une certaine herbe qui le faisait ecumer, 
ce que le peuple attribuait a renthousiasmedi- 
vin, 11 avait prepare une tele habilement fabri- 
quee,alont les trails representaient la face d'un 
homme, avec une bouche qui s'ouvrait et se fer- 
mait par un lil cache. Avec cette tete et le ser- 
pent apprivoise" qu'il avait achete en Macedoine, 
et qu'il cachait soigneusement , ii prepara un 
grand prodige. 11 se transporta de nuit a l'en- 
droit ou Ton creusaities fondements du temple, 
et deposa dans une fontiine voisine un oeuf 
d'oie ou il avait enferme un petit serpent qui ve- 
nait de naitre. Le lendemain matin , il se rendit 



ALE 



19 — 



ALE 



sur la place publique, Pair agite, tenant sa faux 
a la -main, et ceint d'une echarpe doree. II 
monla sur un autel eleve, et s'ecria que ce lieu 
etait honore de la presence d'un dieu. A ces 
mots , le peuple accouru commenga a faire des 
prieres , tandis que l'imposteur proriongait des 
mots en langue phenicienne, ce qui servaita re- 
doubler l'etonnement general. — IL courut en- 
suite vers le lieu ou il avail cache son ceuf , et-, 
entrant dans Feau,, il commenqa a chanter les 
louanges d'Apollon et d'Esculape, et a inviter ce" 
dernier a se montreitaux ■morjtels ; puis, enfon- 
gant une coupe dans, la fontaine, il en retira 
VoBuf mysterieux. Le prenant dans sa main, il 
s'ecria : « Peuples , Voici votre Dieu ! » Toute la 
foule attentive poussa des cris de joie, en voyant 
Alexandre casser Foeuf et en tirer un petit ser- 
pent qui s'entortilla; dans : ses. doigts, 

Chacun se repandit en accents de joie; lesuns 
demandant au dieu la sante, lesautres les hon- 
neurs ou des richesses. — rdEnhardi par ce sue- 
ces, Alexandre fit anrioneer le tendemain que le 
dieu qu'ils avaient vu si petit ltf veille avait re- 
pris, sa grandeur riatureUe; . 

II se pla^a sur un lit , rev£tu de ses habits de 
prophete, et, tenant dans, son sein le vserpent 
qu'il avait apporte de MacedQine, ; il ie laissa voir 
cntortille autour de son cou et trainant une lon- 
gue queue; il en cachait la tete sous son aisselle, 
et faisait parailre a la place la ; figure humaine 
qu'il avait preparee* Le lied de la scene etait faU 
blemenl £claire ; on enlrait par une porte et on 
sortait par une autre; sans qu'il fut possible, a 
cause de Faffluence, de s'arreter longtemps. Ce 
spectacle dura quelques jours; il se renouvelait 
toutes les fois qu'il arrivait quelques elrangers. 
On fit des images du dieu en cuivre et en argent. 

Alexandre, voyant les esprits prepares, an- 
nonga que le dieu reiidrait des oracles, et qu'on 
eat a lui ecrire des billets cacheles* Alors , s'en- 
fermant dans le sanctuaire du temple qu'on ve- 
nait de Mtir, il faisait appeler ceux qui avaient 
donne des billets , et les leur rendait sans qu'ils 
parussent avoir 6te ouverts, mais accompagnes 
de la r^ponse du dieu. Ces billets avaient ete lus 
avec tant d'adresse qu'il dLait impossible de s'a- 
percevoir qu'on eut rompu le cachets Des es- 
pions et des emissaires informaient le prophete 
de tout ce qu'ils pouvaient apprendre, et ils Fai- 
daient a rendre ses rdponses , qui d'ailleurs 
etaient Loujours obscures ou ambigues, suivant 
la prudente coutume des oracles. On apportait 
des presents pour ledieu et pour le prophete. 

Voulant nourrir Fadmiration par une nouvelle 
supercherie , Alexandre annonce un jour qivEs- 
culape repondrait en personne aux questions 
qu'on lui ferait : cela s'appelait des reponses de 
la propre bouche du dieu. On operait cette 
fraude par le moyen de quelques artcres de 
grues , qui aboutissaient d'un cdte a la lete du 



dragon postiche, et de Pautre a la bouche d'un 
homme cache dans une chambre voisine ; — a 
moins pourtant qu'il n'y eut dans son fait quel- 
que magnetisme. — Les reponses se rendaient 
en prose ou en vers, mais toujours dans un style 
si vague, qu-elles predisaient egalgment le revers 
ou le succes. Ainsi Fempereur Marc-Aurele , fai- 
sant la guerre atix Germains, lui demanda un 
oracle. On dit meiiie qu'en 174 il fit venir 
Alexandre a Rome , le regardant comme le dis- 
pensateur de Finmioitalite, L'oracle sollicite di- 
sait qu'il fallait , apres : les ceremonies prescrites , 
jeter deux lions viv&n Is dandle Danube, et 
qu'ainsi Ton aurait rassurahcei -d'une paix pro- 
chaine , ; precedee d'une victoire eclatante. On 
executa la prescription. Mais l&s deux lions tra- 
verserent le fleuve'a la nage , Ues barbares les 
tuerent , et mirent ensuite Farmee de Fempereur 
en deroute ; a quoi le prophete repliqua qu'il 
avait annorice la victoire , mais qu'il n' avait pas 
designe le Vaihqueur. 

Une autre fois , un illustre personnage lit de- 
marider au dieu quel pr6cepteur il devait donner 
a son fils; il- lui fut repondu : — Pythagore et 
Homere. L'enfant mourut quelque temps apres. 
— L'oracle annonqait la chose, dit le pere, en 
donnant au pauvre enfant deux precepteurs 
morts depuis longtemps, S'il eut vecu , on Feut 
inslruit avec les ouvrages de Pythagore. el d'Ho- 
mere, et l'oracle aurait encore eu raisoh. 

Quelquefois le prophete d^daignait d'puvrir 
les billets, lorsqu'il se croyait instruit cle la de- 
mande parses agents; il s'exposait a de singu- 
li^res erreur^. Un jour il donna un remede pour 
le rrial de cote., eir reponse a une lettre qui lui 
demandait quelle etait la patrie d'HomSre. 
On ne demasqua point cet imposteur, que 
Faccueil de Marc-Aurele avait enloure de vene- 
ration. Jl avait pr&lit qu'il mourrait a cent cin- 
quante ans, d'un coup de foudre, comme Es* 
culape t il mourut dans sa soixante-dixieme 
annee, d'un ulcere a la jambe, ce qui n'empe- 
cha pas qu'apres sa mort il eut, comme un 
demklieu, des statues et des sacrifices. 

Alexandre de Tralles, mddecin, n6 a Tral- 
Ies , dans 1'Asie Mineure , au sixieme sifecle. On 
dit qu'il etait tr£s-savant; ses ouvrages prouvent 
au moins qu'il 6tait tres-credule. II conseillait a 
ses malades les amulettes et les paroles char- 
mees. If assure, dans sa Medecine pratique S 
que la figure d'Hercule etouffant le lion de la 
foret de INeinee, gravee sur une pierre et en- 
chassee dans un anneau, est un excellent re- 
mede contre la colique. II pretend aussi qu'on 
guerit parfailement la goutte, la pierre et les 
fievres par des philacteres et des charmes. Cela 
montre au moins qu'il ne savait pas les gudrir 
autrement. 



1 Liv. X, cn. i 



2, 



ALE 



— 20 — 



ALL 



Alexandre III, roi d'ficosse. II epousa en 
1285 YoletLe; fille da comle de Dreux. Lc soir 
de la solennite du mariage, on vit entrer a la 
tin dirbal dans la salle on la cour etait assem- 
ble un spectre decharne qui se mit a danser, 
suivi. d'une ombre voilee. Les gambades du 




spectre troublerent les assistants ; les fetes fa- 
rent suspendues , et des babiles d&Iarferent que 
cette apparition annongait la mbrt prochaine du 
roi. En e!Tet> la meme annee, dans une parlie 
de cbasse , Alexandre , montant un cheval mal 
dresse, fut jettHiors de selle et mqurut de la 
chute 1 . 

Alexandre VI, dlu pape en 1492; ponlife 
qui a ete juge sur un miserable pamphlet laisse 
par un chanoine laique, son ennemi 2 . Quelques 
sots ecrivains alllnnent qu'il avait a ses ordres 
im demon familier, qui 1 passa ensuite aux ordres 
de Cesar Borgia . 

Alfader, dieu tres-important dans la thdogo- 
nie scandinave. Avant de creer le ciel et la 
terre, il etait prince des geants. Les ames des 
bons doivent vivre avec lui dans le Simle ovx lc 
Wincjolff; mais les merchants passent aux mains 
d'Hela, qui les envoie au Niflheim, la region des 
images inferieurs au neuvierne monde. L'Edda 
lui donne divers noms : Nikar (le sourcilleux) , 
Svidrer (l'exterminateur), Svider (I'incendiaire), 
Oske (celui qui choisil les morts) , etc, — Le 
nom d' Alfader a &16 donne aussi a Odin. 

Alfares, g<$nies scandinaves. Les bons sont 
appelds lios ou lumineux, les mediants docks ou 
noirs. 

Alfridarie, espece de science qui Lieut de 
Tastrologie et qui attribue successivement quel- 

1 Hector de Boece, in Annalibm Scot.' 

2 Yoycz son histoire, par ftf. Tabbe Jorry. 



que influence sur la vie aux di verses planetes; 
chacune regnant a son tour un certain nombre 
d'annees. Voy. Planetes. 

Alfs, demi-lutins en Angleterre et. dans le 
Nord. — Voij. Elfks. 

Algol. Des astrologues arabes out donne ce 
nom au diable. - 

Aliorumnas , sorcieres qui , bannies par Fe- 




limer, roi des Goths, avaient dans les deserts 
contracte des manages avec les demons etfurent 
meres des Huns, des Avares et des Hongrois. 
' Alice de Telieux, nonne du monasters de 
SainWPierre de Lyon , qui Vechappa de son cou- 
ventau "commencement du seizieme siecleyen 
un temps ou cetle niaison avait besoin de re- 
forme 1 mena mauvaise vie et mourut miserable- 
ment, toutefois dans le repenlir. Son anie revint 
apres sa mort et se manifesto a la inanierG de 
ce qu'on appelle aujourd'hui les esprits frap- 
peurs. Cette histoire a die ecrite par Adrien de 
Montalembert , aumonier de Franqois I* rl . 

Alkalalai, cris d'allegresse des Kamlscha- 
dales; ils le repetent trois fois" a la fete des ba- 
lais, en Fhonneur dejeurs trois grands dieux, 
Filiat-Ghoul-Ghi; le pere !■; - Touila, son His , et 
Gaetch, son petit-fils. La fete des balais consisle, 
chez ces peuples sales, a balayer avec du bou- 
leau le foyer de leurs cabanes. 

Aliette. Voy. Etteila. 

Allan-Kardec. Voy. Kardec. 

Alleluia, mot hebreu qui signifie louange a 
Dieu. Les bonnes gens disent encore dans pju- 
sieurs provinces qu'on fait pleurer la sainte 
Vierge lorsqu'on chante alleluia pendant le ca- 
reme 2 . 

II y avait a Cliartres une singuliere coutumei 

1 La merveilleuse histoire de V esprit qui depute 
naguere s'est apparu au monastere des religieuses de 
Saint-Pierre de Lyon, etc., par Adrien de MonU- 
lembert, aumonier du roi Francois l cr . Paris, ^ o^8 , 
petit in-8° go tin que. Yoyez cetle legende resumco 
dans les Legendes de V autre monde. 

2 Thiers , Trai i % des 'superstitions » 



ALL 



— 21 - 



ALM 



A l'epoque ou T.on en cesse le chant, l'Alleluia 
etait personnifie et represenle par une toupie 
qu'un enfant de chceur jelail au milieu de l'eglise 
et poussait dans la sacristie avec un fouet. Gela 
s'appelait Y Alleluia fouellc. 

On appelle Irefle de TAlieluia une planle qui 
donne , vers le temps de Paques, une petite fleur 
blanche etoilee.. Elle passe pour un specifique 
contre les phillres. 

Allix, Voici un de ces traits qui accusent 
1'ignorance et la legerete des aneiens juges de 
pariement. — Allix , malhematicien, mecanicien 
et musicien v viva it a ■ Aix en Provence , vers le 
milieu du dix-septieme siecie; il lit un squelette 
qui , par un nlecanisirie cache , jouait de la gui- 
ta re . Bon n et , dans son tfisloire de la mv. si que > 
page 82, rapporte l'histoire tragique de ce pauvre 
savant. 11 mettait au eou de son squelette. une 
guitare accorclee a l-unisson d'une autre qu'il 
tenait lui-meme dans ses maiiTs^ et plagait les 
doigts de rautomale sur le. manche ; puis, par 
un temps calme et serein, les fen etreset la porte 
elant ouVerles., il s'irislallait 'dans. .tin coin de sa 
cbambre et jouait sun sa -guitare des passages 
quele squelette repelait sur la sienne. 11 y a lieu 
de croire querinstrument resonnait a la maniere 
des harpes eoliennes , et que le mecanisme qui' 
faisait niouvoir les doigts du squelette n'elait 
pour rien dans la production des sons. (Nous 
citons M. Felis 1 sans Fapprouver, et nous le ren- 
voyons aux automates musiciens de Vaucanson, 
qui n'etaienL pas des harpes eoliennes). — Quoi 
qu'il en soil, poursuit le biographe, ce concert 
elrange causa de la rumeur parmi la population 
superslilieuse de la viile d'Aix ; Allix fut accuse 
de magic, et le pariement lit inslruire son pro- 
ces. Juge par la chambre de la Toumelte, il ne 
put faire comprendre que Tenet merveilleux de 
son automate n'eLait que la, resolution d'un pro- 
hleme ihoc.anique. L'arrel du Parlement le con- 
damna aetrc pcndu et brule en place publique, 
avec le squelette complice de ses sortileges; la 
sentence fut executee en 166Z|. » 

Almanach. Nos ancetres tragaient le.conrs 
des limes pour Louie- i'annee sur un petit mor- 
ccau de bois. carre qu'ils appelaient al-mon-agt 
(observation de loules les lunes) : lelles sont, 
selon quelques auteurs , i'origine des almanachs 
el 1'elymologie de leur. nom. 

D'autres se rfolament des Arabes, chez qui 
al-manack veutdire le memorial. 

Les Ghinois passent pour les plus aneiens fai- 
seurs d'almanachs. Nous n'avons que douze con- 
stellations; ils en ont vingt-huil. Toulefois leurs 
almanachs ressemblent a ceux deMatthieu Laens- 
berg par les predictions et les secrets dont ils 
sontfarcis 2 . 

1 Biographic univcrsdk des musiciens* 
5 L'almanach de Matthieu Laensborg commenga a 
paraitve en 4636. Mais avant lui on avait d6ja des 



Bayle raconte t'anecdote suivante , pour faire 
voir qu'il se rencontre des hasards puerils qui 
eblouissent les petits esprits et donnent un cer- 
tain credit a Taslrologie. Guillaume Marcel, pro- 
fesseur de rhetorique au college de Lisieux, avait 
compose en latin l'eloge du marechal de Gassion, 
mort d'un coup de niousquet au siege de Lens. 
II etait pres de le reciter en public , quand on 
representa au recteur de l'universite que le ma-, 
rechal etait mort dans la religion pretendue re- 
formee, et que son oraisoir funebre ne pouvait 
6tre prononeea dans line universite catholique. 
Le recteur convoqua une assemblee ou il fut 
resoiu , a la pluralite des voix , que Fobservation 
etait juste. Marcel ne put done prononcer son 
panegyrique ; et les partisans de l'aslrologie 
triompherent en f aisan t remarquer a tout le 
monde que , dans l'almanach de Pierre Larrivey 
pour cette meme annee 16 4 8 , en tre autres pre- 
dictions, il se trouvaifc eerit en gros caraclferes: 
LATIN PERDU! 

Almanach du diable, contenant des predic- 
tions tres-curieuses pour les annees 1737 et 
1738; aux' Enfers t in-2/i. Cette plaisanterie 
contre les jans^nistes dtait l'ouvrage d'un cer- 
tain Quesnel, joyeux quincaillier de Dijon, alTubl^ 
d'un nom que le fameux appelant a tarit attrist^. 
Elle est devenue rare, attendu qu'elle fut suppri- 
me^e .pour quelques predictions ' trop hardies. 
Nous nela citons qu'a cause de son Litre. Les 
jansenistes y repondirent par un Tourd et stnpide 
pamphlet dirige contre les j^suites et supprimd 
egalement. 11 etait intituld Almanach de Dicit s 
dedie a M. Garre de Montger^n , pour 1'annee 
1738, in-2Zt ; au Giel... 

Almoganenses, nom que les^Espagnols don- 
nent a certains peuples inconnus qui , par le 
vol et le chant des oiseaux, par la rencontre des 
b6tes sauvages etpar divers autres moyens, de- 
vinaient tout ce qui devait arriver. « lis con- 
served avec soin, dit Laurent Valla, des livres 
qui Lraitent.de cette espece tie science; ils y 
trouvent des regies pour toules sorles de pro- 
nostics. Leurs deYins sont divises en deux classes : 
Tune de chefs ou de maitres, et Tautre de dis- 
ciples ou d'aspiranls, » — On leur atlribue aussi 
1'art d'indiquen non-seulement par ou ont passd 
les chevaux et les autres betes de somme ega- 
rees, mais encore le cbemin qu'auront pris une 
ou plusieurs personnes; ce qui est tres-ulile pour 
la poursuite des voleurs. Les ecrivains qui parlent 
des Almoganenses ne disent ni dans quelle pro- 
vince ni dans quel temps ont vecu ces utiles 
devins. - 

Almuchefi, miroir merveilleux. Voy. Bacon. 

Almulus (Salomon)^ auleur d'uae explication 
des songes en hdbreu, in-8°. Amsterdam, 16Z|2. 

annuaires de m6me nature. Fischer a ddcouvert a 
Mayence,en <1804, un almanach imprimepour 14&7, 
tout k fait a la naissance tie rimprimerie. 



ALO 



— 22 — 



ALP 



Alocer, puissant demon , grand-clue aux en- 
fers; Use montre vetu en chevalier, monle sur 
un cheval enorme ; sa figure rappelle les traits 




du lion,; il a le teint enflamme, les yeux.ardents.; \ 
il parle avec grayite ; 11, enseigae les secrets de j 
I'asLronomie et dps. arts liberaux; il clomine 
trente-six legions. - ..; - 

AlogricuSw Voy. Alruy. 

Alomancie, divination par le sel , ; .dont les 
prqeedes sont peu. connus, G'est en-.raison de 
l'alomancie qu'on suppose qu'uhe salierc i;en- 
versee est d'un mauvais presage. ; 

Alopecie, sorte de/eharme par lequel on 
fascine ceux a qui Ton ve.ut nuire. Quelques aiir 
teurs donnent leiiom cValopecie a Tart de nouer 
l'aiguillette. Voy. LtGATUiiKS, : 
, Aloros. G'est le nom que les Ghakleens don- 




tions, il avait rec^u le sceptre de la main de Dieu 
meme en personne. 
Alouette. Voy. Gasso. 

Alp. G'est le nom que les Allemands donnent 
aucatichemar. 

Alpes. Les Alpes, les Pyrenees et tous les 
pays de montagnes ont ete cliez nous et ailleurs 
les principaux foyers de magie. Voy. Sorcirbs'. 

AlpMtomancie, divination par lepaind'orga 
Cette divination importance . est tr&s-aiieienne. 
Nos peres , . lorsqu'iis voitlaient dans plusieurs 
accuses reconnaitre le coupable et obtenir de : lui 
1'aveu de son crime, faisaient manger a chacun 
des prevenus utr rude morceaii de pain d'orge; 
Gel u i . qui Y avalait sans peine etai I; i nil ocent : le 
criminel se trahissait par nne indigestion 1 . G J est 
meme de: cet usage , employe dans les epreuves 
du jugement de Dieu , qu'est venue I'iiriprecation 
populaire : « Je veux , si je vous trompe , que ce 
morceau de pain m'etrangle ! » 

Voici comment se pratique cette divination , 
qui , selon les doctcs , n'est d'lin elfet certain que 
pour decouvrir ce qu'un homme a de cache dans 
le coeur. On prend de la pure farine d'orge; on 
la petrit avec du. lait et du sel ; on n*y met pas de 
levain ; on enveloppe ce pain compacte dans un 
papier graisse , on le fait cuire sous la cendre; 
ensuite on le frotte de feuilles de yerveine 5 et on 
le fait manger a celui par qui on se eroit trompe, 
et qui ne dig^re pas si la presomption est fondee. 

II y avait pr6s de Lavinium un bois. sacre ou 
Ton pratiquait L'alphitomancie. Des prelres nouf- 
rissaient daiis tine caverne un serpent, selon 
quelques-uns ; : un dragon , selon d'autres. A cer- 
tains jours on envoyait des' jeunes -lilies- lui por- 
ter a manger ; elles. avaient les yeux band&s et 
allaient a la grotte, tenant a la main un gateau 
fait par elles avec du miel et de la farine d'orge. 
tt Le diable , dit Delrio, les conduisail leur droit 
chemin. Celle dont le serpent refusait de man- 
ger le gateaiv n'&ait pas saris reproche. i> : ' 

Alphonse X,roi de Castille et de Leon , sur^ 
nomme 1'astronome et le philosophe, mort en 
-12 84. Gn lui doit les Tables Atyhonsines, G'est 
lui qui disait que, si Dien l'avait appele a son 
conseil an moment de la creation , il eut pu lui 
donner de bons avis. Ge prince extravagant 
eroyait a Tastrologie. Ayanl faittirer l'horoscope 
de ses enfants , il apprit que le cadet serait plus 
heurenx que Uaine , et il le nomma son succes- 
seur au trone. Mais, malgre la sagesse de cet 
bomme, 'qui se jugeait 5 capable de donner des 
conseils au CreaLeui\ Taine tua .son frere- cadet , 
mi t son pt^re dans une etroite prison et s'empara 
de la conronne; tontes cboses que sa science ne 
lui avait pas rdveldses. 

Alpiel , ange ou d<5mon qui , selon le Talmud, 
a rintendance des arbres fruitiers. 



naient a leur premier roi; et, selon leurs tradi- 



1 Delrio , Disquisit. magic, lib. TV, cap. n 
quaest. vn. ■ 



ALR 



— 23 — 



AMA 



Alrinach , demon de l'Occident, que les de- 
monographes font presider aux tempetes, aux 
tremblements de terf e, aux p lilies, a la grele, etc, 
G'est souvent lui qui submerge les na vires. Lors- 
qu'il se rend visible, il parait sous les traits et 
les habits d'nne femme, ;.- 




Alphonsc X, 

Alrunes, demons succubes ou soreiferes qui 
furent meres des IIuns v BHes prenaient Louies 
sdrles'de formes, mais ne pouvaient changer de 
sexc'r Ghez les Scandinaves, on appelait alrunes 
dessorfes de fetiches nommes ailieurs Mandra- 
gores, Voy. ce mot. 

Alruy (David), imposteur juif qui, en 1199, 
se pretendant- de la race de David, se vanla 
d'etre le Messie destine- a ramener les Juifs dans 
Jerusalem, Le roi de Perse le fit mettre en prison ; 
mais on voit dans Benjamin de Tudele, qui le cite, 
qu'il s-dchappa ieii se; rendant invisible! II ne 
daigna se remontrer qu'aux hords de la mer. La, 
il etendit son echarpe stir Peau , plahtases pieds 
dessus et passa la mer avec uoe legSretd in- 
croyable, sans que ceux qu'on- envoya avec des 
bateaux a sa poursuite le pussent arreter. — Cela 
le mit en vogue comme grand magicien. Mais 
enfm le scheik Aladin, prince turc, sujet du 
roi de Perse, fit lant a force d 5 argent, avec le 
beau-pere de David Alruy ou Alroy, lequel beau- 
pere elait peu delicat que le pretendu Messie f ut 
poignarde dans son lit. « C'est toujours la fin de 
telles gens, dit Leloyer; et les magiciens juifs 



n'en ont pas meilleur marche que les autres ma T 
giciens, quoi que leur persuadent leurs talmu- 
distes, qu'ils sont obeis de r esprit maliii. Gar 
c'est encore une men terie du Talmud des Juifs, 
qu'il n'est rien de difficile aux sages , mailres et 
savan ts en leurs lois , que les esprits d'enfer et 
celestes leur cedent , et que Dieu m£me (6 blas- 
pheme 1) ne leur peut resister 1 * .v ; » ^- Ge magi- 
cien est appele encore dans de vieux recits 
Alogricu's. 31 est enterre dans inie ile myslerieuse 
de l'lndc 2 . " ;; ; " . v- ; ^- 

Altangatufun , idole des Kalmouks, qui 
avail le corps et la tel;e d'uri serpent, avec qua tire 
pieds; de lezard, Celui qui porte avec veneration 
son image : ' est invulnerable claus les combats, 
Pour en iaire l'epreuv^ un khan lit suspendre 
cette idole attachee a un livre , et l'expdsa aux 
coups des plus habiles archers ; leurs traits ne 
purent atteindre le livre v qu'ils percerent au 
contraire cles que Tidoie eh fut detaciiee. ; G 
la une legend e de Cosaques. 

Alveromaiicie ou Aleuromancie. Voij. ce 
' mot. -■ 1 ''-:[ 

Amadeus, Vision nai re qui cru t conn aitre pa r 
revelation deux psaumes d' Adam : le premier, 
compose en transport de joie a la 1 creation de la 
femme; le second , en triste dialogue avec Eve 
apres la chute 3 . 

Amaimon. Voy. Amoymon. 

Amalaric, roi d'Espagne, qui epousa la prin- 




cesse Clotilde, soeur du roi des Francs Childe- 
bert. La pieuse reine, n'approuvantpas les excfcs 

* LeloyeV, Discours des spectres, liv. IYj cli. iv. 

2 Yoyez Cohbeatj. L'histoire d'Alruy est plus eten- 
due dans les Legendes de l'Ancien Testament, 

3 Ges deux psaumes sont imprimds dans le Codex 
psmdepigraphus Veteris Testamenti de Fabricius. 



AMA . — 2> 

de son mari, tombedans Parian isme, lebarbare, 
apres d'autres mauyais traitements, 1 ai fit crever 
les yeux. Clotilde envoya a son frere un mou- 
choir teint de son sang , et Childebert marcba 
aussitot avec une armee contre Anialaric. La 
justice des homines -fut pre venue par la justice 
eternelie. Tandis que le bourreau de Clotilde 
s ? ayanQait au-devant des Francs , il tomba perce 
d'un trait lance par una main invisible. Des le- 
gendaires ont ecrilque celtemort.etait Pouvntge 
du diabl e ; mais le trait ne venait pas d'en bas *. 
'. Amalarie (Madeleine) , sorcie.re qui all ait an 
sabbat, et qui , cbargee delonze homicides , fut 
mise a mort a soixanle-quinze ans dans la ba- 
ronnie de la Trimouille , a la fill- du seizieme 
.siecle 2 . ■ "" " . . ' % ' . 

Amane, Le soleii , sans doute. C'etait le dieu 
<3Pune secte des Parsis , qui; Phpnoraient par un 
feu perpetueL 

. Amant (Jean cP), medecin empoisonneur qui 
fut accuse de magie et sign ale a Peveque de 
Frej us au treizieme siecle. 11 avail une mede- 
cine empirique au moyen de laquelle il se yan- 
tait de pouvoir allonger la vie ou la raccourcir. 
Nous ignorons ce qu'il advint de lui> ; ; 

Amarante, fleur que Pon admet parmi les 
symbol es de rimmortalite. Les magiciens attri- 
buent aux couronnes faites d'amarante de 
grandes propri&es, et surtout, la vertu de eon- 
oilier |es faveurs et la gloire a ceux qui les 
portent. 

Amazeroth„ Reginald Scott, qui a fait, comine 
Wierus, un ddnombrement des puissances de 
Fenfer, cite Amazeroth comme un due, ayant 
soixante legions sous ses ordres. 

Amasis. Herodbte raco.nte qu'Amasis, roi 
d'figypte, eut Paiguilletle nouee, et qu'il fallut 
employer les plus solennelles imprecations de la 
magie pour rompre le charme. Voy. Ligatures. 

Amazones , nation de femmes guerrieres, dont 
Strabon regarde a tort Fexjstence comme une 
fable. Frangois de Torre-Blanca dit $ qu'elles 
elaient sorcieres ; ce qui est plus hasarde. Elles. 
se brulaient la mamelle.droile pour mieux tirer 
de Fare ; et le pere Me^estejfer croit que la Diane 
d'lSphese n'dlait ornde de tant de mamelles qu'a 
cause que les Amazones lui consacraient celles 
qu'elles se retranchaient. On- dit que cette repu- 
blique sans hommes habitaitla Cappadoce et les 
bords du Thermodon. Les modernes pnt cru re- 
trouver des peuplades d'Amazpnesen voyantdes 
femmes armees sur les bords du Maragnon, qu'on 
a nomme pour cela le lleuve des Amazones. Des 

1 Lambertini de Cruz-Houen, Theatrum regium 
Hispanicum > ad ann* 54 0; 

. lJ - Rikius, Disc, sommaire des sortileges > venefices, 
idoldtriesj tirds des proc&s criminels juges au si<*ge 
roval deMonlmorillon, en Poilou, la presente an- 
nuel 599, p. 29. 

3 Epist. delict., sive Dc magiaj lib. I, cap. vin. 



i — AMD 

missionnaires en placent une nation dans les 
Philippines, et Thevenot une autre dans 3a Min- 
grelie. Mais,;dil-Qn, une republique de femmes [ 
ne subsisterait pas six mois , et ces Etats meiv 
veilljeux ne sont que des fictions inventees pour 
recreer Timagination. Cependant, un "Gurieux 
passage nous est fourni par les explorations re- 
ceives de M. Texier dans TAsie Mineure : il a 
decou vert une enceinte de rochers naturels , 
aplanis par Tart, et sur les parois; de laquelle ■ 
on a scul p te une scene d ' u ne im porta nee ma j eure 
dans rhistoire de ces peuples. Elle se compose 
de soixante figures, dont quelques-unes sont co- 
lossales. On y reconnait Tentrevue de deux rois 
qui se font mutuellement des presents. 

Dans Tun de ces personnages , .qiii est barbu 
ainsi que toute sa suite , et dont 1-appareil aquel- 
que chose de rude , le voyageur avail d'abord 
cru distinguer le roi de Paphlagonie ; et dans 
l'autre , qui est, imberbe "ainsi que les siens , ii 
voyait le roi de Perse , monte sur un lion et en- 
toure de toute la pompe asialique. Mais en com- 
muniquant ses dessins et ses conjectures aux > 
antiquaires de Smyrne, qu'il a trouves fort in- 
struits, M. Texier s'est arrete a Popinion que 
cette scene remarquable represenlait Pentrevue 
annuelle des Amazones- avec le peuple voisin, 
qui serait les Leuco-Syriens ; et la viile voisine, 
ou le tdmoignage des geographes Pavait empech6 
de reconnaitre Tavia , serait Themiscyre , eapitalc 
de ce peuple. 

Ambrosius ou Ambroise, roi dfAngletcrre. 
— Voy 4 Mkblin. 
Amduscias, grand-due aux enters. II a la 




forme d' une licorne ; mais lprsqu*il est dvoque , 
il se montre sous une figure humaine. 11 donne \ 
des concerts, si on les lui commande; on entencl 
alors, sans.rien voir, le son des trompettes et 
des autres instruments de musique. Les arbres 
s'inclinent a sa voix. It commande vingt-neuf 
legions. 



AME 



— '25 



'AME 



■St 



Ame. Tous les peuples onl reconnu riminor- 
talite de Fame. Les hordes les plus barbares ne 
I'ont jamais et6 assez pour se rabaisser jusqu'a 
la brute. La brute n'est attachee qu'a la terre : 
f homme seul eleve ses regards vers un plus no- 
ble sejour. L'insecte est a sa place dans la na- 
ture ; 1'homme n-est pas a la sienne. 

La conscience, le remords, ee desir de pene- 
trcr dans un avenir inconnu , ce respect que 
nous portons aux tbmheaux, cet effrbi de I'autre 
monde, cette croyance aux ames qui ne se dis- 
tingue que dans 1 homme ," tout nous inslruirait 
deja quand meme la revelation ne serait pas la. 
pour repousser nos doutes: Les material isles, 
qui, voulant tout juger par les yeux du corps , 
' nient I'existence tie l'ame parce qu'ils ne la Voient 
point, ne voient pas non plus le sommeil ; ils ne 
voient pas le vent ; ils ne comprennent pas la 
lumiere , ni i'electricite, ni cent mille autres faits 
que pourtatit ils ne peuvent hier. 

On a eherche de tout temps a definir ce que 
c'est que l'Sirte; ce rayon , ce souffle de la Divi- 
nile. Selon les uns, c'est la conscience, c'est 
l'esprit; selon d'autres, c-est cet espoir d'une 
autre vie qui palpi te dans le coeur de tous lies 
homines. G'est, dit Leon THebreu, le cerveau 
avec ses deux puissances , le sentiment et le 
mouvemenL volonUiire. C'est une flamme , a dit 
un autre. Dicearque aftirme que l'aiiie est une 
harmonie et une concordance d£s quatre ele- 
ments. 

Quelques-uns sontall&loin^ et pnt voulu con r 
P naitre la figure de Fame. Un savant a meme 
p prelendu, d'apr&s les dires d'un revenaht, qu'elle 
j| ressemblait a un vase sphdrique de verre poll , 
|j qui a des .yeux de tous les cotds 1 . 
p L'ame ,:a-tK>n dit encore , est comme une va- 
p peur idgere et transparenie; qui conserve la fi- 
ll gure humaine. Un docteur talmudique, vivant 
|§ ^ dans un ermitage avec soil fils et quelques amis, 
^ - viL un jour l'ame d'un de^ses compagnons qui se 
deLacliait tellement de son corps , qu'elle lui fai- 
sait deja ombre a la tete. lfeomprit que son ami 
allai.t mour% et lit tantpar ses prteres, qu'il ob- 
lint que cette. pauvre anie:rentrat dans le corps 
qu'eile abandonnait. « Je crois de cetle bourde 
ce qu'il Taut en croire , dit Lei oyer 2 , comme de 
Lou Les les autres boiirdes et baveries des rab- 
bins. »> 

LesJuifs se persuadent, au rapport du Hol- 
landais Hoornbeeck , que les ames ont toutesete 
creees ensemble, et par paires d'une ame 
d'honime et d'une ame de femme; de sorte que 
les uiariages sont heureux et accompagnes de 
douceur et de.paix, lorsqu'on se marie avec l'ame 
a laquelle on a et<§ accoupld dfcs le commence- 
ment; maisils sont malheureux dans le cas con- 



■'-.^ 

m 

mi 



m 

..hi 

m 

m 

m 



1 Yoyez Gontran , dont l'£me avait rapparencc 
dunebelette. 

2 Leloyer, Diet, et hist, des spectres, liv. IV, ch. i. 



traire. Gn a a hitter con tre ce malhetir, ajoute^ 
t-il, jusqu'a ce qu'on puisse etre uni , par un se- 
cond mariage , a Tame dont on a ete fait le pair 
dans la creation ; et cette rencontre est rare. 

Philon^ JUif qui a ecrit aussi sur.rame , pense 
que, comme il y a de boiis et demaiivais anges, 
il y a aussi de bonnes et de mauvaises ames, et 
que les toes qui descenderit dans les corps y 
apporten t leurs qualites bonnes ou mauvaises. 
Toutes les innovations des heretiques et des phi- 
losophes, et toules les d'octrines qui n'bnt pas 
leur base dans' les enseigneinents de TEglise, 
brillent par de semblables absurdites, 

Les musulmans disent que les ames demeu- 
rent jusqu'au jour du jugement dans le tombeau, 
aupres du corps qu- ell es on t anime . Les p aieri s 
croyaient que les ames , separees de leurs corps 
grossiers et terrestres , conservaient apres la 
mort une forme plus subtile et plus dieliee de la 
figure du corps qu'elies quittaient, mais plus 
grande et plus majestueuse ; que ces formes 

etaierit lumineuses et 
de la nature des as- 
tres ; que les ames 
gardaient de l'incli- 
nation pour les choses 
qu'elies avaient ai- 
mees pendant leur 
vie , et que . sou vent 
elles se montraierit 
autour de leurs torn- 
beaux. Quand l'ame 
de Patrocle se leva 
devant Acliille, elle 
a vait sa voix; sa Laille, , 
ses: y eu x , ses habi ts , 
du moins en appa- 
rencc, mais non pasi> 
son corps palpable^ 

Origfene trouve que 
ces id&es ont une 
source . respec Labi e , e L 
que* les ames doivent 
avoftf en effet line 
consistanee, mais sub- 
lile'j il se fonde sur 
ce qui est dit dans Y6- 
vangile de Lazare et 
du mauvais riche, qui 
ont tous deux des formes , puisqu'ils se parlent 
et se voient, et que le mauvais riche demande 
une goutle d'eau pour rafralchir sa langue. Saint 
Irenee, qui est de Tavis d'Origfene, conclut du 
meme exemple que les ames se souviennent apr6s 
la mort de ce qu'elies ont fait en cette vie. 

Dans la harangue que fit Titus a ses sbldats 
pour les engager a inonter a T'assaut de la tour 
Antonia, au si^ge de Jerusalem, on remarque 
une opinion qui est h peu pres celle des^Scandi- 
naves. Voussavez, leur dit-il , que les aines de 




AME 

ceux qui meurent a la guerre s'Slevent jusqu'aux 
astres, et sont recues dans les regions supe- 
rieures, d'ou elles apparaissent comme de bons 
genies : ; tandis. que ceux qui meurent dans leur 
lit, quoique ay ant vecu dans la justice, sont.plon- 
ges sous terre dansTpubli et les tenebres 1 . 

II y a parmi les Siamois une secte qui croit 
que les ames vont et yiennent ou elles veuleiit 
apres, la mort; que celles des liommes qui ont 
Men vecu acquierent une npuvelle force, une 
vigueur extraordinaire , et qu'elles poursuivent, 
attaqiient et maltfaitent celles des mechants 
partout ou. elles les, rencontrent. Platon dit, dans 
.le neuvieme livre.de ses Lois, que les tunes de 
ceux qui ont peri de mprLvioIente. poursuivent 
avec fureur, dans Fautre monde, les ames de 
leurs meurtriers. Cetle croyance s'est reproduce 
souvent et n'est pas eteinte partout. 
. Les anciens pensaient que toutes les ames 
ppuvaient revenir apres la mort, excepte les ames 
des noyes. Servius en dit la. raison : c*est que 
Fame, dans leur, opinion, n'eHait autre chose 
.qu'unfeu, qui s'eteignait dansl'eau; comme si 
le materiel pouvait detruire le spiritueL 
, On sait qpe la mort est la separation de-Fame 
d-avec le corps. G'est une opihipni de, tpus les 
temps et de tous les peuples que les ames en 
quittant ce monde passent dans uri autre, meil- 
leur ou plus mauvais , selon leurs oeuvres; Les 
anciens donnaientau batelier Carori la charge 
.de conduire les. ames au sejpur des ombres. On 
trouve une 'tradition analogue a cette croyance 
chez les vieux Bretons. Ces peuples placaient le 
sejbur des ames dans une ile qui doit se trouver 
enlre 1-Angleterre et rislaride. Les bateliers et 
pecheurs , (Jit Tzetzes, ne payaient aucun tribut, 
parce q.itfilsetaienfcchargds de la cprv&e de passer 
les ames ; et voici comment cela se/faisait :— Vers 
minuit, ils eritendaient frapper a leur porte; ils 
suivaient sans voir personne jusqu ? au rivage ; la 
ils trouvaient des navires qui leur sdmblaient 
vides, mais qui itaient charges tVamesV ils les 
contluisaient a Tile des Qmbres, ou ils ne voyaient 
rien encore; mais ils entendaient les ames an- 
ciennes qui venaient recevoir et complimehter 
• les nouvelles 'debarqudes ; elles- se nommaient 
par leurs noms, reconnaissaient leurs parents, etc. 
Les pdcheurs, d'abord <§tonnds, s'accoutumaient 
a ces merveilles et reprenaient leurchemin. — 
Ces transports d'amcs, qui pouvaient bien ca- 
cher une sorte de contrebancle , n'ont plus lieu 
depuis que le Ghristianisme est venu apporter la 
vraie lumiere. 

On a vu parfois, s'il faut recevoir tous IesT<5- 
cits des chroniqueurs, des ames errer par troupes. 
Dans le onzifcme sifccle , on vit passer prfes de la 
•ville de Narni une muUitude infmic de gens 



. 1 Jos6phe, Da hello jud tJ liv. VI, cap. i, cite par 
D. Calmet, premiere par tie du Traitd des apparitions, 
ch. xvi. 



26 — AME 

vetus de blanc , qui s'avan^aient du cote de l'O- 
rient. Cette troupe defila depuis le matin jusqu ? a 
trois heures apres midi. Mais sur le soir elle di- 
minua considerablement Tous les bourgeois 
monterent sur les murailles, craignant que ce ne 
fussent des troupes ennemies; ils- les yirent pas- 
ser avec une extreme surprise; Un citadin * plus 
resolu que les autres, sprtit de la ville; reinar- 
quant dans la foule mysterieuse un ; hpmme de sa 
connaissance , il Tappela par son nam et lui de- 
manda ce que voulait dire cette multitude de 
pelerins. L'homme blanc lui repondit: cc Nous, 
sommes des ames qui , n' ay ant- point expie tous 
nos peches et n'etant pas encore assez pures , 
allo'ns ainsi dans les lieux saints, en esprit de 
penitence ; nous venons de visiter 1 le tomb.eau de 
saint Martin, et nous allons a Notre-Dame de 
Farfe 1 . » 

Le bourgeois de Narni fut telle.ment effraye de 
cette vision, qu'il en demeura malade pendknt 
un an. Tpute la ville de Narni, diseiit .de se- 
rieuses relations fut temoin de cette procession 
merveilleuse, qui se fit en plein jour. ... 

N'oublions pas, a propps du sujet qui, nous 
occupe,,une croyance tres-repandue , en Allema- 
gne : e'est qu'on peut vendre son. ame au diable. 
Dans tous les pactes faits avec I'esprit des tene- 
bres, cplui qui s' engage vend son ame. Les Alle- 
mands ajoutent mfime qu ? apres cet horrible mar- 
che le vendeur n'a plus d'ombre. On conte a 
ce propos Thistoire d'un etudiant qui fit pacte 
avec le diable pour devenir Tepoux d' une jeune 
dame dont il ne ppuyaitpbtenirlamain. ll yreussit 
en yertu du pacte. Mais ; au moment de la ce- 
lebration du mariage , un rayon de soleil frappa 
les deux epoux qu'on allait unir; on s'apergut 
avec elTroi que le jeune homme n'avait- pas d'om- 
bre: on recpnnut qu'il ayait vendu son ame, et 
tout fut rompu. 

Generalement les insenses qui vendent leur 
ame font leurs conditions, et s*arrangent pour 
vivre un certain nombre d'anndes apres le pacte. 
Mais si on vend sans fixer de terme, le diable, 
qui est pressd de jouir, n'est pas toujours delicat; 
et voici un trait qui m<5rite atten tion : 

Trois ivrognes s'entretenaient , en buvant, : de 
rimmortalite de l'ame et des peines de Tenfer. 
L'un d'eux commenqa h s'en moquer, et dit la- 
dessus des stupidites dignes de la circonstance. 
G'etait dans un cabaret de village. Gependant 
survient un homme de haute stature, vdtu gra- 
yement, qui -s'assied prfcs, des buveurs et leur 
demande de quoi ils rient. Le plaisant villageois 
le met au fait, ajoutant qu'il fait si pen de cas 
de son ame , qu'il est pr6t a la vendre au plus 
offrant et a bon march6,.et qu'ils en boiront 
l'argent. « Et combien me la veux-tu vendre? » 
dit le nouveau venu. Sans marchander, ils con- 



1 Decura pro mortuis, cite par D. Calmet } pre- 
miere partie, ch, xiv. 



AME 



— 27 - 



AMI 



viennent da prix ; l'acheieur en compte l'argent, ; 
et ilsleboivent. C'etait joie j usque-la. Mais, la nuit ; 
venant, l'acheteur dit : <c II est temps, je pense, : 
que chacun se retire chez soi ; eel ui qui a acliete ; 
im cheval a le droit de I'emmener. Vous permet- 
trez dbne que je prenne ee qui est a moi. » Or, [ 
cedisant, il empoigne son vendeur tout trem- 
blant,-et renimeiie oil il n'avait pas cru aller si 
vite ; de telle sorle que .jamais plus ;le pays n'en : 
ouitnouvelles*. Voy, Mort. 

Ame damnee; On dbnne ce horn, a Gonstan- j 
tinople, a Talcyon voyogeur, .qui 'est tres-comh : 
nuin dans ce pays; Quelque rapide que soit son 
vol, il n'est jamais aceoinpagne GVauGiui.brLiit. On : 
ne le voit jamais se poser, ui chercher, ni pren- 
dre sa nourrilure. 11 a le dos noir, le venire 
blanc. 11 plane todle la journee sur le Bosphore, 



et ne s'en ecarle rarement que pour y revenir 
avec precipitation. 

Ame des betes. Dans un petit ouvrage tres- 
spirituel sur Ydme des dotes, un pere jesuite a 
ingenieusement developpe cette singuliere idee 
de quelques philosophes anciens , que les b^tes 
etaient animees'par lies demons les moins cou- 
p.ables, qui faisaient ainsi leur expiation, Voy. 
Albigeois. = ■ ■ ' ; - 

Ame du monde. « La force, sans cesse chan*- 
geante, du seiri de laquelle s'eparichent et se -pre*- 
cipitenl sur nous taht de merveilles, a'.est Ydme 
du monde, »nous dit Cornelius Agrippa, le.grand 
herilier de 1'Ecole d' Alexandrie , et cette ame 
feconde toute chose , tout etre que la nature. en- 
fante ou que fa$onne Tart ! Elle le feconde en y 
infusdntses praprietes celestes. Arrhng6es selon 




Les Irois ivrojpics< 



la formula que la science enseigne, ces choses 
re^oivent le don de nous communiquer Jeurs 
vertus. II suttit alors de les porter sur soi pour 
qu'elles opferent stir le corps el sur Vdme. Tout 
aussitot vous les sentez produire en vous la ma- 
lad ic ou la santd, 1'audace ou la peur, la tristesse 
ou ia joie, et nous devenons par elles tantoL un 
objet de faveur et d'amour, lantflt un objel de 
liaine, d'horreur et d' abomination 2 . « Ainsi, 
ajoule M. le chevalier Gougenot des Mousseaux, 
que nous transcrivons ici s , Tame du monde, la 

Ml sc public en co moment (1862) a Geneve un 
journal dont voici le tilre : « Journal de Vdme, s'oc- 
eupimt csscntiellenient des pluhiomenes d'inluilion 




animaux, aux phenomcnes des tables, a ceux du 
crayon , etc. » Les proLestants commencont done a 
cpoipo au dela de lour Bible? 

2 De philosophia occulta, Cornelius Agrippa. p. 65, 
239, etc. 11 1 

8 La magic au diqt-neuvieme sieclc, p. 210'', W\* 



grande f orce uni ver^elle bt ; Tlui dique,; devieh t sous 
nos doigts T ame des talismans : et des charmes 
du magn&tisme oii de. la sorcellerie I Quel autre 
trait nouspeindra plus au vif sa- nature I... » 

Amenon. Les Chaldeens comptaient ce b6ros 
parmi leurs rois. lis disaient qu'il a r(5gn6 douze 
sares. Or, s*il faut en croire les doetes, le sare 
est de trois mille six ans. Ce qui ferait un r&gne 
assez long. 

Amethyste, pierre pr6cieuse d*un violet fonce, 
autrefois la neuvifeme en ordre sur le pectoral 
du grand pretre des Juifs. Une vieille opinion, 
populaire Jui attribue' la vertu de garantir de 
l'ivresse. ■ ' - 

Amiante, espece de pierre incombustible, 
que Pline et les.dtfmonographes disentexcellente 
conlre les charmes de la magie 1 . 

Amilcar , gSndral carthaginois. Assiegpant Sy- 
racuse, il crut entendre, pendant son sommeil, 
une voix qui l'assurait qu'il souperait le lende- 

1 Delancre, De Vmconstance, etc., liv. IV, disc, iih 



AMM 



— 28 



AMP 



main dans la ville. En consequence, il fit donner 
I'assaut de bon matin, esperant enlever Syracuse 
et y souper, comme le lui prometlait son reve. 
II fut pris par les as&ieges et y soupa en effet, 
-non pas en vainqtieur , ainsi' qu'il s'y etait aL- 
tendu^mais en captif, ce qui n'empeeha pas le 
songe d' avoir predifc juste \ — 
. Herodole con Le encore qu'Amilcar, vaincu par 
Gel on, disparut vers la fin de la bataille, et qu'on 
ne le retroiiva plus , si-bien que les Carthaginois 
le mirent au rang de leurs dieux et.lui ofirirent 
des. sacrifices. ••. 

Ammon. Voy. Jupiter-Ammon. 

Amniomancie, divination stir la coiffe on 
membrane qui enveloppe quelquefois la tete des 
enfanls naissants , ainsi nommee de celte coiffe 
que les medeeins appelaient en grec amnios. L,es 
sages^femmes- predisaient le sort futur du riou- 
veau-ne par l'inspeetion de cetie coiffe; elle an- 
nongait d'heureuses destinees si elle 6tait rouge, 
et des malbeurs si elle presentait une couleur 
plombee. Voy. Coiffe; 

Amon, ou Aamon, grand et puissan t marquis 
de Fempire infcrnalv II a la figure d'un loup, 
avee un e queue de serpent ; il vorni t de la flamme ; 
lorsqu'il prend la forme humaine , il n'a de 
fhomme que le corps ; sa tete ressemble a celle 
d'un hibou et son bee laisse voir des dents ca- 




nines tres-elfilees. C'est leplussolide des princes 
des demons, 11 sait le passeet l'avenir, et rdcon- 
cilie, quand ille veut, les amis brouillds, II com- 
mands a quaranteldgions. 

Les figyptiens voyaient dans Amon ou Amoun 
leur Dieu supreme ; ils le representaient avec la 
peau bleue, sous nne forme assez humaine. 

Amour. Parmi les croyances superslitieuses 
qui se rattacbent innocemment a l'amour, nous 
citerons celle-ci, qu'un homme est g<$ne>aie- 
ment aime* quand ses cbeveux frisent naturelle- 
ment. A- Itoscoff, en Bretagne, les femmes, apres 

- 1 Valfere-Maxime. -'- 



la messe, balayent la poussiere de la chapelle de 
la Sainte-Union, la soufflent du cote par lequel 
leurs epoux ou leurs fiances doivent revenir, et 
se flatlent, au moyen de cet inoffetisif sortilege, 
de fixer le coeur de celui qu'elles aiinent*. Dans 
d'autres pays v on croit slupidement se faire ai- 
mer en attacbant a son cou certains mots sepa- 

res par des croix. Voy, 
P hiltres. Voy. aussi RHOM- 
BUS. • 

11 y a eu des amants 
entraities par leurs- pas- 
sions qui- se sont donnes 
au demon pour etre heu- 
reux. Qn eon te qu'un valet 
vendit son a me au diable 
a condition qu'il idevien- 
drait Tepoux de la fille de 
son maitrer ce qui le rendit le plus infortune des 
homines 2 . 

On attribue aussi a I'inspiratioh des demons 
certaines amours monstrueuses, comme la pas- 
sion de Pygmalion pour sa statue. Un jeune 
homine devint pareillement eperdu pour la Ve- 
nus de Praxitele; un Atheirien se tua de deses- 
poir aux pieds de la statue de la Fortune, qu'il 
trouvait insensible. Ges traits ne sont que des 
folies ddplorables, pour ne pas dire plus. 

Amoymon,. ou Amaimon , fun des quatre 
rois de fenfer , dont il gouverne la partie orien- 
tale. On 1'cSvoque le matin , de neuf heures a 
midiy et le soir de trois a six heures. Asmodee 
est son lieutenant et le premier prince de ses 




Amphiaraiis, devin de Taritiquitd, qui se ca- 
cha 'pour ne pas aller a la guerre de Thebes, 
parce qu'il avait pr^vu qu'il y mourrait; ee qui 
eut lieu lorsqu'pn feu t decou vert et force a s'y 
rend re » Mais on ajoule qu'il ressuscita. On kit 
eleva un temple dans TAttique, pres d'uiie fon- 
laine sacrde par laquelle il s'etait glisse en reve- 
nant des enfers. : . :\" - ' : 

II guerissait les malades en leur indiquant des 
remedes dans des son ges , com me f on t de n os 
jours ceux qui pratiquent le somnambulisme 
magnetique. II rendait aussi par ce nioyen des 
oracles, moyennant argent. Apres les sacrifices, 
le consul Lant s'endormait sur une peau de mou- 
ton, et il lui venait un reve qu'on savait toujours 
interpreter apres TcSvenement. On lui attribue 
des propheties Sorites en vers,, qui ne sont pas 
venues ,jusqu' a nous. II inventa la pyromancie. 
Voy. ce mot. 

Amphiloque, de'vin qui, apres sa mort, rendit 
des oracles en Gilicie. 

Amphion. Pausanias , Wierus et beaucoup 

- 1 Voyage de M, Cambry dans le Fimstere, t. L 

2 Yoyez k ce propos, dans \esLegendes in females : 
Un pacte a Cfearee. , 

3 Wierus , in Pscudom on archia dam. 



8 



'I 



I 



AMP- 

d'auires mettent Amphion an rang des habiles 
magiciens.parce qu'ilrebatit lesmurs de Thebes 
au son de sa lyre, 

Amphisbene, serpent auquel on atlribue deux 
tetes aux deux extremites, par lesquelles il mord 
egalement. Le docteur Brown a combattu. cette 
erreuivque Pline avait adoptee, « On ne niepoint, 
dit Brown'S qu'il n'y ait eu quelques serpents a 
deux tetes; dpnt clia.cune etait a Pextremite: op- 
posee. Nous Irouvons dans Aldrovandi un lezard 
de celte meme forme , et tel etait. peut-etre 
l'amphisbene dont Cassien du Puy montra la 
figure: au savant Faber. Cela arrive quejquefois 
aux animaux qui font plusieurs: petits a la fois, 
et surtout aux serpents , dont les oeufs etanLat- 
laches les uns aux aulres, peuvent s'unir sous 
diverses formes et s'eclore, de la sorle. Mais.ce 
sont la des productions monstrueuses, contraires' 
a cette loi suivaririaqueire toute creature en- 
gendre son semblable,. et qui sont marquees 
com me irregulieres . clans le cours ! general de la 
nature. Nous douterons done que l'amphisbene 
soil une race de serpents a deux tetes, jusqu'a 
ce que le fait soit continue. » . 

Amrita. Breuvage de Pimmortalite chez les 
Hindous. Leurs dieux ont ete morlels pendant dix 
mille ans, a la suite desquels ils ont trouv6 le 
moyen de faire Pamrita, ce qui les a places 
bors des atteintes de la mort. 

Amschaspands.Genies du premier ordre chez 
les Persans, lis sont au nombre de six , et ont 
pour chef OrmuscL ou Ormouzd. lis president 
avec lui aux sept planetes. 

Amulette, preservatif. On appelle ainsi cer- 
tainsremedes : superstitieux que Ton porte sur soi 
ou que Pon s'attache ail coir, pour se preserver 
de quelque: maladie ou de quelque danger. Les 
Grecs les nommaient phylacteres, les Orientaux, 
talismans. G'etaient des images capricieuses (un 
scarabee chez les %-yptiens)., des inorceaux de 
parchemin, de cuivrc, d'etain, d'argent, ou en- 
core des pierres parti culiSres oil Ton avait trace 
certains caract&res ou certains hieroglyphes. 

Comme cetle superstition est n&e d'un atta- 
chemenLexcessif a la vie et d'une crainte pud- 
rile de tout ce qui peutnuire, le Chrislianisme 
n'est venu a bout de la detruire que chez les 
fideles 2 . Des les premiers siecles de l'figlise, les 
Peres et les conciles ddfendirent ces pratiques 
du paganisme. Ils repr&enterent les amulettes 
comme un reste idolatre de la confiance qu'on 
avait aux pretend us genies gouverneurs du monde. 
Le cure Thiers 4 a rapporle un grand nombre de 
passages des Peres a ce sujet, et les canons de 
plusieurs conciles. 

Les lois humaines condamnerent aussi Pusage 
des amulettes. L'empereur Constance d&endit 



-■■ 

m 



Essai sur les erreurs, Iiv. Ill, ch. xv. 



* Bergier, Diclionnaire iheologfquc* 
3 TrqiU des superstitions, liv. Y, ch» 



i. 



20 — AMP 

d'employer les amulettes et les charmes a la gue- 
rison des maladies. Cette loi, rapportee par Am- 
mien Marcellin, fut executee si sdverement, que 
Valentinien fit punir de mort une vieille femme 
qui otait la fievre avec des paroles charmees ■> et 
qu'il; fit eouper la.tete a un jeune, honlme qui 
touchait un certain morceau de mai-bre en pro- 
nongant sept lettres de Palphabet pour guerir le 
mal d'estomac. - " . ./. ; 

Mais comme il fallalit des preservatifs aux es- 
prits fourvoyes, qui sont toujours le plus grand 
nombre, on trouva moyen; d'eluder la loi. On fit 
des amulettes avec des morceaux de papier char- 
ges de verse ts de PEcriture sainte., Les lois se 
montrerent moins rigides contre cette coutume; 
et on laissa aux pretres le soin d'en mod(§rer les 
ab.us. .. ; . yj-. 

Les Grecs modernes * lorsqu'Jls sent malades , 
ecrivent le nom de. leur infirmitd sur un papier 
triangulaire qu'iis attachent a- la porte -de 'leu p 
ehambrev lis ont grande foi a cette amulette. 

Quelques personnes portent sur elles le com- 
mencement de.l'fivangile de saint Jean comme un 
preservatif confcre le tonnenu; et, ce qui est as- 
sez particulier, e'est que les Turcs ont confiance 
a cette meme amulette ,; si Pon en croit Pierre 
Leloyer, ■' . .;■ . . ; ; / . 

Une autre 'question est de savoir si e'est une 
superstition de porter sur soi les reliques des 
saints, une eroix, une- image, une chose benite 
par les prii j r,es de TlSglise , m\ Acjnxis Dei, etc., 
et si P on doit mettre ces choses au : rang des 
amulettes , comme le pretendent les protestants. 
— Nousrrecopnaissons que sLPo.n attribue a ces 
choses la vertu surnaturelle. de .pr(5.sei]yer d'acci- 
dents , de mort subile, de mort dans l'etat de 
pechd, etc., c^st une superstition. Elle n'est pas 
du meme genre que cello des ; amulettes, dont le 
pretendu pouyoir ne peut pas : se rappor.ler a 
Dieu ; mai& c'est ee que les th6plogiens.appellent 
une vaine observance , parce. que Pon attribue a 
des choses sain tes et respectables . un pouvoir 
que Dieu n'y a point attach^. Un chr6tien bien 
instruit ne les envisage point ainsi; il sait que 
les saints ne peuvent nous secourir que par leurs 
prieres et par leur intercession auprAs de Dieu. 
G'est pour cela que Pfiglise a decide qiPil est 
utile et louable de les honoreretde les invoquer. 
Or e'est un signe d'invocaLion et de respect a 
leur egard de porter sur soi leur image ou leurs 
reliques; de meme que e'est une marque de- 
fection et de respect pour une personne que de 
garder son portrait ou quelque chose qui lui ait 
apparteno! Ce n'est done ni une vaine obser- 
vance ni une folle confiance d'espdrer qu'en 
consideration de PafTeclion et du respect que 
nous t&Hoignons a un saint, il interctSdera et 
priera pour nous. II en est 'de meme des croix et 
des Agnns Dei 1 . 
1 Bergier. Dictionnairc theologique, 



AMY 



— 30 



AM 



On lit dans Thyraeus i qu'en 1568;; dans le du- 
che de Juliers, le prince d'Orange condamna un 
prisonnier espagnol a mourir;; que ses soldats 
Pattacherent a un arbre ■ et s'efforcerent de le 
tuer a coups d'arquebuse; mais que leurs balles 
ne Patteighirent point. On le' deshabilla pour 
s'assurer s'il n'avait pas sur la peau une armure 
qui~arr£tat le coup; on trouva une amuletLe por- 
tant la figure d'un agneau : on la lui otayet. le 
premier coup de fusil Petendit roide mort. 

On voit dans la vieille chronique de dori Ur- 
sino que quand sa mere Penvoya, tout petit 
enfant qu'il etait, a Saint-Jacques de Gompostelle, 
elle lui mit au coil une.amuiette que son epoux 
avait arracliee a un chevalier maure. La vertu 
de: cette amulette etait d'adoucir la fureur des 
betes cruelles. En traversant une foret, uiie 
ourse enleva le petit prince des mains de sa 
nourrice et Pemporta dans sa caverne. Mais, loin 
de lui faire aucun mal, elle Peleva avec ten- 
dresse; il devinfcpar la suite tres-fameux >sous le 
nom de don Ursino , qu'il devait a P ourse, sa 
nourrice sauyage, et ilfut reconhu par son pere, 
a qui la legende dit qu'il succeda sur le trone de 
Navarre. 

Les hegres croient beaticoup a la puissance 
des amulettes. Les bas Bretons leur v attribuent 
le pouvoir de repousser le d^mon. Dans le Finis- 
tere, quand on porle un enfant au bapteme, on 
lui met au cou un morceau de pain noir, pour 
eloigner les: sorts et les mal&uces que les vieilles 
sorcieres pourraient jeter sur lui 2 . Voy. Au';s. 

Amy, grand president aux enfers, et Tun des 
princes de la. monarchie infemale. II parait la- 
bas environnd de flammes , nlais il affecte sur la 
terre des traits humains. Il enseigne les secrets 
de Pastrologie et des arts libdraux; il donne de 
bons domestiques; il decouvre a ses amis les 
tresors gardes par les demons; il est prefet de 
trente-six legions. Des anges d&hus et des puis- 
sances sont sous ses ordres* II espere qu'apres 
deux, cent mille ans il retournera dans le ciel 



1 Disp.de dwmoniac.) pars III, cap. xly* 

2 on lit dans les observations de Thomas Campbell 
sur Alger : « II y a dans PAlgdrie quelques Maures 
et quelques Juifs qui se prdtendcnt docteurs , et des 
femmes qui se clisetifc accoucheuses. Mais les m&lecius 
et Ids chirurgieris du pays ne savenl pas un mot 
d'anatomie; ils ignorent jusqu'au nom des drogues 
quails prennent a tort et a tf avers. En chirurgie, ils 
ne saveftt pas me 1 me manier la lancette^En medecine, 
ils vienheht au secours d'une colique, de la pierre 
etdela pleurdsie, par ^application d'un fer rouge 
stir la par tie souffrante : ce traitement force souvent 
le patient a crier qu'il est gudri , afin qu'bn cesse le 
remede. Ils saignent avec un rasoir, et arreHent les 
hemorrhagies avec de lapoixl Le docteur Abernethy, 
dans une lecon sur le goitre, disait qu'il ne savait 
comment gudrir cette maladie , et que pout-6tre la 
meilleure ordon nance serait de siftler. II est possible, 
en veYiUi, que les amulettes donndes aux Algeriens 
par leurs marabouts soient les remedes les plus in- 
nocents de leur pharmacie. » 



pour y occuper le septieme trone; ce qui n'est 
pas croyable, dit Wierus 

Amyraut (Moise), theologien protestant, ne 
dans PAnjou en 1596, mort en 1664. On lui doit un 
Traili des songes, aujourd'hui pen recherche. 

AnabaptisteSi secte nee de Luther, qui re~ 
baptisait; ce que sigriifie sou nom. Voy. Jean de 

LeVDE et MUNCER. ; 

Anagramme. II y eut des gens , surtout dans 
]es quinzieme et sbizieme siecles , qui preten- 
daient trouver des sens caches dans les mots 
qu'ils decomposaient , et une divination dans les 
anagrammes. On cite comme une des plus cu- 
rieuses celle que Ton fit sur le menrtrier de 
Henri HI, Ffere dit Jacques Clement, ou Ton 
trouve : Cest Uenfer qui m'a cree. — Deux reli- 
ligieux en dispute , le pere Proust et le pere 
<i J Ortean$>, faisaient des anagrammes ; le pere 
Proust trouva dans le nom . de son confrere : 
VAsne d!br ? et le pere d'Qrleans decouvrit dans 
celtii du pere Proust : Fur sot, 

Un nomm^ AndriPujon, de la haute Auvergne, 
passant par Lyon pour se rendre a Paris, reva la 
nuit que Panagramme de son nom etait : pendu 
d Rioni. En eflet , on ajoute que le lendemain il 
s'eleva une: querelle entre lui et un homme de 
son aubdrge, qu'il tua son adversaire, et qu'il 
fut pendu huit jours apres sur la place publique 
de Riom. — C'est un vieux conte renouvele. On 
voit dans Delancre 2 que le pendu s'appelait 
Jean de Pruom , dont 1 Panagramme est la meme. 

J.-B. Rousseau, qui ne voulait pas reconnaitre 
son pere, "parce que ce n'^tait qu'un humble 
cordonnier, avait pris le nom de Verniettes, donl 
Panagramme fut faite ; on y trouva : Tu te rentes. 
On fit de Pierre de Ronsard rose de Pindare, — 
L'anagramme de monde est dfonon; Panagramme 
d 9 Amiens , en amis; celle de Lamartine , thai t'en 
ir'a; celle de revolution fmngaise, un Corse te 
finiraj en 18Z|8, on a trouvd insolemment dans 
ces troisnoms : k. Thiers, Odilon Barrot, Cham- 
bolle, trois Aliboron de la Chamhre, 

On donna le nom de cabale a la ligue des fa- 
voris de Charles II d*Angleterre , qui 6taient 
Clifford,, Ashley, Buckingham, Arlington, Lau- 
derdale, parce que les initiates des noms de ces 
*cinq ministres formaient le mot cabal. 

On voulut pr&enter comme une prophetie 
cette anagramme de Louis qaatorzihne, roi dc 
France etde Navarre : «Va, Dieu confdndra Tar- 
mee qui osera te resister... » 

Parfois les anagrammes donnent pourtant un 
sens qui etonne. Qu'est-ce que la v^rite ? Qidd 
est mritas? demande Pilate a PHomme-Dieu ; et 
il se leve sans attendre la rdponse. Mais elle est 
dans la question, dont Panagramme donne exac- 
temenU Est vir qiu adest, c^esl celui qui estde* 
vant vous. 

1 In Pseudomon. dwmonum, 

2 L'ineredulitd cfrmecre'anco, etc., traitd V** 



1 

1 



ANA 



31 



ANA 



i 

1 



I 



{fir 



p 



fee? 



i 



1 



I 
1 



1 ir 

if 



Les Juifs cabalistes ont fait des anagrammes la 
troisieme parlie de leur cabale : leur but est de 
trouver dans la transposition des leltres ou des 
mots des sens caches ou mysterieux. Voy. Ono- 

MANCIE. 

Anamelech, ou Anamalech , demon obscur, 
porteur de mauvaises nouvelles.- II etait adore a 
Sepharvaim, ville des Assyriens. II s'est montre 
sous la figure d'une caille. Son nom signifie, a 
ce qu'on dit > Ion roi; et des doctes assurent 
que ce demon est la lune, et ' Adramelech le 
soleil. II joue un role dans le poeme ou Gessrier 
a chante la .morfc d'Abel. 

Anancitide. Voy. Aglaopiiotis. 
. Anania ou Anagni (Jean d') ,, jurisconsulte du 
quinzieme siecle , a qui on doit quatre livres De 
la nature des demons *, et un traite De la magie 
et des malifices\ Ges ouvrages sont peu connus* 
Anania moimit en Italie en. 1458. 

Ananisapta. Les cabalistes disent que ce mot, 
eerit sur un parchemin vierge , est un talisman 
tres-efficace contre les maladies. Les lettres qui 
le composent sont , a leur avis , les initiates des 
mots qui foment la priere suivante : Antidotttm 
Nazareni Auferat Necem Intoxicationis , Sancti- 
ficet Alimenta Poculaqxie Trinitas' Alma* 

Anansie. G'est le nom de l'araignee. gigan- 
tesque et toute-puissante a qui les negres de la 
Cote-d'Or attribuent la creation de Thornine, 
Voy. AttAiGNihL ■ . 

Anarazei, l'mr des demons charges de la 




; : '(if 



garde des tresors souterrains , qu'ils Iransportent 
d'un lieu a un autre pour les derober aux recher- 
ches des hommes. Anarazei , avec ses compa- 
gnons Gaziel et Fecor, dbranle les fondements 
des maisons, excite les tempetes, sonne les 

1 Dcnaturadmmonum, lib; IV, in-1 2; Neapoli, \ 
1 De magia et maleficiis, in-4°; Lugduni, 1669. 



cloches a minuit, fait paraitre les spectres et 
inspire les terreurs nocturnes/ 

Anatheme. Ce mot, tire du grec^.signifie ex-: 
pose*, tiijnaU, devoue. On donnait chez les paiens- 
le nom d'anathemes aux filets qu'un pecheur de- 
posait sur l'autel des nymphes de la mer, au 
miroir que Lais consacra a VeiiuSj aux offrandes 
de coupes, de vetements, d'instruments et de 
figures- diyerses. On Tappliqua ehsuite:aux objets 
odieux que Ton exposait dans un autre sens,, 
comme-Ia tete ou les depouilles d'uh coupable ;' 
et Ton appela anatheme la victime youee aux 
dieux infernaux. Chez les Juifs ranatheme a ete 
generalement pris ainsi en mauvaise part ; chez les 
Chretiens c J est la malediction ou Tetre iriaudit. 
L'homme frappe d'anatheme est retranche de la 
communion des fideles. ■: 

11 y a beaucoup . d'exemples qui prouvent les 
effets de Tanatheme; et comment expliquer ce 
fait constant.-, .que peu d'excommunies 'ont pro^ 
spere ? — Voy. Excommunication. •• 

Les magiciens et les devins emploient une sorte 
^anatheme pour d^couvrir- les voleurs et les ma- 
lefices : voici cette superstition; Nous prevenons 
ceux que les details pourraient scandaliser qu'ils 
sont extraits des grimpires, — On prend de Teau 
limpide, on rassemble autanivde; petites pierres 
qu'il y a de personnes soupgonn^es, on les fait 
bouillir dans cette eau, on lesienterre sous le 
seuil de la porte'par ou doit passer le voleur ou 
la sorciere, en y joignant une lame detain sur 
laquelle sont Scrits ces mots Gkristus vincit, 
Christns regnitt, Christus impemt. On a eu soin 
de donner a cih'aque pierre le noin de Tune des 
personnes qu> on a lieu d<e soupqonher. — Onote 
le tout de -dessus le seuil de la porte au lever du 
soleil; si la.pierre qui represente le coupable est 
brulante, c'est d(5ja un indice; vMaisy edmrne le 
diable est sourhois , il ne fant pass'eri'C.ohtenter; 
on recite dbnc les: sept psaumes de la 'pdnitence 
avec les litanies 'des saints ; 1 on prononce jsnsuite 
les prieres de l*exorcisine contre le voleur ou la 
sorciere; on 6crit son nom dans un cercle\ on 
plante sur ce nom un clou d'airain de forme 
triangulaire , qu'il faut.enfoncer avec un marteau 
dont le inanche soit de bois de cypres , et on dit 
quelques paroles prescrites a cet effet. Alors Je 
voleur se trahit par un grand cri. 

S'il s'agit d'une sorcifcre, et qu'on veuille sen- 
lement oter le malefice pour le rejeter sur celle 
qui-l'a fait, on prend, le samedi, avant le lever 
du soleil, une branche de coudrier d'une annde, 
et on dit l'oraison suivante : « Je te coupe, ra- 
)) meau de cette annee , au nom de celui que je 
» veux blesser comme je te blesse. » On met la 
branche sur la table, en rdpetant trois fois une 
certaine prifere 4 qui ,se termine par ces mots : 

^On ajoute aux paroles sainles du signe de la 
croix : , Droch, Mirroch, Esenaroth, Betubaroch, 
Assmaaroth, qu'on entrem6le de signes de croix..... 



ANA 



— 32 — 



km 



Que le soreier ou la sorciefe soit ana theme, et 
nous saufs!,.. 

Anatolius j.philosopheplatonicien , maitre de 
Janiblique, et auteur d'un traite Des sympathies 
et des antipathies, dont Fabricius a conserve 
quelques fragments dans sa Bibliotheque grecque. 

Anaxilas, philosophe pythagoricien quivivait 
sous Auguste. On l'accusa de magie, parce qu'il 
faisait de mauvaises experiences de physique, et 
Auguste le bannit. II fut Pinventeur du flambeau 
infernal, qui consiste a bruler du soufre dans un 
lieu prive de lumiere, ce qui rend les assistants 
fort laids. 

Andaihe, fee suzeraine ou reine, qui chassait 
avec sa suite, dans les bois du chateau de Ras- 
nes, et qui en epousa le seigneur 4 i 

Anderson (Alexandre). Voy. Vampires, a la" 
fin de 1' article. - 

Andrade, medecin qui eut des revelations eri 
853, Elles sont peu eurieuses ; cependant Du^ 
chesne les a recueillies; dans sa collection des 
historiens fran^ais 2 . 

Andr as, grand marquis aux enfers. On le voit 
avec le corps d'un ahge, la lete d'un chat-huant, 




a cheval sur un loup noir e£ portant a la main 
un sabre pointu. 11 apprend a ceux qu'il favorise 
a tuer leurs ennemis, maitres et serviteurs; c'est 
lui qui eleve les discordes et les querelles; il 
commancle trenle Idgions. 

Andre (Tobie), auteur d'un livre Sur lepou- 
voir des maiwais anges } rare et peu recherche* 3 . 
Dix-septieme siecle. 

Andrese (lean-Valentin) , lutherien, n6 dans 
le duche de Wurtemberg en 1596, mort en 
165Z|. Ses connaissances confuses, son activite 

1 Yoycz sa legende dans les Legendes des esprits 
et demons. 

. 2 Exeerpta Ubri revelationum Andradi medid, 
anno 853, tomo II, Scriplorum And. Duchesne. 

3 Tobiae Andreai Exercitationes philosophic^ de 
angelorum inalorum fotentia in corpora, in-<12; 
Amstel., 4694. 



mal reglee, les mysterieuses allusions qui se re- 
marquent dans ses premiers ouvrages, Vontfait 
regarder comme le fondateur du fameux ordre 
des Rose-Groix. Plusieurs ecrivains allemands 
lui attribuent au moins la reorganisation de cet 
ordre secret, afiilie depuis a eel ui des Francs- 
Masons, qui reverent encore la memoire d'An^ 
dreae. ; — Ses ouvrages, au nombre de cent, pre- 
chent generalement la necessite des societes 
secretes, sur tout la RepiMique. Chrislimiopoli- 
taine, la Tour de Babel, le Chaos des jugements 
portes sur la fraternite de la Rose-Croix : , VIdce 
d'une societe chre'lienne, la Reforme generate du 
monde } et les Noces chimiques de Chretien Rosen- 
creutz. — On attribue h Andreae -des voyages 
merveilleux, une existence pleine.de mystere, et 
des prodiges -qu*6n a copies recernment en 
grande parlie dans la peinture qu'on nous afaite 
des tours de passe-passe de Gaglio'stro. 

Andriague, aninial fabuleuxs-espece.de che- 
Val oiv de: griffon, aile, ^que'les romans de eheva- 
lerie: donnen t quelquefois aux rhagiciens i qa'ils 
pretent niehie h leurs Ji&o's, et qu'on retrouve 
aussi dans des' contes defies. 

Androalplius, puissant demon , marquis, de 
Tempire infernal ; il se montre sons la figure 
d'un paon a la voix grave. Quand il parait avec 
la forme humaine, on peut le contraindre a don- 
ner des lemons de geom&rie. II est astronome,, et 
il enseigne de plus a ergoter habilemenL 11 
donne aux hommes des figures d'oiseaux ; ce qui 
permet a ceux qui eommercent avec lui d'eviter 
la griffe des juges. Trente legions sont sous ses 
ordres K 

Androgina. Bodin et Delancre content 2 qu'en 
1536, a Casale, en Piemont, on remarqua qu'une 
sorciere, nommee Androgina, entrait dans les 
maisons, et que- bient6t apr^s on y inourait. 
Elle fut prise et livr^e aux juges; elle confessa 
que quarante sorciferes ses compagnes avaient 
compost avec elle le malefice. G'6tait un on- 
guent dont elles allaient graisser les loquets des 
portes; ceux qui touchaient eefc loquets mou- 
raient en peu de jours. « La meme chose acl- 
vint a Geneve en 1565 » ajoute Delancre, si 
bien qu'elles y mirent la peste , qui dura plus de 
sept aris. Cent soixante-dix sorcikes avaient eLe 
executees a Rome pour cas semblable , sous le 
consulat de Claudius Marcellus et de Valerius 
Flaccus ; mais la sorcellerie n'dtant pas encore 
bien reconnue, on les prenait shnplement alors 
pour ce qu'elles 6taient : des empoisonneu- 

ses* * « « « 

Audro'ides, automates a figure humaine. — 
Voij, Albkrt lk Grand. 

Ane. Les figypliens tragaient son image sur 
les : gateaux qu'ils oiTraient a Typhon , dieu du 

4 Wierus, in Pseudomon. dwmon. 

5 Demonomattie, liv. IV, ch. iv. Tableau de i'/fl- 
constancc, etc., liv. II, disc. iv. 



ANE 



mal. .Les Romains regardaient la rencontre de 
I s ane. comme un inauvais presage. Mais cet, ani- 
mal etait honore dans l'Arabie. 

Certains peuples trouvaient quelque chose de 
mysterieux dans cette innocente bete, et.on pra- 
tiquait autrefois une divination dans laquelle on 
employait une tete d'ane.i/oy. KEPiiALONOMANCiE. 



33 — ANG 

tier et la pierre, Aussitot Pane se laissait torn- 
ber, roidissait les jambes, etfermait les yeux 
comme s'il eut ete mort. Le bateleur se plaignait 
de la mort de son ane, et priait qu'on lui dorinat 
un peii d'argent pour en acheter un autre; 
. Apres avoir recueilli quelque mohnaie : Ah ! 
disaii-il , il n'est pas mort -, mais : il: a fait" sem- 



i 

1 

I 

IS 



i 



f 




m 
i 



f 



m 

m 
m 

m 

■m 
9 

' : M 

m 
m 

if 

:';.hz- 



m 



Ce n'est pas ici le lieu de parler de la fete de blant de l'etre, parce qu'il sait que je li'ai pas le 
l'Ane. Mais relevons une croyance populaire qui moyen de le nourrir. — Levator,: ajoutait-il. — - 
fait de la croix noire qu'il porte sur le dos une L'ane n'en faisait rien. Ge que voyant; le maifcre 
distinction accordee a l'espece, a cause de l'a- annonqait que le soudan avait fait crier a son de 
nesse de Bethphage. C'est un fait assez singulier. | trompe que le peuple eut a se trouver le lende- 

main hors de la ville du Kaire pour y voir de 
grandes magnificences. ~ II veut, potirsuivaMI, 
que les plus nobles dames soient montees sur 
des anes... , 

L'ane se levait a ces mots, dressant la t&te et 
les oreilles en signe de joie. — 11 est vrai , re- " 
prenait lie bateleur, que le gouverneur de mon 
quartier m'a prie de lai preter le mien pour sa 
femme, qui est une vieille roupilleuse edentee. 

L'ane baissait aussitot les oreilles, et commen- 
c, ait; a clocher eomme s'il eut <§t& boiteux *V ~ 

Ges anes merveilleux, disent les demonbgra- 
phes, etaient sinon des: demons , au moins des 
: liomtfies in&amorphoses ; comme Apulde; qui 
fut, ainsi qu'on sait, transmue en ane . L'aiiteur 
du Speculum natitrw racohte la Idgende de deux 
fcmmes qui tenaient une petite auberge aupres 
de Rome, et qui allaient vendre leurs hotes au 
nKirche aprfes les avoir changes en poureeaux , 
en pouliets, en moutons. Une d'elles, ajoute-t-il, 
transforma un com^dien en ilue, et comme il 
conservait: ses talents sous sa nouyelle peau, elle 
le menait dans les foires des environs, on H lui 
gagnait beaueoup d'argent. Un voisiri acheta tres- 
cher.cet &ne, savant. En le lui livrant, ;la sorcifere 
se borna a lui r6Gommander de he pas le laisser 
entrer dans Teau , ce que le nouveau mailre de 
Tane observa quelque temps; Mais' un jour le 
pauvre animal, ayant trouve moyen de rompre 
son licou, se jeta dans un.lac, ou il reprit sa 
forjne naturelle, au grand etohnement de son 
conducteiuv L*affaire v dit- le conte, fut portee au 
juge, qui fit chatier les deux sorcieres. 

Les rabbinsjfont tres-grand eas de l'anesse de 
Balaam. G'est; disent-ils, un animal privil^gid 
que Dieu forma a la lin du sixieme jour. Abra- 
ham se servit d'elle pour porter le bois destine 
au sacrifice d'lsaac ; elle porta ensuite la femme 
et le fils de Moise dans le desert.*Ils assurent que 
cette anesse est soigneusement nourrie, et reser- 
vee dans un lieu secret jusqu'a Tav&iement du 
Messie juif, qui doit la monter pour soumetlre 
toute la terre. Voy. BonACK, 

Angsida, roi des singes ; il aida le dieu Rama 
(septieme incarnation de Vichnou) dans son ex- 
pedition contre Havana, 

1 Leon Africanus, part. YIII, delta Africa, cit6 dans 
Lelover. 

3 



Ghez les Indiens du Madure>, une des premie- 
res casles, celle des cayaravadouks, pretend des- 
ceiidre d'un fine ; ceux de cette caste traitent les 
anes en freres, prennent leur defense, poursui- 
vent en jusliee, et font condamner a Vanfiende 
quiconque les charge trop ou les bat et les ou- 
trage :sansraison. Dans temps de pluie , ils 
donneroht le convert a un fineavant de le don- 
ner a son conducteur/ s'il n'est pas de certaine 
condition 1 . 1 

Voici une vieille fable sur l'ane : Jupiter ye- 
nait de prendre possession de Tempire; les 
homines, a son avenement, lui demanderent un 
printemps eternel, ce qu'il leur accorda; il char- 
gca l'ane de Sil6ne de porter sur la terre fee pre- 
sent. L'ane eut soif , et s'approcha d'une fon- 
taine; le serpent qui.la.gardait, pour lui permet- 
tre d'y boire, lui demanda le. tresor doht il etait 
porteur, et le pauvre; animal troqua je don du 
ciel contre un peu d'eau. C'est depuis ce temps, 
dit-on, que. les vieux serpents changent de peau 
etrajeunissentperpetuellemeht. t • 

Mais il y a des anes plus adroits que celui-la : 
a une demi-Iieue du Kaire. se trouvait, dans une 
grande bourgade, un bateleur qui avait un ahe 
si instruit que les manants le pren'aieiit pour un 
demon deguise. Son maitre le faisait danser ; en- 
suite il lui disait que le soudan voulait construire 
^ un bel Edifice, et qu'il avait resolu d ? employer 
tous les anes du Kaire a porter la chaux, le mor- 

1 Saint-Foix, Essai sur Paris , tome II. 



'Si 



ANG 



Ancfat. Norn du diable a Madagascar, ou il est 
regarde comme un genie sanguinaire et cruel; 
On lui donne la figure du serpent. 

Angelieri, Sicilien du dixsseptieme siecle qui 
n'est connu que par un fatras dont il publia deux 
yolume^, - et dont il en prbmettait vingt-quatre , 
sous le litre : de lumwre mdgique , ou origine , 
ofdre et gouvernement de toutes les choses ce- 
lestes , terrestres et infernales , etc. K Mongitore 
en parle'dans le tome .I er de Sa Bililiotheque sici- 
lienne. ' ' ■ - ''" 

Angeli^ue , plante qui passe pour un preser- 
vatif i contre les fascinations de la magie. On la 
mettait en maniere d'amulette au cou des petits 
enfants.^pour les/ 
garantir des ma- 
lefices. • • 

Angerhode :ou 
Angurbodeyfem- 
m,e gig-antesque. 
qui ^e;dtiaria ayec- ■ 
Lock,:Selqn 1'Qpi- ; 
nion des Scandi- 
nayes •,. et ; qui en:- . [ 
fanta,;trois ; mons- ^ 
ires : le'lpup FeiVr 
ris , le serpen tJor- 
mungandur et: !la, f 
demojnerilela,; qui 1 
garde - le monde 
souterrain. 

es^. Sainii 
An prouve 
que les anges ont- 
6te cr£es dans 
l'ceuvre des six 
jours v car ils ne 
Font-pas 6te.avant, . 
puisqu -il n'existait 
alors aucune crea- 
ture ; ils. ne. l'ont 
paset6apres,puis- 

que Dieu dit dans 1-ficriture : « Quand les astres 
» furent; formes., tous mes' anges me louferent a 
» haute voix, » lis ont probablement recu 1'exis- 
tence quand le Createur dit : <c Que la lumiere 
s> soit! » parole qui s'applique toujours tout en- 
semble, suivant le grand eveque d'Hippone, au 
monde visible et au monde invisible. 

Quel est leur nombre ? Daniel en vit jnille mil- 
lions qui servaient le Seigneur, et dix mille mil- 
lions qui etaient devant luL Les bienheureuses 
armees des esprits superieui's fonnent, dit l'A- 
reopagite, une multitude que nous ne pouvons 

1 Lux magica' academicdj ccdestium, ierrestrium 
et infarnorum origo, ordo et subordinalio mnctomm, 
quoad esse, fieri et operari, XXIV volu minibus di- 
visa. Pars I, Yenise, >I 686 5 sous le nom de Livio 
Betani ; pars II , Veniso , \ 687, J]es deux volumes 
eont in-4°. 



— 34 — ANG 

compter. Puisque Dieu veut la perfection dans 
ses ouvrages, poursuit TAnge de 1'ecole, plus 
une chose est parfaite, plus elle est multipliee; 
de sorte que les substances immaterielles sont 
incornparablement plus nombreuses que les sub- 
stances materielles. 

La theologie a dorine des ailes aux anges ,. dit 
saint Denis TAreopagite, pour marquer la cele- 
rite de leur mouvement. Tertullien reprend : lis 
peuvent se transporter partout en un moment. 
Albert le Grand signale quelques erreurs sur le 
mouvement arigelique. « Les uns croient, dit-il, 
que les anges- se meuvent par la pensee. Opinion 
fausse. Quand je me represente Constantinople, 

Calcutta, Canton, 
ma pensee ne tra- 
verse pas les re- 
gions de UOrient ; 
elle trouve la, dans 
' mon , cerveau, les 
idee^. v qui fixent 
, SQ3afreg^H..Si done 
les espnts celestes 
;se mouvaierit com- 
me la pensee, ils 
resteraient dans 
le meme lieu, n 
Albert le Grand 
continue : <c D'au- 
ires pensent qu e 
- les anges se meu- 
vent par 1'eflet des 
vertus: qui leur 
lob&ssent. Cetlo 
opinion va droit 
k Thdresie : elle 
estcontrairearen- 
seignement des 
livres saints. Gom^ t 
mander a des for- 
Anges; V ces actives , leur 

donner Timpul^ 




sion , lesrdiriger :eri quelque -sorte k ^ travers 
l'espace, ice ri'est, pas se mouvoir soi-m§me, 
Or, riScriture sainte attribiie en' mille ;ehdroits 
le mouvement personnel aux celestes intelli- 
gences. D'autres disent enfin que les .anges 
se meiivent par la faculte qu'ils ont d!etre en 
meme temps dans plusieurs lieux , m^eme partout 
quand ils le d^sirerit. Mais cette opinion m^rite 
aussi la note d'heresie. L*etre^ qui est partout ne 
se iiieut pointy et un esprit sup^rieur qlii pour- 
rait etre partout serait immense \ infini il serait 
Dieu*. - ■ ! 

Les Juifs, a 1' exception des sadduceens, ad- 
mettaient et honoraient les anges, en qui ils 
voy aient , comme nous t des substances ^spiri- 
tuelles, intelligentes , lies premieres en •dighile 

1 M. Tabbd Lachat, Analyse du livre de JfcT. table 
Thiboudet sur les esprits. - 



i 



ANG 



35 — 



ANG 



i 

1 

1 



I 
I 
1 



1 
I 

m 



I 
I 



i 

1 
1 



1 



7g 

1 
I 



ft? 
I 



enlre les creatures, et qui t pour nous, n'ont 
au-dessus d'eux que la sainte Vierge. 

Les rabbins, qui depuis la dispersion ont tout 
allere* et qui placent la creation des anges au 
second jour, ajoutent qu'ayant ete appeles au 
conseil deDieu, lorsqu'il voulut former Phomme, 
leurs avis furent parlages, et que Dieu fit Adam 
aleur insa* pour eviter leurs murmures; lis re- 
procherent neanmoins a Dieu d'avoir donne trop 
d'empire a -Adam. Dieu sou tin t P excellence de 
son ouvrage, parce que Phomme devait le louer 
sur la terre, cornine les anges le louaient dans le 
del. II leur. demanda ensuite ■ s-ils savaient le 
nom de toules les creatures? lis repondirenl que 
non; et Adam, qui parut atissitot, les recita 
tons sans hesiter>, ce qui les corifondit 

L'Ecriture sainte a conserve quelquefois, aux 
demons ; le nom d'anges, mais.anges de tenebres, 
anges dechus ou mauvais anges. Leur - chef lest 
appele le grand , dragon et l'ancien serpent , a 
cause de la forme qu'il prit pour tenter la feinmfe; 

Zoroasfcre, enseignait Pexistenc& d'un nombre 
inlini d'anges pu d'esprits mediateufs , auxquels 
il atlribuait : non-seulement un -pouvdir: ^inter- 
cession subordonne- a la providence: continuelle 
de Dieu / mais un pouvoir aussl absolu queeelui 
que les paiens. pretaient a leurs dieu'x. 1 . G'est le 
culte. rendu a dps idi&ux secondares \ que saint 
Paul a condamnd 2 . •• - • : : * ; 

Les musulmans croient que les hommes ont 




sous leur garde fait une mauvaise action, ils le 
laissent dormir avant de Penregistrer, esperant 
qu'il pourra se repentir a , son reveih Les Per- 
sans donnent a chaque homme cinq apges gar- 
dieris, places : le premier a sa droite pour ecrire 
ses bonnes actions , le second a sa gauche pour 
ecrire les mauvaises, le troisieme devfint hj^pour 
le conduire, le quatrieme derriere pour le ga- 
rantir des demons, et le cinquieme. devant son 
front pour tenir son esprit eleve '^vers 1^. Pro- 
phete.' D r autrea en ce pays portent le nombre 
des anges gardiens de chaque homme jusqu'a 
cent soix'ante; ce qui est une grande vai)U6, 

Les Siamois divisent les anges en sept ordres, 
et les cliargent de la garde des planers,, des 




hacun deux anges, gardiens ,. clont Pun ecrit le 
Wen qu'ils font, et. Pautre le- maU Ges anges sont : 
si bons,. ajoutent-ils, que, quand celui qui es«/ 

% 1 ner S^r, Dictionnairc theologiquc. 



4 

XV. 



Colo$$; cap. ii, vers. 48. 



villes, des personnes. - lis! disent que c'estrpen- 

dant qu*oh (5temue que les mauvais anges ecrivent 

les fautes des hommes. : 

,; Lestheolbgiensadrhettehtneufc^^ 

en trois hierarchies : . les sSraphins , les ch4ru- 

bins , les tr6ries ; — les dominations , les princi- 

paulSs, les vertus 1 des cieiix; — les puissances, 

les archanges et les anges. . ■ ; 

Parce que des anges, en certaines occasions 
ou Dieu Pa voulu , oiit secouru les Juifs contre 
leurs ennemis, les peuples mpdernes ont quel- 
quefois attendti le meme pro^ige. Le jour de la 
prise de Constantinople par Mahomet II-, les Grecs 
schismatiques, cpmptant sur # la prophetie d'utt 
de leurs moines, se persuadaient que les Turcs 
n ? entreraient pas dans la yille, mais qu'ils se- 
raieiit arretds aux murailles par;.un ange arrh(5 
d f un glaive, qui les chasserait et jes repousserait 
jusqu'aux-fronLieres de la Perse. Quand Penncmi 
parut sur la br£che, le peuple et Parmee se r6- 
fugierent dans le temple de Sainte-Sophie, sans 
avoir perdu tout espoir ; mais Pange n'arriva pas, 
et la ville fut saccagde. 

Cardan raconte qu'un jour qu'il elait a Milan , 
le bruit se repandit tout a coup qu*il y avait un 
arige dans les airs au-dessus de 4a ville. Il"ac- 
courut et vit, ainsi que deux mille persorihes 
rassembldes, un ange qui plariait dans les nunges, 
arme d'une longue epee et les ailes etendues. 

3. 



ANG 



Les habitants s'ecriaient que c'etait Fange exter- 
minates ; et la consternation devenait generate j 
lorsqu'un eeclesiastique fit remarquer que ce 
qu'on voyait n 1 etait que la representation dans 
les nuees d'un ange de marbreblanc place au 
haut du clocher de Saint-Gothard. 
If Angeweiller (Le comte d') epouse de la 
main gauche une. fee qui lui laisse des dons mer- 
veilleux. ^oy. Fucs V : - • 

Anguekkok, espece de sorcicrs auxquels les 
Groenlandais: ont recours dans leurs embarras* 
• : Quand les veaux marins 

ne se montrent pas en 
assez grand nombre, on 
va prior 1 -anguekkok d' al- 
ler trouver la femme pro- 
digieuse qui, selon la 
tradition, a traine la 
grande ile de Disco de 
v la riviere de Baal , ou ell 
etait situee autrefois , 
pour la placer a plus de 
cent lieues de la , a Ten- 
droit ou elle se trouve 
aujourd=hui. D'apres la 
legende, cette femme 
liabite an fond de la 
mer, dans une vaste mai- 




36 — AM 

Les Egyptiens adoraient Tanguille, que leurs 
pretres seuls avaient droit de manger; 

On a beaucoup paiie, dans le dernier siecle, 
des anguilles formees de farine ou de jus de mou- 
ton; c'elait unede ces plaisanteries qu'on appelle 
aujourd'hui des canards. 

N'oublions pas le petit trait d'un a v'are > rap- 
porte par Guiliaume de Maluiesbury, doyen 
d'Elgin, dans la province de Murray, en Ecosse, 
lequel'avare fut , par ma gie v change en anguille 
et mis en matelote 4 . . > : 

Animaux. Us jouent un grand role dans les 
anciennes mythologies: Les paiens en adoraient 
plusieurs, ou par terreur , ou par reconnaissance, 
oil par suite des doctrines de la meteinpsycose. 
Ghaque dieu avait un animal qui lui etait devoue. 

Les anciens philosophes aVaient ■ parfois , au 
sujet des animaux , de singulieres idees. Gelse , 
qui a ete si bien baltu par Origerie, soli tenait que 
les animaux ont plus de raisori, plus de sagesse, 
plus de vertu que I'homme (peut-elre jugeait-il 
d'apres lui-meme), et qu'ils sont dans un com- 
merce plus intime avee la Divinite. Quielques-uns 
ont, cherche dans de telles idees Tbrigirie du 
culte que les JEgyptiens rendaient a plusieurs 
animaux. Mais d'autres my thologues vous diront 
que ces anima ux £ taien t- reveres , ' parce qu' i 1 s 



sc.- its 



avaient prele leur peau aux dieux egyptiens : en 
son gardee par les veaux I deroute et obliges de se travestirv Vo\j. Amu des 
[marins; des oiseaux de biVcks. - ' ■ 

mer nagent dans sa Divers anhnaux sont tres-reputes dans la sor- 
lampe d'huile de pois- cellerie, comme le coq, le chat, le; crapaud, le 
^ son, ,et les habitants de boucvle loup , le chien, ou parce qu'ils aecom- 
Tabinie se reunissent au- 1 pagnent les sorcieres au sabbat, oil pour les 



tour d-elle, attires par son eclat, sans, pouvoir 
la quitter, jusqu'a ce que Uanguekkok la sai- 
sisse par les cheyeux, et, lui enlevant sa coif- 
fure, rompe le ctiarme qui les retenait aupres 
d'elle.. V .. 

Quand un Groenlandais tpmbe.maladev c'est 
encore 1-anguekkok qui lui sert demedecin; il se 
charge egalement de guerir tes maux du corps 
et ceux de Tame s . Vmj. Tohngarsuk, 

Anguille. Les livres de secrets merveilleux 
donnent a l'anguille des vertus surpr^nantes. Si 
on la laisse mourif hors de 1'eau, qu'on metle 
snsuite son corps enticr dans de fort yinaigre 
meM ave.c du .sang do vautour, et qu'on place le 
tout sous du fumier, cette composition; « fera 
ressusciter tout ce qui lui -sera presente , et lui 
redonnera la vie comme auparavant 3 ». 
..." Des autorites de la meme force disent encore 
que celui qui lpange le coeur tout chaud d'une 
anguille sera saisi d'un instinct prophelique , et 
pr&dira les choses futures. ; x 

} Voyez aussi la Fee d'Angeweiller., dans les IJ- 
(jbndbs'dcs csjyrits el des demons, 

2 Ewpedition du- capitaine Graah dans le Groenland. 

3 Admirables secrets d' Albert le Grand > liv. II, 
ch. in. 



pagnent 

. presages qu'ils donnent , ou parce 1 que les magi- 
ciens et les demons emprunlent leurs formes. 
Nous en parierons a leurs articles particuliers.^ 
Dix .animaux: sont admis dans le paradis de 
Mahomet : la baleine de Jonas , la fourmi de Sa- 
lomon, le belier d'lsmael , le v,eau d' Abraham , 
Tancsse de Balaam, la chamelle du prophele 
Saleh , le boeuf de Moise , le chien des sept dor- 
mants , le coueou dc Balkis, reine de Saba, et la 
mule de Mahomet. Voy, BoftAGK. ' " : '. 

Nous ne dirons qu'un mot d- une erreur popu- 
laire qlii, anjourd'hui,, n- est' plus tresrenracinee. 
On croyait autrefois que toutes les especes qui 
sont stir la terre se trouvaient aussi dans lamer. 
Le docteur Brown a prouv& que cette opinion 
n'etait pas fondde. a II serait bien difficile, dit-il, 
de trohver l'huitre sur la terre; et la panthfere, 
le chameau , la taupe ne se rencontrent pas dans 
Thistoire naturelle des poissons. D'ailleurs le re- 
nard, le chien, Fane, le lievre de mer ne res- 
semblent pas aux animaux terrestres qui portent 
le meme nom. Le cheval marin n'est pas plus un 
cheyal qu'un aigle; le boeuf de mer n'est qu J une 
grosseraie; le lion marin , une espece d'ecre- 

1 Citti par M. Salgues, Des erreurs et des pre- 
juges. 



AN! 



— 37 



ANN 



visse; et le chien marin ne represente pas plus 
]e chien de terre que celui-ci ne ressemble a 
l'eloile Sirius, qu'on appelle aussi le chien, 1 . » 

II serait long et hors de propos derapporLer 
ici touLes les bizaiTeries que Fesprit humain a 
enfantees par rapporL aux animaux. Voy\ 
Bistgs, etc. 

Aniran, genie musulman qui preside aux 
noces. - 
AnjorraiuL Foy* 'Denis. 
Anka. Voy. SiMORGim. 

Annaberge, demon terrible.: parmi les de- 
mons; gardiens des mines. II tua un jour plil- 
sieurs. ouvriers dans la riche minexl'argent de 
FAllemagneappetee Gorona Rosacea. \ 

(t V annaberge se mop trait sous la forme d'un 
houc avee des comes d'or, et se precipitait sur 
les, mineurs avee; impeluosite , ou sous ja forme 
cFun cheva!;', qui jetait la flamme et ia pes te par 
ses naseaux«- » ; Ge terrible . annaberge pouvait 
bicn n'e.tre qu ' un esprit tres-eonnu aujourd-h ui 
des chimistes sous le nom de fen grisoii; La 
lampe de surete d^lumphre^Davy aurait ete un 
talisman precieux auk mineurs 1 de ta Gouronne 
de roses v 2 . : . : ~ . < • • 

. Annabry, Fun des sept princes de Fenfer qui 
se montrerent un jour a F.ausL II etait en chien 
noir et tylanc,avec des oreilles longues de quatre 
amies *. Voy. Faust. ■ ' 

Ann I? L'ficossAtSE. -t- Votj. Auxonni:. 
Anneau. 11 y avait autrefois beaucoup d'an- 
neaux. enehant&s ou charges d'amulettes, Les 
magiciens faisaient des: anneaux constelles avee 
lesquels on operait des lnerveiiles* Voy. JkiU'ZAu. 
— Cette cnoyance elait si repandue chez les 
pai'ens,. que Jeurs pretres ne pouvaient porter 
d'anneaux, a moins qu'ils n'e fussent si simples 
qu'il etait evident qu'ils ne contenaient pas 
d'amnletles' 1 . 

Les anneaux magiques devinrent aussi de 
quelque usage chez les Chretiens, et meme beau- 
coup de superstitions se rattacherent au simple 
anneau d! alliance. On croyait qu'il y avait dans 
le quatrieme , doigt, qu'on appela sp£cialement 
doigt annulaire ou doigt destind a Fanncau , un 
nerf qui repondait direclement au cosur; on re- 
commanda done de. meltre Fanneau dalliance a 
ce seul doigt. Le moment ou le mari donna Fan- 
neau a sa jeune dpouse devant le pretre, ce mo- 
ment, dit un vieux llvre de secrets, est de la 
plus haute importance. Si le mari asTete Fanneau 
a Fentrde du doigt et ne passe pas la seconde 
jointure, la femme sera maitresse; mais s'il en- 
fonce 1'anneau jusqu'a Foriginc du doigt, il sera 
chef et souverain. GeUe idee est encore en vi- 

1 Brown, Des errews populaires, liv. Ill, ch.xxiv. 

2 Quarterly Review, Essai sur hs superstitioiis 
populaircs. . 

3 M. Francois Hugo , le Faust anqlate. 

4 Aulu-Gelle, lib, X, cap. xxv. 



gueur, et les jeunes mariees. ont g&ieralenieiit 
soin de courber le doigt annulaire au moment 
ou elies reeoivent 1'anneau, de maniere a Far^- 
reler avail t la seconde jointure. 

Les Anglaises, qui observent la nieme supersti- 
tion, fontle plus grand cas de Fanneau d'al- 
liance, a cause de-ses proprietes. Elles croient 
qir'en mettant un de ces anneaux dans un bonnet 
de huit , et placant le tout sous leur chevet, elles 
verront en songe le mari qui leur est destine; 
~ ' Les Orientaux reverent les anneaux et les 
bagues, et croient aux anneaux enchantes. Leilrs - 
contes sont pleins de prodiges bperes par . ces 
anneaux, lis citent surtout V avee tine admiration 
sans bornes , V anneau de Salomon, \)wc la force 
duquel ce prince commandait a toute la natuVe. 
Le grand nom de Dieii; est grave sur cette^bagCie- 
qui est gardee par des dragons, dans le tombeau 
inconnu de Salomon. Celui qui s'emparerait de 
cet anneau serait mattre du mdnde et- atifait 
tous les g^riies a ses ordresi Voy. Sakhaiv. A 
d^faut de ce talisman prodigieux, ils* acheterit' a 
des magiciens' des anneaux iqui produisent aussi 
des merveilles. , ; ; ; a : i >1 

L'abominable Henri VI W b&lissait des< ^anneaux 
d-or,' qui avaient, disait-il , la proprieHe* de guerir 
de la crampe Les faiseursde'secrets ont inverite 
des bagues magiques qui ont- plusieurs vertus; 
Leurs livres parlenl de V anneau des voyagetm. 
Get; anneau , dont le secret; h'est pas bien cer- 
tain, donnait a eelui qui le portait le moyen 
d'aller sans fatigue de Paris h Orleans ; et de 
re'venir d'Orleans a Paris dans la m&ne journee. 

Anneau d'invisibilite. On n'a pas perdu le 
secret de Y anneau* dHnvisibilitd. Les cabal istes 
ont l^issd -la* maniere de faire cet anneau, qui 
pla'Qa Gygfes au trone de Lydiev Il : faut entre- 
prendre cette operation un mercredi de prin- 
temps, sous les auspices de Mercure, lorsque 
cetle planete fee trouvc en conjonction avee une 
des autres planetes favorables, comme la Lune , 
Jupiter, V6nus et le Sbleil. Que Ton ait de bon 
mercure fixd et purifie* ;"on en formera une bague 
ou puisse entrer facilement le doigt du milieu ; 
on enchassera dans le cbaton une petite pierre 
que Von trouve dans le nid de la buppe, et on 
gravera autour de la bague ces paroles i Jdsus 
passant | au milieu d'euce f s J en alia 2 \ puis, 
ayant pose le^tout sur une plaque de mercure 
fixd , " on fera le parfum de. Mercure ; on enve- 
loppera 1'anneau dans un taffetas de la coulenr 
converiable a la planete, on le portera dans le 
nid de 4a buppe d'oii Fon a lir6 la pierre, on Fy 
laissera neuf jours; et quand on le retirera,y6ii 
fera encore le parfum comme la premiere 7 fois ; 
puis on le gardera dans une petite ; lV6H r e faite 
avee du mercure fixe, pour s'en servir'S Focca- 

1 Miss on , Voyage d' Italic, tv III , p . \ (i , ft la m arge. 

2 Saint Luc , ch. iv, vcrsetSO. . . . . ; 



ANN 



38 — 



ANN 



sion. Alors on meltra la bague a son doigL En 
tournant la pierre au dehors de la main , elle a 
la vertu de rendre invisible atix yeux des assist 
tants celui qui la porte; et quand on veut ,6tre 
vu, il suflit de renlrer la pierre en dedans de la 
main , - que Uon ferme en forme de poing. 

PorphyrevJamblique^ Pierre d'Apone et A grip- 
pa, ou du moins les livres de secrets qui |eu ; r 
sont attribues , spuliennent qu'un aiineau fait de 
la maniere suivanfea la meme propriete. II fa at 
prendre des poils ; qui sont au-dessus de la tete 
de Phyene, et en faire de petites tresses .avec 
lesquelles on fabrique un anneau , qu'on porte 
aussi dans le nid de la huppe. On le laisse la 
neuf j ours ; on le passe ensuite dans des parfums 
prepares sous les auspices de Mereure (planete) . 
On s*en sert comme de Pautf e anneau , excepte 
qu'on Pote absqlument du doigt qiiand on ne 
yeutplus ; ^tre invisibiei 

. .Sif: d'un autre cote, on veut se precautionner 
contre Peffet de. ce$ arineaux cabalistiquesv on ' 
aura une bague faite de plomb raffind et purge ; 
oil! enchassera: dans le chaton tin oeil de jeune 
belette qui n'aura -porte %les petits qu'une fois ; 
sur le contour on g'ravepa les paroles suivantes : 
Apparult Dominus Simoni. Gette bague se fera 
un sarctedi , lorsqu'on connaitra que Saturne : est 
en opposition; av^c Mereure. On Penveloppera 
dans un mofceau de lineeul liiortuaire qui ait 
envelope un mort ; oft Py laissera neuf jours; 
puiS i Payarit retiree; cin feta trois fois le parfum 
de Saturney et; on s'en servira, 

Ceux qui onjt imaging ces anneaux ont rai- 
sonnd sur le, principe de Pantipathie qu'ils sup- 
posaient entre les matiferes qui les composent. 
Rien n'est plus antipathique a la huppe; que 
Phyene, et Saturne retrograde presque toujours 
a Mereure ; ou lorsqu'ils se rencontrent dans le 
domicile de quelques signes du zodiaque , e!est 
toujours un aspectfuneste et de mauvaisaugure 1 . 
Nous parlous astrologie. 

On peut faire d'autresanneaux sous Pinfluence 
des planetes, et leur -dormer des yertus au 
moyen de pierres et d'herbes merveilieuses. 
« Mais dans ces caracteres, herbes cueillies, 
constellations et charmes, le s diable se coule , » 
comme dit Leloyer, quand ce n'est pas simpler 
ment le d^mon de la grossiere imposture* « Ceux 
qui observent les heures des astres, ajoute-t-il, 
n'obseryent que les heures des demons qui pre- 
sident aux pierres, aux herbes et atix astres 
memes. »— Et il est de fait que ce ne sont ni des 
paints ni des coeurs honn&es qui se meleiit de 
ces superstitions. 

Anneberg, demon des mines; il tua un jour 
de son ;spufile douze ouvriers qui travaillaient a 
une mine d'argent dont il avait la garde; C'est 
un d&non m<§chant, rancunier et terrible. II se 
montre surtout en Allemagne ; on dit qu'it a la 

* Petit Albert 



figure d'un cheval, avec un cou immense et des 
yeux effroyables- 4 . C'est le meme que Panna- 
berge. : ■ ; ... . 

Annee. PlusieurS ;peuples ont celebre par des 
ceremonies plus ou.. moins singulieres^ le retour 
du nouvel an. Chez les Perses, un jeune homme 
s'approchait du prince et lui faisait des offrandes , 
en disant qu'il lui apportait la nouvelle annee de 
la part de Dieu. Ghez nous, on se donne des 
etrennes. . ; - ■ . ' ■ ■ ■ 

Les Gaulois commengaient Pannee par laxere- 
monie du gui de chene , qu'ils app^laient^ef gui 
del an neitf on &u nouvel an. Les druides, aceom- 
pagnes du peuple, allaient dans une foret , dres^- 
saient autour du plus beau chene un autel trian- 
gulaire de gazon , et gravaient snr le tronc et sur 
les deux plus grosses branches de Parbre reverb 
les noms des dieux qu'ils crpyaient les plus puis- 
sahts : Tketitates, Hcsu$ r Tar dm s, Beienus. En- 
suite Pun d-eux, vetn d'une blanche tunique, 
coupait le gui avec une serpe d*or ; deux autres 
dtuides etaieri t la pour le recevoir 1 dans un linge 
et^prenclre garjde qu^il ne touch kt la ierre. llsulis- 
tribuaient I'eau ou ils faisaient tremper ce nou- 
veau gui , et persuadaient au peuple qu-elle:gu*§- 
rissait plusieurs maladies et qu'elle 6tait efficace 
contre les sortileges- 2 ^ ; 

Annee platonique. On appelle amifa plalo- 
nique un espace de temps a.la fin duqnel tout doit 
se retrouver a la ^neme placev Les uns complent 
seize mille ans pour cette revolution » d'autres 
trente-six mille d II y en eut aussi qui croyaient 
ancienriement qu'au bout de cette p^riode le 
monde 6erait renoiiveld , et que lesi limes rentre- 
raient dans leurs corps pour commencer une 
nouvelle vie semblable a la precMente, On conte 
la-dessus cette petite anecdote : 

Des Alleiriands , arr6t6s. dans une auberge de 
Chalons-sur-Marne , amenerent la- conversation 
siir cette grande ann^e platonique ou toules les 
choses doivent retourner a leur premier etat; ils 
vouliirent persuader au mattre du logis qu'il n'y 
avait rien- de si yrai que cette- re volution^; •« de 
sorte , disaient-ils , que , dans seize mille; ans 
d'ici, nous 'serons a boire chez vous a pareille 
heure et dans cette m£me chambre. x>- . 

La-dessus, ayant trfes-peu Id'argent; en vrais 
Allemands qu'ils etaient, ils prierent Ph6te de 
leur faire crddit j usque-la. 

Le cabaretier champenois leur r^pondit qu'il 
le voulait bien. « Mais, ajouta-t-il, parce qu'il y 
a seize mille ans, jour pour jour, heure pour heure t 
que vous £tiez pareillement a boire ici comme 



1 Wierus, De prcest, lib. I, cap. xxn. 

2 Saint-Foix, Essen's, etc., t. IL 

3 Quelques-uns disaient que le3 corps celestes 
seulement se retrouvaient au meme point au bout do 
la grande annde. Gicdron , dans un passage de son 
Hortmsius, conserve par Servius , fait cette grande 
annee de douze mille neuf cent cinquante-quatro des 
notres. 



ANN 



— '59 



ANS 



vous faites, et que votis vous etes retires sans 
payer • acquittez le passe , et je vous ferai credit 
du present.*. » ' 

Annee climateriqu e. Le prejuge des annies 
cliijutteriques subsists encore, quoiqu'on en ait a 
peu pres demontre Fabsurdite. Auguste eerivait 
a son neveu Gaius pouf l'engager a eel6brer le 
jour de sa naissarice , attendu qu'il avail passe la 
soixante-troisieme annee , — qui est cetle grande 
climate rique si redoutable pour les humains. 
Beaucoup de personnes craignent encore 1' annee , 
climaterique: ; eeperidant une foule de relevds 
prouvent qu'il ne meurt pas plus d'hommes dans 
la soixarite^trqisieme. annee que dans les annees 
qui la precedenti Mais un prejuge se detfuit avec 
peine. Selon cesridees , que Pythagore fit naitre 
par sessihgulieres reveries sur les -noinbres , notre 
Lemperainent (Sprouve tbus les sept ^ns uiie revo- 



lution complete. Quelques-uns diseht meme qu'il 
se renouvelle entierenient, D'autres pretendent 
que ce renouvellement n'a lieu que tous les neuf 
ans : aussi' les annees : climateriques se coniplent 
gar sept et par neuf. . Quarante-neuf et quatre- 
vingt-un sont des annees tres-impor tantes disent 
les partisans de eelte doctrine; mais soixante^ 
trois est Pannee la plus fatale , parce que c'est la 
m ul tiplication de sept par neuf. Un Normand di* 
sait : Encore'un des miens pendu a quarante-neuf 
ans ! et qii-pn dise qu'il ne faut pas se mefier des 
annees climateriques 1 

<( On ne doit pourtant.pas pprter trop loin , dit 
M. Salgues, le mepris de la periode septenaire , 
qui marque en effet les pjnpgr^s du .developpe- 
ment et de ra|droissem§nt >du cofps hiimain. 
Ainsi,. generalement v les dents de Venfance 
tombent a segti^is , la pubeii&Wmanife^ qua- 




Allcraantls catisant clpf liah.nde ]»latoni<|uu. 



torze, Ifr corps cesse de croitre a vingt et un. » 
— Mais celte observation n'est pascompletement 
exacte. ' " ' • ■ •' . 

Anninga, lalunecbezJes : GroSnIandais. C'etait 
au commencement! un jeune gargon qui aimaifc a 
courir les ; champs avec sa soeur Malina. Or un 
jour quMl la poursuivait; elle se retourna tout, a 
coup et lui barbouilla de noir la figure, Apres qnoi 
Malina; perdant terre , s^lan(ja dans le ciel, ou 
elledeviritre soleil. Anniriga, qui n'a cesse de la 
poursuivre , est devenu la lune. 

Annius 1 de Viterbe (Jean Nanni) v savant eccl<5- 
siastique, n<5 a Viterbe en 1432. 11 a public une 
collection d& lhanuscrits attribues a : Berose, a 
Fabius Pictof ; a Gaton , a Archiloque v a Mane- 
thon, etc. , et cdnrius sous le nom d Antiquitds 
d'Annius. Ce recueil a peu de credit. On pretend 
qu'il contient beaucoup de fables ; mais plusieurs 
de ces fables sont d'antiques legendes. 

On doit encore a Annius un Traitt de V empire 
des Ttircs > et un livre des Futurs triomphes des 
chrMiens sur les Turn et les Satasins, etc. Ces 
deux ouvrages sont des explications de l'Apoca- 



lypse. L'auteur pense; que Mahomet est TArite- 
christ, et que la fin du monde aura lieu quand le 
peuple :des saints (les chr^tiens) aura- soumis ent 
tierement les juifs et les mahomdtans. ■■ 

Anocchiatura , fascination involonlaire qui 
s'exerce soit par les yeux , soit par les paroles, 
selon les croyances populaires des GorseSi mais 
dans un sens trfes-bizarre, les puissances mystd- 
rieuses qui president a ranocchiaturi ay ant la 
singuliSre habitude d'ex6euter le contraire de ce 
■qu'on souhaite. Aussi , dans la crainte de fasciner 
les enfants en leur adressant des b&iddiclions 
ou des eloges , le peuple qui leur veut du 1 bien le 
leur pro uve par des injures et des souhaits d'au- 
tant plus favorables qu'ils sont plus.affreusement 
exprimes 1 . 

Anpiel, Tim des anges que les rabbins char- 
gent du gouvernement des oiseaux; carilsmetlent 
chaque espfece crdde sous la protection d'un ou 
de plusieurs anges. 

Anselme de Parme , astrologue nfi a Parme, 
ou il mourut en 1440. II avait 6crit des Imtitu- 

1 &!♦ P. Mdrim^e, Colombo,^ - 



n 



ans 

tions aslrologiques , qui n'ont pas.ete. imprimees.- 1 
Wierus. 1 et quelques .demonographes le imeLtent 
au nombre des sorciers. Des charlatans , qui gue- 
rissaient les plaies au moyen ; de paroles myste- 
rieuses que Ton pretend inventees -par lui , ont 
pris le, nom d'anselmistes ; et , pour mieux en 
imposer, ils se vantaient de tenir : leur verlu de 
guerir non d'Anselme de Parme, mais de. saint 
Ansel me de Gantorbery. Voy. Art de saint An- 
selme. v 




Annocliiutura. 

Ansuperomain ■ ^sorcief des environs de Saint- 
Jean-de-Luz, qui, selon des informations prises 
sous Henri IV par le conseiller Pierre Delancre.% 
fut vu plusieurs Ibis aa sabbat, a cheval sur un 
ddmon qui avait la forme de boiic, et jouant de 
la flute pour la.danse des sorcieres. 
Anthgeus. il y a, comma dit Boguet, des-fa- 
. milles ou il se Lrouve tonjburs quelqifun qui de- 
vient loup-garon. fivanlhes et apres lui Pline 
rapportent que dans la race d'un certain Anthaeus , 
Arcadien, on choisissait par le sort un hoihme 
que Ton conduisait pres d'un etang. La, il se de- 
pouillait , pendait ses habits a un chene ; et, apres 
avoir pass0 l'eau a la nage, s'enfuyait dans un 
desert oil, Iransforme en loup, il vivait et con- 
versait avec les loups pendant neuf ans. II fallait 
que durant; ce temps il ne vit point d'hommes ; 
antrement le cours des.neuf ans eut recommence. 
Au.bout.de ce terme il retournait vers le meme 
etang , le traversait a ,1a nage et ren trait chez lui , 
oil il ne se trouvait pas plus age que le jour de 
sa transmutation en loup : le temps qu'il avait 
passd sous cette forme ne faisant pas compte dans 
le nombre des annees de sa vie \ 

Antamtapp , enfer des Indiens, plein de chiens 
enrages et d'insectes fdroces. On y est couchd sur 
des branches d' Opines et continuelleinent caress^ 
par des corbeaux h bee de fer. Les Brahmes 
disent que les supplices de eel enfer sont kernels. 



1 In libro apologetko. 

2 Tableau ae I'inconstance des demons, liv. III, 
disc. iv. 

11 Discount des spectres, liv, IV, ch. xv* 



!\Q — ANT 

Anteehrist. Par Antechrist on eritend ordinat- 
rement un tyran impie et cruel, ennemi de'lesus- 
Ghrist. II doit regner sur la terre lorsque le monde 
approehera de sa fin . Les persecutions qu'il exer- 
cera con I re les elus seront la derniere et la plus 
terrible epreuve qu'ils auront a subir; et meme 
Notre-Seigneiir a declare que les elus y succom- 
beraient, si le temps n' en etait abrege en leuiv 
faveitr; car il se donnera pour le Messie et f era 
des prod iges capaMes d'induwe en crfeur les : 6lhs j 
memes. • - ' ' ■■ 

Leloyer rapporte cette opinion populaire , que 
les demons souterrains ne gardent que pour lui 
les tresors caches, au moyen desquels il pourra 
seduire les peuples ; et sa persecution sera d'au- 
tarit- plus redoutable , qu'il ne manquera d'aucun 
moyen de seduire , et agira beaucoup plus par la 
corruption que par la violence brutale. C'est a 
cause des miracles qu'il doit f aire que plusieurs 
Fappellenl le singe de Dieu. 

Le mot de passe des sectateursdeT Antechrist 
sera, dit Boguet : rente le hap tome. 

Ge qui est a ssez grotesque assurement , e'est 
que les protestants, ces precurseurs de PAnle- 
christ, donnent le f nom d' Antechrist au pape, 
epmme les larrons qui orient au voleur pour de- 
tourner d'eux Tes recherches 4 v V oy. ABDi:i;rA 

On a. railte P abbe. Fiard , qui regardait Vol laire 
et les encyclopedistes comme des precurseurs de 
rAntechrist. II est tnes-possible que les railleurs 

aient tort. -.^--'^^V: ' 

Antesser, demon. Voy; Blokula. 
Anthropomaiicie , divination par Pinspection 
des enlrailles d'hommes ou de femmes dventres. 
Get horrible usage &ait tres-ancien. Herodote dit 
que Mendlas i relenu en figypte par les vents con- 
traires, sacrifia t sa barbare curiosite deux en- 
fants du pays, et chercha a savoir ses destinees 
dans leurs entrailles. HeliQgabale pratiquait cette 
divination. Julien PApostat, dans ses operations 
magiques et dans ses sacrifices nocturnesi faisait 
tuer, dit-on, un grand nombre d'enfants pour 
consulter leurs entrailles. Dans sa:derniere expe- 
dition , ; etant a^ Garra , en M6sopotamie, il s'en- 
ferma dans le temple: de la Lune ; et ,.apres avoir 
fait ce qu'il voulut avec les complices: de son im- 
piete., il scella les portes, et y posa urie garde 
qui ne devait etre lev£e qu r a son retour. II fut tue 
dans la bataille qu'il Hvra aux Perses , et ceux qui 
entrerent dans le temple de Carra sous le r^gnc 
de Jovien, son successeur, y trouverent nne 
femme pendue par les cheveux, les mains dten- 
dues , le ventre ouvert et le foie arrach^. 

Anthropophages. Le livre attribue a lSnoch 
dit que les geants nes du commerce des anges 
avec les fill es des hommes furent les premiers 
anthropophages. Marc-Paul rapporte que de son 



1 Voyez la Legende de l' Antechrist, a la fin des 
Legended du Nouveau Testament. 



ANT 



— fti — 



ANT 



I 

1 



I 
I 



temps, dans la Tartarie, les magiciens avaient 
le droit de manger la chair des criminals ; les 
sorciers ont etd souvent convaincus d'anlhropo- 
phagie, notamment les loups-garous, et des ecri- 
vains ont i*eleve. ce fait notable qiril n'y a que 
les Chretiens qui n'aient pas ete anthropophages. 

Antide. Une vieille tradition populaire rap- 
porte que saint Antide , eveque de Besangon, vit 
un jour dans la campagne un demon fort maigre 
et fort laid, qui se yantait d'avoirporte le trouble 
dans l'Eglise de Rome. Le saint appela le demon , 
le fit mettre a quatre pattes, lui sauta surle dos, 
se fit par luLtransp.orier a Rome ,.repara le degat 
dont I'ange dechu se mon trait si Her, et s'en l^e- 
vint en son diocese par la meme_yoilure. 

Antiochus, moine de Seba , qui vivail au com- 
mencement du septieme siecle. Dans ses 190 ho- 
rnelies, intitulees Pandecies des divines Ecritures, 
la 8/| c , De insonmUs, i-oule sur; les. -visions et- les 



sondes 



| Antipathic Les astrologues prelendent que 
| ce senlimen t d'opposition qu'on ressen t pour une 
1 personne ou pour une chose est produit par les 
I astres. Ainsi deux personnes nees sous le meme 
j aspect.auront un desir mutuel de se rapprocher, 
§ et s'aimeront sansrsayoir pourqupi ; de meme que, 
p d'autres se.hajront sans: motif, parce qu'elles-se- 
|§ rout ines sous des eonjonctions opposdesi JVlais 
\ comment expliquerontnis les antipathies que les 
grands hommes ont eues pour les choses les plus 
communes? On en cite un grand nombre aux- 
j| quel les on ne petit rien eomprendre. La Mothe- 
|| le-Vayer ne; pouvait souflrir le son d'aucun in- 
|| strument, etgqutait le plus vif plaisir au bruit du 
ft tonnerre; Cdsar n'entendait pas le chant du coq 
P' sans f rissonnen Le ehancelier Bacon tombait en 
|| defaillance toutes les f0is qu ? il y avait une eclipse 
||de lune. Marie de Medicis ne pouvait supporter 
J la vue d'une rose , pas mGme en peinture , et elle 
paimait toutes les autres fleurs. Le cardinal Henri 
|| de Cardonne dprouvait la mSme aversion , ; et tom- 
j§ bait cn syncope lorsqu'il sentait l'odeur des roses. 
§§.Le marechal d'Albret se trouvait mal dans un re- 
!|pas ou Ton servait un marcassin on un cochon 
||de laiL Henri 111 ne pouvait rester seul dans une 
Ifcharnbre ou il y avait un chat. Le marechal de 
||Schomberg avait la meme faiblesse. Ladislas , roi 
|g.de Pologne, se Iroublait et prenait la fuite quand 
St* 1 v °yait des pommes. Scaliger fr&nissait a Pas- 
||pect du cresson. firasme ne pouvait sentir le pois- 
||son sans avoir la fievre. Tycho-BraM defaillait a 
j'encontre d 3 un lievre ou d'un renard. Le due 
Ipd'Kpernon s'dvanouissait a la vue d'un levraut. 
g|Cardan ne pouvait souflrir lesoeufs; le poele 
j&Arioslc, les bains; le His de Crassus, le pain; 
Hollas Cfear Scaliger, le son de la vielle. 

On trouve souvent la cause de ces antipathies 
Jdans les premi&res sensations de Fenfance. Une 
?g 1 yoyez L XII de la 'Bibliotheca Patrum, ed. 



'v'-V- 

m 



dame qui aimait beaucoup les tableaux et les gra- 
vures s'evanoLiissait'lorsqu'elle en trouvait dans 
un livre; elle en dit la raison : <5tant encore pe- 
tite, son pere rapergut un jour qui feuilletait les 
.volumes de sa bibliotheque pour y ehereher des 
images.; il les lui retira briisquement des mains 
et lui dit d'un ton terrible qu'i I y avait dans ces 
livres des diables qui retrangteraient si elle osait 
y toucher. . * . Ces menaces absurdes , ordinaires 
a certains parents , occasionnent toujours de fu- 
nestes eflets qu'on ne peu I souvent plus ctetruire. 

Pline assure quMl y a une telle antipathie entre 
1 e 1 o up et le cheval , que si le chev al passe Ou le 
ionp a passe, il sent aux jambes un engourdis- 
se men t qui 1'empeche 1 de ma rcher. Un che.va 1 * 
sent le tigre en Amerique, et refuse obstinement 
de traverser une foret oii son odorat lui annonce 
la presence ,de rennemi. Les chiens sentent aussi 
tres-bien les |oups V ;avec lesquels ils ne; sympa- 
thised pas ; et ; peut-etre ; serions-nous sages :de 
suivre jusqu-a un certain point,, avec les gens 
que nous voyons la premiere fois, Fimpression 
sympathique ou antipathique qii'ils nous font 
eprouver, car 1'insLinct existe aussi chez les 
hommes memes, qui le sunnontent plus ou moins 
a propos par la raison, 

Antipodies. L'existence des antipodes (Stait 
regard6e nalurellement comme un conte, dans le 
temps oiY ron croyait que la terre 6tait platen 
Mais il n'est pas vrai, comme on l'a perfidement 
ecrit , que le pretre Virgile ful excommunid 
par le pape Zacharie pour avoir soutenu qu'il 
y avait des antipodes; Ce Virgile au conlraire , a 
cause de sa science , fut cpmble d'honneurs par- 
le saint-siege et nomine a Tev^che de Salzbourg. 
D'ailleurs le pape Zacharie savait probablement 
qu'il y a des antipodes, puisque avanl lui Ori- 
gene, le pape saint Gldment et d-autres en avaient 
paiie, Saint -Basile, saint Grdgpire de 'Nysse, 
saint Athanase et, la plupart des P6res n'igno- 
raient pas la Torme spherique de la terre* On en a 
, le temoignagedansle livre de la Cr6ationd^mondc } 
dcrit par Jean Philoponos au septieme sifccle. 

La pliipart des hommes a qui l'dducation.n'a 
pas dtendu les bornes de 1'esprit croient encore 
que la terre n'est qu'un grand plateau , et il se- 
rait difficile de leur persuader qu'on trouve au- 
dessous de nous des humains qui ont la I6teen 
has, et les pieds justement opposds aux notres *. 

Les anciens mythoiogues citent, dans un autre 
sens, sous le nom d' Antipodes, des peuples fabu* 
leux de la Libye, a qui on attribuait huit doigts 
aux pieds, et les pieds tournds en arrtere. On 
ajoute qivavec cela ils couraient comme le vent. 

Antithees\ Lespai'ensdonnaientcenoin a des 
esprils grossiers, demons du dernier ordre, qui 
venaient souvent a la place ties dieux evoques 
par les magiciens el leur jouaient de vilains tours. 

1 M. Salgues, Des errcurs et des prejuges } t IF> 
p. 72. , • • 



ANT 



fi2 — 



APO 



! Antbiiie. Saint Anloine est celehre par les 
tentalioiis qu'il eat a subir de 3a part -du diable. 
Ceiix qui ont mis leur esprit a la torture pour 
doriner a ces faits un cot£ plaisaiU n'ont pas Lou- 
jours eu autant d'esprit qu'ils ont voulii erimoh- 
trer. lis n-egalent certainenlerit pas Ie boil legen- 
daire; qui eonte qu'Antoine, ayaht dbmpte Satan, 
le '= con trai grii t a deiheuf er au p res : ete lui so us 
sa forme la plus convenable , qui etait celle d'uri 
CQch'Oni \ V6y a Ardents. ' r • 

Apantbmaiicie, divination 1 tiree des bbjets 
qui se presenlent a Pimproviste. Tels sbht les 
presages que donne la rencontre d'uh lievre ou 
d ? un aigle, etc, 

Aparctiens , peuples fabuleux que d'anciens 
conleurs ont places dans le Septentribn. lis &taient 
transparents comme du cristal ; et avaient lbs 
pieds £troits et tranchants comme dies pa tins , ce 
ce qui les aidait met YeilMisement a glisser sur 
leurs lacs gel es. Leur lbhgue bafbe rie leut pen- 
dait pas au menton , mais au bout du nez*' lis 
n'avaienfc point de langue, mais deux solides ra- 
telier§;de dents, qu lis frappaient musicaiement 
l'un cbntrc Pautre pour' ^exprim'er. lis he sor- 
taient ? qu'e la nuit, et se reproduisaient par le 
moyen de la sueur, qui se cbngblait et formait 
uii petit. Leur dieU &ait un ours blank 4 -'. '> • ' 

Apis 'oii inieux* Hapi, C'cst le bonif que les 
figyptiens 1 adoraient. Jl devait 6tre noir et avoir 
um tacheblanche carnSe sur Te front. D6s qu'il 
avait tr6ne vingt-cihq ans dahs ; ses deux etables; 
qui ktaient deiix temples, on lie noyait , et ; onlui 
cherchait un' remplacaht. On croit que" ce bdeuf 
•reprdsentait 1 Osiris; ; 
' Apocalypse; Dans cette cloture redoutable du 
saint livre qui commence par la Gen&se, Tesprit 
de Phomme s'est sou vent dgard. La riianie de 
vouloir tout expliqtier < quand nous soinmes en- 
tour£s de tant de myst&res que nous ne pouvons 
comprendre ici-bas; a fourvoyd bien des esprits. 
Apres avoir trouve la b6te a sept tfctes et PAnte- 
christ dans ; divers personnages, on est aussi peu 
ayancd que le premier jour. Newton a dchoud , 
comme les autres, dans Interpretation de T Apo- 
calypse. Ceux qui Tent lue comme un poeme 
hermdtique ont leur excuse dans leur folie. Pour 
nous, attendons que Dieiv leve les voiles. > 

11 y a eu plusieurs Apocalypses supposes, de 
saint : Pierre, de saint Paul , de saint Thomas , de 
saint fitienne, d'Esdras, de Mbise, d'filie, d' Abra- 
ham^ do Marie, femme de Noe, d' Adam m6me. Por- 
phyre a cit6 encore une Apocalypse de Zoroastre. 

Apollihaire , ^plante ainsi nornm^e chez les 
parens parce qu'elle etait consacree a Apollon. 
Les Chretiens lui ont conservd ce nom a cause 
du grand saint qui l'a porLd. 

Apollonie de Leuttershausen. Cette femme 
vivait au temps ou s r 6tablit la rdforme. Elle ha- 
bitait avec son mari, Hans Geisselbrecht, le mar- 

1 Supplement d I'Histoire vdritable de Lucien, 



graviat de Brandebburg. Son histoire a ete pu- 
bliee par Sixte Agricola et Georges Witmer 
(Ingolstadt, l'58/i). Gorres l'a resumee dans le 
qua trieme volume de sa Mystique. NousTem- 
pruntons a ce grand -ouvrage, — Hans Geissel- 
breoht etait ; un chenapah qui passait sa vie a 
boire; a'jureret a maltraiter sa femme/ Uii^ma- 
tiii, les voisines reprochereht a la-'paitvre Apol- 
lonie- le vacarm'e qui s'6tait fait' toute Ta riui t chez 
eller Furieuse.de subir des re'procbes apres tout 
ce quelle eridu rait de son inari'j elle s'ecria : — 
Si Te boh Di*3U ne veut pas me ddlivrer de cet 
homiiie violent , eh bien , que le diable vienne a 
moil ajde. — Le sbir, lorsque le betail fut reii- 
tre, elle s'eii alia traire sesi vaches; Albrs elle vit 
voler autour de < sa : t^te deiix oisealik qui sem- 
blaient' des corbeaux , qiioique a eettb epoque il 
n ? y en eut plus dans* pa^s. Puis uh liomme de 
haute taille parut a ses cotes- et lui dit : — Ah ! 
ma pauvre femme , j*ai bien pitie de voits et de 
vo.tre triste sort , avec uh affreux ihari qui devo- 
rera tout ce que vbus poiisedej?;. Si' vbiis : voulez 
etre ! a moi , ; je vais vous cohduire a l'i'n'stant en 
un ^lifeui charftiant ou vbus pburrez bbire^ man- 
geri chanter" da n sbr- a ' vb tr e ai sfe' i et hieher une 
viecomnie;vous n ? eh avez >jarriais f meh^ jus^u^iei, 
car le ciel n'est ; pas t'el que vous le represen- 
tent vos : pr§tres j je vbiis: ferai vbir bien autre 
chose. Apollonie , sans 1 pi us r^fldehir , r donna 
sa main a Pinconiiu en' ldisailt : qu ? elle'vbalaitbien 
6tre' a lui.' Aussitot ellU fut poss6d<5e. ^Les^bisinsj 
un instant aprfes^accburureht. a^es 6ris, car elle 
venait de se jeter^daris un 6gout -situd pr^s de son 
eiable; et elle pouvait s'y nbyer. Comme on la 
remportait dans sa maisoh j elle s'ecriait : — 
Laissez-moi I ne voyez-Vous pak la" vie ddlicieuse 
que je mene; je ne fais que : boire, manger, 
chanter et danser 1 . .. II parait que les exorcismes 
la gu^rirent, et nous Savons pas la suite de son 
histoire. ■ 1 : . . 1 ■ y' ■ 

Apollonius de Tyane , philosophe pythago- 
ricien , n6 a Tyane en Cappadoce, peu de 
temps aprfes Notre-Seigneur J6sus-Ghrist. C'etait 
un de ces ; averituriers qui s'ocGupaient de thdur- 
gie, ef qui cherchaient aupr^s des magiciens et 
des jongleurs, si nbmbreux chez les paiens, ces 
secrets mystSrieux au moyeh-desquels ils <§ton- 
naient la foule. II <5tait oubiid lbrsque 1-ftnpera- 
trice Julie, feimme de Septime Severe, priheesse 
de moeurs dissblues, et par consequent ennemie 
de riSvangile, pria Pliilostratb, autre ehnemi des 
chr6tiens, de faire d'Apollbnius un h^ros que Ton 
putopposer au Christ. Avec des malMaiix re- 
cueillis plus d'un si^cle " aprfes la mort de eel 
homme, dont oh ne se souvenaitplus, il composa 
un rdcit que Lactance compare a YAne d'or d'A- 
pulde. Apollonius de Tyane 6tait un magicien 

1 La mystique divine^ naturclle et diabolique, 
par Gorres, traduit de Tallemand par M. Charles 
Sainte-Foi. 



APO — Zj3 — 

comme Faust, et, com me lui, on Pa entoure de 
merveilles souvent imaginaires. Sa vie, qui n'est 
ainsi qu'un roman, a ele traduite en frantjais 
par Vigenere , un volume in-4° 1 . 

Eusebe ne parle d'Apollonius de Tyane que 
comme d'un escamoteur, Leloy'er dit que ceiut 
Simon le'magicien qui lui enseigna la magie 
noireT&t Amhiien Marcellin le met an nombre 
des hommes qui orit ete assistes d'un demon fa- 
milies comme Socrate, Numa et una foule d'au- 
tres. On saitpeu de choses stir la lin d'Apollonius. 



APp 

Hierocl&s, qui, d'apr&s les recits de Philostrate , 
voulait faire sa cour a Domitien en vantant ce 
faiseur de tours de passe-passe , eut le> front de 
dire qu'il avait ete enleve au ciel , tandis que de 
plus a vises ont ecrit qu'il avait ete emporte par 
le diable dans un age avance. ' 1 • • 

Et il n'est pas le seul qui ait eu cette chance, 
quoique le vulgaire des philosoplies n'y Voie que 
du feu. On a dit aussi que, si Aurelien, qui ve- 
nait de prendre Tyane eii Oappadoce, et qui avail 
j ure de la ddlruire , Fepargna cependant, c'est que 



1 ..'. s -~ 1 --': 'S 




le spectre d'Apollonius lui avait apparu et avait 
inlercddd pour sa ville. — Le croira qui voudra. 

II y a eu des gens qui ont trouvd Apollonius 
vivarit au douzieme siecle. Voy\ ArtephiuS; 

Apdmazar. '"Des significations et dvdncments 
des songes, selon la doctrine des Indiens,Perses 
el %yptiens % par Apomazar. Vol. in-8°; Paris, 
1580'. Fatras oublid, mais rare. 

Apone. Voy. Pierre d'Apone. 

t 1 Voyez Tabrdgd de cette vie dans les Ugendes 
mfernales. 



pparitions. On ne peufc-pas trfes- 
bien preciser ce que : c ? est qu'une ap- 
parition. Dpm Calmet dit que si Ton 
voit quelqu'un en songe, c*est< une 
apparition. « Souvent , > ajoute-t-il \ il 
n'y a que Pimagination de frappde; ce -n'en est 
pas moins quelquefois im fait surnaturel quand 
il a des relations. » < • - . 

Dans la rigueur du terme, une apparition est 
la presence subite d'une personne ou d'uivobjet 
contre les lois de la nature : par exemple, Tap- 
parition d'un mort, d'un ange, d'un d&uon, etc/ 
Ceux qui nient absolument les apparitions sont 
t6m6raires. Spinoza y malgrd son matfirialisme, 
reconnaissait qu'il ne pouvait nier les appari- 
tions in les miracles. 



APP 



Hh — 



APP 



On ne raisonne pas niieux lorsqu'on dit qirune 
chose qui eslarrjv<5e autrefois devrait arriver en- 
core. II y a bien des choses qui out ea lien jadis 
jet qui ne se renouvellent pas , dans le sysleme 
meme des. materialistes, comme il y a bien des 
choses qui ont lieu aujourd'hui et que jadis .on 
n'a pas soupconnees. 

Nous devons admettre et croire les apparitions 
rappprtees dans les saintes Ecrilures. Nous ne 
sommes pas ten us a ;la meme for dans les simples 
htstoires- et il y. a des apparitions qui, reelies qu 
intellectuelies, sont fort surpren antes. On lit 
dans la vie de saint Macaire qu'un.homme ayaiit 
x§t}u un depot ]e each a sans en-ricn dire a sa 



femme et mourul subitement. On fut ires-em- 
barrasse quand Ie maitre du depot vint le recla- 
mer. Saint Macaire pria, dit la legende, et le 
defunt Tip par nt a sa femme , a qui il declara que 
rargent.Tedemdnde^tait.-enlerre.-.au- pied de son 
lit, xe qui fut trouve yrai. Ges -sorties d'appari- 
lions ne peuvent pas etre repoussees , paree 
qu'elles ont deyant Dieu .un motif raisonpable. 
Mais Dieu ne permet jamais les apparitions ridi- 
cules, quine sont general ement que de mauvaisos 
farces, Ge son t ies appari tions des m oris ehezles 
anciens qui ont donne naissance a la necroman- 
cie. Voy. NkcromanciI'. 
INous ne songero'ris a nous occuper ici que des 



apparitions illusoires ou doiHeuses-, etle nombre 
on est immense.^ Nous, suivrons un moment les 
^crivains qui ne doulent de rien, et qui, dans 
leurs exces memos, sont encore moins stupides 
.et moins a quatre pattes que ceux qui doutent de 
..tout. Quelquefois, disent-ils, les appaiutions ne 
sont que vocales : e'est une voix qui appelle. 
Mais dans les bonnes apparitions Tesprit se 
montre, — ■ Quand, les- espriLs se font voir a.un 
homme seul, ajoutent les cabalistes, ils ne pre- 
sagent rien de bon ; quand ils apparaissent a deux 
personnes a la fois, rien de mauvais; ils ne se 
monlrent guere a trois personnes ensemble. 

II y a des apparitions imaginaires caus^es par 
lesremords; des meurtriers se sontcrusharccles 
ou poursuivis par leurs victimes. Une femme , 



en 1726, a ecu see, a Londres, d'^trcxomplice du 
meurtre de son mai% niait le. fait ; on lui pre- 
sents l'habit du mort, qu'on secoue devant elle; 
son imagination epouvantee-lui fait voir son mari 
meme; elle se jette a sespieds et declare qu'eile 
voit son mari. Mais on trouvera, des choses plus 
inexplicables. 

.Les apparitions du diable, qui a si pen besoin 
de se montrer pour nous sdduire, faibles que 
nous sommes, ont donne lieu a une multitude de 
recits merveillcux. Des sorciers brul&s a Paris 
ont dit en justice que, quand ]e diable veut se 
faire un corps aerien pour se montrer aux hom- 
mes, « il faut que le vent soit favorable et que 
la lune soit • pleine Et lorsqu'il apparait, e'est 
toujours avec quelque defaut necessaire, ou trop 



I' 



! 

1 



m 

m 



Si 



3* 



$3i 



■4f 



APP 

noir, ou trop pale, qu trop rouge, ou trop^r d, 
ou Irop petit, ou le pied fourcliu, ou les mains 
en grilles, ou la queue au den-iere el les 'comes 
en tete, etc., a moins qu'il ne prenne une forme 
bizarre; 11 paiiait a Simon le Magieien v et a 
d'autres, sous la figure d'un chien ; a Pythagore, 
sous celie d'un fleuve; a Apollonius, sous celle 
d'un onne , etc. * 

Excepte les demons, de midi., les demons et les 
spectres apparaisserit la nuit pliUot que le jour, 
et la nuifc du venclredi au samedi de preference; a 
tou le autre , com me le declare: Jean : Bodi n , d'a- 
pres un grand nombre de temoignages. 

Les..apparitions des- esprits, ditiJamblique, sont 
analogues h leur essence. L'aspect des- habitants 
defe cieux est consolant r .celui^des.archariges ter- 
rible, eel ui -des anges moins; severe,, eelui. des 
demons epouv^ritalDle. : 11 est ;assez dillicile , 
ajoute-t-il , de se .recoiinaitre.dans les apparitions 
des spectres ,; car il y en a \de mille sortes.' — 



Delancre donrie pour.tarit les moyens;de -he point 
s'y tromper.: « On petit dislinguer : les ames i des 
demons, diWil. Ordinairement les ames; apparaisr 
sent en Itoinmes^portant barbe en .vieillards en 
en fan Is ou en ; femmes bien que ce soi t; en-' habit 
et en conlenance f uneste;. Or les demons peuvent 
se montrer .ainsi; Mais, ou. e'est 1'ame d'uneper- 
sonne. bienheureuse-j; ou .e'est Uaihe d- un^ damne'. 
Si c* est; Pame d'un ; bienheure.ux , et .qu'elle re- 
vienne souvent, it faut tenir pour certain que 
e'est: un ; demon, qui, ayant : manque son coup 
de surprise^ re vienl plusieurs. Jois pour, le tenter 
encore; Gar une ame.ne reyient plus quand elle 
est satisfaite , ; si ce; ir'esfc par; a venture une seule 
fois pour dire mercjL — Si.e!est une:ame qui se 
disc 1'ame d 1 un damne, il faut croire; encore que 
e'est un demon , vu qu'a grand'peine laisse-t-on 
j ainais sorlir Pame des damnes. » Voilales mo.yens 
de se reconnaitre que Pierre Delancre : donne 
comme;aises\ ' ;. ; < 

II dit un pen plus loin que le spectre; qui ap- 
parait sous une peau de chien ou sous toute autre 
forme laide est un demon ;;.mais le diable est si 
malin , qu'il vient aussi sous des traits qui le font 
prendre pour un ange« II faut done se defier. — 
Voijez pour les anecdotes : Visions, Spectres., 
FASTote, Hallucinations, Esprits, Luras, 

VAMPlllliS , : REVENANTti , SONGliS , AUMEIiS PflODl- 

gieusks , etc. 

Voici , sur les apparitions , un petit fait qui a 
cu lieu a la Rochetle^ et que les journaux rap- 
j| portaient en avril 18fi3 : « Depuis quelque temps, 
|| la population se preoccupait des revenants qui 
m% apparaissaient tous les soirs sous la forme de 
flamines phosphorescenles, bleuatres et myste- 
M rieuses * Ces revenants ont ele pris au trebuchet : 
^ cetaient cinq gro^ rejouis de paysans des envi- 
M ro f ls 1 'grimpes tous les soirs sur des arbres 
^ tres-eleves, lan^aient des boulettes phospho- 
1 VInconslance des -demons, liv. V, disc, n. 



45 — APU 

riques avec un fiV imperceptible. Pendant la nuit, 
ils donna i en t le mouvement et la direction qu'il s 
voulaient a leurs globes de feu , et quand les cii- 
rieux couraient apres une flamme , elle devenait 
aussi lot invisible ; mais a Pinstant il en surgissait 
tine au tre sur un poin t oppose pour detourner 
Pattention. Ce jeu s'elfecUiait ainsi pendant quel^ 
ques r instants successi.vement , et puis simultlane^ 
men t de maniere a; pr o dti i re p.lusi en rs flam mes ■ 
a la fois, — Gette johglerie trompa bien des in^ 
credules effrayes ; mais enlin il se trouva un. es^ 
prit rassis. Cache derriere une haie, il observa 
attentivemeut la mise en scene el devina le secret 
de la eomedie. SuHisammen't ddilie ,' : il alla querir 
la gendarmerie , et les cinq, my^tiiicateurs furenL 
arretes aii momeh t ou i 1 s - d o n nai en t une nouvelle 
representation. Quel etait leur but? On Pignore. 
he plus Gui'ieux: de l'histoire j e'est qu^une com- 
mission, scien tilique ! avai t : . dej a : prepare un rap- 
port sur 1'etonnant phenomene mttiorolotjiqiie de 
; ces .mauvais pjaisants. »\: \ : :- : ,: '"\; . : ;: Tr : ,*vh • " . \ r. ■ 
V, Mais- il ne faut pas- slappuyer sur des- farces de 
ce. genre pour nier les apparitions. Hi y en a- d'iri^ 
conlestables , com me on le verra enrdivers". ar^ 
tielesHlejce livre; '. :\'::^\ ' ■ '.• ' 
, . ApsiaraSi Les . apsaras sont les fees de la my- 
th oiogieindienn e» : : ■'; ' . : . 



$8$ 

'0 

% 



it 




m 
Mi 



Apulee. Philosophe platonicien, ne en; Afri'r 
que, connu par le livre de Mne d'or. 11 ydcut 
au deuxieme siecle , sous les Antonins. Onjui 
aUribue plusieurs prodiges auxquels sans doule 
il n f a jamais songe. 11 depensa tout son bien en 
voyages, et mil, tous ses soiiis a se faire initier 
dans les mysteres des diverses religions paiennes; 
apres quoi il s'apercut qu'il dtait ruine. Comme 
il etait bien fait, instruit et spirituel, il captiva 
Paffecticn d'une ricbeveuve.de Carthage, irom- 
mee Pudentilla, qu'il parvint a epouser. 11 etait 
encore jeune, et sa femme avait cinquante ans. 
Cette disproportion d'agc et la pauvrete connua 
d'Apulee rtrent sonp^onher qu'il avait 'employe, 



AQU 



— 46 — 



ARA 



pour parvehir a ce riche mariage , la magie et 
les philtres, On disait meme qu'il avait compose 
ces philtres avec des filets de poissons , des hiri^ 
tres et des patles d'ecrevisses. Les parents de la 
femme, a qui ce mariage rie con venait pas , Pac- 
cuserent de sortilege ; iL par ut devant ses juges, 
et quoique les prejuges sur la magie fussent alors 
en, tres-grand credit ,• Apulee plaida si 1 bien sa 
cause qu'il la gagna pleinement. ; ' 

Boguet ; :et d'autres demonographes : disent 
qu'Apulee.i fut metamorphose en ane v comme 
quelques autres pelerins* par le^moyen des sor- 
cieres de Larisse, qu'il etait alle voir pour es- : 
sayer si la chose:etaifr possible et faisable *i La 
iemme qui lurdemontra que la chose etait pos- 
sible en le. jchangeant en ane le> Yendit , puisi Ie 
racheta. Par la >suite it devinbsi grand 'magicien 
qu'il; se melamorphosait lui-m^me au : besoin en 
cheval » en ane \ en - oiseau. 11 se permit le corps 
d'un coup d'epde sans se 'blesser. 11 se reridait 
invisible , 6tant tres-bien* servi par son demon 
families G-est meme pour couvrir son asinisme, 
dit encore Delancre ^ qu'dl a compose son livre 
de TAne d'or. -..\ ■■ ■■■-■■■>..>■■ 

Taillepied pretend que tout cela est une : con- 
fusion;, et que s'il y a un ane meld dans Phistoire 
d'Apulee, c'est qu'il avait tin esprit familier qui 
lui apparaissait sous la forme d- un ane 2 . Les 
veritables anes sont peut-6tre ici Delancre et 
Boguet. Geux qui veulent jeter du merveilleux sur 
toutes les actions d'Apulde afiirment que, par 
uri eflet de ses charmes, sa femme dtait obligee 
de lui tenir la chandelle pendant-qu'il travaillait; 
d'autres disent que cet office dtait^empli par son 
d&noii familier. Quoi qu'il ' eii'SriiQ il y avait de 
la complaisance dans cette fetiime* ou dans ce 
demon. *\m - 

Outre son livre de VAne-d'or, on a encore 
d'Aputee un petit traitd: dlt dSmon de Socrate, 
De deo Socratis , rdfutd i par saints Augus tin ; il a 
&e traduit sous ee titn&: Be l* esprit familier de So- 
crate, avec -dfes reraarques., ■■in J >i$l Parte , 1698* 

Aquelarfey ou lerBosqtiefc du Botic. G'est ainsi . 
qu'on appeiaiii'edans: le paysrBasque an* plateau ou 
se faisnit le sabbat/ : ' 'h ^ 

Aquiel, demon que Ton conjure le dimanche. 
V6y. Conjurations j ' 

Aquin (Mardochee d'), rabbin de Carpentras, 
mojt en 1650, qui se fit Chretien , et changea au 
bapteme son nom de Mardochee en celui de Phi- 
lippei On recherche I' Interpretation de 

Vtivbre de la cab die des Hebreum p Paris > in-8°, 
sans date* * 

Ai*achula v iiiecharit esprit de Pair et grand 
ennemi de la lune , chez les Ghinois voisins de la 
Sibdrie. Voy. LUNti. 

Arael, Pun ■■des' esprits que les 1 rabbins du 

1 Dckmcre , Tableau de Vinconstance dc demons, clc. , 
liv. IV, ch. ]. ' '.■ 

2 De V apparition des esprits, ch. xv. 



Talmud font, avec Anpiel, princes et gouverneurs 
du peuple des oiseaux. 

Araignees. Les aneieiis regardaient comme 
un presage funeste les toiles d'araignee qui 
s'attachaient aux etendards et aux statues des 
dieux. Chez nous, une.araignee qui court ou qiii 
file promet de Pargeiit; les uris pretendeiit que 
e'est de Pargent le matin, et le soir une nouvelle ; 
d'autres, aii contraire , vous citeront ce proverbe- 
axioms : Araigneb du mating petit chagrin ; arai- 
gnee dernidij petit profit; araigneedu^oir; petit 
espoir: (("Mais,' comiiie dit M. Salgues *, si les 
araignees etaient le signede 3a richessei personne 
ne serai t plus riche que les pauvres. » - : 

Quelques personnes croient aussi qu'une arai^ 
gnee est tbujours Pavant-coureur d'une nouv611e 
heureuse, si on: a le bonheur de Pecraser. M ; . de 
T***, qui avait cette .opinion , doniia , en 1790, 
au theatre de Saint-Petersboiirg , une" tragedie 
in titulee Abaco et Moina . La niiit qui- en pr<eceda 
la r representation ,"au moment de se coucher, W 
a;per^.ut une araignee a cote dfe son liL 'La ! \ute 
de Pin secte 1 ui : fit plaisir ; it- se h ata d'assurer la 
bonte du presage en Pecrasaiiti il avait saisi sa 
pantotille, mais P^motion quH ^prouvait fit mkn- 
quer le coup, Paraignee disp.atutv II passa deux 
heures a la diercher en vain ; fatigud de ses ef- 
forts inutiles, il se 1 jeta sur son lit ayec d^ses- 
poir : « Le' bonheur 4lait lav s ? <§cria-t-it , et je Pai 
perdu ! Ah ! ma pauvre trag6die ! » Le lendelnain 
il Cut tent^ de retirer sa piece , mais tin: de ses 
amis '~ Pen : . emp^cha ; la piece allm aux ntles , et 
Pauteurn'en demeurapas ! mdins persuade qu' une 
araign^e porte bonheur lorsqu'bn' Pecrase 2 . ' 

Dans le bon teirips de la lb terie des femmes 
enfermaiefit le soir une araignee: dans une boitie 
avec l&s quatre-vingt-dix niim6rbs 6crit^ sur de 
petits carr6s. de papier. L'arai gnee, en mariceii- 
; vrant la nuit , retoumait quelqu&s-uns de ces pa- 
piers. Geux qui 6taient retournes- de la feorte 
etaient regardes le ; lendemain matin coiiime nu- 
mdros gagnants....» : 1 

Cependant les tbiles d'braighde sbnt utiles i 
appliqudes sur une blessiirey elles arretent le 
sang et empechent que la plaie- rie ; s'enflarnmei 
Mais il ne faut peut-6tre pas eroirei avec Padteur 
des ! Adniirables secrets d* Albert le Grand,, que 
Paraignee pilee et mise en cataplasme sur les 
tempes guerisse la fievre tierce. 

Ayant que Lalande eut fait voir qu'on pouvait 
manger des araignees, on les regatdait geherale- 
ment comme un poison; Un religieux du Mans 
clisant la messe, une araignee toiliba daris le ca- 
lice apres la consecration. Le moine , sans hesi- 
ter, avala Pinsecte. On s'attendait a le voir en- 
fler ; ce qui ri'eut pas lieu. : 

1 Dcserreurs etdes prcjurjdS) I. I,. p. 540. ; 

2 .An n a les dramatiqu cs , ou YHdionnaivc des thed- 
Ires, par unc sociotc de gensde lettres, 1. 1, au mot 
Abaco, 



ARB 



— hi — 



ARD 



II y a de vilaines histoires snr le compte des 
araignees. N'oublions pourtaiit pas que, dans son 
cachot, Pellisson en avaitapprivoise une que Delille 
a celebree. Mais, la tarentule est aussi une arai- 
gnee. Le marechal de Saxe, traversant un village, 
coucha dans une auberge infestee , disait-on , de : 
re.venants qui .etoufTaienl Jes voyageurs. On xitait 
des. : exemples, II ordonna ; a , son do mesti que de 
veiller la moitie de la nuit, promettant de.luiceT 
der ensuite :Son lit et. de faire alors sentinelled 
sa place. A deux heures du matin ^ rien n'aviiit 
. encore paru. ^ Le domestique •■■\-, sentant ses yeux 
s'appesantir , va eveiiler son.inaitrevqui ne re T 
pond point ;, il le croit assoupi et le. secoue.; inutile- 
ment.. Efrraye,.:iL pr.end la luiniere, ouvre les 
draps, et voit le marechal baigne dans son. sang. 
Une araignee monstr;ueuse M ; sugait le, sein 
gauche. II court prendrei des . pincettes pour com- 
battre. ce.t eDnemi,;d'un.aiDuy.eau- v gepre r .,saisit 
l'araignee :et la jette- au feu* Ce ne futqu'apres 
un long;assoupissenient :que le. mare&ial.reprit 
ses sens ; et .depuisvlors: On;n'entendit plus parler 
de revenant: dans l'aubetfge,. ~ Nous: ne; garanr- 
tissons pourtant pascette. anecdote ; mais clle. est 
conservee dans plusieurs recueils.- ;. 

An reste .l'araignee a de quoi. se consoler de 
noire horreur el de nos ■ m epris. Les.negres de 
la cote d'Or attribuent 1 la creation: de.Hiomme a 
une grosse.; araign^e-qu!ilsi.noinment .Anansie,, 
et ils reverent: les : plus.. belles. araignees comme 
des divinites puissantes, 

Arbres. Oti sait que; dans Tan tiquit6 les arbres 
elaient consacres' aux dieux : le cypres, a Plu^ 
Ion , etc. Plusieurs arbres et plantes sont en?- 
core devours aux esprits de l'enfer : ie poirier 
sauvage, FcSglantier v . le figuieiy la verv.eine r la 
fougere , etc. t :■ , : - 

Des arbres ont parl^.. Chez les anciens, dans 
les forets saerdes, on a entendu des arbres gdmir. 
^ Les oracles de Dodone etaient des chenes^ qui 
I parlaient. Voy. Dodone, 
1 On entendit, dans une forfit d'Angleferre, un 
I arbre .qui poussaifcdes gemissemenls; on le di- 
ll sait enchante. Le proprietaire du terrain tira 
|! beaucoup: d'argentde tous les curieux qui ve^ 
|| naient voir une chose aussi merveilleuse. A la 
|| fin, quelqu'iui' propose de couper l'arbre; le 
|| mailre du teniain-s'y opposa^non par un motif 
g d'interet'propre, disaiUl, mais de peur que celui 
|j qui oserait ymettre la cognee n'en mourut su- 
|j bilement; on trouva : un homme qui n'avait pas 
H peur de la mort subite , et qui abattit l'arbre a 
H coups de hache. Alors pn ddcouvrit un tuyau 
|| qui formait une communication a plusieurs 
H toisessous terre, et par le moyen duquel on pro- 
Si duisait les- gemissements que Ton avait remar- 
f| ques. . -.: ■. , .. ' 

^ Arc-en-cielt Le\chapitre IX de la Genese 
^ scmbledire, selon,des commcntateiirSi qu'il n'y 
^ eut point d'arc-en-ciel avant le deluge ; mais je 



ne sais 1 ou Ton a vu qu'il n'.y en aura plus qua- 
rante ans avant la fin du monde, « parce que la 
secheresse qui. precedent rembrasement de Y\X* 
nivers. consumera la matiere de ce meteore)). 
G-est pourtarit une; opinion ! encore repandue^chez 
ceiix qui: s'occupent de la fin du monde.; 

L ? arc-en-ciel a,son principe dans Ja nature:; et 
croire qu'il .n'y eut point d ? arc-enr-ciel. avant le 
deluge^ parce .que Dieu en .Qt le signe de^son air- 
liance, e'est conime si l*on disait qu-il n-y avait 
point d'eau avant ^institution du bapteme; Et puis; 
Dieu ne dit point * au chapitre W de la Genese; 
qu'il placa ; son arc en^ci^L, mais .son arc eri :,sfc 
gne d'alliance; et comment attribuera^t-on a l'arc- 
en-rciel ce passa ge- d'lsaie : . J-ai mis mon arc . et 
majleche dans. les< nues J ., ; w 
,.Ghez les Scandinaves* arc-en-ciel est un pont 
qui Va l'enfer au walhalla.- Lesteiifantis croient 
en Alsace que toutes les fois qu'il \ y a dans - le 
firmament un arc-en-rciel il tombe du ciel un 
petit plat d'or qui ne peut etre trouv<S que par 
un enfant 116 le diihanche. : v \ ' t :, 

Ardents (mal des) , appeie* aussi feu infernal. 
G'etait. aiv ;6nzieme, et . au;.douzi^meisiecle,une 
maladie non expliquee, qui se manifestait ermine 
un, feu interieur et d^VQrait ceux qui en ■ etaient 
frappes. Les person nes quLvoyaient la un eflet 
de la colere celeste l'appelaienjt feu saer6; d'aur 
ipes le nominaient/cwJ/j^.?;n^ 
b.uaient a; riniluence d^s astres 'le , nbmmaieiit: sir 
ddration.LQS yq\ iques. de sain t Autpihe, queJia comte 
Josselin apporta.de; lUv terre/ sainteiA-, la Mo the- 
Saint-Didier, ayant gu6ri plusieurs infortunes. at- 
teints de ce mal, on 1(3 nomme encore feu de 
sain t Antoinc.: . -;. ;■■],■-:, .•• . .. .•. 

Le mal des Ardents, lorsqufil tomba sur;Paris 
et sur Arras , au ; douzifeme sifecle , ;6tait .une 
affreuse maladie epidemique , une sorte dp lepre 
brulante , plus ? terrible . que le- choldra. On en 
dut a Paris la gu^rison a sairite Genevieve. Le* 
memebienfait est celebre a Arras v oil quelques 
gouttes d'un cierge miraculeux , apporte par- la 
sainte Vierge 2 , distill<5es dans reau V[ enlevaient 
Ie, mal des Ardents. . ■■: .. 

On f6tait a Paris sainte Genevieve des Ardents^ 
en souvenir des cures merveilleuses operees'alors 
par la chasse.de la; sainte. sur les ^ infqrtun6s -afe 
teints de ce mal, , . ■ . ■ ■.; ^ . • ■. ;;. ' 

Ardents, exhalaisons enflammdes qui parais- 
sent sur les bords des^lacs-et.des marais , ordi- 
nairement en automne, et qu'on prend. pour, des 
esprits follets, parce qu'elles sont a fleur de terre 
et qu'on les voit quel quefois changer de plaCe. 
Souvent on en est dbloui et on.se perd,- Leloyer 
dit que lorsqu'on ne peut s'empScher de suivre 
les ardents 4 :ce sont l>ien en verite des demons *. 

f Brown, Emms populaircs, \\\* VII, ch. v. 

2 Yoyez ce fait dans les Lcgendes de- la sainU 
Viefgc. ■ ' ' ■ " ,: " 

3 Discours des spcctreSj liv. I, ch. vn. 



ARD 



48 - 



ARG 



II y eut, sous le regne de Louis XIII, une his- 
toire de revenant qui lit assez de bruit a Mar- 
seille ; c'etait un'eespece de leu "ardent oud' homme 
de feu. Le comte et la eomtesse d'Alais voyaient 
loules les nulls un spectre enflamme se promener 
dans leur chambre, et aueune force humaine ne 
pouvait le forcer a se retirer. La jeune dame 
supplia soti marl de quitter une maison et une 
ville ou. ils ne pouvaient plus dormir. Le comte, 
qui se; plaisait ^Marseille, voulut employer d'a^ 
bord tous les moyens pour Texpulsion du fan- 
tome. Gassendi fut conSulte ; il conclut que ce 
fantome de feu qui se promenait toutes les nuits 
etait forme par des vapeurs enflammees que pro- 
duisait le souffle du comte et de, la eomtesse..... 
D'autres savants donnerent des reponses aussi 
satisfaisantes. On decoiiyrit enfinile secret, line 
ferrime de chambre ; ... caehee; sous le lit , faisait 
paraitre utv phosphore a.qui la peur donnait une 
taille et des formes: effrayantes; et la eomtesse 
elle-menie faisait jouer cette, farce pour obliger 
son mari a partir de. Marseille, qu'elle n'ainiait 
pas. . . '•. ', ■ [■ 

: Ardibehecht , Tun des sept Amschaspands. II 
preside au feu. : ;. . - : ' 

. Argens (Boyer d'), marquis, n6 en 1704, a 
Aix en Provence. On. trouve, parmi beaucoup de 
fatras, des choses curieuses sur les gnomes * les 
sylphes , les-ondiris et les satatnandres , dans ses. 
« LeUres cabalistigues , ou Corresponda nee phi- 
lbsophique , histbrique et criLiqiie entre deux 
cabalistes , /divers esprils dl£menlaires et le sei- 
gneur Astaroth j>. La meilleure Edition est do 
1709, 7>.v.oK in^l2v Ge jivre, d'un tres-mauvais 
esprit, est infecte d'un philosophisme que l'au- 
teur a desavoue ensuite. 

Argent. L'argent qui vient du diable est ordi- 
nairement de mauvais aloi. Delrio conte qu'un 
homrne ayant recu- du d£mon une bourse pleine 
d'or n'y trouva le lendemain que des charbons 
et du fumier. 

Un inconnu , passant par un village, rencontra 
un jeune homme de quinze ans d'une figure in- 
teressante et d'un exterieur fort simple. II lui 
demanda s'il voulait eire riche ; le jeune bomme 
ayant r^pondu qu'il le desirait, P inconnu lui 
donna un papier plie, et lui dit qu'il en pourrail 
faire sorlir autant d'or qu'ils le soubaiterait, tant 
qu'il ne le.deplierait pas, et que s'il domptaitsa 
curiosil&, il connaltrail avant pen son bienfai- 
leur. Le jeune homme renlra chez lui/secoua 
son tr6sor mysterieux , il en toniba quelques 
pieces d'or.... Mais, n'ayant pu resister a la len- 
tation de Pouvrir, il y vit des griffes de chat, des 
ongles d'ours, des pattes de crapaud, et d'aii- 
tres figures si horribles , qu'il jela le papier au 
feu, oil il fut une demi-heure sans pouvoir se 
consumer. Les pieces d'or qu'il en avait tirdes 
disparurent, et il reconnut qu'il avait eu affaire 
au diable. 



Un avare, devenu. riche a force d'usure , se 
sentant a Particle de la mort, pria sa femine de 
lui apporter sa bourse, aiin qu'il put la voir eh- 
core avant de mourir. Quand ilia lint, il la serra 
tendrement, etf ordonna qu'on Penterrat avec 
lui, parce qu'il trouvait Pidee de s'en separer 
dechiranle. On ne lui promit rien precisejneiit, 
et il mourut en contemplant son or. Alors on lui 
arracha la bourse des mains , ce qui ne se fit pas 
sans peine; mais quelle fut la surprise de la fa- 
mille a^semblee , lorsqu'en . ouvrant le sac : on- y 
trouva , non pas des pieces d'or, mais deCix cra- 
paudsl.i. Le diable etait ven u ; et en emportant 
Tame de Tusurieril avait emporte s6n; or, cpmme 
deux choses inseparables • et ; qui n'en faisaient 
qu'unei / ' . ... 

Yoici autre chose : Un homme; qui n'avait que 
vingt sous pour toute fortune se; mit a vendre du 
vin aux passants. Pour gagner davanlage, il 
mettait autant d'eau que de vih dans ce qu'il ven- 
dait, Au bout d'un certain temps, il aniassa , 
par cette: voie injuste, la somme de "qent livres. 
Ayant serre cet argent dans: un sac de cuir, il 
alia avec. un;de ses amis; faire provision de via 
pour continuer. son trafic ; mais ^ comme il etait 
pres d'une riviere, it tira du sac de cuir une 
piece de vingt sous pour une petite; emplette; il 
tenaiL le sac . dans , la main gauche et la piece 
dans la, d.roite;. incontinent un oiseau de proic 
fondib sur lui et lui erileva son! sae^ qu'il laissa 
tomber dans la riviere, Le pauvre homme; dout 
toute la fortune se trouvait ainsi perdue, dit a 
son compagnon : *-r . Dieu 'est dquitable je n'a- 
vais qu' une piece de vingt sous quahd j'ai com- 
mence a voler; il m'a laiss&mon bien^ et m'a. 
6te ce que j'a vais acquis in justemeht.^ 

Un etranger bien vetu , passant, ati mois de 
septembre 1606 dans, un village.de lai Franche- 
Gomte, acheta une jument; d'un paysan du lieu 
pour la somme de dix-huit ducatons. Gomme il 
n'en avait que douze dans sa bourse , il laissa une 
chaine d'or en gage du reste,. qu'il promjt do 
payer a son retour. Le; vendeur sei;ra le tout 
dans du papier, et le lendemain trouva la chaine 
disparue, el douze plaques de plomb au lieu des 
ducatons J . ; ' i . 

; Terminons en rappelant un stupide usage dc 
quelques^ villageois .qui croient que, quand on 
fait des beignets avec des oeufs, de Ja farine et 
de 1'eau , pendant la messe de la Ghandeleur, de 
maniere qu'on en ait de faits apres la messe, on 
a de Targent pendant toute .Fannee 2 ,; On en a 
toute 1'annde aussi, quand on en porte sur soi ie 
premier jour ou Ton en tend le chant du coucou, 
— et tout le mois, si on en a dans sa poche la 
premiere fois qu'on voit la lune nouvelle. 

Argent potable. Si vous etes verse dans les 
secrets de Talchimie et que; vous souhailicz 

1 Boguel, Discours des sorciers. 

2 Thiers, Tr.aitc'dc$, superstitions. 



ft 



1 

:§ 



i 



I 



1 



I'd 



ARG — h 

posseder cette panacee , prenez da soufre bleu 
celeste , mellez-le dans tin vase de verre , versez 
dessus d'excellent esprit-de-vin * faites digerer 
au bain pendant vingt-quatre heures, et quand 
Pesprit-de-vin aura attire le soufre par distilla- 
tion, prenez une part de ee soufre, versez des- 
sus trois fois son poids d'esprit blanc mercuriel 
extrait du vitriol mineral , bouchez bien le vase, 
faites digerer a a -bain vaporeux jusqu'a ce que le 
soufre soit rtjduit en liqueur ; alors versez dessus 
t de tres-boii esprit-de-vin a poids egal , digerez- 
les ensemble pendant quinze jours* passez le 
lout par Palambic, retirez Fesprit par le bain 
tiede , et il restera une . liqueur qui sera le vrai 
argelit potable , pu soufre d* argent, qui ne peut 
plus etre remis ;en corps. Get elixir blanc est un 
remede a peu pr&s universe] , qui fait lnerveilles 
en medecine , fond Phydropisie et guerit;tous les 
maux interieurs 4 . * 
Argouges, Voy* Ffiiis , a Ja : lin. 




Arioch. 



Arignote. Lucien conte qu'a Corinthe, dans 
lequartier de Cranaus, personne n'osait habiter 
une maison qui dtait visitee par un spectre; Un 
certain Arignote, s'etant muni de livres magiques 
cgyptiens, s'enferma dans cette maison pour y 
passer la nuil, et se mit a lire tranquillement 
| dans la cour. Le spectre parut bien tot: pour ef- 
I frayer Arignote, il prit d'abord la figure d'un 
chien, ensuiLe celles d'un taureau et d'un lion* 
Mais, sans se troubler, Arignote prononQa' dans 
ses livres des conjurations qui obligerent le fan- 
tome a se retirer dansjin coin de la cour, ou il 
| disparut. Le lendemain on creusa a Pendroit ou 
| le spectre s'&ail enfoncds ; on y trouva un sque- 
| lelle auquel on donna la sepulture, et rien ne 
| parut plus dans la maison. — Cette anecdote 
I n'csl autre chose que 1'avenLure d'Athenodore, 
3 Lucien avait lue dans Pline , et qu'il accom- 
| mode a sa maniere pour diyertir ses lecteiirs. 

I 1 Tmitc de chimie philosoph. et hermetique f p. 4 68. 



> — ARi 

Ariinane, prince des enfers chez les ancient 
Perses, source du mal, demon noir, engendi-e 
dans les tenebres 4 , ennemi d'Oronlaze ou Or- . 
mouzcl , priheipe dii-bieii. Mais eel ui-ci est eter- 
nel , tandis qu'Arhnane est cree.et doit perir un 
jour. 

Arimaspes, peuples fabuleux de la Scythie;; 
ils n'avaient qu'un ceil et passaient leur vie a* 
detruire les dragons. 

Arioch, demon de la vengeance, seloii quel- 1 
ques demonographes ; different d'Alastor, et oc- 
cupi seulement des vengeances particulieres de 
ceux qui Pemploient. ■ : •• . 

Ariolistes, devins de Pan tiquitd, don t le me- 
tier se nommait arlolatlo } parce qu ' ils devinaient 
par les autels {ab aris)i[ lis consultaierit les de- 
mons sur leurs autels, dit Daugis: 2 ; ils: voyaien 
enstiite si Pau tel trerriblai t oli s'il ; s' y faisait qiiel- 
qiie merveille, .et! pr(5disaient ce que le diable 
leur inspiraifc. ■-, ■; ■■; ..' : 

Aristee, charlatan de Pile de Proconese, 
qui .vivait du temps de Gresus. II disait que;Son 
ume sortait de son corps quand il vouiait , et 
qu'elle y retournait ensuite. Les ; uns . content 
qu'elle : s'echappait; k la.vue de sa femme: et de 
ses enfants^ sous la figure d'un cerf v Wierus dit 
sous la -figure d'uii corbeau 3 . — Ilero.dote rap- 




porte, dans son quatrieme livre que cet A ris- 
U5e , entrant un jour dans la boutique d'un 
foulon , y tomba mort ; que. le foulon courut 
avertir ses parents, qui arriv^rent pour le faire 
entcrrer ; mais on ne trouva plus le corps. Toute 
la ville etait en grande surprise, quand des gens 
qui revenaient cle quelque voyage assurferent 
qu'ils avaient rencontrd Aristee sur le chemin de 
Crotone ft . 11 parait que c'dtait une espfece de 
vampire. Herodote ajoute. qu'il reparut au bout 
de sept ans a Proconese, y coinposa un poemc 
et mournt de nouveau. 

Leloyer, qui regarde Aristee comme un sorcier 
a extases 5 , cite une autoritd d'apres Iaquelle , a 
Pheure meme oil ce vampire disparut pour la 
seconde fois, il aurait ete transports en Sicile, 
et s*y serait fait inaitre d^cole. 

11 se niontra encore trois cent quarante ans 
apres.dansla ville de Metaponte, etil y (itelever 
des monuments qu'on voyait du temps d'Hdro- 

1 Plularquc, Sur his et Osiris. 

2 Traite sur la magic > etc., p. GG. 

3 Do proistigm do!ttu } lib. h cap. xiv. 

4 Plutarque, dnns la Vie deJiomulus. 

5 Discours des spectres, liv. IV, ch. xxnv 



■ 1 I 

ARl 



- 50 - 



ARM 



dote. Tant.de. prodiges engagerent les Sicilieris a 
lui ' consacrer un temple , ou ils Fhonoraient 
coiiime un demi-dieu. 
Aristodeme , roi des Messeniens. Voy % .Ophio- 

NEUS et OfcOLYG MANCIE . 

Aristolochie, ou paille de sarasin, ou plu- 
tot espece de plante appelee pistol oche, avec 
*laquelle Apulee pretendait qu'on pouvait denouer 
Paiguillette, sans doute en Pemployant a. des 
fumigations. Voy. Ligatuhes. ! - l ' 1 * ■ 

Aristomene, general messenien , si habile et 
si adroit, que ioutes les fois qii'il tombait an 
pouvoir des Atheniens, ses ennemis, il ti-ouvait 
moyen de s'echapper de leurs mains.- Pour- lui 
oter cette ; ressource , i!s le;iirent mourir ; apres 
quoi on Touvrit et on lui troiiva le coeur tout 
couvert de 'poils 

Aristote , que PArabe Averrhoes appelle le 
oomble de la perfection humairie. Sa philosophie 
a ete en grande veneration, et sonMionr a tou^ 
jours de-Feclati Mais ilne fallait/pas se qitePelier 
* pour ses opinions et emprisonner dans un temps 
ceux qui ne'les partageaient pasv pour empri- 
sonner dans un autre temps ceux qui les avaient 
adoptees. Ges querelles , au' reste, n'ontete ele- 
vees que par les her^tiques. 

Delancre semble dire qu'Aristote savait la ma- 
gie naturelle 2 ; mais il ne parle guere en homme 
superstitieux da^ns aueun de ses Merits. Quant a 
la vieille opinio)^ so.utenue ; par Procope et quel- 
ques autres^^fe comprendre 
la raison to; 11^ , s'y 

pr^cipita r 1 en 1 fais'ant- de ■ d&eSpoir ce mauvais 
calemboufc; : ' : -ry ?^is<jw^ pjaisj;te:---saisir, sai- 
sis-moi 3 — cette 'ojpiiiion est aujourd'hui un 
conte meprisd. . . 
, ); Nous ne citerons ici des ouvr ages d'Aristote 
que ceux qui ont rapport aiix matieres que nous 
trai ton's : 1° De la divination par les songes* 2° Du 
sommeil el de la vcille, imprimes dans ses ceuvres. 
Qn peut consult er aussi les Reniarques de Michel 
d'fiphese sur le livre De la divination par les. 
songes^^ et la Paraphrase de Th&nistius sur di- 
vers traites <P Aristote, principalement sur ce 
meme ouvrage 6 . 

Arithmancie ou Arithmomancie. Divina- 
tion par les nombres. Les Grecs examinaient 1c 
n ombre et la valeur des lettres dans les noms de 
deux conibattants, et en auguraient que celui 
dont le nom renfermait plus de lettres et d'une 

' VaUre-Maxime , liv. I, ch; vni, ext. n° \ '6. 

2 Tableau de rhiconsiancedes mauvais anges, etc., 
liv. YI, disc. n. 

:i Si quidem ego non capio te, tu capies me. 

4 Michaelis Ephesii Annotaliones in Arisiotclem 
de somno, id est, de divinatione per somnunu Ye- 
nise, in-8°, 45^7. 

b Themistii Paraphrasis in Aristofehm dememoria 
et Tcminiscantia , ac insomniis, de divinalione per 
somnum, latino > in terprcle Ilcrmolao Barbaro, Belle, 
in-8«, 4530. 



plus grande valeur remp or terait la victoire. G'est 
en vertu de cette science que quelques devins 
avaient previt qu'Hector devaitetre vaincu par 
Achillea 

Les Cllaldeens i' qui pratiquaient aussi l'arith- 
momancie, paftageaienUleur alphabet eti trois 
parties , chacune composee de sept lettres , qu'ils 
attribuaient ait X: sept planetes, pour en tirer des 
presages. Les platoniciens et les pythagoriciens 
^taient fort adonnes a cette divination H qui coin- \ 
prend aussi line partie de la cabale des luifs K . 

Arius i fameuxiieretique-qui iiiaifc. la divinite 
dc Jesus-Ghri^t f Notre^Seigneur. Yoici comment 
on ; ra'conte sa mort : — Saint Alexandre ^ eveque 
de B y zance , - voy ant que les . s sec ta teurs ; d' Ari u s 
voulaient le porter en- trioniphe , le lendemain di^ 
manehe , daiis le i ' temple dtr Seigneur,, pria - - Dieu 
avec zele d'empecher ce scandale , ^de peur que 
si Arius entrait dans Teglise , il ne : semblat que | 
Theresie y ftit entree avec lui. Et le lendemain 
dimanche, au moment ou Ton s'attendait a voir 
Arins, rheretique ivrogile, sentant un certain ; ! 
besoin qui aurait pu lui etre- fort incommode dans j 
la cdremoniede son triomphe jf tit oblige d 1 aller aux ; 
lie ux secrets , oit il creva^ par le milieu du ven tr e 4 ; 
perdit les in testing, et mourut d'une mort infame j 
et malheureuse, frappe, selon quelques-uns, par I 
le diable, qui dutieiv recevqir Tordre, ear Arius 
dtait de ses amis; r 

Armanville.Une dame d'Arman ville, a Amiens, 
fut battue dans son lit en 17/(6.< Sa servante attesta 
que le diable Tavait maltraitde. La cloche de la 
maison sonna seule ; on entendit balayer le gre- 
nier a minuit. II sembla m6me que les demons qui 
prenaient cette peine avaient un tambour et fai- 
saient ensuite des dvolutions militaires. La dame, 
eflfrayee , quitla Amiens r pour retourner a Paris ; 
e'est ce que voulait la femme de chambre. II n'y 
eut plus de malefices des lors, et Ton a eu tort de 
voir la autre chose que de la malice. 

Armees prodigieuses. Au siege de Jdrusalem 
par Titus, et dans plusieurs autres circonstances, 
on vit dans les airs des armees ou des troupes de 
failtomes t ph^nomenes nori encore expliquds, et 
qui jamais ne prdsagierent rien de bon. ' 

Plutarque raconte \ dans la Vie de Themistocle, 
que pendant la bataille de Salamine on vit en 
l'air des armees prodigieuses et des figures 
d'hommes qui , de Pile d'figine, tendaient les 
mains au-devant des galeresgrecques, On publia 
que e'etaient les Eacides, qu'on avait invoques 
avant la bataille. 

Quelquefoia aussi on a rencontre des troupes 
de revenants et de ddmons allant par bataillons 
et par ban des. Vmj. Rktz, etc. 

En 1123 > dans le comte de Worms, on vit 
pendant plusieurs jours une multitude de gens 
armes, a pied et a cheval , allant et venant avec 

1 Delancre, Incrcdidite et mecrcance du sortilege 
pleinement convaincue } traite Y. 



ARM 



51 — 



ARN 



I 



I 
I 

1 



I 

| 

I 



i 



grand bruit* et qui se rendaient tons les soirs, 
vers Theure de none , a une rnontagne qui parais- 
sait le lieu de letir reunion/ Plusieurs personnes 
du voisinage s-apprdcherent de ces gens armes , 
eri les conjnrant, au noni de Dieu, de leur decla- 
rer ce que signifiait cette troupe inridmbrable el 
quel etait leur projet, Un des soldatsdi fantomes 
repondit : Nous ne sommes pas ce que vous vous 
imaginez v ni de vrais fantomes ni de vrais sol- 
dats. Nous sommes les ames de ceux qui orit ete 
tues en cet endroit dans la derniere balaille. Les 
amies et les chevaux que vous voyez sont' les 
instruments de liotre supplice; comme ils l'ont 
eLe de nos peclies. Nous sommes tout en feu, 
quoique vous n'aperceviez en nous rietV qui pa- 
raisse enflamme\ ^- On dit qu'ori remarqua en 
leur compagnie le comle Enrico et plusieurs 
autres seigneurs tues depuis peii d'annees, qui 
cleclarerent qu'on pouvait les soulager par des 
aumories et des 1 prieres a: . Voij. A^paiutioks , Puifc- 
NOMKNiiS, VisiONs; Auuoiui bohiUle, etc. : 

Armide. L'episode d'Armide, dans Ie Tasse , 
est fonde sur une tradition pbpnlaire qui; est rap- 
portee dans les clironiques de. ,1a premiere croi- 
sade et ci tee par Pierre Delancre 2 . Cette habile 
enchnnteresse etait fille d'Arbilan , roi de Damas; 
elle ful elevee par Hidraote, sou oncle, puissant 
inagicien, qui en fit ime grahde sorciere; La na- 
ture l'avajt si bien partagee, qu'elle surpassaiten 
attraits les plus belles fcmmes de TOrient. Son 
oncle, l'envoya comme uh redoulable ennemi 
vers ia puissarite arrnfe chre'tienne que le pape 
Urbain II avait rassemhlfe sous la conduite de 
Godefroid de Bouillon ; el la, comme dit Delancre, 
« elle charma en etTet quelques chefs crois6s-» \ 
mais elle ne compromit pas Tespoir des chre- 
. tiens; et m6me elle fut tuee par un projectile au 
siege de Jerusalem 3 ; 

Armomancie, divination qui se faisait par 
l'inspection des epaules*. On juge" encore au- 
jourd'hui qu'un homme qui a les epaules larges 
est plus fort qu'un autre qui les a elroiles. 

Arnauld (Angdlique). Apparition da la mere 
Marie- Angelique Arnauld; abbesse de Port-Royal 
de Paris, peuavanl la mort de la swur Marie- 
Dor o Mice Perderaux, abbesse inlruse de ladile mat- 
ton ; rapportde dans une lettre ccrite en 1685, 
par M. Dufosse', a la suite de ses meinoircs sur 
Port-Royal. — « Deux religieuses de Port-Royal, 
elant a veiller le Saint- Sacrement pendant la 
nuit , virent tout a 1 coup la feue mere Angelique , 
leur ancienne abbesse, se lever du lieu, ou elle 
avait 6te inhumee , ayanl en main sa crosse abba- 

1 Chronique iVUrsperg. 

2 Tableau de Vinconstance des mauvats anges , etc. } 
liv. L 

z A'oyez les IJgendes des croisades. 
| 4 Du mot latin annus, dpaule. Les anciens appli- 
| quaient surlout cette divination aux animaux. lis ju- 
: gcaicnt ])ar rarmomancie si la victimc etait bonne 
ii Pour lbs dieux. 



dale ^ marcher tout le long du choeur et s'aller 
asseoir a la place ou se met Tabbesse pendant 
les vepres; : 

» filant assise , elle appela une religieuse qui 
se trouvait au- meme lieu, et lui ordonna d'aller 
chercher la sceur Dorothee , laquelle, ou du mpins 
son esprit, vint se presenter devant la mere An- 
gelique , qui lui parla quelque temps , sans qti'on ; 
put entendre ce qu'elle lui disait ; apres quoi , tout * 
disparuL •• 

» On ne douta point que la mere Angelique 
n'eut cite la sceur Dorothee devant Dieu ; et e'est 
la maniere don t elle l'interpreta' elle-meme , lors- 
que les deux religieuses qui a vaient ete tdinoins 
de cette apparition la lui rappor lereiit. Elle s'ecria : 
~ Ali ! je' mourrai bientoL Et en effet, elle mou- 
rutquinze 5 jours ; 0U;trois semaines apres. » Voila! 

Arnauld de B.resse (Brescia) , moiiie du dbu- ' 
zienie siecle, disciple d'Abeilard. 'Turbulent et 
ambitieux , il se fit chef de secte. II disait que les 
boiines oeuvres sont preferables au sacrifice de la . 
messe , ce qui est absurde; car le sacrilice de la 
messe n'empeche pas les' bonnes ceuvres, il les 
ordonne au contraire. 11 avait jete lefrocy comme 
tous les reformateurs. Ay ant excite de grands 
troubles et charge de noirs ] forfaits , il fut pris 
et brule' a Rome en 1155* : 

Cet homme est peint sous d'alTreuses couleurs 
dans une chroni'qiie conlemporaine ihtitulde le 
MaUfice, attribuee a Hues de Braye-Selves et pu- 
bli^e en style moderne par M., Leon Dussillet. 
Ghassd, maudit, traqo6 partout, il s*est attache 
a Sibyile de Bourgogne, plus connue sous le notn 
de la Dame aux jambes d'or, qu'on lui dbnna dans 
les croisades , que par la violence de ses passions. 
Pendant qu'il prepare le mal^tice qui doit tuer 
une jeune fille don t Sibyile veut la mort, neuf 
gouttes de sang. jaillissent d'une cicatrice qu'il 
avait h la joue. — Deja! dit le sorcier d'une voix 
creuse ; maltre , tu comptes bien , et moi seul j'ou- 
bliais le terme. — Que] terme? s'ecria Sibyile 
frappee de la paleur subite d'Arnauld de Bresse. 
Pour qui ce sang a-t-il coule? je n'avais point 
remarque ce terrible, stigmate, qu'on croiraitiin- 
prime avec un sceau de feu. — Ce sceau brule 
en effet, rdpliqua le moine, toujours plus trouble 
et plus pale; et celiii qui Pa imprime no souffre 
jamais qu'il s'elTace. Les genoux du sorcier ile- 
chirent sous lui , et ses membres fremirent d'une 
horreur invincible 4 -,.. 11 prdvoyait que bientot 
celui a qui il s'etait vendu allait arriver; il acheva 
renvoutement qui amena la mort dela jeune fille; 
et c' est sans doute apres ces abominations qu'il 
gagna Rome, on ne sait dans quel but. II y mou- 
ruL sur le bucher. 

Arnauld de Villeneuve, medecin, astro- 
logue et alchhniste, qu'il ne faut pas confondre, 
comme on l'a fait quelquefois , avec Arnauld de 



Chapitre 111 du livro cite. 




t 



k 
i 



1\ 



.'..-".jjVl 



?, • .-ri) iTiti' 



5 It- 

mk 



ARN 



52 — 



ART 



Bresse. II etait ne aupres de Montpellier; il mou- 
ruL dans un naufrage en 1-3 lft. 

La chimie lui doiL beaucoup de decouvertes"; 
il ne. cherchait, a la verite, que la pierre philo- 
sophale et ne songeait qu'a faire de Tor ; mais il 
trouva les trois acides sulfurique , muriatique et 
nitrique. 11 composa le premier de Palcool et du 
ratafia; il fit connaitre Pessencede terebenthine, 
regularisa la distillation, etc. 11 melaita ses vastes 
connaissanees en medecine des reveries astrolo- 
giques, et il predit la fin du monde pour Pannee 
1335,: ■ : 

On Paccusa aussi d©-magie. Francois Pegnadit 
qu'il devait au demon tout ce qu'il savait d'alchi- 
mie , et Mariana 1 lui -reproche d'avoir essaye de 
Conner un liomme avec de certaines drogues de- 
posees dans une citrouille. Mais Delrio justifie 
Arnauld de Villeneuve de ces accusations ; et le 
pape Clement V ne Peut pas pris pour son mede- 
cin s'ileut donn6 dans la magie. — L'inquisition 
de Tarragone lit bruler ses; livres trois: ans apres 
sa mort, mais elle les fit bruler comme etant em- 
preints de plusieurs sentiments heretiques. 

On recherche d 5 Arnauld de Villeneuve un traile 
de rexplicaliou des songes 2 ; mais on- met surson 
com p to beaucoup d'ouvrages d'al chimie ou de 
magie auxquels il n'a pas eu la moindre part. Tels 
sonfc; le Yivm des Ligatures physiques *, qui est 
une traduction d'un livre arabe ; et celui.des 
Talismans des dguze signes du zodiaque u * On lui 
altribue aussi faussement le livre stupide et in- 
fame des Trots, imposteurs. 

Arnold (Paul), vampire. Voy. Paul. 

Arnoux, auteur d'un volume in-12 publie a 
Rouen en 1630, sous le litre des Mcrveittes de 
I' autre monde, ouvrage ecrit dans un gout bizarre 
et propre a troubler les imaginations faibles par 
des contes de visions et de revenants. 

Arnuphis, sorcier egyptien. Voyant Marc- 
Aurele et son arm6e engages dans des defiles 
dont les Quades fermaient Tissue, et mourant de 
soif sous un ciel brulant, il fit tomber, parle 
inoyen de son art, une pluie prodigieuse qui per- 
mit aux Romains de se desalterer, pendant que 
la grele et le tonnerre fondaient sur les Quades 
et les contraignaient a rendre les armes. G'est ce 
que racontent, dans un but interesse, quelques 
auteurs pa'iens. D'autres font honneur de ce pro- 
dige aux impuissantes prieres de Mai i c-Aurele. 
Les auteurs chrdtiens, les seuls qui soient ici 
dans la verit^^ l'attribuent unanimement, et avec 
toute raison , a la priere des soldats Chretiens qui 
se Irouvaient dans Tannee romaine. 

Arnus, devin tue par Hercule, parce qu'il 

1 Rcrum hispanar., lib. XIV, c. ix. 
. 2 Arnaldi de Villanova libelhts de somniorum in- 
tcrprekitionc ci somnia Daniclis, in- 4°. Ancienne 
ddition tros-rare. 

3 De physicis ligaturis. 

4 De sigillis duodceim signorum. 



faisait le metier d'espion. Apollou vengea la mort 
d'Arnus, qu'il inspirait, en meltant la pesle dans 
le camp des lleraclides. II fallut, pour faire. 
cesser le fleau , etablir des jeux en Phonneur du 
defunt. - 

Arot. Voy. Makot. 

Arphaxat, sorcier perse, qui fut tue d'un 
coup de foudre, si Ton en croit Abdias de Baby- 
lone 4 , a Then re meme du mar tyre de saint Simon 
et de saint Jude. — Dans la possession de Lou- 
dun, on a vu un demon Arphaxat. 

Art de saint Anselme, moyen superstitieux 
de guerir, employe, par des hnposteurs qui pre- 
naient le nom d'anselmistes. lis; se contentaient 
de toucher, avec certaines paroles, les linges 
qu'on appliquait sur les blessures. lis devaient le 
secret de leur art, disaient-ils , a saint Anselme 
de Ganlorbery. Aussi Pappelaient-ils Part de saint 
Anselme, voulant de la sorte se donner un cer- 
tain vernis. Mais Delrio assure que leur veritable 
chef de file est Anselme de Parme. Voyez ce 
mot. , . ( , ; 

Art de saint Paul, moyen de predire' les 
choses futures, que des songe-creux ont pretendu 
avoir ete enseigne a saint Paul dans son voyage 
aii troisieme cieL Des charlatans ont eu le front 
de s'en dire h6ritiers, 

Art des Esprits , appele aussi art angdiqite. 
11 consiste dans le talent d'evoquer les esprits 
et de les obliger .a decouvrir l^s choses ,cach(5es. 
D'autres disent que Part angelique est. Part de 
s'arranger avec son ange gardien , de maniere a 
recevoir de lui la nSvtMation de tout ce qu*on 
veut savoir. Get art superstitieux se pratique de 
deux manieres : ou par des extases , dans les- 
quelles on regoit des avis, ou.par des entretiens 
avec Pange que Pen dvoque, qui apparait, et qui 
en cette circonstance n'estprobablement.pas un 
ange de lumiere. Voy. Invocations. 

Art notoire, espece d' encyclopedic inspire. 
Le livre superstitieux qui conlient les principes 
de Part notoire promet la connaissance de 
toutes les sciences en quatorze jours. L'auleur du 
livre dit effrontement que le Saint-Esprit le dicla 
a saint Jerome. II assure encore que Salomon n'a 
obtenu la sagesse et la science universelle que 
pour avoir lu en une seule nuit ce merveilleux 
livre. II faudrait qu'il eut ddja etd dict(§ k quel que 
enfant d'Israel ; car ce serait un prodige trop 
grand que Salomon eut lu le-manuscrit de saint 
Jerome. Mais les faiseurs d'ecritsde ce genre ne 
reculent pas pour si peu. 

Gilles Bourdin a public, au seizieme siecle, un 
grimoire obsciu* sous le litre de VArt notoire. II 
n'est pas probable que ce soit .la bonne copie, 
qui sans donte est perdue. 

Delrio dit que de son temps les maitres de 
cet art ordonnaient a leurs eleves une sorte dc 

1 Certaminis apostolici, lib. VI. 



If 
.# 

#»■ 

I 



Ft. 



$ 

w 

Si 

M 

m 
m 



v 1 



rj; 



m. 



VU 

m 



ART 



53 — 



ART 



confession generate, des jeunes; des pri&res, ties 
rcstraites, puis leur faisaient entendre, a genbux, 
]a lecture du livre de YAH notoire, et leur pel - 
suadaient qu'ils etaient devenus aussi savants 
que Salomon, les prophetes et lesapoLres. II s'en 
trouvait qui le croyaient. 

Ce livrc a ete condanme par le pape Pie V. 
Melant les choseS religieuses a ses illusions, 1'au- 
teur recommande entfe autres soins de reciter 
tous les jours, pendant sept semaines, les sept 
psaumes de la penitence, et de chanter tous les 
matins au lever du soleil le Vent Creator, en 
commenQanl. un jour de nouvelle lune, pour se 
preparer ainsi a la connaissance d6 YAH notoire 
Erasme, qui parle de ce livre dans un de ses 
colloques, dit qu'ii n'y a rien coinpris; qti'il n'y 
a trouve que des figures de dragons, de lions, 
de leopards, des cercles, des triangles, des ca- 
racteres hebreux, grecs , latins, et qu'on n'a 
jamais connti personne qui eut rien appris dans 
tout cela. - 

Des doctes pr^tendent que le veritable Ars no- 
toria n'a jamais <5te Serif, et que l'esprit le r6vele 
achaque aspirant prepare. (Mais- quel esprit?) 
II leur en fait la lecture pendant leur sommeil , 
s'ils orit sous roreiljer le nom cabalistique de Sa- 
lomon, dcrit sur une lame d'or oa sur un par- 
chemin vierge., Mais d'autres erudits soutiennent 
que VArs notovia existe Serif, et qu'on le doit 
a Salomon. Le croira qui pourra. 

Art sacerdotal: C'est, selon quelques adeptes, 
le nom quedes figyptiens doiinaient a Palchimie. 
Get art, dont le secret , recommandd sous peine 
de mort, dtaifc dcrit en langue hieroglyphique , 
n'etait communique* qu'aux pr&res, h la suite de 
longues <5preuves. 

Arts du serpent. G'est le nom qu'on donne 
souvent aux arts magiqueSi , 

Artemidore, fiphesien qui vecut du lemps 
d'Antonin le Pieux. On lui attribue le traite des 
songes intitule OncirocrUicon; public pour la pre- 
miere fois en grec a Venise , 1518, in-8°. On re- 
cherche la traduction latine de Rigaut 2 , et quel- 
ques traductions fran<jaises * . 

Artephius, philosophe herm£tique du dou- 
zieme sieple, que les alchimistes disent avoir 
v<5cu plus de mille ans par les secrets de la pierre 
philosophale. Frantjois Pic rapportele sentiment 
de quelques savants qui affirment qu'Artdphius 
est le m6me qu'Apollonius de Tyane, ndau pre-' 

1 Franc. Torreblanca, cap/xiv, Epist. de-magi 
Artemidori Ephcsii Oneirocritica, sen de som- 
nwrum interpretatione grac-lat M cum nolis Nic. 
Higaltii % in-4«, Paris ^^603. , . 

Artemidore, De V explication des sonqes, avee le 
Jjvro crAuguslin Nyphus, Des divinations, in-4 6. 
Kouen, 1600; edition augmenlee, 1604. — Epitome 
Jios cinq hvres d'Artdmidore traitant des songes, 
iradiut du grec par Charles Fontaine; avec un recueil 
[le vajcrc-Maxime sur le mdme sujet, traduit' du 
ialm, in-8°. Lyon , 1555. 



mier siecle sous ce nom , et mort au douzifemo 
sous celui d'Art^phius. 

On lui at tribue plusieurs livres extravagants on 
curieux : 1° YAH d'allonger sa vie [De vita jwo- 
paganda), qu'il dit dans sa preface avoir compose 
a Fage de mille vingt-cinq ans ; 2° la £lefde la 
Sagesse supreme i ; 3° un livre sur les caract^res 
des planfeles, sur la signification dii chant des 
oiseaux, sur les choses passees et futures, et sur 
la pierre philosophale 2 . Gardan, qui parle de 
ces ouvrages au seizieme livre de la Varie'te des 
choses, eroit qu'ils ont ete composes par quelque 
plaisant qui voulait se jouer de la credulile des 
partisans de ralchimie. ~ 

Arthemia , fille del* empereur Diocletien; Elle 
fut possedde d'un demon qui resista. aux exor- 
cismes paaens , et ne ceda qu'a saint .Cyriaque , 
diacre de l'figlise romaine. 

L'idee de rire et de plaisanter des, possessions 
et des exorcismes de r£glise est venue quelique- 
fois a des esprits egares, qu 5 il eftt 6te bon peut- 
etre d'exorciser eux-memes. 

Arthus ou Artus, roi des Bretons, celebre 
dans les romans de la Table Ronde, et dont la 
vie est ehtburee de fables. Oji pretend qii'il ri'est 
qu'assoupi a Avallon , et qu*il revieht la nuit daiis 
tes forets de la Bretagne chasser a grand bruit, 
avec des chiens, des chevaux et des piqueurs, 
qui ne soht que dseis demons et des spectres, au 
sentiment de Pierre Delancre 3 ; Quand le grand 
veneur apparut a Henri IV dans la for6t de Fon- 
tainebleau, quelques-uris dirent que c^etait la 
chasse du roi Arthus. 

La tradition conserve , aux environs de Huel- 
goat, dans le Finisttre , le souvenir curieux de 
r<§norme chateau d'Arthus. On montre des ro- 
chers de granit entasses corame dtant les debris 
de ses vastes murailles. II s'y trouve, dit-on ( 
des tr^sors gardds par des demons, qui souvent 
traversent les airs sous la forme de feux follets 
en poussantdes hurlements r^pdtds par lesdehos 
duvoisinage 6 . L*orfraie t la buse et le corbeau 
sont les holes sinistres qui frdquen tent ces mines 
merveilleuses, ou de temps en temps apparait 
Fame d'Arthus endormi avec sa eour enchant(§e 
dans son vieux manoir d'Avalon. Voij. Merlin. 

En Angleterre on a cru et dans plusieurs con- 
trdes de ce pays on croit encore que le roi 

1 Clams majoris sapientim 3 imprimd dans le Thcd- 
tre chimiquc. Francforl, 4644, in-8°, ou Strasbourg, 
4 699, in-42. . 

2 De chavacteribus planetarum, canfu et motibus 
avium, rerum prceteriiariwnet futurarum, lapideque 
ph'losophico. Le traite* d'Arldphius sur la pierre phi- 
losophale a eld traduil en francais par P. Arnaulcl , 
et imprime avec ceux de Sinesius et do Flaincl. Pa- 
ris, 4 612, 4659, 4682, in-K On attribue encore a 
Artdphius le Miroir des miroirs, Speculum specu- 
lorum , et le Livre secret , Liber secretus. 

3 Tableau de Vinconstance des inauvais songes, 
liv. IV, disc. ni. 

4 Camhry, Voyage dans le Finisierej t. I, p. 277 . 



ARU 



— 54 — 



ASM 



Arthus a ete par enchan Lenient- transform^ en 
corbeau; eL pour ceia on respecLe beaucoup les 
corbeanx, car l'un'd'eux pourrait eLre l'heroi'que 
monarque. • 

Arundel (Thomas). Comme il s^etait oppose 
.(quaLorzieme sifele)\aux seditions, des; -Avicklef- 
fites, Chassaignon, dans ses. Grands ~et redou- 
tahles juc/e-ments de j).ieu, imp rimes a Morges en 
1581, chez Jean Lepreux, imprimeur des tresr 
puissants seigneurs de lterne, Chassaignon , re- 
forme .et defenseur de tous les hereliques, diL 
qu'il mourut emblement*... l.a langue tellement : 
enflee qu'il ne pouyait plus parler, « lui qui avait 
voulu empecher, dans la bouche des disciples de 
Wickleff," le cours de la sain te« parole...... » Mais 

il n'ose pas recheixlier si Thomas -Arundel, fut-,. 
comme Wickleff, elrangle par le diable. . 

Aruspices, devihs du, paganismey dont- Vart 
se n omm ai t mysjycinc. ? lis examinaienl les en- 
Irailles des victimes pour en Lirer des presages; 
H fallait eLre de bonne rnaison pour exercer, cetLe 
espece de sncerdoce. lis predisaient l°par la sim- 
ple inspecLion des .victimes yivan^es ; 2? par Petal 
tie Ieurs enlrail.les apresqu'elleseLaient quyerles ; 
3° par la famine qui s'elevait de leurs chairs 
brulees, — La victjme qu'il fallait amener:ayee 
violence , on qui s'echappait de l'autel , donnail 
des presages sinistres ; le coeur maigre, le fqie 
double ou enyeloppe d'une. double tunique, et 
surtout l'absence du cceur oudu foie^ annon- 
c^ient. de grands maux. On crou:ait que les arus- 
pices eLaient babiles dans. 1'a r t . d'escamoleiv ear 
le coeur manqua aux deux boeufs immoles le jour 
oil l'on assassina Cesar. 

. G'dtait mauvais signe quand la flamme \ ne 
s'dlevail pas- ayee force et' n'eLait pas Lranspa- 
rqnie el pure ; et si-la queue de la belese cour- 
baiten brtilant, elle : menacait de grandes. diffl- 
cultes dans, les affaires. Voy t HGpatoscopie. 

Arzels. Voy.GmwAh. , 

Asaphins, devhis ou sorciers cbaldeens , qui 
expliquaient les song.es et Liraient les horoscopes, 
lis avaienL pour divinU(5uneidolenomme:Asaph. 

Ascaroth. .G'est le nom quer donnent les de- 
monographes a nn ddmon peu connu qui -pro- 
tege les espions et les delaleurs. 11 depend du 
ddmon Mergal. ... - 

Ascese diabplique. L'ascese ehrdLienne eleve 
les ames a Dieu ; Fasc&se diabolique les abaisse 
eL les enforice jusqu'aux demons. • 

Ascik-Pacha / demon turc, qiii favorise. les 
inlrigues: secretes.,, facilite* les* accouchenients, 
enseigne les moyens de rompre les charmes et 
donne 3 'art d' en composer. 
.. Asclet'arion, aslrologue qui se permit de 
faire des prophdLies dontl'empereur Domitien ne 
fut pas content. 11 le fit venir et -hit dit : « Toi 
qui sais le momenL de ma morl, connais-Lu le 
genre de la ticnne? — Oui, repondit fastrologue. 
Je serai mang6 par les chiens. » Domitien pour 



prouver que sa science elail vaine, le fil tuer 
snr-le-champ et ordonna que son corps fut 
brule. Mais un grand orage qui survint eLeignit 
le b.iicher eL mil les execuLeurs en fuiLe. Des 
chiens vinrenL, mi rent le corps en pieces et le 
mangerenL. Suetone et Dion Cassius mentionnent 
ce singulier fail.. 

Aselle. L'aselle aqua Lique^ espece de clopprle, 
etait reveree des Islandais r ,qui croyaienL .qu'en 
tenant cet insecte dans la bouche, ou son ov aire 
dessec ; he sur la ; .langue, iis ; obtenaient tout ce 
qu'ils pouvaienL.desirer. Ils appelaient.soii; ovaire 
sec picrrc a. sou/tails, ■ • 
( Ases. Di vini tes scandinayesj tElles .sont au 
npmbre de. trenie,' do.nt douze dieux qui .o.nL 
pour mai.tre Odin , et dix-buit deesses , a. la tete 
desquelles domine Frigga.. . . 

. Asgard. C'est la.ville.des; ases^ou dieux scan- 
dinayes* Odin habite ceUe. yiile ^oniptueuse, ?i- 
tuee en tin . lieu 4u. .moo.d^ 'd'ou il petit , voi r tous 
les etres et lous les evenements. , 

Ashmole ( filie) , an tiquaii-q* et ,a]ehimiste . an- 
glais, ne en.lgi^.iOn-iuv^^ ou.v rages 
utiles el : le . nVusee! : ashnioieen . d'Oxford. Mais il 




publia- a Londres, eri 1652 , un, volume in-ft% 
intitule Thcatrum chcmicxim brUaimicumy eon- 
tenant difl*6rents; pQem!BS : deSrphilpso|ihBs;^nglais 
qui ont ecrit sur lesjinysteres; lierin^tiques. Six 
ans apres, il fit im$vimevJ$ t JG^ 
in-/i°, 1658.: Ce. traite, qui n!esl rpasi de Jni , mais 
auquel il. mit une preface , roule, aussi sur la 
pierre ,philp.sophale., Vmj. Pi e n rb : philoso ph a i, e . 

Asile. Les lois qui qccordaient . droit d'asile 
aux criminels dans ; les dglises excepLaienl ordh 
nairement les sorciers, qui , d'ailleurs,. ne cher- 
chaienL.pas trop la leimrecours. 

Asima, demon, qui riL .qufind. on fait le nial 
II a ador6 a Emath , dans la tribil de Neph- 
Lali, avant que les habitanLs de ceUe ville fussent 
transportes a Salnarie. 

Aske, le, premier homme dans- les traditions 
religieuses des'Scandinaves. 

Asmodee, ddmon destructeur, le m6me que 
Samael, suivant quelques rabbins. II est surin- 
lendant des ihaisons de jeu. II sfeme la dissipation 



ASM 



55 



ASP 



i 

1 



I 



et l'efreur. . — Les rabbins content qu'il delrona | 
un jour Salomon;- niais que: bieiHol Salomon le 
chargea cle fers, et le forga de l'aider a Mtir le 
temple de Jerusalem*- — = Tobie,. suivanfc les ; 
memes rabbins, : l'ayant expulse, avec la fumee 
du.fiel d'un poisson, ,du corps de la jeune Sara: 
qu'il possedait, l'ahge Raphael 1'emprisoiina aux r 
extremiles de rEgyple.: Paul Lucas dit qu'il Pa \ 
vu.dansaui de ses vvoy ages; ,0a s'esl amuse de 
lui a m. sujel; cependanft 5 on 5 a pu lire dans le 
Coiirrieijt-de fcEgypte que/le peuple de ce pays ; 
adore encore le ^serpent Asmodee, lequel a un ; 
temple dans- le . desert de Ryanneh. On a/jpute que 
ce soa^pent se= 'coiipe par ; moreeaux > \ et .- qu'un 
inslant apres il in5^ : parait^s^r^oy» Hamdi. 




* Get Asmodee est , au jugement de quelques-j 
uns, l-ancieii serpent qui ^dmsit'.Ey^/rLes'Juifs,! 
qui rappellent/^^wio^flfi^ faisaienl.de lui le prince j 
ties demons;, .co mine on le wit dans la para- ! 
phrase.chaldaiquei'Cest.aiix-eh 
un roiiort et. puissant , qui a trqiSftetes :, la pre- 
miere ressemble a celle (Tun laureau, la secondc 
a celle d'un hpmme, la troisieme a celle d'un 
belier. II a line queue de serpent,, des picds 
d'oie^une haleine enflamm.ee, il, se mpntre a. 
cbeval, ; sur un: dragon , por tan t en main un eten- : 
dard el une lance. ; .11 -eat soumis cepend^nt, par 
la hierarchip infernale,,ati; .roi Amoymon*. 

Lorsqii'on J'exprcise, il .faut fetreierme siir ses 
pieds, et. I'appeler par spn .nom, 11 donne des 
anneaux cpnstellfe ; il.appi;end aux hommes.asc 
rendre invisibles et leur enseigne la geomdtrie, 
rariLhmdlique v l'aslrpnomie et ; les arts m<5ca-; 
niques. 11 connalt aussi des tresqrs, qu'on peut 
le forcer a decpuvrir; soixante-douze ; legions lui ; 
obeissenL On le nomme encore Chammadai et 
Sydonai, Asmodde etail un des demons, qui pos- 
sddaient Madeleine BavenL 

Le Sage a fait d'Asmodde le h&os d'un de ses 
romans {le Diable hoiteux). 

1 Wierus.j in Pseudomonarchia dcemon. 



Asmund^ et Asweith, comp.agnons d'armes 
danois;; Lies d!une elroite amitiey ils convinrenl , 
par un.serment solennel , *de ne s'abandonner ni 
a la vie ni a la mort« AsAyeith inourutle premier 
et, suivant leur accord^ Asmuiid , apres avoir 
enseveli son ami, avec son chien.et son-cheval, 
dans une grande caverne* y porta des provisions 
pour une : annee .et s'enferma dans-ce tombeau, 
Mais le demon, qu'ils avaient probablementassez 
bien servi tpus deux, etant entre dans le corps 
du mort, le remit deboutet se mit a tourmenter 
le fidele Asmund , le dechirant , lui defigurant 
le visage el ; lui arrachant meme une oreille, 
sans lui dopner de)raisons; de. sa fureiiri, Asmund/ 
impatiente aprSs .nn siecle de, lutte .. coupa la 
tete du mort , voyant bien enfni qu'il avail af- 
faire pu au diable. ou a un vampire. Sur ces 
entrefaites v .precisement, le roi de Suede t Eric, 
passant devant la cavprne murde et entendant 
du vacarme, crut qu'elle renfermait un tresor 
garde par des esprits. Il ia fit ouvrir, et fut bien 
surpris' d'y trouver Asmund , pale , ;ensanglante , 
aupres d 5 un...cadavre puant il lui fit coriter son 
histoire , etvle yoyant mourir lui-m6me, aussi tot 
apres; soil recit , il;.ie fit percer d- un^ pipu et brula 
son corps ^ye^c^Ui dp^on feroce compagnon v ; 
car alors dej ( a,qn>;.coiin^ qpoi- 
qu'oir ne leur <&>§^^ ce npirii; ^^jGiiolk, 
Asmoiig, lflin;%a ddmons f ,qui^Pus;los^prdres 
d'Arimane^j^iept les 
proces et IPs querPllesv ; • : ^ ;* ti: 

Asoors ou Asouras. G'est le nom que les 
lndiens donnent a- certains mauvais; gdnies quj 
font tomber les voyageurs dans des embuches. 
, Aspame.,, « Zorpbabeli^tait dprisi^un .sl: fol 
amour-pour, Aspame,'qu'elle le souttletait coimne 
un esclave etjui 6tait : le diademe.ppur en^prner 
vSa tele, indigne d'un tel ornement, dit De- 
lancre; elle le faisait rire et pleurer, quand bon 
lui semblait, le lout par.philtres et fascinations 2 / » 
Les belles dames fonfc vtous les jours d'aussi 
grands exces et produisenfc* d'aussi enormes stu- 
pidiies, sans: fjascination^Jb ^sans philtre. 

Aspilcuetta;r(MH r i e f ' u - :; - glBli ^' ll • 
d') , sorciere d^Andaye ; 
dans le pays dp Lal>6up* i; " 
sousler^gnedeHpnS I:V, 
Elle f ut arreteecVF&ge de 
dix-neuf aiis ; , et avoua 
qu'on ravait mende au : 
sabbai, que la elle avail 
bais6 le derrifere du 
diable^aii-pdessous d'unp 
grande queue , ; et que 

ce derriere.elait fait comrne le/niuseau d'un bouc 3 . 

Aspidomancie, divination pea connue qui 
se pratique aux Indes, selon quelques voyageurs. 

1 Saxo Grammat. Danicm hist., Mb. V. 

2 Incredulite et mecriance du sortilege] etc, 

3 IncrMuliti et mScreance } etc., traitd V. 




ASR 



— 56 



AST 



Delancre dit 1 que le devin.ou sorcier trace un 
cercle, s'y campe assis sur un bouclier, mar- 
molte des conjurations, devient hideux, et ne 
sort.de son extase que pour/annoneer les choses 
qu'on veut savoir, el que le diable vient de lui 
revdler. .' . . 

Asrafil, ange terrible qui, selon les musul- 
inans, doit sonner';de la trompelte et reveiller 




mort en 1711. II publia , en 1691, un petit ou- 
vrage pen recherche, intitule La possibility des 
apparitions. 

Astaroth, grand-due tres-puissant aux enfers. 
II a la figure d'un ange fort laid , et se mo n ire 
chevauchant sur nn dragon infernal ; il tient a la 



ttius les morts pour le jugement dernier.^ On le 
confoncVsouvcnt avec Azrael. 

Assa-fdetida. Les Hollandais appellent cette 
plante fiente dn diable (duivelsdrek). 

Assassinat. Ce crime a son demon. 





Assassins, secte d'lsma&iens qu'on enivrait 
de hrachick eta qui Ton faisait-un dogme de tuer. 
Le souverain des Assassins s'appelait le cheick 
ou Vieux de la Montagne. 11 est celebre dans 
l'hisloire des croisades. Voy. Tuuggismi;. 

Assheton (Guillaume), theologien anglican, 

1 Delancre, Tableau de Vmconstance des mauvais 
anges, etc., liv. II, disc. i. 



main gauche une vipfere. Quelques magiciens di- 
sent qu'il preside a TOcciden t , qu'il procure Fa- 
mitie des grands: seigneurs*, 'et qu'il faut l'evo- 
quer le mercredi. Les Sidoniens et lesrPhilis!^ 
i'adorerent. II est, dit-ori, grand tr^sorier aux en- 
fers. Wierus nous apprehd qiiUl sait le; passe et 
1'avenir, qu'il r6pond volontiers; au x qju&tions 
qu'on lui fait sur les choses les plus secr&tes , et 
qu'il est facile de le faire causer sur la creation, 
les fautes et la chute des anges, dbnt il connaft 
Unite Thistoire. Mais dans ses ; corivei^saiions , il 
soutient que pour lui il a 6t6 puni injusteinent. , 
U enseigne a fond les arts lib^raux , et eoitfmande 
quaranLe 16gions.' Gelui qui Je fait venir doit 
prendre garde des 1 en laisser approcher, a cause 
de son insupportable puanteur. C-est pourquoi il 
est prudent de tenir sous ses narines uri arineau 
magique en argent, qui est un prdservatifcontre 
les odeurs f&ides des ddmons 4 . Astaroth a figure 
dans plusieurs possessions .11 est cit&cbinttie Pun 
des sept princes de l'enfer qui visiterent Faust, 
selon la tradition anglaise ; il parut en serpent, 
ayant « la queue coloree comme des briques 
changeantes, deux petits piedsfort courts, tout 
jaunes, le ventre blanc et jaunatre , lo cou cha- 
tain roux, et une pointe en forme de trait, 
comme ceux du herisson, qui avance de la lon- 
gueur d'un doigt 2 ». 

Astarte, femelle d 5 Astaroth. On la represento 
avec une tcite de genisse. 

Astiages, roi des M&des. Qnand Gyrus eut 
vaincu TAsie, on publia qu'Astiages, son grand- 
pere/avait songd [en dormant, que dans le sein 

1 Wierus, in Pseudomonarchia dwmon. 

2 M. Francois Hugo, le Fa mt anglais. 



AST' 



57 



AST 



MS 

'I? 



I 

Si 



m 

I 

Is 



mi 



as 



If 



i 

m 



if 

si 

m 



m 



de sa fille Mandane croissait une vigne qui de 
ses feuilles couvrait l'Asie entiere : presage de 
la grandeur de Gyrus , fils de Mandane. 

Astier; l'un des proph6l.es du Dauphine. Voy. 
PnomnVnss. 

Astragalomancie j divination; par les des:: 
Prenez deux des , marques comme d' usage des 
mmieros I* 2/3* ft, 5, 6.-0ri peut jeter avolonte 
un de seul ou les deux des a la fois ; on.a ainsi 
]a chance d-amener Jes ehiffres 1 a.12. Vous v'ou- 
lez deviner quel qite 'affaire qui vous einbarrasse 
on penetrer les secrets de Tavenir, posez la ques- 
tion sur ,iui papier que vous ' a urez passe; au-des- 
sivs de la fnmeb du bois' de genievre ; placez ce 
papier ren verse sur lailabfe, etgetez les des. — 
Vous ecrirez les lettres-a mesure qu'elles se pre- 
senter) t. En se combinan t , elles- vous donrieronl 
la repon.se : 1 van t la leltre A ; 2 vaut . E ;• 3:: vau t 
I ou Y; /i.yaut 0-;:5: vaut U ; G vaut B v P ou V; 
7 vaut;C, K ou:Q ;: 8 vaut D ou 9 vaut F, S, X 
ou Z ; 10 vaut G ou J ; 11 vaut L , M ou N ; 12 
vaut R. — SMa reponse est obscure il ne faui 
pas s'en etoriner:" le sort est eapricieux; Dans le 
cas ou vous n'y p6uvez ; iuen: Gomprendre , : reeou- 
rez a d'aulres divinations^ — La leltre H n'est 
point marquee, parce qu'elle n'est pas ii^cessaire. 
Les regies du destin se dispensent de celles^ de 
Torthographe^ PH s'exprimenl fort bien par la 
leltre F, et G H par la lettre X. . ; 
# Les anciensppatiquaierit rastragalomancie avec 
des osselets marques des leLtres de ['alphabet, et 
les lettres' que le hasard amenait faisaient les 
reponsesv C'est par ce moyen que se renclaient 
les oracles d'Hercule en Achaie. On mettait les 
letlres dans uhe urne » et on les tirait comme on 
lire les numeros des loteries; ; 

Astres. La premiere idolalrie a commence 
par le culte. des^ astres. Tons les peuples- foilr- 
voyes les adoraient au temps^de Moise. Lui seul 
dit aux llebreux : «: Lorsque vous &evez les yeux 
vers le del , que vous voyez le soleil , la lune et 
les aulres astres , gardez-vous de toniber dans 
Terreur et de les adorer, car c'est Dieu qui les a 
crees. » {DenUronomc , chap, t\.) 

Ceux qui ne croient pas a la revelation de- 
vraient nous apprendre comment Moise a ete.plus 
eclaire que les sages de toutes les nations dont 
it dtait enviromi6 *. 

Mahomet dit dans le Koran que les^toiles sont 
les sentiiielles du ciel ; et qu'elles empechent les 
demons d'en approcher et de connaitre ainsi les 
secrets de Dieu. • ; 

11 y a des sectes qui prdtendent que. chaque 
corps celeste est la demeure d'un ange. — Les 
Arabes, avant Mahomet, adoraient les astres. 
Les anciens en faisaient des 6lres animes ; les 
Kgypliens croyaient qu'ils voguaient dans des 
navires a travers les airs comme nos a6ronautes; 

1 Bergier, Diet, thcolog., au mot Astres, . 



ils disaient que le soleil , avec son esquif , trayer- 
sait TOceaii toutes les nuits pour retburnerd-Gc- 
cident en Orient. 

■ D*autres physieieris ont pretendu que les etoiles 
sont les yeux du ciel , et que les laraies qui en 
tombent forment les pierres precieuses. C'est 
pour- cela, ajoulent-ils, que chaque etoile (ou 
plutot chaque planete) a sa pierre favorite. . 

Astrolabe , instrument dont on. se sert pour 
observer les astres et iirer les hproscopes. II est 
souvent semblable a une sphere armillaire. L*as- 
trologueyinstruit du jour, de l'heure , du moment 
oil est ne celui qui le consulte ou pour lequel on 
le consulte,. met les; choses . h la place qu'elles 
occupaient alors/ et dresse son theme siiivant la 
position des planeles et des constellations;; -: .•• • 

11 y a:eu des . gens, autrefois qui faisaient le 
metier de decouvrir les toleurs par le nioyen 




d'un ; astrolabe; « Le ciel , disaient^ls,- ;esL. uh 
livre dans/lequel on voit le pas'st§,:]e present ,et 
l'avenir^ pourquoi ne pourrait-on pas lire les 
evenements de ce monde dans un instrument qui 
represente la situation des corps celestes 4 ?» 

Astrologie, art de dire la bonne aventure, de 
tirer les horoscopes etde pr&lireles Evenements, 
par Taspect, les positions et les' inlltiences des 



1 Le pere Lebrun, Hist, des pratiques supers!. > 
L I, p. 220. ; 



AST 



— 58 — 



- AST 



corps celestes. — On croitque Pastrologie, qu'pn 
appelle aussi astrologie judicimre } parce qa'elle 
consiste en jugements sur les personnes et sur; 
les choses , a pris naissance dans la Ghaldee, d'ou 
elle penetra en Egypte:, en Grece el en Italia 
Quelqu.es autiquaires attribuerit Pinvention = de 
cette science: a Cham , fils: de Noe\; Le commis- ■ ' 
saire de Lamarre, dans son Traite de police ; 
titre Vir/ehap. i cr , ne repousse pasties opinions ' 
qui <§tablissent quelle iui a ete eiiseignee par le j 
demon. > ; • ; ; r ' 

Diogene Laerce donne a entendre que. les Egyp- 
tiens connaissaient la rondeur de la terre et la ; 
cause des eclipses. On ne pent leur disputer 
Phabilete en astronomie \ mais, au lieu de se 
tenir aux regie's droites de cette science, ils en 
ajoulererit .d'autres qu'ils fond&rent uniquement 
sur leur imagination ce furent la les principes 
de Tart de deviner et de tirer les horoscopes. 1 
Ce sont-eux,, dit H^rodote, qui enseignerent a 
quel dieu chaque mois , chaque- jour est consa- 
crd ; qui observ&rent les preiiiiers sous quel as- 
cendant im homm pour predire sa 
fortune , c& qurlufJ^ et de 

totit ce qui 

doit vous arriver a vOu|jlt ^^i^fflfe , » disa.it a 
ses creduies. enfants ^ 
Pompee , C6sar, Crassus*^^ 
Plineen parle comme (fuh^i^^ Cetle 
science gouverrie encore; j^'j^^^une grande 
partie de TAsie. « Rien ne^tait:^, dit Taver- 
nier dans sa relation d'ispdlian v qfie 1 ;de Pavis des 
astrologues. Ilssont pluspdisSants'Gt plus redou- 
tes que le roi, qui en a toiijpurs qixatre attaches 
a ses pas* .11 les consul tenuis cesse, et ils Pa- 
vertissent du temps ou il dbiF 'M promener, de 
Plieure ou if doit so renferm^ dans sonpalais, 
se purger, se velir de ses habits royaux; prendre 
ou quitter le sceptre, etc: lis sont si respectes 
* dans cette cour, que le- roi Schah -Sophi etan t 
accabld depuis plusieurs annees d'irifrrmit&s que 
Part ne pouvait gu&ur, les mSdeeins jugerent 
qu'il n'etait tombd dans cet etatde deperissement 
que par la faute des astrologues , qui avaient mal 
pris Pheure a laquelle it devait etre eleve sur le 
tr6ne« Les, astrologues reconnurent leur erreur ; 
ils s'assemblerenlde nouveau ayec les mddecins, 
cherch&rent de nouveau dans le ciel la veritable 
heure propice , nemanqu^rent pas de latrouver, 
et la c£remonie du couronnement fut renoiiveleei 
a la grande satisfaction de ■ Schah-Sophi , :' qui 
mourut quelques jours aprfcs. » 

II en est de meme en Chine , ou Pempereur 
n'ose rien entreprendre sans avoir corisulte son 
theme natal. 

La v&idration des Japonais pour Pastrologie 
est plus profonde encore : chez eux personne 
n'oscrait construire un Edifice sans avoir inter- 
rog<§ quelque astrologue sur la duree du bail- 



ment, II y en a meme qui , sur la reponse des 
astres, se.de vouent et se luent pour le bonheur ; 
deceux qui doivent babiter la nouvelle maison K 

Presque tbus les anciens , Hippocrate , Virgile , ; 
Horace ,. Tibere , croyaient a Pastrologie> Le ; 
moyen age en fut infectei On tira Phoroscope : 
de Louis-XIII-et.de Louis-XiVyet Boileau ditqu'wri ; 
Mmeraivc aiileur n'atteiiit pas le Paniasse si son > 
as Ire en naissanl ne Va forme poele. • .: ~ " • • 

En astrologie , on ne connait dans le ciet que = 
sept ■ plan etes et douze constellations dans le zo - ; 
diaque. Le. n ombre de cellesrci n'a pas change; 
mais il y a aujourd ? hui:neuf foisplus de planetes. 
Nous ne. parlerons pourtant que des sept vieilles ; 
employees seuies .par les astrologues.- Nous \ 
n'avons j disent^ils^ aucun membre. que les: corps 
celestes, ne gouveriienP.: . Les ; sept :planetes : sont , 
comme: on sait, le Soleilvla Lulie, Venusv Jupiter, 
M'ars» Mercure et Sa turner Le Soleil preside a la 
tele, la Lime au bras droit, Venus au bras gauche , 
Jiipiter a lfestomac^ Mars aux parties sexuelles , 
Mercure : au pied droit , et:Saturne au.pied gauche,; 
— ou bien Mars gouverne la tete , Venus le bras 
droit v Jupiter lerbraS:gauche-, de-Soleil Pestoma 
la : LuiVe ; les < parties sexuelies - Mercure lie; pied 
droit , et; Saturne le pied gauche* , : '• -r- ■■■ ; 

Parml le^ constellations:, le Be'lier gouyerne la 
tete^. le Tahreau leicoti ^ les ! G^ineaux; les;;biias et 
les dpaules, Pficrevisse; lajpoitn.iiVeOet- lei ctieur, 
le , Lioin;;l*est6iifiac:i ::Ia^¥ierge^le;:yentre^;la> Ba- 
lance :les:'reihs^et desi f^sses ^ le ^Scorpion les: par- 
ties sexuelles,;i ]e^Sagittaire'lfesieiiisses";, le Gopri^ 
corhe* . les genoux le - Verseau; les; janribes y el les 
Poissons les pieds. . ; : : . /■ • • - : 

On a; mis ! aussi.le mondev. c'est-a^dire les em- 
pires et les villes sous Pinfluence des constel- 
lations. Des astrologues: allemands , ; au-, iseizieme 
si^cle avaient declare] Francfort sous* IMniluence 
du Beliierj Wurtzbourg .sousi celle !du Taureau , 
Nui^emberg sous iles Gemeaux , Magdebourg sous 
PEcrevisse, Ulm sous f le Lion , Heidelberg sous 
la Yierge, Vienne sous: la Balance^ Munich sous 
le Scorpion, Stuttgard sous le Sagittaire , . Augs- 
bourg sous le Gapricorne, Ingolstadt sous leYer- 
seau , et Ratisbonne sous les Poissons. 

Hermes a dit que c'est. parGe qull y a sepl 
trous a la lete qu'iLy a aussi dans le eiel sept 
planetes pour presider a ces. trous : Saturne et 
Jupiter aux deux oreilles, Mars etiVenus atu 
deux narines, le Soleil et la Lune aux deux 
yeux, et Mercure a la bouche.; h6on PH^breu, 
dans sa Philosophic d' amour, traduite par le sieur 
Duparc, Champenois , admet cette opinion, qu'il 
precise, tres^bien « Le Soleil preside h Poeil 
droit, dit— II , et la Lune a l'eeil gauche, parce que 
tous les deux sont les yeux du ciel ; Jupiter gou- 
verne Poreille gauche, Saturne la droite, Marsle 

1 Essai sur les erreurs et les superstitions, par 
M. L. G,, ch. v. ' 



— 59 



i 



i 

i 



AST 



perluis droit :du nez, Venus Jepertuis gauche, 
et Mercure la bouche, parce qu'il preside a la 
parole. » 

. AjouLons encore que. SaLurne [ doinine sur la 
vie, leschangements, Ies edifices et Ies sciences; 
Jupiter sur l'lipnneur, les souhaits., Ies richesses 
el la proprete des -habits ;_ : Mars ; sur la guerre : , 
les prisons, les manages, les haines; le Soleil 
sur . l'esperance , Je-bonheur,. Je : gain , jes herir 
tages; Venus sur. les amities el les amours; 
Mercure sur,les maladies, les perles, les dettes, 
le commerce et la crainte ; la Lime sur les plaies, 
les spnges et les larcins. . Ainsi , xltv moins , le 
decide le , liyre des, Admimbles secrets cV Albert 
le .Grand, . . . ; . , 

En dominant. : de .la, sorte tout ce qui arrive a 
rhomme, les.planetes ramenent le meme cours 
de choses toules les fois qu'elles se; retrouvent 
dans le ciel au Jieu de .Thoroscope. Jupiter se 
retrouve au-bjpMt. de :douze ans. au ;nieme lieu , ; 
les honneurs.se.ront Jes .memes;; Venus, aubout 
de huit ans ,: les amours., serpn t. Ies pemes, etc., \ 
mais dans un autre individu., . 
. iN'oublions pas -non.pl us. que chaque;.planete 
gouverne un jour de, la semaine :. le Soled le 
dimanche, la Lime le lundi,. Mars le mardi, 
Mercure, le, tjiercredi , Jupiter le jeudi;,: Venus le 
vendredi, Saturne le samedi; — que le jaune 
esL la couleui; du Soleil , le blane, celle deJa .Lune, 
le vert cclle : de Venus, Je rouge celtade Mars, le 
bleu celle de ; Jupiter, le noir celle xle Saturne le 
melange : celle de Mercure ; — que le Soleil pre- 
side a ror v ]a Lune.a I'argent, Ydnus a l'6lain t 
Mars an for, Jupiter a rairain » Saturneau plomb, 
Mercure au vif-argent, etc. 

Le Soleil est bienfaisant et , favorable , Saturne 
Iriste, morose etfroid; Jupiter temper<5 el benin, 
Mars ardent i . Venus .bienveillante, Mercure in- 
constant, la Lun&melanco^^ 

Dans les ; constellations, le B61iei% le Lion et 
le Sagittaire sont chauds, sees et.ardents; le 
Taureau, la Vierge et le Capricprne,. lourds , 
froids et secfc;: les Gemeaux; la Balance et le 
Verseau, legers, chauds et humides; l'&revisse, 
le Scorpion et les Poissons , humides r mous et 
froids. 

■Au moment de la naissance d'un enfant dont 
on. vent lirer l'horoscope, ou bien au jour de 
Vevenement dont on chercbe a presager les 
suites, il faut d'abord voir sur Pastrolabe quelles 
sont les constellations et. planfctes qui dominent 
dans le ciel, et -lirer les consequences qu'indi- 
quent leurs vertus, lenrs qualites efc leurs frac- 
tions. Si trois signes de la ineme nature se ren- 
contrent dans le ciel, comme, par exemple, le 
Belier, le Lion et le Sagittaire; ces Ivois signes 
forment le irin aspect, parce qu'ils partagont le- 
ciel en trois el qu'ils sont sdpar<§s Fun de l'autre 
par trois autres constellations. Get aspect est 
bon et favorable, 



AST 



Quand. ceux qui partagent le ciel par sixifemes 
se renconLrent a 1'heure de Toperation, comme 
le, Belier avec les , Gemeaux , le Taureau avec 
l'Kcrevisse , etc. , : ils forment Yaspeet scxtil , : qiii 
est mediocre. 

Quand ceux qui partagent le ciel eii quatre, 
comme; le Belier avec l'Ecrevisse, ,le Taureau 
avec le Lion v les . Gemeaux avec la Vierge., se^ ren- 
conLrent dans; ; le ciel , ils iovmmi f aspect cafxe } 
qui est mauvds.. ' 

Quand ceux qjii se tronvent aux parties oppo- 
sees. du. ciel, comme le Belier avea la Balance, 
le Taureau avec le Scorpion, les Gemeaux avec 
le Sagittaire , etc.,. se renconiftsnt a 1'heure de/la 
naissance, ils forment Y aspect. contrai7*e y qui/est 
mediant et nuisible. . 

Les astres, sont en conjonction quand. deux 
planotes se trouvent reunies dans le meine signe 
ou dans Ik 1 meme- niaison , et en opposition 
quand elles sont a deux "points opposes.'.. 

Ghaque signe dn r zodiaque obcupe ime ' place 
qu^on'-appell'e"m«feoft soleil; 
ees douze.maisons du sPleil' eoupent ainsi \e y.Oy 
diaque en dbuze parties; :Ghaque i maison oecup e 
trente degree, phisque le cercle en a trois^ebnt 
snixante.' Les aslrologues representent les mai- 
son s par de siniples'i nutWrosv daiis unejflgure 
ronde ou carreeV diyisee ,ea douze cellules. 




La premifere maison est celle du Belier, qu'on 
appelle V angle oriental' en argot- astrologique. 
G'est la maison de la vie, parce ^queiceux. qui 
naissent quand cette constellation domine peu-i 
vent vivre lohgternps. 

La seconde maison est celle du Taureau , qu'on 
appelle la porte infdrieiire. G'est la maison des 
richesses et des moyens de fortune. - 

La troisieme maison est celle des Gdmeaux , 
appelde la demcure desfreres. G'est la maison 
des lidrilages et des bonnes successions. 

La quatrieme maison est celle de Tficrevisse. 
On l'appelle le fond du ciel, V angle de Id terve, 



AST 



— CO — 



AST 



la demeure des parents. C'est la maison des tre- 
sors et des biens de patrimoine. 

La einquiSme maison est celle du Lion, dite 
la demeure des enf ants. C'est la -maison des legs 
et des donations. J 

La sixi&me maison est celle de la Vierge; on 
fappelle V amour de Mars. G'est la maison des 
chagrins , des revers et des maladies. 

La septieme maison est celle de la Balance , 
qu'on app'elle l f angle occidental.- G'est la maison 
des manages; et des noces. ■ 
. La huitieme maison est celle da Scorpion , ap- 
pelee la porle supfoieiwe: G'est la maison de 
i'effroi , des Grain tes et de lamort. 

La neuvieme maison est celle du SagiLtaire, 
appelee V amour du soleil. G'est la maison de la 
piete , de la religion , des voyages et de la phi- 
losophic: ■ . 

La dixieme maison est: celle du Gapricorne , 
dite le milieu du del. G ? est la maison des charges, 
des dignites et des Gouronnes. ! - ■ 

La on zieme maison est cell e dii Verseau * 
qu ? ori appelle I' 'amour [de. Jupiter. : C'est la mai- 
son des amis,; des bienfaits: et de la fortune. 
^ La douzieme maison est celle ,des; Poissons, 
a ppelee I- amour [de Salu me. : G'est la : pi us m aib- 
vaise detoules et la plus funeste: c'est la mai- 
son des empoisonnements * ■ : des miseres , de 
l'envie, de l'luuneur noire et de la morfc vio- 
lenle. . 

Le Belier et le Scorpion sont les niai sons ent- 
ries de Mars; le Taureau et la Balance, celles de 
V(5nus; les Gemeaux et la Vierge, celles de Mer- 
cure; le Sagitlaire et les Poissons, celles de 
Jupiter; le Capricorne et le Verseau, celles de 
Satume ; le Lion, celle du Soleil; rEcrevisse, 
celle de la Lune. 

II faut examiner avec soin les rencontres des 
planetes avec les constellations. Si Mars, par 
exemple, se rencontre avec le Belier a Theure 
de la naissance, il donne du courage, de la (ierte 
et une longue vie ; s'il se trouve avec le Taureau , 
richesseset courage. En un mot, Mars augmente 
rinlluence des constellations avec lesquelles il se 
rencontre, et y ajoute la valeur et la force. — 
Saturne, qui donne les peines, les miseres, les 
maladies, augmente les mauvaises influences et 
gate les bonnes. Venus', au contraire; augmente 
les bonnes influences et affaiblit les mauvaises. 
— Mercure augmente du affaiblit les influences 
suivant ses con j mictions : s'il se rencontVe avec 
les Poissons, qui sontmauvais, il devientmoins 
boh; s'il se trouve avec le Capricorne, qui est 
favorable, il devient meilleur. • — La Lune joint 
la m&ancolie aux constellations heureuscs; elle 
ajoute la tristesse ou la demence aux constella- 
tions funestes. — Jupiter, qui donne les richesses 
et les honneurs, augmente les bonnes influences 
et dissipe a peu pros les mauvaises. — Le Soleil 
ascendant donne les faveurs des princes ;.il a sur 



les influences presque autant d'effet que Jupiter; 
mais descendant il presage des revers. 

Ajoutons que les Gemeaux, la Balance et la 
Vierge donnent la beaute par excellence ; le Scor- 
pion, le Capricorne et les Poissons donnent une 
beaute mediocre. Les autres constellations don- 
nent plus ou moins la laideur* — La Vierge, la 
Balance , le Verseau et les Gemeaux donnent une 
belle voix; I'Ecrevisse - le Scorpion et les Pois- 
sons donnent une voix hulle oil desagreable. Les 
autres constellations n'ont pas d'iiitluence sur la 
voix. ; 
; SMes planetes et les constellations se trouvent 
a Torient a Theure de I'horbscope , oh eprou- 
vera leur influence au commencement de la vie 
ou de l'entreprise ; on l'eprouvera au milieu si 
elles sont au haiit du ciel , et a la fin si elles sont 
a Foecident. N " • 

Alin que l'horoscope ne trom'pe point , il faut 
avoir soi n d'eii com men cer les opera ti ons "preei- 
semeht a la minute ou Tenfant est ne , ou a l'in- 
stant precis d' uhe affaire dont on veut savoir les 
suiLes. — Pour ceux qui n'exigent pas ■une exac- 
titude si severe, il y a-des horoscopes tout dres- 
ses, d'apres: les constellations de la' naissance. 
Voy. Horoscopes. 

Tels soht, en pen do mots , les principes de eel 
art, autrefois si vanle, si Hiniversellement rd- 
pand u , e t ma i n ten ant un p eu tombe en desue- 
tude; Les astrotogues Gonviehnent que ie ( globe 
roule si rapidement, que la disposition des astres 
change en un moment. II faudra done, pour tirer 
les horoscopes , que les sages^femmes'aient soin 
de regarder altentivement les horloges, de mar- 
quer exactement chaque point -du jour, et de 
conserver a celui qui nait ses (Uoilbs comme son 
patrimoine. : «, Mais combieh " de fois , di t Barclai , 
le peril des meres cmpeGhe-t-il' ceux qui sont 
autour tVelles de songer a cela l Et combien de 
fois ne se trouve-t-il la persbrine qui soit assez- 
superstitieux pour s'en occuper ! Supposes , ce- 
pendant, qu'on y ait pris garde j si Tenfant est 
longLemps a naitre , et si , ayant montr^ la tete, 
le reste du corps ne parait pas de suite, comme 
il arrive, quelle disposition des ? astres sera 
funeste ou favorable? sera-ce celle qui aura 
preside a 1'apparition de la tete, oil celle qui sc 
sera ren con tree quand Ten fan t est entierement 
ne?... » 

Astrologues. Voici quelques anecdoles sur le 
comple des astrologues : Un valet , ayant vole son 
maitre, s'enfnit avec fobjet ddrobe. On mit des 
.gens h sa poursuite, et, comme on ne le trouvait 
pas, on consulta un astrologue. Celui-ci, habile 
a deviner les choses passees, repondit que le 
valet s'etait echappe parce que la lune s'etait 
trouvee, a sa naissance, en conjunction avec 
Mercure v qui protege les voleurs, et que de plus 
longues recherches seraient inutiles. Comme il 
disait ces mots, on amena le domestique, qu'on 



1 -^i^. 



AST 

venait de prendre enfin, malgre la protection de 
Mercure. 

Les astrolpgues Ureal vanile de deux ou Irois 
de ]eurs predictions acconiplies, quoique sou- 
vent.d'une maniere indirecle, enlre mille qui 
n'ont pas eu de succes. L'horoscope du poele 
Eschyle portait qu'il serait ecrase par la cbule 
d'une maison ; ii s'alla, dit-on, mellre en plein 
champ, pour eviter sa deslinee; mais-un aigle,. 
qui avail enleve une torlue, la lui laissa lumber 
sur la tele, el il en fi.it tue. Si ce conle n'a pas ele 
Tail apres coup , nous repondrons qu'un aveugle, 
eu jetant au hasard une multitude de Heches, 
peut alteindre le but une fois par hasard. Quand 
il y avail en Europe des milliers d'aslrologues 
qui faisaient tous les jours de nouvelles predic- 
Lions, il pouvait s'en trouver quelque.S7un.es que 
I'evenement, par cas fortuit, juslifiait; el celles- 
ci, quoique rares, enlrelenaient la credulite que 
i des millions dp mensonges auraient du d&ruire. 
I L'empereur Frederic-Barberousse , etant sur le 
I point de quitter Vicence, qu'il venait de prendre 
j d'assaut, defia le plus fameux aslrologue de de- 




1 viner par quelle porle il sortirail le lendemain. 
I charlatan repondit au de(i par un tour de son 
I metier : il remit a Frederic un billet cachete, lui 
I rccommandant de ne Fouvrir qu'apres sa, sortie. 
I L'empereur lit aba lire , pendant la nuit, quelqucs 
I toises de mur, et sortit par la breche. 11 ouvrit 
I ensuile le billet, et ne fut pas peu surpris d'y 
I lire ces mots: — « L'empereur sortira par la 
I porle neuve. » C'en fut assez pour que 1'asLro- 
| logue et 1'astrologic lui parussent infinimcut res- 
I pcctables. 

I Un homme que les astres avaient condamne 
I cn naissant a elre tue par un cheval avail grand 
I soin dc s'eloigncr des qu'il apercevait un de ces 
I animaux. Or, un jour qu'il passait dans une rue, 
I une enseigne lui tomba sur la lete, et il mourut 
I du coup : c'elait, dil le conle, Fenseigne d'une 
I auberge oil etait represenlc un cheval .noir. 
I Mais il y a d'a litres anecdotes : Un bourgeois 
I de Lyon , riclie et creel ule , ayant fait dresser son 
I horoscope, mangea tout son bien pendant le 



AST 

temps qu'il croyait avoir a vivre. N'elant pas 
morl I Fheure que FasLrologue lui avait assi- 
gnee, il se vit oblige de demander I'aumone, ce 
qu'il faisaiL en disant : — « Ayez pi tie d -un homme 
qui a vecu plus longLemps qu'il ne croyait. » 

Une dame pria un aslrologue de deviner. un 
chagrin qu'elle avait dans FespriL L'astrologue , 
apres lui avoir demande Fannee, le mois, le jour 
et l'heure de sa naissance, dressa. la figure de 




son horoscope, et dil- beaucoup de paroles qui 
signiliaient peu de chose. La dame lui donna une 
piece de quinze sous. — « Madame , dit alors l'as- 
trologue, je decouv re encore dans voire horos^- 
eope que vous n'eles pas riche. — Cela est vr.ai, 
fopondil-elle. — Madame, poursuivit-il en consi- 
deranl de nouveau les Figures des astres, n'avez- 
■vous rien perdu? — J'ai perdu, lui dil-elle, 1'ar- 
gent que je viens de vous <lonner. » 

Darah, Tun des qualrc fits clu Grand Mogol 
Schah-G^hau, ajoutait beaucoup de foi aux pre- 
dictions des astrologucs. Ln de ces doctes lui 
avait predit, au peril de sa tele, qu'il porterait 
la couronnc, Darah comptait la-dessus. Comme 
on s'dlonnaiL que cet aslrologue osat garantii\sur 
sa vie un evenemenl aussi incerlain : — c< 11 arri- 
vera de deux choses Fune, repondit-il , ou Darah 
parviendra au Irone, et ma fortune est Faite; ou 
il sera vaincu : des lors sa morl est corlaine, ol 
je ne redoute pas sa vengeance. » 

Hcggiage, general arabe sous le calife Valid, 
consulla, dans sa derniere maladic, un aslro- 
logue qui .lui predit une morl prochaine. — « Je 
comple tellemenl sur voire habilele , lui repondit 
Heggiage, que je veux vous avoir avecmoi dans 
l'aulre monde, el je.vais vous y envoyer le pre- 
mier, afin que je puisse me scrvir de vous des 
mon arrivec. » Jl lui fit conper la lete, quoique le 
temps fixe par les astres ne fut pas encore arrive. 

L'empereur Manuel, qui avait aussi des pre- 
tentions a la science de Paslrologie, mil en mer, 
sur la foi des aslrcs, une llolle qui devait faire 




■ 



AST — 62 — - ATT 



des mer veil l es et qui fut vairicue, briilee et cou- 1 
lee bas; 

Henri VII, roi d'Angleterre, demandait a un 
aslrologue s'il- savait ou il passerait les fetes de 
Noel. L 5 aslrologue rdpondit qu'il n'en savait rien. 

« Je suis done plus habile que loi, repondit le 
roi , car je sais que tu les passeras dans la Tour 
de Londres. » 11 Ty fit conduire en ineme temps. 
It est Vrai que e'etait une mauvaise raison. 

Un astrologue regardant au visage Jean Galeas , 
due de Milan , lui dit : — « Seigneur, arrangez vos 
affaires, car.vous ne pouvez vivre longtemps. ^~ 
Gomment Je sais-tu ? lui demanda le due. — Par 
la connaissance. cles 'aslres. . — Et toi, combien 
dois-tu vivrfej|(^VM^;!|)laheIe me -proinet une 
longue vie. ^;0li bien ! tu vas voir qu'il ne faut 
pas se lier 4ux^i^ftfites : i" : » et il le fit pendre sur- 
le-champ. ' ' . ■ 

Astronomancfe ? diviiiatioh par les aslres. 
C'est la meme chose qu^ r^stro]6gie^ 

Astyle, devin fameqx'-daris l'histoire des Cen- 
taures. On trouve dansfPlutarque iin autre devin 
nomme Astyph'ijfe^^o^/ CiMON^ . .. 

Asuman , l'ang'e'de la mort, chez I les Mages, 
Asweith. Voij:']kstimih : 
Ate, lille de la Disc orde , divihitd f unesle dans 
la mylhologie grecque?. 
- Athenagore, philosophe platonicien , qui em- 
brassa le christianisme au deuxieme siecle. On 
petit lire son Trail 6 de la resurrection des morls, 
traduit du grec en franqais- par Gaussart, prieur 
de Sainle-Fby, Paris, 1574, et par Duferrier, 
Bordeaux, 1577, in-8V 

Athenais, sibylle d'foythrde. Elle propheti- 
sait du temps, d' Alexandre. 

Athenodore, philosophe stoicien du siecle 
d'Auguste. On conte qu'il y avait a Athenes une 
fort belle maison ou personne n'osait demeurer, 
a cause 'd'un spectre qui s'y mon trail la nuil. 
Athenodore, etant arrive dans cette ville, ne 
s'effraya point de ce qu'on disait de la maison 
decriee, el faclieta.. 

La premiere nuit qu'il y passa , (Slant occupe* a 
£crire, il entendit tout a coup un bruit de chaines , 
et il apergul un vieillard hideux, charge de fers , 
qui s'approchait dc lui a pas lenls. tl continna 
d'ecrire. Le spectre^ Tappelant du doigt, lui fit 
signe de le suivre. Athenodore repondit a T es- 
prit, par un autre signe , qu'iiie priait d'altendre, 
el continua son travail ; mais le spectre fit reten- 
tir ses chaines a ses oreilles, et Pobseda tene- 
ment , que le philosophe, faligue, se delermina 
a voir l'uvenlure. 11 marcha avec le fanlome, qui 
disparut dans Un coin de la cour, Athenodore 
elonne arracha une poignee de gazon pour re- 
connailre le lieu, rentra dans sa chambre, et 4 le 
lendemain , il lit part aux magistrals de ce qui lui 
eTail arriv& On fouilla dans Tendroit indique ; 
on trouva les os d'un cadavre avec des chaines, 
on lui rend it les honneurs de la sepulture, et, 



des ce moment, ajoute-t-on, la maison fut Iran- 
quille*. Voy. AyoLA et Arignote, 

Atinius. Tile-Live raconte que , le matin d'un 
jour ou Ton representait les grands jeux, un ci- 
toyen de Rome coiiduisit un de ses esclaves a 
travers le cirque en le faisant battre de verges; 
ce qui divertitce grand peuple romain. Les jeux 
commencerent a la suite de cette parade ; mais 
quel ques jours apres Jupiter Gapitolin &pparut la 
nuit, en songe, a un hommcrdu peuple nomine 
Atinius 2i , et lui'' ordonna d'aller dire de sa part, 
aux consuls qu'il n'avait pas ete content de celui 
qui .menait la danse, aux' derhiers jeux , et que 
Ton recommengat la fete avec' un' autre danseur. 
— Le Romain, a son reveil , craignit de se rendre 
ridicule eh publiant ce songe , et le lendemain 
son fiis, sans etre; malade, mourut subitement. 
La nuit suivarite , Jupiter lui appariit de nouveau 
et lui demahdai s'il se trouvait bien d'avoir -me- 
prise fordre des dieux, ajoulaht que s*il n'obeis- , 
salt il lui arriverait pis. Atinius; lie s'eUmt pas 
encore decide a' parler aux magistrals , fut frappe ' 
d'utie paralysie-qui' lui ota 1' usage de ses niem- 
bres. Alors.il se fit porter en chaise au senat, el 
raconta tout ce qui s'etait passe. II n'eutpas plu- 
tot fini son recil, qu'il se leva, rendu a la sante, \ 
Tout.es ces circonstances .parurent miraculeuses, 
On comprit que le mauyais danseur etait i'esclave 
baltu* Le maitre de cet inforlune fut recherche 
et puni ; on ordonna aussi de nouveaux jeux qui 
furent celebres avec plus de 1 pompe queries pre-' \ 
cedents. — : An de Rome 265; 

Atre , divinite ou plutot d&non des Anglo- 
Saxons auxquels il ne faisait que; du mal. 

Atropos, Tune des troi^'Pa^queV; c'est elle 
qui coupait le Til. Ifesiode ; 1^ pehYt comme Ires- ; 
f6roce; on rai donne-un veCeifteht noir, des trails : 
rides et un maintien pen seduisant. 

Attila, dit le Fldau de Dieu, que saint Loup, 
eveque de Troyes , empecha.de ravager la Cham- 
pagne. Gomme il s'avangait sur Rome pour la 
detruire, il eut une vision : il vit en songe un 
vieillard venerable, vetu d'habits sacerdotaux, 
qui , Tdpee nue au poihg , le menagait de le luer 
s'il fesistait aux prieres du saint pape Leon. Le 
lendemain, quand le Pape vint lui demandcr 
d'epargner Rome , il repondit qu'il le TeVait, el 
ne passa pas plus avant. Paul Diacre dit, dans le 
livi*e XV de son Hisloire de la Lombardk, quecc 
vieillard merveilleux n'elait autre, selon l'opi- 
nion generale, que saint Pierre, prince des 
apotres. — Des legendaires ont ecrit qu 3 Attila 
elait fils du demon. 

Attouchement, Pline dit quePyrrhus gudris* 
sail les douleurs de rale en louchant les malades 
du gros doigt de son pied droit; et l'empereur 
Adrien , en louchant les hydropiques du bout dc 

1 Plin. junior, lib. vn, epist. %1. 

2 Plularquc le nomme Titus Latinus. 



AUB 



— 63 — 



AUG 



l'jndex, leur faisait sorlirTeau ; du ventre. Beau- 
coup de magiciens et de sorciers ont su produire 
egalement des cures -merveilleuses par le simple 
aUouchement. Voy. Ciuumes Egbouebles , etc. 

Anbigne (Nathan d'), en latin Mbineas, ills 
du famelix huguenot d'Aubigne. II elait partisan 
de Palchimie.; U a publie, sous le;tilre de BibUo-? 
Iheqiie ckimiqne, nn recueil de divers trailes, 
recherehe^par ceux qui croicnt a la pierre phi- 
losophale 1 . 

Aubrey (Jean), Alberins,. savant antiquaire 
anglais, mort^en^OO. II a donne, en 1696, un 
livre intitule Melanges, sur les sujeis suivanls : 
Fa talitd de* jours } fatalite de lieux, .presages-, 
songes } appar itions , merveilles et prodiges / f ei m- 
prime en 1721, avec des additions, 
Aubry (T^icple) , jeune fille de Vervins, dont 
| la possession' atf ait, Ires-grand bruit au: Ireizieme 
siecle; A Page de seize ans, elant allee prier sur 
la lombe de son pere (1 : Pesprit de cet homme 1 ui 
apparut , Sortant du tombeqav.^ 
combien elle devait fafe pour le 

rcpos de son ;jime>.:Eiier ; executa ponctuellement 
Lout ce qui lui.eljait re.commande ; mais, roalgre 
son exacts elle; n'eii continua pas 

moins a etre.tousires^ours.visitee par cet esprit, 
qui linit-pai; lui-Sv^uer "qu ? il .dtpit/'iiii demon.. Ce 
demon la transpdrta en divers; lieux et Ppnleya 
meme devant de nombreux temoins, ce .qui^Iit; 
reconnaltre <5videmment qu'elle en etait posse- : 
dee, L'dveque. de iLaon la jit cxorciser, et ee fut 
j§ pendant trois mpis sans rfeulLaL Dix homines , 
m cL quelquefois plus,, la tenaient durant Jes exqr- 
3| cismes, et elle leur dtait aifachee a la. vtie de la ( 
|§ foule. Des.notaires publics dressaient les proces- 
verbaux de ces faits, qui se spnt nSpetes deux 
siecles plus lard sur Ja tombe du diacre Paris, et 
qui , dans Tune et Pautre.affaire , ont ele constates 
dans toutes les formes et avec toutes les garan- 
lies desirables, "La science liutnaine a barbote 
autour de ces monstrueux phenom&ies sans pou- 
voir les expliquer. En meme temps que cette 
puissance qui , dans une jeune fill e , rendait vains 
les efforts de quinze ou seize hommes robusles , 
Nicole Aubry parlait plusieurs langues, decou- 
vrait les choses les plus secretes et voyait ce qui 
se passait a quelques lieues d'elle* 

Cetle premiere periodedes exorcism es avait 
eu lieu a Vervins ; P cheque, etonntS, fit venir la 
jeune lille a Laon, ou il Pexorcisa lui-meme dans 
la cathedrale, remplie continuellement a ce sujel 
(le dix a douze mille speclaleurs. Ce n'etail plus 
un- seul demon qui s'etait installs dans Nicole 
Aubry, G'etait des lors, sans aucun doute, par la 
1 permission de Dieu, toute une legion d'esprils 
mauvais; et il y eut des scenes si elranges, que 
le Parleinent de. Paris et PUniversite envoyerent 

1 Biblmthem chi mica contract a cx dricclu ct amen* 
datioiw Nathams Album, in-8". Geneve, 4 654- 



1 
I 



=31 



3$ 



S3 

i 



32 



si 



5^ 



8§£ 



m 
.vs 

1 

.'".-■Ml 

m 



fM 

I 

■5W, 



•«3 



des commissaires a Laon; le nonce du pape y 
vint aussi. Les demons, voyant.ee concours, en 
devinrent plus insolents : ils insultaient les exor- 
cistes et Peveqiie lui-rmeme; mais ils ne mena- 
geaien t pas les prolestan ts, quidemanderen t qu' on 
emprisonnat la possedee. Un medecin. de leur 
secte. ayant tente de l'empoisonner, oil ne les 
ecouta points Les demons, malgre eiiix probable- 
ment, turlupinaient la r^forme'par des sarcasmes^ 
si incisifs, qu'ils eurent pour resultat la conver- s 
sion, d'un grand nombr.e de ealvinistes, parini 
lesquels nous citerons Florimond de Remondj 
qui a laisse un nom dans les sciences historiques, 
Les demons enfln furent vaincus et la jeune fille 
delivriee. On a dit qu'ils etaient au nombre de 
vingt-neuf, en tete desguels;^ qui 
etait venu a elle sous ia ljg^.d'un taureau, Bal- 
tazo sous celle d'un moiiton,, Astaroth sous celle 
d'un pore, les autre;? ^sous^prme de chats gros 
comme des brebis. ™ L'hisioire de Micole Aubry 
f ut publiee par la Sorbonne,:.en fran^ais , en latin , 
en espagnol, en italien eh; allemand, Elle avait 
tanl de retentissement que ( lChai;les IX en voulut 
voir Theroine, qui lui flit; prfeent^e le 27 aout 
.1566. . 
r Celle histoire a ele te]|ement d(5iialuree par les 
prolestants, qui ont :"fal§|p^ ; aussi'c^lle de Loudun 
et quelques autres, quU^^si^tres^ nous 
de la trouver exacte.;,Gorxes I'a dorineexonscien- 
cieusetnent dans le tome IV de sa Mystiqxtc* . 

Audumla: Une dtjncelle de la lumiere divine 
ayant fondu une portion des glaces de la, Sfeandi- 
nayie, il naquit de^ette, goulte. la g&iisse Au- 
dumla, qui nournt, r de'son laiymir^n 
Puis elle lfoha des gjp^ons j^o^,soVUl- : BoiV ou 
Buri. (Mytkologie scanflinave.) ; . . 

Augerot d'Armore, sprciefc IVvy! ■■Giimno- 

Augures. Les a ugu res etaient, chez les Ro- 
mains, les interpretes des dieux. On les consultait 
avant toutes les grandes entreprises i ils jugeaient 
du succes par le vol , le chant et la fagon de man* 
ger des oiseaux. On ne pouvait elire un magis- 
tral, ni donner une bataille, sans avoir consulte 
Pappdlit des poulets sacres ou les entrailles des 
vicLimes. Annibal.pressant le roi Prusias delivrer 
bataille aux Romains, celui-ci s'en excusa en di- 
sant que les victimes s*y opposaient* — « G'est-a- 
dire , repril Annibal , que vous preferez 1'avis 
d'un mouton a eel ui d'un vieux gdnerah » 

Les augures predisaient aussi Pavenir par le 
moyen du tonnerre el des eclairs, par les eclipses 
et par les presages qu'on tirail de Tapparilion 
des cometes. Les savants n'dlaient pas dupes de 
leurs ceremonies, et Cicdron disait qu'il ne con- 
cevait pas tfue deux augures pussent se regarder 
sans rire. 

Quelques-uns niepriserent, il est vrai, la science 
des augures; mais ils s'en Irouverent mal, parce 
que le peuple la respectait. On vint dire a Glau- 




mm 



\miim 

lis 



i 



ill 

ten, 

Jr. ? & 



A,' 



ti'-. 



f. Hv 



ft) 



Hi 




AUG 

dius Pulcher, pret a livrer bataille aux Carthagi- 
nois, que les poulets sacres refusaient de man- 
ger. — - « Qu'on les jette a la mer, repondit-il , s'ils 
ne mangent pas, ils boiront. » Mais Parmee fiit 
indignee de ce sacrilege, et Claudius perdit la 
bataille 5 . 

Les oiseaux ne sont pas, chez nos bonnes gens, 
depourvus du don de prophetic Le cri de la 
chouette annonce la mort ; le chant du rossignol 
promet de la joie ; le coucou donne de Targenl, 
quand on porte sur soi quel que monnaie le pre- 
mier jour qu'on a le bonheur de 1' entendre, etc. 




— <d/| — - . AUG 

Si une corneille vole devant voiis, dit Cardan, 
elle presage un malheur futur; si elie vole a 
droite, un malheur present; si elle vole a gau- 
che, un malheur; qu'on pent eviter par. la pru- 
dence; si elle vole sur votre tete, elle annonce 
la mort, pourvu toutefois qu'elle croasse; si 
elle garble le silence , elle ne presage rien... 

On dit que la science des. augures passa des 
Ghaldeens chez Jes'GrecSj et ensuite chez les 
Ilomains. Elle est defendue auxjuifs par !e cha- 
pitre xxix du Levitique. 

Gaspard Peiicer dit que lesjuigures se pre- 




Augures. 



naient de cinq choses : 1° du ciel ; 2° des oiseaux ; 
3° des betes a deux pieds ; k° des betes a quatre 
pieds; 5° de ce qui arrive au- corps humain, soit 
dans la maison , soit hors do la maison. 

Mais les anciens livres auguraux , approuves 
parMaggiolidansledeuxiemecolloque du supple- 
ment a ses Jours caniculaires , portent les objcls 
d'augures a douze chefs principaux, selon le 
n ombre des douze signes du zodiaque : 1° Ten- 

1 On sail que Livie, ciant grosse, imagina de 
couvcr ct d'dclorc un ocuf dans son soin , voulant au- 
gurer du scxe de son enfant par le sexe du poussin 
qui viendrait. Ce poussin fut mAle, et son enfant 
aussi. Les augures ne man querent pas de se preva- 
loir du fait pour monlrer aux plus incrddules la ve- 
rite do leur art; mais ce qui restc le miciix prouvc, 
e'est que la chalour humainc est suftisantc pour l'in- 
cubation des oeufs. 



tree d'un animal sauvageou domestique dans una 
maison ; 2° la rencontre d'un animal sur 'la route 
ou dans la rue; 3° la chute du tonnerre; 4° un 
rat qui mange une savate, un renard qui etrangle 
une poule, un loup qui emporte'une brebis, etc.; 
5° un bruit inconnu entendu dans la maison, et 
qu'on attribnait a quelque lutin; 6° le cri dela 
corneille ou du hibou, un oiseau qui tombe sur 
le chemin , etc. ; 7° un chat ou tout autre animal 
qui en Ire par un trou dans la' maison : on le pre- 
nait pour un mauvais genie; 8° un flambeau. qui 
s'eteint tout seul , ce que Ton croyait une malice 
d'un ddmon; 0° le feu qui petille. Les anciens 
pensaient que Vulcain leur parlait alors dans le 
foyer; 40° ils tiraient encore divers presages 
lorsque la llamme etincelait d'une maniere ex- 
traordinaire; 11° lorsqu'elle bondissait, ilss'ima- 



3S 



n 



AUG 



65 



AUP 



i 



i 

t 

I 



I 

1 



I 

I 

tit 



3 

Si 



ginaient que les dieux Lares s'amusaierit a l'agi- 
ter; 12° enfin, ils regardaient comme un motif 
cFaugure une tristesse qui leur survenait tout a 
coup. . 

Nous avons conserve quelques traces de ces 
superstitions, qui ne sont pas sans poesie. 

Les Grecs modernes tirent des augures du cri 
des pleu reuses a gages. Ils disent que si Ton en- 
lend braire un ane a jeun , on tombera infailli- 
blemerit de cheval dans la journee, — pourvu 
loutefois qu'on aille a cheval. Voy. Oiwithoman- 

CIE, AtGLE, CORNEfLLE , HlBOU , AllUSPlCES, etC. 

Auguste. Leloyer rapporte, apres quelques 
anciens, que la mere de l'empereur Auguste, 
etant enceinte de lui, cut un songe ou il lui sem- 
bla que ses entrailles etaient portees dans le ciel , 
ce qui presageait la future grandeur de son Ills. 
Ce nonobstant, d'autres demonographes disent. 
qu 1 Auguste eiaifc enfant du diable. — : Les caba- 
listes n'ont pas manque de faire de ce diable une 
salamandre. 

Auguste etait superstitieux ; Suetone rapporte 1 
que, comme on croyait de son temps que la peau 
d'un veau marin preservait de la foudre, il elait 
toujours muni d'une peau de veau marin. II eut 
encore la faiblesse de croire qu'un poisson qui 
sortait de la mer, sur le rivage d'Actium , lui 
presageait le. gain d'une bataille. Suetone ajoute 
qu'ayant ensuite rencontre un anier, il lui de- 
manda le nom.de son ane; que l'anier lui ayant 
repondu que son ane s'appelait Nicolas, qui si- 
gnifie vainqueur des peuj>les } il ne douta plus dc 
la victoire; et que, par la suite, il fit eriger des 
statues d'airain a Panier, a Fane et au poisson 
Mutant. II dit m6me que ces statues furent pla- 
cdes dans le Gapitole. 

On sait qu'Auguste fut proclame dieu de son 
vivant, ct qu'il eut des temples et des prelrcs 2 * 
■ Augustin (saint), evGque d'Hippono, Tun 
des phis illustres Peres de l'Eglise. On lit dans 
Jacques de Yarasc une gracieuse legende sur ce 
grand saint : 

Un jour qu'il etait plonge dans ses medita- 
tions, il vit passer devant lui un demon qui por- 
tait un livre enorme sur ses epaules. II l'arreta 
et lui demanda a voir ce que contenait ce livre. 
— C'est le registre de tous les peches des hom- 
ines, repond le d&non; je les ramasse ou je les 
trouve, et je les dcris a leur place pour savoir 
plus aisement ce que chacun me doit. — Mon- 
trez-moi, dit le pieux eveque d'Hippone, quels 
peches j'ai fails depuis ma conversion?.... Le 
demon ouvrit le livre, et chercha Particle de 
saint Augustin, ou il ne trouva que cctte petite 
note : — a II a oublie tel jour de dire les com- 
plies, )> Le prelat ordonna au diable de Fattendre 
un moment; il se rendit a Teglise, recila lescom- 

* In Augusto, cap. xc. 

T N J a quelques legendes sur Auguste dans les 
wgcndcs de VAncien Testament. 



plies, etrevintaupres du d&non, a qui il demanda - 
de lire une seconde fois sa note. El !e se trouva 
effacee. — Ah ! vous m'avez joue , s'ecria le 
diable mais on ne ra'y reprendra plus./*. En 
disant ces mots , il s'en alia pea content. 

Nous avons dit que saint Augustin avait refute 
le petit livre du Demon de Socrate, d'Apulee. On 
pent lire aussi de ce Pere le traite de l'Antechrist 
et divers chapitres de son admirable ouvrage rfc 
la Cite dc Dim qui ont rapport au genre de- mer- 
veilles dont nous nous occupons. 

Aumone. Le peuple croit, en Angleterre, que, 
pour les voyageurs qui ne veulent pas s'egarer 
dans leur route, c'est une grande imprudence de 
passer aupres d'une vieille femme sans lui don- 
ner Paumone, surtout quand elle regarde en face 
celui dont elle sollicite la pitie 1 . — Gette opinion , 
nous n'aurons pas le courage de la condaniner. 

Aupetit (Pierre), pretrelsorcier du village de 
Fossas, paroisse de Paias, pres la yille-de Cha- . 
his, en Limousin, execute a Tage de cinquante 
ans, le 25 mai 1598.. — 11 rie voulut pas d'abord ^ 
repondre au juge civil; il en fut ref^re au parle- 
ment de Bordeaux , qui ordonna que le juge laique 
connaitrait de cetle affaire , sauf a s^adjoindre un 
juge d'eglise. L'eveque de Limoges enyoya un 
inembre de Vollicialite pour assister, aveele vice- 
senechal et le conseiller Pcyrat, a Taudition du 
'sorcier. — Interrog^ s'il n*a pas ^t<S au sabbat de 
Menciras, s'il n'a pas vu Antoine Dumons de 
Saint-Laurent, charge de fournir des charidelles 
pour l'adoration du diable; si lui , Pierre Aupetit, 
n s a pas tenu le fusil pour les allumer, etc. ; il a 
repondu que non, et qu'a 1'egard du diable, il 
priait Dieu de le garder de sa figure : ce qui etait 
le langage ordinaire des sorciiers. — Interroge 
s'il ne se servait pas de graisses, et si, apres le 
sabbat, il n'avait pas hi dans un livre pour faire 
venir une troupe de cochons qui criaient et lui 
repondaient: « Tiran, tiran, ramassien, rama :- 
»sien, nous reclamons cercles et cernes pour 
» faire Tassemblee que nous t'avons promise ; » 
il a repondu qu'il, ne savait ce qu'on lui demau- 
dait. — Interroge s'il ne sait. pas embarrer ou 
desembarrer, et se rendre invisible 6tant prison* 
nier, il repond que non. — Interroge s'il sait dire 
des messes pour obtenir la guerison des malades , 
il rdppnd qu'il en sait dire en rhonneur des cinq 
plaies de Motre-Seigneur et de M. saint Goine, 

Pour tirer de lui la verite, selon les usages 
d'alors, on le mena^a de la question. II avoua 
alors qu'il 6lait alle au sabbat; qu'il lisait dans 
le grimoire; que le diable, en forme de mouton , 
plus noir que blanc, se faisait baiser le derrierej 
que Gratoulet, insigne sorcier, lui avait appris 
le secret d'embarrer, d'etancher et d'arreter le 
sang ; que son ctemon ou esprit familier s'appe- 
lait Belzebut, et qu'il avait regu en cadeau son 
petit doigL II declara qu'il avait dit la messe en 

1 Fielding, Tom Jones > liv. XIV, ch, It. 

5 



— 66 



AUR 



Phonneur de Belzebut, et qu'il savait embarrer 
en invoquant le nom du diable et en mettant un 
Hard dans une aiguillette; il dit, de plus, que le 
diable pari ait en langage vulgaire aux sorciers, 
et que, quand il voulait envoy erdu mal a quel- 
qu'un, il disait ces mots : «: Vach, vech, stet f $ly } 
stu! n II persista jusqu'au supplice dans ces ridi- 
cules revelations, melees d'indecentes grossiere- 
tfe 1 . Pour comprendre ces choses-, vby. Sabbat. 

Aurinie^ druidesse dotit les Germains vene- 
raient grandement la memoire? Eile est ante- 
rieure a Velleda. 

Aurore boreale , espece de niiee rare * trans- 
parente, Itimineusei, qui parait la nuit, du cote 
du nord. On ne saiirait croire, dit Saint-Foix, 
sous coiribien de formes: "l'ignorance et la supers- 
tition des siecles passes nous ont pr£sent£ I'au- 
rore bor6ale. Elfe produisait des visions differ 
rentes dans Fesprit* des 'peupleS j selbri que ces 
apparitions ; etaient plus ou inoins frequentes, 
c'est-a-dire selon qu'on habitait des pays plus 
ou nioins eloignes du pole, Elle fat d'abord un 
-sujet d'alarmes pour les peuples duNord; ils 
crurent leurs campagnes en feu et rennemi a leur 
porte. Mais ce ph<§nomeile devenant presque jour- 
nalier, ils s'y sont accbulumes. lis disenl que ce 
sont des esprits qui se querellent et qui combat- 
tent dans les airs, Gette opinion est surtouh tres- 
accrMit<3e<en Siberie. 

Les Groenlandais, lorsqu'ilsvoient une aurore 
boreale, s'imagihent que ce sont les ames qui 
jouent a la boule dans le del , avec une t6te de 
baleine* — Les habitants des pays qui tiennent 
le milieu entre les terres arctiques et l'exlremUe 
meridionale de l'Europe n'y voient que des su- 
jets tristes ou menacants, affreux on terribles; 
ce sont des armees en feu qui se livrent de san- 
glantes ba tallies, des tetes hideuses separees des 
leurs troncs, des chars enflammes, des cavaliers 
qui se percent de leurs lances. On croit voir des 
pluies de sang; on entend ie bruit de la mous- 
quelerie , le son des Irompettes , presages f unestes 
de guerre el de calanlites publiques. 

Voila ce que nos peres ont aussi vu et entendu 
dans les aurores boreales. Faut-il s'etonner, apres 
cela, des frayeurs affreuses que leur causaient 
ces sorles de nuees quand el les' paraissaient? — 
La Chronique de Louis XI rapporle qu'en 1/j65 
on aperQut a Paris une aurore horeale qui fit 
paraitre toule la ville en feu. Les soldats qui fai- 
saient le guet en furent epouvanles , et un homme 
en devint foiu On en porta la nouvelle ati roi, 
qui monta a cheval eL courut sur les rem parts. 
Le bruit se repandit que les ennemis qui etaient 
devant Paris se retiraient et meltaient le feu, a la 
ville, Tout le monde se rassembla en desordre, 
el on trouva que ce grand sujel de lerreur n'dLait 
qu'un phenomena 

1 Delancrc, Tableau de Vinconstance dc& mauvais 
tinges, liv. Yl , disc. iv. 



AUX 



Ausitif , demon peu connu , qui est cite dans 
la possession de Loudun. 

Auspices, augures qui devinaient surtout par 
le vol et le chant des oiseaux. Voy. Augures, 
Aruspices, etc. 

Automates. On croyait autrefois que ces ou- 
vrages de Tart etaient Pceuvre du demon. Voy. 
Albert le Grand, Bacon, Enchantements, etc. 

Autopsie, espece d'exlase ou des fous se 
croyaient en commerce avec les esprils. - 

Autruche, II est 3:>ien vrai qu'elle avale du 
fer, car elle avale lout ce qu' elle rencontre ; mais 
il n'est pas. vrai qu'elle le digere, et Texperierice 
a detruitcette opinion erronee *. — Les traditions 
du moyen age donnaient pour pere a raiitruche 
un cygne et pour mere une cham elle. 

Autun (Jacques d'). Voy. Chevannes. 

Auxdnne. On Irouve dans le orizieme tome 
des Causes cdebres Thistoire d'une possession 
qui eut lieu a Auxonne, au milieu du dix-sep- 
tieme siecle; et l'altestation des faits a ete si- 
gnee par l'archeveque de Toulouse, Veveque de 
Rennes, 1'eveque de Rodez , l'eveque de Ghalons- 
sur-Saone et par F. Morel , N. Gornet, Ph. Leroy, 
N. Grandin, tous docteurs de Sprbonne. Dix-huit 
femmes, les unes religieuses, les autres du monde, 
se sont trouvees possedees, comme le reconnais- 
sent les venerables signalaires de Facte que nous 
citoiis, lequel porle la date du 20 janvier 1652. 
La possession avait dur£ dix ans , avec des 
phases diverses. Toutes ces filles etaient pieuses 
et de moeiirs pures. G'etait done une serie cl'e- 
preuves. On nomme dans la declaration authen- 
tique des faits Anne Pficossaise , appelee stieur 
de la Purification; Denise Parisot, servante du 
lieutenant general d J Auxonne ; la sosur M. Janini ; 
la soenr Humberte de Saint-Francois; la scEiir 
Marguerite de f Enfant Jesus ; la sceur L. Arivey. 




4\ 



\ 



' ' A "W Hi-I^ «»v ^ 



Elles etaient agitees de convulsions lorsqu'il leur 
fallait se confesser ; elles fremissaient a la vue 
du Saint-Sacrement ; elles profdraient des blas- 
phemes ; elles se senlaient enlevees, courbees 
en deux ; elles se frappaient le crane aux piliers 
de Teglise sans en rien souffrir. Elles etaient iu- 
sensibles aux piqflres, aux brulures. Lorsque les 
exorcismes eurent obtenu leur delivrance, l'une 
d'elles vomit un gros crapaud; Anne 1'ficossaisc 
vomit unmorceau de drap enveloppe d'un cercle 
de cuir; une autre rejeta,un rouleau de taffetas 

1 Voyez Brown, Des erreurs populaires , liv 111) 
ch. xx n, 



AVA 



sur lequel etaient des caracteres. L'eveque de 
Chalons-sur-Saone ayant ordonne au demon qui. 
possedait Denise de sorLir par une vitre qu'il lui 
designa, la vitre se brisa aussitot. U se fit ainsi 
de ces choses qui sont au-dessus des forces hu- 
maines et qui ne peuvent etre qu'ceuvre.s de 
demons* — -Personne, jusqu'ici, n'a conteste ces 
recits que nous ne donnons qu'en sommaire. - 
Avarice, Ge vice infame a souvenl amene des 



— 67 — AX1 

avoir dit que la religion de Mahomet etait une 
religion de pourceaux. 




possessions. Voy. Fischer el les Ldgendes des pe~ 
cites cap'itaxtx. 

Avenar, astrologue qui promit aux Juifs, sur 
la foi des planeles, que leur Messie arriverait 
sans faute en 1414* ou ; , au plus Lard, en 1464. 
II donnait pour aes garants Salurne, Jupiter, 
rfcrevisse et les Poissons. Tous les Juifs tinrent 
leurs fenetres ouvertes pour recevoir Tenvoye de 
Dieu, qui n'arriva pas , soil que l'Ecrevisse eut 
recule, soit que les Poissons d'Avenar ne fussent 
que des poissons d'avril d . 

Avenir. C'est pour en penetrer les secrets 
qu'on a invenle tant de moyens de dire la bonne : 
avenlure. Toutes les divinations ont principale- 
nient pour objet de connaitre Favenir. 

Averne, marais consacre a Pluton, pres de 
Bayes. 11 en sorlait des exhalaisons si infectes, 
qu'on croyait que c'etait Tentree des enfers. 

Averroes, medecin arabe et le plus grand 
pliilosophe de sa nation, ne a Cordoue dans le 
douzieme siecle. II s'acquit une si belle reputa- 
tion de justice, de vertu et de sagesse, que le 
roi de Maroc le fit'juge de loute la Mauritanie. II 
traduisit Aristote en arabe, et composa plusieurs 
ouvrages sur la philosophic et la medecine. Quel- 
ques demonographes ont voulu le metlre au 
nombre des inagiciens et lui donner un demon 
familier. Malbeureusement, Averroes etait un epi- 
curien, mahbmetan pour la forme, et ne croyait 
pas a l'existepce des- demons 2 . L'empereur de 
Maroc, un jour, lui fit faire amende honorable a 
la porte d'une mosquee, oil tous les passants 
eurent permission de lui cracher au visage, pour 

1 M. Salgues, Des erreurs et des prejuges, t. I, 
p» 90. 

2 Magiam dwmoniacam pleno ore ncgarunt Aver- 
ts el alii cpicurei, qui, una cum Saducceis dec- 
niones esse negarunt. (Torre-Blanca, DeMs magiques^ 
»v. II, ch. v.) 




Aicrroes. 

. Aveux des sorciers. Les ennemis de PlSglise 
disent que les aveux des sorciers on t ete,d T or- 
dinaire, pbtenus par la torture ; ce qui n'est pas 
exact. Les aveux tacites^sont sans nombre. Ceux 
qui , sont au diable, par possession ou, pacte, ne 
peuvent voir un pretre. sans fremir t nlassister/a 
la messe r ni rien supporter de ce qui est a Dieu* 
Ensuile la torture n'a jamais &e exercee par 
1'figlise, mais spulement.par la puissance civile. 

Avicenne, cielebre mddecin araba, inort, vers 
le milieu du. onzigme sifcele, fameux par le grand 
nombre et r.etendue de -ses ouvrages, et par sa 
vie ayentureuse. On peut, en quelque sorLe v le 
comparer ; a Agrippa. Les- Arabes eroient qu'il 
maitrisait lesesprlts et qu'il. sefaisaitservir par 
des genies. Comme il rechercha la pierre philo- 
soptiale,, on dit encore, dans plusieurs conlries 
de TArabie, qu'il n'est pas mort; mais que, grace 
a l'elixir de longuevie et a l'or potable, ii vit 
dans une relraite ignoree avec une grande puis* 
sance. — II a compose divers" livres d'alchimie 
recherches. des songe-creux. Son trails de. la 
Congdlaiion de la pierre et son Tractalulus de 
alchimia se trouvent dans les deux premiers: vo-r 
lurries de YArs aurifera, Bale, 1610. Son Ars 
chimica a ete imprimd a Berne, 1572. On lui 
attribue encore deux opuscules hermetiques inr 
seres dans le Thcatrum chimiciim, et un volume 
in-8°, public a Bale, en 1572 > sous le litre de la 
Porle des elements, Porta elcmcnlorum. — Les 
livres de secrets merveilleux s'appuient ;Souvent 
du nom d' Avicenne pour les plus absurdes re- 
cettes. 

Axaphat, demon invoque dans les litanies du 
sabbat. 

Axinomancie, divination par le moyen d'une 
hache ou cognee de bucheron* Franqois de Torre- 
Blanca, qui en parte 1 , ne nous dit pas comment 

1 EpisL delict., sivc de magia^xv* I, cap. xxiv. 

5. 



I 



AYM 

les devins maniaient la hache. Nous ne ferons 
done connailre que les deux moyens employes 
ouver tement dans i'antiquile et pi^atiques encore 
dans certains pays du Nord. 

1° Lorsqu'on veufc decouvrir un tresor, il faut 
se procurer une agate ronde , faire rougir au feu 
le fer de la hache, et la poser de manic-re que Je 
iranchant soit bien perpendiculairement en Fair. 
On place la pierre d'agate sur le tranchant. Si 
elle s'y tient, il n'y a pas de tresor; si elle tombe, 
elle roule avec rapidite, On la replace Iroisfois, 
et si elle roule irois fois vers le merne lieu, e'est 
qu'il y a un tresor dans ce lieu meme; si elle 
prend a chaque fois une route differente, on peut 
chercher ailleurs. 

2° Lorsqu'on veul decouvrir des voletirs, on 
pose la hache a terre; le fer en has et le bout du 
nianche perpendiculairement en Fair; on danse 
en rond alenlour jusqu'a ce que le bout du 
manche s'ebranle et que la hache s'elende sur le 
sol : le bout du manche indique la direction qu'il 
faut prendre pouraller a la recherche des vo- 
leurs. Quelques-uns disent que pour cela il faut 
que le fer de la hache soit fiche en un pot rond : 
« Ce qui est absurde tout a fait, comme dit De- 
lancre 1 ; car quel moyen de ficher une cognee 
dans un pot rond, non plus que coudre ou rapie- 
cer ce pot, si la cognee Favait une fois mis en 
pieces? » 

Aym. Voy. Haborym. 

Aymar (Jacques) , paysan ne a Sainl-Veran , 
en Daupliine\ le 8 septembre 1662 , entre minuit 
et une heure. De macon qu'il &ait, il se rendit 
cel&bre par l'usage de la baguette divinatoire. 
Quelques-uns, qui donnaient dans Faslrologie, 
ont allribue son rare talent a Fepoque precise de 
sa ria.issance; car son frere, ne dans le merne 
mois, deuxans plus lard, ne pouvait rien faire 
avec la baguette. Voy t Baguettb niviNATomn:. 

Aymon (les qualre lils). Siecle de Charle- 
magne, lis avaient un cheval merveilleux. Voy. 

BAYAIiD. - 

Aynas, mauvais demons, ennemis des Gou- 
dais, qui sonlles dieux des Tarlares. 

Ayola (Vasques de). Vers 1570, un jeune 
homme nomine Vasques de Ayola etant alle a 
Bologne v avec deux de ses compagnons , pour y 
etudier en droit, et n'ayant pas trouve de loge- 
ment dans la ville, ils habiterent une grande et 
belle maison , abandonnee parce qu'il y revenait 
un spectre qui dp ou van tail tous ceux qui osaient 
y loger ; mais ils se moquerent de lous ces recits 
et s'y installerent. 

Au bout d'un mois, Ayola veillant un soir seul 
dans sa chambre, et ses compagnons dormant 
tranquillement dans leurs lits, il entendit de loin 
un bruit de chaines, qui s'approchait et qui sem- 
blait venir de 1'escalier de la maison ; il se recom- 
manda a Dieu, prit un bouclier, une epee, et, 

* L'incrcdtiliie et m£cr dance, etc., traite V. 



AZA 

tenant sa bougie en main, il attendit le spectre, 
qui bienlot ouvrit la porte et parut. C'etait un 
squelette qui n'avait que les os; il etait, avec 
cela^, charge de chaines. Ayola lui demanda ce 
qu'il souhaitait. Le fantome, selon l'usage, lui 
fit signe de le suivre. En descendant Fescab'er, 
la bougie s'eteignit. Ayola eut le courage d'aller 
la rall'umer, et marcha derriere le spectre, qui 
le mena le long d'une cour ou il y avail un puits. 
11 craignit qu'il ne voulut Fy precipiler, et s'ar- 
reta. L'esprit lui fit signe de continuer a le suivre; 
ils ehtrerent clans le jardin, ou la vision disparut. 
— : Le jeune homme arracha quelques poignees 
d'herbe, pour reConnaitre Fen droit; il alia en- 
suile raconter a ses compagnons ce qui lui etait 
arrive, et, le lendemain matin, il en donna avis 
aux principaiix de Bologne. Ils vinrent sur les 
lieux et y firent fouitler. On trouva un corps de- 
charne, charge de chaines. On s ? informa qui ce 
pouvait etre; mais on ne put rien decouvrir de 
certain. On" lit faire au mort des obseques con- 
venables; on l'enterra, et depuis ce temps la 
maison ne fut plus inquietee. Ce fait est rapporte 
par Antoine deTorquemada.,dans son Hcxamdron. 

Ayperos, cbmte de Fempire infernal. C'est le 
merne qu'Ipes. Voy. ce mot. 
: Azael, Fun des anges qui se r£voltfcrent contre 
Dieu. Les rabbins disent qu'il est enchaine sur 
des pierres pointues, dans un endroit obscur du 
desert, en attendant le jugement dernier* 

Azariel , ange qui , selon les rabbins du Tal- 
mud, a la surintendance des eaux de la terre. 
Les pecheurs l'invoquent pour prendre de gros 
poissons. 

Azazel, demon du second ordre, gardien du 
bouc. A la ffite de FExpiation, que les Juifs cele- 
braienl le dixieme jour du septieme mois 1 , on 




amenail au grand pretre deux boucs qu'il Lirait 
au sort : Fun pour le Seigneur, Fautre pour Aza- 

1 Le seplieme mois chcz les Juifs repondait a scp 
lembre. 



— 68 — 



AZtt 



69 — 



BAA 



zel. Celui sur qui tombait le sort da Seigneur 
etait iminole, et son -sang servaiL pour Vexpia- 
tion. Le grand pretre mettait ensuile ses deux 
mains sur la tele de Vautre, confessait ses peches 
et ceux du peuple, en chargeait cet animal , qui 
etait alors conduit, dans 3e desert et mis en li- 
berte; et le peuple, ayant laisse au bouc d'Aza-' 
zel , appele aussi le bouc emissaire , le soin de ses 
iniquites, s'enrelournaiten silence.— SelonMilton, 
Azazel est lc premier porte-enseigne des armees 
infernales. C'est aussi le nom du demon donL se 
servaii, pour ses prestiges, Vheretique Marc. 

Azer, ange du feu eiementaire, selon les 
Guebres. Azer est encore le nom du pere de 
Zor'oasLre. 

Aziel, Tun des demons evoques par Faust. 
. Azote. Inspiration de Toxyde d'azote fait sur 
les sens reflet du haschisch sur le cerveau. Elle 
amenc des illusions. . 



. Azourcheb, selon les traditions des mages de 
la Perse, est le plus grand de tous les anges. II 
avait un temple l\ Balkh , dans le Korassatv 

Azrael ou Azrail, ange de la mort. On conte 
que cet ange, passant un jour sous une forme 
visible aupres de Salomon , regarda fixement un 
homme assis a cote de lui. Cet homme demahda 
qui le regardait ainsi, et, ayant appris de Salo-^ 
mon que c'etait l'ange de la mort : — « II semble 
m'en vouloir, dit-il ; ordonnez , je vous prie , au 
vent de nremporter dans VInde. » — Ce qui fut 
fait aussitot. Alors l'ange dit a Salomon : '— « II 
n'est pas etonnantque j'aie considere cet homme 
avec tant d'attention : j'ai ordre d'aller prendre 
son ame dans 1'Inde, et j'etais surpris de le trou- 
ver pres de toi, en Palestine... » — Voy T Mort, 
Amis, etc. ■ — Mahomet citait cette histojrc pour 
prouver que nul ne petit echapper a sa destinee; 
— Azrael est different d'Asrafih 



B 



i 

5 



■n 

i 



4, 

ft 



Baal, grand-due dont la domination est tres- 
etendue aux enfers. Quelques demonomanes le 
designent comme gdndral en chef des. armies 
infernales. II etait alors adore des Chananeens, 
des Cartbaginois, desChalddens, des Babyloniens 
et des Sidoniens ; il le fut aussi des Israelites 
lorsqiVils Lomberent dans Tidottitrie. On Uu of- 
fraitdes viclimes humaines. On voit dans Arrfobe 
que ses adorateurs ne lui donnaient point de 
sexe determine* Souvent, en Asie, il a ete pris 
pour le soleiL 

Baalberith , demon du second ordre , maltre 
ou seigneur de V alliance. 11 est. selon quelques 
demonomanes, secretaire general et conserva- 
leur des archives de 1'enfeiv Les Phdniciens, qui 
1'adoraient, le prenaient h iemoin de 'leurs ser- 
ments. Beaucoup de ces idoles dtaient des de- 
mons dont le nom Baal signifiait dieu ou roi. II 
y avait Baalgad, qui donnait la fortune; Baal- 
pharas, qui etait malfaisant; Baalsemen, qu'on 
disait Irdnant dans les cieux, ce qui n'etait 
pas vrai; Baalzrephq, qu'on placait en senti- 
nelle aux frontieres, aussi selon les d<§mono- 
graphes. 

Baaltein. Levoyageur Pennant dit qu'il reste 
dans quelques pays du Nord un reste du culte 
<lc Baal ou Bel; il y vitlacerdmonie du Baaltein 
ou Beltane qui se fait le l cr mai. On fait cuire au 
Tour, avee certaines ceremonies, un gateau que 
Ton distribue par portions dparses aux oiseaux 
do proie, a fin qu'ils dpargnent les troupeaux. 

Baalzephon est le capitaine des gardes ou 
scntinelles de Venter. Les ICgyptiens Vadornient 



et lui reconnaissaient le pouvoir d'empcicher 
leurs esclaves de s'enfuir. Ndanmoins, disent les 
rabbins, c'est pendant un sacrifice que Pharaon 
faisait a cette idole que les 
Hebreux passferent la mer 
Rouge , et on lit dans le Tar- 
(jnm que Vange extermina- 
teur, ayant bris6 les statues 
de tous les autres dieux, ne 
laissa debout que celle de 
Baalzephon, 

Baaras , planle merveil- 
leuse, que les Arabes appel- 
lent herbe d'or, et qui croat 
sur le mont Liban. lis disent 
qu'elle parait au mois de mai, 
apres la fonte des neiges. La 
nuit, elle jette de la clarte 
connne un petit -flambeau ; 
mais elle est invisible le jour ; 
et m6me , ajoutent-ils, les 
feuilles qu*on a enveloppees 
dans des mouchoirs dispa- 
raissent, ce qui leur fait croire qu'elle est en- 
sorcelee, d'aulant plus qu'elle transmue les 
metaux en or, qu'elle rompt les cbarmes et les 
sortileges, etc. — Josephe, qui admct beaucoup 
d'autres contes, parle de cette plante dans la 
guerre des Juifs a On ne la saurait toucher 
sans mourir, dit-il , si on n'a dans la main de la 

. * Liv. VII, ch. xxv, Elian, de Animal., liv. XIV, 
ch. xxvii, accorde les m6mes vertu's a la plante 
aglaopholis. A T oyez ce mou . - 





WW 



'- 111 iirplH i 

mmm 




mm 




till 



Hi 



I 



if « 



( 



III 
1 



IPfP 
fell 



Is} 

ii. 



if.' ;'f:|f. : -i 

1 i IP 

MS 



I'M 

'Mil . fe: 

J ■■■■>■&{ 

■U • 'If-: 



hi' 



" ''ll 



if! r 



if! 




15 



BAB 



— 70 — 



BAC 



racine de 3a meme plante; mais on a trouve un 
moyen de la cueillir sans peril : on creuse la 
terre tout alentour, on attache a la racine mise 
a nu iin chien qui, voulant suivre celui qui Pa 
attache , enleve la plante et meurt aussitot. Apres 
cela, on peut la manier sans danger* Les de- 
mons qui s'y logent, et qui sont les ames des 
mechants, Uienfc ceux qui s'en emparent autre- 
ment que par le moyen qu'on vient d'indiquer; 
et, ce qui d'un autre cote n'est pas moins mer- 
veilleiixv ajoute encore Josephe, c'est qu'on met 
en fuite les demons des corps des possedes aus- 
sitot qu'on approche d'eux la plante baaras. » 
Babailanas. Voy. Gatalonos. 
Babau, espece d'ogre ou de fantome doiit les 
nourrices^menacent.-les petits enfants dans les 
provinces du midi de la France, comme on les 
elTraye a Paris de Croquemi laine, et en Flandre 
de Pier-Jan Claes, qui .est Polichinelle. Mais 
Babau ne se contente pas de fouetter, il mange 
en salade les enfants qui sont mechanls. 

Babel. La tour de Babel fut elevee cent quinze 
ans apres le deluge universel. On montre les 
mines ou les traces de cette tour aupres de Bag- 
dad. — On sait que sa construction amena la 
confusion des langues. Le poete juif Emmanuel , ! 
a propos de cette confusion, explique dans un 
de: ses sonnets comment le mot sac est reste 
dans tons les idiomes. « Geux qui travaillaient h 
la tour de Babel ayaient , dit-il , comme nos ma- 
noeuvres., chacun un sac pour ses petites provi- 
sions.. Quand le Seigneur confondit leurs lan- 
gagesv la peur les ayantjpris, 1 chacun voulut 
s-enfuir : , et demanda son sac. On ne repelait 
partout que ce mot , et c'est ce qui Ta fait passer 
dans toiUes les langues qui se formerent alors. » 

Babinet 7 (M;), Pun de nos savants les plus 
fqrts et; l&s- plus spirituels. Gependant il s'est 
per ; mis,:qu6lques excentricitds. Par exemple, 
dans ion admiration devant nos progres, il an- 
nonce qu'un jour Phomme actuel ne sera que le 
chien cje' 1'homme plus perfectionne qui doit ve- 
nii^Ne-soyons done pas trop fiers. 

jBapchus. Nous ne. rapporterons pas ici les 
fables doht Pancienne mythologie a orne son 
histoire. Nous ne faisons mention de Bacchus que 
parce que les demonographes le regardent 
comme Pancien chef du sabbat fonde par Or- 
phee; lis disent qu'il le presidait sous le nom de 
Sabashis. « Bacchus , dit Leloyer, n'etait qu'un 
d6mon epouyantable el nuisant, ayant cornes en 
tete et javelot en main. G'etait le maitre guide- 
danse 1 , et dieu des sorciers et des sorciferes ; 
c'est leur chevreau, c'est leur bouc cornu , c'est 
le prince des bouquins, satyres et sixties. II ap- 
parait toujours aux sorciers ou sorcieres, dans 
leurs sabbats, les cornes en tete; et hors des 
sabbals, bien qu'il montre visage d'homme , les 
sorcifcres ont toujours confess^ qu'il a le pied 
1 Discours des spectres, My, VII, ch. in. 



difforme > tan tot de corne solide comme ceux du 
cheval , lanlot fendu comme ceux du boenf \ » 

Les sorciers des temps m'odernes Pappellent 
plus generalement Leonard, ou Satan, ou le 
bouc, ou maitre Rigoux. 

Ce qui sans doute appnie cette opinion que le 
demon du sabbat est le meme que Bacchus , c'est 
le souvenir des orgies qui avaient lieu aux bac- 
chanales. 

Bacis, devin de Beotie. Plusieurs de ceux qui 
se melerent de predire les choses futures por- 
terent ce meme nom de Bacis 2 .- Leloyer dit que 
les . Atheniens reveraient les vers prophetiques 
de leurs bacides, .u qui elaient trois insignes sor- 
ciers tres-connus 3 » . 

Bacon (Roger) parut dans le treizieme siecle. 
G'etait un cordelier anglais. Il passa pour magi- 
cien , quoiqu'il ait ecrit contre la magie, parce 
qu'il etudiait la physique et qu'il faisait des ex- 
periences natu relies. II est vrai pourtant qu'il y 
a dans ses eerils de singulieres choses, et qu'il 
voulut elever Pastrologie judiciaire a'la dignite 
de la science. On lui attribue Piiivention de la 
poudre. 31 paraitrait meme qu'on lui" doit aussi 
les telescopes et les lunettes a longue vue. 11 
etait verse dans les beaux-arts, et surpassait 
tous seS'Contemporainspar Tetendue de ses con- 
naissances et par la . subtilite de son genie. Aussi 
on publia qu'il devaitsa superiority aux ddmons, 
avec qui il commerQait. 

Cet homme savant croyait done a Pastrologie 
et a la pierre philosophale/Delrio , qui h'en fait 
pas lin magicien, lui reproche seuleinent des 
superstitions. Par exemple, Franqois Pic dit 
avoir lu dans son livre des six sciences qu'im 
homme pouvait devenir prophete et predire des 
choses futures par le moyen d'un miroir, que 
Bacon nomme almtichcfi, composd suivant les 
regies de perspective; pourvu qu'il s'en serve, 
ajoute-t-il, sous une bonne^ constellation , et 
apres avoir tempore son corps par l'alcbimie. 

Gependant Wierus accuse Bacon de magie 
goetique, ei d'autres doctes assurent que PAnte- 
christ se servira de ses miroirs magiques 'pour 
faire dies miracles. 

Bacqn se fit , dit-on t comme Albert le Grand, 
un andrbide. G'etait, assurent les conteurs, uno 
t6te de bronze qui parlait distinctement, et 
meme qui prophetisait. On ajoute que, -Payant 
consultde pour savoir s'il serait bon: d'entourer 
PAngleterre d'un gros mur d'airain, elle repon- 
dit :'// est temps. 

Un savant de nos jours (M. E. J. Delecluze) a 
publi<5 sur Bacon une remarquable notice , qui le 
pose justement parmi les intelligences supd- 
rieures. 

Les curieux recherchent, de Roger Bacon, le 

1 Discours des spectres, liv. VIII, ch. v. 

2 Cicero, De divin., lib. I, cap, xxxiv. 

3 Discours des spectres, liv. VII, ch. tn. 



BAG 



71 — 



BAG 



petit traite intitule Speculum alchimm^ traduit 
en francais par J. Girard de Totirnus, sous le 
litre de Miroir (Vulchimie\ in-12 et in~8°, Lyon, 
1557; Paris, 1612. Le merae a traduit V Admi- 
rable puissance de I* art et de la nature , in-8? ', 
Lyon, 1557 ; 'Paris, 1729. Dc potentate mirabili 
art-is et nalitrcv. 

On ne confondra pas, Roger Bacon avec Fran- 
gois Bacon } grand chancelier d' Angleterre \ mort 
en 1C26 , que- Walp'ole appelle « le prophete (jun 
pen aventureux) des verities- que Newton est 
ven u reveler aux horn nips . » 

Bacoti j iiom commun aux devins etaux sor- 
ciers de Tonquin. On interroge sup tout le bacoti 
pour savoir des nouyelles des morts. 11 bat le 
tambour, appelle le mort a grands, oris, se.lait 
ensuite pendant que le defunt lui parle a To;reille 
sans se laisser vohv et don ne ordinaire nient de 
bonnes nouvelles , parce qu'on les pave ttiiepx. 

Bad, genie des vents et des teinpetes ehez 
les Persans. II preside au vingt-deuxieme jour 
de la lune. - ' . 

Badncke, plante don t on pretend que le fruit , 
pris dans du lait, glace les sens. Les niagiciens 
ronfc quelquefois employe pour riouer l'aiguik 
lette. Il-snflH, dit-on , d'en faire boire une infu- 
sion a celui qu'on : veut Jiei\- ^ 

Badumna, fee ou elfe superieure qui domine 
dans les forels : my thologie scandinave. 

Bael, demon ciledans/e Grand ' Grimoire , en 
tele des puissances infernales; G'est aiissi par lui 
que Wierns commence Piriventairevde sa fa- 
meuse Pseuddmonarchia dcemomwi. A\ appelle 
Bael le: premier roi de l'enfer ; ses filats sont 
dans la par lie orientale. II se montre avec trois 




Letes, donU'une a la figure d'un crapaud, i'autre 
celle d'un homme, la troisieme celle d r un chat. 
Sa voix est rauque; mais il se bat tres-biem 11 
rend ceux qui l'invoquent fins et ruses, et leur 
apprend le moyen d'etre invisibles au besoiii. 
Soixanle-six legions lui ob6issenL — Est-ce le 
uieme que Baal ? 



Baetiles, pierresque les an&ens eonsultaient 
comme des oracles et quMls croyaient animees. 
G'etaient quelquefois des especes de talismans* 
Saturne , peasant avaler Jupiter, devora une de- 
ces pierre's emmaillotlee. II y en avait de pelites, 
taillees en forme ixmde , qtiel'on portait au coii; 
on les trouvait sur. des montagnes oil el les tonW 
baient avec le tonnerre. • ' 

Sou vent les baetiles etaient des statues ou 
mandragores. On en cite de nlerveilleuses qui 
rendaiont des oracles, et dont la voix sifilait 
comme celle des jeunes Anglaises/ On assure 
meme que quelques baetiles tomberent directe- 
rnent du ciel ; telle etait la pierre noire de Phr^- 
gie que Scipion Nasica amena a Rome en grande 
pompe. * . : • 

On re vera it a Sparte , dans le temple de Mi- 
nerve Chalcidique , des btBtiles de la forme d'un 
casque , qui , dit-on , s'elevaient sur l'eau au son 
de la trompette et plongeaient des qu'on pro- 
nonQait le nom des Athdniens. Oil disait ces 
pierres trouvees dans PEurotas V 

Bag, idole persane qui a donn<5 son nom a 
la ville de Bagdad : 

Bagoe, devineresse que quelquesruns croient 
etre la sibylle firythree. G'est, dit-on , la pre- 
miere femme qui ait rendu des oracles. Elle de- 
vinait en Toscane ,, et jugeait surtout des (5v6ne- 
ments par le tonnerre, Voy. Bigois. 

Bagiie. Voy. Annkau. 

Baguette divinatoire , rameau fourchu de 
coudrier, d'atme, de hetre ou de pommier, a 
Paide duquel oh decouvre les melaux, les sources 
cacbees, les Iresors, les rnalelices etles voleurs* 

II y a longtemps qu'iine baguette est Tdput(Se 
necessaire a certains prodiges. On en donhe une 
aux fees et'aux sorcifcres puissanteSi Medee, 
Circe , Mercure, Bacchus, Zoroastre ^ Pythagore* 
les sorciers de Pharaon , voulant singer la Verge 
de'Mo'ise, avaieiit une baguette; Romulus pro- 
phetisait avec un baton augural. Les Alains et 
d'autres peuples barbares consullaient lenrs 
dieiix en iichatit une baguette en terre. Qiiel- 
quesdeVins de village pretendent encore deviher 
beaucoup de cboses avec la baguette. Mais c'est 
surtout a la fin du dix-septieme siecle qu'elle fit 
le plus grand bruit : Jacques Aymar la mil en 
vogue en 1692. Cependant, longtemps aupara- 
vant, Delrio 2 avait indique, parmi les pratiques 
sup ersti lieu ses , l'usage d'une baguette de cou- 
drier pour decouyrir les voleurs; mais Jacques 
Aymar op6rait des prodiges si varies et qui sur- 
prirent lellement, que le pere Lebrun i: et le sa- 

1 Tome III des Memoir es de VAcaddmie des inscrip- 
tions. 

2 Disquisit* magic, lib. M, sect. ult. 

3 Dans ses Lcttres, qui ddcouvrent ('illusion des 
philosoplics sur la baguette et qui d<Hruisenl leurs 
systfemes (in-12, Paris, 4693), et dans son Histoire 
des pratiques superslitieuses, . ' ' 



BAG 



72 — 



BAG 



yant Malebranche 1 les attribuerent au demon , 
pendant que d-autres les baptisaient du nom de 
physique occulte ou d'eleclricite souterraine. 

Ce talent de. tourner la baguette divinatoire 
n'est donne qu'a quelques etres privilegies. On 
peut eprouver si on Pa recu de la nature ; rien 
n-est plus facile. Le coudrier est surtout Parbre 
le plus pi'opre. 11 ne s'agit.que d'en couper une 
branche fourchue , et de tenir dans chaque main 
les deux bouts superieurs. En mettant le pied 
sur 1'objet qu'on cherche ou sur les vestiges qui 
peuvent indjquer eet objet /-la baguette tourne 
d'elle-meme dans la main , et c'est un indice in- 
faillible. . 

, Ayant Jacques Aymar on h'avait employe la 
baguette qu'a la recherche des metaux propres a 
l'alchimie. A l'aide de la sienne, Aymar fit des 
merveilles de tout genre. II decouvrait les eaux 
souterraines, les bornes deplacees, les male- 
fices, les voleurs et les assassins, Le bruit de 
ses talenls s^tant repandu , il fut;appele a Lyon, 
en 1672, pour.devoiler un myslere qui embar-f 
rassait la justice. Le 5 juillet de cette meme an- 
nee , sur les dix helires du soir, un marchand de 
via et sa femme avaient dte egorges a Lyon , en- 
terras dans leur cave, et tout leur argent a vait 
ele vole. Gela s'etait fait si. adroitement qu'on ne 
soupconnait pas meme les auteurs du. crime. Un 
voisin fit venir Aymar. Le. lieutenant :crinrinel et 
le procureur du roi le conduisirent dans la cave. 
II parut tres-<§mu en y entrant; son poulss'&eva 
comme dans une grosse fievre ; sa baguette,- qu'il 
tenait a la main , lourna rapidement dans les 
deux endroits ou Ton avait Irouve les cadavres 
du mari etde la femme. Apres quoi, guide par 
la baguette ou par un sentiment interieur, il sui- 
vit les rues ou les assassins avaient' passe* , entra 
dans la cour de l'archeveche, sortit de la ville 
par le ppnt du Rhone, et prit a main droite le 
long de ce Heuve. — II fut eclairci du nombre 
des assassins en arrivant a la maison d'un jardi- 
nier, ou il soutint opinialrtSment qu'ils elaient 
trois , qu'ils avaient entoure une table et yide 
une bouteillo sur laquelle la baguette tournait. 
Ges circonstances furent confirmdes par l'aveu 
de deux enfanls de neiif a dix ans, qui declare- 
rent qu'en effet trois hommes de mauvaise mine 
elaient entres a la maison et avaient vide la bou- 
teille designee par le paysan. On continua de 
poursuivre les meur triers avecplus de confiance. 
La trace de leurs pas, indiqu^s sur le sable par 
la baguette, raontra qu'ils s'6taient embarques. 
Aymar les suivit par eau, s'arretant a tous les 
endroits ou les scelerats avaient pris terre, re- 
connaissant les lits ou ils avaient couche\ les 
tables ou ils s'etaient assis, les vases ou ils 
avaient bin 

Apres avoir longtemps 6tonne ses guides , il 

* Dans ses rdponses au pere Lebrun. On dcrivit 
uue multitude de brochures sur cetle maliere. 



s'arreta enfin devant la prison de' Beaucaire et 
assura qu'il y a vait la un des criminels. Pa run 
les prisonniers qu'on amena , un bossu qu'on ve- 
nait d'enfermer ce jour meme pour un I a rein 
commis a la foire fut celui que la baguette desU 
gna. On'conduisit ce bossu dans tous les iieux 
qu'Aymar a vait visiles : par tout il fut reconnu. 

En arrivant a Bagnols, il finit par avouer que 
deux Provencaux favaient engage , comme leur 
valet, a tremper dans ce crime; qu'il n'y avail 
pris aucune part; que ses deux bourgeois avaient 
fait le meurtre et le vol , et lui avaient donne six 
ecus et demi. 

Ge qui sembla plus etonnant encore, c'est que 
Jacques Aymar ne pouvait se trouver aupres du 
bossu sans 'eprouver de grands maux de coeur, 
et qu'il ne passait pas sur un lieu ou il sentait 
qu'un meurtre avait ete commis sans se sen lir 
I'envie de vomir. 

Comme les revelations du bossu confirmaient 
les decouverles d' Aymar, les uns admiraient son 
etoile et criaient au prodige , tandis que d'autres 
publiaient qu'il 6tait sorcier. Cependant' on ne 
put trouver les deux assassins, et le bossu fut 
rompu viL ; 

Des lors plusieurs personnes furent douees du 
Lalent de Jacques Aymar, talent ignore jusqu'a 
lui. Desfemmesmemesfirent tourner la baguette. 
Elles avaient des convulsions et des maux de 
coeur en passant sur un endroit ou un meurlre 
avait ^te commis ; ce mal ne se dissipait qu'avec 
un verre de viri. . 

Aymar faisait tantde bruit , qu^on publia bien- 
tot des livres sur sa baguette et ses operations. 
M. da Vagny, procureur du roi a Grenoble , fit 
imprimer une relation intitulee Histoire mcr- 
veilleuse d'un magqn qui , conduit par la baguette 
divinatoire , a sum un meurtrier pendant qua- 
rante-cinq heures sitr la terre, et phis de trente 
sur Veau. Ce paysan devint le sujet de tous les 
enlretiens. Des philosophes ne yirent dans les 
prodiges de la baguette qu J un eflet des emana- 
tions des corpuscules, d'autres les attribuerent a 
Satan. Le pere Lebrun fut de ce nombre , ct Ma- 
lebranche adopta son avis. 

Le fils du grand Conde , frappe du bruit de lant 
de merveilles, fit venir Aymar a Paris. On avait 
vole a mademoiselle de Conde deux petits flam- 
beaux d'argent, Aymar parcourut quelques raes 
de Paris en faisant tourner la baguette ; il s'ar- 
reta a la boutique d'un orf<§vre , qui nia le vol et 
se trouva tres-offense" de Taccusation. Mais le len- 
demain on remit a I'hotel le prix des flambeaux; 
quelques personnes dirent que le paysan l'avait 
envoyd pour se donner du credit. 

Dans de nouvelles epreuves, la baguette prit 
des pierres pour de Targent, elle indiqua de Tar- 
gent ou il n'y 'en avait point. En un mot, elle 
opera avec si pen de succes , qu'elle perdil son 
renom. Dans d'autres experiences , la baguette 



BAG \ — 73 — 

resta immobile quarid il lai fallait tourner. Aymar, 
unpeu confondu, avoua enfm qu'il n'etait qu'un 
charlatan adroit, que la- baguette h'avait aucun 
pouvoir, et qu'il avait cherche a gagner de Var- 
gen t par ce peti t procede. 

Pendant ses premiers succes, une demoiselle 
de Grenoble, a qui la reputation d' Ay mar avait 
persuade qu'eile etaitdouee aussi du don de tour- 
ner la baguette f/ craignant que ce don ne lui vint 
de Vesprit malin, alia consul ter le pere Lebrun, 
qui lui conseilla de prier Dieu en tenant la ba- 
guette. La demoiselle jeuna et prit la baguette en 



BAG 

priant. La baguette ne tourna plus : d'ou Ton con- 
clut que c'etait le demon ou ^imagination trou- 
blee qui l'agitait. 

On douta un pen de la mediation du diable, 
des que le fameux devin fut reconnii pour un im- 
posteur. On lui joua surtout un tour qui decredita 
considerablement la baguette. Le procureur du 
roi au Ghatelet de Paris fit conduire Aymar dans 
une rue ou Ton avail assassiiie.un archer du gueL 
Les meurtriers etaient arretds ;- on connaissait les 
rues qu'ils_avaientsuivies , les lieux ou ils s'etaient 
caches : la baguette resta immobile. 




On lit venir Aymar dans la rue de la Harpe , ou 
Von avait saisi un voleur en flagrant delit; la per- 
licle baguette trahit encore toutes les espdrances. 

Neanmoins la baguette divinatoire no perit 
point; ceux qui prelendirent la faire tourner se 
tmiltiplierent meme, et ce talent vint jusqu'en 
Bclgique. II y eut a Heigne, pres de Gosselies, 
un jeune gargon qui decouvrit les objets caches 
ou perdus au moyen de la baguette de coudrier. 
CeLte baguette, disait-il, ne pouvait pas avoir 
plus de deux ans de pbusse. — Un homme, vou- 
lant eprouver Vart de Tenfant de Heigne, cacha 
un ecu au bord d'un fossd, le long d'un sentier 
qu'on ne frequentait presque pas. 11 fit appeler 
le jeune gargon et lui promit un escalin s'il pou- 
vait retrouver Vargent perdu. Le gargon alia 
cueillir une branche de coudrier, et tenant dans 
ses deux mains les deux bouts do cette baguette, 
qui avait la forme d'un Y, apres avoir pris diffe- 
rentes directions, il marcba devant lui et s'enga- 
gea dans le petit sentier. La baguette sjagitait 



plus vivemenL II passa le lieu ou Vdcu 6tait ca- 
che ; la baguette cessa de tourner, L'enfant revint 
done sur ses pas ; la baguette sembla reprendre 
un mouvement tres-vif ; elle redoubla vers Ven- 
droit qu'on cberchait. Le devin se baissa, cher- 
cba dans Vherbe et trouva le petit 6cu, a Vadmi- 
ration de tous les spectateurs. 

Sur Tobservation que le bourgeois fit, pour 
essayer la baguette, qu'il avait perdu encore 
d'autre argent, le jeune gargon la reprit, mais 
elle ne tourna plus. — On se crut convaincu de 
la realite du talent de Vonfant. On lui demanda 
qui l'avait inslruiL « C'est le hasard, dit-il; ayant 
un jour perdu mon couteau en gardant les trou- 
peaux de mon p£re, et sachant tout ce qu'on di- 
sait de la bagueLte de coudrier, j'en fis une qui 
tourna, qui me fit retrouver ce que je clierchais 
et ensuite beaucoup d'autres objets perdus. » 

C'etait tres-bien. MalbeureusemenL d'autres 
epreuves, examinees de plus pr&s* ne reussirent 
pas, et on reconnut que la baguette divinatoire 



Ml 



BAG 



- 74 



BAG 



is 



etait la aussi une petite supercherie. Mais on y 
avail cru un siecle etdes savants avaient fait im- 
primer cent volumes pour Pexpliquer. 

« Faut-il rassembler des arguments pour prou- 
ver Pimpuissance de la baguette divinatoire? 
ajoule M, Salgues V Que Ton dise quel rapport il 
peut y avoir entre. un voleur, une source d'eau , 
une: piece de metal et un baton de coudrier. On 
pretend que la baguette tourne en vertu de rat- 
traction. Mais par quelle vertu d'altraction les 
emanations qui s'echappent d'une fontaine , d'une 
piece d'argent ou du corps d-un meurtrier tor- 
dent-elles une branche de coudrier qu'un homme 
rob usle tient fortement entre ses mains? D'ail- 
leurs, pourquoi ie meme homme trouve-t-il des 
fontaines, des metaux, des~assassins et des vo- 
leurs quand il est dans son pays, et ne trouve- 
t-il plus rien quand il est a Paris? Tout eel a n'est 
que charlatanisme. Et ce qui delruit totalement 
le merveilleux de la baguette, e'est que tout 13: 
monde, avecun peu d'adresse , peut la faire tour- 
ner a volonle. 11 ne s'agit que de lenir les extre- 
mites de la fourche un peii ecarlees, de maiiiere 
a faire ressort. G'est alors la force d'elasticite qui 
opere le prodige. » '. ' ' 

Cependant on croit encore a la baguette divi* 
natoire dans le Dauphine et dans le Hainaut ; les 
paysans n'en negligent pas P usage, et elle a 
trouve des defenseurs serieiix. Formey, dans 
V Encyclopedic , explique ce ph&iomene par le 
magnetisme. Ritler, proTesseur de Munich , s'au- 
torisait recemment du galvahisme pour soutenir 
les merveilles de la baguette divinatoire ; mais il 
n'est pas mort sans abjurer son erreur. . 

L'abb<5 de la Garde ecrivit au commencement 
avec ])eaucoup de foi Phistoire des prodiges de 
Jacques Aymar ; en 1692 meme, Pierre Garnier, 
docteur mddecin de Montpellier, voulut prouver 
que les operations de la baguette dependaient 
d'une cause naturelle 2 ; cette cause naturelle 
n'elait, selon lui, que les corpuscules sortis du 
corps du ineur trier- dans les endroils ou il avait 
fait le meurtre et dans ceux oil il avait passe, 
Les galeux et les pestiferes, ajoute-l-il , ne Lrans- 
pirent pas comme les gens sains, puisqu'ils sonl 
conlagieux; de meme les scelerats lachenl des 
emanations qui se reconnaissent, et si nous ne 
les sentons pas, e'est qu'il n'est pas donne a tous 
les chiens d'avoir le nez fin, Ce sont la, dit-il 
page 23, des axiomes incontestables. « Or, ees 
corpuscules qui entreat dans le corps de rhomme 
muni de la baguette 1'agilent tellemerit, que de 
ses mains la maliere subtile passe dans la ba- 
guette meme, et, n'en pouvant sortir assez promp- 
tement , la fait lourner ou la brise : ce qui me pa- 
ralt la chose du monde la plus facile a croire... » 

1 Des erreurs ei des prejuges, etc., t. I, p. 165. 

2 Dans sa Dissertation physique en forme de let I res 
a M. de S6vre, seigneur de Flecheres, etc*, in-<!2* 
Lyon, 4692. 



Le bon pere Meriestrier, dans ses Reflexions 
sur les i?idicatio?is de la baguette , Lyon, 1694, 
s'etonne du nombre de gens qui devinaient alors 
par ce moyen a la mode. « A combien d'effets, 
poursuil-il , s'etend aujourd'hui ce talent I II iva 
point de limiles. On s'en sert pour juger de la 
bonte des eloffes et de la difference de leurs prix, 
pour denieler les innocents des coupables, pour 
specifier le crime. Tous les jours cette vertu fait 
de nou velles decouvertes inconnues j usqu' a pre- 
sent. » 

II y eut meme en 1700 , a Toulouse, un brave 
homme qui devinait avec la baguette ce que fai- 
saient des personnes absentes. 11 consultait la 
baguette sur le passe, le present et Pavenir; elle 
s'abaissait pour repondre oui et s'elevait pour la 
negative. Oil pouvait faire sa demande de vive 
voix.ou metitalement. « Ge qui serait bien pro- 
. digielix , dit le pere Lebrun, si plusieurs reponses 
. (lisez la pluparl) ne s'elaient lrouveesfausses'S » 
Un fait qui n'est pas moins admirable, e'est 
que la baguette f ne tourne que sur les objets ou 
Pon v a interieurement Finlention de la faire tour- 
n.er.^Qe serait done du liiagnetisme ? Ainsi quand 
ori- ctierche une source , elle.ne tournera pas sur 
autre chose, quoiqu'on passe sur des tresors en- 
fouis olv sur : des, traces de, meurtre. . 

Pour deeouvrir une fontaine , il faut metlre sur 
la baguelie un linge mouille : si elle tourne alors, 
e'est une preuvejiqii'il ,y a de Peau a l'ehdroit 
qu'elle indique.. ^qun trouver les metaux souter- 
rains,. on enchasse* successivement a la tete de 
la baguette di s yerses pieces de m^lal , et e'est un 
principe constant que la baguette indique la qua- 
lite du metal cache sous lerre , en touchant pre- 
cisement ce meme metal. 

Nous repelons qu'on ne croit plus h la baguette, 
et que cependant on s'en sert encore dans quel- 
ques provinces. II fallait autrefois qu'elle fut de 
coudrier ou de quelque autre bois special ; de- 
puis, on a employe toute sorte de bois, et meme 
des cotes de baleine ; on n'a plus meme exige 
que la baguette fut en fourche. 

Void le secret de la baguette divinatoire et le 
moyen de la faire lourner, tire du Grand Gri- 
moire, page 87 2 : 

Dfcs le moment que le soleil parait sur Phori- 
zon , vous prenez de la main gauche une baguette 
vierge de noise tier sauvage , et la cou'pez de la 
droite en Irois coups., en disant : « Je te ramasse 
au nom d'filoun , Mutrathon , Adonai' et Semipho- 
ras, afin que tu aies la vertu de la verge dc 
Mo'ise et de Jacob pour deeouvrir tout ce que je 
voudrai saVoir. » Et pour la faire tourner, il faut 
dire, la tenant serree dans ses mains, par les 
deux bouts qui font la fourche : « Je le com- 
mande, au nom d'Eloim, Mutrathon, Adonai et 

1 Histoire des pratiques superstitieuses , t. II, 
p. 357. 

2 Ce secret est aussi dans le Dragon rouge, p. 83. 



5'i 



BAG 



— 75 — 



BAI 



Semiphoras, de me reveler,,. » (On indique ce 
qu'on veal savoir.) 

Mais void encore quelque chose sur cette ma- 
liere. qui n'est pas epuisde. Nous empruntonsce 
qui suit au Quarterly Magazine : 

« La baguette divinatoire n'est plus employee a 
]a decouverte des tresors, mais on dit que, dans 
les mains de certaines personnel, elle peut indi- 
quer les sources d'eau vive. II y a cinquante ans 
environ que lady Newark se troiivait en Provence 
dans un chateau dont le proprietaire, ay ant be- 
soin d'une source pour ll'usage de sa maison , 
envoya chercher : un paysan qui pi'omeltait d'en 
fa i re jaillir une avec une brancheKde coudrier ; 
lady Newark rit heaucoup de l'idee de son hole 
et de l'assurance clu paysan; mais, non moins 
curieuse qu'incredule , elle voulut du moins assis- 
ter a 1'experience, ainsi que d'autres voyageurs 
anglais tout'aussi philosophes qu'elle. Le paysan 
ne se deconcerta pas des sourires moqueurs de 
ces etrangers; il.se mit en marche suivi-de toute 
la societe, puis tout a coup s'arrelant, il declara 
qu'on pouvait creuser la.terre. On le fit; la source 
promise sorlit, et elle coule encore. Cet homme 
etait un vrai paysan , sans Education : il ne pou- 
vait expliquer qu'elle etail la yertu dont il etait 
done, ni celle du talisman ; mais il assurait mo- 
destement n'etre pas le seul.a qui la nature avail 
donne le pouvoir de s'en servir, Les Anglais pre- 
sents essayerenl sans succfes. Quand vint le tour 
de lady Newark, elle fut bien surprise de se trou- 
ver tout aussi sorciere que.le paysan provengal. 
A son relour en Anglelerte, elle n'osa faireiisage 
de la baguette divinatoire qu'en secret, de peur 
d'etre tournee en ridicule. Mais en 1803 , lorsque 
le docleur Hulton publia les Recherches d'Oza- 
nam , ou ce prodige est traitd d 1 absurdity ( t. IV, 
p. 260), lady Newark lui ecrivit une letLre si- 
gnee X. Y. Z. , pour lui raconter les fails qui 
elaient a sa connaissance. Le docleur repondit, 




demandant de nouvcaux renseignemenls a son 
correspondanl anonyme. Lady Newark le satis- 
fy, et alors le docleur ddsira etre mis en rapporl 
direct avec elle. Lady Newark alia le voir a 



Woolwich , et, sous ses yeux , elle deeouvrit nne 
source d'eau dans un terrain ou il faisait con- 
slruire sa residence d'ele. G'est ce meme terrain 
que le docleur Hulton a vendu depuis au college 
de Woolwich, avec un benefice considerable a 
cause de la source. Le docteur ne put resisler a 
1'evidence lorsqu'il vit, a Tapproche de l'eau, la 
baguette s'animer tout a coup, pour ainsi dire, 
s'agiter, se ployer, et meme se briser dans les 
doigls de liady Newark. 

On Cite-, encore en Anglelerre sir Charles H. et 
miss Fenwik comme etant doues de 3a mSme fa- 
culle que lady Newark, et a uii degr<§ pius 61eve 
encore.; Cette faculte inexplicable &- r uhe; grande 
analogies ay ecv celle qui 1 distingue; T6s Zahoris 
espagnols ; ! mais ceux-ci ne se serventrpas de la 
baguette de condrier. V oy. Blktton et P aramisle. 

Baguette magique. On voit, ' comme on 
nousl'a dit, que toutes les fees ou sdrcieres ont 
une baguette magique avec laquelle elles operent. 
Boguet rapporte que Franchise Secrelain et The- 
venne Paget faisaient mourjr les bestiaux en les 
louchant de leur baguette ; et Cardan cite une 
sorciere de Paris qui tua un enfant en le frap- 
pantdbucement sur le dos avec sa baguette ma- 
gique. 

C'est aussi avec leur baguette que les sorciers. 
tracent les cercles, font les conjurations et ope- 
rent de toutes les manieres. Cette baguetle doit 
etre de coudrier, de la pousse de l'annee. 11 faut 
la couper Ie^premier mercredi de la lune, entre 
onze heures et mihuit, -en pronofi^ant cerlaines 
paroles. Le couleau doit etre neuf et relird en 
liaut quand on coupe. On b<5nit ensuitc la ba- 
guette, disent les formulair^s sluperstitieux ; on 
ecrit au gros bout le mot Agla^ , au milieu On f; 
et Telragammalon f au petit bout, et Ton dit ; 
Conjuro le cito mihi obedire, etc. 

Bahaman , , gdnie qui, suivant les Persans, 
apaise la colere, et, en consequence, gouverne 
les boeufs, les moutons et tons les animatix sus- 
ceptibles d'etre' apprivoisds. 

Bahi (la). C'est le noin que donnent les Bohd- 
miens a 1 art de dire la bonne aventure dans la 
main. Voy. Main. ' 

Bahir, litre du plus ancien livre des rabbins, 
ou, suivant Buxtorf, sont traites les plus pro- 
fonds mystferes de la haute cabale des .Juifs: 

Bahman, deuxieme Amschaspand, 

Baian. Wierus et vingt autres ddmonographes 
compLent que Baian ou Bajan , fils de Simeon , roi 
des Bulgares, dtait si grand magicien, qu'il se 
transformait en loup et en ldopard pour epou- 
vanler son peiuple, qu'il pouvait prendre toute 
autre figure de bete fdroce, et mfime se rendre 
invisible; ce qui n'est pas possible sans 1'aide de 
puissants demons, comme dit Nynauld dans sa 
Lycanlhropie. 

Baler (Jean-Guillaume) , professeur de thdo- 
logic a Altorf, mort en 1729. II a laisstS une 



mm 



11 I 

mm 

<uhi 




will 




Uplift 



Mr 

mm 







1 



lip 



1 



BAl 



these inlitulee Dissertation sur Behemoth et Le- 
viathan, I'eUpKant et la baleine > d' apres le Uvre 
de Job , chap, xl et xli, avec la reponsc de Stie- 
ber*. Baier ne voyait que deux animaux mons- 
trueux dans Behemolh et Leviathan. 



— 76 — BAL 

rendil a son camp. On snit que Tange du Sei- 
gneur arrela son anesse, qui lui parla. Balaam , 
apres s'&re irrite contre la bete, apercut Tange, 




. Baillement.* Les femmes espagnoles, lors- 
qu'elles baillent, ne manquent pas de se signer 
quatre fois la bouche avec le ponce, de peur que 





le diable n'y entre. Gelle 'superstition remonte a 
des temps recules , et chez beaucoup de peuples 
on a regards le baillement comme; une crise pe- 
rilleuse* Les Indiens font craquer leurs doigts 
quand quelqu'un bailie, pour eloigner les de- 
mons, 

Bailly (Pierre), m6decin, auleur d'un livre 
publie a Paris en 163/| , in-8°, sous le titre de 
Songes de Phestion, paradoxes physiologiques, 
suivis d'un dialogue sur Pi minor tali le de Fame. 

Balaam, sorte de magicien madianile qui 
florissait vers Pan du monde 2515.. Lorsque les 
Israelites errants dans le desert se disposaient a. 
passer le Jourdain , Balac , roi de Moab , qui les 
redoutait, chargca Balaam de les maudire. Mais 
le magicien, ayant consulle le Seigneur, qu'il 
connaissait, quoiqu'il servit .d'aulres dieux, et 
que surtout il redoutait, regut line defense pre- 
cise de ceder a cette invitation. Cependant, les 
magnifiques presents du roi Payant seduit, il se 

1 Dissert alio de Behemoth et de Leviathan , elcphas 
et balarna, e Job xl, xli. Respond. G. Steph. Stiebcr. 
In-4°, Altorf, 1708. 



se prosterna , promit de faire ee que comma nde- 
rait le Dieu d'Israel ,' et parut au camp de Balac 
trfes-embarrasse. Lorsqu'il fut devant Parmee des 
Israelites, en presence de la'cour de Balac fort 
surprise , pendant qu'on s'attendait a entendre 
des maledictions, il se sentit domine par un'en- 
thousiasme divin, et protionga, malgre lui, une 
magnilique prophetie sur les destinees glorieuses 
du peuple de Dieu. II annonga meme le Messie. 
Balac, furieux, le cliassa; par; la suite, les He- 
breux , ayant vainjsu les Madianiles , firent Balaam 
prison n i er et le luerenL 

Baladeva, troisieme Rama , on troisieme in- 
carnation de Vichnou. 

Balai. .Le manche k balai est la monture or- 
dinaire des sorcieres lorsqu'elles se rendent an 
sabbaL Rem i con to a ce sujet que la fern me d'un 
cordonnier allemand, ayant, sans le savoir, fourrd 
le bout de son manche a balai dans un pot qui 
contenait Pongueht des sorcieres, se mit maclii- 
nalement aussitot a califourchon sur ce manche, 
et se sentit transported a Bruck, ou se faisaii ie 
sabbat. Elle profita de Poccasion, se (it sor- 
ciere, et pen apres fut arretee comme telle. 

II y a sur le balai d'aulres croyances. Jamais, 
dans le district de Lesneven, en Bretagne, on no 
balaye une maison la nuit : on pretend que c'esl 
en eloigner le bonheur; que les ames s'y pro- 
menenl, et que les mouvements d'un balai les 
blessent et les ecartent. lis nomment cet usage 
proscrit balayement des morls. lis disent que la 
veille du jour des Trepasses (2 novembre) il y a 
plus d'ames dans chaque maison que de grains 
de sable dans la mer et sur le rivage. 

Balan, roi grand et terrible dans les enfers. 
II a quelquefois trois teles : celle d'un laureau, 
celle d'un homme, celle d'un belier. Joignez a 
cela une queue de serpent el des yeux qui jellent 
de la fiamme. Mais plus ordinairement il se 
montre a cheval, nu et cornu, sur un ours, el 
porle un epervier au poing. Sa voix est rauque 
et violente. II repond sur le passd, le present el 



BAL 



11 - 



BAL 



1'avenir. — Ge demon , qui etait autrefois de 
l'ordrc des dominations, el qui commande au- 
jourdMiui quaranLe legions infemales, enseigne 



& 
■-Si 



ft 

m 



'4* 



m 



w 



! 



n 



\-3 




JaVkAu it 



les ruses, ]a finesse efc le moyen commode de 
voir sans etre vu. 



Balance, septieme signe du zodiaque. Geux 
qui naissent sous ceLte constellation aiuienl ge- 
neralement requite. G'cst, dit-on, pour etre 
ne sous le signe de la balance qu'on donna a 
Louis XIII le surnom de Juste. 

Les Persans pretendent qu'il y aura au der- 
nier jour une balance dont les J)assins seront 
plus grands et plus larges que la superficie des 
cieux, et dans-laquelle Dieu pesera les ceuvres 
des homines. U n : des bassins de cette .; balance 
s'appellera le bassin de lumiere, l'autre le bas- 
sin de tenebres. Le livre des bonnes (Buvres sera 
jete dans.le bassin de lumiere, plus brillant que 
les etoiles ; et le livre des mauvaises dans lb 
bassin de tenebres, plus horrible qu'une nuit 
d'orage. Le fleau fera connaitre qui l'emportera, 
et a quel degre. G'est apres cet exanYenque les 
corps passerontle pout etendu sur le feu (Kernel; 

Balcoin ou Balcon (Marie) sorciere du pays 
de Labourd, qui allait au sabbat du temps de. 
Henri VI. On.lui fit son proces, ou elle fut con- 
vaincue d'avoir mange, dans une assemblee noc- 
turne, Toreille d'un petit enfant. Elle fut sans 
doute brdlee, 




Balder, dieu scandinave, fils d'Odin et de 
Frigga. Locke, son ennemi, le fiL luer par Ho- 
der; et, tout dieu qu'il etait, il descendit aux 
enfers, ou il est reste. 

B&leine. Mahomet place dans le ciel la ba- 



leine d£ Jonas. Wine et nos legendaires parlent 
de baleines longues de neuf cents pieds remains 
et de laille a avaler une barque. 

Bali, prince des demons et l'un des rois de 
renter, selon les croyances indiennes. 11 se bal- 



I 

m 



BAL 



— 78 - 



BAP 



tit autrefois avec Viclmou, qui le precipita dans 
l'abime, d'ou il sort une fois par an pour faire 
du mal aux hommes; niais Vichnou y met ordre: 
Les Indiens donnent aussi le nom de Bali aux 
farfadets , a qui ils offrent du riz-, que ces lutins 
ne manquent pas de veiiir manger la nuit 

Balkis ou Belkis, reine de Saba, qui vint 
honorer Salomon. On trouve son histoire dans 
]&s Ltyendes de VAncicn Testament, 

BaileSi On a era autrefois que certains guer- 
riers avaient un charme contre les balles , parce 
qu'on tirait sur eux sans les atteindre. Pour les 
tuer, on mettait dans les cartouches des pieces 
d* argent * car rien , dit-on , ne peut ensorceler la 
monnaie. 
Balsamo. Vo\j. jCagliostho. 
Baltazo , Tun des demons de la possession de 
Laon.'-Foy. Aubky. On conte qu'un chenapan, se 
faisant passer pour le demon, alia souper^dans 
la maison de Nicole Anbry, la possedee, sous 
pretexte de combiner sa delivran.ee , qu'il n' opera 
.pas. On remarqua en soupanfc qu'il buvaittres- 
sec; ce qui prouve, dit Leloyer, que I'eau est 
contraire aux demons 4 . 

Balthazar, dernier roi de Babylone, petit-fils 
de. Nabucliodonosor. Un soir qu'il profanait dans 
ses orgies les vases sacres de Jerusalem, il aper-- 
cut une main qui Lragait sur la muraille , en 
lettres de feu, ces .trois mots : Mam^hecel, 
pharcs. Ses devins et ses astrologues ne. purent 
expliquer. ces caracleres ni en -interpreter le sens. 
11 promit de grandes recompenses a qui lui en 
clonnerait Tintei-pretation. Ce fut Daniel qui, me- 
prisanLses recompenses, lui ap^rU que les: trois 
mots signifiaient que ses annees etaient comp- 
ters, qu'il n'avait plus que; >quel : ques moments a 
vivre, et que son royaume allaitetre divise. Tout 
severifia peu dlnslants ^apris* 

Baltus (Jean-Francis);,) savant jesuite, mort 
en 17Zj3. Rdponses a V Histoire des oracles de Foiir., 
lenelle, in-8°, Strasbourg,, 1709, ou il etablit^ 
solidement que les oi:aql%des anciens etaient 
l'Quvrage du demon, et<qu?ils furent reduits au 
silence lors de la missipin .dis -^otre-Seigneur Je- 
sus-Christ sur la terre. "• , V; 

Bametrie, sorciere qui fut accusee en 1566 
d'a v oir ensorcele les i . orpheli lis r id ' A msterdam ; 

Voij> OftPHliUNATS. 

Banians, Indiens idoldtreS;, repandus surtout 
dans le Mogol. Us reconnaissent nn Dieu crea- 
leur; mais ils adorent le diable,;qui est charge,, 
disent-ils, de gouverner le monde, lis \q repre- 
sentent sous une horrible figure. Le pretre de ce 
culte marque au front d'un signe jaune ceux 
qui ont adore le diable, qui des lors les recon- 
nalt et n'est plus si porte a leur faire du mal 2 , 

1 Diisc. ctlust. des spectres, liv. Ill, ch. x. 

2 Histoire de la religion des Banians, tiree de leur 
livre Sinister, etc, traduit de l'anglais. Paris, 
4667, \n-\% 



Banshee, fee blanche chez les irlandais. Elle 
a une robe blanche et une chevelure d'argent. 
Attacbee a plusieurs families : les Kearney, les 
Butter, les Keatin ,.les Trant , les Rices, elle vient 




is 



'il}-*-? 



m 



pleurer et battre des mains sous leurs fenelres 
lorsqu'un meinbre de ces families doit mourir. 

VoiJ. FEMMES BLANCHES* 

Bapteme. Dans le nord de 1' Angteterre , lors- 
qu'on presente a la fois plusieurs enfants pour 
fecevoir-le bapteme anglicany on veille attenti- 
vemgnt'^cp^'gul&^s filles ne passent pas avant 
les gar^ons.^i^.crcrtt^gue les garqons baptises 
apres les filled ^Vbnt^pt.'de barbe. — Les sor- 
cieres, dans Ifeiu^s ceremqnjes 'abominables, bap- 
tiseht { au sabbaUles ci^apaudsetxle petits enfants. 
M& crapauds sont habiiles ! lde velours rouge, les 
petit^ erifants de velours ri'oir. Pour cette opera- 
tion |n%!iate, le diable urine -duns un trou; on 
•prehd.dQ feettei dejection aveb- uii goupilion noir, 
.on : en jette sur Td tete de l'enfant ou du crapaud, 
en faisant de^.dgnes de croix a rebours avec la 
main gaucbe.;' : e^ 

trica, draguacp Petricd agora, agora Valentin; 
ce qui veut dire : « Au nom deTatrique, de Ma- 
Lrique, Pdtrtqife s d'Ara*blTi -ii ceLle, heure , a cellc 
heure v Valentia'i » Cette stupide impiete s'appelle 
le bapt^me:;du^diable, Le diable, ou celui qui le 
repre : sente m : sabbat;, rebaplise aussi, avec du 
soiifre, dii sel et de Vurine, les adultes des deux 
sexes qui se font recevoir a ses assemblees. 

Bapteme de la Ligne. Lorsqu'on traverse la 
Ligne, les matelots font subir aux personnes qui 
la passent pour la premiere fois une ceremonic 
qu'ils appellent le bapteme cle la Ligne. Ce bap- 
teme consiste en une aspersion plus ou moins 
d&agreable, dont on evite souvent les ennuis 
par une generosite. Les personiiages qui font la 
plaisanterie se travestissent; le Pere la Ligne ar* 



£58 



8 



BAR 



— 79 — 



rive dans un lonneau, escorte par un diable, un 
courrier, un perruquier et un meunier. Le pas- 
sager qui ne veut pas donner pour boire aux 
niatelots est arrose ou baigne, apres avoir ete 
poudre el frise. On ne sait trop Porigine de cet 
usage, ni pourquoi le diable y figure* 

Baraboule; Voy. Kacher. 

Barat, maladie de langueur, ordinairement le 
resullat ; d'un sort J ete., qui conduit infaillible- 
menl a la mort, et qui* selon les opinions bre- 
tonnes, est guerie par les eaux.de la fontaine de 
Sainle-Candide, pres de Scaer.,;daris leFinistere. 
II n'est pas d'enfant qu'on ne trempe dans cette 
fontaine quelques jours apres sa naissance; on 
croit qu'il vivra s'il etend les pieds, et qu'il 
mourra.danspeu s'il les retire 1 * 

Barbas, demon. Voy. Marbas. 

Barbatos, grand et puissant demon , comte- 
duc aux enfers, type de Robin des Bois ; il se 
m outre sous la figure d'un archer ou d'un chas- 




seur; on le rencontre dans les forels. Quatre rois 
sonnent du cor. devant lui. 11 apprend a deviner 
par le chant" des oiseaux, le mugisseiiient des 
laureaux, les "aboiements des chiens et les cris 
des divers animaux. 11 connait les tresors enfouis 
par les magiciens, 11 reconcilie les amis brouilles. 
Go demon, qui etait autrefois de Pordre des ver- 
lus des cieux ou de celui des dominations, est 
reduit aujourd'hui a commander trente legions 
infernales. 11 connail le passe et le futur 2 . 
Barbe. Les Romains gardaient avec un soin 
■ superslilieux leur premiere barbe, Neron faisait 
j conserver la sienne dans une boite d'or enrichie. 
; de pierreries 3 . 

Barbe-4-Dieu. Thiers, dans son TralU des 
wperstitions, rapporte la priere dite la Barbe- 
i-l)icu; e'est une priere superstitieuse encore 
popiilaire< et qui se trouve dans divers recueils. 
La voici s « Pecheurs et pecheresses, veuex a 

\ Cambry; Voyage dans le Finistere, t. 01 , p. 
" Wicrus, in P&eudomonarchia dwmon. 
3 M. Nisard, Stacel 



moi parler. Le coeur me dut trembler au ventre, 
comme fait la feuille au tremble, comme fait la 
Loisonni quand elle voit qu'il faut venir sur une 
petite planche , qui "n'est plus grosse ni plus 
membre que trois cheveux de femme grosse en- 
semble, Ceux qui la Barbe~a-Diexi sauront, par- 
dessus la planche passeront, et ceux qui ne la 
saurorit, au bout de la planche s'assiseront , crie- 
ront,, braierorit : Mon Dieu! helas ! inalheureux 
etat ! Est comme petit enfant celui qui la Barbe- 
d-Dieu n'apprend. » 
Barbe bleue. Fo#. Retz. 
Barbe de Saint-Michel , religieuse de Lou- 
viers. Voy. Louvjeks. 

Barbeloth. Des gnostiques, appeles barbeliots 
ou barboriens, disaient qu'un £on immortel avait 
eu commerce avec un esprit vierge appele Bar- 
beloth, a qui il avait successivement accorde la 
prescience, rincorruptibilite et la vie eternelle ; 
que Barbeloth , un jour, plus gai qu'a Pordinaire, 
avait engendre la lumiere, qui-s perfeclionnee par 
l'onction de r esprit, s'appela Christ; que Christ 
ddsira Vintelligepce et Tobtint; que rintelligence, 
la raison, Pincorruplibilite et Christ s'unircnt; 
que la raison et Pinlelligence engendrerent Auto- 
gfcne; qu'Autogene engendra Adamas, Phomme 
parfait, et sa femme la connaissance parfaite; 
qu'Adainas et sa femme engendrerent le bois; 
que le premier ange engendra le Saint-Esprit, 
sagesse ou Prunic; que Pruhic engendra Protar- 
chonte ou. premier prince , qui fut insolent et 
sot; que Protarchonte et Arrogance engendrerent 
les vices el toutes leurs branches. Les barbeliots 
debilaient ces merveilles en hebreu , et leurs cd- 
rdmonies n'<5laient pas moins abominables que 
leur doctrine elait extravagante j . 

Barbier. Pline le jeune 2 avait un afTranchi, 
nomme Marc, honime quelque pen, lettre, qui 
couchait dans un meme lit avec son jeune frere. 
Marc, dans le sommeil,.crut voir une personne 
assise au chevet de son lit, qui lui coupait les 
cheveux du haul de la -tele, A son reveil, 31 se 
trouva rase,'et ses cheveux jeles au riiilieu de 
la chambre. — La meme chose arriva , dans le 
meme temps, a un jeune gargon qui dormait 
avec plusieurs autres dans une pension. II vit 
entrer par la fenetre deux homines veins de 
blanc, qui lui couperent les cheveux comme il 
dormait. A son reveil, on trouva ses cheveux 
repandus sur le plancher. « A quoi cela peut-il 
elre attribue, dil D. Calmet 8 , si ce n'est a des 
follels? » — ou aux compagnons de lit? 

11 y a quelques lutins, du genre de ceux-la, 
qui ont fait pareillement les fonctions de bar- 
biers. Les conies populaires de 1'AIIemagne vous 
apprendront que les revenants peuvent ainsi faire 
la barbe aux vivants. 

1 Bergier, Diclionnaire iheohg^tm moi Barbeliots, 

2 Lib. XVL, epist. xxvu. 

3 Dissertation sur les apparitions. 




, ; 4 



l 4. "J J H 





i. ; H:.;:;u 

mm 



— 80 — 



BAR 

Barbieri. Dialogues sur la mort. et sur les 
ames separees Dialog hi delta mqrte e dell* anime 
separate } di Barb fori . In- 8° . Bologna L -1 6 . 

Barbu. On appelle demon barht)e demon qui 
enseigne le secret de la pierre philosopbale ; on 
le cotmait peu. Son nom sem.blerait indiquer que 
c'est le meine que.BarbatoSj qui n'a rien d'un 
demon philosophe. Ce n'est pas non plus Bar- 
has, qui se mele de mecanique. On dit que le 
demon barbu est ainsi appele a cause de sa barbe 
remarquable. : - 

Barcabas et Barcophv Voy.. Basiude. 

Bareste (Eugene) , auteur de la Fin des temps 
et de quelques propheties du moins ires-spiri- 
tuelies. 1] a ete quelques annees le redacLeur.de 
I s Almanack prophetique pittorcsqve et. utile, la 
plus curieuse de ces legeres productions que 
chaque annee ramene. 

Barkokebas ou Barchoehebas , imposteur 
qui se fit passer pour le Messie -juif, sous l'em- 
pire d'Adrien. Apres avoir ete voleur de gravid 
chemin, il changea son nom de Barkoziba , 
da memonge, en celui de Barkokebas, fits de 
i'eloile, et preteridit qu'il etait I'&oile.annoucee 
par Balaam. 11 se mit a faire des prodiges* Saint 
Jerome raconte qu'il vomissait du feu par la 
bouche, ail moyen d'un morceau d'etoupes allu- 
mees qu'il se mettait dans les dents, ce que font 
maintenant les charlatans des foires. Les Juifs le 
reconnurent pour leur Messie. II se fit couronner 
roi, rassembla une armee, et soulint contre les 
Romains une guerre assez longue; mais enfin, 
en l'annee 136 , l'arm<§e juive fut passee au fil.de 
Tepee et Barkokebas tue\ Les rabbins assurent 
que, lorsqu'on voulut enlever son corps pour le 
porter a l'empereur Adrien, un serpent se pre- 
senta autour du cou de Barkokebas, et le fit res- 
pecter des porteurs et du prince lui-meme ! . 
" Barnand (Nicolas) , medecin protestant du 
seizieme siecle, qui rechercha la pierre philoso- 
pbale. II a publie sur I'alchimie divers petits trai- 
tes recueillis dans le troisieme volume du Tliea- 
trum chimicum, compile par Zetzncr; Strasbourg, 
1659. 

Barrabas. « Quand les sorcieres sont enlre 
les mains de la justice, dit Pierre Delancre 2 , 
elles font semblant d'avoir le diable leur maitre 
en horreiuyet Tappellent par dedain Barrabas 
ou Barrabam. » 

Barron, un des demons auxquels sacrifiaitle 
marechal de Retz. Voy. Retz. 

Barscher (Anne), femme de Kdge, pres de 
Gopenhague, qui subit en 1609 et plus iard un 
ensorcellement jete sur elle, sur son mari et ses 
enfants. Elle a publie en danois le recit curicux 
de ses soufirances, recit approuve et atteste par 



BAS 



1 Yoyez son hisloire plus elenduo clans les Legendes 
de VAncien Testament . 

2 Tableau de Vinconstance des mauvais anges, etc., 
liv. VI, disc. in. Paris, 4C12S. 



des autorites imposantes. On peut lire cette bis- 
toire assez compliquee dans les EnergmncniKoa- 
gienses* Lipsice, 1695. 

Barthole, jurisconsulte, mort a Perouse en 
1356. II commensal mettre de Tordre dans la 
jurisprudence ; mais on retrouve les bizarreries 
de son siecle dans quelques-uns de ses ouvrages. 
-Ainsi, pour faire connaitre la marche d'une pro- 
cedure , il imagina un proces entre la sainte Vierge 
et.le diable, jnge par.'Notre-Seigneur Jesus- 
Christ 4 . Les parties plaident en personne. Le 
diable demande que le genre humain rentre sous 
son obeissance ; il fait observer qu'il en a ete le 
maitre depuis Adam ; il cite les lois qui e\tablis- 
sent que celui qui a ete. depouille d'une longue 
possession ale droit d'y rentrer. La sainte Vierge | 
lui repond qu'il est un possesseur de: mauvaise 
foi , et que les lois qu'il cite ne le concernent 
pas. On epuise des deux cotes toutes les res- 
sources de la chicane du quatorzieme siecle, et 
le diable est deboute de ses pretentions 2 . 

Bartholin (Thomas), ne a Gopenhague en 
1619. On recherche de lui le livre De unguento 
armario, Ce traite de la poudre de sympathie se 
ressent du temps et de la crMulite de Tauteiu 1 ; 
il contient cependant des cboses singulieres et 
qui ne sont pas indignes de quelque attention. 

Barton (Elisabeth) , religieuse de Kent, qui 
previt et revela^ en 1525*, les exces ou tombe- 
rait bientot le schisme qu'elle voyait naitre en 
Angleterre. Les partisans de Henri VIII s'ecrierent 
qu'elle etait poss^dee du diable. La protection de 
Thomas Moras,, loin de la sauver, la perdit : en 
1533 , cette pieuse et sainte fille fut mise a mort 
avec beaucoup d'autres , sous pretexte de sorcel* 
lerie, par les reformes, qui se vantaient d'appor- 
ler la lumiere et la liberie. 

Bas. Qm a chausse un de ses bas a Tenvers 
recevra dans la journee un conseil, — probable- 
ment celui de le retourner. 

Bascanie, sorle de fascination employee par 
les magiciens grecs; elle troublait tellement les 
yeux, qu'on voyait tons les objets a rebours: 
blanches les cboses noires, rondes les ehoses 
pointues, laides les plus jolies figures , et jolies 
les plus laides. 

Basile. Michel Glycas 3 raconte que Tempe- 
reur liasile, ayant perdu son fils bien-ahne, ob- 
tint de le revoir peu apres sa mort, par le moyen 
d'un moine magicien ; qu'il le vit en eftet et lc 
lint embrasse assez longtemps, jusqu'a ce qu'il 
disparut d'entre ses bras, a Ce n'etait done qu'un 
fantome qui disparut sous la forme de son fils*. » 

■ 1 Ce singulier ouv rage, intitule Processus Satan<t 
contra Virginem coram judice Jcsu, est imprime dans 
le Processus juris jocoscrius. In^8°. Hanau , \ 61 4 . 

2 Yoyez cc proces resume dans les Lcgendes du 
Nouveau Testament. 

3 AnnaL, part. IV. ' 

4 D. Calmet,. Dissertation des revenanls en corps, 
ch. XVI. . . - " 



BAS 



— 81 — 



BAS 



Basile-Valentin, alchimiste, qui est pour les 
Allemands.ee que Nicolas Flamel est pour nous. 
Sa vie est melee de fables qui ont fait croire a 
quelques-uns qu'il n'a jamais existe. On le fait 
vivre au douzieme , au treizieme } au quatorzieme 
et au quinzieme siecle; on ajoute meme, sans la 
moindre preuve, : qu'il elait benedictin a Erfurt. 
C'est lui qui , dans ses experiences chimiques, 
decouvrit VanUmoine } qui dut son nom a celLe 
cireonstanee, que, des pourceaux s'etant prodi- 
gieusement eiigraisses pour avoir avale ce residn 
de metal, Easile en fit prendre a des religieux 
qui en moururent. 

On raconle que, longtemps apres la mort de 
Basile-Valentin, une des colonnes de la calhe- 
drale d'Erfurt s'ouvrit comme par miracle, et 
qu'on y trouva ses livres sur ralchimie. Les ou^ 
vrages de Basile, ou du moins ceux qui portent 
son nom, ecrits en haut allemand, ont ete Ira- 
duits en la tin, et quelques-uns du latin en frjan- 
c/ais. Les adeptes recherchent de hu.YAzoth^ 
| les Douze clefs de la philosophic de frere Basil e- 



S 
A3 



G'est une opinion encore, repandue dans les 
campagnes que les vieux coqs pondent un oeuf 
duquel nait un serpent. Ce petit oeuf, imparfait, 
h'est, comme on salt, que Feflet d'une maladie 
chez les poules; et Fabsurdile de ce eonte bleu 
n'a plus besoin d'etre demonlree. \ 



k 
I 

CSS) 

if 



Si Valentin, Iraitant de la vraie •mddecine metals 
lique \ a la suite de la traduction db-YAzolh, 



#5 



I 



in-12, 1660; in-8°, 1669; l r Apocalypse chimi- 
que 1 ; la R4vdlalio?t des my sieves des teintxires 
essentielles des sept metaux et de leurs vertus me 1 - 
dkhudes\ in-4°, Paris, 1546 \,Du microcosme, 
du grand mysterc dn monde et de la mddecine de 
l'/iomme & y TraiU chlmico-philosophique des choscs 
nalurelles et surnaturetles des mtndraux el des 
mclawx*; Haljo'graphie , de la preparation, de 
l' usage et des vertus de tons les sels minerauXj 
animaux et veqdlaux , recueillis par Antoine Sal- 
mincius, dans les manuscrits de Basile-Valen- 
tin 7 , etc* La plupart de ces ouvrages ont fail 
faire des pas a la chimie. utile. 

Basilic, petit serpent, long d'uti demi-metre, 
qui n'a ete connu que des anciens. II avail deux 
j| ergots, une tele et une crele de coq, des ailes, 
§|l une queue de, serpent ordinaire, etc. Quelques- 
uns disent qu'il nait de Fceuf d'nn coq couve par 
un serpent ou par un crapaud, Boguet , au clia- 
pilre xiv do sesJDiscoars des sorcicrs, le fait pro- 
duce de l'accouplement 'du, crapaud et du coq, 
comme le mulet nait d'un ane et d'une jument. 



81 

m 

* 

mi 
w 



* v- ts- s \ 



is/'*-.*- 




1 Azoth , she Aurelics philosophorum. Francfort, 
-16'13. In-4° ) traduit en francais en 4660. 

2 Praclica, una cum diwdecim davibus et appen- 
dicc. Francfort, 4618. In-4°. 

3 Apocalypsis chimica. Erfurt, 4624. In-8°. 

4 Manifcslatio.arlificiorum, etc. Erfurt, 4624. 
In-4<\ La traduction dont on indique le litre est de 
J. Israel. 

5 Dc microcosmo, deque maqno mundi mysterio ct 
CM wedicina hominis. Mnrpurg, 4 609. In-8°. 

6 Tracialits chimico-philosophiciis de rebus nalu- 
ivmous et prcBternaiuralibus mctallorum et minera- 
Imm. Francfort, 4 676. In-8°. 

/ llcdiographia, de prmparatione > usu ac virluti- 
ous omnium saUum mineralium, animalium ac vegc- 
labilium, ex manuscripiis Basilii Valentini collecla 
«t> Antonio Salmincio. Bologne, 4644. In-8°. 



•■■•» ;\ 



11 est possible que les anciens, dans leurs expe- 
riences , aient pris des oeufs de serpent pour des 
oeufs de coq, Voy. Coq. — Quoi qu'il en soit, on 
croit que le basilic tue de ses regards; et Ma- 
thiole-demande comment on a su que le basilic 
tuait par son-regard , s 1 il a tue tous ceux qui Tout 
vu. On cite toulefois je ne sais quel histprien qui 
racontequ'Alexandre le Grand ayant mis le siege 
clevant une ville d'Asie, un basilic se declara pour 
lesassieges, se campa dans un Iron des remparts, 
et lui; tua jusqu'a deux cents soldats par jour. Une 
batterie de canons bien seryie n'efit pas fait mieux. 

« It est vrai , ajoute M. Salgues 1 , que si le ba- 
silic peut nous donner la mort, nous pouvons lui 
rendre la pareille en lui prdsenLant la surface po- 
lie d'un miroir ; les vapeurs empoisonnees qu'il 
lance de ses yeux iront Trapper la glace, et» par 
reflexion, lui renverront la mort qu'il voudra 
donner. C'est Aristote qui nous apprend cette 
parLicularite. » 

Des savants ont regarde en face le serpent 
qu'on appelle aujourd'hui basilic , et qui n'a pas 
les accessoires dont les anciens Font embelli; 
malgre tous les vieux contes, ils sont sortis bien 
porlants de cette epreuve. Mais, nous le'repe- 
tons, le reptile auquel les modernes donnenl le 
nom de basilic n'est peut-etre pas le basilic des 
anciens, car il y a des races perdues. 

Au moyen age, on donnait au basilic une cou- 
ronne native ornee d'une pierre precieuse, et on 
voyait en lui le roi des serpents. 

Basilide, beretique du deuxieme siecle, qui 
se fit un systeme en melanl les principes de Py-. 
thagore et de Simon, les dogmes des Chretiens 
et les croyances des Juifs. 11 pretendit que le 
monde avail ete cree par les anges. « Dieu (Abra- 
cax), disait-il, produisit l'Inleliigence, laquelle 

1 Des erreurs et des prejuges , etc., t. I, p. 44 3. 

6 



mm 



lite 





.- lv§M Sir 




Ip 

:f 




If' 




..t':i 

'■'A i 



(■-•?) 



mm 

www 

'■' J !•«! 



'.- '--t- :>'<;>■■>' 
; : V- : >^/Sl! 

,,»■)'( &? ft-**; . 

lilii 



. r 




BAS 



produisit le Verbe, qui produisit la Prudence; la 
Prudence eut deux filles : la Puissance et la Sa- 
gesse, lesquelles produisirent les vertus, les 
princes de Fair et les anges. Les anges etaient 
de trois cent soixante-cinq ordres; ils creerent 
trois cent soixante-cinq cieux ; les anges du der- 
nier ciel firent le monde sublunaire ; ils s'en par- 
lagerent F empire. Gelui auquel echurent les Juifs , 
etant puissant, fit pour euxbeaucoup de prodiges ; 
mais, comme il voulait soumetlre les autres na- 
tions, il y eut des querelles et des guerres, et 
le mal fit de grands progres. Dieu , ou l'Etre su- 
perieur, touche des iniseTes : d J ici^)as 



82 — BAS 

J&nis, son premier Fils, ou la premiere intel- 
ligence creee , pour sauver le monde. 11 prit la 
figure d'un homihe, fit les miracles qu'on ra- 
conte, et, pendant la passion, il donna son appa- 
rence a Simon le Gyreneen , qui f ut crucifie pour 
lui, pendant que, sons les traits de Simon, il se 
moquait des Juifs ; apres quoi il remonta aux 
cieux sans avoir ete precisement connu.* » 

Basilide , a cote de ce systeme etrange, ensei- 
gnait encore la metempsycose, et il donnait aux 
hommes deux' ames;. pour accorder les combats 
qui s'elevent sans cesse enlre la faison et les 
passions. 




Haleleurs. 



II etait tres-habile, ajoute-t-on, dans la cabale 
des Juifs. G'est lui qui inventa le puissant talis- 
man Abracadabra, dont nous avons parle, et 
dont Fnsage fut longtemps exLremement rfipandu. 
II fit im evangile apocrypbe et des propheties 
qu*il publia sous les noms de Barcabas et de 
Barcoph. 11 plagait Dieu dans le soleil. et rdve- 
rait procligieusement les trois cent soixante-cinq 
revolutions de cet astre autour de la terre. Voy. 

Abracax et ACHA-MOTIL 

Basilius. II y eut a Rome, du temps de saint 
Gregoire, uu sdnateur de bonne et ancienne 
famille, nomme* Basilius, magicien, scelerat 
el sorcier, leqnel, s'dtanl faiL moine pour 
eviter la peine de mort, fut enfin brule avec 
son compagnon Pretextatus, comme lui sena- 
teur romain et de maison illustre. « Ge qui 



montre, dit Delancre 1 , que la sorcellerie n'est 
pas une Lache de simple femmelette, rusliques 
et idiots. » 

Bassantin (Jacques), astrologue ^cossais qui, 
en 1562, predit a sir Robert Melvil, si Ton en 
croit les m&noires de Jacques Melvil,. son frere, 
une partie des evenements arrives depuis a Marie 
Stuart, alors refugiee en Angleterre. II ne faliail 
pour cela que quelque connaissance du temps et 
des hommes. Les autres predictions de Bassantin 
ne se realiserent pas. Son grand Trakd d'aslro- 
nomie, ou plutot d'astrologie, a did publie en 
francais et en latin. On recherche Addition latino 
de Geneve, 1599, que les editeurs appellent «'«- 
gens ct doclum volumen* Tous ses ouvrages pre* 

1 Delancre, De Vinconstanee des d6mon$t etc., 
liv. IV, p. 446. 



i'--': 




BAT 



— 83 — 



BAX 



sen lent un melange d'heureuses observations et 
d'idees superstitieuses*, 

Bateleurs , faiseurs de tours en plein air, ava- 
leurs de couleuvres, d'etoupes et de baguettes; 
ils paSsai en I autrefois pour sorciers, comme les 
cscamoteurs &t meme les comediens. 

Bathym. Voy. Mauthym. 

Baton du diable. On conserve, dit-on, a 
Tolentino, daiis la marche : d'Ancone, un baton 
dont on pretend que le diable a fait usage. 

Baton du bon voyageim a Cueillez, le len- 
demain de la "Tous.saipt.j^une forte branche de- 
sureau, que vous aurez soiri d<e ferrer par le bas; 
6lez-en la moelle ; 'rnettez a^la place les yeux 



d'un jeune loup , la langue et le coeur d'uii chien 
trois lezards verts et trois coeurs d'hirondelles ■ 
le tout reduit en poudre par la chaleur du soleil , 
entre deux papiers saupoudres de saipetre j pla- 
cez par-dessus, dans le eoeur du baton, sept 
feuilles de verveine cueillies la veille de laSainl- 
Jean-BapUste, avec unepierre de diverses cou- 
leurs qui se trouve dans le nid de la huppe ; bou^ 
chez ensiute le bout du baton avec une pomme 
a voire faritaisie, et soyez assure que ce baton 
vous garantira des brigands, des chiens enrages, 
des betes feroces, des animaux venimeux , des 
penis,, el vous procurera la bienveillance de tous 
ceux chez qui vous logerez... » 




Le lecteur qui dedaigne de tels secrets ne 
doit pas oublier qu'ils ont eu grand credit, et 
qu on cherche encore , dans beaucoup de vil- 
lages, a se procurer le baton du-bon voyageur, 
avec lequel on marche si, vite, qu'on doit se 
charger les pieds. : 

Batrachyte, pierre qui, suivant que Tindique 
son nom grec, se trouve dans le corps de la gre- 
nouille, et qui a, disent les bonnes gens, de 
grandes vertus contre les poisons et contre les 
Malefices. 

1 Mronomia Jacobi Bassantmi ,Scoti , etc. In-foh 
S V , * Para P hr ase de 1'astrolabe, avec une 
explication de cet instrument. In-8°. Paris, 4 647. 
^?Zi l ^ iica OMtthliaca; arithmetica; musica 
secundum Platonem; de mathcsi in genere, etc. 



Batscum-Bassa ou Batscum- Pacha, de- 
mon lure que Ton invoque en Orient pour avoir 
du beau temps ou de la pluie. On se le rend favo- 
rable en lui offrant des tartines de pain grille, 
dont il est Ires-friand. 

Baume tmiversel, dlixir compose par les 
alchimisLes : e'est, disenl-ils, le remede souve- 
rain et infaillible de toutes les maladies. II peut 
m6me, au besoin, ressusciler des morts. 

Bavent (Madeleine), possedee deLouviers, 
qui raconta en justice les orgies infames du sab- 
bat, auxquelles, comme tant d'aulres ames per- 
dues, elle avait pris part. Voy. LouviEns, ■ - 

Baxter, ecrivain anglais qui publia, a la fin 
du dix-septieme siecle, un livre intitule Certi- 
tude du monde des esprits. 

6. 





II III 




WF° M 

{pill 




Ik 



flip 





■ ■ - - i 

III 

WW 



1 



",f-. i H . ; r 51,. 





-■S3:.' 



■ui mi 



fill 



its 



BAY 



81 — 



BAY 



Bayard, cheval des quatrefils Ayraon, II avait 
la tail le d'un cheval ordinaire lorsqu'il ne portait 
qu'un des freres, et s'allongeait lorsqu'il les fal- 
lait- porter tons quatre. On conle beaucoup de 
merveiUes sur cette monture celeb re, qui se dis- 
tinguait surtout par une vitesse incroyable, et 
qui a laisse la trace ;d'un de ses pieds dans la 
fqret de Soign.es en Brabant. On trouve attssi la 
marque d'un de ses fers sur un rocher pres de 
Dinant. 

: Bayemon. Le grimoire attribue slupidement 
au pape Honorius donne. ce nom a im roi del' Oc- 
cident infernal On le conjure par cette priere : 
« roi Bayemon , tres-fort, qui regne aux par- 
ties occidentales , je t'appelle et invoque au nom 
de la Divinite ; je te commande , en vertu du 
Tres-Haut, de m'envoyer presentement devant 
ce cercle (on nomine Fesprit dont on veut se 
servir, Passiel , Roslis , etc.) , et les autres esprits 




qui le sonL sujets, pour repondre a lout ee que 
je leur demand erai. Si tu ne le fais, je te tqur- 
menlerai du glaive du feu divin; j'augmenterai 
tes peines et te brfflerai. Obeis, roi Bayemon » 
* Bayer. En 1726, uri cure du diocese de Con- 
stance, nomme Bayer, pourvu de la cure de Ru- 
theim , fut inquiete par un spectre ou mauvais 
genie qui se montrait sous la forme d'un paysan 
mal vetu, de mauvaise mine et tres-puant. II vint 
frapper a sa porle; elant entre dans son poele, 
il lui dit qu'il elait envoye por le prince de Con- 
stance,, son eveque, pour cerlaine commission 
qui se trouva fausse. II demanda ensuite a man- 
ger." On lui servit de la viande, du pain et du 
vin. II prit la viande a deux mains el la devora 
avec les os, disant : « Voyez comme je mange la 
-chair et les os; faites-vous do meme 2 ? » Puis il 

1 Grimoire dil du papc Honorius. 

2 Dom Calmel, Traite sur les apparitions, etc, 

&> II, Ch. XLYIII. 



prit le vase ou elait le vin , et 1-avala d'un trait; 
il en demanda d'autre qu'il but de meme. Apres 
cela il se retira sans dire adieu ;'et la servaiile, 
qui le conduisait h la porte, lui ayant demande 
son nom, il repondit : « Je suis iie a Rutsingue, 
et mon nom est Georges Raulin ; » ce qui etait 
faux encore. ,. . . . . 



''■£3 




li passa le resle dtv jour a se faire voir dans le 
village, et revint, le soir a minuitva la portc du 
cure, en criaht d'une' voix, terrible : Mynheer 
Bayer,: je vons montrerai qui je suis,.. 

Pendant trois ans, il revint to us les jours vers 
quatre heures apres midi , et toutes les nuits 
avant le point du jour, ii paraissait encore sous 
diverses formes, tantot sous la figure d'un chicn 
barbet, tantot sous celle d'un lion ou d'un autre 
animal terrible; quelquefois sous les traits d'un 
homme, sons ceux d'une femme; certains jours 
-il faisail dans la maison un fracas semblable a 
eel ui d'un tonnelier qui relie des tonneaux; d'au- 
irefois on aurait dit qu'il voulait renverser le 
logis par le grand bruit qu'il y causait. Le cure 
fit venir comme temoins un grand nombre de per- 
sonnes. Le spectre repandait partout une odeur 
insupportable, mais ne s'en allait pas. On eut re- 
cours aux exorcistnes, qui ne produisirent aucuti 
eOet ; on resolut de se munir . d'une branche be- 
nite le dimanche des Rameaux, et d'une epee 
aussi beni te , et de s'en servir con Ire le spectre. 
On le fit deux fois, et depuis ce temps il ne re- 
vint plus, • 

Ces choses, rapporlees par dom Calmet, peu- 
'vent-el les s'expliquer, comme le proposent les 
esprits forts, par les frayeurs qu'un garnement 



BAY 



— 85 — 



BED 



] aura causees au cure, frayeurs qui ont du lui 
: donner des visions?.,. 

Bayer (Jean), ministre protestant , ne a Augs- 
\ bourg aa seizieme siede* On recherche; de' lui 
I une ihese sur celle question : « Si ['existence des 
l anges peut se demontrer par les seules lumieres 
\' naturelles 1 ? » 

I Bayerin (Anne) , servanle qui fit pacte avec 
I le diable a Salzbourg; elle. causa de grands de- 
i gats a un forgeron chez qui elle servait , et passa 
I dans une autre maison oil elle mit pareiltement le 
| desordre; Inlerrogee.sur ses mecharicetes ou ma- . 
| lefices , elle.avoua , sans.en elre presseo , qu'elle 
| s'etait donnee au demon et quyie..avait;assisle 
1 au sabba t ; on ne voi t pas qu- elle ait. etc ;brulee . 
| Bayle (Frarigois), iprofesseur de : medecine a 
f Toulouse^ mort en 1709, Nous ne. citcrons de ses 
ouy rages que la Relation de Velat, de quelqws per- 
sonncs pvUendu es possedees., faite de I'aiitorUe dii 
parlcment.de Toulouse, ih-12 ;• Toulousej, .1682; 
\\ veul prouver que les dem6niaqu;es , s'ils, ne: sont 
pas des charlatans , sont tres-souvent des fo.us; ou 
des maladcs. ' ' ..: , . 1 • :, . ^ ' 

Bazine j celebre reine:des.Toiigr,es., : qui epousa 
Ghilderic, et qui fut mere de :G;loyi's; Elle. est re- 
presentee par les vieux. hi'storiens comnle une 
habile magieienne. On sait qu ? el!e etait femme 
] de Bi si ug ; roi des Tongtfes ; que Chil clerjc chasse 
de ses lUats par une revolution et;refugi3 a la, 
cour de Bisingy plul a sa femme; .que lorsqu'il 
* fut retabli' sur le trone , Bazine qui tta tout pour 
m venir le trouver. Ghilderic repousa. Le soir de 
§ scs noces, quand elle fut seule. avec lui, elle le 
j§ pria de passer la premiere nuit dans une curieuse 
|§ observation, Elle r.envoya ala porte de son palais 
ff en luj enjoignant de venir lui rapporter ce qu'il 

I y aurail vu. — Childeric , cqnnaissant le pouvoir 
J magique de Bazine,: qui elait un peu druidesse, 
j| s'emprcssa d'obeir. II ne fut. pas plulot dehors, 
$ qu'il vit d'enormes animaux se promener dans la 
H cour ; c'elaient des leopards, des licornes, des 
H lions. Etonne de ce spectacle, il Vint en rendre 
f| compte a son epouse; elle lui dit,du ton d'oracle 
§| qu'elle avaiL pris d'abord, de ne point s'effrayer, 
i| et de retourner une deuxieme et meme , une troi- 
|j siemefois. 11 vit a la deuxieme fois des ours et 
jig des loups , et a la Iroisieme des chiens et d'autres 
S| poli Ls animaux qui s'enlre-dechiraient. — <( Les 
|| prodiges que vous avez vus, lui dil-elle, sont>;une 
S image de 1' a venir ; ils representent le caraclere 

II de toule noire posterile. Les lions ctles licornes 
H designent le fils qui nailra de nous ; les loups et 
::j ours sont ses enfants, princes vigoureux et 
|| avides de proie ; et les chiens, c'est le peuple 
|| indocile au joug de ses maitres, soulev^ contre 
|| ses rois, livre aux passions des puissants et sou- 
|g vent viclime 2 . » — Au reste s on ne pouvail mieux 

^ An Atujehrum existenlia a solo lumine naturali 
|H pomt dcmonstrari? In-4". Wittemberg. 4668. 

- Selon d'autres chroniques, elle dit que les lions 



caracteriser les rois da cette premiere race ; 6t 
si la vision; n'est qu'un. conte, il est Men ima- 
gine 1 . . ~ 

BeaL Voy. Behith. 

Beauchamp. Voy. Abdkel. 

Bea.uffort (le comte Amedee dis) a publie , en 
1 84 :, u n v ol urae in- 8 i n ti tule IJgendes et tra- 
ditions populaires de Id France } recueit piquant 
oil les faits surnaturels onl grandepart. ' 
: Beausoleil (Jean du Chatelet, baron de) , 
astrologue et alchi miste : allemand v qui preceda 
Jacques Ay mar clans la. recherche des sources ii> 
connues et des tresors souterrains. il avail epouse 
Marline Berthereau , qui avail on a qui il soulfla 
les menies penchants qui le dominaient. Ils furent 
les premiers qui ilrenl profession de decouvrir 
les sources cachees au moyen de baguettes: my s-/ 
terieuses. lis cherchaient aussi les mines; et an- 
noncaient que, par Taide d-instruments merveil- 
leux , ils connaissaient tout ce que la terre recele 
dans son sein. Ces instruments etaient Tastrolabe 
mineral , le rateau mdlallique , la boussole a sept 
angles (a cause des sept, planetes) , les verges 
hydrauliques , etc. Les baguettes^ ou verges by- ; 
drauliques et metalliques, etaient preparees, di- 
saient-ils, sous lMnlluence des constellations qui 
dominaient l'art. On les accusa de inagie ; ce qui 
moti va ce jugement, c'est qu'en visitant les coifres 
de Marline Berthereau , ouy Iron va des gri moires 
et autres objels qui sentaieht a plein la sorcelle- 
rie. Le baron de Beausoleil, heureux du bruit 
qu'il faisait en llongrie; elait venu exploiter la 
France, Le cardinal do Richelieu le lit enfermer 
a la Bastille (16/|1) en meme temps qivon dete- 
nait sa femme Marline; a. Vincennes. On ne sait 
pas autre chose de leurs exploits. 

Beauvoys de Ghauvincourt, gentilhomme 
angevin, lit imprimer en 1599 un volume inti- 
tule Discqurs de la Lycanlhropie oil de la ^trans- 
mutation des homines en loups. - 

Bebal, prince de L'enfer, assez inconnu. 31 est 
de la suite de Paymon. Voy. ce mot. 

Bechard, demon designe dans les Clavicules 
de Salomon comme ayant puissance sur les vents 
et les tempetes. 11 fait greler, tonner el pleuvoir, 
au moyen d-un malefice qu'il compose avec des 
crapauds fricasses et autres; drogues. 

Bechet, demon que Ton conjure le vendredi. 
Voy. Conjurations. 

, Bedargon, Tun des lieutenants de Samael, 
dans la cabale judaique, 

Bede (le venerable) , ne" au septieme sifecle, 
dans le diocese de Durham , en Anglelerre. II 
mouriit a soixante-trois ans. On dit qu'il pa^evit 

et les licornes represeniaicnl Glovis, les loups el les 
ours ses enfants; et les chiens les derniers ro\s de la 
race, qui seraient un jour renverses du trone par les 
grands elle peuple ; dont les petils animaux dlaient 
la figure. 

* Dreux du Radier, Tablettes des reines de France. 



wmi' 





[J .J?. '.'.Ir VJ. -(V.! 




m ■■am. 
■ 1 l "t% 



BEG 



— 86 



BEK 



1'heure precise de sa mort. Un instant avant d'ex- 
pirer, il dictait quelques passages qu'il voulait 
exlraire des oeuvres de saint Isidore; le jeune 
moine qui ecrivait ]e pria de se reposer parce 
qu'il parlait avec peine : — « Non , repondit Bede , 
prenez une autre plume, et ecrivez le plus vite 
que vous pourrez. » — Lorsque le jeune eut dit : 
— C'est fait. — « Vous avez dit la verity, » repli- 
qua Bede et il expira, 

■ Peu de temps apres sa mort , on dit qu'il; se fit 
voir a uiiHinoine tiomme Gamete, a qui il temoi- 
gna le desir d'etre en terre a Durham,, a upres de 
ssaint Guthbert. On. se hala de le satisfaire, car 
on avait un grand respect pour sa memoire. 

Beguins. Voy. Digonn'ist. ^ ; ; 

Behemoth , d<mion- lourd et stupide , malgre 
ses dignites. Sa force est dans ses reins ; ses do- 
maines sont la gourmandise et les plaisirs du 




ventre. Quelques demonomanes disent -qu'il est 
aux enfers sommelier et grand echanson. Bodin 
croit 1 que Behemoth n'est autre chose que le 
Pharaon d'tfgypte qui persdcuta les Hebreux. II 
est parte de. Belidmoth dans Job comme d'une 
creature monstrueuse. Des commenlateurs pr6- 
tendent quec'est la baleine , et d'autres que c'est 
l'dldphant; mais il y eut d'autres monstres dont 
les races ont disparu. On voit dans le proces 
d'Urbain Grandier que Beh&moth est bien un de- 
mon. Delancre dit qu'on l'a pris pour un animal 
monstrueux, parce qu'il se donne la forme de 
toutes les grosses betes. II ajoute que Behemoth 
se deguise aussi avec.perfection en chien, en ele- 
phant, en renard et en' loup. 

Si Wierus, notre oracle en ce qui concerne les 
demons, n'admet pas Behdmoth dans son inven- 
taire de la monarchie infernale, il dit, livre l or , 
des Prestiges des Anions, chapitrc.xxi, que Behe- 
moth au l'elephant pourrait bien 6tre Satan lui- 
mGme , dont on d&igrie ainsi la vaste puissance. 

Enfin, parce qu'on lit, au chapitre xl de Job, 

■ 1 Ddmonomanie des sorciers, liv. I, ch. i. 



que Behemoth mange du foin comme un boeuf, 
les rabbins ont fait de lui le boeuf merveilleux re- 
serve pour le festin de leur Messie. Ce bceuf est 
si enorme , disent-ils , qu'il avale tous les jours le 
foin de mille montagnes immenses, dont il s'en- 
graisse depuis le commencement du monde. II 
ne quitte jamais ses mille montagnes, ou l'herbe 
qu'il a mangee le jour repousse la nuit pour le 
lendemain. lis ajoutent que. Dieu tua la femelle 
de ce boeuf au commencement ; car on ne pou- 
vait laisser multiplier une telle race. Les Juifs se 
promettent bien de la joieau festin ou il fera 
la piece de resistance. lis jurent par leur part du 
boeuf Behemoth. 

Beherit, demon sur lequel on a peu de ren- 
seignements, a moins qu'il ne soit le meme que 
B&rith. Voy. ce mot. II est cite dans la posses- 
sion de Loudun. II avait meme promis d'enlever 
la calotte du sieur commissaire , et de la-tenir en 
l'air a la hauteur de deux piques; ce qui n'eut 
pas lieu, a sa honte d . - 
: Remarquons pourtant que, sur cette posses- 
sion de Loudun, le calviniste qui en lit l'histoire 
a imagine" beaucoup de quolibels , pour ecorniiler 
d'autant l'Eglise romaine, qu'il voulait, comme 
tant d'autres, d^molir un peu , — mais qu'on ne 
demolit pas; 

Bekker (Balthasar), docteur en theologie rd- 
formde , et ministre a Amsterdam;, ne en 1634i 
a Ge Balthasar Bekker, grand ennemi de Tenfer 
eternel et du diable , et encore plus de la preci- 
sion, dit Voltaire, fit beaucoup de bruit en son 
temps par son gros livre du Monde enchanU* » 
Mors la sorcellerie, les possessions, ^taient en 
vogue depuis la r^forme , qui livrait de L'espace 
aux esprits malins; c'est ee qui le determina a 
combatlre le diable. «>On eut beau lui dire, en 
prose et en vers, qu'il avait tort de l'attaquer, 
attendu qu'il lui ressemblait beaucoup, etanl 
d'une laideur horrible : rien ne Tarr^ta; il coin- 
men ca par nier absolument le pouvoir de Satan, 
et s'enhardit jusqu'a soutenir qu'il n'existe pas. 
« S'il y avait un diable; disait-il, il se vengerait 
de la guerre que je lui fais. » Le laid bonhomme 
se croyail important; « Les ministres, ses con- 
freres, prirent le parti de Satan et deposerent 
Bekker. » 

II avait deja fait l'esprit fort dans de prdciS- 
dents ouvrages. Dans Tun de ses eat^chismes, 
le Mets de careme \ il reduisait les peines de Ten- 
fer au ddsespoir des damnes, et il en bornait la 
duree. On l'accusa de socinianisme * et son calc- 
chisme fut condamne par un synode. 31 publiaj 
l'occasion de la comete de 1680; des recherclies 
sur les cometes, imprimees en flamand, in-8*, 
Leuwarde, 1683. — 11 s'eflbrce de prouver que 

1 Hisioirc des diables de Loudun. 

2 11 publia deux especes de catechismes en langue 
hollandaise : Vaste spize (le mets de careme), et Gt' 
schneden brood (le pain coupd). 



>23 



mix 



: --M 



1 




BEL 



87 



BEL 



I 



it 
I 



IS 



S6 



1 



J* 



nv 



i 



: A 



-- v 



ces meteores ne sont pas des presages de mal- 
heurs, et combat les idees superstitieuses que 
le peuple attache a leur .apparition. Get ouvrage 
fat recu sans opposition. 11 n'en fat pas de meme 
de son livre Belooverde wcveld{Lv monde en- 
sorcele), imprime plnsiears fois, et tfaduit en 
francais sous ce Litre : « Le monde enchanld 9 oa 
examen des communs. sentiments touchant les 
esprits, leur nature, leur pouvoir, lpur adminis- 
tration et leurs operations, et touchant les elTets 
que les homines sont capables de produire par 
leur communication et leur vertu ; divise en quatre 
livres ; » h forts, volujnes petit in-12 , avec le por- 
trait de Pauteur 1 ; Amsterdam , 1694, 

L'auteur, dans cet ouvrage, qui lui fit perdre 
sa place de ministre*, cherche a. prmwer qu'il 
n'y a jamais eu ni possedes ni sorciers ; que tout 
ce qu'on dit des esprits malins n'est que supers- 
tition; etc, Uri peu plus tard pourtant, dans une 
defense de ses opinions , il admit l'existence du 
diable; mais il ajouta qu'il le croyait enchalne 
dans les enfers et. hors.d'dtat de nuire.. 

11 ne. fall ait pas, pour des calvinistes qui se 
disent si tolerants et qui le sont si peu, pour- 
suivre si serieusement un livre que sa prolixite 
seule devait rendre inlisible. « II y a grande ap^ 
parence, dit encore Voltaire, qu'on ne le con- 
darana que par le ddpit d'avoir perdu son temps 
a le lire. » Voy. Ghassen. 

Bel, divinite supreme des Ghalddens. Wi6rus 
dit que c'est un vieux demon dont la voix sonne 
le creux 5 . Les peuples qui en flrent un dieu con-, 
taient qu'au commencement le monde n'&ait 
qu'un chaos habite par des monstres; que Bel les 
Urn, arrongea l'nnivers, se fit couper la t<He par 
un de ses serviteurs, detrempa la lerre avec son 
sang et en forma l$s animaux et les- homines. 

Belaam, demon dont on ne sait rien, sinon 

1 Bekker elait si laid que la Monnoye fit sur lui 
colic epigramme : 

Out, par toi, Satan ]a puissance est biidee ; 
Mnis tu n'as couendant pas encore nsEez fait 1 : 
Pour nous 6ter du diable entierement J'idee, 
Bultlcer, supprime ton portrait. 

2 Pendant que les ministres d'Amsterdam pre- 
naienl le parti du diable, un ami de rnutenr lo ele- 
fendit dans un ouvrage intitule* Le diable Iriomphani, 
parlant sur le monL Parnasse; mais le synode qui 
avail depose Bekker ne rdvbqua pas sa sentence. On 
ecrivil conlrelui ime multitude de libelles. Benjamin 
Binet Fa rdfute dans un volume intitule Twite his- 
t on que des dieux du paganisme, avec des remarques 
critiques sur le sysieme de BaUhasar Bekker. Delft, 
1696, in-12. Ge volume se joint ordinairemcnl aux 




slcrdam et Trevoux, '1 699. Les autres regulations du 
Monde enchante sont : Melchioris Lexjdekkeri disser- 
t(tho de vulgato nuper Bekkeri volumine, etc. Ih-8°. 
UHrajecti, -1 693 . Brevis meditalio academica de spi- 
ruuum actionibus in homines spirituatihus, cujus 
ooelnnw usus contra Bekkerum el alios fanaticos ex- 
nibetur a /. Zipellio. In-8». Francofurti, -1704, etc, 
He prmstigiis dcemon., lib. I, cap, v. 



qu'en 1632 il entra dans le corps d'une des pos- 
sedees de Loudun, avec Isaacarum etBehemotlv: 
on le forga de deloger 4 . 

Belbach ou Belbog, le dieu blanc des vieux 
Slavons. Voy. -B.elziibuth. 

Belephantes, aslrologue chaldeen qui predit* 




a Alexandre* selon Diodore de Sicile, que son 
entree a Babylone lui serait furieste : ce qui ad- 
vinty.comme chacun saiti ; : - : - 

Belette. Les anciens 'croyaient que la beletle 
faisait ses pe tits par la gueule, parce qu'elle les 
porte souvent entre ses l&vres, comme font les 
chattes. — Plutarque remarque-que les Th^bains 
honoraient la beletle, tandis que les autres Grecs 
regardaient sa rencontre comme un presage fu- 
neste. 

On pnHend que sa cendre, appliqufe en cala- 
plasme, guerit les migraines et les cataractes; et 
le livre des Admiralties secrets &' Albert le Grand 
assure que si on fait manger l\ un chieri le coeur 
et la langue d'une belette, il perdra incontinent 
la voix, 11 ajoute imprudemment un secret qu'il 
dit dprouve , et qu'il certifie- iiifaillible : p'est 
qu'un amateur n'a qu'a manger le cosur d'une 
belette encore palpitant pour predire les choses 
a venir 2 ... i 

Belial, demon adore des Sidoniens. L'enfer 
n'a pas regu d 5 esprit plus dissolu, plus crapu- 
leux, plus epris du vice pour le vice meme. Si 
son ame est hideuse et vile, son exterieur est 
s<5duisanL II a le maintien plein de grace et de 
dignite. 11 eut un culte a Sodome et dans d'autres 
villes; mais jamais on n'osa trop lui driger des 
aulels. Delancre dit que son nom signifie rebelle 
ou desob&ssant. — Wierus, dans son inveiltaire 
de la monarchie de Satan , lui consacre un grand 
article. « On croit, dit-il, que Belial, Tun des 
rois de l'enfer, a 6l6 cre6 immddiatement apres 
Lucifer, et qu'il entratna la plupart des anges 
dans la revolte : aussi il fut renvers6 du ciel un 
des premiers. Lo'rsqu'on T6voque, on l'oblige par 
des offrandes a rdpondre avec sincdritd dux qiics^- 
tions qu'on lui fait. Mais il conte bien vite des 
mensonges, si on ne J'adjure pas, au nom de 
Dieu, de ne dire que la v6ritd. II se montre quel- 
quefois sous la figure d'un ange plein de beautd, 

1 JHsioire des diables de Ijoudun. 

2 .Les admirables secrets d? Albert ie Grand, liv. IL 



mMw' 




mm 






'-. . - l (tit i-vM.'.. 





mm 

till 



11 

In 




BEL 



assis dans un char de feu; il parle avec amenite; 
il. procure les dignites et les faveurs, fait vivre 
les amis en bonne intelligence ; donne d'habiles 
serviteurs. II commande quatre-vingts legions de 
deTordre des Vertus et de l'ordre des Anges. 11 
est exact a secourir ceiix qui se soumetteni a 
lui; s'il y manquait, il est facile de le chatier, 
comrae fit Salomon , qui Tenferma dans une bou- 
teille avec toules ses legions, lesquelles font une 
arm6e-.de" cinq, cent vingt-deux mille deux cent 
quatre-vingts demons. II fallait que la bputeille 
fut de grande taille. .. - 
. Mais Salomon etait si puissant que, dans une 
autre occasion , il emprisonna pareillement six 
niille six cent soixante - six millions de diables 
qui ne purent lui resister. — Des doetes racon- 
tent encore que Salomon mit labouteille ou etait 
Belial dans un grand puits', qu'il referma d'une 
pierre, pres de Babylone; que les Babyloniens 
descendiren t dans ce ; puits v croyarit y , trou ver un 
tresor; qu'ils casserent ,1a bouteille, que tous les 
. diables s'en echapperent, et que Belial , .qui avait 
peur d'etre repris , se campa dans une idole qu'il 
trouva vide,, et se mit; a rendre des oracles; ce 
qui fit; que les Babyloniens PadorerenL 

Belias, demon inyoque comme prince des 
Vertus dans les litanies du sabbaL 

Beliche. C'est le nom qu'on donne au diable 
a Madagascar* Dans les sacrifices:-,-, on lui jette les 
premiers morceaux de la victime, avec la per- 
suasion qu'il ne fait point de mal tant qu'il a de 
quoi mettre sous: la dent. 

Belier. Le diable s'est quelquefois transmue 
en belier, et.des maleficies ont subi cette meta- 
morphose. G'est meme sur une vieille tradition 
populaire de cete espece 'qu'Hamilton abati son 
conte du B&ier. 

11 parait que le holier a des proprietes ma^ 
giques; car, lorsqu'on accusa Leonora Galigai, 
femme du marechal d'Ancre, d'avoir fait des sor- 
celleries, on pretendit que , pendant qu'elle s ! oc- 
cupait de malehces, elle ne mangeail que des 
cretes de coq et des rognons de holier. 

Pour rinfluence du belier, signe du zodiaquc, 
votjez Astuologik et Horoscopes. 

Belin (Albert), benedictin , ne a Besan^on en 
IfilOv-On recherche parmi ses ouvrages ,: 1° le 
TraUe des talismans, ou Figures aslrales, dans 
lequel il est montre que leurs effels ou vertus 
admirables sont nalurels, ensemble la maniere 
de les faire et de s'en servir avec profit, in-12, 
Paris, 1671. On a joint a 1'edition de 1700 un 
traite du meme auteur, de la Poudre de sympa- 
thie just-iftec ; 2° les Aventures du p/ulosophe in- 
connu en la recherche et invention, de la pierre 
philosophale , divisees en quatre livres, au der- 
nier desquels il est parle si clairement de la ma- 
niere de la faire que jamais on en a traiui avec 
tant de candeur. In-12 ; Paris, I66Z1 et 1674 . 
Belimmcia, herbe consacree a Belenus, dont 



— 88 — BEL 

les Gaulois employaient le sue pour empoisonner 
leurs fleches*, lis lui attribuaient la vertu de faire 
tomber la pluie. Lorsque le pays etait afllige 
d'une secheresse, on cueillait cette herbe avec 
de grand es ceremonies* Les femmes des df uides 
choisissai^nt une jeune vierge; suivie des autres 
femmes, elle cherchait Therbe sacree ; quandelle 
1' avait trouvee, elle-la deracinait avec le petit 
doigt de la ..main droite ; ses compagiies cou- 
paient des branches d'arbre et Jes porlaient a la 
main en la suivant jusqu'au bord d'une riviere 
voisine ; la,' on plongeait dans l'eau l'herbe pre- 
cieuse, on y trempait aussi les branches, que Ton 
secouait sur le- visage de la jeune : fille, : Apres 
cette ceremonie \ chacun : se retirait 6ti sa mai- 
son; seulement la jeune vierge etait obligee de 
faire a reculons le reste du chemin. , 
Belkis. Voy. Balkis. 

Belladone, plante qui donne des vertiges et 
peut empoisonner^ Les magiciens s'en servaient. 

Belloc (Jeanne)^ so'rcieredu pays deLabourd, ■ 
prise a vingt^quatre ans,- sous/Henri IV. Pierre 
Delancre,:qui 1-interrogea, dit.qu'elle commenga 
d'aller au sabbat dans Fhiveivde 1609 ; qu'elle 
fut presentee au diable^ dont elle baisa le der- 
riere, car il n'y avait que les notables sorciferes 
qui le baisassent au visage, Elle conta que le sab- 
bat est une espece de bal' masque ou les uns se 
promenent en leur forme-naturelle, tandis que 
d'autres sont transmufe en chiens , eh chats, en 
anes, en pourceaux et autres betes; quMls se ra- 
pelissent ou se grandissent a leur grd, par des 
moyens qu'elle ignore.., Voy.. Sabbat. . 

Belmontei conseiller du parleirient de Pro- 
vepce, qui eut au -pied-. une petite plaie ou.la gan- 
grene se mit; le mal gagna yite, et il en mourul 
Comme il avait poursuivi les sorciers protestanls 
et les perturbateurs, reformed*, les eciivai.ns cal- 
vinistes virent dans sa mort prompte un chali- 
ment et un prodige 1 . G'etait au seizieme siecle, 
Belomancie. Divination par le moyen des 
Heches. On prenait plusieurs ilech.es, sur les- 
quelles on ecrivait des reponses relatives a ce 
qu'on voulait demander. On en mettait de favo- 
rables et de conlraires; ensuite on melait les 
Heches, et on les tirait au- hasard. Gelle que le 
sort amen ait etait regardde comme Torgane de 
la volontd des dieux. — G'etait surtout avant les 



■m 

w 

M 

m 

m 



I 

i" -X 1 

i_\ — T 

m 

m 



I 

M 

m 

Hi*! 

is" 



expeditions militaires qu'on faisait usage de la 
belojnancie. Les Ghaldeens avaient grande foi a 
cette divination. 

Les Arabes devinent encore par trois fleches 
qu'ils enferment dans un sac. lis ecriyent sur 
Tune : Commandez~moi y Seigneur j sur Taulrc: 
Seigneur, cmpechcz-moi, et n'ecrivent rien sur 
la troisieme. La premiere Heche qui sort du sac 
determine la resolution sur laquelle on deliberc. 
Voy. Flkchks. 

1 Chassanion , Des grands et redoutables jugements 
de Dicu. Morges , ' 4 584 , p. 64 » 



1 




BEL 



— 89 — 



BEL 



Belphegor, demon des decouvertes et des 
inventions ingenieuses. II prend souvent-un corps 
de jeune femme. 11 donne des richesses..Les.Moa- 
bites, qui l'appelaient Baalphegor, l'adoraientsur 
le moot Phegor. Des rabbins disent qu'on lui ren- 
dait hommage sur la chaise percee , et. qu'on hii 




offrait r'ignoblej residu de t la digestion . C'fitail- 
digne de lui. G'est pour cela que certains doctes 
ne voienl dans Belphegor que le dieu Pet ou Cre- 
] pitus; d'autres savants soutiennent que c'est 
Priape. — Selden , cite par Banier, pretend qu'on 
ku offrait des 'vie times humaines, don't ses pre- 
I Ires mangeaient la chair. Wierus remarque que 
| c'esL un demon qui a. toujours la bouche ouverte ; 
1 observation qu'il doit sans doute au nom de Ph<5- 
I gor, lequel signilie, selon Leloyer, crevasse ou 
| fendassci parce qu'on l'adorait quelquefois dans 
I des cavernes, et qu'on lui jetait des offrandes 
| par un soupirail. . ' 

| Beltram, Genois, done Tame revint apr&s sa 
| mort et posseda une femme de Ponle-Nuovo; 
| les parents de 1 cetle femme l'avaient vole. Quand 
I on eut restitue, il se reLira en fumde. 
| Belus, premier roi des Assyriens ; on dit qu'il 
| se fit adorer dans des temples de son vivant. II 
| etait grand astrologue : a J'ai lu dans les registres 
1 dn ciel tout ce qui doit vous arriver, disait-il a 
p sosenfanls, et je vous devoilerai les secrets de 
| vos deslinees. » .11 rendit des oracles apres sa 
| mort. Belus pourrait elre le meme que Bel. 
| Belzebuth ou Belzebub ou Beelzebuth, 
| prince des demons, selon les Ecri|ures* ; le pre- 
| mier en pouvoir et en crime apr&s Satan , selon 
! Milton; chef supreme de Pempire infernal, selon 
| la pinparl des demonographes. — Son nom si- 
| gnilie seigneur des mouches. Bodin 2 pretend qu'on 

I 1 Nol re-Seigneur Jesus-Christ m6me lui donne cc 

J nom (saint Matthicu, ch. xn, v. 24; saint Luc, 

% c ";. x ii v. 45). Los scribes reprochaient au Seigneur 

\ qu'il cliassait les diablesau nomde Belzebuth, prince 

\ des demons. 

| 2 Demonomanie des sorciers ± liv. IV, ch, ni. 



n'eii voyait point dans son temple. C'etait la di- 
vinite la plus reveree des pen pies de Ghanaan, 
qui le representaient quelquefois sous la figure' 
d'unemouche, le plus souvent avec les attribute 
de la souveraine puissance. II rendait des -oracles," 
et le roi Ochozias le consulta sur une maladie'qui 
l'inquietait; il en fut severemeht repris par le 
prophele Elisee. . % 




On lui attribuait le pouvoir de delivrer les- 
hommes des mouches qui ruinent les moissons. 

Prescjue tons les demonomanes le regardent 
comme le souverain du tdnebreux empire; et 
chacun le d6peint au gre de son , imagination, 
Milton lui donne un aspect imposant, et une 
haute sagesse respire sur son visage. L'un le fait 
haut comme une tour; l'autre d'une taille dgale 
a la noire ; quelques-uns se le figurent sous'la 
forme- d'un serpent; il en est qui le voient aussi 
sous les traits (Tune femme. 

Le monarque des enfers; dit Palingene, in 
Zodiaco vilw /est d'une taille prodigieuse, assis 
sur un trone immense, ayant le front ceint d'un 
bandeau de feu, la poitrine gonflfe, le visage 
bouffi, les yeux etincelants, les sourcils dlevtSs et 
Pair menacant. II a les narines extreimement 
larges, et deux grandes cornes sur la lete; il est 
noir comme un Maure : deux vastes ailes de 
chauve-souris sont attachees a ses epaules; il a 
deux larges pattes de canard, une queue de lion, 
et de longs poils depuis la tGte jusqu'aux pieds. 

Les uns disent de plus que Belzebuth est en- 
core Priape; d'autres, comme Porphyre, le con- 
fondent avec Bacchus, On a cru le trouver dans 
le Belbog on Belbach (dieu blanc) des Slavons, 
parce que son image ensanglantee elait toujours 
couverte de mouches, comme celle de Belz6buth 
chez les Syriens. On dit aussi que e'est le meme 
que Pluton. 11 est plus vraisemblable de croire 
que e'est Bael., que Wierus fait empereur des 
enfers; d'aulant mieux que Belzebuth ne figure 
pas sous son nom dans Tinvehtaire de la monar- 
chic infernale. \ 





lip 



1 





4 





si 



urn 



ft 



BEL 



— 90 



BEN 



On; voit dans les Claviculcs de Salomon que 
BelzebiUh apparait quelquefois sous de.mons- 
inieuses formes^comrne eelle d'un veau <§norme 
on d'un ..bouc suivi d'une longue queue ; souvent, 
peanmoii'iSv il. se rriontre sous la figure d'une 
lTiouehe d'une .extreme grosseur. .11 s'est montre 
k : Faust a habille en bceuf , avec deux oreilles 
effroyables* des cheveux peints de toutes. cou- 
leurs et une queue de dragon 4 » . Le marechal 
de Retz l'a vu en leopard. Quand il : est en. colore, 
ajpute-t-on, il vomit des 1lammes ; et hurle comme 
un loup. Quelquefois enfin ^staro th apparaiL a 
ses coles, sous les'trails d'un ane. ' 




TJnc tics figures tie Bel zebu til, 

Benedict (Jean), rnedecin allemand du sei- 
zieme siecle. On lui doit un livre Sur les,vision$ 
elles rMlations nalurellcs el surnafcirelles } qui 
n'est presque pas connu 2 . 

Benoit VIII; cent quarante-huitieme pape, 
elu en 1012 r mort en 102/j. On lit dans Plalina, 
cite- par Leloyer et par Wierus 1 , que quelque 
temps aprfessa- mort Benoit VIII apparut, monte 
sur un cheval noir, a un. saint <3veque dans un 
lieu solitaire et ecarte; que 1'eveque lui demanda. 
comment il se faisait qu'etant mort il se.mon- 
trat ainsi sur un cheval noir. A quoi le pape re- 
ponclit que pendant sa vie il avait ete convoi- 
teux d'amasser des Wens; qu'il. etait en purga- 
toire; mais qu'il n'etait pas damne, parce qu'il 
avait fait des aumones. 11 revela ensuile le lieu 
ou il avait cache des richesses, et pria le saint 
eveque de les distribner aux pauvres. — Apr^s 
cela, le fantome (selon le recit) se montra pa- 
reillement au Pape son snccesseur, et le supplia 
d'envoyer en diligence un courrier a Gluny, et 
de recommander a saint Odilon de prier Dien 
pour le repos de son ame. Saint Odilon le fit; et 



1 Francois Hugo, le Faust anglais. 

? Joannis Bonedicli libellus de visionibus et reve- 
lationibus naturalibus el divinis. In-8". Moguntia3» 
1 550. 

3 Leloyer, Discours des spectres , Hy. VI, ch. mil 
Widrus, Dcprcest., lib. I, cap. xvi. . 



peu de jours apr^s on vit un homme lumineux 
entrer^dans le cloitre, avec d'autres personnages 
habilles de -Marie et se mettre a genoux devaut 
saint Odilon/ Un religieux demanda qui elait eet 
homme de si haute apparence - qui faisait taut 
d'honneur a 1'abbe. II lui fut repondu que e'etait 
le pape Benoit VIII qui, par les prieres d'Odilou, 
jouissait de la gloire r des bienheureux. 

Benoit IX, cent cinquantieme pape , elu en 
1033, dans un temps de troubles ,.,011 les partis 
se disputaient Rome.; 11 eut a lutter, contre des 
antipapes qui Font fort noirci. On : a di.t ^.u'il etait 
magicien , et que, - renv'erse du saint-siegie par 
ses ennemis, il y remonta deux fois par : son pou- 
voir magique. C'est un peu niais. On a dit encore 
avec autant de bon sens qu'il predisait Iqs choses 
futures/ et qu'il etait habile enchanteur : ce que 
Naude a pulverise. . /-. : : ; • .. 

L'auteur ealviniste des grands et redoutables 
j ugemen ts de Dieuv aj oute meme qu'il fut etrangle 
par le diable, et, qifapres sa mort son ame fut 
condamnee a errer dans les fore ts, sous la forme 
cVune bete sauvage , avec un corps sd'ours a longs 
poils , une queue de chat et une t6te d'ane. Uu 
erjnite qui le rencontra lui demanda pourquoi il 
avait cette figure. « J'etais un monstre, reponclit 
Benoit , et vous voyez mon ame telle quelle a 
toujours ete. » Voila qui est tres-gracieux. Mais 
Benoit IX, au contraire, mourut dans la retraile, 
sous le cilice, pieusementetsaintement, en 1054, 
G'est encore' la une des* victimes de la calomnie 
historique. 

Bensozia. Certains canonistes des douzieme 
et treizieme siecles s'elevent fortement contre 
les femmes dolors qui allaient a une espece de 
sabbat sur lequel il ne nous est parvenu que tres- 
peu de notions. On disait que des fees ou des 
demons transformer en femmes s'associaicnl 
tontes les dames qui voulaient prendre part a 
leurs. plaisirs ; et que toutes , dames et f6es on 
demons, montees sur des betes ailees, elles 
allaient de nuit faire des courses et des f^tes dans 
les airs. Elles avaient pour chef la f^e Bensozia, 
a qui il fallait obeir aveugl^ment, avec une sou- 
mission sans reserve. G'etait, dit-orj, la Diane des 
anciens Gaulois; on Tappelait aussi Nocticula, 
Hdrodias ou la Lune. 

On voit dans des manuscrits de l'eglise de 
Gouserans que des dames au quatorzieme siecle 
avaient le renom d'aller a cheval aux courses 
nocturnes de Bensozia. Toutes, comme les sor- 
cieres au sabbat, faisaient inscrire leur npm'sur 
un catalogue, et apr&s cela se croyaient fees. On 
remarquait encore au dernier siecle, a Montmo- 
rillon en Poitou, sur le portique d'un ancien 
temple, une femme enlevde par deux serpents 
dans les airs. G'etait sans doute le modele de la 
contenance des sorcieres ou fdes dans leurs courses 
de nuit 4 . 

i l)omN?irt\r\ } Religion des Gaulois, t. II, p. 59elCu. 



?A5 



I 

Si 

M 



iff, 
I 



I 
3! 



Yi 



BEN 

Benthameleon. Titus, ayant pris Jerusalem, 
publia mi edit qui defendait aux Juifs d* observer 
]e sabbat el de se circoncire, et qui leur ordon- 
nait de manger to Lite especedeviande..:Les-Juifs, 
consternes, envoy erent a Titus le rabbin Simeon, 
qui passait pour un homttie trfes-habile. Simeon 
s'etant misen chemin avec le rabbin Eleazar, ils 
rencontrereiit un demon nomm&vdirent-ils, Ben- 
thameleon^ qui demanda a les aecompagner|leur 
avouant quelle etait sa nature, mais se disant 
enclin a rendre service aux Juifs et leur proinet- 
tant d'entrer dans le corps de la fille de Titus-^et 
d'en sortir aussitot qu'ils le lui.commanderaieiit, 
a (in q v ii'ils pussent gagner 1'empereur par ce pro- 
dige. Les deux rabbins accepterent sa proposi- 
tion avec empressement; et, Benthameleon ayant 
lenu sa parole, ils obtinrent en effet la revoca- 
tion de Tedit. ' 

Berande, sorciere bridee a Maubec, pres 
Beaumont de Lomaignie, en 1577, En allanl an 
supplice, elle ; accusa une demoiselle d'avoir ete 
an sabbath la demoiselle' le nia. Berande lui dit : 
« Oublies-tu que Ta dermere fois que nous fimes 
la danse, a 3a croix "div pate, tu portais le pot de 
poison » Et la demoiselle fut reputee sor- 
ciere , parce qu'elle ne sut que repoiidre f . 

Berbiguier (Alexis-Vinceat-CharlesBerbigitier 
de Terre-Neuve du Thym), ne a Garpentras, est 
"un nuteur qui vitpeut^etre encore et quiapublie 
cn 1821 un buvrage dont voici 3e litre, : les 
Farfadets, on tints les demons ne sont pets, de 
lUmtre monde, 3 vol. in-8°, ornes de huit litho- 
graphies et du portrait de Pauteur, entoure 
d'emblenles, surmontd de cette devise : Lejlean 
des farfadets. — L'auteur debute par 'une dedi- 
cate a tons les empereurs, rois, princes souve- 
rains des quatre parties du monde.- — « Reunissez 
vos efforts aux v miens, leur dit-il, pour detruire 
rinlluence des demons , sorciers et farfadets qui 
desolentles malheureux habitants de vosfitats. » 

11 ajoute qu'il est tourmente par le diable de- 
puis vingt-trois ans, et il dit que les farfadets 
se metamorphosent sous des formes humaines 
pour vexer les hommes. Dans le chapitre II clc v 
son livre, il nomme tons ses ennemis par leurs 
noms, en soutenant que ce sont des demons de- 
guises, des agents de Belzebuth ; qu'en les appe- 
lant infames et eoquins, ce n'est pas eux qu'il 
insalte , mais les demons qui se sont em partes 
d'eux. a On me fait passer pour fon, s'ecrie-t-il ; 
mais si j*etais fou, mes ennemis ne seraient pas 
tounnentes comme ils le sont tous les jours par 
mes lardoires, mes epingles, mon soufre, mon 
sel, mon vinaigre et mes coeurs de boeuf. » 

Les trois volumes sont en quelque sorte les 
Memoires de 1'auteur, que le diable ne quittepas, 
H &ablit le-poiivoir des farfadets; il conte, au 
chapitre IV, qu'il s'esfc fait dire la bonne aven- 

1 M. Jules Garinet, Hisloirede la magie en France, 



91 — BER 

L 

ture en 1796 par une sorciere d' Avignon , appe- 
lee la Mansotte , qui se servait pour cela du jeu 
de tarots. a Elle y ajouta , dit-il , une cereinonie 
qui, sans doute, est ce qui m'a mis entre les 
mains des farfadets. Elles etaient deux disciples 
femelles cle Satan; elles se procurerent un tamis 
propre a passer de la farine, sur lequel on fixa 
line paire de eiseaux par les pointes. Un papier 
blanc -plie etait pose dans le tamis. La- Mansotte 
et moi nous teaions chacun un anneau des ei- 
seaux, de maniere que le tamis etait, par ce 
moyen , suspendu en fair. Aux divers motive- - 
ments clu tamis, on me faisait des questions qui 
devaient servir de renseignements a ceux qni 
voulaient me mettre en leur possession. Les sor- 
cieres demanderent trois pots : dans; 1'un elles 
enfennerent qtielques-uns des tarots jetes sur la 
table, et preferablement les cartes a figures. Je 
les avais tirees du jeu les yeux bandes. Le se- 
cond pot fut garni de sel,, de poivre et dluiile ; 
le troisieme de- laurier. Les trois pots, cou verts, 
furent deposes dans une alcove , et les sorci&res 
se retirerent pour attendre Telfet..* ;Je fentrai 
chez moi a dix heures du soir ; je trouvai mes 
trois croisees ouvertes, et j r entendis au-dessus 
de ma tete un bruit extraordinaire; J^allumeinon 
flambeau ; je ne vols rien. Le bruit que j 'en ten- 
dais ressemblait au mugissement des betes f6- 
roees ; il dura toute la huiL Je souffris" trois jours 
diverses tortures, pendant lesquelles les deux 
sorcieres preparaient leurs maj^fices. Elles ne 
cesserent, tant que dura leur manege, de, me 
demand^r de 1'argenL II fallait aussi que je fusse 
la pour Jeur donrier du sirop, des rafraichisse- 
ments et des comestiblies; car leurs entrailles 
etaient devorees par le feu de 1'enfer. Elles 
eurent besoin de rubans de diffdrentes couleurs, 
qu'elles ne : m|ont jamais rendus. Pendant huit 
jours que dura leur magie , jefusd'.une tristesse 
accablante. Le quatri^me jour, elles , se meta- 
morpboserent en chats, venant sous mon lit : pour 
me tourmenter, D'autres fois elles venaient en 
chiens : j 'elais accable par Je miaulement des uns 
et i'aboiement des autres. Que ces huit jours 
furent longs ! » 

Berbiguier s'adressa a un tireur de cartes, qui 
se ehargea de combattre les deux sorciferes ; mais 
il ne lui amena que de nouveaux tourments. 

Dans les chapitres suivants, Fauteur se fait 
dire encore sa bonne aventure et se croit obsede ; 
il en tend sans cesse a ses oreilles des cris de 
betes affreiises; il a des peurs et des visions. II 
vienta Paris pour un proces, fait connaissance 
d'une riouveile magicienne, qui lui tire les cartes. 
« Je lui demandai, dit-il, si je serais toujours 
malheureux; elle me repondit que non; que, si 
je voulais, elle me guerirait des maux presents 
et a venir, et que. je pouvais moi-meme faire le 
remede,— II faut, me dit-elle, acbeterune chan- 
delle de suif chez la premiere marchande dont la 



Vr'U 




jlto 




■mmm 



i 

1:1 



ill! 

IP 
tip 



m 
m 
w 

m. 
i 




' '-t* t If 




p& telly.-?. 

if irMi 

Muf. :^>; 

MS 




i w 



mi 



hi: '<■■' V-'tf $ - -: 
Si 1 it^wiw. 



i i 



BER 



92 — 



BER 



boutique aura deux issues, et lacher, en payanl, 
de voiis faire rendre deux deniers. « Elle me re- 
comrnanda de sorlir ensuite par la porte opposee 
a celle par laquelie je serais entre, et de jeter 
les deux deniers en T.air; ce que. je fis. Je fus 
grandement surpris d' entendre le son de deux 
ecus au lieu de celui des deux deniers. 

>> L' usage qu'elle me dit de.faire de la chandelle 
fut d'all timer- d'abord mon feu, de jeter dedans 
du sel , d'ecrire sur tin papier le nom dc la pre- 
miere personne qui- m -a persecute ,, de piquer ce 
papier daris tous les sens, l d'en: envelopper la 
chandelle en Ty fixant avec une epingje, et de la 
jaisser brdler entierement ainsi. 

» Aussitot; que j'eus tout execute, ay ant eu J a 
precaution de m!armer d'un eouleauen cas d'at- 
taque, . j'etUendis un bruit effroy able dans le 
tuyau de ma cheminee ; je m'imagjnai que j'elais 
an pouvoir du magicien Moreau , que j'avais con- 
sul Le. a Paris. Je p.assai la nuit a alimenter le 
feu, en y jetant de grosses, "poignees de sel et 
dp "soufre, pour prolonger. le supplice de mes 
ennemis... » 

. M. Berbiguier fit neuf jours de suite la meme 
operation , sanp se voir, debarrasse des farfadets 
et des magiciens* 

Ses trois volumes sont partout.de cette force, 
et nousne d irons rien de trop en rangeant cet 
ouvrage parnri les plus ex travagan les . produc- 
tions. L'auteur secroyait en correspondance avec 
des sorciers el des demons. II I'apporte des letlres 
failes par des plaisants assez malhal^iles, et qu'il 
attribue a Lucifer, a Rolbomago et a d'autres 
dont elles portent les signatures. En voici une 
qu'il a transcrite scrupnleusement : 

A M< BerMgiticr. 

tf Abomination de-la detestation ! treinblement 
de terre, ddluge, lemp^te, vent, comete, pUi- 
n5te, Ocean, flux, rellux, genie, sylpbe, faurie, 
satyre, sylvain, dryade et hamadryade ! 

» Le man data ire du grand genie du bien et du 
mal, allie de Belzebuth et de l'enfer, compagnon 
d'armes d'Astaroth , auteur du pecbe originel et 
ministre du Zodiaque, a droit de posseder el 
de tourmenter, de piquer, de purger, de rotir, 
empoisonner, poignarder et liquefier le tres- 
humble et tres-patient vassal Berbiguier, pour 
avoir maudit la tr6s-honorable et indissoluble 
socidte magi que : en foi de quoi nous avons fait 
apposer les annes de la sociele, „ 

» Fait au soleil, en face de la lune, le grand 
.oflicier, ministre plenipotentiaire, le 5818° jour 
et la 105819° neure de nuit, grand-croix et tri- 
bun de la soci^te magique. Le present pouvoir 
aura son effet sur son ami Coco (c'etait l'ecu- 
reuil deM. Berbiguier). 

» TllfcSAUnOCHIlYSONLCOCUnYSIDfcs. 

» Par Son Excellence, le secretaire 

» PlMCHICHt-PlNCHI. 

)> 30 mars 4818. 



1 



» P. S. Dans huit jours tu seras en ma puis- 
sance; malbeur a toi, si tu fais paraitre ton ou- 
vrage M » . 

Berenger, heretique du onzieme siecle, Guil- 
launie de Maltnesbury raconte 2 qu'a .Pheure de 
sa, mo rt. Berenger regut la visile de son ancien 
ami Fulbert, lequel recula devant le lit ou gisait 
le malade, disant qu'il n'en pouvait approcher, 
parce qu'il Voy ait aupres de lui Lin. horrible et 
grand demon tres-puant. Les iins. . racon tent p 
qu'on chassa ce demon ; d'autres. assurent qu'il 
tordit le eou a 1' heretique mal, con verli et qu'il 
1'emporla. : . 

Beresith , branche de la cabale. : G'est 1' etude 
des vertus occultes que le monde;rehferme. 

Bergers. Oa est encore. persuade dans : beau- 
coup de villages que les bergers eoinmercent 
avec le diable,, et qu'ils font des malelices. 11 est 
d'angereux ,^ assure-t-on de passer pres d'eux 
'sans les saluer ; ils fouryoient loin ; de sa route le J 
voyageur qui les offense, font naitre des orages | 
devant ses pas et des precipices a ses pieds. On 1 
conte la-dessus beaucoup d'histoirea terribles, § 
Un voyageur passant a cheval a Ten tree d'une J 
foret du Mans renyersa un yieux berger qui 1 
croisait sa route, et ne s'arreta pas pour relever | 
le bonhomme. Le berger , se tournant vers ie } 
voyageur, lui cria qu'il se sou vi end rait de )u\, \ 
L'homme a cheval ne fit pas d'abord attention a ^ 
cetle menace; mais bientoti refieehissant que le i 
berger pouvait lui jeler uii/nialefice, et tout au % 
I moins 1'egarer,- il eu t regret de n- avoir pas etc f 
plus bonnete, — Comme-il s'pceupaifc de ces pen- 
sees, il entendit marcher derriere lui; il se re- 
* tpurne et entrevoit un spectre nu, hideux, qui le 
poursuil..... e'est surement un fantome envoye 
par le berger... 11 pique son cheval , qui ne peut 
plus courir. Pour comble; de frayeur, le spectre 
saute sur la croupe de son cheval, enlace de ses 
deux longs bras le corps du cavalie-r, et se met a 
hmiei\ Le voyageur i'ait de vain s efforts pour sc 
degager du monstre, qui conliinie de crier cVune 
voix rauque. Le cheval s'eftraye, et cherche a 
jeter a terre sa double charge; en fin une made 
de Tanimal renverse le spectre, sur lequel le ca- 
valier ose a peine jeler les yeux. II a une-barbc 
sale^ 3e teint pale, les yeux hagards ; U^faiL d'ef- 

froyables grimaces Le voyageur jf|it au plus 

vile : arrive au prochain village, iMaconte sa 
mesavenlure. On lui apprend que le||pectre qui 
lui a cause^ tant de frayeur est un flat echappe 
qu'on cherche depuis quelques heures*. 

Les malefices de bergers out eu quelquefois 
des suites plus facheuses, et il a ete prouve, dans 

1 M« Gliampfleury, dans sa curieuse galeric des 
exceniriques , publfee en 4 856, a ecril un rcmar- 
quablc portrait de M. Berbiguier, qu'il a vu dans sa 
vieillesse to u jours frappc des idees de ses farfadcls- 

2 In Historia Anqlor. sub Gullielmo L 

3 Madame Gabri'elle de P***, Ilisloire des fan- 
tdmeSj etc., p, 205. 



BER 



93 — • 



BER 



le passe , qu'ils composaient des. poudres myste- 
rieusesavec lesquelles ils empoisonnaient certains 
paturages et donnaient aux troupeaux des verti- 
ges. Unboucher avail ache le des in ou tons sans 
donnef. le ponrboire au berger de la "fermei Ce- 
] ui-ci se vengea; en passant le pout qui se trou- 
vaitsur leur route, les utoutons se ruerent dans 
l'eau la iele'la premiere.; 
On conte aussi qu'uir certain :berger avait fait 




an sort avec la corne des pieds de ses betes , 
comme cela se pratique parmi eux pour conser- 
,ver les troupeaux en sante. II p'orlait; ce sort 



dans sa poche : un berger du voisinage parvint 
a le lui escamoler, et, comme il lui en voulalt 
depuis longternps, il mil le sort en poudre, et 
Penterra dans une fourmiliere avec tine taupe, 
vine grenouille verte et une queue de morue, en 
disant : ManditioUj perdition, destruction! el aiv 
bout de neuf jours , il deterra son rnalefiee et le 
sema dans Ten droit ou devait paitre le troupeau 
de son voisin, qui fut delruit. 

D'aulres bergers, avec. trois cailloux pris en 
diffei-ents cimelieres et eerlaines paroles magi- 
ques , donnent des dyssehleries, envoienl la gale 
a leurs ennemis, et font mourir aulant d'ani- 
manx qu'ils souhaitcnL C'est du moins ropinion 
hasardee des gens du Village. Quoique les ber- 
gers ne sac! lent pas lire , on c rain t si fort leur 
savoir el leur puissance ,.-dans : quelques ha- 
meaux, qu'ori a soin de recommander aux voya- 
geurs de ne pas les .in^oiter, et de passer aupres 
d'eux sans leur deinandcr quelle heure il est , 
quel temps il fera , ou telle au trie chose sembla- 
ble , si Ton ne veut avoir des nuees , etre noye 
par des orages, cbnrjr.de grands perils , et se 
perdre dans les chemins les plus ouverls. 1 

II est bon de remarquer que , dans tons leurs 




ctL ri.-wr/r'ji 



malefices, les bergers emploient des Pater, des 
^ VC} ^ es neuvaines de chapelet. Mais ils ont 
gj d'aulres oraisons et des prieres ponr la conser- 
vation des troupeaux. Votj. Tkoupeaux , et pour 
les bergers, voy. Hocque, etc. 

Bergmaenlen, nains de la classe des esprils 
follets, qui frequentent les fermiers de l'Ober- 
land, et leur rendent de pelits services. 

Berith, due aux enfers, grand et terrible. II 
est connu sous trois noms ; quelques-uns le nom- 
menl Beal, les Juifs Berith et les necromanciens 
BolfYj. II se monlre sous les trails d'un jeune 



soldat habilie de rouge des pieds a la t&te, 
monle stir un cheval de meme couleur, portant 
la couronne au front; il repond sur le passe, le 
prdsent et l'avenir. On le mailrise par la vertu 
des anneaux magiques ; mais il ne faut pas ou- 
blier qu'il est souvent mcnleur. II a le talent de 
changer *lous les melaux en or : aussi on le re- 
garde quelquefois comme le demon des alchi- 
mistes. II donne des dignites et rend la voix des 
chanteurs claire et deliee. Vingt-six legions sou t 
a ses ordres. , 
G'dtait Vidole'des Sichemites , et peut-etre 



"0 

J ■ 



mm 




\mmm>txMi$ 





l-.LT, i T. 



Mill 




mwm 

;;••>; MO:; ' 




3.r. - 'St*?'^; 



i 




BER 



— 94 



BER 



- >r 



est-ce le meme que le Beruth de Sanchoniaton , 
que des clocles croient etre Pallas ou .Diane. 

L'auteur du Solide tvesor du Petit Albert 
conte de Berith une aventure qui ferait croire 
que ce demon n'est plus qu'un follet ou lutin , si 
toutefois c'est le meme Berith. 




« Je me suis trouve, dil-il, dans un chateau 
ou se manifestait un esprit familier qui depute 
six ans avait pris soin de gouverner V horloge el 
d'etriller les chevaux. Je fus curieux un matin 
d' examiner ce manege : mon etonnement ; fi]t t 
grand de voir eourir l'&rille sur la crodpfe' ! du: 
cheval, sans qu'elle parut condui te . par aucune ■ 
main visible. Le palefrenier me dit que,; pour 
attirer ce farfadet a son service, il avait pris une 
petite poule noire, qu'il Vavait saignee ; dans un 
grand chemin erase; que dq ce sang;-il avail 
ecrit sur un morceau de papier ; ■ « Berith fera 
ma besogne pendant vingt ans, et jei'i&Tecom- 
penserai; » qu'ayant ensuite eiUerre la poule a 
un pied de profondeur, le menie jdur ; le : farfadet 
avait pris soin de rhorloge> elides chevaux, et 
que de temps en temps lui-meine faisait des 
trouvailles qui lui valaient qufclque chose.** » 

L'hislorien semble croire que ce lutin etait 
une mandragore. Les cabalistes n'y voient autre 
chose qu'un sylphe. - : ' 

Berkeley, savant "irlandois, — suppose, nous 
l'espfirons , — que M. Michel Masson a reprd- 
sente comme voulant usurper la puissance di- 
vine et faire un geant haul, comme Og, de 
quinze pieds -? il sequestra pour cela un enfant, 
et au moyen d'un regime alimentaire habilement 
combine, il fit grandir cet enfant, qui, en crois- 
sant prodigieusement,.devint inerle et slupide. 
Le savant n'y prenait pas garde ; il voulait un 
g6ant, et il caressait l'espoir d'cnlend-rc dire un 
jour: Og, le roi de Bazan, est retrouve. Le geant 
de Berkeley a quinze pieds ! Mais ce que Dieu ne 
veut pas n'a pas lieu. La victime du savant, 



ayanta peine atteint la moitie de la taille qu'on 
en atlendait, s'eteignit epuisee a quinze ans, 

Berna (Benedetto), sorcier qui, au rapport 
de Bodin et de quelques autres demonographes, 
avoua a Page de quatre-vingts ans qu'il avait 
eu des liaisons pendant quarante annees avec.un 
demon qu'il nommait Hernlione ou Hermelinej 
et qu'il menait par tout avec lui sans que per- 
sonne FaperQut : il s'entretenait freqiiemment, 
dit-on, avec cet esprit qu'on ne voyait pas; de 
maniere qu'on le prenait pour un fou (et ce n'e- 
tait pas autre chose). 11 confessa aussi avoir 
hnme le sang de divers petits enfants , et fait 
plusieurs mechancetes execrables; Pour ces fails 
atroces il futbrule. 
Bernache ou Bernacle, uoy-MACREusf-s. 
Bernards G^rdaix : pense=que la sorcellerie nef ut 
sou vent qivurie espece de maladie hypocondria- 
que, causee par la mauvaise nourriture des pau- 
vres diables que Ton poursuivait comme sor- 
ci II raconte que. son pere sauva un jour un 
paysan nomme Bernard, que Ton all ait condam- 
ner a mort pour sorcelierie, en lui changeant sa 
fa^on ordinaire de vivre. 11 lui donna le matin 
quatre cBufs frais, et autant le soir avec de la- 
viande et du vin ; le bonhomme perdit son hu- 
meur noire, n'eut plus de visions et evita le 
bucher. 

Bernard de Come, inquisiteur de la foi au 
quinzieme siecley dit,, dans son traitedes stryges || 
Otv-sorciers, que la sorcellerie etait de son temps 
trfes-r^pandue, CVetait la 1/auderk. 
; s Bernard (Samuel). Voy: Poule Noinn. 
i Bernard de Thuringe, ermite allemand qui 
vers le ^nlilibtt du dixieme siecle annongait la fin 
du mondei'll^apiHiyait son sentiment sur un pas- 
sage tie 1- apocalypse qui. porte qu'aprfes mille 
ans rancieiT'serpent sera deli^, 11 pretendait que 
ce serpent etait l ; Antechrist; que par consequent 
l'annee 960 etant r6volue ; 1& venue de rAnte- 
christ etait prochame. 11 disait aussi que, quantl 
le jour de Fannonciation de la sainte Vierge se 
rencontrerait aveG^le vendredi saint, ce serail 
une preuve certaiiie de la fin du monde; cetlc 
prediction a; eu vainement des occasions de se 
verifier 1 . 

Bernard le Trevjsan, alchimiste du quin- 
zieme siecle, que quelques-uns croient avoir ele 
sorcier, ne a Padoue en 1/|06. II a beaucoup tra- 
vaille sur le grand oeuvre, et ses ouvrages inin- 
telligibles sont recherches des alchimisles; ils 
roulent tous sur la pierre philosophale J . 



23 

i 



'f'-f 

'A 
hi 



■Tlf 



Si 



1 VoyeZj dans les Legendes des saintes images, PEn- 
fant de chcBiir de Notre-Danie du Puy. 

2 Be philosaphia hermetica, lib. IV. Strasbourg, 




de sccrelissimo philosophorwn opere chimico, el res- 
ponsio adThomamde Bononia. B&le, 4600, — Opuscule 
chimica de lapide philosopher um, eh frangais. An- 



BER 



— 95 — 



B&T 



I 

st 
ft 



Bernardi (Pierre), d'Areia, en Toscane, mor- 
dait le nez et Ies oreilles de eeux qui r appro- 
chaient, hurlait sans cesse comme une bete fe- 
roce et faisait la terreur de la contree. On 
1'exorcisa; il declara qu'il etait poss&le, et 
qu'on ne le delivrerait qu'en otant un malefice 
cache, sous sa porte. On ne voulut pas le faire", 
parce qu'on croyait que ces paroles etaient un 
mensonge du demon. Le savant Raggiolo, qui 
s'occupait de lui , parvint a contraindre le de- 
mon, qui fit en. so.rtant des cris si effroyables 
que Teglise en fut ebranlee; Alors les parents 
de Bernardi fouillerent sous le seuil de sa porte; 
ils y trouverent, dans un lirige , un morceau de 
peau d'arie, charge de caracteres mysterieux, 
avec un osj d' enfant et des cheveux de femme. 
Ils brulerentle tout;, et la possession ne reparut 
pas. ; : : 

Berne (les moines de). Voy. Jetzer. 
Bernold. Voy. Berthold, . ' - 
Berquin (Louis) v getrtilhomme artesien, : con- 
seiller de Francois entraine par de maiivaises 
raoeurs, il se mit a declamer contre' les moi- 
nes eta don ner dims le lutheranisme. Ses iivres 
furent brides, et la protection du roi le^ sativa 
seule d'une abjuration publicjue; mais on ;le re- 
|-prit bientot. 11 "se melait aux orgies des sorciers, 
plus frequents que jamais depuis les exees de la 
reforme; on le convainquit d'avoir adore le dia- 
ble et commis des ac tes^ abonmin abl es ; on produi- 
sit contre lui de si tristes griefs, que le roi n'osa 
plus le defendre v et il Tut brute en place de 
Grove le 17 avril 1529. £ , 

Berrid. Voy. Purgatoire* 
Bersoii, docteur en theologie et predicateur 
visionnaire de la cour, sous Henri HL II s'ima- 
jl ginait etre Enoch , et il voulait aller porter 
|| I'livangile dans le Levant , avec tin- pretre fla- 
jj mand qui se vantait d'etre filie. Taillepied dit 
f| avoir entendu Bersbn precher cette bizarrerie 
devant le frere du roi v k Chateau-Thierry 1! . 
Berthe. Voy, Robert, roi. 
Berthereau (Martine). Voy. Beausoleil. 
Berthier (Guillaume-Fran<jois) , celebre je- 
suite, mort en 1782. Voltaire a publie la relation 
de la maladie, de la mort et de rapparilion du 
jesuite Berthier ; mais ce n'est qu'une assez 
mauvaise plaisanterie. Le pere Berthier vivait 
encore. 

Berthold. Apres la mort de Charles le 
Chauve', un bourgeois de Reims, nommd Ber- 
^ 10 'd ou Bernold, gravement malade, ayant regu 
j| les sacrements, fut quatre jours sans prendre aii- 
cune nourriture et se sentit alors si faibie, qu'a 
peine lui trouvait-on un peu de palpitation et de 

vers f -1 567. Bernardus redivivus, vel opus de cld- 
£| rom, hislorico-dogmaticum, e gallico in latinum ver- 
|H sum. Fra«cfort, 4 

S| , 1 Psychologic ou Traile de Vapparition des .esprils, 

viM III. ' ; 



I 



m 
i 



m 
ft 

■10 



respiration. Vers minuit il appelai sa fern me et 
lui dit de faire promptement venir son confes- 
seur. Le pretre etait a peine dans la cour, que 
Berthold dit : — .Metlez ici un siege, car le pretre 
vient. Le confesseur,. etant entre, red la quel- 
ques prieres, auxquelles Berthold repondit; puis 
il tomba dans une longue extase, et, quand il en 
sor tit , il raconta an voyage que son aiiie venait 
de faire en purgatoire , ou il av r ait vu le roi de- 
fun t et d'autres personiiages. Apres son recit , 
il se remit a dormir et veeut encore qliatorze 
ans 1 . '■ - v~- 

Berthome du Iiignon j dit Champagnat, sor- 
cier juge a Montmorillon , en Poitou , dans Fan- 
nee 1599. 11 avoua que son pere 1'avait men6 au 
sabbat des sa jeunesse ; qu'il avait promis au 
diable son ame et son corps ; qu'a la Saint- Jean 
derniere , il avait vu tin grand sabba t oil le dia- 
ble faisait danser les gens en rorid ; qu'il se met- 
tait au milieu de la clause en forme- de bouc 
noir, donnant a chacun une cliandelle allum^e., 
avec laquelle ils allaient lui baiser le derriere ; 
que le diable lui octroyait a ehaque sabbat qua- 
rante sous en monnaie, et des poudres pour faire 
des malefices ; que, quand il le voulait, il appelait 
le diable, qui venait a lui comme un tourbillon; 
que la huit derniere il etait venu le visiter en sa 
prison et lut avait dit qu'il n'avait pas moyen de 
le tirer d'ou il etail. II dit encore que le diable 
,defendait a tous les siens de prier Dieu, d'aller a 
la messe, de faire leurs Paques, et que, pour lui, 
il avait fait mourir plusieurs personnes et pin- 
sieu rs betes au moyen des poudres qu'on lui 
donnatt au sabbat 2 . 

Berthomee de la Bedouche. Voy. Bonne- 
vault (Mathurin). - 

Beruth* Voy. Bthum 

Bete-bigourne* Voy. Lycantiiropie, 

Betes. 11' y a dans les choses prodigieuses de 
ce monde beaucoup de betes qui figurent avec 
distinction, Les betes ont ete longlemps des ii> 
struments a presages : les sorciers et les ddmons 
ont emprunte leurs formes, et souveiit on a 
bride des chats et des chiens dans lesquels on 
croyait reconnoitre un demon cachtS ou une sor- 
ciere. 

Dans les campagnes, on effraye encore les en* 
fants avec la menace de la Bile a sept teles, dont 
rimagihation varie en tous lieux la laideur. L'o- 
pinion de cede bete monstrneuse remonte a la 
Bete de I' Apocalypse. Selon quelques-uns , les 
sept tetes sont les sept peches capitaux. 

1 Voyez ce rdcit dans les Legendes de Vautre 
monde; il a etc conserve par Ilincmar, archevfique 
de Reims, et reprotluit par Leloyer, Disc, el hist, 
des spectres, Hv. VI, ch. xm; par dom Calniet, 
Traile sur les apparitions, ch. lxvi ; enfin par IVL Ga- 
rinet, Histoire de la niagie m France , p. 

2 Discours sommaire, des sortileges ct vmeficcs } 
tire des proccs criminels jxiges au siege royal etc Mont- 
morillon , en Poitou, en I'annec 4599 , p. S9. 




Pit 

tii 

IH f ."til ■;;- fr ':' , i." ^ 




111! 




li lit 



0$ 'V;, j.!H! 



i' 




•J- \ 9 ■ l .x 1 



--mm-. 




BET 



— 96 



BEU 



Depuis les troubles des Cevennes, on a aussi 
effraye les imaginations par 1'image cle la Bete 
du Gdvaudan, qui .n'est autre chose que la som- 
bre heresie de celte conlree, laquelle produisait 
les exces des calvinistes, enles sur les abomina- 
tions des Albigeois. 

Des person nes accoutumees aux visions exlra- 
ordin aires ont vu quelquefois des spectres de 
betes. On sait la petite anecdote de ce malade 
h qui son medecin disait :. — Amen dez-vo us , 
car je viens de voir Ie diable a yotre porle. — 
Sous quelle forme? demanda -ie inoribond. — 
Sous celle d'un ane. -r-Bon, repliqua le malade, 
vous avez. eu peur de yotre ombre. ; 
. Des docles croienl encore que les animaux, a 
qui ils n'accordenl point d'ame,~ peuyenl reve- 
iiir, et on cite ties spectres : de ce genre. 

Meyer, professeur : a l'universile de Halle, 
dans sun Essai sur les apparitions, § 17, dit que 
les revenanls et les spectres ne sont peut-etre 
que les ames des belcs, qui , ne pouvant aller ni 
dans le ciel ni dans les enfers, reslenl ici erran- 
tes et diversement" conibrmees. Pour que celte 
opinion cut' quelque fqridement , il faudrait 
croire , avec les peripateticiens , que les betes 
ont une* tune quclcoiique ; ce qui n'est pas facile, 
Les pylhagoriciens sont alles plus loin; ils ont 
cru que par la m e tern psy cose les ames passaient 
successivement du. corps d'un homme dans ce- 
lui d'un animal. 

Le pere Boiigcant, de la compagnie de Jesus, 
dans un petit ouvrage plein d'espril, Y Amuse- 
ment philosophhpte sur le langage des Mies, 
adopla par plaisanterie un sysleme assez sin- 
gulier. II trouve- aux betes trop d'esprit et- de 
sentiment pour n'avoir pas un ame ; mais il pre- 
tend q if el les sont animees par les demons les 
mains coupables, qui font penitence sous cette 
enveloppe, en attendant le jugement dernier, 
epofjue ou ils seront renvoyes en une conlree 
de Tenfer. Ce systeme est soutenu de la maniere 
la plus ingenieuse : ce n'elait qu'un amusement; 
on le prit trop au sdrieux, L'auleur fut grave- 
ment refute , et oblige de desavouer publique- 
ment des opinions qu'il n'avatt mises au jour que 
comme un delassemenl. 

Cependant le pere Gaston de Pardies, de la 
meme societe de JesuSjavait ecrit quelque temps 
auparavant que les betes ont une certaineame *, 
et on ne 1'avait pas repris. Mais on pensa .qu'au- 
presdequelquesespritsringenieux amusement du 
pereBougeantpouvaitfairenaitre defaussesidees. 

Betterave, plante potagere. Le Register de 
Newark, a l'occasion de la mort d'un jeune 
homme noye dans les puits argileux d'Olivier- 
strect, racontc un fait qui s'est passe il y a quel- 
qucs annees au meme endroit. 

« Un manoeuvre allemand travaillait dans un 

1 Dans son Discours de la connaissance des Idles. 
Paris, 4 e Edition, 1G96. 



;.""i-.Xr 



•Mt5 



:")'i"3 



jardin situe pres d'un de ces puits. Tout a coup 
il apergut une feuille blanche croissant sur une 
plante de betterave. LesAllemandsregardenlcetle 
rencontre comme un signe de malheur, et le su- 
perstitieux ouvrier en cut Tesprit extrememein 
frappe. Enrentrant a la maison, il fit part a sa 
femme du nouveau presage et des sinistres, pres- 
sentiments qui s'y rattachaient dans son esprit. 
Gelle-ci entraina aussitot son mari daiis le petit 
enclos qui entourait leur demeure et lui montra 
une seconde feuille blanche de betterave qu'elle 
avait egalement trouvee dans la matinee. Les deux 
epoux, de plus en plus convaincus qu'un affrenx 
malheur allait:fondre sur enx, rentrerent tout 
tristes dans leur maison, et diner ent silencieuse- 
ment, livres aux plus sombres pensees. 

» A pres le repas , Touvrier retourna a son tra- 
vail. Au commencement de la soiree, quelques 
personnes passant par la remarquerent des vete- |p 
ments au bord deTeau. N'apercevant pas de bai- |Jf 
gneur, ils supposerent qu ? un malheur etait arrive. || 
L'eau fut draguee, et Ton retira le corps du mal- 
heureux Allemand. On suppose qu'en se baignant 
il sera tombe dans quelque trou profond, et que, 
ne sachant pas'nager, il y aura trouve la mort. 
■ )) Mais voici le fait le plus c'urieux de cette siu- 
guliere histoire, Le malheureux hoye avait une. 
sceur a Brooklyn. Dans Tapres-midi de la falalc 
journee, elle fut frappee tout a coup d'une espece 
de sommeil somnambulique; elle vit son frerc 
lutter contreTeau qui allait l'engloutir ; elle I'en- 
tendit appeler au secours;;Quand elle se reveilla, 
elle avail la figure brulanle et portait les signes 
de'la plusgrande ter.reur. ; Elle raconta soil reveii 
son mari ; elle lui dit quelle etait decidee/ a aller 
a Newark .^informer de son : frere. 

» Son mari. tacha de; retenir sa femme, doiil 
Petal d'excitation lui hispirait des inquietudes. II 
lui represents la folic- de pretei: aihsi foi a un 
songe et de s'alarmer -sans sujet. Mais rien n'y 
fit. La so3tir partit pour lS T e\yark, et elle arriva 
precisement au moment oil le cadavre du pau- 
vre noye etait transporte- dans sa demeure. Ses 
pressentiments ne Tavaient point trompee I » 

Beurre. On croit dans,plusieurs villages em- 
pecher le beurre de se faire en recilant a rebours y 
le psaume Nolite fieri i . Bodin ajoute que, par 1 
un effet d'antipatbie naturelle, on oblient le meine 
restiltat en metlant un peu de sucre dans la 
creme ; et il conte qu'etant a Ghelles, en Valois, 
il vit une chambriere qui voulait faire fouetteruii 
petit laquais, parce qu'il 1'avait tellement male- 
ficiee en recilant a rebours le psaume cite, que 
depuis le matin elle ne pouvait faire son beurre. 
Le laquais recita alors naturellement le psaume, 
et le beurre se fit 2 . 



1 Thiers,' Trade des superstitions , t. I cr . II n'ya 
pas de psaume Nolile fieri. Ce n'est qu'uno division 
du psaume 34. 

2 Denwnomanie des sorcien, liv, TI, ch. i. 



m 

Si 7 ' 



M 
m 

m 



BEU 



97 



BIE 



Dans le Finislere, dit-on, Ton ensorcelle en- 
core !e beurre. On croiL aussi dans ce pays que 
si Ton offre du beurre a saint Herve, les besliaux 
qui on I fourni la creme n'oni rien acraindre des 
loups, parce que ce saint, eUmt aveugle, se faisail 
guider par un loup i . 

Beurre des sorcieres. Le diable donnait aux 
sorcieres de Suede, en Ire a u Ires a aim aux destines 
a les servir, des chats qu'elles appelaient empor- 
teurs, parce qu'elles les envoyaient voler dans le 
voisinage. Ces emporleurs, qui etaient tres-gour- 
mands, profitaient de Poccasion pour se regaler 
aussi, et quelquefois ils s'emplissaient si fort le 
ventre, qu'ils etaient obliges en chemin de rendre 
gorge. Leur vomissement se trouve hahiluelle- 
menL dans les jafdins polagers. « II a une couleur 
aurore, et s'appelle le beurre des sorcieres 2 . » 

Beverland (Adrien) , a vocal hollandais de Mid- 
delbourg, auteur des Rccherches philosopkiques s«r 
Icpeche originel l y pleines de grossieretes infames. 
Les proteslanls memes, ses coreligionnaires, s'en 
indignerent et mirent cet homme en prison a 
Leyde; il s'en echappa et mourul fou aLondres 
en 1712. Sa folie etait de se croire constaniment 
poursuivi par deux cents homines qui avaient jure 
sa morl*. ., 

Beyrevra, demon indien, chef des' ames qui 
errenl dans l'espace changees en d&nons aeriens. 



'i 
i 

I 

i 



i 

.3 



I 



•it 
:?? 

i 
% 




On dit qu'il a de grands' ongles Ires-crochus, 
Brahma ayant un jour insulle un dieu superieur, 

1 Cambry, Voyage dans le Finislere, t. I, p. 44 

2 Bckker, Le monde enchante, liv. IV, ch. 29. 

3 lladriani Beverlandi peccalum originate philolo- 
gice elucubratum, a Themidisalumno > EleidhcropoU 
i" horlo Hcsperidum, typis Adami ei Evw, term fd. 
In-8 ,^678» La Justa dctcstatio libelli sceleratissimi 
Hudriani Beverlandi de peccalo originali } in-8°, Go- 
rmchemii, 4680, est une refutation de cet dcrit de- 
testable, dont on a public en 473J^n>-*Vune imi- 
tation m61eo de conies aussi mepmeS;" = 7 //>. 

Gabriel Peignot, Diciioivdaire des -Uvr4&i-tyn- 
damn&s au feu. /-'-*• ■'' ';. '\ 



Beyrevra, charge de le punir, lui coupa une tele 
avec son ongle, Brahma , humilie, demanda par- 
don, et le dieu Eswara lui prom it pour le consoler 
qu'il ne serait pas nioinsrespecte avec les quatre 
teles qui lui restaient qu'il ne Petait auparavant 
avec cinq teles. 

Bezuel. Voy. Dksfontaines. 

Bhargheist ou Bhar-geist, spectre errant 
connu des Teutons. Les Anglais le voient encore 
quelquefois dans le Yorkshire. 

Bibesia. G'etait dans la mylhologie paienne, 
que Boileau admirait si niaisement, la deesse pro- 
tective des buveurs et des ivrognes. 

Bible du diable. G'est sans doute le grimoire 
ou quelque autre fatras de ce genre. Mais Delancre 
dit que le diable fait croire aux sdrciers qu'il a sa 
Bible , ses cahiers sacres,sa lh<5oIogie*eL ses pro- 
fesseurs; el un grand magicien avoua, elant sur 
la selletle au parlement de Paris, qu'il y avail a 
Tolede soixante-treize maitres en la faculte de 
magie, lesquels prenaient pour texte la Bible du 
diable 1 . 

Bibliomancie, divination ou sorte d'epreuve 
employee autrefois pour reconnai Ire les sorciers. 
Elle consistait a mettre dans un des coles d'une 
balance la personne soupgonnee de magie, et dans 
I'autre la Bible ; si la personne pesait moins , elle 
etait innocente; si elle pesail plus, elle etait jugee 
conpable: ce qui ne manquait guere d'arriver, 
car bien pen d'in-folio pissent un sorcier. 

On consullait encore la deslinee ou le sort en 
ouvranl la Bible avec une epingle d'or, et en tiranl 
presage du premier mot qui se pnSsenlait. 

Bietka. 11 y avail en 1597 a Wilna, en Pologne, 
une fille nommde Bielka, qui etait rccherchee par 
un jeune hommeappele Zacharie. Les parents de 
Zacharie ne consenlanl point a son mariage, il 
lomba dans la m<51ancolie et s'etrangla. Peu de 
temps apres sa mort il apparut a Bietka, lui dit 
qu'il venait s'unir a elle et lenir sa promesse de 
mariage. Elle se laissa persuader ; le morl Tdpousa 
done, mais sans lc5moins. Cettesingularitenede- 
meura pas longtemps secrete, on sut bientot le 
mariage de Bietka avec un esprit , on accourut de 
toutes parts pour voir la marine ; et son aventure 
lui rapporla beaucoup d'argent, car le revenant 
se monirait et rendait des oracles; mais il ne 
donnait ses reponses que du consentement de sa 
femme, qu'il fallait gagner. 11 faisail aussi beau- 
coup de lours; il connaissait tout le present, et 
predisait un peu I'avenir. 

Au bout de trois ans, un magicien ilalien, ayant 
laisse echapper depuis cette epoque un esprit qu'il 
avail longlemps mailrise, vint en Pologne, sur le 
bruit des merveilles de Tepoux de Bietka; il re- 
connutque le pretendu revenantelaitle ddmon qui 
lui apparlenail ;'il le renferma de nouveau dans 
une bague, et le remporla en llalie, en assurant 

1 Delancre , Incrcdulile ct mccreance du . sorti' 
lege, etc., Irail6 ViL Voycz Universites occuUcs.- 



V 



BIF 



— 98 — 



BIR 



qu'il edt cause tie tres-grands maux en Pologne 
s'il Ty edtlaisse 1 . De -softe que la pauvre Bietka 
en f ut pour trois annees de manage avec un 
demon. 

Le fait est raconle par un ecrivain qui croit fer- 
mement a ce prodige , el qui s'etonne seulement 
de ce que ce demon etait assez materiel pour faire 
tous les jours ses trois repas. Des critiques n'ont 
vu la qu'une suite de supercheries, a partir de 
la pretendue strangulation de Fhomme qui fit en- 
suite le revenant. . 

Bi fro ns , demon qui parait avec la figure d'un 
monstre. Lorsqu'il prerid forme hunoaine> il rend 
l'liomme savant en astrologie, et lui enseigne a 
connaitre les influences des planetes; il excelle 




dans' la geometric ; il connaitlesvertusdes herbes,- 
des pierres precieuses et des plantes ; il trans- 
porte les cadavres d'un lieu a un autre. On l'a vu 
aussi allumer des flambeaux sur les tombeaux des 
morls. 11 a vingt-six legions a ses ordres. 

Bifrost. L'Edda donne ce nom a un pont Lri- 
colore qui va de la terre aux deux, et qui n'est 
que rarc' : en-ciel , auquel ies Scandinaves attri- 
buaient la solidite. lis disaient qu'il est ardent 
comme un brasier, sans quoi les demons l'escala- 
deraient tous les jours. Ce pont sera mis en pieces 
a la lin da monde, apres que les mauvais genies 
sorlis .de Penfer Fauront traverse a cheval. Voy. 
Suimjii. 

Bigois ou Bigotis, sorciere toscane qui, dit- 
on , avait redige un savant livre sur la connais- 
sance des pronostics dohnes par les eclairs et le 
tonnerre.Ge savant livre est perdu, et sans doule 
Bigois est la meme que Bagoe. 

Bigourne* Voy. Lyganthropie. 

Bilis. Les Madecasses designent^sous ce nom 
certains demons qu'ils appellent aussi anges du 
seplieme ordre. 

Billard (Pierre), he clans le Maine en 1653, 
morl en 1726, auteur plat d'un volume in-12 in- 
titule la lick a sept teles, qui a para en 1603. Get 
ouvrage lourd , dirige contre les jesuites, esttres- 
niais. Selon Pierre Billard , la bete a sept, tetes 
preditepar l'Apocalypse etait Iasocietede Jesus. 
L'auteur mourut a Charenton. 

Billis, sorciers redoutes eir Afrique, ou ils 
empechent le riz de croitre et de murir. Les ne- 

1 Adricn Regenvolsius, Syslema historico-chrono- 
logicum ecclesiarum sclavonicarnm, Utrecht, 
p. 95. 



gres melancoliques deviennent quelquefois sor- 
ciers ou billis ; le diable s'empare d'eux dans leurs 
acces de tristesse, et leurapprend alors , disent- 
ils , a faire des male flees et a connaitre les vertus 
des pi antes magi ques. 

Binet (Benjamin), auleur du petit volume inti- 
tule Traite des dieux et des demons du paganismc, 
avec des remarques, critiques sur le systeine de 
Bekkei\ Delft, 1696, in-12. ' 

Binet (Claude) ; On recherche de Claude Binet, 
avocat du seizieme. siecle , les Oracles des- dome 
sibijlles, e&trdits d f wi livre antique, avec les figures 
des sibxjlles portraites au vif y par Jean Rabel, tra- 
duit du latin de Jean Dorat en vers frangais. Pa L 
ris, 1586, in-folio, ' " _ 

Biragues (Flaminio de), auteur d'une facelie 
intitulee VEnfer de la mere Cardine , traitant de 
r horrible bataille qui f ut aux enfers aux noces 
du poVtier Cerberus et de Cardine. ln-8°, Paris, 
1585 et .1597. C'est une satire qui ne tient que 
si on le veut bien a la. demon ograp hie. P. Didot 
l'a reimprimee a cent exeniplaires en 1793. L'au- 
teur etait neveu du chancelier de. France Rene 
de Bir agues.. * 

Birck (Humbert) , bourgeois" d'Oppenheim 
don I l'ame revint apres sa mort,.en 1620, et se 
manifesta, comme les esprits frappeurs, pour ob- 
tenir des messes , ce qu'on lui accorda; apres 
quoi il ne revint plus 1 . 

Biron. Le marechal de Biron-, que Henri IV 
fit decapiter pour trahison en 1602, croyait aux 
predictions. Pendant le cours de son procesjl 




demanda de quel pays etait le bourreau. On K" 
repondit qu'il etait Parisien. — Bon, dit-il. — 
Etils'appelle.Bourguignon, — Ah! je suis perdu! 

1 Voyez son histoire dans les Ldgendes des csprtt 
et de?nons. 



BIS 



99 — 



BLO 



8 



W 



s'ecria le marechal ; on m'a predit que si je pou- 
vais eviler par derriere le coup d'un Bourgui- 
gnon, je serais roi. 

M. ChaboL de Bouin a ecrit tres-agreablement 
celte legende , developpee dans PAlmanach pro- 
phetique de 18ZjG. - 

Biscar (Jeannelte), sorciere boiteuse du La- 
bourd, que le diable, en forme de bouc, trans- 
porLait au sabbat, ou, pour le remercier, elle 
faisait, au dire de Delancre, des culbutes et des 
cabrioles. 

BiscayensV vagabonds de l'espece des bohe- 
miens. 31s disaient la bonne avenlure dans les 
villages.. - 

Bisclavaret. C'est le nom que donnent les 
Bretons au loup-garou. C'est souvent umrenard- 



S3 



m 

m 

M 


xm 



m 
m 




m 
■■■?- t *4j 

>& 
ll 

..'■:4 s**: 

KM 



cl quelquefois un loup, qui se jelte devarit les 
chevaiix des chasseurs el les effraye. On croit 
que cet animal est un sorcier qui en a pris la 
forme; et dans les temps pass& v siame chate- 
laine inconmie venaitoffrir des raffraichissements 



4. "-+T 




/1 



-■i'.'^-S 



aux chasseurs a Tinstant ou le Bisclavaret s'e- 
taitinonlre, on la prenait pour une fee et on se 
defiaiL d'elle. M. Edouard d'Anglemont a con- 
sacre une de ses legendes poetiques au Bis- 
clavaret. 

Bithies, sorcieres fameuses chez les Scythes. 
Plinedil qu'ellesavaient le regard si dangereux, 
\M qu'elles pouvaiehttuerou ensorceler ceux qu'elles 
;M fixaieiil. Ellesavaicnt a Tun des yeux la prunelle 
double, l'autre prunelle etait marquee de la fi- 
III gurc d'un cheval l . 

|ff 1 Plinc, liv. VII, ch. 11. 



■ CM 



.BitrUj demon. Voy. Sytry. 
Blaise de Vilfracuria, femme qui magneii- 
sait en Lorraine, avaht que Ton connut le. nom 
du magnetisme, Remi eonte dans sa Demona- 
trie qu'en 1689 un homme qui venait lui i'aire 
des reclamations fut invite par elle a manger des 
pommes qu'elle faisait cuire. La premiere pomme 
qu'il prit, toute brulante, s'atlacha a sa main; 
il voulut Tarracher de l'autre main , qui se trouva 
prise aussi. II sortit en poussant des cris de dou- 
leur. Les voisins" lui -dirent qu'il devait re- 
tourner a la femme qui lui avait donne sa pomme. 
Blaise se moqua de lui , et lui fit sur les 
bras des passes qui oterent la douleur en fai- 
r sant tomber la pomme. Elle appelait sa malice : 
une /farce* c ; 

Blanc (M, Hippolyte^ auteur-d'un livre inti- 
tule De IHnspirdtion des Gamisards, recherches 
nouvelles sur ; les, phenpmenes extraordinaires 
observes • parmi les protes.tan.tS' des Geyennes a 
la fin du dix-s,eptieme et au commencement du 
dix-huitieme siecle , pour spryir a .rinlelligence 
de certaines. manifestations . . moderncs. In -12 , 
1859. Hepri Plon , e.diteur.; Ge sayant travail ela- 
b.litspar d*incontesiables, faits :; la. part demoniaque 
•de ces inspimtions>v' . . ;/ • := .• : v . • 

Blanc d'oeuf (Diyination.; : par . le), Voyez 

i : ;;Blanchard (JElisabeth), un^.des dempnjaqties 
devLoudun. Elle se disait possedee de plusieurs 
.demons : « Asljaroth , Belzejiuth , Pero;u: r .#b: Ma- 

rOU, Voy r LoUDUN. , . 

Blaspheme; Sou vent, il est arrive, malheur t 
aux gens grossiers qui blasphemaient. On en a 
- vu , dans-.'des adces. de colore, moui;in:;subile- 
ment. EtaienL-ils elouffes;;parJ^ pu frap- 

pes d^un coup d'apoplexie? ( ou chaties par une 
puissance supreme? ou, comme on, l't^dit quel- 
quefois, etrangles par le diable?; Tqrquemacla 
parle, dans la troisieme journee de sjGin Hexamd- 
roh, d'un blasphemateur qui fut lud un jour par 
le Lonnerre, et Ton reconnut avec stupeur que 
la foudre lui avail arrache la langue. Si c'est un 
hasard, il est bien singulier. 

Blendic. On exbrcisa a Soissons, en 1582, 
cinq energumenes. La relation de leurs reponses 
el de leurs convulsions a ele ecrite par Charles 
Blendic, Arlesien, 

Bletton (Barthelemy), hydroscope qui, vers 
la Gn du siecle dernier, renouvela a Paris les 
prodiges de la baguette divinatoire appliquee a 
la recherche des sources el des metaux. Sa gloire 
s'est prompletnenl evanouie. Voy. BAGiniTTii di- 
vinatoire et Beausolkil. 

Bloemardine, femme de Bruxelles qui, au 
commencement du quatorzieme siecle, Iroubla 
le Brabanl, ou elle elablit une sorte de sainl- 
simonisme, abolissant le mariage et les moeurs, 
et donnanl a ses disciples dissolus le nom de 
freres et de sosurs du libre esprit. Elle^avait un 

7. 




' I'M ? fi '* '■ i W ' '• A • ■ - ii ; 

mm 

&XW$ it \%wt 



IS 



3 



« Ml 



=.Ji 

si: 



mxMm 

ll'sri^il.-. - :- 




BLO 



100 



BLO 



fauteuil d'argent que ses adeples regardaient 
comme un talisman puissant en prodiges 1 . 

Blokula. Vers L'annee 1670, il y eut en Suede, 
au village de Mohra ,, dans la province d'Elfda- 
len, une affaire de sorcellerie qui fit grand bruit. 
On-y envoya des juges. Soixante-dix sorcieres 
furent condamnees a mort; une foule d'aulres 



furent arretees, et quinze enfants se trouverent 
meles dans ces debats. 

On disait que les sorcieres se rendaient de 
nuit dans un carrefour, qu'elles y evoquaient le 
diable a l'entree d'une caverne en disanl trois 
fois : « Antesser ! viens , et nous porle a Blo- 
kula! » 




C'elaiL le lieu enchante et in- 
connu du vulgaire ou se faisai L 
le sabbat. Le demon Antesser 
leur apparaissait sous di verses 
formes, mais le plus souvent en justaucorps 
gris, ayec des cbausses rouges ornees de ru- 
bans, des bas bleus, une barbe rousse, un cha- 
peau pointu. 11 les emportait a travers les airs a 
Blokula, aide d'un nombre suffisant de demons, 
pour la plupart travestis en chevres ; quelques 
sorcieres plus hardies accompagnaient le cortege 
a cheval sur des manclies a balai. Gelles qui 
menaient des enfanls plantaient une pique dans 
le derriere de leur cbevre; Lous les enfanLs s'y 
perchaienL a califourchon a la suite de la sor- 
ciere, etfaisaient le voyage sans encombre, 

Quand ils sont arrives a Blokula, ajoute la re- 
lation , on leur prepare une fete ; ils se donnent 
au diable, qu'ils jurent de servir ; ils se font une 

1 Voyez sou histoire aux Legendes des femmes 
dans la viv reelle. 



I 

-yi 



■J 



engagement ou pacte ; 
on les baptise ensuite 
au nom du diable, qui leur donne des rackires 
de cloches, lis les jeltent dans l'eau en disanl 
ces paroles abominables : « De meme que celie 
raclure ne retourne.ra jamais aux cloches donl 
elle est venue, que mbn ame ainsi ne puisse ja- 
mais entrer dans le ciel!... » 

La plus grande seduction que le diable emploie 
est la bonne chore, et il donne a ces gens un 
superbe festin, qui se compose d'un polage aux 
cboux et au lard, de bouillie d'avoine^debeurrc, 
de lait et.de fromage. Apres lerepas, ils jouent 
et se battent ; et si le diable est de bonne liu- 
meur, il tes rosse tous avec une perche, « en- 
suite de quoi il se met a rire a plein venire «. 
D'autres fois il leur joue de la harpe, 

Les aveux que le tribunal obtint apprirent que 
les fruits qui naissaienl du commerce des sor- 



BOB 



— 101 



BOD 



M 
IS 

i 



m 



I 
I 



n- 



a 

U 

is 

m 
m 



Mi 



urn 



•v<-r 

m 



■^1 



as 

fit 

..■:'V*3 
v- . 

-■■ ^ 



cieres avec les demons etaient cies crapauds ou 
des serpents. Des sorcieres revelerfent encore 
cette particularity, qu'elles avaient vu quelque- 
fois le diable malacle, et qu'alors il se faisait 
appliquer des ventouses par les sorciers de la 
compagnie. 

Le diable enfin leur donnait des animaux 
qui les servaient et faisaient lenrs commissions: 
a Tun un corbeau * a Fa Litre un chat, qui Is ap- 
pelaient emportcur, parce qu'on Fenvoyait voter 
ce qu'on desirait et qu'il s'en acquittait habile-, 
ment. II leur enseignait * a traire le lait par 
charme, de cette maniere : le sorcier piante un 
couteau dans, una muraille, attache a ce couleau 
nn cordon qu'il lire comme le pis d'une vaehe , 
el les besliaux. qu'il designe dans sa pensee sont 
traits anssitot jusqu'a epuisement, lis employ aient 
le meme moyen pour nuire a leurs ennemis, qui 
souffraient des dpuleurs incroyables pendant tout 
le temps qu'on tirait le cordon, lis tuaient meme 
ceux qui leur deplaisaient en frappant Fair avec 
un couleau de bois. .. 

Sur ces aveux on brula quelques centaines de 
sorciers, sans que pour celaily eneut moins en 
Suede 1 ; mais ce qui est surprenant , : c'est que 
les memes scenes .de magie. se reproduisent en 
Suede de nos jours. Voy. Magie. - 

Bobin (Nicolas), sorcier juge a Montmorillon,, 
en Poitou v dans l'annee 1599, 11 fit a peu pres 
la meme confession que Berthome du Lignom 11 
etait alle comme Tui au sabbat, et s'etait donne 
au diable, qui lui avail fail renter Dieu ; le bap- 
teme el ses. parents. II conle qu'apres Voflrancte 
le diable se montrait . quelquefois en forme 
d'homme noir ayantlavoix cassee d'un vieillard; 
que, quand il appelait le diable, il venait a lui 
on homme ou en bouc ; que, lorsqu'il allait au 
sabbat , il y etnit porte par un vent ; qu'il y ren- 
dailcompte de Fusage cle'scs poudres, qu'il avail 
toujours fidelement employees a mal faire; qu'il 
poriail la marque du diable sur l'epaule ; que, 
quand il donnait des maladies , il les donnait au 
nom du diable et les guerissait au meme nom; 
qu'il en avail fait mourir ainsi , el gueri plu- 

Bobou, Tun des grands, elfs. ,11 preside aux 
vents tempelueux de l'automne, s'assied la nuil 
sur les tilleuls et en casse les branches. Lorsqu'on 
voit,en Ecosse, une de ces branches cassee, 
torduc, ou eclatea d'une cerlaine maniere, on 
dit: « C'est la branche a Bobou, » et on lvose 
pas -3a toucher. 

Bocal , sorcier qui fut arrele a vingt-sept ans 
dans le pays de Labourd , sous Henri IV, comme 
. -convaincu d' avoir ete vu au sabbat, vetu en prelim 
et servant de diacre ou de sous-diacre, les nulls 

^ Bqkkor, le Monde cnchantc. 
- lhscours sommaire 'des sortileges et venepces^ 
tires des proces criminels juqes cm siege royal de 
Montmorillon, m Poiiou, en Vannw 1599, p. 30. 



des trois jours qui precede rent sa premiere messe 
dans Teglise de Sibour ou Siboro (carce malheu- 
reux etait pretre) ; ; et, comme on lui demahdait 
pourquoiil disail plutot la messe au sabbat qu'a 
l'eglise, il repondit que c'etait pour s'essayer et 
voir s J il ferait bien les ceremonies. Sur la deposi- 
tion de soixante-dix t^moins, qui declaraient l'a- 
voir vu au sabbat chantant la messe du diabte, il fut 
condamne a mort apres avoir ete degrade/ Lors- 
qu'il allait etre execute (il n'avait que vingt-sept 
ans), il etait tellement tendu a rcndre son dme au 
diable auquel il I s avail promise, que jamais il ne , 
sut dire ses prieres au confesseur qui: Teh pres- 
sait. Les le moins ont declare que la mere, les 
soeurs et tons les membres de 3a famille Bocal 
etaient vSorciers , et que quand il tenait le bassin 
des oCfrandes, au sabbat , il avail donne 1'argenl 
desdiles offrandes a sa inere , en recompense, 
sans cioute, de ce qu'elle Tavait des sa naissance 
vou& au diable , comme font la plupart des autres 
meres, sorcieres 1 . Migalena , mferede ce malheu- 
reux, agee -de soixante et un ans, fut executec 
avec lui. 

Bodeau (Jeanne), sorciere du meme pays de 
Labourd. Au rapport de Pierre ;Delancre, elle 
raconta qu'a Pabaminable ceremonie appel^e Ja 
messe du sabbat, on faisait l'elevation avec une 
hosLie noire de forme Iriangulaire 2 , et le salut de 
cette Elevation etait : Gbrbeau noir ! corbeati 
noir! crie Lrois fois. 

Bodilis. Cambry, dans son Voyage mi Finis- 
tere, parle de la merveilleusefontaine de Bodilis, 
a trois quarts de lieue cle Landivisiau, Les habi- 
tants croient Qu-elle'a-la propriele d'indiquer si 
une jenne fille rf.a pas fait de faute. 11 faut d6ro- 
ber a celle dont on veut appreeier airtsi la 1 sagesse 
Tepine qui attache sa collerette en guise d'^pin- 
gle, et la poser sur la surface de Teau : tout va 
bien si .elle surnage; mais si elle s'enfonce, c'est 
qu'il y a blame. 

Bodin (Jean), savant jurisconsulle et demono- 
graphe angevin, mort de la peste en 1596. L'ou- 
vrage qui fit sa reputation fut sa llepuMtijtic, que 
la Harpe appelle le germede V Esprit des lots. Sa 
Demonomanie lui doniie ici une place. Mais il est 
difficile de juger Bodin. On lui attribue un livre 
intitule Colloquium heplaplomeron de abditis re- 
turn sublimium arcaniSj dialogues en six livres, oil 
sept interlocu leurs de diverses religions dispn tent 
sur leurs croyances, de maniere que les Chretiens 
cedent souvent Tavanlage aux musulmans, aux 
juifs, aux deisles. Aussi Ton a dit que Bodin elait 
ala fois prolestant, deisLe, sorcier, juif el athee. 
Pourtant, ces dialogues sont-ils vraimenl de lui? 
On ne les connait que par des copies manus- 
crites, car iis n'ont jamais ele imprimds. — Sa 
Demonomanie des sorciers parut in-4°, a Paris, en 

( Delancrc, Tableau de I'inconst. des demons, etc., 
Hv. VI, p. 420. 

s Ibid., liv. VI, disc. in. 



m 



! 1,1 




l i Af'./. ! -j;..i: 



BOD 



102 



BOE 



1501; on en a fait des editions sous le tita de 
Fleau des lUmons et des sorciers (Mort, 1616). 
Get ouvrage est divise en quatre livres ; tout ce 
qu'ils contiennent de curieux est cite dans ce 
dictionnaire. 

. L'auteur definit le sorcier celui qui se pousse 
a quelque chose par des moyens diaboliques. II 
demontre que les esprits peuvent s'associer et 
commercer avec les homines. II trace la- diffe- 
rence d'humeur et de formes qui distingue les 
hons esprils des mauvais. II parle; des divinations 
que les demons operent, des predictions licites 
ou illicites. 

_ Dans le livre II, il recherche ce que c'est que 
la magie-; il fait voir qu-on petit eVoquer les ma- 
lms esprils , faire pacle avec le diable, etre porte 
en corps au sabbat? avoir, au moyen des de- 
mons, des revelations par extase, se changer en 
loup-garou ; il termine par de longs recits qui 
prouvent que les sorciers ont pouvoir d'envoyer 
les maladies, sterilites, greles et tempetes, et de 
tuer les betes et les hommes. - 

Si le livre II traite des.maux que peuvent faire 
les sorciers, on voit dans le livre III qu'il y a 
manierc de les prevenir : qu'on peut obvier aux 
charmes et aux sorcelleries ; que les magiciens 
guerissent les malades frappes par d'autres ma- 
giciens. II indique les moyens illicites d'empev 
cher les maldiices. Rien ne lui est etranger. II 
assure que, par des tours de leur m&ier, les 
magiciens peuvent otyenir les faveurs des grands 
et de la fortune, les dignitespla beaute et les 
honneurs. 

Dans le iivre IV, il s'oecupe de'la inaniere de 
p'oursuivre les sorciers , de ce qui les fait recon- 
naitre, des preuves qui elablissent le crime de 
sorcellerie , des tortures , comme excellen t moyen 
de faire avouer. Un long chapitreacheve l'ceuvre, 
sur les peines que meritent les sorciers. II con- 
clut a la mort cruelle ; et il dil qu'il y en a tarit , 
que les juges ne suf Anient pas a les juger ni les 
bourreaux a les executer. « Aussi, ajoute-t-il, 
n'advient-il pas que de dix crimes il y en ait un 
puni par les juges, et ordinairement on ne voit 
que des bdlUres condainnds* Geux qui ont des 
amis ou de Targent echappent. » 

L'auteur consacre ensuite une dissertation a 
refuter Jean Wierus, sur ce qu'il avait dit que 
les sorciers sont le plus souvent des malades ou 
des fons, el qu'il ne fallait pas les bruler. — a Je 
lui repondrai , dit Bodin , pour la defense des 
juges, qu'il appelle bourreaux. » 

L'auteur de la Demonomanie avoue que ces 
horreurs lui font dresser le poil en la tele, et il 
declare qu'il faut ex terminer les sorciers et ceux 
qui en ont pi tie, et bruler les livres de Wierus 1 . 

Bodry. Voy. Revicnants. 

1 Joannis Bodini wiivcrscv natures theatrum, in 
quo rcrum omnium ejfecirices causa* et fines contem- 
j)lantur. In-8°. Lugduni Roussin, 1596. 



.Boece^l'un des plus illustres Romains du 
sixieme sie£le, auteur des Consolations de la phi- 
losophic. ILs'amusait , dans ses moments de'loisir, 
a faire des instruments de mathematiques , dont 
il en voy a plusieurs pieces au roi Glotaire. 11 avait 
construit des cadrahs pour tous les aspects: du 
soleil, et des cle'psydres qui, quoique sans roues, 
sans poids et sans ressorts, marquaient aussi le 
cours du soleil , de la lune .et des astres, au moyen 
d'une certaine quantite d'eau renfermee dans une 
boule d'etain qui tournait sans cesse, en trainee, 
dit-on, par: sa propre pesanteur. C'etait done le 
mouvement perpetueh Theodoric avait fait pre- 
sent d'une de ces clepsydres a Gondebaud roi 
des Bourguignons. Ces peuples s'itnaginerent que 
quelque divinite, renfermee dans cetle machine, 
lui im prim ait le mouvement : e'est la sans doute 
Torigine de Terreur ou sont tombes ceux qui Font 
accuse de magie* lis en donnent pour preuves ses 
automates ; car on assure qu'il avait fait des Lau- 
reaux' qui mugissaient, des oiseaux qui criaient 
et des serpents qui sifflaient. Mais Delrio dit 1 que 
ce n'est la que de la magie naturelle, e'est-a-dire 
de la mecanique. 

Boehm (Jacob), ne en 4-575;. dans la haule 
Lusace. De cordonnier qu'il etait il se lit alchi- 
miste , homme a extases et chef d'une secte qui 
eut le nomde boehmistes. II publia, en 1612,1m 
livre de visions .et.de reveries, intitule t f Ativan 
naissante, que I'on poursuivit. II expliquait le 
systeme du monde par la philosophic hermd- 
tique^ et prfeentait Dieu comme un alchimisle 
occupe a tout produire par distillation. Les ecrits 
de cet illumine, qui forment plus de cinquanLe 
volumes inintelligibles, ne sont pas connus en 
France, excepte ,ce que Saint-Martin en a tra- 
duit : VAurore naissante, les Trois pr incipes cL 
la Triple vie: Ce songe-creux dtait anthropomov- 
phite 2 et manicheen; if admettait pour deuxieme 
principe du monde la colere divine ou le inal, 
qu'il faisait emaner du nez de Dieu. On re- 
cherche, parmi ses livres d'alchimie, son Miroir 
tcmporel de Veternitd, ou de la Signature des 
chases } traduit en francais , in-8°, Francfort, 
1669 3 . Ses doctrines philosophiques ont conser- 
vee des partisans en Allemagne. 

Boauf. Le boeuf de Molse est un des dix ani- 
maux que Mahomet place dans son'paradis. 




I 



1 Disquisition, magic, p. 40. 

2 Les anthropomorphilcs dlaient des hcretiqutf 
qui donnaient a Dieu la forme huniaine. 

s On peut voit* encore Jacobi B echini , alias Jic/J 



BOG 



103 — 



BOG 



On attache a Marseille quelques idees supers- 
LiLieuses au boeuf gras qu'on promene , dans cetle 
ville, au son des Jiutes et des timbales:, non pas, 
comm.e par tout, le jour du carnaval, maisla veille 




eL le jour de la FeLe-Dieu. Des savants ont cru 
voir. la nne trace du paganisme-; d'autres ont pre- 
Lendu que c'etait un usage qui remonLait au bouc 
einissaire des Juifs, Mais Rulli, dans son [Hisioire de 
Marseille, rapporte un acte du qua torzi erne siecle 
qui decouvre Torigine reelle de cette coutume. 
Les confreres du Saint-Sacrement , voulant rega- 
ler les pauvres, achete^ent un^boeuf et en aver-' 
tirenL le peuple en le promenant par la ville. Ge 
fcslin lit Lant de plaisir qu'il se renouvela tpus. 
les ans; depuis s'y joignit de petites croyances. . 
Les vieilles femmes cru rent preserver les enfants 
de maladie en leur Msant baiser ce boeuf; Lout 
le monde s'empressa d'avoir de sa chair, el; on 
regarde encore aujourd'hui comme ires-beu- 
reuses les maisons a la porte desquelles il veut 
bien, dans sa marche, deposer ses dejections, 

Parrai les betes qui ont parte, on peut comp- 
ter les boeufs. Fulgose rapporte qu'un pen a van I 
la morl de Cesar un boeuf [dit a son maitre qui 
le pressaiL de labourer : — cc Les hommes inan- 
qucront aux moissons, avant que la moisson 
manque aux hommes. »■ ' ' . 

On voit dans Tite-Live et dan's Valere-Maxime 
que pendant la cleuxieme guerre punique un boeuf 
cria en place publique : — « Rome , prends garde 
a toi! » — Francois de Torrc-Blanca pense que 
ces deux bceufs etaient possedes de quelque de- 
mon *. Le pere Engelgrave (Lux evangelka, 
page 286 des Dominicales) cite un autre bceuf qui 
apaiic. Voy. Bi':iii;Mom 

Bogaha, arbre-dieu de Tile de Ceylan. On 
conte que cet arbre trayersa les airs afin de se , 
rendre d'uri pays ires- eloigne dans celte ile 
sainLe ; qu'il enforwja ses racines dans le sol pour' ; 
servir d'abri au dieu Bouddha, et qu'il le couvrit 
de son ombrage tout le temps que ce dieu de- : 
meura sur la-terre. Quafcre-vingt-dix-neuf rois 



ont eu Thorineur d'etre ensevelia aux pieds du 
grand arbre-dieu. Ses feuilles- sont un excellent 
preservatif contre lout malefice et sortitege. Un 
nombre considerable de huttes renvironnent pour 
recevoir Jes pelerins ; et les habitants plaritent 
partout.de petits bogalias:, sous lesquels ils pla- 
cent des images et allument des lamp.es. Get 
arbre, au reste:, ne porte aucun fruit et ii'a dt> 
recbmmandable que le culte qu'on lui rend. 

Bogarmiles, Bogomiles et Bongomiles; 
Sorte de-inanicbeehsK|ui parurent a Constanti- 
nople au. do uzi erne siecle.. Us disaient que ce 
n'est pas: Dieu, mais un mauvais demon qui a 
cree le monde. Ils etaient iconoclastes* 

Boggart j lutin pygmee de l'espece des Cluri- 
caunes , souvent mediant. II est connu en Irlande. 
Voyez la legende.d' un de ees esprits dans les 
Legendes . des. esprits et des ddmons . • 

Bogles, lutins ecossais > de Tespece des Ko- 
boldset des- Gobelins. ■ - ^ r^\ -A 

Boglia. Les indigenes de I'Australie donnent 
le nom de Boglia a Thomme endiabte que noiis 
appelons un soreier. 

Boguet (Henri)., grand juge de la terre de 
Saint-Claude au comte de Bourgogne, mort en 
1619 , auteur d'un livre plein d'une^creduljt^ 
souvent puerile et d'un zele: outr^ contre la sor- 1 
cellerie. Ce livre, public au commencement dii 



VA<1 



I' \ F - W > 



tculonici phUosophi , clams prcecipuarum rerum quw 
w v'ehquis suis scripiis occurrunl pro incipicnlibus ad 
ulterior em considerationem •revdationis divines con- , 
scnpta >t 462-1, un vol. in-4°. 
1 Epit. deliclor. sive de magia , lib. II, cap. xv. 




dix-septieme siecle , est inLitule Disconrs des sor- 
cicrs'j avec six avis en fait de sorcellerje et une 
instruction pour un juge en, semblable matiere 1 -. 

» Un vol. in-8°, .Paris, 1603; Lvon . 4 602 4607, 
1G08,-1610;.Bouen-, 4606. Toutes ccs ddilions- sont 
Ires.-rares, parce que. la famille de Boguet .s'effonja 
d'en supprimer les exemplaircs. 



mm- 



'i : ' i 



... i 



p. J L 2 G ■* 



mm 

■4' 



in. 



1^ 



■mi 



En. 



i'S 



.* if 



:l!'-i>t 



; (1 



Hi 



1 k' i If 



I 




BOG 



— 104 — 



BOH 



(Test une compilation des procedures aux- 
quelles, comme-juge, l'auteur a generalement 
preside. On y trotive Thistoire de Louise Maillat, 
possedee de cinq demons a Page de huit ans; de 
Franchise Secretain, sorcifere, qui avait envoye 
lesdits demons; des sorciers Gros-Jacques efWil- 
lermoz, dit le Baillu ; de Claude Gaillard, de Ro- 
lande Duvernois et de quelques autres. L'auteur 
detaille jes abominations qui se font air sabbat.; 
il dit que les sorciers peuvent faire tomber la 
grele, ce qui n'est pas; qu'ils ont une poudre 
avec laquelle its erhpoisonnent, ce qui est vrai ; 
qu'ils se graissent les jarrets avec un onguent 
pour s'envoler au sabbat; qu'une' sorcifere tue 
qui elle veut par son souffle seulement ; qu'elles 
ont mille indices qui les feront reconnaltre : par 
exemple, que la croix de leur chapelet est cas- 
see , qu'elles ne pleurent pas en presence du juge , 
qu'elles crachent a terre quand oil les force a re- 
noncer au diable* qu'elles ont des marques sous 
leur chevelure, lesquelles se decouvreiit si on 
les rase,; 1 que les sorciers et les inagieiens ont le 
talent de se changer en loups; que sur le simple 
soupQon mal lave d'avoir ete au sabbat, meme 
sans autre malefice, on doit les condamner; que 
tous meritent d'etre brules, et que ceux qui ne 
croient pas a la sorcellerie sont criminels. C'est 
un peu trop violent, mais il faut remarquer qu'en 
ces choses ce n'elait pas le clerge qui etail se- 
vere ; c'elaient ces juges lai'ques qui se montraient 
violents et feroces. 

A la suite de ces discours viennent les Six wois > 
dont voici le sommaire : 

1° Les devils doivent etre condamn^s au feu, 
commc les sorciers et les heretiques, etcelui qui 
a ete au sabbat est digne de morL 31 faut done 
arreter, sur la plus legfere accusation , la personne 
soupconnee de sorcellerie, quand meme Paccu- 
sateur se retracterait; et Ton pent adinetLre en 
t^moignage contre les sorciers ioutes sortes de 
personnes. On brulera vifs, ajoute-t-il, les sor- 
ciers opiniatres, et, par grace, on se contentera 
d'etrangler celui qui confesse. 

2° Dans le crime de sorcellerie, on peu t con-" 
damner sur de simples indices, conjectures et 
presomptions ; on n'a pas besoin pour de tels 
crimes de preuves tres-exactes* 

3° Le crime de sorcellerie est directement 
contre Dieu (ce qui est vrai dans ce crime, quand 
il existe reellement, puisque e'est une negation 
. de Dieu et un reniement) : aussi il faut punir sans 
management ni consideration quelconque... 

4° Les biens d'un sorcier condamne doivent 
etre confisquc% commc ceux des heretiques; car 
. sorcellerie est pire encore qu'heresie, en ce que 
les sorciers renient Dieu. Aussi on remel quel- 
quefois la peine a rh^rdlique repenti; on ne doit 
jamais pardonner au sorcier... 

5° On juge qu 1 il y a sorcellerie quand la per- 
sonne accusee fait metier de deviner* ce qui est 



rceuvre du demon; les blasphemes et impreca- 
tions sont encore des indices. On peut poursuivre 
en fin sur la clameur publique. 

6° Les fascinations, au moyen desquelles les 
sorciers eblouissent les yeux, faisant paraitre les 
choses ce qu'elles ne sont pas, donnant des mon- 
naies de corne ou de carton pour argent de bon 
jaloi , sont ouvrages du diable; et les fascina- 
teurs, escamoteurs et autres magiciens doivenl 
etre punis de mort. * 

Le volume de Boguet est termine par le code 
des sorciers. Voy. Code. 

Bogounskis, mauvais espritsrusses, qui dan- 
sent la nuit sur le lac de Goplo et quelquefois sur 
la Vistule. 

Bohemiens. Il n'y a personne qui n'ait ea- 
tendu-parler des Bohemiennes et' de ces bandes 
vagabondes qui, sous les noms de Bohemiens, tie 
Biscaiens et d'Egyp Liens ou Gitanos, se repan- 
dirent au quatorzieme siecle sur l'Eurppe, dans 
I'Allemagne surtout, laHollande, la Belgique, ia 
France et TEspagne, avec la pretention de pos- 
seder Tart de dire la bonne aventure et d'autres 
secrets merveilleux. Les Flamands les nommaienl 
heyden, e'est-a-dire paiens, parce qu'ils les re- 
gardaient comme des gens sans religion. On leur 
donna divers autres sobriquets. 

Les historiens les ont fait venir, sur de simples 
conjectures, de TAssyrie, de la Gilicie, du Cau- 
case, de la Nubie, de VAbyssinie, de la Chaldee. 
Bellon, incertain de leur origine^ soutient qu'au 
moins ils n'etaient pas figyptiens ; car il en ren- 
contra au Caire, oil ils etaient regardes commc 
etrangers aussi bien qu'en Europe. Jl eut done 
el6 plus nalurel- de croire les Bohemiens eux- 
memes sur. leur parole, et de dire avec eux que 
e'etait une race de. Juifs, meles ensuite.de Chre- 
tiens vagabonds. Yoici ce que nous pensons etre 
la verite sur ces mysterieux nomades. 

Vers le milieu du quatorzieme siecle, TEuropc, 
etprincipalement les Pays-Bas, TAllemagne etb 
France, etant ravagee par la peste, on accusa les 
Juifs, on ne sait pourquoi, d'avoir empoisonne 
les puits et les Fontaines. Cette accusation sou- 
leva la fureur publique contre eux. Beaucoupde 
Juifs s'enfuirent et se j eleven I dans les fore is, lis 
se rdunirent pour etre plus en surete et se mena- 
gerent des souterrainsd'une grande^elendue. On 
croit que ce sont eux qui ont creuse ces vasles 
cavernes qui se trouvent encore en Allemagne 
et que les indigenes n'ont jamais eu interct a 
fouiller. 

Ginquante ans apres, ces proscrits ou lenrs 
descendants ayant lieu de croire que ceux qui 
les avaient tant ha'is etaient morts, quelques-uns 
se hasarderent a sortir de leurs tan i feres. Les 
chreliens etaient alors occupes des guerres reli- 
gieuses suscitees par Theresie deJean Huss. G*etait 
une diversion favorable. Sur le rapport de leurs 
espions, ces Juifs caches quitterent leurs ca- 



BOH 



— 105 — 



BOH 



vernes, sans aucune ressource v il est vrai, pour 
se garantir de la misere ; mais.pendant leur demi- 
siecle de solilude, ils avaient etudie les divina- 
tions eL parliculieremenl Tart de dire "la bonne 
aventure par Finspection de la main ; ce qui ne 
demande ni instrument, ni appareil, ni depense 
aucune; et ils compterent bien que la chiroman- 
cie leur procurerait quelque argent, 



Ils se choisirent d'abord un capilaine, nomine 
Zundel. Puis, comme il fallait declarer ce qui les 
amenait en Allemagne , qui ils etaient, d'oii ils 
yenaient, et qu'on pouvait les questionner aussi 
sur leur religion ; pour ne pas se decouvrir trop 
clairement, ni pourtant se renier, ils convinrent 
de dire que leurs peres habilaient autrefois 
l'Egypte, ce qui est vrai des Juifs ; et que leurs 



m 





«srsw 



# * « — » ~- 



ttohcniicns. 



ancetrcs avaient ete chasses de leur pays pour 
n'avoir pas voulu recevoir la Vierge Marie et son 
fils Jesus. — Le peuple comprit ce refus, du 
temps oil Joseph emmena le divin Enfant en 
Egypte pour le soustraire aux recberches d'He- 
rode; au lieu que les vagabonds juifs l'enten- 
daient de la persecution qu'ils avaient souffcrte 
cinquanle ans auparavant. De la vient le nom 
d'Egyptiens qu'on leur donna etsouslequel l'em- 
pereur Sigismond leur accorda un passe-porL 



lis s'etaient forme un argot ou un jargon de- 
guise, mele d*h<5breu et de mauvnis allemand, 
qu'ils prononcaient avec un accent etranger. Des 
savants, qui ne voyaient pas plus loin, furent 
flatles de reconnaitre certains termes de la langne 
allemande dans un patois qu'ils prenaient pour 
de l'egyptien. lis denaturaient aussi plusieurs 
appellations; ils appelaienl un enfant un criard, 
un manteau nn prencur de vent, un Soulier im 
marchenr, un oiseau un volant. Toutefois, la 



lilii! 



III 





f < 




11 ' ■iJ&^tt 



(i * 



BOH 



106 



BOH 



multitude de mots hebreux qui est restee dans le 
langage des Bohemiens sullirait seulepour Irahir' 
lejur origine juive. 

lis avaient des moedrs particulieres et s'elaient 
fait des lois qu'ils respectaient. Chaque bande se 
choisissait un chef, a qui lout le monde'etail tenu 
d'obeir. Quandparmi eux une femme se mariait, 
elle se bornait, pour toute ceremonie , : a briser 
un pot de terre devant Phomme dont elle voulait 
devenir la compagne ; et elle le. respectait com me" 



son mari aiitant d'annees que le vase avait pro- 
duit de morceaux. Au bout de ce temps, les 
epoux etaient libres de se quitter ou de rompre 
ensemble un no uvea u pot de terre. On citerait 
beaucoup de bizarreries de ce genre, 

Des que les nouveaux Egyptiens went qu'ils 
n'etaient pas repousses, ils implorerent la pilie 
des Allemands, Pour ne pas paraitre a; charge, 
ils assuraient que, par une' grace pariiculiere du 
ciel, qui les protegeait encore en les punissant, 




lesmaisons Ou ils etaient une fois recus n'etaient 
plus sujetlesaTincendie. Ils se mirenl aussi a";dire 




la bonne aventure, sur l'iospection du visage, des 
signes du corps, et pfincipalement sur I'examen 



,des lignes de la main et des doigts. lis gueris- 
saient les malades desesperes , par des remedcs 
que les Anglais ont conserves et qu'ils appellent 
heroiques, parce "qu'ils luent net les apoplec- 
tiques, s'ils ne les relevent pas. 

Cependant la fureur contre les Juifs s'etail 
apaisee.; ils furent admis de nouveau dans les 
villages, puis dans les villes. Mais il resta lou- 
jours dc ces bandes vagabondes qui continueront 
la vie nomade, decouvrant partont l'avenir, el 
joignant a cette profession de nombreuses fri- 
ponneries plus malerielles. Bientot, qiioique la 
nation juive fut le noyau de ces bandes, il s'y (il 
un Lei melange de divers peuples, qu'il n'y eul 
pas plus entre eux de religion dominante qu'il 
n'y avait de. patrie. lis parcoururent les Pays- 



BOH 



— 107 



BOI 



m 

Suss 



'.its 

m 
m 



I Bas et passerent en France , ou on les appela 
| les Bohemiens, parce qu'ils venaient de la Bo- 
I heme. 

| Pasqaier, dans ses Recherches, raconte a peu~ 
| pres ainsi leur apparition mysterieuse sur le sol 
| franc, ais et leur arrivee aux portes de Paris en 
I 1427 ils eLaient au nombre. de cent vingt; 
| Tun de leurs chefs portait le tilre.de due, tin 
jj autre celui de comte; ils avaient dix • cavaliers 
| pour escorte*. Us disaient qu-ils venaient de, la 
If basse Egypte, chasses.de leur pays par les Sara- 
|| sins* qu'ils etaient alles a Rome confesser. leurs 
peches au Pape, qui leur avait enjointpour peni^- 
lence d'errer sept ans par le monde, sans cou- 
§f cher sur aucun lit. (Les genseclairesn'ajouterent 
|§ sans doule pas foi a ce conte.) — On les lqgea 
jj au village, de la Chapel le, pres 'Paris;, et line 
jf grande foule alia les voir. — Ils avaient les che- 
§§ veuxcrepus, le teiritbasane., et portaientaux 
§f oreilles des. anneaux d' argents Gomme -leurs 
§| femmes disaient la bonne aventure el se livraient 
jH a des pratiques superstitieuses et mauvaises, 
| l'eveque de Paris les excommunia, defendit qu'on 
les allat consulLer el obtint leur eloignement. 
Le seizieme siecle fut infeste de JBohejniens. 
U Les&ats d'Or]eans, .en 1560, les condamnerent 
|j au bannissement, sous peine des galores, s'ils 
H osaient reparaitre^SouIferlis dans: quelques con^ 
§| trees que divisait l'heresie, chasses en d'autres 
§§ lieux comme descendants, de Gham, inventeur de 
i|| !a magic, ils ne paraissaienfc nulle part que 
|j comme une plaie. On disait en Flandre qu'ils 
|| elaient si experts-en sorcellerie , que des qu'on 
jj leur avait donne une piece de monnaie , toutes 
||| celles qu'on avait en poche s'envolaient aussitot 
|§| el allaient rejoindre la premiere, opinion popu- 
;|| lairequi petit se traduire en d'autres termes et 
jj qui veut dire que les Bohemiens etaient des 
I! escrocs. — Leurs bandes diminuerent au - dix- 
f§| septieme siecle. Pourtant on en voit. encore quel- 
H| ques rares delachcmenls. Sous les nouvelles lois 
H de police des Etats europeens , les societes bo- 
Jlt h&niennes sont dissoutes. Mais il y a toujours <ja 
J|| el la des individus qui disent ia bonne aventure, 
HI et des imbeciles qui von t les consuller. Voy. Chi- 

v 1 ROMANG1E *. 

\ *^=£ 

fjl 1 Le fait suivant est caracteristique des moeurs 
des Bohemiens, dont il existe encore. plusieurs Corn- 
ell munautes dans la Lithuanie : 
3 T .^. n Bohemieti demeurant a Mehlanken , pres de 
iilsitl, avait ele incarcere pour vol d'un cheval; il 
HI mourut avant que 1'instruction fut terminoe. La com- 
8H 'J^'jaute a laquelle il appartenait, inlbrmee do sou 
Will_ ciecos ' arri va clans la ville au moment ou l'oii.allait 
^ procoder a 1'inhumation, A\issilot les Bohemienncs 
fM ? u PP'^ rcn .l' ceux qui portaient le corps d'ouvrir 
l e ^? rcuc il et de leur permctlrc de laire venir un 
P ar bior pour raser le defunl; mais comme il y eut 
IW^ibilite de Irouver immediatement un barbicr, 
11 'allutse rendre directement au cimeliere. 
'.Kf °ndant ce temps , les femmes bohemienncs avaient 
illj P ar ?ouru la ville pour chercher un barbier, et elles 
ava,ci it fini par en trouver un. Elles arriverent au ci- 



Bohinum , idole des Armeniens , qui etait 
faite d J un metal noir, symbole de la nuit Son 
nom vient du mot hebreu bolm, desolation, a ce 
que dit Leloyer. G ? est le demon- du niah 

Bohmius (Jean). Quelques-uns recherchent 
sa Psychologic, "ou Traite des esprits , publiee en 
1632, a Amsterdam 1 , livre qui ae mgnque pas 
d'heresies.- " • J^;. 

Bdtioh-Hupas , arbre- poison qui croit dans 
Pile de J ava , a trente lieues defBatavia. Les cri- 
minels condamnes allaient autreM^jpGyeillir une. 
gomme qui en decoule, et qui -.esbim' poison si -.: 
prompt et si ; violent, que = les oispaux qui tra- S; 
versent: Pair au-dessus de. ' pel^ , arbre tombent ,. 
morts;, du moins ces :■ -chores' - put §ta-;eont(§ps. 
Apres que leur sentence etait prononcee , lesdits,.. 
criminels pouvaient choisir our de . perir de ;! la.; r 
main du bourreau, ou de tenter de rappoiter une : -; ; 
bolte de gomme de Pbupas. Foerssech. rapport^ 
qu'ayant interroge un pretre malais.qui habitait 
ce lieu sauvage, cet homme lui dit qu'il avait vu 
passer environ sept cents criminels, sur lesqueis 
il n ; en etait revenu que vingt-deux ; quMl n'y , 
avait pas plus de cent ans que ce pays etait ha- 
bite par un peuple qui se livrait aux iniqultes de 
Sodome et de Go mo it he; que Mahomet ne vou- 
l'ut pas soul'frir plus iongtemps leurs niceurs abo- 
minables; qu'il engagea Died a les punir; et que 
Dieu fit sortir de la. terre le bohon-hupas , qui 
detruisit les coupables, et rendit a jamais le pays 
inhabitable. Les Malais regardent cet arbre 
comme Y\ nslrument de la colore cUv Prophete; 
et, toutefois, la mort qu'il: procure passe chez 
eux pour honorable ; voila pburquoi les criminels 
qui vont chercher le poison se revetenfc en ge- 
neral de leurs plus beaux habits \ 

Bois. Les anciens avaient une divination qui 
se pratiquait par le moyen de quelques morceaux 
de bois. . Fay. Xylomancik. . - . 

IlscroyaienLlesforets habileespar desdivinites 
bizarres; et dans les. pays, superstitieux, on y re- 
doute encore leslutins. Les Kamstcbadales disent 
que les bois sont.pleins d'esprits malicieux. Ces es- 
prits ont des enfants qui .pleurent sans cesse pour 
attirer les voyagenrs; ils les egarent en^uite, et 
ils leur otent quelquefois la raison. — ; Enfin , 
e'est generalement dans les bois que les sorciers 
font le sabbat. C'elait autrefois dans d^es J)ois 
dits sacres qu'on lionorait les faux dieux. 

Bois de.vie. G'est le nom que les alcbimistes 
donnent a Ia pierre parfaite du grand ocuvre., 
plus clairement appelee baume universel ou pa- 

mcUere en memo temps .que le cercucil et obtinrent 
rautorisation de faire proceder a Vouvcrlurc et clo 
raser le defunL 

Quand cette operation fuLlcrminde, elles en te- 
moigncrent la plus grande joie. 

1 Joannis Batumi psychologta, cum vera (qyplica- 
tione Joannis Angeli. In-24. Am s tel., 4632. 

2 Extrait des Voyages deM. Foensech, IJollandais, 
Melanges de Ulieralure elrangere, t. I, p. 64, 



WISP 






flit 
ill 

mm- 

ifti 




'ill* 





iW -irate/ 




■i! 



toi fill i 

* ;? ill : 




BOI 



— 108 



BON 



nacee, qui guerit tous les maux, el assure a cenx 
qui lapossedent une jennesse inalterable. 




Demon des bo is. 

Les Juifs nomment hois de vie les deux batons 
qui liennent la bande roulee sur laquetle estecrit 
le livre de leur loi. lis sont persuades que l'at- 
touehement de ces batons aflermit la vue et rend 
la sanle. lis croient aussi qu'il n'y a pas de 
meilleur moyen de faciliter raccotichement des 
femmes que deleur faire voir ces bois, qu'il ne 
leur est pas perm is de toucher. 

Boistuau ou Boaistuau (Pierre) , dit Launay, 
Nan Lais t morl a Paris en 1566, On recberclie de 
lui deux ouvrages rares efc.curieux : 1° Histoires 
prodiyieus'es, extraites de divers auteurs, iti-8°, 
1561. Aux quarante histoires de Boistuau, Tesse- 
ranten ajouta quinze. Belleforet, Hover et Ma- 
rionville les lirent reimprimer avec unenouvelle 
continuation, en 1575, six vol. in-16. — 2° Hk- 
ioivcs Iragiqucs, extra! Les des ceuvres italiennes 
de Bandel, et mises en langue frangaise, 1568 et 
annees suivanLes, 7 vol. In-16. II n'y a que les 
six premieres histoires du premier volume qui 
aientete traduites par Boistuau ; les autres sont 
de la traduction de Belleforet, qui lui etail bien 
infe/ieur. 

Bojani (Michel). On petit lire de lui une His- 
loire des songes\ publiee en 1587. Nous ne la 
connnissons que par le Litre. 

Bolacre (Gilles), bonhomme qui habitail une 
maison d'un faubourg de Tours, oil il prelendit 
qu'il revcnait des esprits qui l'empechaienl de 
dormir. C'eLait au seizifeme si£cle. 11 avail, loue 
cette maison; et comme il s'y faisait un bruit et 
un tintamarre d'esprits invisibles, sabbats et lu- 
tins, qui ne lui laissaienL aucun rcpos, il voulut 

1 Micliaclis Bojani IHsforia de somniis*' In -8°, 
Wiltcmberg, 1587. 



a toute force faire resilier son bail. La cause fut 
portee devant le siege presidial a Tours, qui 
cassa le bail. Le proprietaire en appela au parle- 
ment de Paris ; son avocat, maitre Rene Chopin, 
soutint que les visions d'esprits n'etaient autre 
chose que des contes de vieilles, epouvantails de 
petits enfants. Le parlement ne decida rien el 
renyoya la cause au tribunal de la Tournelle, 
qui "par son arret main tint la resilialion du bail 1 , 

Bolegueans , ou poul piquets. Ce sont en 
Bretagne des lutins du genre des Coboldes. 
Voyez quelques details sur un de ces bons petits 
lutins dans les Legendes des esprits et des de- 
mons, 

BolfrL Voy. B&urra. 

Bolingbroke. Voy. G locust int. 

Bolomancie. C'est la B6lomancie. Voy. ce 
mot. 

Bolotoo, ile imaginaire ou les naturels des 
iles de Tonga placent leur paradis. lis croienl 
que les ames de leurs chefs y deviennent des di- 
vinites du second ordre. Les arbres de Bolotoo 
sont charges, disent-ils, des meilleurs fruits et 
toujours couverls des plus belles lleurs, qui re- 
naissent loutes lesfois qu'on lescueille. Ge sejour 
divin est rempli d'anhnaux immorlels, que Ton 
ne tue que pour la nourriture des dieux el des 
<51us; niais aussitot qu'on en tue un, un autre le 
rcmplace. . * 

Bombast (Philippe), Voy. pAitAciiLSis: 

Bona (Jean) , savant "et pieux cardinal , mort 
en 167ft. On recherche de lui un Traiti du. dis~ 
cernement dcs esprits, in-12, public en 1673 el 
traduit par Pabbe Leroy de HaulefoiiLaitie, 167G. 
Le cbapitre xx de ceL ouvrage trnile avec beau- 
coup de lumieres de ce. qu'il y a de plus diilicile 
dans la matiere des visions et des revelations 
particulieres 2 . - 

Bonasses. Voy. Gullets. 

v Bonati(Gui), astrologueflorenLin du trei/.ieme 
siecle. 11 vivait, dit-on, d'une manierei originale, 
et posstklait Part depreclire l'avenir. Les troupes 
de Rome, sous ie pontificat de Martin IV, assie- 
geaient Forli, ville de la Komagne, defendue par 
le comle de MonLfelTnL Bonati , qui s'y etaiL retire, 
voyant la ville prete a faire une sortie , annonca 
au comle qu'il serai t blesse dans la melee. 
L'evenement juslifia la prediction; et le comle 
de Montferrat, qui avail porle avec lui ce qu'il 
fall ait pour panser sa blessnre , fit depuis le plus 
grand cas de l'astrologie. Bonati , sur la fin de sa 
vie, reconnut pourtant la vanite de sa science, 
se fit franciscain, et mourut penitent en 1300. 
Ses ouvrages ont ete recueillis par Jacques Cau- 
terns, sous le litre de Liber astronomicus } in-/i°i 
rare. Augsbourg, lft 91. 

Bongomiles. Voy. Bogarmiles. 

1 Leloyer, Biscours des spectres, liv. YI, ch. xv. 

2 Joanhis cardinalis Bona De discretionc spiri- 
tuum. In-12, Paris, 4673. 



BON 



109 — 



BON 



Bonica, lie imaginaire de 1'Amerique, ou 
Deolalus, medecin spagirique, place une fon- 
taine dont les eaux, plus del icieuses que le 
meilleur vin , ont la verlu de rajeunir. 

Boniface VIII, pape, elu le 2ft decembre 
1294. On a conle que, n'etant encore que car- 
dinal , il lit percer une muraille qui avoisinait le 
litdu pape Gelestin, et lui cria au moyen d'uiie 
sarbacane, qu'il eut a deposer la tiare s'il vou- 
Jait elre sauve; que le bon pape.Geleslin obeit a 
cette voix'qu'il eroyait venir du ciel, et ceda la 
place a Boniface. —Mais ce recit n'est qu'une 
imposture entierement supposee par les protes- 
LanLs , qui on ^imagine cetle calomnie comme 
Lant d'autres. La verite est que le pape Celestin 
deposa la tiare pour s'occuper uniquement de 
son ame, Le cardinal GajeLan (depuis Boni- 
face VIII) ri'y fut pour rien 1 . 

Bonne aventure. Les diseurs de bonne aven- 
lure et les magiciens etaient devenus si. nom- 
breux a Borne du temps des premiers empereurs, 
qirils.y avaient une confrerie. Pour I'art de dire 




^S~)^-r\ 



^s-s^-r-- 



~i 



la bonne aventure, votj, Ghiromancik, Cartoman- 
cies ASTROLOGIE, METOPOSCOPIK, HOROSCOPES, 

Cuainologie, et les cent autres manieres. 

Bonnes. On appelle bonnes > dans certaines 
provinces, des fees bienveillanles, des especes 
de farfadets femelles sans malice , qui aiment les 
enfants et qui se plaisent a les bercer. On a sur 
elles peu de details; mais c'est d'elles, dil-on, 
que vient aux berceuses le nom de bonnes d'm- 
fwls. Habondia est leur reine. 

Bonnet (Jeanne), sorcieredeBoissy en Forez, 
bruiee le-15 janvier 1583 pour s'elre vantee d'a- 
voir eu des liaisons abominables avec le diable. 

1 Yoyez YlRstoire du pape Boniface VIII, par 
M. Vabbe Jorry. 



Bonnet pointu, ou -esprit - au bonnet, Voy. 
Hekdeckin. 

Bonnevault (Pierre).- Un sorcier poitevin du 
seizieme siecle, nomine Pierre Bonnevault, fut 
arrele parce qu'il allait au sabbat. II confessa 
que ia premiere fois qu'il y avait ete mene par 
ses parents il s'etait donne au diable , a qui il 
'avait permis de prendre ses os apros sa mort; 
mais qu'il -'ri' avait pas voulu donner son ame. Un 
jour, venant de Montmorillon, ou il. avait achete 
deux charges d'avoine qu'il emporlait sur deux 
juments , il entendit des gens d'armes sur le 
chemin ; craignant qu'ils ne lui prissent son 
avoine, il anvoqua le 'diable, qui vint a lui comme 
un totirbillon de vent, et le transporla avec ses 
deux juments a son logis, 11 avoua aussi qu'il 
avait -fait" mourir di verse's personnes avec ses 
poudres; enlin il fut condamne . a^ mo\% Voy. 
Tailletroux. G'ckait.sa femme; 

Bonnevault (Jean), frere de Pierre* fut aussi. 
accuse de sorcellerie; et le jour du proces, de- 
vant Fassemblee', -if ihvoqua ie diable, qui l'enleva 
de terre a une hauteur d'enviroit" quatre ou cinq 
pieds, et le laiesa retomber sur le carreau , 
comme un sac de laine, sans aucun .bruit , quoi- 
qu'ileut aux pieds des entraves. ELantreleve par 
deux archers, on lui trouva la peau de couleur 
bleue lirant sur le noir; il ecumait et souf- 
frait beaucoup. Interroge la-dessus, il repondit 
qu'ayant prie le diable de le' tirer de^pcine, il 
n'avait pu l'enlever, attendu que, comme il avait 
prete -serment a la justice ^ le diable n'avait plus 
pouvoir sur lui. , 

Bonnevault (Mathurin), parent des deux pre- 
cedents, accuse comme eux de sorcellerie, fut 
visile, par experts. On lui trouva sur 1'epaule 
droite une marque detoiigure d'une petite rose, 
dans laquelle on planta une lbngue epingle sans 
qu'il en ressentitaucunedouleur, d'ouon le jugea 
bien sorcier. II confessa qu'ayant epouse en pre- 
mieres noces Berthomee de laBedouche, qui etait 
sorciere comme ses pere et mere, il 1'avait vue 
[aire secher au four des serpents et des crapauds 
pour des malefices; qu'elle le mena alors au 
sabbat, et qu'il y vit le diable, ayant des yeux 
noirs, ardents comme une chandelle. 11 dit que 
le sabbat se tenait quatre fois Tan : la veille de 
Ia Saint- Jean-Baptiste , la veille de iNoel, le 
mardi-gras eL la veille de Paques. Qw le con- 
vainquit d'avoir fait mourir sept personnes par 
maleiices; se voyant condamne, il avoua qu'il 
etait sorcier depuis Tage de seize ans. — II y 
aurait de curieuses etudes a faire sur tous ces 
proces, si nombreux pendant les troubles sah- 
glants de la reforme. 

Bonsovanis (Barthelemi de) , brave homme 
du diocese tie Trevise, dont un demon appele 
Belzebul, quoique de rang inferienr dans son in- 
fernale hierarchic , parvint a s'emparer en le 
rendant ialov.:-; dc sa femme, qui etait pieuse et 



at 



mm 

mm 



i:3 iu 



•if 



111 



v. -ft 



=1* (>>r* 

■If », 
- i if * f; : V 



i ! ft.' 



I t,* 



BON 



— 110 



BOR 



chaste. 11 devint si furieux qu'il fallut le lier, et 
ne pouvantplus tuer les autres, il se fut lue lui- 
meme, si on ne Feut ddlivre de son demon et 
de sa jalousie par l'exorcisme. 

Bonzes. Les bonzes chinois font generalement 
profession de predire Tavenir et d'exorciser les 
demons; ils cherchent ■ aussi 3a -"pierre philoso- 
phale. Lorsqu'un bonze promet de faire plea- 
voir, si dans I'espace de six jours il n'a pas tenu 
sa promesse, on lui donne la bastomiade. 




11 existe des bonzes au Congo, On croit que 
leurs ames sont errantes an tour des lieux qu'il s 
ont habites. Quand on voit un Lourbillon balayer 
la plaine et faire lever la poussiere et le sable, 
les naturels s'ecrient que c'est 1' esprit des 
bonzes. 

Bophomet. Voy. T&te de Bophomet. 

Borak 3 jument ou mule de Mahomet, qu'il a 
mise dans son parailis, Elle avait une belle tete 
de femme, et s'allongeait a chaque pas aussi loin 
que la nieilleure vue peut s'etendre. 

Borax, sorte de pierre qui se trouve, disent 
les doctes, dans la tele des crapauds; on lui at- 
tribue divers effets merveilleux, comme celui 
d'endormir, II esL rare qu'on la puisse recueillir, 
et il n'est pas. stir qu'elle soit autre chose qu'un 
os durci. 

Borborites. Voy. Genies. 

Bordelon (Laurent), ne a Bourges en 1653, 
mort en 1730; ecrivain mediocre, qui toutefois 
savait beaucoup de choses, et s'etait occupe de 
recherches sur les superstitions, les sciences oc- 
culles et les erreurs popnlaires. 11 est facheux 
qu'il ait ecrit si pesamment. On achete encore 



ses entretienssur V Astrologie jndiciaire > qui sont 
curieux. Le plus connu de ses ouvrages (et il a 
ele reimprime plusieurs fois) est intitule « Hh~ 
ioire des imaginations exlravagantes de monsieur 
Oitfle, causees par la lecture des livres qui trai- 
tent de la magie, du grimoire, des demoniaques, 
sorciers, loups-garoux : , incubes; succubes, et du | 
sabbat, des fees, ogres, esprits, follets, genies, | 
fan tomes et autres revenants ; des songes, de la 
pierre pllilosophale , de Pastrologie judiciaire, 
des ! horoscopes, talismans,., jours heureux et 
malheureux, ^eclipses, cometes et almanachs; 
enfin de toutes les sortes d'apparitions, de divi- 
nations, de sortileges , d'enchantements et d'au- 
tres superstitieuses pratiques. » 

On voit par ce titre , que nous avons copie 
tout, entier, que l'auteur avait pris un cadre 
assez vaste. Dans ses deux volumes in-12, ornes 
de figures, ils' est trouve a I'etroit, et son tra- 
vail, qui se modele un peusuf leZ)o?t Quiclwlk] 
n'est recherche que pour les notes , tres-nom- 
breuses, lesquelles valent mienx que le texte. 

Bordi ou Al-Bordi, montagne qui, selon les 
Persans, est l'ceuf de la terre ; ils disent qu'elle 
etait d'abord tres-petite, qu'elle grossit au com- 
mencemennt, produisit le monde, et s'accrut tel- 
lement, qu'elle supporte aujourd'hui le soleil sur 
sa time* lis la placent au milieu de notre globe, 
Its disent encore qu'au'bas de. 'cette montagne 
fourmillent quantite de clfves od mauvais genies, 
et qu'au-dessous est un pont ou les ames pas- 
sent pour aller dans Tautre monde, apres 
qu'elles ont rendu compte de. ce qu'elles ont fait 
dans eel ui-ci. 

Borgia (Cesar), On. lui attribue Thonneur d'a- 
voir eu un demon fauiilier. 

Borri (Joseph-Francois), imposteur etalchi- 
miste du dix-septieme. siecle, ne a Milan en 
1627. 11 debuta par des actions qui Fobligerent 
a chercher nn refuge dans une eglise jouissant 
du droit d'asile^ II parut depuis changer decon- 
duite;;;ipuis iLse dit inspire du ciel , et pretendil 
que Dieu l'avaifc choisi pour reformer les hom- 
ines et pour retablir son regne ici-bas. II ne de- 
vait y avoir, disait-il, qu'une seule religion sou- 
mise au pape, a qui il fallait des armees -\ dont 
lui , Borri , serait le chef , pour exterminer tous 
les non catholiques. II montrait 1 une epee mira- 
culeuse que saint Michel lui avait donnee ; il di- 
sait avoir vu dans le ciel line palme lumineuse 
qu'on lui reservaiL II soutenait que la sainte 
Vierge etait de nature divine, con^ue par inspira- 
tion , egale a son tils et presente comme lui dans 
l'Eucharistie, que le Saint-Esprit s'etait incarnS 
dans elle, que la seconde et la troisieme per- 
sonne de la Trinite sont inferieures au Pere; que 
la chute de Lucifer entraina celle d'un grand 
nombre d'anges qui habitaient les regions de 
Vair. .11 disait que e'est par le ministere de ces 
anges rebelles que Dieu a cree le monde ct 



n 



ml 



BOR 



— Ill 



BOR 



■■b3 



Wit 



amine les brutes, mais-que les hommes out une 
ame divine ; que Dieu nous a fails malgre lui," etc. 
II finit par se dire lui-meme le Sainl-Esprit in- 
carne. 

II fut arrele apres la mort d'Innocent.X, et le 
3 janvier 1661 , condamne comme heretique et 
conime coupable de plusieurs mefaits. Mais il 
parvint a fuir dans le Nordy et il fit depenser 
beaucoup d f argent a la reine Chris line , en lui 
promettant la pierre philosophale. II ne lui de- 
couvrit cependant pas ses secrets. II voulait pas- 
ser en Turquie , lorsqu'il fut arrete de nouveau 
dans un pelit . village comme conspirateur. Le 
nonce clu pape le reclama, et il fut conduit a 
Rome, ou il vecut en prison jusqu'au 10 aodt 
1695, jour de sa mort. 

II est l'auteur d'un livre intitule la Glef.du 
cabinet du chevalier Borri, ou Von trouve diver- 
ses letires scknt'tfiqxies , cMmiqties et tves-cur lea- 
ses } ainsi que des instructions politiques > autres 
choscs dignes de curiosite r et beaucoup de beaux 
secrets. Geneve, 1681, petit in-12 4 .„Ce livre est 
un recueil de dix lettres, dont les deux pre- 
mieres roulent t sur les esprils elemenlaires. 
L'abbe de Villars en a donne un abrege dans 
rouvrnge intitule le Gomte de Gabalis. 

Bortisme. Parmi les nouvelies religions qui 
s'elablissent a Geneve, la plus curieuse est celle 
H deM. Bort, ministre du saint Evangile, qui s'esl 
ouvert un temple et n'a pas d'autre aulel qu'une 
table tournante. Les details que nous aliens 
donner sont empruntes aux Annales calholiques 
de Geneve. 

La reunion des fi deles qui ont admis ce culte 
est composee d'hommes, de femmes, et meme 
de toutes jeunes personnes, ranges autour d'un 
gueridon. La table est tenue par trois influents } 
dont M. Bort est le principal acteur. Autrefois \ 



3t« 



■■''{' 



i 



V?-" , r- t-> 



2 ^vr^. 



w 



m 




la table repondait en frappant a mesure qu'on 
lui nommait une lettre de l'alphabet; aujour- 

1 La Ghiavedel gabinelto del cavafilierc G. F.Bori\ 
cot favor delta quale si vedono varie leUere scienli- 
Jicc.j chimicc, c curiosissimc, con varie instruzioni 
pohtichc, ed alive cose deque di curiosita e molii se- 
OreU bellissimi. Cologne (Geneve), 4684. 



d'hui, il y a, au milieu de la table, un pivot 
surmonte d'une tige et d'un plus pelit gueri- 
don , sur lequel se trouvent , a la circonference , 
les lettres de l'alphabet puis du pied part une 
autre tige fixe, qui se replie de maniere a pre- 
senter sa pointe sur les lettres du petit gueri- 
don, et quand la table veut repondre, ce petit 
gueridon tourne de maniere que les lettres s'ar- 
retent sous la -tige. Avec- les lettres on fait des 1 
mots, avec les mots des phrases, et avec des 
phrases les revdlalions divines et jnystericuses. 
Quand il s'agit d'un oui ou d'un non , la table se 
penche ou frappe. . 

II y a plusieurs secretaires stenographes; 
il y a le secretaire qui reclige le proces- verbal 
et un lecteuf. Pour gagner du temps, lorsque la 
table commence un mot, une ou deux lettres 
suffisent a M.:Bort pour- le completer, sans at- 
tendre les interminables tours du- gueridon supe- 
rieur, Lorsque e'est Fange GabrMqui parle par 
la table , les auditeurs sont assis^mais lorsque 
e'est Jesus-Christ , tout le mo'nde se leve dans 
l'altilude et le sentiment du respect. Quand e'est 
I'ange Gabriel qui repond, il commence ordinai- 
rement par ces mols : « Au riom. clu Pere, du 
» Fils et du Saint-Esprit. Amen. » Jesus-Christ 
eerie : « Pais mes agneaux! Au noin.du fere, 
» du Fils et da Saint- Esprit. Amen. » Dans le 
livre des Bevelalions divines et mystdrieuses } ar- 
range par M. Bort, il n'y aurait absolumenl rien 
de lui. «'La" preface elle-meme aurait ete dictee 
» par le Sanveur. » |Puis « la preface de I'ange 
» Gabriel, » puis <c la declaration de I'ange Ga- 
)>briel v a Toccasion de quelques propos tenus 
j) par quelques personnes qui attribuaient a Satan, 
» deguise ! en ange de lumiere , ces dictees qui 
»"etaient pour les auditeurs un sujet d'allegresse 
w et d'actions de graces... » Puis une oraison do- 
minicale dictee par le Sauveur, differente de 
celle des Evangiles ; puis les paroles de Tange et 
du Sauveur, jour par jour; puis une preface, 
toujours « dictee par le Sauveur, pour 1'ouvrage 
)) intitule Du rcpcnlir envers Dieu, traduil de 
» Tanglais par Gustave Petit-Pierre, et lu a la 
i) table du Sauveur »; puis les paroles du Sau- 
veur a une maitresse de pension; puis les his- 
Loires du Millenium, ou.de la vallee sauvage; de 
Mon regne s'avance, ou la cabane du pauvre 
negre; de la sanctilication du Chretien par l'e- 
preuve, ou de deux petits agneaux; de I'heu- 
reuse famille, ou de la main palernelle de Jeho- 
vah. Puis 'les prieres, les actions de graces, les 
invocations, les supplications, receptions, odes, 
entretiens, psaumes, hymnes, magniBcal, etc. 
Et tout cela absolument de Jesus-Christ, de 
I'ange Gabriel, de I'ange Luther, de I'ange Uriel, 
de l'archange Michel, de I'ange L... , de Tange 
M.. M de I'ange David, etc. 

Le tout imprime a Lausanne, chez Pache, cite 
Drapiere, n° B. 




"ill 
mwm 
"pi 




siSii ■ 




ill 

tl 




III fell 




-1Mb 

. ; j. ,i.n*-,A'ji' r 

mm* 

i 



} 4 

ii-l (■ J:l 



mm 




BOK 



112 



BOU 



La preface dictee par le Sauveur fait Nolre- 
Seigneur Jesus-Ghrist Genevois et calviniste ren- 
force. Remarquez bien que c'esL le Sauveur lui- 
meme qui a parte cle Geneve comme suit : 

« CetLe table n'est point a Belhleem. Tu ne la 
Irouveras ni sur le Golgotha ni sur le Calvaire ; 
non. Getle. table n'est point non plus a Jerusa- 
lem; mais elle est a Geneve, dans la peLite ville 
que me prepara mon serviteur Calvin; oui, c'est 
la fille de ce digne missionnaire qui recoil au- 
jourd'hui les honneurs des cieux. 
. » Belhleem fut benie ; mais Dieu regarde Ge- 
neve. Le Sinai trembla sous le pied de Jehovah ; 
mais Geneve chante sous son regard d'amour. 
Le Gal v aire se fendit a 1'ouie de la voix de Dieu ; 
mais Geneve s'epanouit comme une'fleur a Tap- 
pel de sa douce voix. La colere de Jehovah cou- 
vrit Jerusalem comme -un deluge; mais Geneve 
va se couvrir de la rosee de son souffle paternel. 
La foudre de Jehovah frappera la ville rebelle et 
maudite ; mais un bpn pere sourit a Geneve. 

» Oui, Geneve! ville benie qui fus des ton en- 
fan'ce couchee sur les bras de ton Dieu ,. appelle 
tes eaux et les riantes campagnes pour benir le 
jour de 1'Eternel ! 

» Un Dieu, jaclis, fit la garde sur tes remparts, 
et tes enfants ecrivirent de leur sang sur tes 
murs : « La liberte et l'amour d'un Dieu et de 
leur patriel » Geneve! releve-toi!... debout!... 
monte sur les cadavres de tes ennemis... et pro- 
clame encore la liberte de ton Dieu ! Geneve, lu 
as encore des remparts... ne crains point! car 
ces remparts sont TEternel ton Dieu, P&ernel 
des armees, le Dieu des combats, le mailre des 
balailles... 

» Geneve, petite ville d'enlre les villes, tu es 
grande devantle Seigneur, parccque tu as garde 
la foi pour servir de llambeau aux nations de la 
terre ! 

» Geneve, Geneve, 6 Geneve! Rome s'avance 
tenant a la main un joug de fei\ Geneve, tu es 
libre , prends garde J tu porleras la couroime de 
victoire, mais les pieds ne seront jamais souilles 
par les fers ennemis. Ton dpee se rougira, mais 
ton front restera pur comme le lis sous la 
rosee. 

» Enfants de Geneve, restez dans vos murs 
pour defendre la mere qui vous cacha au jour du 
danger. Tes porles, Geneve, c'estle bras de l'Eler- 
nel, et sa voix est ton canon d'alarme. 

Ami lecteur, si tu as un cceur patriotique, 
tu me pardonneras ma petite digression ; mais je 
n'ai pu retenir le torrent qui bouillonnait dans 
mon aine> Aimes-tu ta patrie? Oh ! si tu Faimes, 
cours aux armes , car sa voix t'appelle , et tu 
pourrais un jour pleurer le sang qu'elle versa 
sous le feu ennenii. Oui, enfants libres d'un 
merne Dieu, prenez vos armes et courez a la 
fronti6re ! Mais vos armes, 6 enfants de Geneve! 
c'est la Bible de voire RoL » 



Bos (Francoise). Le 30 janvier 1606, le juge 
de Gueille proceda con I re une fern me de mau- 
vaise vie que la clameur publique accusait de- 
voir un commerce abominable avec un demon 
incube. .Elle etait mariee et se nommait Fran- 
chise Bos. De plus elle avait seduit plusieurs de 
ses voisines et les avait engagees a se spuiller 
avec ce pretendu demon, qui avait Faudace de 
se dire capitaine du Saint-Esprit, mais qui, au 
temoignage desdites voisines , etait fort puaiit, 
Cette degoutante affaire se tennina par la con- 
damnation d6 Francoise Bos, qui fut brulee le 
14 juillet 1606. : — On presume, par.rexan;en 
des pieces, que le seducteur etait un miserable 
vagabond 1 . . 

Bosc (Jean du), president de la cour des aides 
de Rouen, decapite comme rebelle en 1562, On 
a de lui un livre intitule Traitd de la mrtu ti- 
des proprieles du nonibre septenaire. 

Botanomancie , divination' par le moyen ties 
feuilles ou rameaux de verveine et de bruyere, 
sur lesquelles les anciens gravaient les noms et 
les demandes du consultant. 

On devinait encore de cette mahiere : lors- 
qu'il y avait eu un grand vent pendant la nuil, 
on allait voir de bon matin la disposition des 
feuilles tombees , et des charlatans predisaient 
ou declaraient la-dessus ce que le peuple voulail 
savoir. 

Botis. Voij. Otis. 

Botris ou Botride , plante dont les feuilles 
sont velues et decoupees, et les fleurs en petiles 
grappes. Les gens a secrets lui attribuent des 
vertus surprenahtes, et particuli&rement celle de 
faire sortir avec facilite les enfants morts du sein 
de leur mere. 

Boubenhore (Michel-Louis 1 de), jeune Alle- 
mand de bonne fami lie qui, entraine par la pas- 
sion du jeu, se donna an demon dans un mo- 
ment ou il avait tout perdu, fut possede aussitot 
et pousse au crime. Les exorcismes le delivre- 
rent devant une foule immense de personnages 
considerables , et son histoire ne pe'ut etre con- 
testee : on peut la lire dans les Ldgcndes infer- 
nales. 

Bouo. G'est sous la forme d'un grand bouc 
noir aux yeux etincelants que le diable se fait 
adorer au sabbat; il prend frequemment cetlc 
figure dans ses entrevues avec les sorcieres, el 
le maitre des sabbats n'est pas autrement desi- 
gne dans beaucoup de procedures que sous le . 
nom de bouc noir ou grand bouc. Le bouc el le 
manche a balai sont aussi la monture ordinaire 
des sorcieres , qui partent par la cheminee pour 
leurs assemblees nocturnes. 

Le bouc, chez les Egyptiens, representait le 
dieu Pan, et plusieurs demonographes disent 
que Pan est le demon du sabbat. Chez ies Grecs, 
on immolait le bouc a Bacchus; d'autres demo- 

1 M. Garinelj Histoire de la magic en France. 



BOU 



— 113 



BOU 



nomanes pensent que le demon du sabbat est 
Bacchus. Enfin 3e bouc emissaire des Juifs (Aza- 
zel) hantait les forels et les lieux deserts consa- 
cres au demon : voila encore, dans cerlaines 
opinions, les motifs qui ont place le bouc au sab- 
bat. Voij. Sabbat. 

L'auteur des Admirables secrets $ Albert le 
Grand dil, au chapitrejn du livre II, que si on se 
frolte le visage de sang de bouc qui aura bouilli 
avec du verre et du vinaigre, on aura inconti- 
nent des visions horribles et epouvantables. On 



peut procurer la meme surprise a des Strangers 
qu'on voudra troubler. Les villageois disent que 
le diable se montre frequemment en forme de 
bouc a ceux qui le font venir avec le Grimoire. 
Ge fut sous la figure d'un grand bouc qu'il em- 
porta Guillaume le Roux, roi d'Angleterre. 

Yoici une aventure de bouc qui peut tenir ici 
sa place. Un voyageur couche dans une cham- 
bre d'auberge avait pour voisinage, sans le sa- 
voir, une compagnie de chevres et de.boucs, 
dont il n'etait separe que par une cloison de bois 




fort mince, ouverle en plusieurs endroits. II s'e- 
lait couche sans examiner son gile el dormait 
paisiblement -lorsqu'il regut la visile d'un bouc 
son voisin : Kanimal avait profite d'une ouver- 
lure pour venir le voir; Le brnit de ses sabots 
eveilla l'etranger, qui le prit d'abord pour un 
voleur, Le bouc s'approcha du. lit et mil ses 
deux pieds dessus. Le voyageur, balangant entre 
le choix d'une promple relrailc ou d'une atta- 
que vigoureuse, prit le parli de se saisir du vo- 
leur prelendn. Ses pieds, qui d'abord se presen- 
Icnt au bord du lit, commencent a l'lntriguer; 
son elTroi augmente, lorsqu'il louche une face 
poinlue, une tongue barbe, des comes....* Per- 
suade que ce ne peut etre que le diable, il saute 
do son lit tout trouble. Le jour vint seul le ras- 
surer en lui faisant connailre son prelendu d&- 
"lon. Voij, Gmmome. 

Boucher. Ambroise Pare raconte, dans son 
livre des Monslres, chapilre" 28 , qu'un valet 
nomme Boucher elant plonge dans des pensees 
unpures , un demon ou spectre lui apparut sous 
la figure d'une femme. II suivit le, tentaleur ; 

; wais incontinent son ventre et ses cuisses s'en- 

; flammerent, tout son corps s'embrasa, ft il en 
■nouruL miserablement, 

Bouchey (Marguerite Ragum), femme d'un 
macon de la Sologne, vers la fin du seizieme 

; sieclc; elle mon trail une sorle de marionnelle 
animfe, que les gens experts decouvrirent etre 

\ »n luiin. En juin 1603, le juge ordinaire de Ro- 
inoramin, homme avise, se unit en devoir de pro- 



ceder conlre cette femme. Elle confessa que 
maitre Jehan , cabarelier de Blois , a Fenseigne 
du Gygttc, chez qui elle dtait servante, lui avait 
fait gouverner trois mois cette inarionnetle ou 
mandragore, qu'elle lui donnail a manger avec 
frayeur d'abord, car elle 6tail fort mdchante, 
que quand son maitre allait aux champs, il lui 
disait : — Je vous recommande ma bete, et que 
personne ne s'en approche que vous. 

Elle conta qu'une certaine fois Jehan etant alle 
en voyage, elle demeura trois jours sans donner 
a manger \\ la bete, si bien qu'a son retour elle 

le frappa vivement au visage Elle avait la 

forme d'une guenon; el on la cachait bien, car 
elle elait si hideuse, que personne ne 1'osait re- 
garded Snr ces depositions, le juge fit mettre 
la femme Bouchey a la question, et plus lard le 
parlement de Paris la condamnacomme sor- 
ciere. II est assez probable que la marionnelte 
dtait simplemenl une vraie guenon. 

Bouddha, dieu desHindous. Maisceclieu n'e- 
tait d'abord qu'un homme, et c'est un parvenu. 

Bouillon du sabbat. Pierre Delancre assure, 
dans VIncre'dulitd et me'crdance du sortildge plei- 
nement conmincuc, Iraile dixifcme, que les sor- 
cieres, au sabbat, font bouillir<des enfants morls 
et de la chair de pendu, qu'elles y joignent des 
poudres ensorcelees, du millet noir, des gre- 
nouilles, qu'elles lirent de lout cela un bouillon 
qu'elles boivent en disant : « J'ai bu du tympa- 
non 1 , el me voila professe en sorcellerie* » On 



i 



Le tympanon elait Jo chaudron. 



8 





■■<( F-riV S rati'** jf*::* so V 



hi 

Jut 




lit 




Ilia 





BOU 



— 114 



BOU 



ajoute qu'apres qu'elles ont bu ce bouillon , les 
sorcieres predisent Pavenir, volent dans les airs, 
et possedent le pouvoir de faire des sortileges. 
Boule de cristal. Plusieurs devins se sont 



servis d'une boule de cristal devant laquelle ils 
plagaient un enfant qui voyait dans ceLte boule 
ce que Ton desirait apprendre, Foy.'ENCRE. 
Boules de Maroc. II exisle a Maroc % une tour 




surmontee de Irois boules d'or, si artistement 
fixees au monument, que Ton a vainement tente 
de les en detacher. Le peuple croit qu'un esprit 
garde ces boules et frappe de mort ceux qui 
essayent de les enlever 4 . 



Boulle (Thomas), vieaire de Picard, sorcicr 
comme lui, et implique dans Faffaire de Made- 
leine Bavent et de la possession de Loirviers, On 
le convainquit d'avoir noue et denoue Paiguil- 
leLte, de s'etre mis sur des charbons ardenls sans 




Boundsclicsch. 



se bruler et d'avoir fait plusieurs abominations. 
II souffrit la question sans rien dire, parce qu'il 
1 H. Paillet, Jfistoire de V empire deMaroc, p. 69. 



avait le sort de tacilurnite , comme P observe Boi 
roger. Cependant, quoiqu'il n'eut rien avoue. 
parce qu'il avait la marque des sorciers et 



BOU — 11 

avail commis des actes infames en grand nombre , 
il fut, apres amende honorable, bride vif,a Rouen, 
surle Vieux-Marche, le 22 aouL1647 4 . Voy. Lou- 

YIKRS. 

Boullenc (Jacques) , astrologue a. Bologne, na- 
tif du diocese dc Dol en Bretagne. II lit plusienrs 
traites d'astrologie que nous ne connaissons pas; 
il predit les troubles de Paris sous Charles VI, 
ainsi que la prise de Tours par le Dauphin. II 
dressa aussi, diL-on, 1'boroscope de Pothon de 
Sainlrailles , en quoi on" assure qu'il. rencontra 
jusLe 2 . 

Boulvese, professeur d'hebreu au college de 
Monlaign. 11 a ecrit Thistoire de la possession de 
Laon en 1556; c'est Faventure de.'Nicole Anbry. 

Boundschesch, ou Livrc de I'elernile, Lres- 
revere des anciens Persans. C'est la qu'on voit 
qu'Ormusd est Fauteur du bien et du monde pur, 
Arimane Fauteur du mal eL du monde impur. Un 
jour qu'Ormusd Favait vaincu, Arimane, pour se 
venger, tua un bceuf qu'Ormusd avaitxree du 
sang de ce bceuf naqiiit le premier homme, sur 



5 — BUO 

lequel Ormusd repandit la force eL la fraicheur 
d'un adolescent de quinze ans, en jetant sur lui 
une goutte iYeau de santd et une goulte d'eau de 
vie. Ce premier homme s'appela Kaid-Mords ; il 
vecut mille ans et en regna cinq cent soixante, 
II produisil un arbre, des fruits dnquel naquit le 
genre liumain. Arimane, ou le diable, sous la 
figure d'un serpent, seduisit le premier couple 
et le corrompit; les premiers hommes dechus se 
couvrirent alors'de vetemenls noirs el attendirent 
tristement la resurrection ; car ils avaieut intro- 
duit le peche dans le monde. On voit la une tra- 
dition alleree de la Genfese. 

Bounsio, Japoriaise que favorisaient les Ka- 
mis^esprils-familiersdu Japon. Elledesirait avoir 
des enfanls. Par _Paidie.de ces esprits, elle pon- 
dit. "cinq cents 'ceufs, d'ou sortirent cinq cents 
enfarits eclos au -four. 

- Bourget ou Burgot, sorcier compromis avec 
Michel Verdung. Voy. Vkiidumc, 

Boiirignon (Antoinette), visionnaire, nde a 
Lille en 1016, morte en 1680 dans la Frise. Elle 




etiiit si laide, qu'a sa naissance on hesila si on 
l'etouflerait pas comme un monstre. Elle.se 
consola de Inversion qu'elle inspirait par la lec- 
ture mal digeree de livres qufenflainmerent son 
imagination vive el ardente. Elle eul des visions 
cl des extases, Elie se niit a precher, se fit 
c-hasser de Lille, et se retira en Hollande. Elle 
voyait parlout des demons et des magiciens ; et 

1 M, Jules Garinel, Hist, de la maqie en France, 
p. 246. 

2 Exlrait d'un manuscrit de la bibliolhoque du roi, 
rapport e a la fin des Remarques de Joly sur flayle* 



ses nombreux ouvrages, qui furent tons imprimes 
sous ses ycux, en francais, en flamand et en alle- 
mand, combaltent tout culte exl^rieur et toute 
lilurgie, en faveur d'urie perfection mystique qui 
ne vient pas de Dieu, Les plus celebres de ces 
ecrits sont le Lraite du Nouveau ciel ei du rbgne 
de I'Anlechrisl, et son livre De tavcitglcmcnt des 
homines el de la Lumicre nde en lenebres. 

Bourreau. Le maitre des hautes ceuvres avail 
jadis diverses prerogatives. On lui attribuait 
meme, dans plusieurs provinces, le privilege de 
guerircertaines maladies, en les toucbant dc la 

8. 



130U 



— 116 — 



BOV 



main lorsqu'il reveriait d'une execution cle mort 1 . 
Oa disait autrefois a Paris qu'il etait dangereux 
de se jouer avec le bourreau , peut-etre a cause 



de ce fait : Un soir du dernier siecle, le marquis 
de Lal]y, revenant d'ua petit soupeiy s'avisa de 
vouloir s'introduire, avec deux de ses amis, dans 



■ rlMtPJJ 



'I.,, 



VI! 
,1 || 




Uouriynon, — Kile se mil a preclier. 



une maison ou Ton dansait. C etait la maison du 
bourreau; et le bourreau ylui-meme , leur ouvrit 
la porte en se faisant connaitre. Vingt ans apres, 
le marquis de Lally mourait de la* main de ce 
-bourreau. 



ummi 



Bourru. Les Parisiens faisaient autrefois beau- 
coup de contes sur un fantome imaginaire qu'ils 
appelaient le moine bourru. lis en effrayaienl 
les enfants. Croque-mitaine Jui a succede. 

Boury, agent de sorcellerie. Voy. Flaqui;. 




Bourreau. 



Bousanthropie, malaclie d' esprit qui frappait 
certains visionnaires , et leur persuadait qu'ils 
etaient changes en boeufs. Mais les bousanthropes 
sont bien moins communs que les loups-garous 
ou lycanthropes dans les annates des egarenients 
de r esprit luunain. 

Bouton de bachelier. Les jeunes paysans an- 
glais pretendaienl autrefois savoir d'avancc quels 

1 Thiers, Traite des superstitions, t. I, p, 443. 



seraient leurs succes aupres des jeunes lilies qu'ils 
voulaient rechercher en mariage , en portant dans 
leur poche une pi ante nominee bouton cle bache- 
lier, de l'espece des lychnis , et dont la fleur res- 
semble h un bouton d'habit. lis jugeaienL s'il fal- 
lait esperer ou desesperer, selon que ces boutons 
s'epanouissaient ou non 1 . 
Boville ou Bovelles, Bovilhs (Charles cle), 

1 Smith , Notes aax joyeuses commeres de Shah's- 
peare, actc III. 



BOX 



— 117 



BRA 



Picard, morlvers 1553. II vent elablir, dans son : 
livre De sensu, cetle opinion que le monde est 
un animal, opinion d'ailleurs aneienne, renou- 
velee plusieurs fois depais el assez recemmenl 
par Felix Nogarel 1 . On cite encore cle Bovillus 
wsLcilres' 2 , sa Vie de Raymond Lullc > son Trail e 
(ks douze nomhres et sesJVo/s dialogues- stir Vhn- 
movtalitd de I'dmc, la resurrection et la fin du 
monde % . 

Boxhorn (Marc Zuerius) , critique hollandais, 
no a Berg-op-Zoom en 1612. On recherche de 
lilt un Traile des songes } qui passe pour un ou- 
vrage rare et curieux''. 

Braccesco (Jean) ., alchimisle de Brescia, qui 
ilorissait au seizieme siecle. II commeuLa l-'ou- 
vrage arabe de Geber, dans un Tatras aussi obs- 
cur que le livre commenle. Le plus curieux de 
ses Iraites est Le hois de vie } oil Von apprend la 
wedecine au moyen de laquclle nos premiers pores 
ml vk-u ncuf cents ans*.' ■> 

Brag, lutin nocturne qui. s'annonce chez les 
Anglais par un bruit de grelots si fort qu'on pent 
le prendre pour un cheval de posle. On ne le 
voil pas d'ahord, mais son plaisir est de poser 
ses deux pattes de devant sur les epaules du pas- 
sager qu'il veut intriguer. Apres s'etre fait trat- 
. ncr ainsi quelques pas, il s'enfuit en poussant un 
joyeux hennissement. II a eu Paudace de se mon- 
Ircr en* 1 809 dans la ville d'York. 

Bragadini (Marc-Antoine) , alchimisLe, origi- 
naire de Venise, decapite clans la Baviere, -en 
1595, parce cju'il se van tail de faire de Tor, qu'il 
ne Lcnait que des liberaliles cVun demon, comme 
tlisent les recits du temps. Son supplice eut lieu 
;i Munich, par 1'ordre du due Guillaume 3L On 
arrela aussi deux chiens noirs qui accompagnaicnl 
parLonL Bragadini, et que Ton reconnuL elre ses 
demons familiers. On leur fit leur proces; ils 
fnrent lues en place publique a coups d'arque- 
buse, 

1 Dans un petit volume intitule La terra est un 
animal. 

2 Epistolw complures super malhemaiicum opus 
(lUidripartilum, recueillies nvec les Iraites De duo- 
decim nwmeris, De numeris perfect is > etc., a la suite 
du Liber de inteUeclu, de sensw, etc. In-fol., rare. 
Paris, IL Eslieimc, 4510. 

: * Vila Ikiymmuli cremilw, a la suite du Commen- 
tarius in p'rimordiale EvangcKum Joannis. In -4". 
l'aris, VMb.—Dialogi ires deanimce immorlalilale, 
de nsurrecfione , de mundi cxa'dio i et Mitts insiaa- 
mUone, In- 8°. Lyon, Gryphius, 4552. 

4 iUora Zuerii Boxhornii Or alio de somniis. Lug- 
dumBaiav., '1639, voL in-4°. 

5 Legno delta vita, nel quale si dichiara hi medi- 
cinaper la quale i nostri primi padri vivevano.nove 
Mo aimi. Home, , 111-8°. — La esposizione di 
Geber filosofo, nelki quale si dichiarano molli nobi- 
Imimi secreii delta nalura. In-8°. Venise, 4 544. — 
Cos rloux ouvrages, trad ui Is en latin, se irouvcnl 
(inns le recucil de Grata role , Vera alchemue doclrina, 
t-t (Inns le lome I cr de la bibliolhequc chimiquc de 
Mangel; ils sont aussi publics separement sous le 
litre : De akhemia dMogi duo. In-4°. Lugd., 4548. 



Brahma, dieu createur des Indiens. Ils lui re- 
connaissent neuf Ills, qui sont aulant de petits 
Brahmas : Takin, ne de Forleil du dieu ; Poulaguin, 
de son nombril ; Poulalien , de son oreille ; Pir- 
rougou, de son epaule; Meradou, de ses mains; 
Chanabadi , de son visage ; Anguira, de son nez ; 
Narissen, de son esprit, et ALri, de ses yeux. 
_ Brahmanes, Brabmes et Brahmines, sectaleurs 
de Brahma dans Tlnde. ils croient que l'ame de 
Brahma passa successivement dans quatre-vingt 
mille corps' differents, et s'arreta un peu dans 
celui d'un elephant blanc av.ee plus de complai- 
sance ; aussi reverent-ils Pelephant blanc. 

lis sont la premiere des qua Ire castes du.penple 
qui adore Brahma. Ges philosophes, dont 011 a 
conte tant de choses, vivaient autrefois en parti e 
dans les bois , on ils consultaient les astres et 
faisaient de la divination, et en partie dans les 
yilles pour enseigner la morale aux princes in- 
diens. Quand. on allait les ecouter, dit Strabon, 
on devait le faire dans le plus grand silence. Celui 
qui toussait pu crachait etait exclu, 

Les Brahmanes croient a la metempsycose-, ne 
mangent que des fruits on du lait, et ne peuvent 
toucher un animal sans se rendre immondes. lis 
disent que les betes sont animees par les ames 
des anges dechus , systeme dont le pere Bongeant 
a tire un parti ingenieux. 

II y avait dans les environs de Goa une secte 
de brahmanes qui croyaient qu'il ne fallait.pas 
atlendre la mort pour alter dans le ciel. Lors- 
qu*ils se sentaient bien vieux, ils ordonnaient a 
leurs disciples de les enfermer dans un coffre et 
d'exposer le coffre sur un (leuve voisin qui de- 
vait les conduire en paradis. -Mais le diable etait 
la qui les guettait; aussitot qu'il les voyait 
embarques, il rompait le coffre, empoignait son 
homme; et les habitants du pays, relrouvant la 
boite vide, s'ecriaient que le vieux brahmane* 
etait alle aupres de Brahma. 

Ce Brahma, chef des brahmanes ou brahmes, 
on brahmines , est , comme on sail t I'une des trois 
personnes de la trinite indienne. II resta plusieurs 
siecles, avant de naHre, a rellechir dans un oeuf 
d'or, de la coquille duquel II lit le ciel et la terre; 
11 avait cinq teles; il en perdit une dans une ba- 
taille, et se mil ensuile a produire qualorze 
mondes, Tun de son cerveau, 1'autre de ses yeux, 
le troisieme de sa bouchc, le quatrieme de son 
oreille gauche, le cinquieme de son palais, le 
sixieme de son coeur, le septieme de son esto- 
mac, le huitieme de son ventre, le neuvieme de 
sa cuisse gauche, le dixieme de ses genoux, le 
onzieme de son lalon , le douzieme de Torteil de 
son pied droit, le treizieme de la plante de son 
pied gauche et le dernier de 1'air qui 1'envi- 
ronnaiL Les habitants de chacun de ces mondes 
ont des qualiles qui les distinguent, analogues a 
leur origine ; ceux du monde sorti du cerveau de 
Brahma sont sages et savants, 



BRA 



118 — 



BRI 



Les brahmines so'nt fatalistes; ils disent qu'a 
la naissance de chaque etre mortel , Brahma ecrit 
tout- son horoscope qu'aucun pouvoir n'a phis le 
moyen de changer. 

. Les brahmines, toujours astrologues et magi- 
cians, jouissent encore a present du privilege de 



ne pouvoir etre mis a mort pour quelque crime 
que ce soil. Un Indien qui aurait le malheur de 
Luer un brahmine ne pent expier ce crime que 
par douze annees de pelerinage, en demandant 
l'aumone et faisant ses repas dans le crane de sa 
i viclime. 




Bra li mane. 



Les brah manes de Siam croienl que la terre 
perira par le feu, et que de sa cendre il en 
renaitra une autre qui jouira d'uri prin temps per- 
peLuel. 

Le juge Boguet, qui fut dans son temps 1c (lean 
des sorciers, regarde les brahmanes comme d'in- 
sigues magiciens, qui faisaient le beau temps et 
la pluie en ouvrant ou fermant deux tonneaux 
qu'ils avaienl en leur puissance. Leloyer assure, 
page 337, que les brahmanes, ou brahmines, 
vendent toujours les vents par le moyen du dia- 
ble; et il cite un pilote venilien qui leur en acheta 
au seizi&me siecle. 

Brandebourg. On assure encore, dans les vil- 
lages de la'Pomeranie et de la Marche electorate, 
que toutes les fois qu'il doil mourir quelqu'un de 
la maison de Brandebourg, un esprit apparait 
dans les airs, sous Uapparencc d'une graude sta- 
tue, de marbre blanc. Mais c'est une femme ani- 



mee, Elle parcourt les appartements du chateau 
habitc par la personne qui doit mourir, sans 
qu'bn ose arreter sa marche. Jl y a longtemps 
que ceLte apparition n'a lieu; et Ton conte qu'un 
page ayant eu 1'audace un jour de se placer de- 
vant la grande femme blanche , elle le jeta a terre 
avec tant de violence qu'il resta mort sur la 
place. 

Bras de fer, berger sorcier. Voy, Hocque. 

Brebis. Voy. Tiioupeaux-. 

Brennus, general gaulois. Apres qu'il se ful 
cmpare de Delphes, et qu'il eut profand le temple 
d'Apollon, il survint un tremblement de terre, 
accompagne de foudres et d'eclairs et d'une 
pluie de pierres qui tomhait du mont Parnasse; 
ce qui mit ses gens en, Lei desarroi qu'ils se lais- 
serent vaincre; Brennus, deja blesse, se donna 
la mort. 

Briffaut, demon peu connu, quoique chef de 



BRI 



— 119 — 



BRO 



legion. II s'etait loge dans le corps d'une posse- 
dee de Beauvais, au commencement du dix-sep- 
tieme siecle, 

Brigitte (sainte). II y a dans les Revelations 
de sainte Brigitte de lerribles peintures de ren- 
ter. Les ennemis de la religion out trouve dans 
ces cents un theme a leurs declamations. Mais ce 
Be sont pas la des livres canoniques; l'Eglise 
jVordonne pas de les croire , et ils ne s'adressent 
pas a toute sorte de lecteurs. 

Brinvilliers (Marie-Ma'rguerite, marquise de), 




famine qui, cle 1666 a 1672, empoisonna, ou du 
mpins fut accusee d'avoir empoisonne, sans mo- 
tifs de haine, quelquefois menie sans interet, 
parents, amis, domestiques; elle allait jusquc 
dans les hopitaux dohner da poison aux malades. 
II faut altribucr tous ces crimes a une horrible 
demence ou a cette depravation otroce dont on 
ne voyait autrefois d'autre explication que la pos- 
session du diable. Aussi a-t-on dit qu'clle s'etait 
vendue a Satan. 

Des Page de sept ans, la Brinvilliers conv 
lTienca, dit-on, sa carrifere criminelle, et'il a ele 
permis a des esprits sdsrieux de redouter en elle 
un aflreux d&non possesseur. Elle fut brulee en 
1676. Les empoisonnements continuerent apres 
sa morL Voy. Voism. 

Dans Y Almanack fropMtique de 18/|2, M. Eu- 
gene Baresle a tente de justifier la marquise de 
Brinvilliers. Mais il n'est pas possible qu'on Tait 
noircie. — Gorres, dans sa Mystique, reconnalL 
dans les crimes de cette femmeTinfluence sata- 
niquc, comme on a pu la voir de nos jours dans 
un monslre appele Dumollard. 

Brioche (Jean), arracheur de dents qui, vers 
l 3 an 1650, se rendit fameux par son talent dans 
l'arl de faire jouer les marionnettes. Apres avoir 
amuse Paris et les provinces, il passa en Suisse 
cl s'arreta a Soleure , ou il donna une represen- 
tation en presence d'une assemblee nombreuse, 
qui ne se doutait pas de ce qu'elle allait voir, car 
tes Suisses ne connaissaient pas les marionnettes. 
A peine eurent-ils apergu Pantalon, le diable, 1c 
medecin, Polichinelle et leurs bizarres compa- 



gnons, qu'ils ouvrirent des yeux effrayes* De 
memoire d'homme, on n'avait entendu parler 
dans le pays d'etres aussi petits, aussi agiles et 
aussi babillards que ceux-la, Ils s'frnaginerent 
que ces petits homines qui parlaierit, dansaient, 
se baltaient et se disputaient si bien ne pou- 
vaient etre qu'une troupe de lutins aux ordres 
de Brioche. 

Cette idee se conflrmant par les confidences 
que les spectateurs se faisaient entre eux, quel- 
ques-uns coururent chez le juge, et lui denoii- 
cerent le magicien. 

Le juge, epouvante, ordonna a ses archers 
d'arreter le sorcier, et Pqbligea a comparaitre 
devailt lui. On garrbtta Brioche, on l'amena de- 
vant le magistrate qui voulut voir les pieces du 
proces ; on apporta le theatre et les demons de 
bois, auxquels on ne touchait qu'en frehiissant ; 
el Brioche fut condamrie a etre brftle avec son at- 
tirail. Cetle sentence allait etre execu tee , lorsquc 
survint un nomme Dumont, capitaine des gardes 
suisses au service du roi de France : curieux de 
voir le magicien frant^ais, il reconnut le malheu- 
reux Brioche qui Favait tant fait rire a Paris. 11 
se rendit en toute hate chez ^le juge : apr&s avoir 
fait suspendre d'un jour Parrot, il lui expliqua 
Paffaire, lui fit comprendre le mecanisme des 
marionnettes, et obtint 1'ordre de mettre BriochiS 
en liberie. Ce dernier revint a Paris, se promet- 
lant bien de ne plus songer a faire rire les Suisses 
dans leur pays *. 

Brizomantie, divination par Finspiration de 
Brizo, deesse du sommeil; c'titaiL Tart de devi- 
ner les choses future's ou cachees par les songes 
naturels. 

Broceliande , foret enchantee des romans de 
che valeric. 

Brognoli, savant religieux italien de 1'ordre 
des freres mineurs, a exorcise et delivre plu- 
sieurs energumenes et laisse un livre curieux, 
inlitule Alexicacon, hoc est de malejicm ac mo- 
ribus maleficis cognoscendis. Venise, 171/|. 

Brohon (Jean), medecin de Coulances, au 
seizieme sifecle. Des amateurs recherchenl de lui ; 
1° Description (Vime prodigiettse et mervcillemc 
conielc, avec un traild presagique des comfetes; 
in-8°, Paris, 1568. — 2° Almanach, ou Journal 
aslrologique , avec les jugemenls pronostiques 
pour Fan 1572 ; Rouen, 1571 , in-12. 

Brolic (Corneille), jeune gargon du pays de 
'Labourd, que Pierre Delancre inlerrogea comme 
sorcier au commencement du dix-septi6me siftcle. 
11 avoua qu'il fut violente pour baiser le derriere 
du diable, « Je ne sais s'il dit cela par modestie, 
ajoute Delancre; car e'est un fort civil enfant. 
Mais il ajouta qu'il soutint au diable qu'il aime- 
rait mieux mourir que lui baiser le derriiire, si 
bien qu'il ne lebaisa qu'au visage ; et il eutbeau- 

1 LrMres da Saint- Andre sur la magie, Demoniana, 
Diclionnaire dUmncdotes misses. 



BRO 



120 



BRO 



coup de peine a se tirer du sabbat, dont il n'ap- ! ame etait celle de saint Jacques le Mineur, II se 



prouvait pas les abominations 1 , » 

Bronzet, lutin qui frequentait Pabbaye de 
Montmajor, pres d' Aries, Voy. Puck, 

Brossier (Marthe), fille d'un tisserand de Ro- 
morantin, qui se dit possedee et convulsionnaire 
en 1569, a Page de vingt-deux ans. Elle se fit 
exorciser; .les effets de la possession devinrent 
de plus en plus merveilleux. Elle parcourait les 
villes, efc le diable, par sa bouche, parlait he- 
breu, grec, latin, anglais, etc. On disait aussi 
qu'elle decouvrait les secrets ; on assure que 
dans ses cabrioles elle s'elevait quelquefois a 
quatre pieds de terre. 

L'official d'Orleans, qui se defiait d'elle, Ini 
dit qu'il allait Pexorciser, et conjugua, dans Des- 
pautere, les verbes necco et texo. Le demon aus- 
sitot la renversa a terre , ou elle fit ses contor- 
sions. Charles Miron, 6veque; d' Angers, dey ant 
qui elle fut conduite, la fit garder dans une mai- 
son de confiance. On mit a son insu de Peau bd- 
nite dans sa boisson, qui n'opera pas plus d'ef- 
fet que Teau ordinaire; on lui en presenta dans 
un benitier, qu'elle crut benite , et aussitot elle 
tomba par terre, se ddbattit et fit les grimaces 
accoutumees. L'eveque, un Virgile a la- main, 
feignit de vouloir Pexorciser, et prononqa d'un 
ton grave : Anna virumque cano. Les convul- 
sions de Marlhe ne manqufcrent pas de redou- 
bles Certain alors de Pimposture, Charles Miron 
chassa la pr<5tendue possedee de son diocese, 
comme on Pavait chassee d'Orl<3ans. 

A Paris, les medecins furent d'abord partages 
sur son <5tat ; mais bientot ils prononcferent qu'il 
y avait beaucoup de fraude, peu de maladie, et 
que le diable n'y dtait pour rien : Nihil a dm- 
mone, multa ficta, a morho pattca. Le parlement 
prit connaissance de PafTaire, et condamna Mar- 
the a s'en retourner a Romorantin, chez ses pa- 
rents, avec defense d'en sortir, sous peine de 
punition corporelle. 

Cependant elle se fit condnire quelque temps 
aprfes devant Pdveque de Clermont qu'elle espe- 
raiL tromper ; mais un arret du parlement la mit 
en fuite, Elle se refugia a Rome, ou elle fut en- 
fermee dans une communaute ; la finit sa posses- 
sion. On peut voir sur cetLe alTaire les lettres clu 
cardinal d'Ossat et une brochure intitulee Dis- 
cours veritable sur le fait de Marthe Brossier, par 
le mddecin Marescot, qui assista aux exorcismes 
(in-8°, Paris, 1599). 

Brothers (Richard), enthousiaste anglais qui, 
au dix-septieme sitele, se disait prophete el ne- 
yeu de Dieu, a peu pres comme David-Georges. 
11 enseignait que toutes les ames avaient ele 
crudes en meme temps que celle d'Adam, et 
avaient pechd avec lui dans le paradis lerrestre; 
II croyait a la metempsycose , et disait que son 

1 Tableau de Vinconstame des mauvais anges, etc., 
p. 75. 



proposait d'aller retablirle royaume d'IsraSI, el 
il s'adressa dans ce but au roi et au parlement. 
11 avait beaucoup de disciples, a qui il promettait 
un miracle eclatant. II devait changer son baton 
en serpent, au milieu du Strand , a Pheure de 
midi; ce qui echoua. II annontjait aussi un trem- 
blement de terre; a propos de cette prophetie, 
beaucoup de personnes deserterent Londres. 
Mais le tremblement de terre n'ent pas lieu, el 
le prophete fut mis en prison. Nous n'en savons 
pas plus sur le compte de cet honime, 
Broucolaques. Voy. Vampires. 
Brouette de la Mort. C'est une opinion ge- 
neralement regue parmi les paysans de la basso 
Bretagne que, quand quelqu'un est destine a 
rendre bientot le dernier soupir, la brouette de 
la Mort passe dans le voisinage. Elle est cou- 
verle d'un drap blanc, et des spectres la condui- 
sent;~Ie moribond entend meme le bruit de sa 
roue 1 , Dans certains cantons, cette brouette est 
le char de la Mort, carrick an Nankou, et le cri 
de la fresaie an nonce son passage 2 * 

Brown (Thomas), medecin anglais, mort en 
1682. II combattit les erreurs dans un savant 
ouvrage 3 que Pabhe Souchay a traduit en fran- 
cais sous le titre d'Essai sur Us erreurs popu- 
lates , ou examen de plusieurs opinions revues 
comme vraies et qui sont fausses ou douteuses. 
2 vol. in-12. Paris, 1733 et 1742, Ce Hvre, utile 
quand il parut, Pest encore aujourd'hui, quoique 
beaucoup de ses erreurs soient dissipees. Les 
connaissances du docteur Brown sont vastes, 
ses jugemenls souvent justes; quelquefois co- 
pendant il remplace une erreur par une autre, 

VEssai stir les erreurs poptdaires est divise en 
sept livres. On recherche dans le premier la 
source des erreurs accreditees; elles doivent 
naissance a la faiblesse de Pesprit humain, a la 
curiosite, a Pamour de Phomme pour le merveil- 
leux, aux fausses id&s, aux jugements preci- 
pites. 

Dans le second livre on examine les erreurs 
qui attribuent certaines vertus merveilleuses aux 
mineraux et aux plantes : telles sont les qualites 
surnaturelles qu'on donne a Paimant et le privi- 
lege de la rose de Jericho qui, dans Popinion 
des bonnes gens, fleurit tous les ans la veille de 
Noel. 

Le troisifeme livre est consacr<S aux animaux, 
et combat les merveilles qu'on debile sur leiir 
compte et les propridtes que des charlatans don- 
nent a quelques-unesde leurs parties ou de leurs 
secretions. 

Le quatrieme livre traite des erreurs relatives 
a Phomme. L'auteur detruit la vertu cordiale 



1 Voyage de M. C ambry dam le Finistdre, I. L 

2 M. Kcralry, Le dernier dcsBeaumanoir, clu xxvi. 

3 Pseudodoxia epidemiea or enquiries the vulgM 
errors, etc. In-fol. Londres, 4646. 



BRO 



121 



BRU 



accordee au doigt annul aire, le conte populaire 
qui fait remonter Porigine des eternuments a 
line epidemie dans laqnelle on mourait en dler- 
nuant, la puanteur speciale des Juifs, les pyg- 
mees, les annees climateriques. 
* Le cinquieme livre est consacre aux erreurs 
qui nous son! venues par la faute- des peintres ; 
comme ie nombril de nos premiers parents , le 
sacrifice d' Abraham, ou son lils Isaac est repre- 
sents enfant, tandis qu'il avail quarante ans. 

L'auteur discute dans ie livre sixieme les 
opinions erronees ou hasardees qui ont rapport 
a la cosmographie et a Phistoire. 11 combat les 
jours heureux ou malheureux, les idees vulgaires 
sur la couleur des negres. 

Leseptieme livre enfia est consacr6 al'examen 
de cerlaines traditions recues, sur la mer Morte, 
la tour de Babel, les rois'de l'Epiphanie, etc. 

Le savant ne se montre pas credule; cepen- 
dantii croyait, comme tout Chretien , aux sor- 
ciers et aux demons* Le docteur Hutchinson cite 
de lui un fait a ce sujet dans son Essai sur la 
sorcellcrie. En 1664, deux personnes accusdes de 
sorcellerie allaient etre jugees a Norwich; le 
grand jury consul ta Brown, dont on reverait 
l'opinion et le savoir. Brown signa nne atlesla- 
lion dont on a conserve Poriginal, dans laquelle 
il reconnalt Pexistence de sorciers et 1'inlluence 
du diable; il y cite meme des faits analogues a 
ceux qui faisaient poursuivre les deux accuses ; 
et qu'il pr&ente comme incontestables. Ce fut 
celLe opinion qui determina la condam nation des 
prevenus. 

Brownie, lutin dcossais. Le roi Jacques re- 
gavdait Brownie comme un agent de Satan; 
Kirck en fait un bon genie. Aux ties d'Arkney, 
on repand encore des libations de lait dans la 
cavite d'une pierre appelee la pierre de Brow- 
j nie, pour s'assurer , sa protection, Le peuple 
| dc ces lies croit Brownie doux et pacifique; mais 
\ si on r offense, il ne reparait plus. Dans quelques 
; chateaux de l'ficosse, on croit avoir un Brownie, 
\ qui est un demon familier. 

Brudemort, demon noir qui est dans la Nor- 
l mandie Tepouvante des campagnes. II est servi 
; par ses dix mille /marts > qui sont des lutins te- 
\ ndbreux , hurlaut la nuit et mettant leur joie a 
•i faire peur aux bonnes gens. 

Bruheseri (Pierre Van), docteur et astrologue 
dc la Campine, mort a Bruges en 1571* II publia 
\l dans cette ville, en 1550, son Grand et perpd- 
% ht el almanack , ou il indique scrupuleusement, 
■ d'apres les principes de Pastrologie judiciaire, 
les jours propres a purger, baigner, raser, sai- 
: ; gner, couper les cheveux el appliquer les ven- 
touses. Ce modele de 1'almanach de Liege fit 
d'autani plus de rumeur a Bruges, que Ie ma- 
; g'strat, qui donnait dans Pastrologie, Jit tres- 
expresses defenses a quiconque exergait dans sa 
ville le metier de barberie de rien entreprendre 



sur le menton de ses concitoyens pendant les 
jours nefastes. 

Francois Rapaert, medecin de Bruges , publia 
contre Bruhesen le Grand et perpetuel almanack, 
oujldaii des empiriques et des charlatans*. Mais 
Pierre Haschaert, chirurgien partisan de Pastro- 
logie, defendit Bruhesen dans son Boucher astro- 
logiquc contre le Jleau des aslrolocjxies de Francois 
Rapaert, 2 1 et depuis on a fail des almanachs sur 
le modele de Bruhesen, et ils n'ont pas cesse ■ 
d'avoir un debit immense. 

Brulefer. G'est le nom que donnent les Vdri- 
tahles clavicules de Salomon a un demon" ou 
esprit qu'on invoque quand on veut se faire 
aimer. 

Brunehaut, reine d'Anstrasie. Elle conlracta 
avec Satan un marche en teneur duquel il devait 
lui faire en une; ; nuit une route sur Tournay. Elle 
devait etre flnie avant le chant du coq. Mais Bru- 
nehaut fit chanter son coq au moment oil le dia- 
ble apportait la derniere pierre; ce qui rompait 
le marehe. Cette pierre enorme est encore visi- 
Lee et s'appelle la pierre de Brunehaut -\ 

Bruno (Giordano), ne.aNole dans Ie,royaume 
de Naples, au milieu du seizieme siecle. II quitta 
l'habit monastique pour se jeter dans la philoso- 
phie hostile, et publia a Londres, en 158/j , son 
livre de YExpulsion de lahele iriomphanle h . Ce 
livre fut supprime. G'etait une critique, stupide 
dans le fond, maligne dans les details, de Unites 
les religions, et specialement de la religion Chre- 
tien ne* 

Ayant voulu re voir sa patrie, il fut arrele a Ve- 
nise en 1598, transferea Rome, condamne et bride 
le 17 fevrier de V an 1600, moins pour ses impie- 
tes flagranles que pour ses doctrines effroyables 
et ses mauvaises moeurs. II avail consume beau- 
coup de temps a Tetude des reveries hermeti- 
ques; il a meme laiss6 des Merits sur l'alchimie *, 
et d'autres ouvrages dont quelques-uns ont par- 
tage son bucher 6 . Si on s'dtonne de celte ri- 
gueur, il faut songer que les crimes qu'on pour- 
suivait ainsi et qui troublaient la societe, la 
corrompaienl et hataient sa dissolution , inspi- 
raient'plus d'horreur alprs que n'en inspire au- 
jourd'hui chez nous Passassinat. 

Brunon. « L'empereur Henri III allait en ba- 
teau sur le Danube, en son duche de Baviere, 

1 Magnum cl perpeluum almanack, sen empirico- 
rum et mcdicastrorum flageUum. 

2 Clypeus asfrologicus contra flageUum aslrologo- 
rum Franeisci Iiapardi. In-'IS, '1561. 

a Voyez cetle tradition dans \csLegendes inferriales. 

4 SpaccAo de la bestia Iriomphanle, proposlo da 
Giovc, effetualo dal eonsefjlo, revelato da Mermrio, 
recUalo da Sofia, udito da Saldino, registrato dal 
NolaiiOf diviso in ire dialogi, subdivisi in ire 'parli. 
In Parigi. Londres, 1584, in- 8°. 

5 Da compendiosa architecf ura el eomplemenlo arlis 
Lullii, etc. In-46. Paris, 4582, etc. 

G Parliculicrement La cena de le cener^ desctita in 
cinque dialogi } etc. In-8°. Londres, 1881. 



3*,. 



BRU 



122 



BUG 



accompagne de Brunon, eveque de Wurtzbourg, 
et de quelques aulres seigneurs. Conime il pas- 
sait pres ( du chateau de Grein , il se Lrouva en 
peril imminent de se noyer, lui et les siens, 
dans un lieu dangereux ; cependant il se lira 
heureusement de ce peril. Mais incontinent on 
apercut au haut d'un rocher un homme noir qui 
appela Brunon , lui disant : — fivSque, sache 
que je suis un diable, et qu'en quelque lieu que 
tu sois , tu es a moi. Je ne puis aujourd'hui te 
mal faire ; mais tu verras avant j)eu. 
» Brunon , qui elait homme de bien , fit le 



signe de la croix, et apres qu'il eut conjure le 
diable, on ne sut ce qu'il devint. Mais bienlot, 
comine rempereur dinait a Ebersberg avec sa 
compagnie, les po.ulres et le plafond d'une cham- 
bre basse oil ils elaient s'ecroulerent; rempe- 
reur lomba dans une cuve ou il ne se fit point 
de mal , et Brunon eut en sa chute tout le corps 
tellement brise qu'il en mourut. — De ce Brunon 
ou Bruno nous avons quelques commenlaires sur 
les Psaumes 1 . » — II n'y a qu'un petit malheur 
dans ce conte rapporle par le Leloyer, c'est que 
tout en est faux. 




ttrunchaut. 



Brur, nom donne dans le Dauphine a cer- 
laines femmes qui sont , en quelque sorte , pos- 
sedees. Voy. Kurgon. 

x Brutus. Plutarque rapporte que, peu de temps 
avant la bataille de Pbilippes, Brulus, etant seul 
et reveur dans sa tente, apercut un fantome 
d'uhe taille demesuree, qui se presenla devant 
lui en silence, mais avec un regard menacanL 
Brutus lui demanda s'il elait dieu ou homme, et 
ce qu'il voulaiL Le spectre lui repondil : — Je 
suis ton mauvais genie, et jc t'attends aux 
champs de Philippes. « Eh bien ! nous nous y 
verrons! » r<§pliqua Brutus. Le fantome disparut; 



mais on dit qu'il se montra derechef au meur- 
trier de Cesar, la nuit qui preceda la bataille de 
Philippes, oil Brulus se tua de sa main. 

Bucaille (Marie), jeune Normande de Va- 
lognes, qui, au dernier siecle, voulut se faire 
passer pour beate. Mais bientot ses visions et 
ses extases devinrent suspectes; elle s'elaitdile 
quelquefois assiegee par les demons; elle se fai- 
sait accompagner d'un pretendu moine, qui dis- 
parut d&s qu'on voulut examiner les fails ; * 
se proclama possedee. Pour s'assurer de la ve- 

1 Leloyer, Discours et histoire des spectres, liv. IB; 
ch. xvi. 



BUC 



— 123 



BUG 



ril6 des prodiges qu'elle operait, on la fit en- 
fermer au secret. On reconnut que les visions 
de Marie Bucaille n'elaient que fourberies ; qu'elle. 
n'dtait cer.tainement pas en commerce avec les 
anges. Elle fut fouetlee et marquee, et tbutfut 
fini J . 

Bucer (Martin), grand partisan de Luther, 
mort a Cambridge en 1551. On Fa peint suivi 
d'un demon qui le soufflait. . « Gomme il, etait 




aux abois de la mort, assiste de ses amis, le 
cliablc s'y trouva a'ussi, Taccueillant avec une 
figure si bidcusc, qu'il n'y euL personne qui, de 
fraycur, n'y perdit presque la vie. Icelui diable 
1'empoigna rudement, lui creva le venire, le 
lua en lui tordant le cou , et emporta son amo, 
qu'il ponssa rudement devant lui aux enters*. » 

Buckingham (George Villiers, due de), fa- 
vori de Jacques I cr , mort a Portsmouth en 1628, 
illuslre surlout par sa fin tragique. — On sait 
qu'il fut assassine par Pel ton, ollicier a qui il 
avail fait des injustices. Quelque temps avant sa 
mort, Guillaume Parker, ancien ami de sa fa- 
niille, apergut a ses cotes en plein midi le fan- 
tome du vieux sir George Villiers, perc du due, 
qui depuis longtemps ne vivait plus. Parker prit 
d'abord cette apparition pour une illusion de ses 
sens \ mais bientot il reconnut la Voix de son 
vieil ami, qui le pria d'avertir le due de Buc- 
kingham d'etre sur ses gardes, et disparut. 
Parker, demeure seul , reflechit a cette commis- 
sion, et, la trouvant difficile, il ncgligea de s'en 
acquitier. Le fantome revint une seconde fois et 

1 Lellrcs du mcdecin Saint- Andre sur la magic et 
sur les malefices, p. 488 et 431. 

2 Delancre, Tabl. de Vinconstmce des demons, etc., 
iiv. I, disc, i. 



joignit les menaces aux prieres, de sorte que 
Parker se deeida a lui obeir; mais il fut traite de 
fou , et Buckingham dedaigna son avis. 

Le spectre reparut une troisieme fois, se plai- 
gnit de l'endurcissement de son fils, et tirant un 
poignard de dessous sa robe: « Allez encore, 
dit-il a Parker, annoncer a l'ingrat que vous avez 
vu Pinstruraent qui doit lui donner la morL » 

Et de peur qu'il ne rejelat ce nouvel avertis- 
sement, le fantome rcvela a son ami un des plus 
intimes secrets du due. - — Parker retourna a la 
cour. Buckingham, d'abord frappe de le voir 
instruit de son secret , reprit bientot le ton de la 
raillerie, et conseilla.au prophete d'aller se gue- 
rir de sa demence. Neanmoins, quelques se- 
maines apres, le due de Buckingham fut assas- 
sine. On ne dit pas si le couteau.de Felton etait 
ce m£me poignard que Parker avait vu dans la 
main du fantome. 

Bucon, mauvais demon, cite dans les Cla- 
vicules de Salomon. II seme la jalousie et la 
haine. 

Budas, hdretique qui fut maitre de Manes, et 
auteur de l'heresie manicheenne* C'etait, dit 
Pierre Delancre *, un magicien eleve des Brah- 
manes,- et en plein commerce avec les demons. 
Un jour qu'il voulaitfaire jo ne sais quel sacrifice 
magique, le diable l'enleva de terre et lui lord it 
le cou 2 : digne recompense de la peine qu'il 
avait prise de nilablir par le manicheisme la 
puissance de Satan ! 

Buer, d&non de seconde classe,. president aux 
enfers; il a la forme d'une etoile ou d'unc roue 
a cinq branches, et s'a'vance en roulant sur lui— 




meme. II enseigne la philosophic, la logique et 
les vertus desberbes medicinales. Jl se vante de 
donner de bons domestiques et derendrela sante 
aux malades. II commande cinquanle legions. 
Bugnot (fitienne) , gentilbomme de la cham- 

4 Discours des spectres, liv. VIII, ch, v. 
2 Socratc, Hislor* cedes., lib. I, cap. xxi. 



BUI 



— 12/| — 



BUS 



bre de Louis XIV, auteur d'un livre rare intitule 
Histoire recente pour servir de preuve a la ve- 
rite du purgatoire, verifiee par proces-verbaux 
dresses en 1663 et 1664, avec un A brege de la 
vie cV Andre Bugnot,- colonel d'infanterie, et le 
recit de son apparition apres sa.morL In-12, Or- 
leans, 1665. Get Andre Bugnot etait le frere 
d'Etienne. Son apparition el ses revelations n'ont 
rien d'original. 

Buisson d'epines. Selon une coulume assez 
singuliere, quand il y avail un malade dans une 
maison, chez les and ens Grecs, on attachait 
a la porte un buisson d'epines, pour eloigner 
les esprits malfaisants. 

Bullet (Jean-Bap(iste), academicien de Be- 
sangon , mort en 1775, On recherche ses Disser- 
tations sur la mylhologie francaise et sur plusieurs 
points curieux de 1'histoire de. France. In-12, 
Paris, 1771. 1 

■ Bune, demon puissant, grahd-duc aux enfers. 
II a la forme d'un dragon avec trois tetes., dont 
la troisieme settlement est celle d'un homme. 11 
ne parle que par signes ; il deplace les cadavres, 
haute les cimetieres et rassemble les demons 
sur les sepulcres, 11 se vante d'enrichir et de 
rend re eloquents ceux qui le servent. Trente le- 
gions lui obeissent *. ■ 

Les demons soumis a Bune , et appeles Bunis, 
sont redoutes des Tartares, qui les disent tres- 
malfaisants. II faut avoir la conscience nette pour 
etre a 1'abri de leur malice; car leur puissance 
est grande et leur nombre est immense. Cepen- 
dant les sorciers du pays les apprivoisent, et 
c'est par le moyen des Bunis qu'ils se vantent 
de decouvrir l'avenir. 

Bungey (Thomas), moine anglais, eleve, 
ami et serviteur de Roger Bacon , avec qui les 
demonographes l'accusent d' avoir travaille sept 
ans a la merveilleuse tele d'airain qui parla, 
comme on sait 2 . On ajoute qu'il etait magicien, 
et on* en donne pour preuve quit publia un livre 
de la magie naturelle, De magia naturally au- 
jourd'hui p^eu connu. 

Les bonnes gens racontent que Pillustre reli- 
gieux, ayant forme le projet d'entourer l'Angle- 
terre d'un nuir d'airain, avait fabriqutS une teLe 
de bronze, prod igieux and roide qui devait avertir 
son serviteur, le frere Bungey, du moment favo- 
rable a rerection de la muraille. Un jour la tete 
dit : 11 est temps. 1 Bungey dormait. Un autre jour 
elle repeta : II est temps. Bunger dormait en- 
core. Une troisieme fois elle ouvrit la bouche et 
s'ecria ; 11 n'est plus temps. Aussitot la maison, 
ebranltSe dans ses fondements, ensevelit Bungey 
sous ses mines. 

Delrio l'absout de ^accusation de magie*, et 
il avoue que son livre ne contient qu'une cer- 

1 Wicrus, in Pseudomonarchia dmmon. 

2 Yoyez Bacon. 

3 Disquisih magic, lib. I , cap. ni, q. 1. 



taine close d'idees superslitieuses. Une autre 
preuve qu'il n'etait pas magicien , mais seule- 
ment un peu mathemalicien , c'est qu'on l'elut 
provincial des franciscains en Angleter.re \ 
Bunis, demons tartares* Voy. Bunk. 
Buplage ou Buptage. « Apres la bataille don- 
nee entre le roi Antiochus et les Romains, un 
oflicier nomine Buplage, tue dans le combat, ou 
il avait recu douze blessures mortelles , se leva 
tout d'un coup au milieu de l'armee romaine 
victorieuse, et cria d'une voix grele a Thornine 
qui le pill ait : 

Cesse, soldatromaiiij de depouiller ainsi 
Ceux qui sont descendus dans l'enfer obscurci... 

» II ajonta en vers que la cruaute des Romains 
serait bientot punie, et qu'un peuple sorti de 
TAsie viendrait desoler VEurope; ce qui pent 
marquer Firruption des Francs sur les.terres de 
l'empire. Apres cela, bien que mort, il monla 
sur un chene, et predit qu'il allait etre devore 
par un loup; ce qui eut lieu, quoiqu'il fut sur un 
chene. Quand le loup eut avale le corps, la tete 
parla encore aux. Romains et leur defendit de lui 
donner la sepulture. Tout cela parait tres-in- 
croyable ? . Ce ne furent pas les peuples d'Asie, 
mais ceux du Nord qui renverserent Tempire 
romain; mais on a crulongtempsque les Francs 
venaient de la Troade, » 
Burgifer, ddmon ennemi de Brudemort. 
Burgot (Pierre), loup-garou brule a Besan- 
qou en 1521 avec Michel Verdung, 

Burrough (George) , ministre de la religion 
anglicane a Salem , dans la Nouvelle-Angleterre, 
pendu comme' sorcier en 1602* On Taccusait 
d'avoir maleficie deux femmes qui venaient de 
mourir. La niauvaise habitude qu'il avait de se 
vanter sottement qu'il savait tout ce qu'on disait 
de lui en son absence fut admise comme preuve 
qu'il communiquait avec le diable 3 . 

Burton (Robert), auteur d'un ouvrage in- 
titule Anatomic de la melancolic, par Ddmocritc 
le jeunc, in- 4°, 162/i ; mort en 1639. L'astrologie 
etait de son temps tres-respectee en Angleterre, 
sa patrie. II y croyait et voulait qu'on ne doulal 
pas de ses horoscopes. Ayant predit publique- 
mehtle jour de sa mort, quand Theure fut ve- 
nue il se tua pour la gloire de l'astrologie el 
pour ne pas avoir un dementi dans ses pronoslics. 
Cardan et quelqnes autres personnages habiles 
dans la science des astres ont fait la meme 
chose \ 

Busas, prince infernal. Voy. Prufus. 



1 >faude, Apol. pour les gnmds personnages 3 elc- 
p. 49b. 

2 Trait c dagmaliquc des apparitions, t. II, p. J $3. 
Lei oyer, p. 253. 

:l Godwin, Via des necromanciens. 
4 Curiosites de la Ulidraiure, traduit de Tangl^ 
par Berlin , t. 1 , p. o1 . 



. BUT 



12 



GAB 



Butadieu, demon rousseau, cite dans des 
procedures da dix-septieme siecle, 

Buxtorf (Jean), Westphalien, savant dans 
la litfceratufe hebraique, niorten 1629. Les cu- 
rieiix lisent son Abrege du Talmud > sa Biblio- 
thcrjue rabbinique et sa 'Synagogue judaique 4 . 
Cet ouvrage, qui Iraile des dograes et des cere- 
monies des Juifs, est plein des reveries des rab- 
bins, a cole desquelles on Lrouve des recher- 
ches curieuses. 

Byleth, demon fort et terrible, Tun des rois 
de l'enfer, selon la Pseudomonarchie de Wierus. 
II se montre assis sur un cheval blanc, precede 
cle chats qui sonnent du cor et de la trompe. 




L/adjurateur qui Fevoque a besoin de beaucoup 
de prudence, car il n'obeit qu'avec fureur. II 
faut pour le soumettre avoir a la main un ba- 
ton de coudrier ; el, se Lournant vers le point qui 
scpare 1' orient du midi, tracer hors da cercle 
ou Tons' est place un triangle; on lit ensuite la 



formule qui enchaihe les esprits , et Byleth arrive 
dans le triangle avec soumission* S'il ne parait 
pas, c'est que 1'exorciste est sans pouvoir, et 
que l'enfer meprise sa puissance. On dit aussi 
que quand on donne a Byleth un verre de vin, 
il faut le poser dans le triangle; il obeit plus 
volontiers et sert bien celui qui le regale. On 
doit avoir soin, lorsqu'il parait, de lui faire un 
accueil gracieux, de le complimenter sur sb 
bonne mine, de montrer qu'on fait cas de lui et 
des autres rois ses freres : il est sensible a tout 
cela. On ne negligera pas non plus, tout le 
temps qu'on passera avec lui, d'avoir au doigt 
du milieu de la main gauche uh anneau d'argent 
qu'on lui presentera devant la face. Si ces con- 
ditions sont ditiiciles, en > recompense celui qui 
soumet Bylet devient le plus puissant des hom- 
ines. — 11 etait autrefois de J'ordre des puis- 
sances ; il espere un jour remonter dans le del 
sur le septieme Irone, ce qui n'est guere croyable. 
II commande quatre-vingts legions. \ 

Byron. Le Vampire, nouvelle traduile de 
Tanglais de lord Byron, par H. Faber; in-8°, 
Paris, 1819. Gette nouvelle, publiee sous le nom 
de lord Byron, n'est pas l'ouvrage de ce poete, 
qui Ta desavouee. L'auteur n'a pas suivi les idees 
populaires sur les vampires; il a beaucoup trop 
releve le sien. G'est un, spectre qui voyage dans 
la Greco, qui frequente les sdcieles d'Athenes, 
qui parcourtle mondeyqui se marie pour sucer 
sa femme. Les vampires de Moravie etaient 
extremement redoutes; mais ils avaient moins 
de puissance. Gelui-ci, quoiqu'il" ait l'oeil gris- 
morl, fait des conquetes. G'est, diL-on, line 
historiette populaire de la Grece moderne que 
lord Byron raconta dans un" cercle et qu'un 
jeune medeciu ecrivit a tort; car il remit a la 
mode, un instant, des horreurs qu'il fallait 
laisser dans l'oubli. 

Bythies. Voy. Bitiues. 



-COD- 



C 



Caaba. Voy. Kaaba. 

Caacrinolaas, nomme aussi Gaassimolar* 
Glassialaholas, grand president aux enfers. 11 se 
; presenLe sous la forme d'un chien , et il en a la 
I demarche, avec des ailes de griffon. 11 donne 
la connaissance des arts liberaux, et, par un 
bizarre contraste , il inspire les homicides. On 
dit qu'il predit bien Tavenir. Ge demon rend 

1 Operis talmudici brevis reccmio et bibliolhaca 
rabhinica. ln-8<\ Bale, 1613. Stjnagoqa judaica, 
«»-8°. Bale, 4603, en allcmand et cn latin. Ilanau, 
^04;Balc, 1G44. 



riiomme invisible et commando trenle-six le- 
gions *,.Le Grand Grimoire le nomme Classyala- 
bolas, et n'en fait qu'une espece de sergent qui 
sert quelquefois de monture a Nebiros ou Nabe- 
rus. Foy.^GKRBisuK. 

Cabades. Voy. Zoubdadeyeu. 

Cabale ou Gabbale. PicdelaMirandoleditque 
ce mot, dans son origine hebraique, signifie tra- 
dition s . L'ancienne cabale des Juifs est, selon 

1 Wierus, in Pscudomonarchia dwmon. 

2 « Un critique ignorant voulail faire des affaires 
a Rome, au prince Pic de la Mirandole, particulierc- 



CAB 



— 126 — 



GAB 



quelques-uns, une sorte de magonnerie myste- 
rieuse ; selon d'autres, ce tfest que Implication 
mystique de la v Bible , Tart de trouver des sens 
caches dans la decomposition des mots 4 , et la 
maniere d'operer des prodiges par la vertu de ces 
mots prononces d'une certaine faqon. VoyezTiu':- 
mura et TufioMANciE. GetLe science merveilleuse, 
si Ton en croit les rabbins , affranchit ceux qui 
la possedent des faiblesses de Thumamte, leur 
procure des biens surnaturels , leur communique 
le don de prophetie , le pouvoir de faire des mi- 
racles, et Tart de transmuer les metaux en or, 
c'est-a-dire la pierre philosophale. Elle leur ap- 
prend- aussi que le monde sublunaire ne doit du- 
rer que sept mille ans, et que tout ce qui est su- 
perieur a la lune en doit durer quarante-neuf 
mille. 




Les Juifs conscrvent la cabale par tradition 
orale ; ils croient que Dieu 3'a donnee a Moi'se , 
au pied du mont Sinai' ; que le roi Salomon , au- 
teur d'une figure mysterieuse que Ton appelle 
Varbrc de la cabale des Juifs, y a ete tres-expert, 
et qu'il faisail des talismans mieux que personne. 
Tostat dit meme queMoise ne faisail ses miracles 
avec sa verge que parcc que Ic grand nom de 
Dieu y etait grave. Valderame remarque que les 
apolres faisaient pareillemcnl des miracles avec 
le nom de Jesus , et les parLisans de ce systeme 

menl pour le nom de cabal c qu'il Irouvait dans les 
ouvrages do ce prince. On domanda a ce critique ce 
qui l'indignail si fort dans ce mot de cabale. — Ne 
savez-vous pas, repondit 1c slupide, que ce Cabale 
etait un sceleral tout a. fait diaboliquc, qui cut Tim- 
pidld d'ecrire beaucoupde choses con I r'c Jesus-Christ 
meme, qui forma une hcresic detestable et dont les 
sectaleurs s'appcllenl encore cabalistes? » (Gabriel 
Naude, Apologia pour les grands pcrsonnages accuses 
de magie. Adricn Baillct, Jugements des savants. 
Chap, xni } § 2 des Jugements sur les Uvres en ge- 
neral.) 

1 Voyez AbdecL 



citent plusieurs saints dont le nom ressuscita des 
morls. 

La cabale grecque, inventee, dit-on, par Py- 
thagore et par Platon, renouvelee par les Valen- 
tiniens , lira sa force des lettres grecques com- 
binees et fit des miracles avec Talphabet. 

La grande cabale , ou la cabale dans 3e sens 
moderne proprement dite, est Tart de commercer 
avec les esprits elementaires ; elle tire parli pour 
cela de certains mots myslerieux. Elle explique 
les choses les plus obscures par les nom b res, 
par le changement de l'ordre des lettres et par 
des rapports dont les cabalistes se sunt formes 
des regies. Or, voici quels sont, selon les caba- 
listes, les divers esprits elementaires : 

Les quatre elements sont habites cbacun par 
des creatures parliculieres , beaucoup plus par- 
faites que Thomme, mais soumises comme lui 
aux lois de la mort. L'air , cet espace immense 
qui est entre la terre et les cieux, a des botes 
plus nobles que les oiseaux et les mouchcrons, 
Ces mers si vastes ont d'autres habitants que les 
dauphins et les baleines^ Les profondeurs de la 
terre ne sont pas destinees aux laupes seulement; 
et Felement du feu, plus sublime encore que les 
trois autres, n'a pas ete fait pour d'emeurer inu- 
tile et vide. • ' - „ 

Les salamandres habitent done la region du 
feu; les sylphes, le vague.de l'air ; les gnomes, 
1'interieur de la terre; et les ondins ou nymphes, 
le fond des eaux. Ces 6tres sont composes des 
plus pures parties des elements qu'ils habitant 
Adam, plus parfail qu'eux tous, etait leur roina- 
turel ; mais, depuis sa faute, elant devenu impur 
et grossier , il n'eut plus de proportion avec ces 
substances; il perdit tout Tempire qu'il avait sur 
elles. 

Que Ton se console pourtant; on a trouve dans 
la nature les moyens de ressaisir ce pouvoir 
perdu. Pour recouvrer la souverainetd sur les sa- 
lamandres, et les avoir a ses ordres, on attire le 
feu du soleil, par des miroirs concaves, dans mi 
globe de verre; il s'y forme une poudre solairo 
qui se purine elle-meme des autres elements, ct 
qui, avalec, est souverainement propre a exhalcr 
le feu qui est en nous, et a nous faire devenir 
pour ainsi dire de mature ignee. Des lors, lei 
habitants de la sphere du feu deviennent nos in- 
ferieurs, et ont pour nous toutc I'affectibu qu'ik 
ont pour leurs semblables, tout le respect qu'il? 
doivent au lieutenant de leur ereateur. 

De meme, pour commander aux sylphes, aia 
gnomes, aux nymphes, on emplit d'air, dc W 
ou d'eau, un globe de verre; on le laisse, te 11 
ferme, expose au soleil pendant un mois. Chaciai 
de ces elements, ainsi purifie, est un aimanL qui 
attire les esprits qui lui sont propres. 

Si on prend tons les jours, durant quelquci 
mois, de la drogue eleinenlaire, formee, aiosi 
qu'on vient de le dire, dans le bocal ou globe de 



CAB 



127 



GAB 



verre, on voit bientot dans les airs la republique 
volantc ties sylphes, les nymphes venir en foule 
au rivage, les gnomes , gardiens des tresors et 
des mines , elaler leurs rich esses. On ne risque 
rien d'entrer en commerce avec eux , on les trou- 
vera honnetes , savants, bienfaisants et craignant 
Dieu, Leur ame est mortelle, et ils n'ont pas Pes- 
perance de jouir un jour de l'etre supreme, qu'ils 
connaissent et qu'ils adorenL Ils vivent fort long- 
temps, et ne meurent qu'apres plusieurs siecles. 
Mais qu'est-ce que le temps aupr6s de l'eternite? 
lis gemissent done de leur condition. Pourtant, 
il n'est pas impossible de trouver du remede a ce 
mal; car, de meme que 1'homme, par 1'alliance 
qu'il a con tractee avec Dieu , a ete fait partici- 
pant de la Divinite, les sylphes , les gnomes , les 
nymphes et les salamandres deviennent partici- 
pants de l'immortalite, en contractant alliance 
avec 1'homme. (Nous transcrivons tonjours les 
docteurs cabalistes.) Ainsi, Tame d'urie nymphe 
ou tVune sylphide devient immortelle quand elle 
est assez heureuse pour se marier a un sage ; un 
gnome ou un salamandre cesse d'etre morlel en 
son ame du moment qu'il epouse une fillc des 
homines. On conc;oit par la que ces elres se plai- 
sent avec nous : quand nous les appelons." Les ca- 
halistes assurent que les deesses de Pantiquite, 
el ces nymphes qui prenaient des epoux parmi 
les homines > et ces demons incubeset succubes 
ties temps barbares, et ces fees qui, dans le 
moyen age, se montraient au .clair de la June, 
ne sont que des sylphes, ou des salamandres, ou 
des ondins/ 

11 y a pourtanl des gnomes qui aiment mieux 
mourir que risquer, en devenant immortels, d'etre 
aussi malheureux que les demons. C'est le diable 
(disent toujours nos auteurs) qui leur inspire ces 
sentiments; il ne neglige rien pour empecher ces 
pauvres creatures d'immorlaliser leur ame par 
noire alliance.- 

Les cabalistes sont obliges de renoncer a tout 
commerce avec Pespece humaine, s'ils venlent 
ne pas offenser les sylphes et les nymphes dont 
ils recherchent 1'alliance. Cependant, comme le 
nombre des sages cabalistes est fort petit, les 
nymphes cL les sylphides se montrent quelque- 
fois moins delicates, et emploient toutes sortes 
d'artifkes pour les retenir. Un jeune seigneur de 
Baviere etait inconsolable de la mort de sa femme, 
Une sylphide prit la figure de la defunte, et s'alla 
presenter au jeune homme desole, disant que 
Dieu Pavait ressuscitee pour le consoler de son 
extreme affliction. Ils vecurent ensemble plusieurs 
annees, mais le jeune seigneur n'etait pas assez 
homme de bien pour retenir la sage sylphide ; 
die disparut un jour, et ne lui laissa que ses jupes 
ct le repentir de n'avoir pas voulu suivre ses 
lions conseils. 

Plusieurs heretiqucs des premiers siecles mfi- 
lerent la cabale juive aux idees du christianisme, 



et ils admirent entre Dieu et Phomme quatre 
sortes d'etres intermediaires, dont on a fait plus 
tard les salamandres, les sylphes, les ondins et 
les gnomes. Les Chaldeens sont sans doute les 
premiers qui aient reveces etres; ilsdisaient que 
ces esprits etaient les ames des morts, qui, pour 
se montrer aux gens d'ici-bas, allaient prendre 
un corps splide dans la lune. 

La cabale des Orientaux est encore Tart de 
commercer avec les genies , qu'on evoque par 
des mots barbares. Au reste, toutes les cabales 
sont differentes pour les details ; mais elles se 
ressemblent beaucoup dans le fond. On conte sur 
ces matieres une multitude d'anecdotes. On dit 
qu'Momere , Virgile , Orphee furent de savants 
cabalistes. 

Parmi les mots les plus puissants en cabale, le 
fameux mot Agfa .est surtout revere. Pour re- 
trouver les choses perdues, pour apprendre par 
revelations les noiivelles des pays lointains, pour 
faire paraitre les absents, qu'qn.se tourne vers 
TOrient, et qu'bn prononce* a haute yoix le grand 
nom Agfa, if opere toutes ces merveilles, meme 
lorsqiri! est invoqud par les ignorants , s'ils sont 
coalvenablernent disposes. Voy. Agl.\. 

Les rabbins d&inissent la cabale : « Une science 
qui eleve a la contemplation des choses celesLes 
et. au commerce avec. les esprits bienheureux; 
elle fait, connattre les vertus et les attribute de la 
divinite, les ordres et les lbnctions des anges, le 
nombre des spheres , les: prop rietes des astres, 
la proportion des elements, les vertus des pkmtes 
et des pierres, les sympathies, 1 'instinct des ani- 
maux, les pensees les plus secretes des hommes. » 

)> Cinquante entrees differentes, d'apres les 
rabbins, conduisent a la connaissance generate 
des mysteres; c'est ce qui s'appelle les cinquante 
portes de Pintelligence. Dieu en fit connaitre 
quarante-neuf a MoTse; celui-ci rehferma toutc 
celte doctrine, toute retendue de la science que 
Dieu lui avait donnee , dans les cinq livres du 
PenlaLeuque; elle y est contenue, ou dans le 
sens litteral ou dans le sens allegorique, ou dans 
la valeur et la combinaison anthmetiques des 
leltres , clans les figures geometriques des carac- 
teres, dans les consonnances harmoniques des 
sons. C'est a Ty decouvrir que travaillent tons 
ceux qui se sont occupes de la cabale. On com- 
prend par ce court expose que, s'il est cinquante 
portes ouvertes a rintclligence, le nombre de 
celles qui sont ouvertes a l'erreur doitetre infini. 

» Quclques savants meme Chretiens se sont 
occupes de la cabale, et out voulu lui assigner 
une place dans les etudes serieuses. Le fameux 
Pic de la Mirandole a compose un livre tout expres 
pour en faire sentir l'importance. 

» II y dit sdrieusement que celui qui connait la 
verlu du nombre 10 , et la nature du premier 
nombre spherique , qui est 5 , aura le secret des 
cinquante portes d'inlelligence, du grand jubile 



CAB 



128 



GAD 



de rinquante ans des Juifs, de la millieme gene- 
ration de P Apocalypse et du regne de Lous les 
siecles dont il est parle dans PEvangile. II ensei- 
gnait en outre que , pour son compte , il y avait 
trouve toute la doctrine de Moise, la religion 
chretienne , les mysteres de la Trinite et de la 
Redemption, les hierarchies des anges, la chute 
des demons, les peines de Penfer, etc. Toutes 
ces assertions forment les soixante-douze der- 
riieres propositions des neuf cents qu'il soutint a 
Home, avec* Padmiration generate, a Page de 
vingt-quatre ans l . » 

Le savant juif Cahen , qui etait realiste, ne re- 
gardait guere la cabale que comme un enchance- 
ment de superstitions. Voy. Ensoph. : 

On peut puiser sur les reveries de la cabale des 
instructions plus etendues dans les divers ou- 
vrages qui en traitent specialement, mais qui 
sontpeu recommandables : 1° le Comte ck Gabalis 
ou Entretiens stir les sciences secretes, par Pabbe 
de Villars. La meilleure edition est de"1742, 
in-12; 2° les Geiiies assistants, suite' du Comte de 
Gabalis, in-12 , meme annee; 3° le Gnome, irrc- 
concilidble, suite des Genics assistants ; i[° A'ou- 
veaux entreiiens sur les sciences secretes, suiLe 
nouvelle Aw' Comte de Gabalis , memo annee; 
5° Lelbres cdbalistiques, par le marquis d'Argens, 
la Haye , 3 741, 6 volumes in-12. Get ouvrage 
est plein, beaucoup plus que les precedents , de 
passages condamnes. Voy. Zhd*";chias. 

Cabanda, Hideux demon de PInde ; il est gros 
comme un rocher , n'a ni tete , ni jambes, mais 
des bras longs d'une lieue et qui out ete rac- 
courcis par Rama* 

Cabires, dieux des morts, ador6s tres-an- 
ciennement en figypte. Bochard pense qu'il faut 
entendre sous ce nom les trois divinites infer- 
nales : Pluton, Proserpine et Mercure. 

D'aulres ont rcgarde les cabires comme des 
■magiciensqui semelaient d'expier les crimes des 
homines , et qui furen t honores apres leur mort. 
On les invoquait dans les perils et dans les in- 
fortunes. II y a de grandes disputes sur leu.rs 
noms, qu'on ne declarait qu'aux seuls initios 2 . 
Ge qui est certain , e'est que les cabires sont des 
demons qui presidaient autrefois a une sorte de 
sabbat. Ces orgies, qu'on appelait fetes des Ca- 
bires, ne se celebraient que la nuit : Pinilie, apres 
des epreuves effrayantes, etait ceint d'une cein- 
ture do pourpre, couronne d'une branche d'oli- 
vier et place sur un trone illumine, pour repre- 
senter le maitre du sabbat, pendant qu'on execulait 
autour de lui des danses hieroglyphiques plus ou 
moins infames. 

Cacodemon , mauvais demon. C'est le nom que 
lesanciens dohnaient aux esprits malfaisants. Mais 

1 M. Bonetty (qui cite Reuchlin, De arte cabalistica). 
Annates de philosophic chretienne, livraison du 30 no* 
vembre 4 838. 

2 Dolandine, YEnfer de&peuplcs anciens, ch. xix. 



ils appelaient specialement ainsi un monstre ef- 
frayant, un spectre horrible, qui n'etait pasassez 
reconnaissable pour etre designe autrement. Cha- 
que homme avait son bon et son mauvais demon, 
euddmon et cacodemon. Les as trologues appelaient 




aussi la douzieme maison du soleil , qui est la plus 
mauvaise de touLes, cacodevion, parce que Sn- 
lurne y repand ses malignes influences , et qu'on 
n'en peut tirer. que des pronostics redoutables. 

Cacoux. Voy. Caqueux. 

Cactonite , pierre lnerveilleuse qui , selon 
quelques-uns, n'est autre chose que la cornalinc, 
On lui attribue de grandes propridtes. Les an- 
ciens en faisaient des talismans qui assuraient la 
victoire. 

Gacus, espfece d'ogre de Pantiquite. II etail 
fils de Yulcain et vomissait du feu par la gueulc. 
Ce monstre, de taille gigantesque, moitie homme 
et moitie bouc, mangeait les passants dans sa ca- 
verne, au pied du mont Aventin, et accrocliaiL 
leurs tetes a sa porte. II futetrangle par llerculc. 

Cacus a eie peint quelquefois avec une tete de 
bete sur un corps d' homme. 

Cadavre. Selon la loidesJuifs, quiconque avail 
touche un cadavre etait souille; il devait se pu- 
rifier avant de se presenter au tabernacle du Sei- 
gneur. Quelques censeurs des lois de Moise onl 
juge que cette ordonnance (Hait superstitieuse, II 
nous paratt au contraire, dit Bergier, qu'elle etail 
tres-sage. G'etait une precaulion contre la super- 
stition des pa'iens, qui interrogeaient les moi ls 
pour apprendre d'eux Pavenir ou les choses ca- 
chees : abussdvferementinterditaux Juifs, mais qui 
a regne chez la plupart des nations. Voy. Aimant, 
Ci;rcueil, etc. 

Cadiere. Voy. Gin Ann. 

Cadmee ou Cadmie , qu'on appelle phis ge- 
neralement calamine, fossile bitumineuxquidonnc 
une teinte jaune au cuivre rouge, etque certains 
chimistes emploient pour faire de Por* 



GAD 



129 



Cadmus. ML Appert aetabli que Tecriture nous 
vient d'Adam, ..eL que le Cadmus celebre par les 
Grecs comme l'inventeur de Pecriture n'est autre 
qu'Adam , Adamus, qui a regu ce don en meme 
temps, que celui. de la parole. On a allere le nom 
d' Adamus, en mettant une aspiration orientale 
devant la premiere leltre 4 . - : 

Caducee. C'est avec celte baguette, ornee de 
deux serpents entrelaces , que Mercure condui- 
saii les ames aux enfers et qu'il les en tirait au 
besom* 



Cadulus , pieux soldat dont la legende rap- 
porte qu'il etait obsede par le diable en forme 
d'ours Ml s'en delivra par la priere. 

Caeculus , petit demon ne d'une etincelle qui 
vola de la forge -de Vulcain dans le sein de Pre- 
nesta. 11 fut eleve parmi les betes sauvages. On 
le reconnut a celte particularity, qu'il vi vait dans 
le feu comme dans son element; ses yeux, qui 
etaient fort pelits, etaient seulement un peu en- 
donamages par la fumee. Les cabalistes font de 
lui un salamandre. 




Cadavrc. 



Caf. Voxj. Kaf. 

Cagliostro ( Joseph-Balsamo ) , c61ebre aven- 
lurier du dix-huitieme siecle, connu sous le nom 
d' Alexandre , comte de Cagliostro, naquil, dit- 
on, a Palerme en 1743, de parents obscurs. 11 
monlra dans ses premieres annees un esprit 
porle a la friponnerie; tout jeune, il escroqua 
soixante onces d'or a un orfevre, en lui pro- 
mellant de lui livrer un tresor enfoui dans une 
grolle, sous la garde des esprits infernaux; ille 
conduisil dans celte grotte , ou le bonhomme fut 
assomme de coups de baton. Cagliostro s'enfuit 
alors et voyagea, avec un'alchimisle noinme Al- 
thoLas , en Grece, en tfgypte, en Arabie, en 
Perse, a Rhodes, a Malte. Ayant perdu la son 
compere, il passa en Angleterre el d'Angleterrc 
e » France, vivant du produit de ses composi- 
tions chimiques. 11 donnaiLdans la pierre philo- 

1 Voyez les Legendes de VAncien Testament (le livro 



sophale, le magnetisme et diverses jongleries el 
intrigues ignobles. 

II se rendit a Strasbourg, oil il futrequ, en 
1780, avec une sorte de triomphe; il y guerit 
certains malades qui l'attendaient , avec une 
adresse si promple que Ton a cru qu'ils etaient 
apostes et leur mal suppose, a moins que le 
diable ne fut aux ordres cle Cagliostro , comme 
beaucoup Pont dil, et comme le faisait penser 
sa pbysionomie patibulaire. 

Les uns ont regarde Cagliostro comme un 
homme extraordinaire, un inspire ; d'autres 
comme un charlatan; quelques-uns onl vu en 
lui un membre voyageur de la magonnerie tem- 
pliere, constammenl opulent par les secours 
nombreux qu'il recevail des diverses loges de 
l'ordre; mais le plus grand nombre s'accorde a 
donner au faste qu'il dtalait une source moins 
honorable encore, 11 se vantait de converser 

1 Bollandi Ada sanctorum^ %\ aprilis, 

9 



CAG 



— 130 — 



CAL 



avec les anges , et il faisait entendre en rase 
campagne (par ventriloquie ) des voix venant 
du ciel. 11 institua une espece de cabale egyp- 
tienne. De jeunes garcons -et de jeunes lilies, 
qu'il appelait ses pupilles on colombes , se pla- 
caient dans Pelat d'innocence devant une boule 
de cristal, et la, abrites d'un paravent, ils ob- 
tenaient, par Pimposition des mains du grand 
cophte (c'etait )ui qui etait le grand cophle), la 
faculte de communiquer avec les esprits. Ils 
voyaient dans ceLte boule tout ce qu'ils vou- 
laient voir,— Les travaux de ces pupilles ou co- 
lombes ne se bornaient pas a cetle ceremonie; 
Gaglioslro leur enseignait a decouvrir les choses 
occulles, les evenements a venir et les malieres 
curieuses. On a joule qu'il a fail paraitre aux 
grands seigneurs de Paris et de Versailles , dans 
des glaces , sous des cloches de verre et dans 
des bocaux, des spectres animes et mouvants, 
ainsi que des personiies mortes qu'on lui deman- 
dait a voir.— Un soir qu'il se trouvait, a Versailles 
avec plusieurs des seigneurs cle la cour, ceux-ci 
temoignerentPenvie de connaitrece que faisait en 
ce moment une dame dejeur societe, qui etait 
res Lee a Saint-Germain. Aussilol il forma sur le 
parquet un carre, passu la main dessus, et Ton 
vit se tracer la figure de la dame* jouant aux 
Iressettes avec trois de ses amies, toules assises 
sur un tapis. On envoya au logis de cette dame, 
qu'on tronva effectivemenl dans la meme atti- 
tude, la meme occupation, et avec les memes 
person nes. 

' On rapporlc aussi que, dans des soupers qui 
onL fait grand bruit a Paris, il invoquait les morts 
illustres, iels que Socrale, Plalon, Corneille, 
d'Alembert, Voltaire, etc. Dans sa leLLre au 
peuple francais, datee de Londres, le 20 juin 
1786, il predit que la Bastille serait delruite. 
Mais depuis longlemps on en avait le projet. 

Gagliostro etait tres-lie avec un joueur de go- 
belets qui se disait assiste d'un esprit, lequel 
esprit, a ce que Ton pretend, 6tait l'ame d'un 
juif cabalisle qui avait Lue son pere par art ma- 
giqueavant la venue de Nolre-Seigneur, 11 disait 
effronlement que les prodiges qu'il optSrailelaient 
Peflel d'une protection speciale de Dieu sur lui. . . ; 
que Pfilre supreme, pour Pencourager, avait 
daigne lui accorder la vision bealifique, etc.; 
qu'il venait converlir les incredules. 11 se vanlait 
d'avoir assiste aux noces de Cana...; il dtaitpar 
consequent contemporain de Nolre-Seigneur. 

II esL dit ailleurs que Cagliostro etait ne avanl 
le deluge 1 . — II fut arrele a Rome en 1789, et 
condamne comme pratiquant, a Pombre de la 
franc-maconnerie , de criminels mysteres. 11 
s'etrangla dans sa prison en 1795. 

1 Charlatans ceiebres , L P ;r , p. 245. Yoyez la le- 
gende de Gagliostro dans les Ugendes des socielcs 
secretes* 



II a ecrit, dit-on, la relation de quelques ope- 
rations pretendues. magiques, ainsi que d'une 
transmutation de metaux vils en or,faites a Yar- 
sovie en 1780. — On met sur son compte une 
plate brochure qui apprenait aux vieilles femmes 
a trouver les riumeros de la loterie dans leurs 
reves. On vendail Lous les ans a Paris un grand 
nombre d'exemplaires de ce fatras dont voici le 
Litre : Le Ural Cagliostro, ou le Regulateur des 
aciionnaires de la loterie, augmente de nouvelles 
cabales faites par Gagliostro , etc. , in-8°, avec 
le portrait de Pauleur, au bas duquel on a mis 
ces treize syllabes*: Pour savoir ce qu'il est, il 
faudrail etre lui-meme. 

Cagots, individus des Pyrenees qui y sont des 
sortes de parias. Les autres habitants les evitent 
comme gens maudits.. Ge sont, dit-on , des re-sles 
de la race des Goths, appeles Ca-Goihs, en 
en abreviation de canes Gothi, chiens de Goths. 

Cain. Les musulmans et les rabbins disent 
qu'Eve, ayant deux lils, Cam et Abel, et deux 
lilies, Aclima et Lebucia, voulut unir^Cain avec 
Lebuda, et Aclima. avec Abel. Or, Gain etail 
epris d' Aclima. Adam , pour mettre ses lils d'ac- 
cord, leur proposa nn sacrifice; et, comme on 
le sait, Poffrande de Gain fut rejetee. II ne vou- 
lut pourtant pas ccder Aclima; il resolul, pour 
I'avoir plus surement, de tuer son frere Abel; 
mais il ne savait comment s'y prendre. Le diablc, 
qui Pdpiait, se chargea de lui donner une lecon, 
11 prit un oiseau, qu'il posa sur une pierre, et, 
avec une autre pierre, il lui ecrasa la tele. Gain, 
bien instruit alors, dpia le moment oil Abel dor- 
mail, et lui laissa tomber une grosse pierre sur 
le front J . 

Gainan. On altribue a Cainan , fils cl'Ar- 
phaxad, la conservation d'un traile tY Astrono- 
mic qu'il trouva' grave sur deux colonnes par 
les enfants de Seth , ouvrage antediluvien qu'il 
transcrivit. On pretend aussi que Cainan decou- 
vrit encore d'autres ouvrages Merits par les 
grants, lesquels ouvrages ne sont pas venus jus- 
qu'a nous 2 . 

Cainites. 11 y a eu , dans le deuxieme siecle, 
une secte d'hommes eflVoyables qui glorifiaienl 
le crime et qu'on a appeles cainites. Ces mise- 
rables avaient une grande veneration pour Cain, 
pour les horribles habitants de Sodome , pour 
Judas et pour d'autres scelerats. Ils avaient "m 
dvangile de Judas, et mettaient la perfections 
commettre sans honle les actions les plus in- 
fames. 

Caiumarath ou Kaid-Mords. Le premier 
homme selon les Persans; Voy. Bounosciiksch- 

Cala (Charles), Calabrais qui ecrivait an tlix- 
septieme siecle. On recherche son Memoirc sur 

1 Yoyex la ldgende de Gain et cl'Abel dans les 
Ldf/endes de VAncian Testament* 

2 Sijncelli chronognipMm ^ p. 80. 



CAL 



— 131 — * GAL 



rapparition des croix prodigieuses i i imprime a 
Maples en 1651. 

Calamites. On a souvent altribue aux demons 
ou a la malice des sorciers les calamites pu- 
bliques. Pierre Delancre dit que les calamites 
des bonnes ames sont les joies et les festoie- 
ments des demons pipeurs *. 

Calaya. Le troisieme des cinq paradis in- 
diens. La reside Ixora ou Eswara, toujours a 
cheval sur un boeuf. Les morts fideles le ser- 
vent; les uns le rafraichissant avec des even- 
tails, d'autres portant devant lui la chandelle 
pour Peclairer la nuit. 11 en est qui lui presen- 
ted des crachoirs d'argent quand il veut ex- 
peclorer. 

Calcerand-Rochez. Pendant que Hugues de 
Moncade etait vice-roi de Sicile pour le roi Fer- 
dinand d'Aragoti, un gentilhomme espagnol, 
nomme Calcerand-Rochez, eut une vision. Sa 
maison etait situee pres du port de Palerme. 
Une nuit qu'il ne dormait pasj il crut entendre 
des hommes qui cheminaient et faisaient grand 
bruit dans sa basse-cour; il se leva, ouvi;it la 
fenetre, et vit, a la clarte du crepuscule, des 
soldats et des gens de pied en bon ordre, suivis 
de piqueurs; apres eux venaient des gens de 
cheval di vises en escadrons, se dirigeant vers la 
maison du vice-roi. Le lendemain, Galcerand 
conta le tout a Moncade, qui n'en tint compte; 
cependant, peu apres, le roi Ferdinand mourut, 
ct ceux de Palerme se revolterent. Cette sedi- 
tion, dont la vision susdite donnait clair presage, 
ne fat apaisee que par les soins de Charles d'Au- 
triche (Charles-Quint) \ 

Calchas, devin de Pantiquite, qui augurait 
des choses sur le vol des oiseaux. 11 prddit 
aux Grecs que le siege deTroiedurerait dix ans, 
el il exigea le sacrifice d'Iphig&rie. Apollon lui 
avaitdonne la connaissance du passe, du present 
ct de Pavenir. II serait curieux de savoir s'il au- 
raitpredit aussi la. prise de la Bastille. Sa des- 
linee etait de mourir lorsqu'il aurait trouve un 
(levin plus sorcier que lui. II mourut en elTet de 
depit, pour n'avoir pas su deviner les enigmes 
deMopsus. Voij. Mopsus. 

Calegueiers. Les plus redoutables d'entre les 
genies chez les Indiens. lis sont de Laille gigan- 
lesque, et habitenl ordinairement le Patala, qui 
est 1'enfer des Indes. 

Calendrier. L'ancien calendrier des paiens 
se rallachait au culte des astres; et presque 
toujours il etait redige par des astrologues.- 

Ce serait peut-6tre ici Poccasion de parler du 
Calendrier des bergers, de P Almanack du bon 
laboureur, du Messager boileux de Bale en Suisse, 

1 Memorie hisloriche dell'apparizione delle croci 
prodigim da Carlo Cola, In-4<\ In Napoli, 1661« 

- TabL de Vinconstancc des mauvais anges, etc., 
h v.I, p. 25. 

Leloyer, Discours et histoire des spectres, p. 272. 



et de cent autres recueils ou Ton voit exacte- 
ment marques les jours oil il fait bon rogner ses 
ongles et prendre medecine ; mais ces details 
meneraient trop loin. Voxj. Almanach 

Cali , reine des demons et sultane de Penfer 
indien. On la represeute tout a fait noire, avec 




u n collier de cranes d'or. On lui offrait autrefois 
des viclimes humaines. 

Calice du Sabbat. On voit dans Pierre De- 
lancre que, lorsque les prelres sorciers disentla 
messe au sabbat, ils se servent d'une hostie et 
cPun calice noirs, et qu'a P&evation ils disent 
ces mots : Corbeau noir! corbcau ^ noirl invo- 
quant le (liable. 

Calice du Soup^on. Voy, Infidi^lit^. 

Caligula. On pretend qu'il fut empoisonnd ou 
assassine par sa femme. Suetone dit qu'il ap- 
parut plusieurs fois apres sa mort, et que sa 
maison fut infestee de monstres et de spectres, 
jusqu'a ce qu'on lui eut rendu les honneurs fu- 
nebres 2 . 

Callo. Voy. Spes. 

Calmet (Dom Auguslin), bdnedictin de la 
congregation de Saint- Vannes, Pun des sa- 
vants les plus laborieux et les plus utiles du 
dernier si ecle, mort en 1757, dans son abbaye 
de Senones. Voltaire m£me mit ces quatre vers 
au bas de son portrait : 

Des oracles sacres que Dieu daigna nous rendro 

Son travail assidu perga ro'bscurile ; 

II fit plus, il les crut avec simplicity. 

Et fut j parses vertus 3 digne de les entendre. 

Nous le citons ici pour sa Dissertation sur les 
apparitions des anges^ des ddmons et des esprits } 
et sur les revenants et vampires de Hongrie, de 
Boh&me, de Moravia et de Silcsie, in-12 , Paris , 

1 Yoyez aussi les Lcgcndes du calendrier. 

2 Delandine, Enfer des peuples anciens, ch. n, 
p, 316. Delancre, YInconsiance des demons, elc M 
liv. VI, p. 461. 



CAL 



— 132 — 



GAM 



i7/|G. La meilleure edition est de 1751; Paris, 
2 vol. in-12. Ge livre est fait avec bonne foi; 
l'atiteur est peut-etre un pea credule; mais il 
rapporLe ce qui est contraire a ses idees avec au- 
tant de candeur que ce qui leur est. favorable, 

Voy. VAMPIRKS. 

Calundronius, pierre magique dont on ne 
designe ni la couleur ni;.la forme, mais qui a la 
vertu d'eloigner les esprats malms, de resister 
aux enchantements, de donner a celui qui la 
porle - l'avantage sur ses ennemis^et de chasser 
l'humeur noire. 

Calvin (Jean), Fun des chefs .de la reforme 
pretendue, ne a Noyon ; en 1509. Ge fanatique, 
qui se vantait, cpmme les aulres protestants, 
d'apporter aux hoipmes 4a liber te d'examen, et 
qui lit bruler Michel ;Servet : , son ami ^ parce qu'il 
differait d' opinion avec.lui. v n J e ! tajit pas seulement 
heretique; on Taccuse encore d'avoir ete.magi- 
cien. « II faisait des prpdiges a 1'aide du diable, 
qui quelquefois ne le seryait pas bien ; car un 
jour il voiilut donner a crqire qu'il ressusciterait 
un homme qui n'etaitpas mort; et, apres qu'il 
eut fait ses conjurations stuvle compere^ iorsqu'il 
lui ordonna de se lever, celui-ci n'en fit rien, et 
on trouva qu'icelui compere dtait mort tout de 
bon , pour avoir voulu jouer cette mauvaise co- 
medie 4 . » Quelques-uns ajoutent que Calvin fut 
etrangle par le diable; il ne l'aurait pas vole* En 
son jeune age, Calvin avait joue la comedie et 
fait des tours d'escamotage 2 . 

Cambions, enfants des demons. Delancre et 
Bodin pensent que les demons incubes peuvent 
s'unir aux demons succubes, et qu'il nait de leur 
commerce des enfants hideux qu'on -nomine cam- 
Mom, lesquels sonfc beaucoup plus pesants que 
les aulres, avalent tout sans etre plus gras, et 
tariraient trois nourrices qu'ils n'en profiteraient 
pas mieux 3 . Luther, qui etait tres-superstitieux, 
dit dans ses Golloques que ces enfants-la ne 
vivent que sept ans; il raconte qu'il en- vit un 
qui criail des qu'on le touchait, et qui ne riait 
que quand il arrivait dans la maison quelque 
chose de sinistre. 

Ma'iole rapporte qu'un mendiant galicien exci- 
tait la pitie publique avec un cambion ; qu'un 
jour un cavalier, voyant ce gueux tres-embar- 
rasse pour passer un fleuve, prit, par com- 
passion , le pelil enfant sur son cheval , mais 
qu'il etait si lourd que le cheval pliail sous 
le poids. Peu de lemps apres, le mendiant 
etant pris, avoua que c'elait un petit demon 
qu'il portait ainsi, et que cet affrenx marmot, 
depuis qu'il le trainait avec lui , avait toujours 

1 Boguet, DiscouYsdes sorciers , ch, xvni. 

2 Yoyez la Idgcndo de Calvin dans les Lcgendes in- 
females, 

3 Delancre, Tableau de Vinconslance des demons, 
Hv. Ill, a la fin. Bodin, Demonomanic, liv. II, 
ch, vn. 



agi de telle sorte que personne ne lui refusait 
l'aumone 4 . 

Cameleon. Democrite, au rapport de Pline, 
avait faiti un livre special sur les superstitions 
auxquelles le cameleon a donne lieu, Un plaideur 
etait sur de gagner son proces s'il portait avec 
lui la langue d'un cameleon arrachee a Fanimal 
pendant qu'il vivait. On faisait tonner et pleuvoir 
en brulant la lete et le gosier d'un cameleon sur 
un feu de bois de chene, ou bien en-rotissant 
son foie sur une luile rouge. Boguet n'a pas 
manque de remarquer cette merveille dans le 
chapitre xxni de ses Discours des sorciers. L'oeil 
droit d'un cameleon vivant arrache- et mis dans 
du lait de chevre formait un cataplasnle qui 
faisait tomber.les taies des yeux. Sa queue ar- 
retait le cours des rivieres. On se^guerissait de 
toute frayeur en portant sur soi sa machoire, etc, 

Des curieux assurent encore que cette espece 
de lezard ne se nourrit que de vent. Mais il est 
constant qu'il mange des insectes ; et comment 
aurait-il un eslomac et tous les organes de la di- 
gestion, s'il n'avait pas besoin de digerer? Com- 
ment encore, s'il ne mange pas, produit-il des 
excrements, dont les anciens faisaient un on- 
guent magique pour nuire a leurs ennemis? La 
couleur du cameleon parait varier continue] le- 
nient , selon la reflexion des rayons du soleil et 
la position ou l'animal se trouve par rapport a 
ceux qui le i^gardent : e'est ce qui l'a fait com- 
parer a 1' homme de cour.-^Delancre dit, d'un 
autre cotd, que le cameleon est rembleme des 
sorciers, et qu'on en trouve toujours dans les 
lieux ou s'est tenu le sabbat. 
■ ■ Camephis , le plus ancien des dieux dc 
1'jSgypte ; il est triple : aieul, pere et fils. 

Camerarius (Joachim), savant allemand du 
seizieme siecle. On recherche son traite Dc la 
nature et des affections des dimons 2 et son Com- 
mentaire sur les divinations V 

Nous indiquerons aussi de Barthelemi Came- 
rario, Beneventin, mort en 156Z|, un livre Sur 
le feu du purgatoire 4 ; les Centuries de Jcan-lto- 
dolphe Camerarius, mddecin allemand du dix- 
septieme siecle, Sur les horoscopes et l* astro* 
logie 5 , et le falras du meme auteur Sur ks 
secrets mcrvcilleitx de la nature 6 . 

Enfin, Elie Camerarius , autre reveur de Tu- 
bingue, a ecrit, en faveur de la magie et des ap* 



1 Boguet, Discours des sorciers > ch, xiv. 

2 De natura el affcclionibus dwmonum Hbri duo. 
Lipsiae, ^76. In- 8°. 

a Commcntarius de generibus dimnatiomm, w 
grmcis lalinisque earumvocabuUs. Lipsia3, \ BTG.In-S". 

4 De purgalorio igne, Romae, ^Ei57. 

5 Jlorarum natalium centuries II pro certituditu 
astrologim* In- 4°. Franc-fort, 1 607 eL 1610. 

c Sylloge mcmorabilium medicina) et mirahiliuw 
natural arcanorum ccniurice XIL In- 4 2. Strasbourg, 
4624. L'odition in-8° dc Tubingue, 4683, est aug- 
mentee et contient vingt centuries. 



GAM 



CAN 



paritions, des livres que nous^ he connaissons 
pas. 

Camisards. T/oi/. DAupniNKi 

Camnuz (Tesprit de). Sigebert rafcorile' dans 
sa chronique les : malices d'un esprit^ frappe'iir 
qui frequenta assez longLcmps Camnuz, pres de ; 
Bingen, faisant divers bruits insolites et jetant 
des pierres sans se monlrer. -II en arriva a de- 
rober divers objets eL a denoncer comme vo- 
leurs ceux a qui il en voulait et chez qui il p'or- 
taitses larcins. 31 mil le feu a des maisons et a 
des reccltes, et vexa le pays assez lohgtemp's. 
On l'entendait paiier sans le voir. C'etait a la Jin 
du seizieme siecle, Enfin , l'eveque de Mayence 
envoy a des exorcistes qui le chasserent. 

Gampanella (Thomas), homme d'esprit,, 
mais de peu de jugement, ne dans mi bourg de 
la Calabre en 1568. Tout jeune il rencontra, dit- 
on,un rabbin qui l'initia dans les secrets de 
lalchimie, et qui lui apprit toutes les sciences 
en quinze jours, au mo yen de FArt Notoire, 
Avec ces connaissances, Campanella , entre dans. 
Torclre des dominicains, se mit a combattre la 
doctrine d'Aristote, alors en grande faveur. 
Ceux qu'il attaqua l'accuserent de magie ; et il 
fnl oblige de s'enfuir de Naples. On s'empara de 
sescahiers. L'inquisition , y trouvant des choses 
rcprehcnsibles, condanina rauteur a la retraite 
dans un couvent. Notez que c'etait rinquisition 
d'tflat, et que la vraie cause qui lui fit iinposer 
le silence dans line sorte de sequestration futune 
juste critique qu'il avait faite, dans son Traiid 
de la monarchic espaqnolc, des torts graves de 
cclle nation, dominee alors par un immense or- 
gueil. 11 sorlit de sa retraite par orclre du papc, 
en 1626, et vint a Paris, ou il inourut cbez les 
jacobins de la rue Saint-Honore, le 21 mai 1639. 
— On a dit qu'il avait predit lepoque de sa 
morl et les gloires du regne de Louis XIV. Nous 
ncciterons de ses ouvrages que ses quatre livres 
sens des choses et de la magie 1 , et ses six 
livres. A'astrologie 2 ; rauteur, qui faisait cas de 
cetlc science , s'cfforce d'accorder les idees as- 
Irologiques avec la doctrine de saint Thomas. 

Campbell (Gilbert). Son histoire. Voy. Es- 

WUTS FIUPPEURS. 

^ Campetti, bydroscope, qui renouvela', a la 
fin du dernier siecle, les merveilles de la ba- 
guette divinatoire. II etait ne dans le Tyrol. Mais 
il a fait moins de bruit que Jacques Aymar. Au 
lieu tie baguette pour decouvrir les sources, les 
|r6sors caches et les traces de vol ou de meurtre, 
il se servait d'un petit pendule forme d'un mor- 
ccau de pyrite, ou de quelque autre substance 

1 De sensu varum et mania, libri IV, etc. In-4°. 
iTflncfort, ^620. 

- AslroJocficorwn libri YL In- 4°. Lyon, 4629. 
! -whlion dc Francfprl, 4 630, est plus rccliorchdc, 
i )arco qu'elle contient un septieme livre intitule De 
m sichrali vitando. ■ t 



metallique suspendue a un fil qu'il tenait a la 
main. Ses epreuves n'ont pas eu de suites. 

Gamuz (Philippe), romancier "espagnol du 
seizieme siecle. On lui atlribue la Vie de Robert 
le Diable*. qui -fait main tenant par tie de la Bi^ 
blibtheque Blene. 

Canate, montagne d'Espagne, fameuse dans 
les anciennes chroniques ; il y avait au pied ime 
caverne oil les mauvais genies faisaierit leur re- 
sidence, et les chevaliers qui s'en approchaient 
etaient surs d'etre enchantes, s'il rie leur arrivait 
pas pis. ' 

Cancer ou TEcrevisse, Pun des signes du 
zodiaque. G'est l'IScrevisse qui piquci Hercule au 
talon pendant qu'il combattait Thydre de Lerne. 
Voy. Horoscopes. 

Candelier, demon invoque dans les litanies 
du sabbat. 

Cang-Hy, dieu des cieux inferieurs , chez les 
Chinois. II a pouvoir devie et de mort. Trois es- 
prits subalternes sont ses ministres : Tankwam, 
qui preside a Fair, dispense la pluie; Tsuikvam, 
qui gouverne la mer et les eaux, envoie les vents 
etles orages; Teikwam, qui preside a la terre, 
surveille 1'agriculture et se melei des batailles. 

Canicida. Voy. Zisuinthe. 

Ganicule, constellation qui doit son nom a 
l'etoile Syrius ou le chien, et qui domine dans le 
temps des grandes 'chaleurs. Les Romains, per- 
suades de la malignite de ses influences, lui sa- 
crifiaient tous les ans un chien roux. Une vieille 
opinion populaire exclut les remfedes pendant cette 
saison , et remet a la nature la gufirison de toutes 
les maladies. C'est aussi une croyance encore 
r^pandue qu'il est dangereux de se baigner pen- 
dant la canicule. 

Canidia, magicienne dont parle Horace; elle 
encbantait et envoutait avec des figures de cire, 
et; par ses conjurations magiques, elle forfait la 
lune a descendre du ciel. 

Ganigou, montagne de France clans le Rous- 
sillon. Elle a aussi sa legende. Gervais de Tilbury 
nous apprend, dans sa chronique» qu'au sommet 
presquo inaccessible de cette montagne il y a un 
lac d'eau noire dont on ne connait pas le fond, 
que les botes de Tenfer ont un palais au fond de 
ce lac, et que si Ion y jette une pierre , les dd- 
mons aussi tot font surgirune tempete qui effraye 
la con tree. 

Canterme , nom que donnaient les anciens a 
certains enchantements et malefices. 

Cantwell (Andrd-Samuel-Michel), mort bi- 
bliothecaire des Invalides le 9 juillet 1802. 11 est 
auteur d'un roman intitule le Chateau d* Albert 
ou le Squeleile ambulant. 1790, 2 vol. in-18. 

Canwyll-Corph, cbandelle du mort ou cban- 
delle de la mort. Superstition du pays de Galles, 
mais bornde , dit-on , au diocese de Saint-David. 

i La vida de Roberto cl Diablo, In-fol. Seville, 
1629. 



CAO 



— 13ft 



CAO 



Les Gallois racontent que saint David, en mou- 
rant, demanda au del une faveur speciale pour 
ses diocesains , et qu'il obtint qu'aucun d'eux ne 
mourrait sans avoir regu d'avance un avis de sa 
fin prochaine. A eel effet une lumiere, qu'on ap- 
pelle chandelle de la mort, sort de ja maison 
dont un habitant doit mourir, se dirige vers 3e 
cimeliere et s'evanouit a la place que doit occuper 
le futur defunt; mais comme celte merveille a 
lieu la nuit, il est rare qu'on la voie. 

Caous. Les Orientaux donnent ce nom a des 
genies malfaisants qui habitent les cavernes du 
Caucase. 

Capnomancie , divination par la fumee. Les 
anciens en faisaient sou vent usage : on brulait 
de la verveine et d'autres plantes sacrees : on 
observait fa fumee de ce feu, les figures et la di- 
rection qu'elleprenait, pour en tirer des presages. 
On distinguait deux sorles de capnomancie : Tune 
qui se pratiquait en jetant sur des charhons ar- 
dents des grains de jasmin on de pavot, et en 
observant la fumee qui en sortait; Paulre, qui 
eLait la plus usitee, se pratiquait par la melhode 
que nous avons indiquee d'abord. Elle consistait 
aussi a examiner la fumee des sacrifices. Quand 
cette fumee etait legere et peu epaisse, c'etait 
bon augure. On respirait meme cette fumee ; et 
Ton pensait qu' elle donnait des inspirations. 

Gappautas, grosse pierre brute qui, dans les 
croyances populaires , gudrissait de la frenesie 
ceux qui allaient s'y asseoir; elle se trouvait a 
trois stades de Gy theum en Laconie. ' 

Gaperon, doyen de Saint-Maixant. II publia, 
dans le Mercure de 1726, une lettre sur les fausses 
apparitions; Lenglet-Dufresnoy I'a reimprimee 
dans son recueil. 11 montre peu de credulile et 
combat les fausses apparitions avec des raisons 
assez bonnes. II conLe qu'unjour il fut consults 
sur une femme qui disait voir cbaque jour , a 
midi, un esprit en figure d'homme, v6tu.de gris, 
avec des boutons jaunes, lequel la mallraitait 
fort, lui donnant meme de grands soufilets ; ce 
qui paraissait d'autant plus certain qu'une voi- 
sine protestait qu'ayant mis sa main contre la 
joue de cetle femme dans le temps qu'elle se di- 
sait maltraitee, elle avait senti ' quelque chose 
^invisible qui la repoussaii. Ayant recoimu que 
cette femme tStait fort sanguine , Gapperon con- 
clut qu'il fallaitlui faire une saignee, avec la pre- 
caution de lui en cacher le motif; ce qui ayant 
6l6 execute , Tappariti on s'evanouit. 

Tous les traits qu'il rapporte et tous ses rai- 
sonnements prouvent que les vapeurs ou l'ima- 
gination troublee sont la cause de beaucoup de 
visions. II admet les visions rapportdes dans les 
livres saints ; mais il repousse les aulres un peu 
trop g<5n6ralement. II parle encore d'une autre 
femme a qui un esprit venait tirer toutes les nuils 
la couverture. II lui donna de l'eau, en lui disant 
d'en asperger son lit, el ajoutant que cetle eau, 



particulierement benite contre les revenants , la 
delivrerait de sa vision. Ge n'etail que de Peau 
ordinaire; mais rimagination.de la vieille femme 
se rassura par ce petit stralageme, qu'elle ne 
soupQonnait pas, et elle ne vit. plus rien. Voyez 
Hallucinations. 

Capricorne. L'un des signes du zodiaque. 
C'est Pan , qui, a Passaut des Titans, eut peur et 
se changea en bouc. Vojj. Horoscopes. 

Capucin. Ge sont les protestants qui ont mis 
a la mode ce stupide axiome superstitieux que 
la rencontre d'un capucin etait un mauvais pre- 




sage; Un jour que Pabbe de Voisenon etait alio a 
la cbasse sur un terrain tres-gihoyeux, il apergut 
un capucin. Des ce moment il ne lira plus un coup 
juste, et comme on se moquait de lui : « Vrai- 
ment, messieurs, dit-il, vousenparlez fort avotre 
aise; vous u'avez pas rericontrd un capucin » 
Caqueux ou Cacoux. Les cordiers, nommes 
caqucux on cacoux , en Bretagne , sont relegues 
dans certains cantons du pays comme desespuces. 
de parias ; on les civile ; ils inspirent mfime de 
l'horreur, parce qu'iis font des cordes, autrefois 
instruments de inort et d'esclavage. Ils ne s'al- 
liaient jadis qu'entre eux, et Pentree des eglises 
leur etait interdite. Ce pr<5jug6 commence a se 
dissiper ; cependant ils passent encore pour sor- 
ciers. Ils profitent do ce renom ; ils vendent des 
talismans qui rendent invulnerable , des sachets 
a Paide desquels on est invincible a la lutte ; ils 
prMisent Pavenir; on croit aussi qulls jeltent dc 
mauvais vents. On les disait, au quinzieme siecle, 
Juifs d'origine, et s^pares par la Ifepre du reste 
des hommes. Le due de Bretagne, Frangois II, 
leur avait eiijoint de porter une marque de drap 
rouge sur un endroit apparent de leur robe. On 
a conte que le vendredi saint tous les caqueux 
versent du sang par le nombril. Ndarimoins on 
ne fuit plus devant les cordiers ; mais on ne s'allie 
pas encore aisement avec leurs families 2 . N'esl- 
cepas ici la m6me origine que celle des cagots? 
Voy> ce mot. 

* M. Salgties, Des erreurs et des prejuges, etc, 
t. I, p. 509. 

2 Cambry, Voyage dans le Finislcrc, (, III, p. ^ 
t. I, etc. 



CAR 



— 185 — 



CAR 



* Carabia on Decarabia, demon pea connu, 
quoiqu'il- jo.uisse d'un grand pouvoir au sombre 
empire. Jl est roi d'une partie de P enter, etcomte 
d'une autre province considerable. Use presente, 
comme Buer, sous ]a figure d'une etoile a cinq 
rayons. II connaSt les vertus des planles et des 
pierres precieuses ; . il domine sur les oiseaux, 
qu'il rend familiers. Trent© legions sont a ses 
ordres *. ■ 

Caracalla. L'empereur Caracalla venait d'etre 
tue par un soldat. Au moment oil Ton n'en savait 
encore rien a Rome , on Vit un demon on forme 
luimaine qui menait un ane, tantot au Capitole, 
lantot au palais de l'empereur, en disant-tout 
haut qu'il cherchait un maitre. On lui demanda 
sice n'etait pas Caracalla qu'il cherchait? II re- 
pundit que celui-la etait mort, Sur qnoi il fut pris 
pour fitre envoye a l'empereur , et il dit ces mots : 
« Je m'en vais done, "puisqu'it le -faut, non a 
l'empereur que vous pensez , mais a un autre ; » 
clla-dessus on le conduisit de.Rome a Capoue, 
ou il disparul; sans qu'on ait jamais su ce qu'il 
devint 2 , 

Caracteres. La plupart des talismans doivent 
leurs vertus a des caracteres mysterieux que les 
anciens rcgardaient comme de stirs preservatifs. 
Lefameux anneau qui soumit les genies a lavo- 
lonle de Salomon devait toute sa force a des ca- 
racteres cabalistiques. Origene condamnait chez 
quelques-uns des premiers Chretiens Pusage de 
certaines plaques de cuivre ou d'etain chargees 
de caracteres qu'il appelle des restes de Pido- 
lutrie. U Enchiridion, attribue stupidementau pape 
Lrion HI r le Dragon rouge, les Gtavicules dc Salo- 
mon, indiquent dans' tous leurs secrets magiques 
des caracteres incomprehensibles, traces dans 
des triangles ou dans des ccrcles, comme des 
moyens puissants et certains pour revocation des 
cspriis. 

Souvent aussi des sorciers se sont servis de 
pnpiers sur lesquelsils avaienlecrit avec du sang 
des caracteres indechiflrables ; et ces pieces, pro- 
duces dans les procedures, ont etc admises en 
prcuves de malefices jetes. Nous avons dit quel 
etait le pouvoir des mots agla, abracadabra, etc. 

JAL1SMANS. - 

* Wierus, in Pscudomonarchia dmmon. 

- Lcloyer, Hisloire et discours des spectres, liv. Ill, 

cl). XVI, ' 



Caradoc (Saint) , patron de Donzy en Niver- 
nais, sous le nom de saint Garadeu. Comme d'au- 
tres saints, il fut obsede par le diable; mais sa 
vertu etait si vive que le diable ne put rien 
contre lui. 

Cardan (Jerome), medecin astrologue et vi- 
sionnaire, ne a Pavie en 1501, mort a Rome en 
1576. 11 lions a laisse une hisloire de sa vie, ou 
il avoue sans pudeur tout ce qui peut tourner a 
sa honte. II se crea beaucoup d'ennenris par ses 
moeurs; du reste, ce fut un des homines habiles 
de son temps. II fit faire des pas aux mathema- 
tiques , et il parait qu'il etait savant medecin ; 
mais il avait une imagination presque to u jours 
delirante, et on Pa souvent excuse en disant qu'il 
etait fou. II rapporte, dans le livre De vita pro- 
pria, que quand la nature ne lui faisait pas sentir 
quelque douleur, il s'en procurait lui-meine en 
se mordant les levres, otien se tiraillant les doigts 
jusqu'a ce qu'il en pfeurat, parce que s'il lui ar- 
rivait d'etre sans douleur, il ressentait des saillies 
et des impetuosites si violentesqu'elles luietaient 
plus insupportables que la douleur meme. D'ail- 
leurs, il aimait le mal physique a cause duplaisir 
qu'il eprouvait ensuite quand ce inal cessait. 

II dit , dans le livre VIII de la Varttle des choses, 
qu'il tombait en extase quand il voulait, et qu'alors 
son ame voyageait hors de son corps, qui de- 
meurait impassible et comme inanime. — 11 pre- 
tendait avoir deux ames, l'une qui le portait au 
bien et a la science, l'autre qui Pentrainait au 
mal el a Pabrutissement. II assure que, clans sa 
jeunesse, il voyait clair au milieu des tenures ; 
que Page affaiblit en lui cetle faculte : que cepen- 
dant, quoique vieux, il voyait encore en Sicil- 
ian t au milieu, de la nuit, mais moins parfaitement 
que dans son age tendre. II avait cela de commun, 
disait-il, avec l'empereur Tibere : il aurait pu 
dire aussi avec les hiboux. 

II donnait dans l'alchimie, et on reconnait dans 
ses ouvrages qu'il croyait a la cabale et qu'il 
faisait grand cas des secrets cabalistiques. II dit 
quelque part que, dans la nuit du 13. au \l\ aout 
1/(91 , sept demons ou esprits elementaires de 
haute stature apparurent a Fazio Cardan, son 
pere (presque aussi fou que lui), ayant Pair de 
gens de quaranle ans, vetus de soie, avec des 
capes a la grecque, des chaussures rouges et des 
pourpoints cramoisis; qu'ils se dirent hommes 
aeriens, assurant qu'ils naissaient et mouraient; 
qu'ils vivaient trois cents ans ; qu'ils approchaient 
beaucoup plus de la nature divine que les habi- 
tants de la terre; mais qu'il y avait neanmoins 
entre euxet Dieu une distance infinie. Ces hommes 
aeriens etaientsans doute des sylphes. 

II se vantait, comme So crate, cPavoirun ddmon 
familier, qu'il plaQaitenlre les substances humaines 
et la nature divine, et qui se communiquait a lui 
par les songes. Ce demon etait encore un esprit 
61ementaire; car, dans le dialogue intituld Telim, 



CAR 



136 — 



GAR 



et dans le traite De libris propriis , il dit que son 
demon familier tient de la nature* de Mercure et 
de celle de Saturne. On sent bien qu'il s'agit id 
des planetes, II avoue ensuite qu'il doit tous ses 
talents, sa vaste erudition et ses plus heureuses 
idees a son demon. Tons ses panegyristes ont fait 
la part de son demon familier, ce qu'il est boh 
de remarquer pour Thonneur des esprits. Gardan 
assurait aussi que son pere avait ete servi trente 
ans par un esprit familier. - 

Com me ses cOnnaissarices en astrologie etaient 
grandes, ii predit a Edouard VI , roi d'Angleterre, 
plus de cinquante ans de regne, d'apres les -regies 
de Tart. Mais par malheur Edouard VI mourut a 
seize aris. Ces m£mes regies lui avaient fait voir 
clairement qu'il ne vivrait que quarante-cinq ans. 
II regla sa fortune en consequence, ce qui Tin- 
commoda fort le reste de sa vie. Quand il dut 
avouer qu'il s'etait trompe dans ses calculs * il re- 
fit son theme, et trouva qu'au moins il ne passe- 
rait pas la soixanteKpinzieme annee; La nature 
s'obstina encore a dementir Fastrologie. Alors,, 
pour soutenir sa reputation, et ne pas supporter 
davantage la libnte d'un dementi (car il pensail 
que Tart est infaillible et cjue lui seul avait pu se 
Lromper), oh assure que GardaiV se laissa mourir 
de faim. 

« De tous les dvjsnements annonces par les as- 
trologues, je n'en trouve qu'un.seul qui soil r<§fcl- 
lement arrive teL qu'il avait ete pnSvii, dit un 
<5crivain du dernier sifecfc 1 , c ? est la mort de 
Cardan, qu'il avait liii-meme predite etfixeea 
un jour marque. Ce grand jourarriva : Cardan se 
portait bien ; mais il fallait mourir ou avouer I'in- 
sufiisance et la vanite de son art; il ne balanga 
pas;.et, se sacrifiant a la gloire des astres, il se 
tua lui-meme ; il n'avait pas explique s'il peri- 
rait par une maladie ou par un suicide. » 

II faut rappeler, parmi les extravagances astro- 
logiques de Cardan, qu'il avait dfesse l'horoscope 
de 'Notre-Seigneur J6sus-Ghrist : il le publia en 
Italie et en France. II trouvait dans la conjonc- 
tion de. Mars avec la lune au signe de la Balance 
le genre de mort de THomme-Dieu ; et il voyait 
le mahometisme dans la rencontre de Saturne 
avec le Sagitlaire , a 1'dpoque de la naissance du 
Sauveur. 

En somme, Jerome Cardan fut un homme su- 
perstitieux > qui avait plus d'imagination que de 
jugement. Ce qui est bizarre, c'est que, croyant 
a tout, il crpyait mal aux seules merveilles vraies, 
celles que Vfiglise admet. On le poursuivit a la 
fois comme magicien et comme impie. Delancre 
dit qu'il avait <§te bien instruit en la magie par 
son pere, lequel avait eu trente ans un demon 
enferme dans une cassette , et discourait avec ce 
demon sur toutes ses affaires 2 . On trouve done 



1 Essai sur les superstitions j par M. L. C. In-12. 
a L'incredulite et mecreance, etc., traite I, p. 43, 
etc.* 



des choses bizarres dans presque tous ses ou- 
vrages, qui ont ete recueillis en dix volumes in- 
folio,- prineipalement dans le livre de la VarUu 
des chdses } de la SuhtiUU des demons, etc., el 
dans son Traite des songes 4 . Voy. Mistoposcopie 
et Onguents. • ' • 

Carenus (Alexandre) , auteur d'un Traite des 
songes 2 publie a Padoue en 1575. 

Carlostad (Andre Bodenstein de), archidiacre 
de Wurtemberg, d'abord partisan., ensuite en- 
nemi de Luther , mais toujpurs dissident comme 
lui. Le jour ou il pronon<ja son dernier preche, 
un grand homme noir , a la figure trisle et : de- 
composee, monta derriere lui Fes'calier de la 
chaire et luiannonga qu'il irait le voir dans trois 




jours. D'autres: disent que rhomme noir se tint 
ensuite devant lui le regardant d'un'ceil fixe, a 
quelques pas de la chaire et parmi les auditeuvs, 
Carlostad. so. troubla; il depechason preche, et, 
au sortir de la chaire, il demanda si Ton con- 
naissait rhomme noir qui en ce moment sortait 
du, temple. Mais personne que lui ne l'avait vu.— 
Cependantle meme fantome noir (Stait alle a la 
maison de Carlostad et avait dit au plus jeune de 
ses ills : « Souviens-toi d'averlir ton pere que je 
reviendrai dans trois jours, et qu'il se lienne 
pret. » Quand l'archidiacre rentra , son fils lui 
raconta cette autre circonstance. Carlostad epou* 
vante se mitau lit, et trois jours apres, le 25 <M- 
cembre 15/ii, qui etait la fete de Noel, on le 
trouva mort, lecou tordu. L'evenement eut lieu 
a Bale 3 . ^ 

Garmentes, deesses tutelaires des enfants chez 
les anciens. Elles ont dte remplacees par nos 
fdes ; elles presidaient a la naissance, chantaient 
l'horoscope du nouveau-ne, lui faisaient un don, 
comme les fees en Brelagne, et recevaient de 
petits presents de la part des meres. Elles ne se 

1 Hieronymus Cardanus , De somniis. Bale, ^ 585, 
in- 4°. < 

2 Alex. Carenus, De somniis, in-4°. Palavii, j lo75. 

3 Cette anecdote se trouve encore dans les ccrils 
dc Luther, et dans un livre du dernier sicclc, inti- 
tuled : La Babijlone demasquee } ou Entreliens de deu$ 
dames hoUandaises sur la religion catholique ro- 
maim, clc, p. 226, edition dc Pepie, rue Saint- 
Jacques, a Paris, 1727. — Voyez la ldgendc de 
Carlostad dans les IJgendes infernales. 



GAR 



— 137 — 



GAR 



montraient pas ; cependant on leur servait a diner 
dans une chambre isolee pendant les couches. 

On donnait aussi, chez les Romains, le nom de 
camcntes ou (cltarmeuses) aux devineresses cele- 
bres; et Tune des plus fameuses proph<§tesses-de. 
I'Arcadie s'est noinmee Garmenlia. On l'a mise 
dans le ci-devant Olympe. 
Cam aval. Voy. -Mascarades. 
Carniveau , demon invoque dans les litanies 
du sabba't. 
Carnoet. Voy. Thou du chateau. 
Carnus, devin d'Acarnanie, qui, ayantpredit 
de grands malheurs sous Ie regne de Godrus, fut 
tue a coups de fleches comme magicien. Apollon 
envoya la peste pour vengSr sa mort 

Caron. La fable du toeliei; des enfers vint, 
dil-on, de Memphis , en ; ,Grece(: Fils de l'Erebe 
elde la Nuit, il traversal!; te'Cocyte et l?Acheron 
dans une barque etroite". vieux et avare,Vil ri'y . 
recevaitque les ombres- de eeux qni ayaient regu 
la sepulture et qui lui li^^ifetti passage. Nul 
morlel pendant sa*$e';'ne^ 
moins qu'un r a mean (Tor corisacre a Proserpine 
ne lui servit de sauf-condnit; et le pieux l5nee 
eul besoin que la sibyl le lui fit.present.de cette 
passe lorsquil voulut penetrer dans le royaume 
de PliUon. Long temps avant le passage de ce 
prince, le nocher infernal avait ete exile pendant 
un an dans un lieu obscur du Tarlare, pour avoir 
recu dans son bateau Hercule, qui ne s'elait pas 
muni du ram'eau. 

Mahomet, dans le Aotvm, chap. 28, a con- 
fondu Garon avec Gore que la terre engloutit 
lorsqu'il ouLrageait Moise. L'Arabe Mutardi, dans 
son ouvrage sur l'figypte , fait de Garon un oncle 
du legislateur des Hebreux, et comme il souLint 
lou jours son iieveu avec zele, ce dernier lui ap- 
pril l'alchimie et le secret du grand oeuvre, au 
moyen duquel il amassa d£s sdmmes immenses. 
Hien ici n'est conforme aux sain les ICcrilures. 

Selon ilerodote, Garon , d'abord simple pretre 
deVulcain, usurpalesouverainpouvoiren Egypte. 
bevenu roi, il imposa sur les inhumations un gros 
iribuL; el de Tor qu'il en tira il fit batir le cdlebre 
labyrinlhe d'figypte. 

Garpentier (Richard), benediclin anglais du 
dix-septieme siecle. On recherche de lui : 1° la 
Ruine de VAntechrist, in-8% "1648 ; 2° Preuves que 
I'aslrologie est innoccnle, utile et precise, in-/|°, 
Londres, 1653. II a publid une autre singularity 
inlilulec a la Lot parfaile dcDieu, sermon qui 
n est pas sermon , qui a etc prechd et n'a pas etd 
prcche,m2 ». 

Carpocratiens , heresiarques du deuxieme 
siecle qui reconnaissaienl pour chef Garpocrate, 
professeur de magie, selon Fexpression de saint 
InSntfc, Us conlaient que les anges venaient de 
Mcu par une suite de generations infinies, que 
lesdits anges s'dtaient avises un jour de cr<5er le 
monde et les ames , lesquelles n'&aient unies a 



des corps que parce qu'elles avaient oublie Dieu. 
Garpocrate pretendait que tout ce que nous ap- 
prenons n'est que reminiscence. Il.regardait les 
anges comme nous les demons ; il les disait en- 
nemis ,de l'homnie, et croyait leur plaire en se 
livrant a toutes ses passions et aux: plaisirs les 
plus honteux. Ses disciples cullivaient la magie, 
faisaient des enchantements et avaient des secrets 
merveilleux. lis marquaient leurs .sectateurs a 
roreille et commettaient beaucoup d'abomina- 
tions. Gette secte ne subsisla pas longtemps. 

Carra (Jean -Louis) , aventurier du dernier 
siecle, qui sefit girondin,et fut guillotine en 1793. 
II a laisse entre autres ouvrages un Examen phy- 
sique du magnetisme animal, in-8°, 1785. 

Garreau, demon invoque comme prince des 
puissances dans les litanies du sabbaL 

Carrefours, lieux ou qualre chemins abou- 
tissent. G'esfc ;ai1x>eari;efours que les sorciers.se 
reunissent ordinairement pourfaire le sabbat. On 
montre encore., dansiglusieurs provinces, quel- 
ques-uns de ces carrefo urs red o u les , au mill eu 
desquels eLaient. places des poLeaux que les Bor- 
ders- ou les demons entouraient de lanternes ^ 
pendant la fete nocturne. On fait remarquer aussi 
sur le sol un large rood ou les demons dansaient; 
et Ton pretend que Hierbe ne pent y croitre. G'est 
aussi dans un carrefour que Ton tue la poule 
noire pour evoquer le diable. 

Cartagra, regiondu pnrgatoire. Voy. Gamygyn. 

-Cartes. Voy. Cautomancie. Mais, outre Tart de 
tirer les cartes, qui est exposd plus has, on pra- 
tique avec ce jeu d 1 autres divinations. Les jour- 
naux de Janvier 1862 contenaient a ce sujet 
une anecdote que nous croyons devoir repro- 
duce : . - 

« Le 6 janvier, jour des Rois, trois jeunes gens, 
deux freres eL un de leurs amis, jouaient, le soir, 
aux cartes au coin du feu, dans la ma i son de Tun 
d'eux, a Pignicourt (Aisne). Apres quelques par- 
ties, il vint a un des joueurs la bizarre fantaisie 
d'inLerroger le sort par la voie des cartes, eL de 
jouer a l'6carte elan dernier restant quel serait 
celui des trois qui mourrait le premier. Le plus 
jeune s'opposait vivement a ce que -Ton "ten tat 
ainsi le hasard; mais, malgre lui , les deux aulres 
s^attablerent et commencerenL leur jeu de mort. 
La premiere parti e fut perdue par le plus ag6, 
qui est mort le 16 fevrier. Le plus jeune, celui 
qui avait d'abord refuse de jouer, perdit la se- 
conde et mourut dix jours apres son frere , c'esl-a- 
dire le 26 fevrier. Le dernier restant a l'ecarte, 
celui qui aurait du, ce semble, survivre, frappe 
peut-elre plus vivement que les autres de la fa- 
tale prediction, est mort le premier de tous, le 
26 janvier. lis etaient ages de vingt, vingt-huit 
et trente-troisans. (Journal de V Aisne.) 

Carticeya, divinite indienne qui commaiide 
les armees des genies et des anges; elle a six 
faces ; une multitude d'yeux et un grand nombre de 



CAR 



— 138 — 



CAR 



bras armes de massues, de sabres et de Heches. 
Elle se prelasse a cheval sur un paon. 

Cartomahcie , divination par les cartes, plus 
connue sous le nom d'art de liver les carles. On 
diL que les cartes ont etc in ventres pour amuser 
la folie de Charles VI; mais AllieLte,, qui ecrivit 
sous le nom d'Eltcilla , nous assure que la carto- 
mancie , qui est 1' art de Lirer les cartes , est bien 
plusaneienne. 11 fait remonler cetle divination au 
jeu des batons d'Alpha (nom d'un Grec fameux 
exile en Espagne , dil-il). II ajoute qu'on a depuis 



perfection ne cetle science merveilleuse. On s'esl 
servi de lahleltes peintes; et quand Jacquemin 
Gringoneur offril les cartes au roi Charles le Bien- 
Aime , il n'avait eu que la peine de transporter 
surdes cartons ce qui etait connu des plushabiles 
devins sur des planchelles. 11 est facheux que 
cetle assertion ne soit appuyee d'aucune preuve. 

Cependant les carles a joner sont plus ancienncs 
que Charles VI. Boissonade a remarque que le 
petit Jehan de Sain Ire ne fut honore de la faveur 
de Charles V que parce qu'il ne jouail ni aux 




cartes ni aux des. II fallait bien aussi qu'ellesfus- 
sent connues en Espagne lorsque Alphonse XI les 
prohiba en 1332, dans les statuls de l'ordre de 
la Bancle. Quoi qu'il en soil, les cartes, d'abord 
lolerees, furent ensuite condamnees; et c'estune 
opinion encore subsistante dans 1'espril de quel- 
ques personnes que qui tient les carles tienl le 
cliable. C'esl sou vent vrai , au figure. « Ceux qui 
font des tours de cartes sonl sorciersle plus sou- 
vent, » dit BogueL 11 cile un comte ilalien qui 
vous meltait en main un dix de pique, et vous 
Irouyiez que c'etail un roi de coeur J . Que pen- 
serail-il des prestidigilaleurs actuels? 

II n'est pas besoin de dire qu'on a trouve Lout 
dans les carles , hisloire, sabeismc , sorcellerie. 
II y a menie eu des docles qui ont vu loute l'al- 
chimie dans les figures ; et certains cabalislesont 
pr6lendu yreconnailre les esprits desquatre ele- 
ments. Les carreaux sont les salamandres, les 
cocurs sont les sylphes, les Lrefles les ondins, eL 
les piques les gnomes. 

Arrivons a 1'art de Lirer les carles. On se serl 
presque loujours, pour la cartomancie, d'un jeu 
do piquet de trente-deux carles, oil les figures 
n'ont qu'une leuv Les coeurs eL les lrefles sont 
gdneralement boos eL heureux; les carreaux et 
les piques, generalement mauvais et malheureux. 
Les figures en coeur et en carreau annoncenl des 
personnes blondes ou chalain-blond; les figures 
en pique ou en Lrelle annoncent des personnes 
brunes ou chalain-brun, Voici ce que sign i fie 
chaque carte : Les bnil coeurs. — Le roi de coeur 
est un homme honorable qui cherche a vous faire 
du'bien ; s'il est renverse, il sera arrete dans ses 

1 Discours des sorcier$> ch. liii. 



-lovales intentions. La dame decoeur.est unefemmc 
honnete et genereuse de qui vous pouvez at- 
tendre des services; si elle est renversee, c'est 
le presage d'un retard dans vos esperances. Le 
valet de coeur est un brave jeune homme , sou- 
vent un mililaire , qui doit en trer dans voire fa- 
mine et cherche a vous elre utile; il en sera em- 
peche s'il est renverse. L'as de coeur annonce 
une nouvelle agreable;.il represente un feslinou 
un repas d'amis quand il se trouve enloure tie 
figures. Le dix de cceur est une surprise qui fora 
grand e joie ; le neuf promel une reconciliation, 
il resserre les liens en Ire les personnes qu'on 
veut brouillcr. Le huit prornet de la satisfaction 
cle la part des etifanls. Le sept annonce un bun 
mariage. 

Les huit carreaux. — Le roi de carreau est im 
homme assez important qui pense a vous nuire, 
et qui vous nuira s'il est renverse. La dame est 
une mechanic femme qui dit du mal de vous, et 
qui vous fera du mal si elle est renversee. Lc 
valet de carreau est un mililaire ou un messagcr 
qui vous apporte des nouvelles desagreablcs ; et 
s'il est renverse, des nouvelles facheuses. L'as 
de carreau annonce une lettre ; ledix de carreau, 
un voyage necessaire et imprevu; le neuf, mi 
retard d'argent; le huit, des demarches qui sm- 
prendrontde la pari d'un jeune homme; le sept, 
un gain de lolerie; s'il se trouve avec l'as de 
carreau , assez bonnes nouvelles. 

Les huit piques. — Le roi represente un com- 
missaire, un juge, un homme de robe avec qui 
on aura des disgraces; s'il esL renverse, perte- 
d'un proces. La dame est une veuve qui cherclic 
a vous tromper : si elle est renversee , elle vous 



GAR 



— 139 — 



GAR 



trompera. Le valet est un jeune homme qui vous 
caiisera des desagrements; s'il est renverse, pre- 
sage de trahison. L'as, grande tristesse; ie dix, 
einprisonnement ; le neuf, retard dansles affaires; 
le.lmit, mauvaise "nouvelie; s'il est suivi da sept 
de carreau, pleurs et discordes. Le sept, que- 
relles et tourments, a moins qu'il ne soit accom- 
pagne de cceurs. . 

Les huit treiles. — Le roi est un homme juste, 
qui vous rendra service; s'il est renverse, ses in- 
tentions honnetes eprouveront du retard. La dame 
est une femme qui vous aime; line femme ja- 
louse, si elle est renversee. Le valet promet un 
manage, qui tie se fera pas sans embarras preli- 
minaires, s*il est renverse. L'as, gain, profit, ar- 
gent a recevoir ; le dix , succes ; s'il est suivi du 
neuf de carreau, retard d'argent; perte s'il se 
trouve a cote du neuf de pique. Le neuf , reus- 
site; le huit, esperances fbndees: le sept, fai- 
blesse, et s'il est suivi d'un neuf, heritage. 

Qualre i:ois de ; suite, honneurs; trois de suite, 
succes dans le commerce; deux rois de suite, 
bons conseils. Quatre dames de suite, grands ca- 
quets; trois dames de suite, tromperies ; deux 
dames de suite, amilie, Quatre valets de suite, 
maladie contagieuse; trois valets de' suite , pa- 
resse; deux valets de suite, dispute. Quatre as 
de suite, une morL; trois as de suite, libertinage ; 
deux as de suite, inimitie. Quatre dix de suite, 
evenements desagrdables ; trois dix de suite, chan- 
gcment d'etat; deux dix de suite, perte. Quatre 
neuf de suite, bonnes actions ; trois neuf de suite, 
imprudence; deux neuf.de suite, argent. Qualre 
huit de suite, revers; trois huit de suite, ma- 
nage; deux huit de suite, desagrements. Qualre 
septde suite, intrigues; trois sept de suite, di- 
vertissements; deux septde sniLe, petites nou- 
velles, 

II yaplusieurs mariieres de lirer les carles. La 
plus sure melhode est deles.lirer par sept, comine 
il suit : Apres avoir mele le jeu, on le fait couper 
de la main gauche par la personne pour qui on 
opere ; on compte les cartes de sept en sept, met- 
toni de cote la seplieme de chaque paquet. On 
repete 1'operation jusqu'a ce qu'on ait produit 
douze cartes. Vous etendez ces douze carles sur 
la table les unes a cote des autres, selon l'ordre 
dans lequel elles sonL venues; ensuite vous cher- 
chez ce qu'elles signifient , d'apres la valeur et la 
position de chaque carte, ainsi qu'on l'a explique. 
Mais avaiit de Lirer les cartes, il ne faut pas ou- 
tlier de voir si la personne pour laquelle on les 
tiro est sortie du jeu. On prend ordinairemenl le 
roi de cceur pour un homme blond marie ; le roi 
< de trefle pour un homme hrun marie ; la dame de 
camr pour une dame ou une demoiselle blonde ; 
la dame de trefle pour une dame ou une demoi- 
selle brune ; le valet de cceur pour un jeune homme 
blond; le valet de trefle pour un jeune homme 
brim. — Si la carte qui represente la personne 



pour qui on opere ne se trouve pas dans les douze 
cartes que le hasard vientd'amener, on la cherche 
dans le reste du jeu, et on la place sim piemen t a 
la fin des douze cartes sorties. Si , aii contraire, 
elle s'y trouve, on fait tirer a la personne pour 
qui on travaille (ou Ton tire soi-meme si e'est 
pour soi que Ton consul te) une treizieme carte a 
jeu ouvert. On la place pareillement a la fin des 
douze cartes' etalees, parce qu'il est reconnu qu'il 
faut treize cartes. Alors, on explique sommaire- 
ment l'ensemble du jeii. Ensuite, en partant de 
la carte qui represente la personne pour qui on 
interrogele sort, on compte septet on s'arrele; on 
interprete la valeur intrins&que et relative de la 
carte sur laquelle on fail station; on compte sept 
de nouveau , et de nouveau on explique, parcou- 
rant ainsi tout le jeu- a, pi usieurs. rep rises jusqu'a 
ce qu'on revienne precisement a la carte de la- 
quelle on est parti.. On ; doit deja avoir vu bien 
des choses. 11 reste cependant une Operation im- 
porlante. On releve les treize cartes , on les mele, 
on fait a nouveau couper de la main gauche. 
Apres quoi on dispose les cartes a couvert sur dix' 
paquets : 1° pour la personne; 2" pour la maison 
ouson interieur ; 3° pourcequ'elle attend; &° pour 
cequ'ellen'altendpas; 5°poursa surprise; 6°pour 
sa consolation ou sa pensee. — Les six premieres 
cartes ainsi rangees sur la table, il en reste sept 
dans la main. On fait un second tour, mais on ne 
met une carte que sur chacun des cinq premiers 
paquets. Au Iroisieme tour, on pose les deux der- 
nieres cartes sur les numeros l et 2. Ondecouvre 
ensuite successivement chaque paquet , et on 
l'explique en commencanl par le premier, qui a 
trois carles ainsi que le deuxieme, en linissant 
par le dernier qui n'en a qu'une. ^-Voila touL en- 
tier l'arl de lirer les carles ; )es melhodes va- 
rient ainsi que la valeur des carles^ auxquelles on 
donne dans les livres sp<5cjaux des sens ires-di- 
vers et tres-arhitraires; mais les resullals ne va- 
rient pas. 

Nous lerminerons en indiquant la maniere de 
faire ce qu'on appellela reussite. — Prenezega- 
lemenL un jeu de piquet de trente-deux cartes. 
Faites huit paquets a couvert de quatre cartes 
chacun, et les rangez sur la table; retournez la 
premiere carte' de chaque paquet; prenez les 
cartes de la meme valeur deux par deux , comme 
deux dix, deux rois, deux as, etc. , .en relour- 
nant toujours a decouverl sur chaque paquet la 
carle qui suit celle que vous enlevez. Pour que 
la reussite soit assuree, il faut que vous reliriez 
de la sorle toutes les cartes du jeu , deux par 
deux, jusqu'aux dernieres. — On fail ces r6us- 
siles pour savoir si un projct ou une affaire aura 
du succes , ou si une chose dont on doute a eu 
lieu. 

Allietle, sous le nom d'Etteilla, a public un 
long traile sur cetle matiere. Citons encore l'O- 
racle par/ait, ou nouvelie maniere de tirer les 



GAS 



— 17|0 — 



GAS 



cartes, au moyen de laquelle ehacun pent faire 
son horoscope* In-12, Paris, 1802. Ce petit livre, 
de 92 pages , est dedie au beau sexe par Albert 
d*Alby. L'editeur est M. de Yalembert', qui fait 
observer que V Oracle parfait devait paraitre en 
1788; que- la censure Parreta, et qii'on n'a pu 
qu'en 1802 en . gra tifier le public. La me Ihode de 
ce Jivre est embrouillee ; Fauleur v.eut qu'on em- 
ploye vingt cartes disposees en cinq tas , de cette 
maniere : un au milieu , un au-dessus , un au- 
dessous , et un de ehaque cole ; ce qui fait une 
croix. Les cartes d'en haut signifient ce qui doit 
arriver bientot, Ies: cartes de droite ce qui ar- 
rivera dans un temps plus :eloigne; les 1 caries 
d'en bas sont pour le passe ; les ; cartes de gau- 
che pour les- obstacles; les carles du milieu 
pour le present. On explique ensuite d'apres les 
principes. 

Mais e'en est assez sur la cartomancie. Nous 
n'avons voulu rien laisser ignorer du fondement 
de cette science aux dames 1 qui consultent lenrs 
cartes et qui doutent de Dieu, Cependant nous 
ies prierons d'observer que ce grand moyen de 
lever le rideau qui nous cache l'avehir s'est 
trouve quelquefois en defaut. Une des plus fa- 
meuses lireuses de cartes fit le jeu pour un jeune 
homme sansbarbe qui s'etait deguise en lille. 
Elle lui promil un epoux richest bien fait, trois 
garcons, une Jille, des couches laborieuses, mais 
sans danger. — Une dame qui commeticait a he- 
siter dans sa confiarice aux cartes se lit un jour 
une reussite pour sa voir si elle avail d(5jeune. 
Elle etait encore , a table devant les plats vides; 
elle avail festomac bien garni ; toulefois les cartes 
lui apprirent qu'elle ; etait a jeun, ear la reussite 
ne put avoir lieu. ' - ' 

Gasaubon (Mederic), fils d'Jsaac Gasaubon, ne 
a Geneve en 1599. On a de lui' un TraitddeVEn- 
Ihonsiasme , publie en 1655, in-8°. Get ouvrage 
est dirige conlre ceux qui attribiient Penlhou- 
siasme a une inspiration du ciel ou a une inspi- 
ration du demon. On lui doit de plus un Traild 
de la credulile et de I'incredulUe dans les choses 
spirituelles , in-8°, Londres, 1670. 11 y elablil la 
realile des esprits, des merveilles surnaturelles 
et des sorciers *. Nous citerons aussi sa Veritable 
et fidele relation de ce qui s'est p'assd enlre Jean 
Dde et certains esprits^ 1659, .in-fol. 

Casi. G'est le nom d'une pagode fameuse 
sur les bords du Gange. Les Indiens recherchent 
le privilege d'y mourir ; car Eswara ne manque 
pas de venir . souffler dans leur oreille droite 
au dernier instant pour les purifier : aussi ont- 
ils grand soin de mourir conches sur le cote 
gauche. 

Casmann (Othon) , savant Allemand du sei- 
zieme siecle , auteur d'un livre sur les anges in- 

1 Cct ouvrage est connu aussi sous 1c litre de 
Traite des esprits , des sorciers et des operations sur- 
naturelles , en anglais, Londres, 4672, m-8°. 



titule Angelographie l . II a laisse un autre ou- 
vrage, que quelques personnes recherchent, sur 
les mysleres de. la nature 2 . 

' Cassandre. Fille de Priam , a qui Apollon 
accorda le don de prophetie pour la seduire; 
mais quand elle eut le don, elle ne voulut pas 
repondre a la tendresse du dieu , et le dieu dis- 
credit ses pronostics. Aussi, quoique grande 
magicienne et sorciere, comnie dit Delancre 5 , 
elle ne put pas empecher la mine de Troie, ni se 
garantir elle-meme des violences d'Ajax. 

Gassius de Parme. Antoine venait de perdre 
la bataille d'Aclium ;- Gassius de Parme, qui avail 
suivi son parti, : se retira dans Athenes : la, au 
milieu de la nuit, pendant que son esprit s'aban* 
donnait aux inquietudes, il vit parailre devanl 
lui un hotiime noir qui lui pari a avec agitation, 
Gassius lui demanda qui il etait. — Je suis ton 
demon — repondit le fanlome. Ce mauvais de- 
mon etait la peur. A cette parole Cassius s'er- 
fraya et appela ses esclaves; mais le demon dis- 
parutsans se laisser voir a d'autres yeux. Persuade 
qu'il revait, Gassius se recoucha et chercha a sc 
rendormir; aussilot qu'il fut seul, le demon re-, 
parut avec les memos circonstances. Le Romain 
n'eut pas plus de force que d'abord; il se fit ap- 
pointor des lumieres , passa le reste de la nuiLau 
milieu de ses esclaves, et n'osa plus roster seul. 
11 fut tue pen de jours apres par 1'ordre du vain- 
queur d'Actium 6 . 

Casso ou Alouette. On assure que celui qui 
portera sur soi les pieds de cet oiseau ne sera 
jamais persectile; au . contraire , if aura toujours 
ravaulage sur ses ennemis. Si on enveloppe l'ocil 
cli'oit de Falouette clans un morceau de la peau 
d'un loup, 1'homme qui le portera sera doux, 
agreable et plaisant; et si on le met dans du vin, 
on se fera cherir de la personne qui le boira l , 

Cassotide. Fontaine de Delphes, dont la vertu 
prophetique inspirait des femmes qui y rendaient 
des oracles. 

Castaigne (Gabrielde) , aumonier de LouisXlK, 
cordelier et alchimiste. On lui doit YOr potable 
qui qitfrit de Ions maax> in-8°, rare, Paris, 1611; 
le Paradis terrcstre , oil Ton trouve la guerison 
delonte maladie, in-8°, Paris, 1615; tile Grand 
» Miracle de nature mclaUiquc, que en imilant 
j) icelle sans sophtstiqueries, tons les metaux im- 
» parfaits se rendront en or fin, et les maladies 

1 Angclographia, 2 vol. in-8°. Francfortj 4o97ct 
1605. 

2 Nucleus mysteriorum natural enmleatus, 4605, 
in-8°. 

3 Tableau de rinconstanccdes mauvais anges, etc, 
liv. I, disc. nr. 

4 L' original porle cacodaimon, mauvais demon. 
Chex les Grecs daimon, simplement, signifiait un 
genie, une bonne intelligence, comnie le ddmon de 
Socrate et quelques aulres. 

b Valere-Maxime , el d^ulres anciens. 
6 Admirables secrets d* Albert le Grand. 



GAS 



— i/*l — 



GAS 



» incurables se gueriront, » h>8% Paris, 1615. 

Castalie. Fontaine d'Antioche, au faubourg 
de Daphne; ses eaux etaient prophetiques , et il 
Y avaiL aupres un oracle celebre qui predit l'em- 
pire a Adrien. Quand cet oracle fut accompli, 
Adrien lit boucher la. fontaine avec de grosses 
pierres, de peur qu'un autre n'y allat chercher 
la memo faveur qu'il avail obtenue. 

Castalin. (Diego). Discount prodkjieitx et epou- 
mniablc de trois Espagnols et une Espagnole, 
magiciens et sorciers qui se faisaient porter par 
les diables de ville en ville , avec leurs declara- 
tions d' avoir fait mourir plusieurs personnes" et 
betail par leurs sortileges, et aussi d' avoir fait 
plusieurs.degatsauxbiens de la terre. Ensemble, 
1'arret prononce contre eux par la cour du par- 
lement.de Bordeaux, in-8°, rare. Paris, 1626. 

« Trois Espagnols, accompagnes d'une femme 
espagnole, aussi sorciere et magicienne, se sont 
promcnespar 1'Italie, Piemont, Provence, Fran-. 
che-Comte, Flandre, et ont, par plusieurs fois, 
traverse la France, eL tout aussitot qu'ils avaient 
recu qnelque deplaisir de quelques-uns, en quel- 
ques villes, ils ne manquaient, par le moyen de 
leurs pernicieux charmes, de faire secher les 
bles et les vignes ; et pour le regard du bctail, il 
languissait quelques trois semaines, puis demeu- 
rait niort, tellement qu'une paftie du Piemont 
a send ce que c'etait que leurs iriaudit.es felons 
de faire. ; " ' \_ ' l \ 

» Quand ils avaient fait jpuerj^ 
on quelques lieux par leurs arts pernicieux, ils 
se faisaient porter par les diables dans les nuees,, 
de ville en ville, et quelquefois faisaient cent 
Heues le jour. Mais cotmne la justice' divine ne: 
veutpas longuementsouffrirlesmalfaiteurs', Dieiv 
permit qu'un cure, nomine messire Benoit la; 
Fave, passant pres de Dole, rencontrat ces Es- 
pagnols avec leur servante, lesquels se mirent en 
compagnie avec lui . et lui demanderent oil il 
allait. Apres leur avoir declare et conte une partie 
tie son ennui pour la longueur du chemin, un de 
ces Espagnols, nomine Diego Castalin, luv dit : 
— Ne vous deconfortez nullement, il est pres 
tie midi; mais je veux que nous allions aujour- 
d'hui eoucher a Bordeaux. 

» Le cure ne repliqua rien, croyant qu'il le di- 
sait par risee, vn qu'il y avait pres de cent lieues. 
j Neamnoins, apres s'etre assis tous ensemble, ils 
;■■ sc niireiu a sommeiller, Au reveil du cure , il se 
d ti'ouve aux portes de Bordeaux avec ces Espa- 
giiols. Un conseiller de Bordeaux fut averti de 
cctle merveille; il voulut savoir comment cela 
: ^ dLaiL passe : il denonce les trois Espagnols et 
'a femme. On fouille leurs bagages , ou se trou- 
' vent plusieurs livres, caracteres, billets, cires, 
couleaux, parcheniins et autres denrees servant 
^ a la magie. lis sont examines; ils confessent le 
;. tout, disant, entre autres choses, d'avoir fait, par 
' le «r$ (cuvres, perir les fruits de la terre aux en- 



droits qu'il leur plaisait, d'avoir fait mourir plu- 
sieurs personnes et hestiaux, et qu'ils etaient 
resolus de faire plusieurs maux du cote de Bor- 
deaux. La conr leur fit leur proces extraordi- 
naire, qui fut f prononce le l ir mars 1610, et 
condamna Diego Castalin, Francisco Ferdillo, 
Vincentio Torrados et Gatalina Fiosela a elre pris 
et menes par Pexecuteur de la haute justice en la 
place du marehe aux pores * et etre conduits sur 
un bitcher, pour la elre brules tout vifs, et leurs: 
corps etre mis en cendres, avec leurs livres , ca- 
racteres, couteaux, parcheniins, billets et autres 
choses propres servant a la magie. . . 

» L' Espagnole qui les servait , nominee Gatalina 
Fiosela, confessa une infinite de mechancetes par 
elle exercees, entre aii'tres.que, par ses sortileges, 
elle avait infecte,,avec certains poisons, plusieurs 
fontaines , puits et rnisseaux , et aussi qu'elle avail 
fait mourir plusieurs betails, et fait, par ses t 
charmes, tomber pierres et greles sur les biens 
et fruits de la terre. .: : 

j) Voila qui doit servir d'exemple a plusieurs 
personnes qui s'eludient a la magie ; d'aulres, 
sitot qu'ils ont perdu quelque chose^ s'en vont 
au devin et sorcier, et ne considerent pas qu'al- 
Jant verseux, ils vont. vers le diable, prince des 
tenebres.- » 

Gn ne peut voir dans.ee recit 'que Uhistoire 
d'une bande de inalfaiteurs. 

Castellini (Luc) , frere precheur du dix-sep- 
tiemesiecle. On rencontre des prodiges infernaiix 
dans son Traitt des miracles 4 . 

Castor. G'est une opinion ires-ancienne et 
, tres-commune que le castor se mutile pour se 
■ derober a la poursuite des chasseurs. On la trouve 
dans les hi6roglyphes des figyptiens, dans les 
fables d'£sope , dans Pline , dans Aristote , dans 
l5lien; mais cette opinion n'en est pas moins une 
erreur aujourd'hui reconnue 2 . 

Castor et Pollux, Ills de Jupiter et de Leda. 
On en ..fit des dieux marins ; et, dans Tantiquite, 
les matelols appelaient feux de Castor et Pollux 
ce que nos marins appellent feux Saint-Elme, 
Les histoires grecques et rornaines sont rcmplies 
d'apparitions de Castor et Pollux. Pendant que 
Paul-Emile faisail la guerre en Macedoine, Publius 
Vatinius, revenant a Rome, vit subitement de- 
vant lui deux jeunes gens beaux et bien fails, 
montes sur des chevaux blancs, qui lui annonce- 
rent que le roi Persee avait ete fait prisonnier la 
veille. Vatinius se hata de porter au s6nat cette 
nouvelle; mais les senateurs, croyant deroger a 
la majeste de leur caractere en s'arretant a des 
puerilites, lirent meltre cet homme en prison, 
Cependant, apres qu'on eut reconnu par les lettres 
du consul que le roi de Macedoine avait ete ef- 
feciivement pris ce jour-la, on lira Vatinius de 
sa prison ; on le gralifia de plusieurs arpenls de 

1 Traclalus de miraculis* Ronio, f6^9. 

2 Brown, Des erreurs populaircs, Hv. Ill, cli. iv* 



CAS 



142 — 



CAT 



lerre , et le senat reconnul que Castor efc Pollux 
etaienl les protecleurs de la republique. 

Pausanias explique cette apparition : « C'etaient, 
dit-il, des jeunes gens revetus du costume des 
Tyndarides - et apostes pour topper les esprits 
credules. » " - > ' ■ 

On sait que Castor et Pollux sont devenus la 
constellation des Gemeaux. 
' Castro (Alphonse de) , celebre predicateur ne 
au Perou,et Fun des plus savants theologiens du 
seizieme siecle, auleur d'un livre conlre les ma- 
giciens i . 

Cataboliques. « Ceux qui ont lu les anciens 
savent que les demons cataboliques sont des de- 
mons qui emportent les hommes, les tuent, bri- 
sent et fracassent, ay ant cette puissance sur eux. 
De ces demons cataboliques, Kulgence raconte 
qu'un certain Campestcr avait ecrit un livre par- 
ticulier, qui nous servirait bien, si nous V avion s, 
pour apprendre au juste comment ces diables trai- 
taient leurs suppdls, les magiciens et les sor- 
ciers 2 . » 

Gathai-Khann, prince de lamer chez les Tar- 
tares.. Ce demon est un* affreux cannibale qui se 



saisit un jour de son compere Djilbeguenn , dit 
le trompeur, le fit bouillir et le mangea. II pos- 
sede une fleche qui lui revient toujours quand 
elle a accompli sa mission. Elle a perce un jour 
une montagne de cuivre et lui est revenue apres 
avoir fait le tour de la lerre. Un serpent aux 
ecailles d J or , qui avait sur sa tete une come d'ar- 
gent et des yeux d'escarboucle, distants de douze 
arpents run de Pautre, avec une queue sans fin, 
devora son enfant. Gatai lui decocha sa Heche au 
front, qu'elle separa en deux. Le prince de la 
mer trouva son enfant dans le ventre du ser- 
pent; Penfant vivait encore la, en compagnie de 
quelques heros, vivants encore aussi, avec leurs 
chevaux. .Alors le cheval de Gatai dit a son maitre: 
<c Enleve la couverture qui est sous ma selle; et 
je donnerai a Penfant le pen de lait qui me resle 
du Lemps oil je tetaisma mere ; » et Penfant vecut; 
et plus tard il mangea aussi son pere *. Ce sonl 
la des traditions tarlares. 

Catalde,evequede Tarente au sixieme sieck 
Mille ans apres sa mort, on raconte qu'il se monlra 
une nuit, en vision , a un jeune Tarentin du sei- 
zieme siecle, et lechargea de creuser en.un lieu 




qu'il lui designa , oil il avait cache et enterre un 
livre ecrit de sa main pendant qu'il elait au monde, 
lui disant qu'incontinent qu'il aurait recouvre ce 
livre, il ne manqual point de le faire Lenir a Fer- 
dinand, roi d'Aragon et de Naples, qui regnait 
alors. Le jeune bomme n'ajouta point foi d'abord 
a cette vision, quoique Catalde lui apparut pres- 
que tous les jours pour Pexhorlera faire ce qu'il 
lui avait ordonne. Enfin, un malin, avant Pau- 

1 De sorlilegis ao malcficis, eorumque punitione, 
Lyon, 4568. 

2 Leloyer, Hist, et discours des spectres, liv. VII, 
cb. lv. 



rore, comme il etait en priere, il aperqut Cal 
vetu de l'habit episcopal, lequel lui dit avec une 
contenance severe : — Tu n'as pas tenu conipte 
de cbercher le livre que je t'avais enseigne elde 
Penvoyer au roi Ferdinand ; sois assure , celte 
fois pour toutes, que si tu n'executes ce que je 
t'ai commande, il t'en adviendra maL 

Le jouvenceau , intimide cle ces menaces, pu- 
blia sa vision ; le peuple emu s'assembla pour 
l'accompagner au lieu marque. On y arriva ; on 

1 M. Elie Reclus, Lcgendes tartares, extraiiej 
d'A. Scheimer. (Jtevuc germaiuquc t livraison d'aout 
1860, p. m el 427.) 



CAT 



m — 



CAT 



creusa la terre; on trouva un petit coffre de 
ploml), si bien clos et cimenle que l'air n'y pou- 
vait penelrer , el au fond da coffret 1 se vit le livre 
oil loules les miseres qui devaient arriver au 
royaume de Naples, au roi Ferdinand et a ses 
enfanls, eiaient decriles en formes de prophetic, 
lesquelles onL eu lieu ; car Ferdinand fuL iue au 
premier con Hi I ; son fils Alphonse , a peine niailre 
da irone, fuL mis en deroule par ses ennemis, et 
moLirut en exil. Ferdinand , le puine , peril mi- 
serablement a la ileur de son age, accable de 
guerres,.et Frederic, petit-fils du defunt Ferdi- 
nand, vit bruler , saccager et miner son pays 4 . 

Catalepsie, semblance d'apoplexie, elatd'ou 
resulle, dit M. Lecouturier, « une, insensibilile 
capable de faire supporter sans douleur l'opera- 
Lion chirurgicale la plus cruelle. La catalepsie est 
causee par 1' obstruction des. agents nerveux. II 
en nail une ■singuliere combinaison de roidenr et 
de'souplesse dans les muscles, qui fait que les 
calaleptiques, complelement immobiles par eux- 
memes, se laissent aller a tous les mouvements 
reguliers qu'on leur imprime et restent fixes dans 
toules Jes attitudes norinales qu'on leur commu- 
nique. On peut merae leur faire prendre desalli- 
lades penibles dans lesquelles il serait impossible 
a riioinme le plus robusle.de se mainlenir. » , 

Getle maladie, qui expljque .quelques pheno- 
mencs de la sorcellerie, est provoquee ou spon- 
tanea. Voy. Hypnotisms et Sommkil; magnIitiquk. 

Catalonos ou Babailanas, prelresses des In- 
diens des lies Philippines. Elles lisenldansl'avenir 
el pi'edisent ce qui. doit arriver. Quand elles on t 
annonce le bien. ou le mal a ceux qui les consul- 
tent, elles font ie sacrifice d'un cocbotvqu'clles 
tucnl d'un coup de lance et qu'elles ol'frenl en 
dansanl aux mauvais genies et aux ames des an- 
celres, lesquelles, dans r opinion des Indiens, 
lixent leurs demeures sous de grands arbres. 

Gatanancee, plante que les femmes de Thes- 
salio em ploy aien L dans leurs philtres. On en trouve 
la description dans Dioscoride. 

Cataramonachia , analheme que fulniinent 
les popes grecs. Dans quelques iles de la Morde, 
on dii que cet analheme donne une fievre lenle 
donton meurlen six semaines* 

Catelan (Laurent), pharmacien de Monlpel- 
licr au dix-seplieme siecle. 11 a laisse une His- 
toirc de la nature, chassc, verlus, propr idles et 
usages dc la licornc, Montpellier v in-8°, , el 
un rare el curieux discoars de la planle appelce 
mndvagorc, Paris, in-12, 1G39. 

CathareSjheretiquesaboniinablesqui devaient 
lour nom a un chat, Calio,, dont ils baisaient le 
deiriere dans leurs reunions secretes, persuades 
(lu'ils elaienlque Satan lui-meme recevait ainsi 
leurs hommages sous eclte forme. Ils immolaienl 
des enfanls et commettaient d'autres horreurs, 

1 Hisioires prodigieuses de Boistuaux, t. I. 



qu'on peut lire dans la Mystique de Gorres , 
chap, ii et in du livre V. 

Catharin (Ambroise), dominicain de Florence, 
morl a Rome en 1553, auteurd'une refutation de 
la doctrine et des prophelies de Savonarole 1 , et 
d'un Traite de la morl el de la resurrection. 

Catherine Voy. Revenatsts. 

Catherine (Sainle). Voy. Incombustibles, 

Catherine de Medicis , celebre reine de 
France, singulierement mal Ira i lee dansl'histoire, 
ou l'esprit de la refprme -n'a pas menage les 
princes calholiques: nee a Florence en 1519, 
morle en 1589, Elle avail foi a I'aslrologie judi- 
ciaire et, s'il faul en croire les proleslanls, a la 




magic; ils 1'accusaient meme d'avoir porle sur 
1'eslomac une peau de velin, peut-etre d'un en- 
fant egorge (voyez reflet de ce pcul-elre en his- 
loire), laquelle peau, semee de figures, de letlres 
cl de.caracleres de dilTerenles'couleurs, devail la 
garantir de toule enlreprise conlre sa personnc. 
Elle fit faire la eolonne de 1'holel cle Soissons 2 , 
dans le fut de laquelle il y avail un escalier avis 
pour monler a la sphere arm ilia ire qui est au 
haul. Idle allail y consulter les astres avec ses 
aslrologues. 

Cetle princesse/ que Fon a fort noircie, eut 
beaucoup d* ennemis* surtout les huguenots, qui 

1 Discorso contra la doUrina c le prof cite di Giro* 
lamo Savonarola, da Ambrosio Calarino polilo* In- 8°^ 
Ycnise, 4 548. Thomas Ncri combaltit eel ouvragc 
dans en livre intitule Apologia di Tomaso Ncri, in 
difesa della dollrina di Girolamo Savonarola. In- 8°. 
Florence, 4564. 

2 Cetle eolonne exislc encore a Paris, elle est 
adossee a la hallo au bid. 



GAT — 44 

alors rie reculaient devant aucune calomnie. lis 
la represented comme "ayant ele tres-versee 
dans Partd'evoquer les esprits; ils ajoulent que, 
sur la peau d'enfant qu'elle portait au cou , 
etaient representees plusieurs divinites paiennes. 
l5tant tombee gravement malade, elle remit, 
disenl-ils, a M. de Mesmes urie boite herme- 
-tiquement fermee, eii 3ui faisaiit promettre de 
ne jamais 1'ouVrir et de la lui rehdre si elle re- 
venait a la vie. Longtemps apres, les enfants 
du depositaire, ayant divert la boite, dans Pes- 
poir d'y trouvcr des pierreries ou un tresor, 
n'y decouvrireht qu'une medaille de forme an- 
tique, large et ovale, ou Catherine de !M6dicis 
etait representee a genoux ado rant les Furies 
etieur presentant une offrande. ■ 

Ce conle absurde donne la mesure de vingl 
autres. Catherine de. Medieis'sttrvecut a M. de 
Mesmes , et elle n'aurait pas manque de relirer 
la cassette. ' 

Elle avait attache a sa persprine , suivant l'u- 
sage du temps, quelques astrologues , parmi les- 
qaelsil nefautpasoublier l'iliustre j Luc Gauric. lis 
lui predirent que Saint-GermaM 
Des lors elle ne Vot11M. pTiis ; deitteivrer a Saint- 
Germain eii Laye' : et iValldplus^ Saint- 
Germain d'Auxerre. 1 Mais'Teyeque de Nazareth , 
Payarit assise ti i'beure i; db a sa ! hSo^ 6rr^egarda 
la prediction conihle •accoii'iplie \ 'attehdiV'que ce 
prelat' s 1 appelait!^icblas xfe \Sahl£-Qefifidin.'- v ", 

Catho ( Angelo) ; sayarifc lial^ dans 1 Pastro- 
logie qui ; preditl^-GlVariesi^ sa mbrt 

funesle. LeUltfc de B^^ 
et perdit tout-^comme on salt. 'JWalhe^rSusSmbht, 
rien ne'prouve 1 qud ! la p redic tidi: ail eLe la i te ! en 
temps utile. i '"' • '-"^^ 

Louis XP estimail tarit Angela ■■; C&llio ;' a cause 
de sa science, qu'il lui donna l'aixhevMie de 
Vienne, en Dauphine. C'est pcut-felre pour cela 
que les pro testa nts en ont fait un aslrologue. 

Catiau, sorcier contemporain, condamne par 
le tribunal de Bethune, le 30 juillet 1850. Void 
le resume des faits a cette date : 

« Salvien-Edouaixl-Joseph Gatiau , aujourd'hui 
age de soixante ans, tisserand, demeurant a 
Loos, pres Lens, vivail peniblement de son tra- 
vail, lorsqu'il ent, il y a cinq ans environ*, la 
pensee de vivre aux depens de la sottise hu~ 
maine. Bien des gens de la campagne, beaucoup 
denos villesaussi, son t disposes , lorsque plu- 
sieurs accidents ou malheurs leur arrivent, a 
les attribuer a une influence secrete et maligne. 
On leur a jete un sort ; c'est ce sort que Gatiau 
va entreprendre de conjurer. Sa clientele , 
d'abord reslreinte, s'augmente peu a pen. Nous 
voyons une femme de Douvrin , la dame Cappe, 
qui perd successivement ses poulets el sa basse- 
cour; Gatiau lui fait faire une' neuvaine; des 
Pater, des Ave Maria recites journellement en- 
leveront le sort. 



k — GAT 

» Plus lard, Gatiau elargit le cercle de ses 
operations : ce-ne sera plus le sort jele sur les 
animaux qu'il conjurera, c'est aux maladies hu- 
maines qu'il va s'attaquer. Charles Delhaye, 
age de soixante-huit ans, rentier a Richebourg- 
PAvoue , est atteint d'une hernie ; il va voir 
Gatiau chez son gendre. Gatiau lui dit qu'il a 
regu des missionnaires d' Amiens le pouvoir de 
guerir les hernies; pour cela il faut boire de 
Peau que Catiau a heureusement chez lui et qui 
vient d'une fontaine de Rome ou Yange va se 
baigner une fois pat an. Cette consultation mer- 
veilleuse coute 150 fr. au'pere Delhaye. II prend 
encore plusieurs bouleilles d'eau ;. toutes lui soul 
cedees gehereusement au prix de 10 fr. chacune, 
» Com me on le voit , la matiere exploitable 
etait bonne. Catiau ne se fait pas faute den 
user-; il fait croire a Delhaye que ses intelli- 
gences avec les puissances sur naturelles lui foul 
entrevoir que la guerre de Crimee reviendra 
envabir la France; qu'il taut se hater de faire 
des provisions de ble, parce que tout va etrc 
pille, et que ceux qui seronfc pris au depourva 
mourrbnt de faim. Pour arriver a ce but , il fam 
que Delhaye retire des mains d'un notaire (car 
les notaires vont disparaitre avec tout le reste, 
sort fatal!) tout Vargent qu'il lui a donne en depot; 
avec cet argent, qu'il achete de grandes quan- 
tites de ble qu'il mettra dans des sacs tissus par 
la main de lilies vierges, et que Catiau a seul 
le bonheur de posseder, mais qu'il c&lera an 
prix modeste de 9 fr. la piece. Delhaye retire 
en elTet un peu d'argent , pas . trop , car le 
paysan commence a se reveiller et a retrouvcr 
sa malice; il achete un peu de ble qu'il met 
dans des sacs immacules. Mais le ble ne sc 
conserve pas; et puis Gatiau s'avise de decou- 
vrir qu'outre sa hernie, Delhaye est atteint dc 
la pierre. Pour le coup , e'en est trop ; Catiau 
lui a pris plus de 1,200 fi\, il veut encoie le 
gratiher d'une souffrance qu'il est stir de ne pas 
avoir. 11 porta sa plainte, et c'est ainsi quele^ 
hauts faits du sorcier arrivent a la connaissance 
du public, et malheureusement pour lui acellc 
de la justice, qui poursuit ses investigations, 
decouvre une enorme serie de faits et con- 
damne le sorcier a cinq ans de prison. » 

Catillus. Voy. Gilbkht. 

Catoblepas , serpent qui donne la mort a 
ceux qu'il regarde , si on en veut bien croiro 
Pline. Mais la nature lui a fait la tele fort basse, 
de maniere qu'il lui est cliflicile de fixer quel- 
qu'un. On ajoule que cet animal habite pres dc 
la fontaine Tigris, en ftthiopie, que Ton prf- 
tend etre la source du Nib 

Caton le Censeur. Dans son livre Dc n- 
ruslica, il enselgne, parmi divers remedes,l a 
maniere de remettre les membres d6mis, d 
donne meme les paroles enchanlees dont il ^ 
se servir. 



CAT 



— 145 



CAU 



Catoptromancie, divination par le moyen 
d'un miroir. On trouve encore dans beaucoup 
de villages des devins qui emploient cette di- 
vination, autrefois fort repandue. Quand on a 
fait une perte, essuye un-vol, ou regit quelques 




mais derriere la tete d'un enfant a qui Ton avail 
bande Ies yeux... 

Pausanias parle d'un autre eflet de la catop- 
tromancie. « II y avait a Patras , dit-il , devant 
le temple de Geres, une fonlaine separee du 
temple par une muraille"; la on consultait un 
oracle, non pour tous les evenements, mais 
seulemeilt pour les maladies. Le malade descen- 
dait dans la fontaine un miroir suspend u a un 
fil , en sorle qu'il ne touchat la surface de l'eau 
que par sa base, Apres avoir prie la deesse et 
brule des parf urns , il se regardait dans ce mi^- 
roir, et, selon qu'il se trouvait le visage; have et 
deligure ou gras et vermeil, il en concluaitlres^ 
certainement que la maladie elait- mortelle oil 
qu'il en rechapperaiL » <■ 

Gattani (Francois), eveque de Fiesole, 
mort en 1595, auteur d'un livre sur les supers- 
titions de la magie l . • ' : ' • 



coups clandeslins . don I on veul coniiaitre l'au- 
tetir, on va trouverle sorcier ou devin , qui. in- 
troduit le consultant dans une chambre a demi 
dclairde; On n'y ""pen I entrer qu'avec un bandeau 
sur les veux. Le devin fait les evocations, et le 
(liable montre dans un miroir le passe , le pre- 
sent el le .futur, Malgre. le bandeau , lesxredules 
• villageois, dans de teiles occasions, on t la tele 
) Idlement monlde qu'ils ne manquent pas' de voir 
\ quelque chose, 

: On se servait autrefois pour cette divination 
l d'un miroir que Ton presenlait, non devant, 




t-SSESTRB 



Catteri, demon du Malabar, qui possede 
sur ton I les femmes et les rend folles ou fu- 




rieuscs. Si elles sont belles et bien failes, il leur 
donnedes difformites. 

Cauchemar. -On appelle ainsi un embarras 
dans la poilrine, une oppression et une diffi- 



culty de respirer qui surviennent pendant le 
sommeil, causent des reves fatigants, et ne 

1 Sopra la superstitione deW arte magica, Flo- 
rence, 4562. • ■ . 

HO 




CAU 



— 146 — 



CAY 



cessent que quand on se reveille. On ne savait 
pas trop autrefois, et encore au quinzieme siecle, 
ce que c'etait que le cauchemar, qu'on appelait 
aussi alors ckauchc-pouleL On en fit un monstre; 
c'etait un moyen prompt de resoudre la difli— 
ciilte. Les uns imaginaient dans cet accident une 
sorciere ou un spectre qui pressait le ventre des 
gens endormis, leur derobait la parole et la 
respiration et les empechait de crier et de 
s'eyeiller pour demander du secours ; les autres, 
un demon qui etoiiffait les gens. Les medecins 
n'y voyaient guere pins claiiv On ne savait 
d' autre remede pour se garantir du cauchemar 
que de suspendre une pierre creuse dans l'ecurie 
de sa maison;* et Delrio, embarrasses, cm t de- 
cider la question en disant qi\e Cauchemar etait 
un supp6t de .Belzebuth; ilTappelle ailleurs in- 
cubus, morbus i 

Dans les guerres de la republique frangaise 
en llalie , on caserna en une - eglise profanee un 
de nos regiments. Les paysans avaient averti 
les soldals que la nuit on se sen Lai t presque 
suflbque dans ce lieu-lav et que Ton voyait pas- 
ser un gros" chien stir sa poitrine. Les soldats 
en riaient; ils se coucherent apres mille plai- 
santeries. Minuit arrive, tous se sen Lent op- 
presses, ne respirent plus et voient, chacun 
sur son estornac, un chien noir qui disparut en- 
fin, et leur laissa reprendre leurs sens, lis rap- 
porterent le fait a leurs oiiiciers, qui vinrenty 
coucher eux-memes la nuit suivante, et furent 
tourrnentes du meme fan tome. Comment ex- 
pliquer ce fait? — « Mangez peu , tenez-vous le 




ventre libre, ne couchez point sur le dos, et 
votre cauchemar vous quitLera sans grimoire, » 
dit iVL Salgues \ II est certain que dans les pays 
ou Ton ne soupe plus, on a moins de cauche- 
mar s. 

Bodin conle 2 qu'au pays de Valois, en Pi- 
cardie, il y avait de son temps une sortc de 
sorciers et de sorcieres qu'on appelait cauche- 
mares, qu'on ne pouvait chasser qu'a force de 
prieres. 

Gauchon (Pierre), evSque intrus de Beau- 

1 M. Salgues j Des erreurs et des prejugcs, t. I, 
p, 332. 

2 Demonomanie des sdroiers, liv. II, eh, vii. 



vais au quinzieme siecle , poursuivit Jeanne 
d'Arc comme sorciere et la (it bruler a Rouen. 
11 mourut subitement en 14/j"3. Le pape Ca~ 
lixte III excommunia apres sa mort ce prelat 
deshonore, dont le co*ps fut deterre 'et jeLe a la 
voirie. Ce qui est assez curieux, c'est que son 
nom a ete donne depuis a l'animal immonde 
qu'on n'appelait auparavant que pore ou pour- 
ceau. 

Causathan, demon, ou mauvais genie que 
Porphyrese vanlait d'avoir chasse d'un bain pu- 
blic. 

Causimomancie, divination par le feu, em- 
ployee chez les anciens mages. C'etait un lieu- 
reux presage quand les objets combustibles jeles 
dans le feu venaient a n'y pas bruler. 

Cautzer, fleuve du huitieme ciel. dans le pa- 
radis de Mahomet. Son cours est d'un mois do 
chemin; ses rivages d'or ; son lit, . odoriferanL 
comme le muse, est seme de rubis et de.perles; 
son eau douce comme le lait ; spri.ecume brillanLe 
comme les £toiles. Qui en bdit une fois n'a plus 
jamais soif. 

Cayet (Pierre-Victor-Palma) , savant <Scrivahi 
. tourangeau du seizieme siecle. Outre la Chrono- 
logic novennaire et laf Chronologic scpl^maire, il 
a laisse YHisloirc 2^ % odi{/icuse et lamentable du 
doc leur Faust, grand magician y traduite de 1'al- 
lemand en frangais. Paris, 1603, in-12; et YHh- 
toire vdritable comment Vdmc de I'cmpcreitr Tra- 
jan a did ddlivrde des lourmenls de I'enfcr par les 
prieres de saint Grdgoire le Grand, LraduiLe tin 
latin d'Alphonse Chacon; in- 8°, rare. Paris, 
1607. 

Cayet rechercha la pierre philosophale , qu'il 
n'eut pas le talenL de trouver^ on debita aussi 
qu'il dtait magicien; inais on peut voir qu'il he 
pensait guere a se meler de magie, dans 1 epilrc 
dedicatoire qu'il a mise en iete de 1'hisLoirc dc 
Faust. Ce sont les huguenots, dont il avait aban- 
donee le parti, qui Taccuserentd'avoir fait pacLc 
avec le diable, pour qu'il lui apprit les langues. 
C'etait alors une grande injure; Cayet s'en ven- 
gea vivement dans un livre ou il defendit contrc 
eux la doctrine du purgatoire 

Gaym, demon de classe superieure, grand 
president aux enfers ; il se montre habiLuellc- 
mentsousla figure d'un merle. Lorsqu'il parait 
'en forme humaine, il repond du milieu d'un 
brasier ardent; il porte a la main un sabre 
eflile. C'est, dit-on, le plus habile sophislc de 
Tenfer ; et il peut, par l'astuce de ses arguments, 
desesperer le logicien le plus aguerri. C'est avec 

1 La fournaise ardente et le four du reverbcre pour 
evaporer les pretendues eaux de Siloti, ci -pour corro- 
borer le purgatoire contrc les heresies > calomnkS; 
fa asset cs et cavillations inepies du pretendu nunislrc 
Dumoulin. Paris, 1603, in-8°. DumouHn venait dc 
publier les Eaux de Silodj, pour dieindre le feu (to 
purqatoire, contre les raisons d'un ' cordelier porlu- 
guis. ln-8°, 4 603. 



-CAY 



— 147 — 



GEO 



lui que Lulher eut cette fameuse dispute dont il 
nous a conserve les circonslances. Caym donne 
rintelligence du chant des -oiseaux, du mugis- 




AULT 



somen t des Ixcufs, de raboiemenl des chiens 
el du bruit des ondes. H connalt ravenir. Quel- 
quefois il s'esl nionlre en homme coiffe d'une 
aigrette et orne d'une queue de paon. Ge de- 




mon, qui fut autrefois de l'ordre des anges, 
commande a present trente legions aux enfers 1 . 

Cayol , proprielaire a Marseille, mort au 
commencement de ce siecle. Uu de ses fermiers 
lui apporta un jour douze cents francs; il les 
refill etpromit la quittance pour le lendemain, 
parce qu'il etait alors occupe. Le paysan ne re- 
vim qu'au bout de quelques jours. M. Cayol ve- 
nait subilemenl de niourir d'apoplexic. Son ills 
avait pris possession de ses biens; il refuse de 

1 Wicrus, in Pseudomonarchid dcemon, 



croire au fait que le paysan raconte , et reclame 
les douze cents francs en justice.. Le paysan fut 
condamne a payer une seconde fois. Mais la nuit 
qui suivit cette sentence , M. Cayol apparut a 
son lils bien eveiHe^ et lui reprocba sa conduite. 
— <( J'ai ele paye, ajouta-t-il ; regarde derriere 
le miroir qui est sur la cheminee de ma chambre, 
tu y trouveras mon regu. » " 

Le jeune homme se leve tremblant, met la 
main sur la quittance de son pere et se Mte de 
payer les frais qu'il avait fails au pauvre fer- 
mier, en reconnaissant ses torts 4 «... 

Cazotte (Jacques), ne a Dijon en 1720, guil- 
lotine en 1793, auteur du poeme \&' Olivier, ou 
beaucoup d'&pisodes roulent sur les merveilles 
magiques. Le succes qu'obljnt cette production 
siriguliere le decida a faire paraitre le Viable 
amoareux. Conime il y a dans cet ouvrage des 
conjurations et autres propos de grimoire, un 
elranger alia un jour le prier de lui apprendre 
a conjurer le diable, science que Cazotte ne 
possedait pas. 

Ge qui lui obtient encore place dans ce re- 
cucil, c'estsa prophetic rapportee par la Harpe; 
ou il avait pronostique la revolution dans la plu- 
part de ses details. Mais on n'avait iniprime, 
dit-on, qu'un fragment de cette pi£sce. On Pa 
plus lard decouverle plus entiere, et quelques- 
uns disent a present que cede prophetic a ele 
supposee, ce qui n'esl pas prouve. On a pubHe 
en Tan VI, a Paris, une Correspondance mys- 
tique de Gazolle, saisie par le tribunal revolu- 
Lionnaire, et ou brille un certain esprit prophe- 
tique inexplicable. 

Cebus ou Cephus, mohstre adorti des %yp- 
tiens. G'etait une espexe de satyre ou singe qui 
avail, selon Pline, les pieds et les mains sem- 
blables a ceux de rhomme. Diodore lui donne 
une tele de lion, le corps d'une panthere et la 
taille d'une chcvre. On ajoule que Pompee en 
fit venir un a Rome, et qu'on n'en a jamais vu 
que cette fois-la. 

Cecco d'Ascoli ( Francois Stabili , dil ), pro- 
fesseur d'aslrologie , ne dans la Marche d'An- 
cone , au treizLeme siecle. 11 se melait aussi de 
magie et d'heresie. On dil, ce qui n'est pas 
certain, qu'il fut brule en 1327, avec son livre 
d'aslrologie, qui est, a ce qu'on croit, le com- 
mentaire sur la sphere de Sacrobosco 2 . 

11 disait qu'il se formait dans les cieux des 
esprits raalins qu'on obligeail, par le moyen des 
constellations, a faire des choses merveilleuses. 
11 assurail que l'influence des astres etait ab- 
solue, et reconnaissait le falalisme. Selon sa 
doctrine , Notre-Seigneur Jesus-Christ n'avait ete 
pauvre et n'avait souiTert une mort ignomi- 
nieuse que parce qu'il 6Lait'n<5 sous une conslel- 

1 Jnfarnaliana , p. i&26, 

2 Comment arii in sphwram Joannis de Sacrnlmco. 
In-fol. Bab, 1485. 

40. 



CEG 



— U8 



CEN 



lation qui causait necessairement cet effet....; 
au conlraire, l'Anlechrist sera riche et puis- 
sant , parce qu'il nailra sous une constellation 
favorable. Celte doctrine stupkle fut condamnee 
en 1327. 




« Une preuve que Cecco elait fou , disent 
Naude el Delrio, c'esl : 1° qu'il inlerprele le 
Hvre de Sacrobosco dans le sens des aslrolo- 
gues, necromanciens el chiroscopisles ; 2° qu'il 
cite un grand noinbre d'auteurs falsiiit5s , comme 
les Ombres des iddcs de Salomon, le Livre des- 
csprits d' Hipparclms , les Aspects des ctoiles, 
d'Hippocrale, etc. » 

On demandail un jour a Cecco ce que c'etail 
que la lime; il repondil,: « C'est une lerre 
comme la noire, ui terra terra est. » 

On a beaucoup dispute sur cet aslrologue, 
Connu aussi sous le nom de Cecus Asmlan % et 
plus generalemcnt sous celui de-Chicus Mmi- 
lanus. Delrio ne voit en lui qu'un homme su- 
perstition* , qui avait la lelemal limbree. Naude, 
ainsi que nous l'avons note, le regarde comme 
Un fou savant. Quelques auleurs, qui le mettent 
au nombre des necromanciens, lui prelent un 
esprit familier, nomme Floron, de l'ordre des 
Chtfrubins, lequel Floron 1'aidail dans ses lra~ 
vaux et lui donnait de bons conseils; ce qui ne 
I'empecha pas de faire des livres ridicules. 

Cecile. Vers le milieu da seizieme siecle, une 
femnie nominee Cecile se mon trait en spectacle 
a Lisbonne; elle possedail l'artde si bien varier 
sa voix qu'elle la faisait partir tantot de son 
coiide, tantot de son pied, lanlot de son venire. 
Ulle liait conversation avec un clre invisible 
qu'elle nommait Pierre-Jean, el. qui repondait a 
toules ses questions. Cette femme ventriloque 
fut repulee sorciere et bannie dans Tile Saint- 
Thomas 1 . 

1 M. Salgues, Des arrears > etc., U II , p. 227. 



Geintures magiques. Plusieurs livres de 
secrets vous apprendront qu'on guerit toules 
soi;tes de maladies interieures en faisant porLer 
au malade une ceinlure de fougere cueillie la 
veille de la Saint- Jean, a midi, et tressee de 
maniere a former le caraclere magique HVTY. 
Le synode tenu a Bordeaux en 1600 a con- 
damne ce remede, el la raison, d'accord avec 
l'Eglise, le condamne tous les jours. 

Gelse, philosophe eclectique du deuxieme 
siecle, ennemi des Chretiens., En avouant les 
miracles de J&us-Christ, il disait qu'ils avaient 
ete operes par la magie, et que les Chretiens 
etaient des magiciens. II a ete refute, par Ori- 
gene. 

Celsius (Andre), Suedois, mort en 4744, 
auleur d'une Lettre sur les cometes, publiee i\ 
Upsal Pannee de sa mort, . - . 

Cenchrpboles, nation imaginaire dont porle 
Lucien. II dit que les Cenchroboles allaient au 
combat monies sur de grands oiseaux , couverLs 
d'herbes vivaces au lieu de plumes. 

Cendres. On soutenait dans le dix-sepliemc 
siecle, .en tre. autres erreurs, qu'il y avait des 
semences de reproduction dans les cadavres, 
dans les cendres des animaux et meme des 
planles brulees; qu'une grenouille, par exemple, 
en se pourrissanl, engendrail des grenouilles, 
et que les cendres de roses avaient produit d'au- 
tres roses* Voxj* Palingi'sni^sib. 

Le Grand Albert dilque les cendres de bois 
astringent resserrent, el qu'on se relache avec 
des cendres de bois contraire. « Et, ajoute-t-il, 
Dioscoride assure „que la lessive de cendres de 
sarmenls, bue avec du sel , est un remede sou- 
verain conlre la suffocation de poilrine, Quanl 
a moi, ajoute-l-il, j'ai gueri plusieurs personncs 
de la peste en leur faisant boire une quantile 
d'eau ou j'avais faitamorlir de lacendre chaudc, 
et leur ordonnant de suer apres Pavoir bue » 
Cene. Au sabbat > les meneurs qui veuienl 
singer ou contrefaire tout ce qui est du cultc 
divin font meme la cene ou communion, e'est- 
a-dire qu'ils donnent ce nom a une horrible sce- 
leratesse. On lil ceci dans les declarations dc 
Madeleine Bavent. « J'ai vu faire une fois la 
cene au sabbat, la nuil du jeudi saint. On ap- 
porta un enfant tout roli , et. les assistants en 
mangerent. Pendant ce repas horrible,, un de- 
mon circulait en disant a tous : Aucun de vous 
ne me Irahira. » Et ces horreurs ne sontpas des 
conies. Voxj. Sabbat. 

Cen6thus , second roi d'ficosse. Desiranl 
venger la mort de son pere, tud par les Picles, 
il exhortait les seigneurs du pays a reprendre 
les armes; mais, parce qu'ils avaient 6l6 mal- 
heureuxaux prdeddentes balailles, les seigneurs 
hesilaienl. C6nethus, sous pretexte de les en- 

1 Les admiralties secrets cV Albert le Grand, Hv. 
ch. i. 



« 



CEP 



149 — 



GER 



tretenir des affaires du pays, manda les plus 
braves ehefs a un conseil, Jl les lit loger.dans 
sou chateau, ou 11 avail cache dans un lieu se- 
cret quelques soldats accoutres de vetements 
horribles fails de grandes peaux de loups ma- 
rins, qui sont tres-frequents dans le pays, voisin 
de la mer. lis avaient a la' main gauche des. ba- 
tons de ce vieuxbois qui luit la nuit, el dans la 
droite des cornes de boeuf- percees par le bout, 
lis se. tinrent reclus jusqu'a ce que les seigneurs 
fussent ensevelis dans leur premier sommeil : 
alors-ils eommencerent a se montrer avec leurs 
bois qui eclairaient , et firent resonner leurs 
cornes de boeuf, disant qu'ils elaient envoyes 
pour leur annoncer la guerre contre les Pictes. ' 
— Leur victoire, ajoutaient-ils ,. elait ecrite dans 
le cieh Ces fanlomes jouerent bien leur role, et~ 
s'evaderent sans etre decouverts. ,Les chefs 
emus vinrent trouver le roi, auquel ils com- 
ninniquerent leur vision-, et ils assaillirent si 
vivement les Pictes qu'ils ne les deflrent pas 
seulement en bataille, mais qu'ils, en exter- 
minerent la race 4 . " N \ \ y^^°'^^t^ 

Cephalonomancie. Voy; K^piialonomakcie. 

Ceram, Tune des iles Moluques. On y remar- 
que, sur la cote meridionale , tine montagne ou 
resident, dit-on, les mauvais genies. Les navi- 
gateurs de Tile d'Amboine, qui sont Lous tres- 
superstitieux, ne passent gu6re en vue de cette 
montagne sans fa ire une oflrande a ces mauvais 
genies, qu'ils. empechent ainsi de leur. susciler 
des lempetes. Le jour, ils deposent des fleurs et 
une petite piece de monnaie dans une coque de 
coco; la nuit, ils y mettent de 1'huile avec de 
pelites meches allumees, el ils laissent Hotter 
celte coque au grd des vagues, 

Cerambe, habitant de la lerre, qui se retira 
sur une montagne au moment du deluge de Deu- 
calion el qui fut change en cette espece d'escargot 
qui a des cornes. II en est la tige ou la souche, 
dans l'ancienne mythologie. 

Ceraunoscopie. Divination qui se pratiquait, 
chez les anciens, par V observation de la foudre 
et des eclairs, et par l'examen des phenomenes 
de Fair. 

Gerbere. Cerberus ou Naberus est chez nous 
un demon. Wierus le met au nombre des marquis 
do l'empire infernal. II est fori et puissant ; il se 
monlre, quand il n'a pas ses trois tetes de chien, 
sous la forme d'un corbeau; sa voix est rauque : 
ndanmoins il donne l'eloquence et ramabilit6; il 
enseigne les beaux- arts. Dix-neuf tegions lui 
obeissent. 

On voil que ce n'est plus la le Gerbere des an- 
ciens, ce redoutable chien, portier incorruptible 
des enfers , appele aussi la bete aux cent tetes, 
ccnlkcps hellua y a cause de la multitude de ser- 
pents dont ses trois crinieres etaient ornees. He- 
siode lui donne cinquante tetes de chien; mais 

1 Hoistuaux, Hisioires prodigieuscs , t. I. 



on s'accorde generalement a ne lui en recon- 
naitre que trois. Ses dsn ts etaient noires et tran- 
chantes, etsa morsure causait une prompte mort. 
On croit que la fable de Gerbere remonte aux 
Egyptiens, qui faisaient garder les tombeaux par 




JAflAULT 



des dogues. Mais e'est principalement ici du dd- 
mon Cerberus qu'il afallu nousoccuper. En 1586, 
il fit alliance, avec une Picarde nominee Marie 
Martin.' Voy. Mabtin. 

Cercles magiques^Onne pent guere evoquer 
les demons avec surete sans s'etre place dans un 
cercle qui garantisse de leur atteinte, parce que 
leur premier mouvement serait d'empoigner, *si 
Ton n'y mettait ordre. Voici ce qu'on lit a ce 
propos dans le fatras intitule Grimoire du pape 
Honorkts: « Les cercles se doivent faire avec du 
charbon, de 1'eau benite aspergee, ou du bois 
(Tune croix benite... Quand ils seront faits de la 
sorte, et quelques paroles de l'fivangile (Scrites 
an tour, du cercle, sur le sol, on jettera de l'eau 
benile en disant tine priere superstilieuse dont 
nous devons ciler quelques mots : « — Alpha , 
» Omega, Ely, Eloh*§, ZebahoV filion, Saday. 
» Voila le lion qui est vainqueur de la tribu de 
» Juda, ratine de David, .rouvrirai le livre et 
» ses sept signets... » il est facheux que l'auteur 
de ces belles oraisons ne soit pas connu, on 
pourrait lui faire des compliments. 

On r6cite cela apres quelque forinule de con- 
juration, et les espritsparaissenL Foy. Conjura- 
tion. Le Grand Grimoire ajoute qu'en entrant 
dans le cercle, il faut n'avoir sur soi aucun mdlal 
impur, mais seulement do Tor ou de 1'argent, 
pour jeler la piece a r esprit. On plie cette pi6ce 
dans un papier blanc, sur lequel on n'a rien <5crit; 
on l'envoie a l'esprit pour rempecher de nuire ; 
et, pendant qu'il se baisse pour la ramasser de- 
vant le cercle , on prononce la conjuration qui le 
soumet. LoDragoji rouge recommande les memes 
precautions. 

11 nous reste a parlerdes cercles que les sor- 



CER 



— 150 



GER 



ciers font au sabbat pour leurs danses. On en 1 
montre encore dans les campagnes ; on les ap- 
pelle cercles du sabbat on cercles des fees, parce 
qu'on croyait que les fees tra§aient de ces cercles 
magiques dans^ leurs danses au clair de 3a lune. 
lis ont quelquefois douze ou quinze toises de dia- 
metre et contiennent un gazon pele a la roade de 
la largeur d'un pied, avec tin gazon vert au mi- 
lieu. Quelquefois aussi tout le milieu est aride, des- 
seche, el la bordure tapissee d-un gazon vert* 
Jessorp et. Walker, dans/cs Transactions philoso- 
phiques, altribuent ce phenomene au tonnerre : 
ils en donnent pour raison que 'c'est le plus sou- 
vent apres des orages qu'on aperqoit ces cercles. 
D'autres savants ont pretendu que les cercles 
magiques etafent Fouvrage des fourmis, parce 
qu'on trouve souvent pes insectes qui y travail- 
lent en foule. On regarde encore aujourd'hui, 
dans les campagnes peu eclairdes, les places ari- 
des comme le rond du, sabbat. Dans la Lorraine, 
les traces que forment sur le gazon les tourbil- 
lons des venls et les sillons de la foudre passent 
toujours pour les vestiges de la danse des fees, 
et les paysans ne s'en approchent qu'avec ter- 
reur i . 

Cercueil. L'epreuve ou jugement de Dieu par 
le cercueil a (5te longlemps en usage. Lorsqu'un 
assassin > malgre les informations, restait inconnu, 
on depouillait entiferement le corps de la victime; 
on. le mettait dans un cercueil , et tons ceux qui 
etaient souptjonnes d'avoir eu part au meurtre 
etaient obliges de le toucher. Si Ton remarquait 
un mouvement, un changement dans les yeux, 
dans la bouche ou dans toute autre parlie du 
mort, si la plaie saignait, — celui qui touchait 
le cadavre dans ce mouvement extraordinaire 
etait regards et poursuivi comme coupable. Ri- 
chard Coeur de lion s'etait revoke contre Henri II 
son pere, a qui il succeda. On rapporLe qu'apres 
la mort de Henri II, Richard s'etant rendu a 
Fontevrault, ou le feu roi avait ordonne sa se- 
pulture, a l'approche du fds rebelle, le corps du 
malheureux pere jela du sang par la bouche et 
par le nez , et que ce sang jaillit sur le nouveau 
son vera in. On cite plusieurs exemples sembla- 
bles, dont la terrible morale n'etait pas trop forte 
dans les temps barbares : 

Voici un petit fait qui s'est passe en tfcosse : 
— Un fermier , nomme John Mac Intos, avait eu 
quclques contestations avec sa sceur Fanny Mac- 
Allan, Peu de jours apres il mourut subitement. 
Les magistrats se rendirent chez lui et remar- 
querent qu'il avait sur le visage une large bles- 
sure, de laquelle aucune goutte de sang ne s'e- 
chappait. Les voisins de John accoururent en 
foule pour deplorer sa perte; mais, quoique la 
maison de sa soeur fut proche de la sienne, elle 
n'y entra pas et parut peu affeclee de cet evene- 

1 Madame Elise Voiart, notes au livre I er de la 
Vierge d'Arduene. 



ment. Gela suftitpour exciter parmi les ministres 
et les baillis le soupcon. qu'elle n'y etait peut- 
elre pas etrangere. En consequence, ils lui oiv 
donnerent de se rendre pres du- defunt et de 
placer la main sur son cadavre. Elle y coiisentit; 
mais avant de le faire , elle s'ecria d*une voix 
solennelle : Je souhaile humblement que le Dieu 
puissant qui a ordonne au soleil d'eclairer Puni- 
vers fasse jaillir de celte plaie un rayon de lu- 
miere dont le rellet designera le coupable. Des 
que ces paroles furenfc achevees , elle s'approcha, 
posa legerement un de ses doigts sur la blessure, 
et le sang coula immediatement. Les magistrats 
crurent y voir une revelation du .Giel ; et Fanny, 
condamnee, fut executee le jour meme. 

On voit dans la vie de Charles le Bon , par 
Gualbert, que les meurtriers en Flandre, au dou- 
zieme siecle , apres avoir tue leur victime, man- 
geaient et buvaient sur le cadavre , dans la per- 
suasion qu'ils paralysaient par cette ceremonie 
toute poursuite contre eux aToccasion du meur- 
tre. Les assassins de Charles le Bon avaient pris 
cette precaution ; ce qui ne les empecha pas d'etre 
tous mis au supplice. 

Cercopes, demons mediants et impies, dont 
Hercule reprima les brigandages. 

Cerdon, heretique du deuxieme si&cle, chef des 
cerdoniens. 11 enseignait que le monde avait ete 
cree par le demon, et admettait deux principes 
dgaux en puissance. . 

Ceres. « Qu'elaient-ce que ie& mysteres de 
Geres a fiteusis, sinon les symboles de la sorcel- 
lerie, de la magie et du sabbat? A ces orgies, on' 
dansait au son du clairon , comme au sabbat des 
sorcieres; et il a'y passait des choses abomina- 
bles, qu'il etait defendu aux proles de reveler » 
On voit dans Pausanias que les Arcadiens re- 
presentaient Ceres avec un corps de femme et 
une tete de chevaL On a donne le nom de Cerk 
a une planete decouverte par Piazzi en 1801. 
; Cette planete n'a encore aucune influence sur les 
horoscopes. Voy. Astivologie. 

Cerf. L' opinion qui donne une 1'rfes-longue vie 
a certains .animaux , et principalement aux cerfs, 
est fort ancienne. H&iode dit que la vie de rhomme 
finit a quatre-vingt- seize ans, que celle de la 
corneille est neuf Ibis plus longue, et que la vie 
du cerf est quatre fois plus longue que celle de la 
corneille. Suivant ce calcul, la vie du cerf est de 
trois mille quatre. cent cinquante-six ans. 

Pline rapporte que, cent ans aprfes la mort 
d' Alexandre, on pritdans les forets plusieurs cerfs 
auxquels ce prince avaiL attach^ lui-meme des 
colliers. On trouva, en 1037, dans la foret de 
Senlis, un cerf avec un collier portant ces mots : 
Cmsar hoc me donavit. « C'est Cesar qui me l'a 
donne ; ^ mais quel C<5sar ? Ces circonstances ont 
fortifie toutefois le conte d'Hesiode. Les cerfs ne 
vivent pourtant que trehte-cinq a quarante ans, 
' Leloyer, Disc* et MsL des spectres, p. 689, 768. 



CER 



— 151 — 



CfiS 



Ce que Ton a debite cle leur longue vie, ajoute 
BuiTon 9 n'est appuye sur aucun fondement; ce 
n'esl qu'un prejuge populaire, donl Arislote lui- 
meme a revele 1'absurdiLe. Le collier du cerf de 
la foret de Senlis ne peut presenter une enigme 
qu'aux personnes qui ignorent que tous les em- 
pereurs d'Allemagne ont ete designes par le nom ; 
de Cesar. - 1 

Une autre tradition touchant le cerf, c'est que. 
la partiQ destinee a la generation lui tombe cha- 
que annee., Apres avoir ainsi observe ce qui- a 
lien par rapport a son bois, on s'est persuade 
que la meme chose arrivait a la partie en ques- 
tion, ^experience et la raison defcruisent egale- 
ment une opinion si absurde *• 

Cerinthe, heretique du temps des apotres. II 
disait que Dieu avait cree des genies charges de 
gouverner le monde ; qu'un de ces genies avail 
fait tous les miracles de l'histoire des Juifs; que 
les enfants. de ces esprits etaient devenus des de- 
mons, et que le Fils de Dieu iVetait descendu 
sur la lerre que pour miner le ■pouvoir- des mau- 
vais anges. 11 avait ecrit des revelations qu'il 
pretendait lui avoir ete faites par: un ange de 
bien, avec qui.il se. vantait de converser familie- 
rement. « Mais cet ange , comme dit Leloyer> 
eLait un chenapant de demon , etpas autre chose. » 

Cerne, mot vieilli. G*dtait autrefois le nom 
qu'on donnait au cercle que les magiciens tra- 
?aient avec leur baguette pour evoquer les de^ 
mons. 

Ceromancie ou Ciromancie. Divination par 
le moyen xle la cire, qu'on faisait fond re et qu'on 
versait goutte a goutte dans un vase d'eau, pour 
on tirer, selon les figures que formaient ces 
gouttes, des presages heureux ou malheurenx. 
Los Turcs cherchaient surtout a decouvrir ainsi 
les crimes et les larcins. 31s faisaient fondre un 
morceau de cire a petit feu, en marmottant quel- 
ques paroles ; puis ils otaient cette cire fondue 
de clessus le brasier, et y trouvaient des figures 
qui indiquaient le voleur, sa maison et sa re- 
IraiLe. Dans V Alsace, au seizieme siecle, et peut- 
Glre encore aujourd'hui, lorsque quelqu'un est 
malade et que les bonnes femmes veulent de- 
couvrir qui lui a envoye sa maladie, elles pren- 
nenl autant de cierges d'un poids egal qu'elles 
soupQonnent d'etres ou de personnes; elles les 
allument, et celui dont le cierge est le premier 
consume passe dans leur esprit pour l'auteur du 
malefice 2 . 

Cerveau. Les quarterons de savants qui ont 
aUaque le dogme de 1' unite de l'esp&ce humaine 
out avance que le cerveau des nfegres etait infe- 
ricur au cerveau des blancs. Mais le savant Tied- 

1 Brown, Essais sur lescrmtrs^ etc., t. 1, liv. Ill, 
di. x. M. Salgues, Des erreurs et des prejuges } t. II, 
!>• 245. Buflbn, Histoire nalurelle, etc. 

Delancre, Incredidite et mecreance da sortilege 
Vmnemenl convaincuc, traite V. Delrio, liv. IV. 



man a parfaitement etabli et prouve qu'il n*existe 
aucune difference appreciable dans le poids moyen 
et les dimensions moyennes du cerveau du negre 
et de I'Europeen. La leg&re difference qu'on re- 
marque dans sa forme exterieure disparait dans 
la structure interne. . 

Cervelle, On fait merveille avec la cervelle 
de certaines betes. L'auteur des Admiralties se- 
crets d* Albert le Grand dit, au liv* III, que la 
cervelle de lievre fait sortir les dents aux enfants,. 
lorsqu'on leur en frotte les gencives. II ajoute 
que les personnes qui ont peiir des revenants se 
guerissent de leurs terreurs paniques, si elles 
man gent souvent de la cervelle de lievre. La 
cervelle de chat ou de chatte, si on s-'en frotte 
les dehors; du gosier , guerit en moins de deux 
jours les inflammations qui s*y font sentir, mais 
apres une crise de fifevre violente. Les premiers 
homines ne mangeaient la cervelle d'aucun ani- 
mal, par respect pour la tele > qu'ils regardaietit 
comme le siege de* la vie et du sentiment. : < 

Cesaire ou Gesarius d'Heisterbach (Pierre), 
moine de Citeaux, mort en 12/jO. On lui doit un 
recueil de miracles ou les demons figurent trfes- 
souven t 1 . Ce recueil , nous ne : - saurions trop^ on 
dire la raison, a ete mis a Tindex en Espagnei II 
est cite plusieurs fois dans ce dictionnaire, 

Cesaire (Saint). Voy. Miuabilis libkr. 

Gesalpin (Andre), rntklecin du seizieme sifccle, 
ne aArezzo en Toscane, anteur de liechcrches sur 
les Ddmons , ou Ton explique le passage d'Hip- 
pocrate, relatif aux causes surnaturelles de cer- 
taines maladies 2 . Ce traite, compose a la prifere 
de 1'archeveque de Pise, parut au moment ou les 
religieuses d'un couvent de cette ville- etaient 
obs^dees du demon. L'archeveque demandait a 
tons les savants si les contorsions de ces pauvres 
lilies avaient une cause naturelle ou surnatu- 
relle. Cesalpin, particulieremeht consult^, re- 
pondit par le livre que nous citons. 11 commence 
par exposer une immense multitude de fails at- 
tributes aux demons et a la magie. Ensuite il dis- 
cute ces faits ; il avoue qu'il y a des demons* 
mais qu'ils ne peuventgufere communiquer ma- 
teriellement avec Thomme; il termine en se sou- 
metlant a la croyance de Tfiglise. 11 declare que 
la possession des religieuses de Pise est surnatu- 
relle; que les secours de la m<§decine y sont in- 
suflisants, et qu'il est bon derecourir au pouvoir 
des exorcistes. 

Cesar (Gains Julius). On a raconte de cet 
hommefameux quelques merveilles surprenantes. 

Suetone rapporte que, Cesar 6lant avec son 

1 Illustrium miraculorum el historiarum memora* 
bilium Ubri XII, a Cwsario Heisierhachensi, ordinis 
cisterciensis , etc. In-8°. Antverpiae, 4C05. Nurem-: 
berg, \ 481 . In-fol. Cologne, 4599. In-8*>. Douai, \ 604. 

2 Dcemonum investigatdo peripatetica f in qua ex- 
plicatur locus Hippocratis : si quid divinum in morbis 
habeatur* In-4°. Florence, 4 580. 



CES 



— 152 — 



CHA 



armee sur les bords du Rubicon que ses soldats 
hesitaient a traverser, il apparut un inconnu de 
taille extraordinaire qui s'avanga en sifilant vers 
legeneraL Les soldats accourur.ent pour le voir; 
aussitot le fantome saisit la trompette de Tun 
d'euxi sonne la .charge, passe le fleuve ; el Cesar 
s'ecrie, sans deliberer davanlage : . — Altons ou 
les presages des dieux et Pinjustice de nos en- 
nemis nous.appellent. — L'armee le suivit avec 
ardeur. 

Lorsqu'il debarqua en Afrique pour faire la 
guerre a Juba, il tomba a terre. Les Romains se 
troublerent de ce presage; mais Cesar rassura 
les esprits en embrassant le sol et en s'ecriant, 
comme si sa chute eut ete volontaire: « Afrique, 
tu es a moi, car je te tiens dans mes bras. » 

On a vante Petonnanie force de ses regards; 
on a dit que des cotes des Gaules * il voyait ce 
qui se passait dans rile des Bretons. Roger Bacon, 
qui ne doute pas de ce fait, dit que Jules Cesar 
n'examinait ainsi tout ce qui se faisait dans les 
camps et dans les villes d'Angleterraqu'au moyen 
de grands miroirs destines a cet usage* 

On assure que plusieurs astrologiies pr&lirent 
a Cesar sa mort funeste ; que sa.femme Cat- 
purnie lui conseilla de se defier des ides de mars ; 
qu'un devin celebre tacha egalement dei'effrayer 
. par de sinistres presages lorsqu'il se rendait au 
sSnat, ou il devait 6tre assassin^ ; toutes choses 
cont<§es apres l'ev&iement. 

On ajoute qu'une comete parut a Pinstant de 
sa mort On dit encore qu'un spectre poursuivit 
Brutus, son meurtrier, a la bataille de Philippes; 
que, dans la meme journee, Cassius crut voirau 
fort de )a melde Cesar accourir a lui a toute bride, 
avec un regard foudroyant,.et qu-effraye de cette 
vision terrible, il se perga de son 6pee. 

Quoi qu'il en soit, Jules G6sar fut mis au rang 
des dieux par ordre d'Augusle, qui prelendit que 
Vfinus avait emporte son ame au ciel. On le re- 
presentait dans ses temples avec une dtoile sur 
la tete, a cause de la com&te qui parut au moment 
de sa mort. 

C6sarjCharlatanqui vivait a Paris sous Henri IV, 
etqui dtait astrologue, necromancien, chiroman- 
cien , physicien , devin , faiseur de tours magi- 
ques. II disait la bonne aventure par Pinspection 
des lignes de la main. 11 guerissait en pronon- 
<jant des paroles et par des attouchements. 11 ar- 
rachait les dents sans douleur, vendait assez cher 
de petits joncs d'or dmailles de noir, comme ta- 
lismans qui avaient des proprietds merveilleuses 
contre toutes les maladies. 11 escamotait admira- 
blement et faisait voir le diable avec ses cornes. 
Quant a cette derniere operation, il semble qu'il 
voulait punir les curieux d'y avoir cm ; car ils 
en revenaient tou jours si bten rosses par les su- 
jets de Belzebuth, que le magicien lui-mdme etait 
oblige de leur avouer qu'il etait fort imprudent 
de chercher a les connaitre. Le bruit courut a 



Paris, en 1611, que l'enchanteur Cesar et un 
autre sorcierdeses amis avaient ete etrangles parle 
diable. On publia meme, dans un petit imprime, 
les details de cette aventure infernale. Ce qu'il y 
a de certain , c'est que Cesar cessa tout a coup 
de se montrer. II n'etait cependant pas mort; il 
n'avait meme pas quitte Paris. Mais il etait de- 
venu invisible, comme quelques autres que Pfilat 
se charge de loger *. Voy. Rhggi£ri. 

Cesara. Les Irlandais croient remonter a Ce- 
sara, petite-fille de ftoe, disent-ils, qui se re- 
fugia dans leur ile, oil par grace speciale> elle 
fut a Pabri des'eaux du deluge. 

Cesonie , femme de Caligula. Suetone conte 
que, pour s'assurer le .coeur de son augusLc 
epoux, elle lui fit. boire un philtre qui acheva 
de lui faire perdre P esprit. On pretend qu'il y 
avait dans ce philtre cle Phippomane, qui est un 
morceau de chair qu'on trouve quelquefois , dit- 
on, au front du poulain nouveau ne. Voy. Hip- 
pom AN!?. ■ 

Ceurawats, sectaires indiens, qui ont si 
grande peur de detruire des aniinaux , qu'ils so, 
couvrent la bouche d'un linge pour ne pas ava- 
ler cPinsectes. lis admettent un bon et un mau- 
vais principe , et croient a des transmigrations 
perpetuelles dans diflerents corps d'hommesou 
de betes, 

Cevennes. Voy. Dauphin^. 
Ceylan. Les habitants croient que cette ile 
fut le lieu qu'Adam et Eve habiterent, apres 
avoir etc chasses du jarclin de ddlices. 
Ghabbalach. Voy t Malagiie. 
Chacon (Aiphonse), en latin Giacomus, do- 
minicain espagnol du seizieme siecle, auteur du 
traite traduit par Cayet : Comment Vume ck Tra- 
jan fut delivrde de Venfer 2 . 

Chacran, tonnerre de Wishnou. Les Jndiens 
le representent sous la figure d'un cercle qui 
vomit du feu de tous cotes, comme nos soleils 
d'artifice. 

Chahriver , amschaspand qui preside anx 
richesses metalliques enfouies dans le sein de la 
terre. 

Ghalne du diable. C'est une tradition parmi 
les vieilles femmes de la Suisse que saint Ber- 
nard tient le diable enchaine dans quelqu'une 
des montagnes qui environnent Pabbaye de 
Clairvaux. Sur cette tradition est fondle la cou- 
tnme des marechaux du pays de frapper tons les 
lundis, avant de se meltre en besogne, irois 
coups de marteau sur Penclume pour resserrer 
la chalne du diable > afin qu'il ne puisse s'e- 
chapper. 

Chaire salee. On donnait ce nom en Cham- 
pagne a une nionstrueuse effigie de dragon que 
Pon promjsnait a Troyes dans les processions 

1 Charlatans celebres, t. I, p. 202- 

2 Tractates de liberatione animce Trajani ifflpfQ' 
tarisapamis infcrni, etc. Rome, 1576. Reggio, 4 885. 



des Rogations. Cetait un symbole de I'berdsie 
domptee par saint Loup. Le jansenisme a sup- 
prime de nos fetes ces accessoires, qui attiraient 
la foule et qui rappelaient des souvenirs utiles. 

Chaires de magie. II y a eu de ces chaires 
lenues secretement al'universite de Salamanque, 
a Tolede, au paysde Naples et en d'autres lieux, 
au moyen age; et assurement il y en a encore 
aujourd'hui. * . ■ * 

Chais (Pierre), minisLre protestant, ne a 
Geneve en 1701. Dans son livre intitule U Sens 
{literal ckVEcvilnre sain le., etc., traduit de Tan- 
glais, de Stackhouse, 3 volumes h>8v 1738, il 
a mis une curieuse dissertation , dont il est Tau- 
teur, sur les demoniaques. 

Chalc6doine. On conte qu'apres "que les 
Perses eurent ;ruine Chalcedoine , sur le Bos- 
pliore, Gonstantin le Grand voulut la rebatir, 
parce qu-'il en aimait le sejour. Mais des aigles 
vinrent qui, avec leurs serres, enleverent les 



pierres des mains des ouvriers. Ge prodige se 
repeta tant de fois, qu'il falluL renoncer a re- 
construire la ville, si bien que l'empereur alia 
bath* Constantinople.*.. 

Chaldeens. On pretend qu'ils trouverent 1'as- 
Irologie ou du moins qu'ils la perfeclionnerent. 
lis eiaient aussi habiles magiciens, ■ 

Cham, troisieme fils de Nod, inventeur ou 
conservatear de la magie noire. 11 perfeelionna 
les divinations et les sciences superstitieuses, 
Cecco d'Ascoli dit, dans le cbapitre iv de son 
Commentaire sur la Sphere de Sacrobosco, avoir 
vu iin livre de magie composd par Cham, et 
con tenant tes Elements et la pratique de la t\6- 
cromancie. II enseigna celte science redoutable 
a son fils Misraim, qui, pour les merveilles qu'il 
faisait, fut appele Zoroastre, et composa, sur 
cet art diabolique, cent mille vers, selon Suidas, 
et trois cent mille, selon d'autres. — Les mons- 
truosites de Cham lui atlirerent, dit-on , un cha- 




Chamciiu. 



Limont terrible; il fut -emporte par le diable a 
la vue de ses disciples* 

Berose pretend que Cham est le meme que 
Zoroastre. Annius de Viterbe pense que Cham 
pourrait bien 6 ire le type du Pan des anciens 
palens 1 , Kircher dit que c'est leur Saturne et 
leur Osiris. D'autres pretendent que c'est Cham 
Chamos qui fut adore sous le nom de Ju- 
Pitcr-Ammon. On dit encore que Cham a in- 
veni^ l'alchimie , et qu'il avait laisse une pro- 
phdlie dont Pheretique Isidore se servait pour 
foirc des proselytes. Nous ne la connaissons pas 
fulrement que par un passage de Christopbe 
Sai ^, qui dit que Cham, dans cette prophetie , . 
annongait l'immortalile de Tame 2 . 

^Comment, ad Berosi lib, IIL Wierus, De prats- 

l % lS p^\ ( 1 UG ^ an est l e prince des demons incubes. 
Lhristop. Sandii lib. de ovigine animm, p. 99. 



Chamans, pretres sorciers des Yacouts. Voy. 
Mang-Taar. 

Chambres infestees. Voy< Chat, Deshou- 
LiferiES, Despiluers, Athenagoue, Ayola, etc, 

Chameau. Les musulmans ont pour cet ani- 
mal une espece de veneration; ils croient que 
c'est un peche de le trop charger ou de le faire 
Iravailler plus qu'un cheval. La raison de ce 
respect qu'ils ont pour le chameau , c'est qu'il 
est surtout commun dans les lieux sacrds de 
l'Arabie, et que c'est lui qui porte le Koran, 
quand on va en pelerinage a la Mecquc. 

Mahomet a mis dans son paradis la chamelle 
du prophete Saleh 4 . 

Les conducleurs des chameaux , aprks les 
avoir fait boire dans un bassin, prennent 1'dcume 

1 Yoyez 1'histoire de cette chamelle dans les Le- 
gend cs de VAncicn Testament., 




GHA 



— 154 



CHA 



qui decoule de leur bouche et s'en frottent de- 
volernent la barbe, en disant : « p6re pelerin ! 
opere pfelerin! » Ilscroient que cette ceremonie 
les preserve de mechef dans leur voyage. — Les 
Turcs croient aussi que la peau du chameau a 
des vertus propres aux operations -magiques. 

On voit dans les Admiralties Secrets d* Albert 
le Grand i livre II, chap, in* que -."« si le sang 
du chameau est mis dans la peau d'un taureau 
pendant" que les eloiles brillent, lafumee qui en 
sortira fera qu'.on croira voir un geant dont la 
tete semblera Loucher le ciel. Hermes assure 
Pavoir eprouve lui-meme* Si quelqu'nn mange 
de ce sang , il deviendra bientot fou; et si Ton 
allurne ime Jampe qui aura ete frottee de ce 
meme sang, on s'imaginera que tous ceux qui 
seront presents auront des ■ teles' de: chameau, 
pourvu cependant qu'il n'y ait point ,d J auti ? e 
lampe.qui eclaire la chambre, » Votj. JisXn-Bap- 

TISTE, 

Chammadai , le meme qtiAsmode'e. 

Ghamos, demon de la ilatlerie , membre du 
conseil infernal. Les Ammonites et les Moabites 
adoraient le soleil, sous le nom de Chamos,.Ka^ 
mosch ou Kemosch ; et Milton Pappelle V obscene 
terreur des enfa?its de Mbab. D ? autres le con- 
fondent avec JupiLer-Am.mon. Vossius a cru que 
c'etait le Comus des Grecs et des ftomains, qui 
elait le dieu des jeux, des danses et des bals. 

Ceux qui derivent ce mot de Fhdbreu Kamos 
pretendent quUl sigriilie le dieu cache, c'esl-a- 
direPluton, dont la demeure est aux enfers. 

Chamouillard , noueur d'aiguillette et co- 
quin coupable de plusieurs mefaits, qui fut 
condaume, par arrGt du parlemenj, de Paris,. en. 
1597, a etre pendu etbrule, pour avoir male- 
fieie ime demoiselle de la Barrifere. Voy. Liga- 
tures, 

Champ du rire. Annibal, lorsqu'il faisail'le' 
siege de Rome, se retira, dil-on, de devant cette 
ville, epouvanle de vaines terreurs et de fan- 
tomes qui troublerent ses esprils. Les Romains, 
le voyant lever le siege , pousserent de tels 
cris de joie et firent de si grands eclats de rire, 
que le lieu d'ou il decnmpa s'appela le Champ 
du rire. 

Ghampier (Symphorien), Lyonnais du quin- 
zi6me siecle, qui a publid en 1503 la Ncf des 
dames verltteuses, en quatre livres melesde prose 
et de vers, dont le troisieme conLient les pro- 
pheties des sibylles. On l'a soupgonne a tort 
d'etre l'auteur du traile des Trols Imposteurs; 
lfiais il a laisse un petit livre intitule De Tri~ 
plici disciplina. In-8°, Lyon, 1508. On lui doit 
aussi des dialogues sur la n&essite de pour- 
suivre les magiciens- 1 .. 

Champignon. Les Hollandais appellent le 
champignon pain du diable (duivels-brood). 

1 Dialogus in magicavum arthtm destructionem. 
In-4°. Lyon, Balsarin, sans date (vers 4507). 



Chandelle. Cardan pretend que pour savoir 
si un tresor est enfoui dans un souterrain ou 
Pon creuse dans ce but, il faut avoir ime grosse 
chandelle, faite de suifhumain, enclavee dans 
un morceau de coudrier en forme de croissant, 
de maniere a ligurer avec les deux branches 
une fourcbe a trois rameaux. Si la chandelle, 
etant allumee dans le ; lieu souterrain, y fail 
beaucoup.de- bruit en petillant avec eclat, c'esl 
une marque qu'il y a un fcnSsor* Plus on appro- 
chera du tresor ^ plus la chandelle pelillera- 
enfin elle s'eteindra quand elle en sera tout a 
fait voisine. 

Ainsi il faut, avoir d'aulres chandelles dans 
d'es lanterneSj alin de ne pas demeurer sans 
Iumiere: Quand on- a des raisons solides pour 
croire que ce sont les esprits des hommes de- 
funts qui garden t les tresors, il est bon de teiiir 
des cierges benits au lieu de chandelles com- 
munes; et on les conjure de. la part de Dieu de 
declarer si Yon pent faire quelque chose pour 
les mettre en Heu de repps ; il ne faudra jamais 
manquer d'executer ee qu*ils auront deinande J . 
' Les chandelles servenl a plus d'un: usage. On 
voit dans tous les demonograpbes que les sor- 
cieres, au sabbat, vont baiser le derriere du 
diable avec une chandelle noire a la main. Bo- 
guet dit qu'elles a) lumen t ces chandelles a un 
■flambeau qui est sur la tete de bouc du diable, 
entre ses deux cornes, 4 et qu'elles s'eteignent el 
s't5vanouissent des qu'on les lui a offer tes a . 

N*-6ublions pas que trois chandelles ou trois 
bougios sur une table sont de mauvais auguro; 
et que quand de petits charbons se detachenl do 
la Iumiere d'une chandelle, ils annoncent, scion 
quelques-uns , une visite 3 ; mais, selon le sen- 
timent plus gdneral , une' nouvelle, agreable s'ils 
augmentent la Iumiere^ facheuse s'ils Paffai- 
blissenL 

Chandelle de la mort. Voy. Canwyll-corwi. 

Chant. JLe chant des possedes est loujours 
altere, de maniere que les femmes onl une voix 
d'homme et les hommes une voix de fern me. 

Chant du coq. 11 dissipe le sabbat. 

Ghaomancie, art de predire les choses fu- 
tures par le moyen des observations qu'on fait 
sur Pair, Cette divination est employee par quel- 
ques alchimistes, qui ne nous en ont pas donne 
le secret. 

Chapeau venteux. Voy. Eric. 

Chapelet. On a remarque pertinemment qiic 
tous les chapelets de sorcieres avaient une croix 
cass^e ou endommagee : c'6tait m6me un indice 
de sorcellerie qu'une croix de chapelet qui 
n'dtait pas entiere. 

Chapelle du damne. Raymond Diocres, 
chanoine de Notre-Dame de Paris , mourut en 

1 Le solide tresor du Petit Albert, 

2 Discours des sorciers, ch. xxn. 

3 Brown , liv. V, ch. xxm. 



CHA 



— 155 — 



CHA 



i reputation de saintele vers Tan 1084. Son corps 
ayant ete porle dans le chdjur.de la calhedrale, 
5 il leva la tete hors du cercueil a ces graves pa- 
5 roles de r office des morts : — Repondez-moi , 
% quelles sont mes iniquites? Responde mihi quantas~ 
I habeo iniquitates? etc., et qu'il dit : Justo ju- 
I (lido Dei accasatns swn. (J'ai ete cite devant le 
I juste jugement de Dieu.) Les assistants effrayes 
I suspendirent le service et le remirent au lende- 
I main, Ea attendant , le corps du chanoine resta 
| depose dans une chapelle de Nolre-Dame, la 
! meme qu'on appelle depuis la Chapelle du. 
I (\mnnL Le lendemairi on recommenqa Foilice : 
1 lorsqu'on fut au meme verset, le mort parla de 
I nouveau et dit : — Justo Dei judicio judicakts 
| sum. (J'ai ete juge au juste jugement de Dieu.) 
I 0a remit encore Toffice au jour suivant, et au 
| meme. verset le mort s'ecria : Jitsto Deiju- 
j ditio condemnatus sum. ( J'ai ete condamne au 
I juste jugement de Dieu, ) La-dessus, dit la chro- 
f nique, on jeta le corps a la voirie; et ce miracle 
IS elTrayant futxause, selon quelques-uns, de la 
| retraite de saint Brunoy qui s'y trouvait present. 
^ Quoique cette anecdolersoit contestee, elle est 
% consacree par des monuments. La peinture s'en 
f estemparee, el le Sueur en a tire parti dans sa 
5 belle galerie de Saint-Bruno. 
| Chapuis (Gabriel), ne a Amboise en 1&46. 
| Nous citerons de ses ouvrages celui qui porle ce 
| litre ; les Mondes cdlestes, terreslres et infernaiix, 
i eLc, tire des Mondes de Doni; in-8°, Lyon, 1583, 
t G'cst im ouvrage satirique. 
% Char de la mort, Voy. Buouette. 
| Gharadrius, oiseau immonde que nous ne 
I connaissons pas; les rabbins disent qu'il est mer- 
it veilleux, et que son regard gutMt la jaunisse. II 
| hnl pour cela que le malade et Toiseau se re- 
| gardent flxement; car si Toiseau deLournait la 
| vue, le malade mourrait aussitoL 
l Charbon d'impurete, Tun des demons de la 
■| possession de Loudun. Voy. Louihjn. 
% Charite. Les offenses a la charite sont quel- 
i quefois punies par la justice divine. On lit dans 
% les Ada sanctorum* « qu'un Espagnol connu 
% sous le nom de Michel de Fontarahie, ayant 
5 crachd dans la main d'un pauvre mendiant qui 
i lui demandait I'aumone, fut aussilol renversc 
| par terre, et, devenu furieux et possedd, se de- 
^ inena en criant que saint Yves et d'autrcs per- 
■i sounages vetus de blanc le rouaient de coups. » 
I "~-0n cite beaucoup d'autres hommes durs aux 
5 pauvrcs qui ont etd poss&Ies des demons. 

Charlatans, On attribuait souvent autrefois 

aux sorciers ou au diable ce qui n'etait que 1'ou- 
■; vrage des charlatans. Si nous pensions comme 

a « seizieme siecle, lous nos escarnoteurs seraient 
... des sorciers. 

Yoici ce qu'on lit pour tan t dans le Voyage de 

Schoxiicn aux Indes orientales : 

1 49 mai, Vie de saint Yves de Kermartin* 



« II y avait au Bengale un charlatan qui, en 
faisant plusieurs tours de souplesse, prit -...une 
canne longue de vingt piedsvau bout de la- 
quelle etait une petite planche large de trois ou 
quatre pouces ; il mit cette canne a sa ceinlure , 
apres quoi une fille de vingt-deux ans lui virit 
sauter legerement par derriere'Sur les epaules, 
et, grimpant au haut de la canne, s'assit dessus; 
les jambes croisees et les bras etendus J Apres 
cela,- rhomme ayant les deux bras balances 
commenqa a. marcher a grands pas:, poiiant 
ton jours cette fille sur le bout de la caniie, ten- 
dan t le ventre pour Tappa-yer^ et regardant sans 
cesse en baut pour tenir la machine en equi- 
libria La "fille. descendit adroitement, remonta 
derechef et se pencha le ventre sur le baton, 
en frappant des mains et des pieds les uns 
contre les autres^-Le charlatan ayant mis alors 
le baton sur sa tete, sans le tenir ni des mains 
ni des bras , cette memelille et une autre petite 
Mauresque de quinze ans monlerent dessus Tune 
apres I'autre; rhomme: les porta ainsi autour de 
la place en courant et se; penchant, sans qu'il 
leur arrive le moindre mal. Ces deux memes 
filles marchferent sur la corde la tete en bas, et 
firent une multitude d'autres tours de force trfes- 
merveilleux. Mais quoique plusieurs d'entre nous 
crussent'que tous ces tours de souplesse fussent 
fails par art diabolique, il me semble qu'ils pou- 
vaient se faire naturellement; car ces lilies , qui 
etaient tres-adroiles , subtiles , et dont les mem- 
bres etaient grandement agiles, faisaient tout 
cela a force de s'y etre accoutumees et exer- 
cees. » 

II y a eu des charlatans de toutes les especes : 
en 1728, du temps de Law, un certain Villars 
confia a quelques amis que son oncle, qui avait 
vecu prfes de cent ans, et qui rf'dtait mort que 
par accident, lui avait laissd le secret d'une eau 
qui pouvait aisdment prolonger la vie jusqu'a 
cent cinquante annees, pourvu qu'on fut sobre. 
Lorsqu'il voyait passer un enterrenient, il levait 
les epaules de pitid* « Si le defunt, disail-il , 
avait bu de mon eau , il ne serait pas ou il est. » 
Ses amis, auxquels il en donna genereusement, 
et qui observferent un peu le regime present, 
s'en trouverent bien et le prorierent; alors il 
vendit la bouteille six francs; le debit en fut 
prodigieux, G'dtait de l'eau- de Seine avec un 
peu de nitre. Ceux qui en prirent et qui s'as- 
treignirent au regime, surtout s'ils dtaient nes 
avec un bon temperament, recouvrerent en peu 
de jours une sante parfaite. II disait aux autres : 
— C'est voire faute si vous n'eles pas entiere^ 
ment gueris, — On sut enfin que l'eau de Villars 
n'<5lail que de l'eau de rivifcre ; on n'en voulut 
plus et on alia a d'autres charlatans. Mais celui- 
la avait fait sa fortune. Voy. Ame, Ciikvhe, 
Alkxanduk dk Paphlagonig, etc, 

Charles-Martel. On attribue a saint Eucher, 



CHA 



156 — 



CHA 



dveque d'Orleans, une vision dans laquelle, 
transports par un ange dans le piirgatoire, II vifc 
Charles-Martel qui expiait les pillages qu'il avait 
soufferts contre les biens de l'Eglise. A eeLte vi- 
sion, on ajoute ce conle que le tombeau de 
Charles-Martel fut ouvert, et qu'on-y trouva un 
serpent, lequel n'etait qu'un demon. Etla-dessus 
les philosopbes, s'en prenant au clerge, Tont ac- 
cuse de fraudes. Mais le tombeau de Charles- 
Martel n-a ete ouvert a Saint-Denis que par les 
profanateurs de 1793 \ 

Charlemagne. On, lit dans la legende de 
Berthe au grand pied que, P^pin le Bref voulant 
epouser Berthe, fill e.du com te de Laon, qu'il 
ne connaissait pas; ceux qui la lui amenaient, lui 
subslituerent une autre femme qu'il epousa. lis 



avaient charge des assassins detuer la princessc 
dans la forefc des Ardennes. Ay ant emu le«r 
pi tie, elle en obtint la vie, a condition de'se 
laisser passer pourmorte. Elle, se refugia cliez 
un meuriier, oil elle vecut plusieurs annees. . 

Un jour Pepin , egare a la cbasse, vint chez 
ce -meuriier. Son astrologue lui annonga qu'il se 
trouvait la une fille deslinee a quclque chose k 
grand. Berthe fut reconnue, ,retablie dans s&s 
droits; elle devint mere de Charlemagne. — La 
legende ajoute que la premiere, epouse de Pe- 
pin avait donne le jour a un fils, lequel, par 
la suite, elu pape sous le nom de Leon III , cou- 
ronna Charlemagne empereur d'Gccident 1 . 

11 serait long de rap porter ici lous les prodiges 
que Ton raconte de Charlemagne. Son regne est 




Charlemagne. 

l^poque cherie de nos romans chevaleresques. 
On voit toujours aupres de lui des enchanteurs, 
des geants, des fees. On a meme dit qu'il no 
porta la guerre en Espagne que parce que 
saint Jacques lui avail apparu pour 1'averlir qu'il 
retirat son corps des mains des Sarrasins. 

Ses guerres de Saxe ne sont pas moins fe- 
condes en merveilles, el les circonstances de sa 
vie privee sont rapportdes egalemenl d'une ma- 
niere extraordinaire par les chroniqueurs. 

On dil qu'en sa. vieillesse il devint si eper- 
dument epris d'une Allcmande, qu'il en negligea 
non-seulement les affaires de son royaume, mais 
meme le soin de sa propre personne. Celt 
femme etant morte, sa passion ne s'eteignil pas; 

1 Voyez Charles-Martel dans les Legcndes de lids- 
toire de France, 



c 



Berthe. 

de sorte qu'il continua d'aiiner son cadavre, 
dont il ne voulnit pas se separer. L'archeveque 
Turpin, ayant appris la diu^ee de cetle efifroyable 
passion, alia un jour, pendant l'absence do 
prince, dans la chambre oil elait le cadavre, 
afin de voir s'il n'y trouyerait pas quelque sort 
ou maldfice qui fut la cause de ce dereglc- 
menl. 11 visita exaclenient le corps mort, el 
trouva en eflet sous la langue un anneau qu'il 
emporta. Le meme jour Charlemagne, <Hant 
rentre dans son palais, fut fort elonnc d'y 
Irouver une carcasse sijjuante; et, se reveillant 
comme d'un profond somnleil, il la lit ensevelir 
promptement. 
Mais la passion qu'il avait eue pour le ca- 

* Voyez dans les Ugendes dc Vhisioire de Franci 
la legende de la reine Berthe au grand pied. 



CHA 



— 157 — 



CHA 



davre, il Feut alors pour l'archeveque Turpin, 
qui portait Fanneau : il le suivait partoul el ne 
pouvait le quitter. Le prelat, eflraye de ceLte 
nouvelle foliej et craighant que Tanneau ne lorn- 
bat en des mains qui -en pussent abuser, le jela 
dans un lac, afin que personne n'en put faire 
usage a Favenir. Des lors Charlemagne devint 
amoureux dulac, ne voulut plus s'en eloigner, y 
batit aupres un palais et un mohaslere, et y 
fonda La ville d'Aix-la-Chapelle, ou il voulut elre 
enseveii. On sent que tout ce recit n'est qu'un 
conLe, mais il est fort repandu.. ^ Charlemagne, 
dans ses Capitulaires, consigna contre les -sor- 
ciers cles mesures qui meritent d'etre mention^ 
nees. Nous citerons spdcialement ce passage : 
(( Quant aux cohjuraleurs, apx : augures aux 
devins, a ceux qui trouhlenl le temps ou com- 
meltent d'aulres nrraleHces, l'archipretre du dio- 
cese les fera inlerroger soigneusement et les ame- 
nera a avouer le ?nat qu'ils auront fait. Alors its 



resteront en prison jusqu'a ce que, par Faide de 
Dieu, ils se monlrenl disposes a se convertir. « 
Voij : Old'enberg* Vhtin, etc. - 

Charles le Chauve, deuxieme-du nom de 
Charles parmi les rois des Francs. 11 eut une vi- 
sion qui le transporta aupurgatoireet en enter : il 
y vitbeaucoup depersonnages qu'il avail connus, 
entre autres son pere, Louis le Debonnaire ; De 
plusieurs il recut des coiiseils et des predictions; 
et il ecrivit liii-meme la relation de ee voyage, 
relation qui a quelque peu Fair d'une brochure 
politique V 

Charles VI, roi de France. Ce prince *chez 
qui on avait deja remarque une raison affaiblie^ 
allant faire la guerre en Bretagne, fut saisi ea 
chemiu d'une frayeur qui ache v a de ltii derariger 
entierement le cerveau. 11 y vit sortir d'un buis-' 
son , dans la foret du Maris , un incorinu d'une 
figure hideuse , vetu d'une robe blanche , ayant 
la tele et les pieds nus* qui saisit la bride de son 




cheval , et lui cria d'une voix rauque : — « Roi, 
ne chevauche pas plus avant; relourne, tu es 
Irahi! » Le monarque, hors de lui-meme , lira 
son epee et ota la vie aux qualre premieres per-; 
sonnes qu'il reuconlra, encriant : — « En avant 
s «rles trailres 1 » 

•Son epde s'etant rompue et ses forces <5pui- 
^es, oil le placa sur un chariot et on le ramena 
an Mans, 

faiHome cle la fordt est encore aujourd'hui 
l, » probleme difficile a resoudre. Etait-cc un in- 
sensdquise trouvail la par hasard? elait-ce un 
cjnissairc du due de Bretagne contre lequel 
Charles marchail? Tous les raisonnements du 
temps aboutissaient an merveilleux ou au sor- 



tilege, Quoi qu'il en soil, le roi devint lout a fait 
fou. Un medeciri de Laon, Guillaume de Harsely, 
fut appele au chateau de Creil, et, apres six 
mois de soins et de'. managements, la sante du 
roi se trouva retablie. — Mais en 1393 son etat 
devint desespere, a la suite d'une autre impru- 
dence* La reine , a Foccasion du mariage d'une 
de ses femmes, donnait un bal masque. Le roi 
y vint ddguise en sauvage, conduisant avec lui 
de jeunes seigneurs dans le meme costume, atta- 
ches par une chaine de fer. Leur veteinent etait 

i Visio Caroli Galvi de loci s pa*narum el felicitate 
justorum. Mamiscripla bibb imper., n° 2247, p. 188; 

Voyez ce voyage de Charles Ic Chauve dans les 
Legendcs de V autre' monde 



CHA 



— 158 



CHA 



fait (Tune toile enduite de poix-resine , sur la- 
qqelle on avail applique des etoupes. Le due 
d'Orleans, voulant eonnaiLre les masques, ap- 
proeha un flambeau : la flarame se communiqua 
ayec rapidite, quatre des seigneurs f urenVbrules ; 
mais un cri s'etant fait entendre : — « Sauvez 
le roi, » Charles dut la vie a la presence d'esprit 
de la duchesse de Berri , qui le couvrit de son 
manteau et arreta la llamme. 

UelaL'du roi empira de cette frayeur et s'ag- 
graya de jour en jour ; leduc d'Orleans futsoup- 
^onne de l'avoir ensorcele. Jordan de Mejer, De 
divin., cap. xlu, ecritque ce due, voulant exter- 
ininerl& race royale, eonfia ses;armes:e,t son an- 
neaii a un aposlat , pour les consacfer ati diable 
et les enchanter par des prestiges;: qu'une nia- 
Irone eyoqua ile demon :dans,la tour de Montjdie, 
pros: de Ligny ; qu'ensuite le due se servit. des 
armes ensorcelees pour oter laraison au roi Char- 
les , son frere, si subtilement qu'on he s'eiiapergut 
pas d'abord. 

Le premier enchantenient, selon cette version, 
se fit pres de Beaiwais ;. il fnt si violent que les 
ongles et les cheveux en tomberent au roi. Le 
second, qui eut lieu dans le Maine, fut plus fort 
encore; personne ne pouyait assurer si le roi 
vivait ou nqn. Aussitot qu'il revint a lui : — Je 
vous supplie , dit-il, enlevez-moi cette epee, qui 
me perce le corps par le pouvojr de mon frere 
d'Orleans, — G'est toujours Mejer qui par.Ic. Le 
medecin qui avait gudri'le roi n'esistait plus; on 
lit venir dufond de la Guienne un charlatan qui 
se disait sorcier, et qui s'&ait vante de guerir ie 
roi d'une seule parole : il apportait avec lui un. 
grimoire qu'il appelait Simagorad; par le moyen 
duquel il etait maitre de la nature. Les fcourli- 
sans lui demanderent de qui il tenait ce livre; il 
repondit effrontement que « Dieu, pour consoler 
Adam de la mort d'Abel , le lui avait donne, et 
que ce livre, par succession, etait veriu jusqu'a 
lui j>. 11 traita le roi pendant six mois et ne fit 
qu'irriter la maladie, — Dans ses intervalles lu- 
cides, le malheureux prince commandait qu'on 
enlevat tousles instruments dont il pourrait f rap- 
per. — J'aime mieux mourir , disait-il, que de 
fake du mal. — II se croyait de bonne foi ensor- 
cele. Deux moines empiriques, a qui on eut rim- 
prudence de 1'abandonner , lui donnerent des 
breuvages desagreables , lui firent des scarifica- 
tions magiques *, puis ils furent pendus, comme 
ilss'y etaient obliges en cas que la sanle du roi 
ne fut pas retablie au bout de six mois de Iraite- 
nienti Au resle* la mode de ce temps-la etait 
cl'avoirprfjs de soi des sorciers oudes charlatans, 
comme depths les grands eurent des fous , des 
nains et des guenons *. 

Charles IX, roide France. Croirait-on qu'nn 
des mMecins astrologues de Charles IX lui ayant 
assure qu'il vivrait autant de jours qu'il pourrait 

1 M. Garinel, Histoiredela mar/ia en France, p. 87. 



tourner defois sur son talon dans l'espace d'une 
heure, il se livrait tous les matins a cet exercicc 
solennel, et que les principaux officiers de TJEtat, 
les generaux , le chancelier , les vieux juges pi^ 
rouettaient tous sur un seul pied pour imiterle 
prince et lui faire leur cour 1 ! 

On assure qu'apres le massacre politique de la 
Saint-Barthelemi, par suite surtoutde TeflVoi que 
lui causaient les conspirateurs, Charles IX vit des 
corbeaux sanglants, eut des visions effroyablcs 
et requt par divers tourmen Is le . presage desa 
mort prematureei . On ■ ajoute " qu'il mourut an 
moyen d'images de cire failes a sa ressemblance, 
et maudites par art magiqne * que ses ennemis, 
les. magiciens, protestanls, faisaient fondre tour 
les. jours par les ceremonies - de Tenvoutement, 
et qui eteignaient ia vie du roi a mesure qu'elfe 
'se consiimaient 2 . En ces temps-la , quand quel- 
qu'un mourait de consomption ou de chagrin, on 
publiait que les sorciers Tavaient envoute. Les 
medecins rendaient les sorciers responsables des 
malades qu'ils ne guerissaient pas ; - — a moins 
qiril ri'y ait , dans ce credit universel des sor- 
ciers, un mystere qui n'est pas encore explique, 
Charles II, due de Lorraine. Voy. Sabbat. 
Charles le Temeraire., due do Bourgogne. 
11 disparut apres la bataille de Moral; et, parmi 
les chroniqueurs, il en est qui disent qu'il ftil 
emporte par le diable, comnie Rodcrik ; d'aulrcs 
crpient qu'il se refugia en tine solitude et se fit 
ermite. Cette tradition a fait le siijet du roman dc 
M. d'Arlincourt intitule le Solitaire. 

Charles II , roi d'Angleterre. Quoique assez 
instruit, Charles iHtait, comme son pere, plan 
de confiance dans l*aslroIbgie judiciaire. II rc- 
cherchait aussi la pierre philosophale. 

Charme , enchantement v sortilege, certain ar- 
rangement de paroles, en vers ou en prose, dont 
on se sert pour produire des effets merveilleux. 
tine femme de je ne sais quelle contree , ayant 
grand mal aux yeux,.s'en alia a une ecole |iu* 
blique et demanda a. un ecolier ciuelques mois 
magiques qui pussent charmer son mal el lc 
guerir, lui prometlant recompense. L'ecolier lui 
donna un billet enveloppe dans un chiffon ct 
lui defendit de Touvrin Elle le porla et guerit 
Une des voisines ayant eu la meme maladie porta 
le billet et guerit pareillement. Ce double inci- 
dent excila leur curiosite ; elles developpent lc 
chiffon et lisent i « Que le diable t'ecarquille 
deux yeux et te les bouche avec de la boue*.- 31 
Delrio cite un sorcier qui , en allumant une cer- 
taine lampe charmee, excitait toutesles personnes 
qui etaient dans la chambre„, quelque graves el 
reservees qu'elles fussent, a danser devant lui. 
« Ces sortes de charmes, dit-il, s'operent orfi- 
nairement par des paroles qui fontagirlediable.» 

1 Curiosiies de la liiteralure, Iraduit de rang'* 
par Berlin, U I, p, ^49. 

2 Delrio, Disquisit. mag, } lib. Ill, qufESt.-Hi. 



— 159 



Toute Fantiquite a remarque que les sorciers 
clmnnaienl les serpents, qui quelquefois tuent ie 
cbarmeur. Un sorcier de Salzbourg , devanttout 
le peuple, lit assembler en une fosse toils les ser- 
pents d'ime iieue a la roride, et la les fit tous, 
mourir, hormis le dernier, qui etait grand, lequel, 
"sautant furieusement contre le sorcier, le tua. 
«En quoi il appert que ce n'est pas le mot'Ai-" 
poMndO) comme dit Paracelse, ni autres mots 
semblables, ni certaines paroles du psaume 9° 
qui font seuls ces prodiges; car comment -les 
serpents eussen t-i Is oui la voix d ; un homme d* une 
lieue a la ronde ,' si le diable lie s'en f ut mele V 
. Mcetas indique a ce propos un charme qui 
s'opere sans le seeours des paroles : « On tue un 
serpent, une vipere et tout animal porlant ai- 
guillon, dit-ii^en crachant dessus avant dejeu- 
ner... » Figuier pre tend qu'il a tue diverses fois 
tics serpents de cette maniere, « mouillant de sa 
; snlive un baton on une pier re, et en donnant un 
; coup sur la tete du serpent... » 

On cite un grand nombre d'autres charmes 
; dont les effets sont mpins. vrais qu'etonnants. 

Dans quelques villages du Finistere , on emploie. 
: celui-ci : on place secrete rnent sur Tautel qualre 
\ pieces de sis: Hards v qu'on pulverise apres la 
: messe ; et cette poussierei , avatee dans.un verre 
r de vin , de cidre ou d' eau-de-vie , rend invulne- 
; ruble a la course et a la- lutte 2 . Ces charmes se 
I font an reste a l'insu du cure ; car TEglise a tou- 
* jours severement interdit ces superstitions; 
\ Le Grand Grhnoire donne On moyen de char- 
\ mer les armes a feu et d-en rendre I'effet infail- 
j lible; il faut dire en les chargeant : « Dieu y ait 
I part, et le diable la sortie; » et^ lorsqu'on met 
j! en joue , il faut dire en croisant la jambe gauche 
j; sur la droite : Non tradas . . . Mathon, Amen , etc. 
\ Ln plupart des charmes se font ainsi par des 
I paroles dites ou tracees dans ce sens. Charme 
I v fent du mot latin carmen } qui signifie non-seu- 
l lement des vers et de la poesie, uiais uneformule 
% tie paroles delerminees dont on ne doit point s'd- 
\ carter. On nommait carmina les lois', les formules 
ties jurisconsultes, les declarations de guerre, les 
| clauses d'ml traite, les evocations des dieux \ 
I ^fe-Live appelle lex horrendl car minis la loi qui 
i; condamnait a mort Horace meurtrier de sa soeur. 
| Quand les Turcs ont perdu un esclave qui s'esl 
| <*nfui, ils dcrivent une conjuration sur un papier 
I Wils attachent a la porte de la hutle ou de la 
I Pilule de C et esclave, et il est force de revenir 
\ au P lll s vite, devant une main invisible qui le 
I poursuiL a grands coups de baton \ 

Pline dit que de son temps, par le moyen de 
certains charmes, on eteignait les incendies, on 

' Boditij Ddmonomanie, etc., liv. II, ch. n. 

Jambry, Voyage dans le Finislere, t. Ill, p. 40b. 
i 4 ^rgier, Dktwnnaire Iheologique, au mot Charme, 
:■ ^ ™oyer, Hisloire et discours des spectres , Ww , W : 



arretait le sang des plaies, on remettait les mem- 
bres disloques, on guerissait la .gouttei on empe- 
chait un char de verser , etc. - s — Tous les anciens 
croyaient fermement aux charmes, dont la for- 
mule consistait ordinairement en certains vers 
grecs ou latins. - 
Eodin rapporte, au chap, v du liv^ III de la 
Demonomanie } qu'en Allemagne les sorcieres-ta-- 
rissent par clwrne le lait des vaches,. et qu'on 
s'en venge par un ; centre-char me qui est Lei : — 
On met bouillir dkns un pot du lait de la vaclie 
tarie^ en recitant certaines: paroles (Bodin ne les 
indique pas) et frappant sur le pot avee un baton. 




En meme temps le diable frappe la sorci&re d'au- 
Lant de coups, jusqu'h ce quelle 1 ait 616 le charme. 

On dit encore que si, le lendemain .-du jour oil 
Ton est mis en prison, on avale h jeun une ciiofite 
do pain sur laquelle on aura dcrit : Senozam, Go- 
'<zoza, Gobcr, Bom, et qu'on dorme ensuile sur 
le cote droit , on sortira avant trois jours. 

On arr^te les voilures en mettant au milieu du 
chemin un b£don sur lequel sont Merits ces mots : 
Jcrusalcm } omnipolcns , etc. , co?wertu-ioi, arrete- 
tol Id II faut ensuite traverser le chemin par ou 
Ton voit arriver les chevaux. 

On donne a un pistolet la portde de cent pas;- 
en enveloppanL la balle dans un papier ou Ton a 
inscrit le nom des trois rois. On aura soin , en 
ajusLant, de retirer son haleine, et de dire : « ,le 
le conjure d'aller droit ou je veux tirer. » 

Un soldat pent se garantir de 1'atleinte des 
armes a feu avec un morceau de peau de Joup ou 
de bouc, sur lequel on ecrira, quand le soleil 
entre dans le signe du belier : « Arquebuse, pis- 
tolet, canon ou autre arme a feu, je te commande 
que tu ne puissps tirer, de par rhomme, etc. » 

On guerit un cheval encloue en mettant trois 
fois les ponces en croixsurson pied, en pronon- 
Qant le nom du dernier assassin mis a mort, en 
recitant trois fois certaines prieres d ... 

II y a uneMnfinite d'autres cliarmes. 

On distingue le charme de rencliantement, en 
ce que celui-ci sefaisait par des chants. Souvent 

1 Thiers j TraUd des superstitions. 



CHA 



160 — 



GHA 



on les a confondus. Voy t Gontre-Charmes , En- 

CHANTEMENTS, M.ALEFICES, TALISMANS, PAROLES, 

Philactkres, Ligatures, Giiasse v Philtres, etc. 

Chartier (Alain), poetedu commencementdu 
quinzieme siecle. On. lui aLlribue un traite sur la 
Nature, du f etc de Ucnf&r, que nous ne sommes 
pas curieux de connaitre. 

Chaftumins, sorciers chajdeens , qui elaient 
en grand credit da temps da prophele Daniel. 

Chasdins j aslrologues de la Ghaldee. lis ti- 
raient l'horoscope , expliquaient les songes et les 



oracles et predisaient l'avenir par divers moyens, 
Chassanion (Jean de), ecrivain protestant du 
seizieme siecle. On lui doit le livre x< des Grank 
et redoutables jugements et punitiom de Dicti ad- 
venns an monde, principalement sur les grands, 
a cause de leurs,mefaits i; » ln-8 , Morges, 1581, 
Dans cet puvrage tres-partial, ii se fait de grands 
miracles en favour .des proteslanls ; ce qui est 
prodigieux, : Chassanion a ecril aussi un volume 
sur les geanls 4 . ; . 

Chasse. — Secrets inerveilleux pour la .chasse, 




— Melezle sue de jusquiame avec 3e sang et la 
peau d'un jeunelievre; cetle composition attirera 
tousjes lievres des environs, — Pendez le gui de 
chene avec une aile d'hirondelle aunarbre; tous 
les oiseaux s'y rassembleront de deux lieues et 
demie. — On dit aussi qu'un crane d'homme ca- 
che dans un colombier y attire tous les pigeons 
d'alenlour. — Faites tremper une graine, celle 
que vous voudrez , dans la lie de vin , puis jelez-la 
aux oiseaux; cenx qui en tateroril s'enivreronl, 
el se laisseront prendre a la main. 

EL le Petit Albert ajoute : « Ayez un hibou que 
vous altaclierez a un arbre : allumez tout pres 
un gros flambeau , faites du broil avec un tam- 
bour; tous les oiseaux viendront en foule pour 
faire la guerre au hibou, et on en tuera aulant 
qu'on voudra avec du menu plomb. » 

Pour la chasse de Saint-Hubert > V>oy. Veneur. 
Voy. aussi Arthus, M. de la Foret, Ecureuils, etc. 

En 1832, on vil a Francforl, aux premiers jours 
du printemps, un chasseur surnaturel qui est 



suppose babiler les mines du vieux chateau go- 
thique de Rodenstein. II traversa les airs dans la 
nuit, avec un grand fracas de meutes , decora 
de chasse, de roulements de yoj lures, ce qui in- 
failliblement annonce la guerre, selon le prejuge 
du peuptc 2 . 

Chassen (Nicolas) , petit sorcier de Franeker, 
au dix-septieme siecle; il sedislingua des l'ago 
de seize ans. Ce jeune homme/Hollandais et cal- 
viniste, etant a Pecole, faisaitdes grimaces etran- 
g;es, roulait les yeux et se conlournait loutlc 
corps; il montraiL a ses camarades des cerises 
mures au milieu de l'hiver; .puis, quaiicl il les 
leur avail oflferles, il les retirait vivement et les 
mangeait. 

Dans le preche, ou les ecoliers avaient une 

1 De giganlibus eor unique reliquiis alquc Us qu* 
ante annos aliquot nostra aitate in Gallia repcrla sio^ 
'In-8«. Bale, 4b80. 

2 Yoyez , dans les Legendes de Vauire monde, k 
chevalier Ilakelberg* seigneur do llodenslein. 



CHA 



161 



CHA 



place a part, il faisait sortir de i'argent du banc 
ou il etait assis* II assurait qu'il operait tous ces 
lours par le moyen d'un esprit malin q'u'il appe- 
lant Serug;-— Balthazar Bekker dit dans le Monde 
cnchante* qu'elant a cette ecole, il vit surle 
plancher un cerele f ait de craie , dans lequel on 
avait trace des signes dont Tun ressemblait a la 
tele d'un coq; quelqaesGhiffres etaientau- milieu* 
Il remarqua atlssi line ligne courbe comme la 
poignee d'un moulin a bras; tout cela etait a 
demi efface. Les ecoliers aVaient vu Ghassen faire 
ces car ac teres magiqties. Lorsqu'on lui demanda 
ce qu'ils signifiaient, il se tut d'abord; ildil en- 
suiLe qu'ils les avait faits pour jouer. On voulut 
savoir comment il avait des cerises^t de Tar- 
gent; il repondit que 1'esprit les lui donnait. 

— Qui est cet esprit? ' ; . 

— Beelzebuth, repondit-ih 

11 ajouta que" le diable lui apparaissait sous, 
forme humairie quand il avjait en vie de lui faire 
du bien; d'autres fois sous forme de bouc ou de 
veau ; qu'il avait toujours un pied con tref ait, etc, 
«Mais, dit Bekker, on finitpar reconnaitre que 
tout cela n'ctait qu'un jeu que Ghassen avail es- 
say e pour se rendre considerable parmi les en- 
fa ii ts de son age; on s'elonne seulement qu'il ait 
pa le soutenir devant tan t de fyersonnes d- esprit 
pendant plus d'une annee. » 

Chassi, d<5mqn auquel les habitants des ties 
Mariannes altribuent le pouvoir de tourmenler 
ceux qui tornbent dans ses mains* L'enfer est 
pour eux la mahon de GhassL 

Ghastenet (Leonarde) , vieille femme de quatre- 
vingts ans, mendiante en Poitou, vers 1591 , et 
sorciere. Confronlee avec Malhurin Bonnevault, 
qui sou tenait.l* avoir vue au sabbat, elle confessa 
qu'elle y etait allee avec son mari ; que le diable, 
qui s'y mon trait en forme de bouc, etait une 
bete fort puante. Eile nia qu'elle eut fait aucun 
malefice. Cependantelle futconvaincue, par dix- 
neuf temoins, d'avoir fait mourir cinq laboureurs 
etplusieurs bestiaux. Quand elle se vit condam- 
nee.pourses crimes reconnus, elle confessa qu'elle 
avait fait pacte avec le diable, lui avait donhe de 
ses cheveux , et promis de faire tout le mal qu'elle 
poiirrait; elle ajoula que la nuit, dans sa prison, 
le diable etait venti a elle ; en forme de chat, 
« auquel ayant dit qu'elle voudrait etre morte , 
icelui diable lui avail prdsenle deux morceaux 
decire, lui disant qu'elle en mangeat, et qu'elle 
mourrait; ce qu'elle n'avait voulu faire. Elle avait 
ces morceaux de cire.; on les visita , et on ne 
paljugerde quelle matiere ils etaient composes. 
Cette sorciere fut done cohdamnee , et ces mor- 
ceaux de cire brules.avec elle 2 . » 

Chastete. Les livres de secrets merveilleux, 

f Tome IV, p. \M. 

, biscours spmmaire des sortileges et vene/ices, ti- 
rcs d f proces GTiminels juges au siege royal de Mont- 
norillon, m Poiiou, en Vannee 1599, p; i9. 



qui ne respectent rieri, indiquent des potions qui, 
selon eux s ont pour eflet de reveler lachastete, 
mais qui, selon 1'experience , ne revelent rien du 
tout." . 

Chat. Le chat tient sa place dans l'histoire de 
la superstition. Un soldat romain ay ant tue par 
megarde un chat en Egypte , toute la viile se 
souleva ; ce f u t en vain que; le roi interceda pour 
lui, il ne put le sauver de la fureur du peuple. 
Observons que les rois d'Egypte "avaient -rassem- 
bie dans Alexandrie uiie bibliotheque immense, 
et qu'elle etai t publi que : les' Egyptiens cul tivaient 
les sciences , et n'en adoraient pas moins les 
chats ! . 



~r>> V- 1 ' 
3 , 




Mahomet avait beaucoup d'egards pour son 
chat, L'animal s'etait un jour couche sur la man- 
che peudantc de la veste du prophete , et sem- 
blait y mediter si profdndement, que Mahomet, 
presse de se rendrca la priere, et n'osanLle lirer 
de son exlase, coupa, dit-on, la manche de sa 
veste. A sou retour, il trouva son chat qui reve- 
nait cleson assoupissement, et qui, s'apercevant 
del'atterition deson maitre, se leva pourlui faire 
la reverence el plia le dos en arc. Mahomet 
comprit ce que cela sigmfiait; il assnra au chal 
qui faisait le gros dos une place clans son paradis. 
Ensuite, passant trois fois la main sur l'animal, 
il lui imprima, par cet attouchement, la vertu de 
ne jamais tomber que sur ses pattes. Ce conte 
n'est pas ridicule chez les Turcs 2 . 

1 Saiut-Foix ; , Essai sur Paris, t II, p. 300. 

2 Quelquefois ils laissent k lour chat par testament 
une rente viagere. 11 ex isle au Caire, pres de Bab-el- 
Naza (porte de la Victoire), un hopital'de ces ani- 



GHA 



162 



GHA 



Void une anecdote, ou Ie chat joue un mau- 
vais role ; il est vrai . que c'est un chat .sauvage. 
Un aide de camp du marechal de Luxembourg 
vint loger dans une auberge dont la reputation 
n'etait pas rassurante. Le diable , disait-on , arri- 
val t toutes les nuits dans, une certaine chambre, 
tordaitle cou a ceux qui. osaient y coucher et les 
laissait strangles dans leur lit. Un grand nombre 
de voyageurs remplissaient Tauberge quand .l'aide 
de camp V; entra ; : on lui dit qu'il n'y avait mal- 
heureusement de vide que la chambre frequentee 
par l.e diable, ou.personne ne voulait prendre gite. 

— Oh bien, mpi, repondit-il, je ne serai pas 



fache de lier connaissance avec lui; qu'on fasse 
mon lit dans la chambre en question , je me 
charge du resle. 

Vers minuit,. rofficier vit descendre le diable 
par la cheipinee, sons la figure d'une bete fu- 
rl euse j con Ire laquelle il fallut se defendre* 11 y 
eut un combat acharne, a coups de sabre de la 
part du militaire, a- coups de griffes et de denls 
de la part de la bete; cette lutte dura lane.heure. 
Mais le diable finit par rester sur la place:; l'aide 
de camp appela du mon.de : on reconnut un 
enorme chat sauvage, qui, scion le rapport de 
Thote, avait deja Strangle quinze personnes *, 




- On lit dans la Ddmonomanie de .Bpdin 1 que 
des sprciers de Vernon, auxquels on fit le proc6s 
en 1566, s'assemblaient ordinairement en grand 
nombre dansun vieux chateau sous la forme de 
chats. Quatre hommes qui avaient resolu d'y 
coucher se trouverent assaiilis par celte multi- 
tude de chats; fun de ces hommes y fut tud, les 
autres. blesses; neanmoins ilsblesserentaussi plu- 
sieurs chattes , qui se trouverent apres en forme 
de femmes, mais bien r^ellement mutilfes... 

On sait que les chats assistent au sabbat* qu'ils 
accompagnent les sorcieres, et que lesdites sor- 
ci&res, aussi bien que le diable leur maitre, 

maux ; on y recueille les chals malades et sans asile ; 
les fen&tres sont souyent encombrdes d'hommes et 
de femmes qui leur donnent a manger a travers les 
barreaux. 
* Chap, iv, liv. II, p. 257. 



prennent volontiers la figure de cet animal. On 
lit dans Boguet qu'un laboureur- pres de Stras- 
bourg fut assailli par trois gros chats , et qu'en se 
defendant il les blessa serieusement. Une heme 
apres, le juge fit mander le- laboureur et le mil 
en prison pour avoir maltrait(Hrois dames de la 
ville. Le laboureur etonnd assiira qu'il n'avail 
maltraite que des chats et en donna les preuves 
les plus evidentes : il en avait garde de la peaa. 
On le relacha, parce qu'on vit que le diable etait 
coupable en cette affaire. 

On ne finirait pas si on rappelait tout ce que 
les demonomanes ont rev6 sur les chats. Boguel 
dit encore que la chatte dtant frottde d'une hert& 
appelee nepeta concoit sur-le-champ, cette herbs 

1 Gabrielle de P***, Histoire des fanidmes etdti 
ddmons, etc., p. 203, 



GHA 



— 163 



GHE 



suppleant au defaut du male 1 . Les sorciers se 
servent aussi de la cervelle des chals pour don- 
ner la mort; car c'est an poison, selon Bodin eL 
qnelques auLres 2 . . ' 

Les matelots americains croient que si d'un 
navire on jeLLe un chat vivant dans la mer, on 
ne manque jamais d'exciter une furieuse tem- 
pete. Voy. Blokula, Beurue des sorcieres, Me- 
tamorphoses, YOLTIGEUH HOLLAKDA1S, etc* 

Chateau du diable. Plusieurs vieux manoirs 
portent ce nom dans des traditions et des con Les 
populaires. 

Chat-Huant. Voij. Ghevesche, Chouette, 
Hibou. 

GhatraLi C'est le nom que donnent les Arabes 
a TeLre mysterieux que nous appelons lougrgarou. 

Chauche-Poulet. Hoy. Cauchemar. 

Chaudiere. G'est ordinairement dans une chau- 
diere de fer que, de temps immemorial , les sor- 
ciferes composent leurs malefices, qu'elles. font 
bouillir sur un feu de verveine et d'autres plantes 
magiques. 

Chaudron (Madeleine-Michelle), Genevoise, 
accusee d'etre sorciere en 1652. On dit qu'ayant 
rencontre le diable en sortant de la ville refor- 
mee,elle lui reridit hoiiimage, etque le diable lui 
imprima sur la levre superieure son seing *ou 
marque. Ce petit seing rend la peau insensible, 



comme Faffirrrient les demonographes. — Ledit 
diable ordonna a Michelle Cbaudron d'ensorceler 
deux filles : elle obeit; les parents Faccuserent 
de magie ; les filles interrogees attesterent qu'elles 
etaient possedees. On appela ceux qui passaient 
pour medecins ; ils chercherent sur Michelle Cbau- 
dron le sceau clu diable, que leproces-verbal ap- 
pelle les marques sataniques; ils- y eiifoncerent 
une aiguille. Michelle fit connaltre par ses cris 
que les marques sataniques ne rendent point in- 
sensible. — Les juges protestants , ne voyant pas 
de preuve complete, hit firent donner la ques- 
tion. Gette malheureuse , cedant a la violence: des 
tourments, ponfessa tout ce qu'on voulut. Elle fut 
brulee , apres avoir ele pendue et etranglee; chez 
les catholiques , on Feut admise a penitence* 
; Chaudron du diable, gouffre qui se trouve 
au sommet du pic de TenerifTe. Les EspagnoIs 
out donue le nom de Chaudron du diable a ce 
gouffre, a cause du bruit que Ton entend lors- 
qu'on y j'ette une pierre;; elle y retentit comme 
fait un vaisseau creux de cuivre contre lequel on 
frapperait avec un marleau d'une prodigieuse 
grosseur. Les naturels de File son t persuades que 
c'est I'enfer, et que les umes des mediants y font 
leur sejour 1 . - 

Ghauve-Sd'uris. itfes Carai'bes regardent les 
chauves-souris'cbmme de bons anges qulveillent 




a la sftretc des maisons duranL la nuit ; les tuer, 
chez enx, est un sacrilege : chez nous, c'est un 
ties animaux qui figurent au sabbat. 

Chavigny (Jean-Aime de), astrologue, dis- 
ciple de Nostradamus, mourut en 1604'. H a com- 
pose: la Premiere face du Janus f ran ga is, conle- 
nanl les troubles de France depuis 153k jusqu'en 
1589; Fin de la maison valesienne, extrude et: 
colligde des Centuries et commentaircs de Michel 
Nostradamus (en latin et en fran<jais) , Lyon, 
159/|, in-8°; et hpuvelle edition, augmentee, 
sous le titre de Commentaircs sur les Centuries et 
pronosticathns de Nostradamus, Paris, in -8°, 
rare; les PUiadcs, divisees en sept livres, firiscs 
des aacienncs prophelics, el conferees avec les 
oracles de Nostradamus, Lyon, 1603; la plus 
ample edition est de 1606. C'est un recueil de 
predictions dans lesquelles Fautsur promet a 
Henri VI J'empire de Funivers. Voy. Nostra- 
damus. 

Chax ou Scox, demon. Voy. Scox. 

' Biscours des sorciers, ch. xiv, p, 81. 
liodin, Bemonomanie des sorciers, liv. Ill, ch, n, 
P. 326. ^ - 



f /(jh'e.^ de grec a- Cambridge, mort 

en;i : 557> '11 a ecrit un Hvre^qCi'il adressa au roi 
Henri t Yln, et cju'il pla5a" ; ^lrf'i6lie-'de-'Sa,traduc- 
tion latine du trait6 de Maiavqti&Dd't&mpersU- 
tion. II; avail des connaissances ciii^astrologie et 
croyait fermement a l'innuence des astres, quoi-. 
qu'i]^ Iui'promisseul du bonheur, tout juste a des 
epoques ou il : 'devenait le plus malheureux. : 
' ChemenSj gdnies ou esprits qtieies Carai'bes 
s.upposeht charges de veiller sur les hommes. Ils 
leur offrent les preVniers fruits et placenl ces of- 
frandes dans un coin de leur hutte, sur une table 
faite de nattes, ou ils pretendent que les genies 
se rassemblent pour boire et manger; ils en don- 
nent pour preuve le mouvement des vases et le 
bruit'Jqu'ils se persuadent que font ces divinites 
en soupant. 

Ghemim est chez les Carai'bes le grand esprit 
ou Fetre supreme, comme on disait en 1793. 

Chemise de necessite. Les sorcieres alle- 
mandes porlaient autrefois une chemise faite 

1 La HarpGj Abrege de Vhistoire generate des 
voyages, t. L 

2 De superstitione, ad rcgem Hcnricum. 



CHE 



— 164 — 



CHE 



d'unefa^on detestable, et charg^e de croix me- 
lees a des caracteres diaboliques, par la vertu 
de laquelle elles se croyaient garanties de tous 
maux*. On l'appelait la chemise de necessite. * — 
Les habitants du Finistere conservent encore 



quelques idees superstitieuses sur les chemises 
des jeunes enfants. lis croient que si elles en- 
foncent dans Veaii de certaines fontaines, 1'en- 
fant meurt dans Tannee; il vit longtemps, au 
contraire ^ si ce vetement surnage. 





Cheriour, ange terrible, charge de punir le 
crime et de poursuivre les criminels, selon la 
doctrine des guebres. 

Chesnaye des Bois (Frangois-Alexandre-Au- 
bert de la)> capucin , mort en 178fr. On a de lui : 
VAslrologue dans le pwts, 1740, iri-12 ; et LeUres 
critiques, avec des songes moraux , sur les songes 
philosophiques de l'auteur des Lettres juives (le 
marquis d'Argens) , iri-12, 1745. 

Gheteb ou Chereb. Voy. Debeu. 



Cheval. Mahomet, voulant erinoblir ce bel ani- 
mal , raconte que, quand Dieu se decida a- creer 
le cheval , il appela le vent du midi et lui dit : 
« Je veux tirer de ton setn un nouvel etre; con- 
dense**toi en te depouillant.de' ta fluidite. » Elil 
fut obei. Alors il prit une poignee decet element, 
soullla dessus, et le cheval parut. 

Le cheval etait chez les anciens un instru- 
ment h presages pour la guerre. Les Sueves, qui 
habitaient la Germanie, nourrissaient afrais com- 




muns, dans des bois sacres, des chevaux dont ils | 
tiraieut des augures. Le grand pretre et le chef 
de la nation etaient les seuls qui pouvaient les 
toucher : ils les attachaient aux chariots sacres 
et observaient avec attention leurs hennissenients 
et leurs fremissements. 11 n'y avait pas de pre- 
sages auxquels les pretres et les principaux de la 
nation ajoulassent plus de foi, On voit encore 
que chez certains peuples on se rendait les 
divinites favorables en precipitant des chevaux 
dans les fleuves.- Quelquefois on se conlenlait de 
1 Codin, Demonomanie, liv. I, ch. in. 



les laisser vivre en liberie dans les prairies voi- 
sines, apres les avoir devoues. Jules Cdsar, avant 
de passer le Rubicon, vouaa ce fleuve un grand 
nombre de chevaux qu'il abandonna ; dans les 
paturages des environs. 

Une tradition superstitieuse portait qu'une 
espece de chevaux , ' qu'on nommait arzels t 
et qui ont une marque blanche au pied de der- 
riere du'cole droit, dLail malheureuse et fu- 
neste dans les combats. — Anciennement ob 
croyait aussi que les chevaux n'avaient pas de 
fiel ; mais e'est une erreur aujourd'hui presque 



CHE 

g&ieralement reconnue. Voy. Drap£, Bayard, 
Tboopeaux", etc. - ■ 

Chevalier (Guillaume), gentilhomme bear- 
nais, auteur d'un recueil de quatrains moraux, 
intitule le Ddces ou Fin du monde, divisee en trots 
visions, in-8°, 15.8ft. 
Chevalier imperial. Voy . Espagnet, a la note. 
Chevaliers de l'enfer. Ce sont des demons 
plus puissanls que ceux qui n'ont aucun titre, . 
mais moins puissants que les comtes, les mar- 
quis et" les dues. On peut les evoquer depuis le 
lever de Taurore jusqu'au lever du soleil, et de- 
puis le coucher du soleil' jusqu'a la nuit 1 . 

Chevanes (Jacques), capucin , plus connu 
sous le nom de Jacques d'Autun, du lieu de sa 
naissance, mort a Dijon en '1678. Ou a de lui 
I'lncrdduUte savante et la crddutite ignoranle, an 
sujet des magiciens ct des sorciers. Lyon, 1671, 
in-4°. Ge recueil, plein d'excen Incites "curieuses, 
dont nous rapportons en leur lieu les passages 
remarquables, est une rdponse' a l'apologie de 
Nande pour tons les grands -person wages soup- 
gonnes de magie. Heureusement pour I'auleur, 
dit I'abbe Papillon, Tirascible Naude etait mor.t 
depnis longtemps quand ce livre parut. 

Chevesche, espece de chouelte, que Torque- 
mada definit un oiseau nocturne fort bruyant, 
lequel tache d'entrer ou sont. les enfants; et, 
quand il y est, il leur suce le sang du corps et 
le boil. Les demonographes ont .donnd le nom 
de chevesche aux sorcieres, parce que, semhlables 
a cet oiseau , elfes sucent le sang de ceux qu'ellos 
peuvent saisir, et principalement des petits en- 
fants 2 . C'est sans doule la l'idde mere des vam- 
pires. Les sorcieres qui sucent le sang ont aussi. 
quelque analogie avec les gholes des Arabes. 
Voy,. Lamies et Gholes, 

Cheveux. c< Prenez des cheveux d'une femme 
dans ses jours de maladie ; mettez-les sous une 
lerre engfaissee de fumier, au commencement 
du printemps, et, lorsqu'ils seront echauttes par 
la clinleur du soleil > il s'en formera des ser- 
pents 3 ... i> 

Quelques conteurs assurent que les mauvais 
anges elaient amoureux des; cheveux des femmes, 
; et que les demons incubes s'aUachent de prefe- 
rence aux femmes qui ont de beaux cheveux. — 
. Les sorcieres donnent de leurs cheveux au (lia- 
ble , comme arrhes du contrat qu'elles font avec 
hi ; le demon les coupe tres-menus, puis les meie 
avec certaines poudres : il les.remet aux sor- 
; ciers, qui s'en servent pour faire tomber la grele ; 
d'ou vieht qu'on trouve ordinairement dans la 
grele de petits pbils, qui n'ont pas une autre ori- 
gine... On fait encore avec ces memes cheveux, 
divers malelices\ 

1 Wierus, in Pseudomonarchia dmmon., ad fincm. 
Torquemada , Hexameron, troisteme journee. 
i J Secrets d Albert le Grand, p, 27. 

Boguet, Discours des sorciers, ch. xv, p. 456. 



CHE 

On croit en Bretagne qu'en soufflant des che- 
veux en Fair on les metamorphose en animaux; 
les petits gargons de Plougasnou qui font des 
echanges entre eux confirment la cession en 
soufflant au vent un cheveu, parce qua ce che- 
veu etait autrefois Fembleme de la propriety. Des 
cheveux dans les temps modernes ont meme 
ete trouves sous des sceaux : ils tenaient lieu de 
signatures 1 : 

Enfin il y a des personnes qui croient qu'il faut 
observer les temps pour se couper les cheveux 
et se rogner les ongles. - — Autrefois on vdnerait 
le toupet, par lequel les Romains juraient, et 
qu'on offrait aux dieux. 11 paraH qu'ils etaient 
sensibles a ces presents, puisque, quand Bere- 
nice eut offert sa chevehire, ils en fireut une 
constellation. — 'Chez les Francs, e'etait une 
politesse de donner un de ses cheveux, et les 
families royales avaient seules le privilege de les 
laisser pousser dans tout leur developpement. 

:En Hollande, beaucoup de gens croient qu'en 
venclant leurs cheveux a un perruquier, ils auront 
par sympathie les maux de tele de ceux qui les 
porleront. Une dameagee t il y apeu de temps, se 
faisait couper a la Ha ye de beaux cheveux blancs 
d'argent, tres-abondants et tres-longs. Le ton- 
deur lui en offrit 20 florins (Z|2 francs). Elle aima 
mieux les brCiler. — j'aurais, dit-elle, toutes les 
douleurs que mes cheveux couvriraient. ' 

Chevillement , sorte deanal<5fice employd par 
les sorciers et surtout par les bergers. II empeche 
d'uriner. Le nom de ce maldfice lui vient de ce 
que pour le faire on so sert d'une cheville de hois 
ou de fer qu'on plante dans la muraille, en fai- 
sant des conjurations. « J'ai connu une personne, 
dit Wecker, qiii mourut du chevillement : il est 
vrai qu'elle avait la pierre. » Et le diable, qui 
parfois aime a se divertir, chevilla un jour la se- 
ringued'un apothicaire en fourrant sa queue dans 
le piston. Voy. Noals, — Pour empdseher TelTet 
de ce charme, il faut cracher sur son Soulier 
du pied droit avant de s'en chausser. Ce qui 
approche de ce qu'on lit dans Tibulle, que les 
anciens crachaient dans leur sein par trois fois 
pour se desensorceler ou emp^cher le sortilege. 
On voit dans un livre intitule VUrotopegnie ou 
chevillement) que les tonneaux, les fers, les 
fours, les lessives, les moulins a vent et ceux 
qui sont sur les ruisseaux et riviferes, peuvent 
etre pareillement lids et malelicife. Voy, Liga- 
tukks. 

Chevres. Ces animaux etaient fort rdverds a 
Mend6s en figypte. II etait defendu d'en tuer, 
parce qu'on croyait que Pan, la grande divinitd 
de cette ville, s'dtait cache sous la figure d'une 
chevre ou plutot d'un bouc; aussi le reprdsen- 
Lait-on avec une face de bouc, et on lui immolait 
des brebis. Voy. Capricoiink. 

1 M. Cambry, Voyage dans le Finisiere, I. I , p. 474 
eM95. 



— 165 — 



CHI 



— 166 — 



CHI 



Souvent des demons el des sorciers ont pris 
la forme de chevre. Claude Chappuis de Saint- 
Amour, qui suivit l'ambassadeur de Henri III pres 
la sublime Porte, conte qu'il vit sur une place 
piiblique de Constantinople des bateleurs qui fai- 
saient faire a des chevres plusieurs tours d'agi- 




lite et de posse-passe tout a fait admirables; 
apres quoi, leur mettant une ecuelle a la bouche, 
ils leur commandaient d'aller demander la' piece , 
pour leur entretien, tan tot au plus beau ou au 
plus laid t tantot au plus ricbe ou au plus vieux 



de la compagnie : ce qu'elles faisaient dextre- 
ment, entre quatre a cinq mille personnes, et 
avec une facon telle, qu'il semblait qu'elles vou- 
lussent parler. Or, qui ne voit clairement que ces 
chevres etaient hommes ou femmes ainsi trans- 
om es , ou demons deguises 4 ? . . . Voij / Bouc. 

Chibados , secte de sorciers qui font merveille 
au royaume d' Angola. : ■ 

Ghicota, oiseau des iles Tonga, qui a 1'habi- 
Hude de deseendre du haut des airs eri poussanl 
de grands cris. Les naturels son t persuades qu'il 
a le don de predire favenir. Quand IT s'abaisse 
pres d'un passant, on croit que c'est pour iui 
annoncer quelque malheur. 

Chicus iEsculanus. Voij. Cecco d'Ascou. 

Chien. Les chiens etaient quelquefois les com- 
pagnons des magicieris. G'etait le diable qui les 
suivait sous cetle forme, poitf donnei 1 moins a 



r 




soupconner. Mais on le reconnaissait malgre ses 
deguisemenls. Leon de ChypreecriL que le. diable 
sortit un jour d'un possede sous la figure d'un 
chien noir. — C'est surtoutla couleur noire que le 
diable prend sous une peau de chien. De bonnes 
gens se noient assez frequemment a Quimper. 
Les vieilles et les enfants assurent que c'est le 
diable, en forme de gros chien noir qui pr6ci- 
pite les passants dans la riviere 5 . II y a beau- 
coup de superstitions qui tiennent au chien dans 
le Finistere, ou les idees druidiques ne sont pas 
loutes dleintes. On croit encore dans le canton 
sauvage de Saint-Ronal que Fame des scelerats 
passe dans le corps d'un chien noir. Les anciens 
inages croyaient aussi que- les demons se mon- 
traient en forme de chiens; et Plutarque, dans 
la vie de Cimon, raconte qu'un mauvais gdnie 
1 Cambry, Voyage dam le Finistere, t III, p. 22, 



travesti en chien noir vinl annoncer a Cimon 
qu'il mourrait bientot. ^ 

Un charlatan, du vivant de Justinien, avait un 
chien si habile que, quand toutes les personnes 
d'une assemblee avaient mis k terre leurs an- 
neaux, il les rendait sans se tromper, Tun apres 
l'autre, a qui ils appartenaient. Ce chien clistin- 
guait aussi dans la foule, lorsque son maitre le 
lui ordonnait, les riches et les pauvres , les gens 
honnfites et les ffipons : a Ce qui fait voir, dit 
Leloyer, qu'il y avait la de la magie, et que ce 
chien etait un demon V » 

Delancre conte qu'en 1530 le demon, parte 
moyen d'un miroir, decouvrit, a un pasteur tie 



1 Delancre, Incrcdulitc et mecreance du sortik 
pleinemeni convaincues, traite YI, p. 348, 

2 Leloyor, Histoire et discours des spectres, liv- 1 
ch. vin. 



GUI 



167 — 



CHI 



Nuremberg, des tresors caches dans une caverne 
pres de la v-ille et enfermes dans des vases de 
crista]. Le pasteur prit avec lui un de ses amis 
pour lui servir de compagnon ; ils se mi rent a 
fouiller et decouvrircnt une espece de coffre, au- 
pres duquel eiait couche un enorme chien noir. 
Le pasteur s'avanca avec empressement pour se 
saisir du tresor ; mais a peine fiit-il;entre dans la 
caverne qu r elle s'enfonga sous ses pieds et Ten- 
gloulit *. JNptez que c'est un conte et que per- 
sonne n'a vu le grand chien. Mais on peut juger 
par ces traits quelle idee avaient des chiens les 
peuples mai civilises. Chez les anciens , on : appe- 
laifc les furies les chiennes de 1'enfer ; on 'sacri- 
fiait des chiens noirs auxdiviiiitesinfernales. Chez 
nos peres on pendait entrejdeux chiens les plus 
grands criminels. 

Quelques peuples "pensaient" pour taiit" autre- 
ment; on a meme honore le chien d'une mani&re 
disLinguee, filien parle d'un pays d'filhiopie dont 
les habitants avaient pour roi un chien ; ils pre- 
naient ses caresses et ses aboiements pour des 
marques de sa bienveillance ou de saeolere. Les 
guebres ont une grande veneration pourles chiens. 
On lit dans Tavernier que, lorsqu'un guebre est a 
l'agonie, les parents prennent un chien dont ils 
appliquent la gueule sur la bouche du mourant, 
adn qu'il re^oive son ame avec -son dernier sou- 
pir. Le chien leur sert encore a faire cdnnaitre si 
ledefunt est parmi les elus. Avant d'ensevelir le 
corps, on le pose aterre;: on amene un chien 
qui n'ait pas con nu le mort, et, au moyen d'un 
morceau de pain, on Tattire le pluspr& du corps 
qu'il est possible. Plus le chien en approche, plus 
le defunt est heureux. S'il vient pisqu'a nqonter 
sur lui eta lui arracher de la bouche un morceau 
de pain qu'on y a mis, .c'est une marque assume 
que le deiunt est dans le paradis des guebres, Mais 
l'cloignement du chien est un prejug<§ qui fait 
desesperer du bonbeur du mort. 

II y a aussi des gens qui tiennent a honneur de 
descendre d'un chien, Les royaumes de Pegu et 
de Siam reconnaissent un chien pour chef de 
leur race. APdgu et a Siam on a done grand res- 
pect pour les chiens, si maltraites ailleurs 2 . La 
population du Liban , qui s'eleve a qiiatre cent 
mille umes, est composee de trois races, les An- 
garies , les Druses d les Maronites. Les Ansaries 
sont idolalres. Les uns parmi eux professent le 
culte du soleil ; les autres celui du chien 3 . On a 
toutefois honore quelques individus de cette race : 
lei est le dogue espagnol Berecillo, qui devorait 
les Indiens a Saint-Domingue, et qui avail par 
jour la paye de trois soldats... 

11 y aurait encore bien des choses a dire sur 

1 Madame Gabrielle de P*** Histoire des fantdmes, 
p. 27. ' 

2 Uexamemi de Torquemada, traduit par G. Chap- 
P^s, premiere journde. 

Voyages du due de Raguse. 



les chiens. En. Bretagne sur tout, les hurlements 
d'un chien egare annoncent la mort. II faut que 
le chien de la mort spit noir; et s'il dboie triste- 
ment a mihuit, c'est une mort inevitable qu'il 
annonce a quelqu'un de la famille pour la per- 
sonne qui l'entend, Wierus dit qu'on chasse a 
jamais les ddmohs en frottaiit les murs de la 
cliambre qu'il s infestent avec le liel ou le sang 
d'un chien noir 1 , tfo'y: Adranos, Agrippa, Braga- 
dini , Dorm ants , etc. " - _ 

- M. M^nechetJ- d^hs sa spirituetle description des 
superstitions du pays de Galles, parle d'une espece 
de chiens assez merveilfeux p6ur meriter ici une 
mention : « Les 6wes aninon (chiens d'enfer) , que 
Tqii appelle aussi quelquefois ewes ivylbir (chiens 
du ciel)', formenC, i dit-il, uhemeute fort extraordi- 
naire. Les personnes qui ont Tome assez line 
pour cela les enterident souvent courir la chasse 
dans les airs , quoique Toil he. flisie pas quel est 
le gibier qu'ils poursuivent. On assure qu'ils sont 
surtout bruyants peii de temps a van t : la' mort des 
personnes tres-perverses. Les uns disent que ces 
animaux, sont blancs et ont les oreilles rouges ; 
d'autres pr6tendeht,,au cbntraire, qu'ils sont tout 
noirs. lis sont peut-etre de la nature du carnd- 
leon , qui se nourrit d'air comme eux. » 

Ghifflet (Jeian), chanoine de, Tournay, n& h 
BesanQon vers 1611. II a publid. : Joanms Ma- 
carii Abraxas, sett Apislopistus\ cjuw est anliqua- 
ria degemmis basilidianis disqumlio, commentariis 
Must., An vers, 1657, in-/|°. tette dissertation 
trails des pierres gravies pbrtant le nom caba- 
listiqne Abraxas , par lbquel Basilide , h^rdtique 
du deuxifinTe sie ; cle,d6signait lb' L)ieu crdateur et 
conse'rvaleur. Elle est curieuse, et les cdmmen- 
taire^ que Ghifflet y a, joints sont.estimds. 
: ; Chija ou Chaja (Abraham 1 Ben)' | ' rabbin espa- 
gnol du onzieme stecle, Il a ^crit en hdbreu le 
Vohime dxi Revetateur; il y traite de Tdpoque ou 
viendra le Messie et de ceile "ou se fera la resur- 
rection geniirale. Pic de la Mi ran dole cite cet ou- 
vrage dans son traite contre les astrologues. 

Childeric I er . Voy. Bazine 'et Gm$TAiloAf ancii;. 

Childeric III, fils de Chilpdric II, et dernier 
des rois de la premiere race; 11 publia, en 742, 
un edit contre les borders, ou il ordonne que 
chaque dveque, aide du magistrat defenseur des 
eglises , mette tous ses soins a empecher lepeuple 
de son dioctee ! de tomber dans les superstitions 
paiennes. II defend les sacrifices aiix manes, les 
sortileges, les philtres, les augures, les enchan- 
tements, les divinations, etc. 

Ghilp6ric I cr , roi de France, fils de Clotaire I er . 
Saint Gregoire de Tours rapporte , sur le tdmoi- 
gnage de Gontrand, frere de Ghilpdric, cette vi- 
sion merveilleuse. Gontrand vit Tame de son frfere 
Chilperic lide et chargee'de chaines, qui lui fut 
presentee par trois <5veques. L'un 6tait Tdtricus, 
Tautre Agricola, le troisieme Nicetius de Lyon. 

* De prwsL d&m., lib. V, cap. xxi. 



CHI 



168 — 



CHO 



Agricola et Nicetius, plus humains que Pautre, 
disaient : — Nous , vous prions de le detacher, et, 
apres I'avoir puni, de permettre qu'il s'en aille. 
L'eveque Tetricus repondit avec, amertume de 
cceur : — II n'en sera pas ainsi ; mais il sera chatie 
a cause de ses crimes. — Enfin, dit GonLrand, 
le resultat fut de precipiler, cette pauvre ame 
dans une chaudiere bouillante que j'apergus 
de loin, Je ne pus retenir mes larmes lorsque 
je vis le miserable etat de Chilperic, jete dans la 
chaudiere, ou tout a coup il parut fondu et dis- 
sous S 

Chimere , monstre imaginaire , ne en Lycie, 
que les poetes disent avoir ete vaincu par Belle- 
rophon ; il avail la tete et l'estomac d'un lion, le 
ventre d'une ch^vre et la queue d'un; dragon. Sa 
gueule beante vpmissait desllammes. Les demo- 
nographes disent que c'etaitun demon. 

Chimie. On la confondait autrefois avec Tal- 
chimie. La chimie, selon les Persans , est une 
science superstitieuse qui Lire ce gu'il y a de plus 
subtil clans les corps terrestres pour s'en servir 
aux usages magiques. lis font Caron (le Gore du 
Pentateuque) inventeur de cette noire science 
qu'il apprit, disent-ils,de Moise. Louis de Fonte- 
nettes, dans 1'epitre dedicatoire de son tiippo- 
crate djpayse, dit que «d'aucuns pretendent que 
» la chimie , qui est nn art diabolique, a ete in- 
» venire par Cham. » 

China, idolede laSdndgambie. Ellea une t6te 
de veau ; on lui ofi're en sacrifice du miel qu'on 
faitbruler, pour obtenir de bonnes recoltes. 

Ghion, philosophe d'Heraclee, disciple de Pla- 
tbn. 11 fut. averti en songe de tuer Clearque , tyran 
d'Hdraclde, qui <5tait son ami. II lui sembla voir 
nne femme qui lui mit devant les yeux la bonne 
renommee qu'il acquerrait par le meurtrcdu 
tyran ; eL, poussd par cette vision , il le tua. Mais 
ce qui prouve que c'etait une vision diabolique, 
c'est que Clearque , tyran toldrable, ayant ete 
tue, fut remplace par Satyre , son frere , bien plus 
cruel que lui , et que rien ne pouvait adoucir. 
Chiorgaur. Voy. Gauiue. 
GhiridireJIes, demon qui secour t les voyageurs 
dans leurs besoins, etqui leur enseigne leur chemin 
lorsqu'ils sont egares. On dit qu'il se montre a 
ceux qui l'invoquent sous la forme d ! un passant a 
cheval. ■ 

Chiromancie ou Chiroscopie , art de dire la 
bonne aventure par l'inspeclion des lignes de la 
main. GetLe science, que les hohemiens ont ren- 
due celebre, est, dit-on, tres-anciennc. Nous 
en.exposons les principes a Particle Main. 

Chiron, non pas cenlaure, mais Hippocen- 
taure, car, fils de Saturne, il etait moitie Dieu 
et moitie cheval. 

Chodar, demon que les necromanciens nom- 

1 Greg. Turon,, Hist, franc, lib. YIII, cap, v. — 
Lenglet-Dufresnoy , Rccueil de. dissertations sur les 
apparitions, p. 72 dela preface. 



ment aussi Belial; il a P orient pour district, et 
commande aux demons des prestiges. 

Choquet (Louis) , auleiir d'un mystere Ires- 
rare intitule V Apocalypse de saint Jean Zdbedee, 
oh sont comprises les visions et revelations 
qu'icelui saint Jean eut en 1'ile de Patmos; in-fol., 
Paris, 1541. 

Chorropique (Marie) , sorciere bordelaise du 
temps de Henri IV , qui confessa s^etre donnee 
au diable par le moyen d'un nomme Augerot 
d'Armore, lequel la mena dans unelande ou elle 
trouva tin grand seigneur vetu de noir , avec la 
figure vqilee. 11 etaifc entoure d'uhe infinite de 
gens richement hahilles. Marie Chorropique ayant 
prononce le nom de Jesus, tout disparut incon- 
tinent. Son guide ne vint la reprendre que trois. 
heures apres , la tanga d'avoir prononce le- nom 
de Notre-Seigneur, etla conduisit au sabbat pres 
d'un moulin, ou elle . retrouva le. meine seigneur 
npir, avec un nojiime Menjoin, qui portait;un 
pot de terre plein de grosses araignees enllees 
d'une drogue blanche , et deux crapauds qu-on 
tua a coups de gaule , et qu'on chargea Marie 
d'ecorcher. 

Ensuile, Augerot pila .ces araignees. dans un 
mortier avec les crapauds. On jeta cette compo- 
sition' sur. des paturages pour faire mourir les 
bestiaux. Apres. quoi, .ces gens s'en allerent au 
bourg d'Irauris, oil i]s prirent sans bruit un en- 
fant au berceau.. Augerot et Menjoin Petrangle- 
rent et le mirent entre son pere et sa mere qui 
dormaient , afin que le pere crut que sa femme 
Tavait etouffe, et que la mere a son tour accusal 
son mari. lis en empoisonnerent d'autres. Dans 
toutes ces executions , Marie Chorropique atten- 
dait les deux bandits a la porte. Que penser tie 
ces recits ? 

Elle dit encore que, dans un sabbat, elle vit 
deux sorcieres qui apportferent le coeur d'un en- 
fant dont la mere s'etait fait avorter, et qu'elles 
le garderent pour en faire un sacrifice au diable. 
Cette horrible sorciere fut brulee le 2 octobre 
1576 \ 

Ghouette, espece de hibou de la grosseur 
cVun pigeon. La chouette ne parait qu'au point 
du jour ou a l'approche de la nuit. Chez les Atbe- 
niens et les Siciliens, cet oiseau etait d'un bon 
augure ; partout ailleurs , la rencontre d'une 
chouette est d'un mauvais presage. Cette super- 
stition vit encore dans plusietirs contrees. Voij. 

CllEVESCHli. 

Choun , divinite adorde chez les Pdruviens, 
qui racontaient ainsi son histoire : — 11 vint des 
parties septentrionales un homme qui avail un 
corps sans os et sans muscles, et qui s'appelail 
Choun; il abaissait les montagnes, comblait les 
vallees et se frayait un chemin dans les lieux in* 
accessibles, Ce Choun crea les premiers babi- 

1 Delancre, Tabl. de Vinconstance des demons, eic.j 
p. 107. 



CHO 



169 — 



CIE 



tanls da Perou; il leur ap'prit a se nourrir des 
herbes et des fruits sauvages. Mais un jour, of- 
fense par quelques Pe>uviens,il convertit en sa- 
bles arides une parLie de la lerre , auparavant 
tres-fertile partout ; il arreta la pluie;, dessecha 
les planted; et ensuite, emu de compassion , il 
ouvrit les fontaines et fit coulerles rivieres, pour 
reparer le mal qu'il avait cause... G'est un sys- 
temequi n'est pas plus Mle que celui des 'philo- 
sophes modernes. 

Choux. Une croyance qui n'est pas extreme- 
men L- rare i c'est qu'on ne doit pas manger de 
choux le jour de saint Etienne, parce qu'il s'etait 
cache dans un carre dechoux pour eviterle mar- 
tyre d . .. Conte tres-stupide et superstition tres- 
absurde*. 

Chretiens/Dans les persecutions, on les ac- 
cusal t de inagie, 

Ghristolytes, heretiques du sixieme siecle, 
qui disaient que Notre -Seigneur avait iais.se son 
corps et son ame aux enfers, et qu'il n'etait re- 
monle aux cieux qu'avec sa divinile. 

Ghristophe. Autrefois, d'apres une opinion 
exprimee par ce vers : 

Christophorum'videas, postea tutus eas, 

on croyait que celui qui avait vu quelqu'e image 
de saint Ghristophe le matin etait en surete toute 
la juurnee. 

Christoval de la Garrade. Voy. Mauissake. 
* Chrysolithe, pierre precieuse qu'Albert le 
Grand regarde comme un prdservalif contre la 
folie, Elle a encore, diuil, la vertu.de mettre le 
repentir dans le coeur de Thorn me qui a fait des 
fautes... 

Ghrysomallon, nom du fameux belier qui 
porlait la toison d'or. On dit qu'il volait dans les 
airs, qu'il nageait en perfection , qu'il courait 
avec la legerete d'un cerf , et que Neptune, dont 
il etait (lis, Tavait convert de soie d'or au lieu 
(le laine. IL avait aussi l'usage de la parole, et 
donnait de bons avis. II est le premier signe du 
zodiaque. 

Chrysopee, ceuvre d'or. C'est le nom grec 
que les alchimistes donnent a la pierre philoso- 
phale, ou a 1'arl de transmuer to us les m<kaux 
en or pur. 

Chrysopole, demon. Voy. Olive. 

Chrysoprase, pierre precieuse a laquelle la 
superstition attacliait la propriete de fortifier la 
vue, de repuir l'esprit et de rendre Thomme 
liberal et joyeux. 

Ciaconius. Voy. Chacon, 

Ciceron (Marcus Tullius). Leloyer dit qu'un 
spectre npparut a la nourrice^de Ciceron : c'etait 
un demon de ceux qu'on appelle cjhiics f ami- 
tiers, 11 lui predit qu'elle allaitait un enfant qui, 
«n jour, ferait grand bien a l'tftat. « Mais d'ou 
tenai t-il tout cela? me dira-t-on. Je repondrai : 

1 Thiers, Traile des superstitions, L I. 



G'est la coutume du diable de begayer dans les 
choses futures 1 . » Ciceron devint en effet ce qu'on 
sait. C'est lui qui disait qu'il ne coneevait pas 
que deux augures pussent se regarder sans rite. 
II acombattu quelques idiees superstitieuses dans 
plusieurs de„ses ouvrages> surtout dans les trois 
livres de la Nature des dieux f et dans les Tnscu^ 
lanes. Dans ses deux livres de la Divination , il re^- 
connait aux. hommes le don de lire; dans Tavenir. 

Yalere-Maxime conte que Ciceron, ayant ete 
proscrit par les triumvirsVse retir&dans sa maisoil 
de Foniiies, ou les satellites des tyrans ne tarde- 
rent pas a le poursuivre. Dans ces moments de 
trouble, il vit un corbeau arracher l'aiguille d'iin 
cad ran : c'etait lui annoncer que sa carriere etait 
finie.Le corbeau s'approcha ensuite delui v comme 
pour lui faire sentir qu'il allait bientot etre sa 
proie, et le prit par le bas de sa robe , qu'il ne 
cessa de tirer que quand un esclave vint dire a 
l'orateur roma.in que des soldats arrivaienl pour 
lui dormer la mort^ Les corbeaux d'aujotir^hui 
sont plus sauvages. 

CieL.Un tel article ne peut entrer dans ce dic- 
tionnaire qu'a proposdequelques folles croyances. 
Les musulmans admettent neuf cieux. 11 y eut 
parmi les chreJLiens des. heretiques; qui en an- 
nonQaient trois cent soixanLe-cinqi avec des anges 
specialement maitres de chaque ciel, Voy. Ba- 
silide. " 

Bodin assure qu'il y a dix cieux,. qui sont 
marques par les dix eourlines du tabernacle et 
par ces mots : « Les cteux sont les ceuvres de les 
doigts, » qui sont au nornbre de dix 2 ... Les 
rabbins pretendentque le ciel lourne sans cesse, 
et qu'il y a au bout du ltionde un lieu ou le ciel 
touche. la terre. On lit dans le Talmud que le 
rabbin Bar-Chana, s'etant arrete en cet endroit 
pour se reposer, mit son chapeali surune des 
fenelres du ciel, et que, l'ayant voulu reprendre 
un moment apres, il ne le retrouva plus, les 
cieux l'ayant emporte dans leur course : de sorte 
qu'il fallut qu'il attendit la revolution des mondes 
pour le rattraper. 

Cienga. C'est chez quelques peuples de. l'O- 
ceanie le mauvais esprit, le demon. 

Cierges. On allume deux cierges a Scaer, en 
Bretagne, au moment du mariage; on en place 
un devant le mari, Tautre devant la femme : la 
lumiere la moins brillante indique celui des deux 
qui doit motirir Je premier. L'eau el le feu, 
comme chez les anciens, jouent un grand role 
chez les Bretons. Du cote de Guingamp, etail- 
lcurs, quand on ne peul decouvrir le corps d'un 
noye, on*met un cierge allumd sur un pain qu'on 
abandonne au cours de l'eau : on Irouve, dit-on, 
le cadavre dans Tendroit oil le pain s'arrete 3 .. 

1 Leloyer, Hist aire et discours des spectres,%\\\* II, 
ch. v; liv. Ill, ch. xyn. 

2 Preface de la Demonomanic des sorrier s. 

3 Voyage de Cambry dans le Finistere, t. Ill , p, \ 59. 



CIG 



— 170 — 



CIP 



Gigogne, On croit que les cigognes preservent 
des incendies les maisons ou elles se retirent; 
Gette erreur n'est plus tres-i*epandue. Ou a dit 
aussi que les -cigognes ne s'etablissaient que dans 
les 15 tats libres; mais les &gyptiens, qui eurent 
tou j Ours des rois, leur rendaient mi culte; et 
c'etait im crime capital en Thessalie, qui etait 
monarchique, de tuer uue cigogne, parce que le 
pays est plein de serpents, et que les cigognes 
les detruisent. Elles sont enfln tres-communes et 
tres-protegeesen Turquie, en Egypteeten Perse, 
ou. Pon ne songe guere aux idees republicaines. 

Cilano (George-Ghretien-Maternus de),Hon~ 
grois du dix/rhuitieme siecle, qui a £crit tin Iivre 
de rOricjine et de la Celebration des Saturnales 
chez les Romaihs et (sous le nom d'Antoine 
Signatelli) des Recherehes sitr les geants 2 . 

Cimeries, grand et puissant demon, marquis 
de Pempire infernal. II commande aux parties 
africaines; II enseigne la grammaire, la logique 
etla rh6torique; il decouvre les tresors etrevele 
les choses cachees; il rend Phomme leger a la 
course , et donne aux bourgeois la tournure frin- 
gante des militaires. Le marquis Gimeries, capi- 
taine de vingt legions, esttoujours a cheval sur 
un grand palefroi noir 3 . 

Cimetiere. 11 n'etait pas permis en Espaghe, 
au quatrieme siecle, d'allumer des cierges en 
plein jour dans les cimetieres, depeur d'inquidter 
les esprits. On croyait que' les ames des trt$pass(§s 
frequentaient les cimetieres ou leurs corps etaient 




enterres^; etle clerge eutfquelque peine h de- 
truire cette opinion. On croit encore aujourd'hui 
dans les campagnes que les ames du purgatoire 

1 De Salurnalium originc ct celebrandi riiu apud 
Romanos, 4759, 

2 De gigantibus nova disquisiiio historica et cri- 
tica, 1756. 

3 £Wierus, in Pseudomonarchia dcemon, 
\ Dom Galmet, Traite sur les apparitions, etc., 
cb, xi. 



reviennent dansies cimetieres; on dit memeque 
les demons aiment a s'y montrer, et que c'est 
pour les ecarter qu'on y plante des croix. On 
conte des anecdotes effrayantes. Peu de villageois 
traverseraient 3b cimetiere a minuit : ils ont ton- 
jours Phistoire de Pun d'entre eux rosse par une 
ame (ou plutot par un mauvais plaisant) qui lui 
a reproche de troubler sa penitence. Henri Es- 
tienne et les ennemis du catholicisme ont forge 
des aventures facelieuses, ou ils attribuent de 
petites fraudes aux gens d'eglise pour maintenir 
cette croyance ; mais ces historiettes sont des in- 
ventions calomnieuses. On a vu quelquefois, dans 
les grandes chaleurs, des exhalaisons enilamniees 
sortir des cimetieres ; oh sait aujourd'hui qu* elles 
ont une cause naturelle. 

Cimmeriens, peuples qui habitaient autour 
des Palus-Meotides , et dont les Gimbres sont les 
descendants. Beaucoup de savants ont placiS 
dans ce pays Pantre par lequel on allait aux en- 
fers. Leloyer dit que les Gimmdriens etaient de 
grands sorciers , et qu'Ulysse ne les alia troiiver 
que pour interroger par leur moyen les esprits 
dePenfer. 

Gimon, general athenien, fils de Mildade, 
Ayant vu en songe une chienne irritee qui 
aboyait contre lui et qui lui disait d'une voix 
humaine : — « Viens, tu me feras plaisir amoi 
et h mes.petits, » il alia consulter un devin 
nomme Astyphile, qui interpreta sa vision de 
cette maniere : — « Le chien est ennemi de 
celui contre lequel il aboie; or, t>n ne pourrail 
faire a son ennemi un plus grand plaisir que de 
mourir; et ce melange de la voix humaine avec 
Paboi ddnote un Mede qui vous tuera. )> Les 
Grecs etaient en guerre avec les- Perses et les 
Mfedes : il y avait done chance, Malheureusemcnl 
pour le devin , le songe he s'accomplit pas, ct 
Gimon ne mourut que de maladie. 

Gincinnatulus ou Cincinnatus ( le pclil 
Jris'd) % esprit qui, au rapport de Rhodiginus, 
parlait par la bouche d'une femme nommee Jo- 
caba, laquelle 6tait ventriloque. 

Cinq. Les Grecs modernes se demandent ex- 
cuse en pronongant le nombre cinq, qui esLdu 
plus mauvais augure, parce qu'il exprime un 
nombre indefini , r<$prouv£ par les cabalistes. 

Ciones. Voy. Kiones. 

Cippus Venelius, chef d'une partie dePltalie, 
qui, pour avoir assiste a un combat de taureaux 
et avoir eu toute la nuit Pimagination occupee 
de cornes, se trouva un front cornu le lende- 
main. D'autres disent que ce prince, entranl 
victorieux a Rome, s'aperQut, en se penchant 
au-dessus des eaux du Tibre, car il n'avaitpas 
de miroir, qu'il lui dtait pousse des cornes, II 
consulta les devins pour savoir ce que lui pflS- 
sageait une circonstance si extraordinaire. On 
pouvait expliquer ce prodige de plusieurs fa^ons; 
on lui dit seulement que c 1 6tait une marque qu'il 



cm 



171 



CLA 



rdgnerait dans Rome; mais il n'y voulut plus 
enlrer. CeLLe moderation est plus ' merveilleuse 
que les comes. : - " : . 

Circe, fameuse jnagicienne qui changed, les 
coiiipagnons d'Ulysse en pourceaux. Elle- savait 
composer des potions magiques et des enchan- 
tements par Tesquels elle troublait Pair, exci- 
tait les greles et les 'tempetes, et donnait aux 
lrommes des maladies de corps et d' esprit. 
Saint Jean Chrysostome regarde la metamor- 
phose des compagnons d'Ulysse comme une vive 
allegorie. " - ; 

Circoncellions , fanatiques du quatrieme 
siecle , de la secte des donatistes. lis parurent 
en Afriqne. Armes d'abord de batons; qulis ap- 
pelaient batons d'Jsrael, ils con) mctiaien t ; toils 
les brigandages, sous prelex'te de retabHr-^ega- 
litdi lis prirent bientot des armes plus^ofew^ryes 
pour tuer les catholiques. On les appelait irassi 
scotopetes. Ils faisaient grand ca£ <Jif diable et 
1'lionoraient en se coupant;:- ;l^' ; gQi%e .,. - se 
noyau t, en se jetant, eux et%ars feiinmes. 1; . dans * 
les precipices. A la suite -de Ei!ederic;:Barbfe- 
rousse , au treizieme siecl&s on vit .l-eparaitre 
des circoncellions qui daiwaientvies catholiques*:- 
Ces violents sectaires, qui pMiquaiisnt le meurtre 
contre eux-memes et contre les autres, a Tupe 
et Paulre epoque, ne.dure^ehti^sr lpii^temps. ^ : " 

Cire* G'est avec de la- cire qiTie. -les sprcieres 
composaient les pe tiles figures magiques qu'elles 
faisnient fondre lorsqu'elles "y^uIaierit.QnvoCiter 
elfaire perirceux qu'elles avaiebt pour ennemfcj. 
Ondecapitaa Paris, en 157ft , W : ;^ftitilhpiMp.e; 
chez qui Ton trouva une petite'image de cire 
ayant Ja place du cceur percee d- un poignard. 
Voy. Envootbment et CfsnoaiANCiE. 

Giruelo (Pierre) , savant aragonais du quin- 
zieme siecle, a qui Ton doit un livre d'astro- 
logie 1 , ou il defend les astrologues et leur science 
contre les raisonnements de Pic de la Mirandole. 

Citation , formule employee pour appeler les 
esprils et les forcer a paraitre. Voy. Invocation. 

Cites. Saint Augustin a parfaitement dtScrit ce 
bas monde , en le divisant en deux citds : la cite 
do Dieu, peuplee des hommes attaches a Pfiglise, 
el la cite du diable, composee de tousles autres. 

Citu, f6le au Perou, dans laquelle tous les 
'habitants se frottaient d'une pate ou ils avaient 
ra'616 un peu de sang tire de Pentre-deux des 
sourcils de lenrs enfaiits. Ils pensaient par la se 
preserver pour tout le mois de tout malaise. Les 
pretres idolalres faisaient ensuite des conjura- 
tions afin d 5 eloigner les maladies, et les P<5ru- 
. viens^croyaicnt-que toutes les fifevres etaient 
chassdes des lors a cinq ou six lieues de leurs 
liabiLalions* 

Civile (Frangois de) , gentilbomme normand, 
n<$ en 1536, dont la vie fut remplie de catas- 

1 ApotoUsmata astrologies humance^ hoc est de mu- 
; w«ont6us tmporwn. Alcala, Am. 



trophes, pour la plupart imaginees par les ecri- 
vains protestantS;, qui ont ; si souvent fahrique 
des romans et des historiettes, dans le but de 
faire lire leurs ecrits. On classe cette vie prodi- 
gieuse dans les impostures historiques. • 

Glairon - ( Glaire-Josepbe-Leyris de Latudfe, 
connue sous le nom d'Hippolyte ) , tragedienne 
franchise , morte en 1803. Dans ses Mdmoiresj 
publies en 1799, elle raconte l'histoire d'un re- 
venant qu-elle croit etre Tame de M. do S.. , 
Ols d'un negociaiit de Bretagne , dont elle avait 
rejete les voeuxj.il en mourut de* chagrin; et 
des lors mademoiselle Glairon entendit toules les 
nujts, vers les onze beures du soir, pendant 
pkisieurs mois, un cri aigu. Ses gens, ses amis, 
: s&-;yoisins, la police meme, entendirent ce 
bruit, toujours a la meme heure, toujours par- 
/tant sous ses fenetres, et ne paraissant sortir 
■ qiie-rdu vague de Pair. 
y : G(3S r cris cesserent quelque temps, puis ils fu- 
.rent ri3mplaces ,,a la meme heure, par un coup 
; 3e f i^Ptire dcins ses fenetres, sans qu'il en re- 
' sult^laucuii dommage. 

1 IA ;r ; ue :M remplie d^spions , et ce bruit fut 
• pn ten^u'^aris que j amais persofm^ put voir de 
jcjuell ^dj^iai t Jifrpartait. A ces explosions succ^da 
.^n claqpempnt de, mains, puis des sons melo- 
: cjije t> ^ ^ JS n liiiL ; 3 £ b L s a apres un peu plus de 
(feiix ansj et dpmi 4 . Voil a ce que disent des m6- 

par mademoiselle Raucourt. G'6tait 
sap' mystificatioi) , qui eut fait un peu 
. pi^sndp l)ruH • ^ si e'eut dte autre chose, 
' exprime par ce mot le don 
q^P:^pjS^feiti ; quelques personnes. de deviner 
des choses obscures ; a peu prfes comme ceux qui 
decouvrent des sources ou le commun des bom-, 
mes n'en soup^onne pas. . 

Clarus. Saint Augustin rapporte qu'un jeunq 
homme de condition nommd Clarus ,. s'etant 
donn6 a Dieu dans un monastere d'Hippone , se 
persuada qu'il avait commerce avec les anges. 
11 en parla dans le couvent. Comme les frferes 
refusaient de le croire, il predit que la nuit sui- 
vanle Dieu lui enverrait une robe blanche avec 
laquelle il paraitrait au milieu d'eux. En effet, 
vers minuit, le monastere fut ebranl6, la cellule 
du jeune homme parut brillante de lumiere; on 
entendit le bruit de plusieurs personnes qui al- 
laient, venaient et parlaient entre elles, sans 
qu'on put les voir.'Ciarus sortit de sa cellule et 
monlra aux frferes la tunique dont il dtait vetu : 
e'etait une dtoffe d'une blancheur admirable et 
d'une finesse si extraordinaire, qu'on n'avait ja- 
mais rien vu de semblable. On passa le reste de 
la nuit a chanter des psaumes en actions de 
graces ; ensuite on .voulut conduire le jeune 
homme a saint Augustin ; mais il s'y opposa, di- 
sant que les anges le lui avaient del'endu. Ge-^ 

1 Memoires d'Hippolyte Clairon, ddifc* do Buisson,' 
p. 467. 



GLA 



— 172 — 



CLE 



pendant on ne Tecouta point; et, comme on Fy 
conduisait malgre sa resistance, la tunique dis- 
parut aux yeux des assistants; ce qui fit juger 
que le tout n'etait qu'une illusion de l'esprit de 
tenebres. 

Glassyalabolas. Voy, Caacrikolaas. 

Claude, prieur de Laval , fit imprimer a la 
fin da seizieme siecle un livre intitule Dialogties 
de la Lycant/iropie. 

Clauder (Gabriel), savant saxon, mort en 
1691, membre de TAcademie des Curieux de la 



nature. II a laisse dans les M<§moires de cetle 
societe divers opuscules singuliers* Tels sont: 
u le Remede diabolique du del ire » et « les 
Vingt-cinq ans de s6jour d 1 un demon sur la 
terre \ » . 

Son neveu, Frederic-Guillaume Clauder, a 
donne dans les Ephemerides de la raeme aca- 
demie un traite sur les nains 2 . 

Clauneck, demon turc qui a puissance sur les 
biens, sur les richesses; il fait trouver des tre- 
sors h. celui qu'il sert en vertu d'un pacte. II esi 




aim6 de Lucifer, qui le laisse maitrc de prodi- 
guer Targent. II rend complaisance pour com- 
plaisance a qui Tappelle*. 

Glauzette. Sur la fin de 1681, une fille in- 
sensed, Marie Glauzette, se mit h courir les 
champs aux environs de Toulouse, en se r<5cla- 
mant.du nom de Robert, qu'elle disait elre le 
maitre de tous les diables. On la crut poss&lde, 
et tout le monde voulut la voir. Quatre jeunes 
filles, qui assisterent aux premiers exorcismes, 
se crurent possddees pareillement. Le yicaire 
general de Toulouse, voulant eprouver si la pos- 
session etait vraie, fit employer d'abord des 
exorcismes feints; et 1'eau commune, la lecture 
d'un livre profane, le ministere d'un laique ha- 
bill6 en pretre agiterent aussi violemment les 
prdtendiies possddees, qui n'elaient pas pr£ve- 
nues, que si un pretre eut lu.le Rituel avec des 
aspersions d'eau benite. Les mddecins ddcla- 
rferent que le diable n'elait pour rien dans cette 
affaire. Les posseddes vomissaient des epingles 
croc.hu.es; mais on remarqua qu'elles les ca- 
chaient dans leur bouchepour les rejeter devant 

1 Obedias UK, et obediet. Clavicuhs de Salomon, 
p. 14. 



les spectateurs. Le parlement de Toulouse pro- 
el ama la fraude et dissipa cette ridicule affaire. 

Clavicules de Salomon. Voij, Salomon. 

Clay (Jean) , litterateur allemand, mort en 
1592. On recherche son Alkumislica, petit poemc 
en vers allemands contre la folie des alchimistes 
et faiseurs d'or. 

Gledonismancie, divination tiree de cerlaincs 
paroles qui, entendues ou prononcees en di- 
verses rencontres , dtaient regardees^ comme 
bons ou mauvais presages. Cette divination dlail 
surtout en usage a Smyrne; il y avait la jadis un 
temple ou c'etait ainsi qu'on rendait les oracles. 
Un nom seul offrait quelquefois Taugiire d'un 
bon succfes. Ldotychide, j5ressd par un Samien 
d'entreprendre la guerre contre les Perses, de* 
manda a ce Samien son nom ; et, en apprenant 
qu'il s'appelait Hegesistrate , mot qui signiOc 
conducteur d'armee , il rdpondit : « J'acccple 
1'augure d'Heg6sistrate. » Ce qu'il y avait d& 
commode en tout ceci, e'est qu'on dtait libre 

1 Da diabolico delirii remedio. — De diabolo P 
viginti quinque ctnnos frcqucntante cum milliera f w^ 
venefwii opera. 

2 De nanorum gemraliorie. 



CLE 



173 



GLE 



d'accepter ou de refuser le mot a presage. S'il 
etait saisi par celai qui Pentendait el qu'il frap- 
pat son imagination , il avait toute son influence ; 
mais si Pauditeur le laissail tomber, ou ri'y fai- 
sail pas une prompte attention, Paugure etait 
sans force. 

Clef d'or. On a publie,- sous le tilre de la 
Clef d 1 or } plusieurs pelits volumes stupides qui 
enseigneiit les moyens infaillibles de faire for- 
tune avec la loterie, et qui, quand la loterie 
existait, ne faisaient que des dupes. La Clef d'or 
ou le Veritable trdsor de la fortune, qui se reim- 
primait de temps en temps a Lille, drez Cas- 
tiaux , n'est pas autre chose que la decouverte 
desnombres sympathiques, que J'auteur se Vaiite 
d'avoir trouves; « ce qui lui a valu trois cent 
]) niille francs en deux, ans et deiiii ». 11 csfc affreux 
de mentir aussi impunement pour engager -les 
pauvres gens a se ruiner dans les loteries." Or, 
les cinq nombres sympathiques ne mariqiient pas 
desortir, dit-il effrontetnent, <lans les cinq tirages 
qui suivent la sortie du numero indicateur. II 
faat done les suivre pendant cinq' tirages seule- 
ment pour faire fortune. Par exemple , les nom- 
bres sympathiques de k sont 30, 50, 70, 76. 
Ces cinq numdros sortironl dans les cinq tirages 
qui suivront la sortie de k , non pas tons a la fois 
peut-etre, mais au moins deux ou : trois ensemble; 
Du reste, les nombres^ sympaliiiques sont ima- 
ginaires, et chacun les dispose! a son gre. 

Cleidomancie ou Cleidtaiomaiicie , divina- 
tion par le moyen d'uhe clef. On voit dans Dclrio 
et Delancre qu'on employait.: cette divination 
pour decouvrir Pauteur d'un vol ou d'un meurtre. 
On tortillait autour d'une clef un billet contenant 
le nom de celui: qu'on soupgonnait; puis on at- 
lachait cette clef a une Bible, qu' une lille vierge 
soulenait de ses mains. Le deviu marinottuit en- 
suile tout bas le nom des personnes soupgon- 
nees; et on voyait le papier tourner et se mou- 
voi.r sensiblement. On devine encore d'une autre 
maniere par la cleidomancie. On attache dlroi- 
lementune clef sur la premiere page d'un livre; 
on ferme le livre avec une corde , de fagon que 
l'anneau de la clef so it dehors; la person ne qui 
a quelque secret a decouvrir par ce moyen pose 
tedoigt dans Panheau de la clef, en pronongant 
tout bas le nom qu'elle soupgonne. S'il est in- 
nocent, la clef reste immobile; s'il est coupable, 
; dletourne avec une telle violence qu'elle rompt 
h la corde qui attache le livre 1 . 

Les Cosaques et les Russes emploient souvent 
. celie divination ; mais ils metlent la. clef en tra- 
■ vers et non a plat, de maniere que la compres- 
sl on lui fait faire le quart de tour, ils croient sa- 
^°ir par la si la maison ou ils sont est ricbe, si 
e ur famiJle se porte bien en leur absence , si 
le «r pere.vit encore, etc. Ils font usage surtoul 

* Delancre, Incredulilc et mecreance du sortilege 
mnement convaineues } traite V. 



de cette divination pour decouvrir les tresors; 
On les a vus plusieurs fois en France recourir a 
cet oracle de la clef sur PEvangile de saint Jean * 
durant Pinvasion de 1814. 

Clement, pretre ecossais, contemporain de 
Charlemagne. 11 soutenait qu'en descendant aux 
enfers Jesus-Christ en avait delivrd tous les daim- 
nes, sans exception. Cette doctrine a ete con- 
damnee. - 

Cleonice. Pausanias , general laeedemonien "j 
ayant tue a Vicence : une vertiieuse jeune filiei 
nominee Cleonice, qui lui avait resiste, vecut 
dans un effroi continuel et ne cessa de voir, jus- 
qu'a sa mort, le spectre de cette jeune fille a ses 
cotes. — Si Pon connaissait ce qui a precediS les 
visions, on en trouverait souvent la source dans 
les remords. 

Cleopatre. G'est, dit-on, une erreur que 
Popinion ou nous ; sommes que Cleopatre se fit 
mourir avec deux: aspics. Plutarque dit , dans la 
vie de Marc^/Vntoines que personne -n'a; jamais, 
su eommenV elle etait inbrte. Quelques-uns as- 
sureht qu'elle prit un" poison qiPelle avait cou-, 
tume de porter dans ses' cheveux. On ne trouva 
point d'aspic dans le lieu ou elle etait morte ; on 
difc seulement : qu'oh lui remarqua au bras droit 
deux piqures : imperceptibles ; c J est la-dessus 
qiPAuguste hasarda l'id^e qui est devenue popu- 
laire sur le genre ale sa mort. .11 est ])robable 
qu'elle se piqua avec line aiguille empoisonn^e 4 . 

Cleromahcie, art de dire la bonne aventure 
par le sort jete, e'est-a-dire avec des de.s, des 
osselets, des t eves noires ou blanches. On les 
agitait dans un vase, et, apres avoir prid les 
dieux , on les renversait sur une table et Pon pre- 
disait Pavenir d^apWjs la disposition des objets; 
11 y avait aBura, en Achaie, un oracle d'llercule 
qui se rendait sur un tablier avec des des. Le 
pelerin, apres avoir prie, jetait quatfe des, dont 
le pretre d'Hercule considdrait le^ points, et il 
en tirait la conjecture de ce qui devait arriver* 
11 fallait que ces des fussenl fails d'os de betes 
sacrifices 2 . Le plus souvent on ecrivait sur des 
osselets ou sur de petites tabletles qu'on m61ait 
dans une urne; ensuite on faisait tirer un lot par 
le premier jeune gargon qui se rencontrait ; et si 
Pinscription qui sorlait avait du rapport avec ce 
qu'on voulait savoir, c etait .une prophetic cer- 
taine. Celte divination etait commune en ftgyple 
et chez les Romains ; et Pon troiivait frdquem- 
ment des cldromanciens dans les rues et sur les 
places publiques, comme on trouve dans nos 
fetes des cartomanciens. Voy. Astii agaf^omancik. 

Cleves. On dit que le diable est chef de cette 
noble maison et pere des comtes de Cleves. Les 
cabalistes pretendenl que ce fut un sylphe qui 
vint a Glfeves par les airs, sur un navire mcrveil- 

1 Voyez Brown, Des erreurs jiopulaircs } liv. Y, 
ch. xii. 

2 Delancre, Incrcdulitd et mccrdance, etc., traite V. 



GLI 



ilk -r 



CLO 



leux tralne par des cygnes, et qui repartit un 
jour, en plein midi, a la vue de tout leimonde, 
sur son navire aerien. « Qu'a-t-il fait aux doc- 
teurs qui les oblige a Feriger en demon? » difc 
Pabbe de Yillars*. C'est en memoire.de cette ori- 
gine merveilleuse , diyersement expliquee, qu'on 
avait foncle au.pays de Gleyes Pordre des che- 
valiers du Gygne. . 

Glimaterique. Voxj. Ann£e. 

Glistheret, demon qui fait paraitre ja nuit au 
pilieu du jour, et le. jour au . milieu de la nuit, 
quand c-est son caprice,; si yous en croyez les 
Clavicules de Splomoyi. 

Cloches. Les anciens connaissaient les cloches, 
dont on attribue rinvention aux Egyptiens. Elles 
etaient en usage a Athenes et chez les Romains. 
Les musulmans n'ont point de cloches dans leurs 
■minarets; ils croient que le son des ; cloches ef- 
,fray ; eraitles ames des bienheureux dans le para- 
dis. : Les cloches ne furent generalement em- 
ployees dans les eglises chretiennes que vers 
le septieme siecle. , Qn voit dans Alcuin que la 
ceremonie du bapteme qui les consacre avait lieu 
deja du temps de Charlemagne* - 

G'est, dit-on, parce qu' elles sont baptisees 
.que les cloches sont odieuses a SataiiiiOn assure 
que quand le diable porte ses supp6ts.au sabbafc, 
ij est force de les laisser tomber s'ii entend lc 
son des^ cloches. Torquemada raconte, dans son 
Hexamevon, qu'une femme revenant du sabbat, 
portee dans les airs par l'esprit. maliti:, entendit 
la cloche qui sonnait VAngclus. Aussitol le diable 
J'ayant lachee, elle tomba dans une haie d'epines> 
■au bord d!une riviere. Elle aperc,ut un jeime 
homme a qui elle demanda secours, et qui, a 
force de prieres, se d<5cida a la reconduire en 
sa maison. 11 la pressa tellement de lui avouer 
les circonstances de son aventure, qu'elle la lui 
apprit; elle . lui fit ensuite de petits presents, 
pour Fengager a ne rien dire ; mais la chose ne 
manqua pourlant pas de se repandre. 

On croit dans quelques con trees que c'est le 
diable qui excite les tempetes, et que, par con- 
sequent, les cloches conjurent les orages. Les 
paysans sonnent done les cloches des qu'ils en- 
tendent le tonnerre, ce qui maintenant est re- 
connu pour une imprudence. Citons a ce sujet 
un fait consigne dons les Me moires de I'Acadd- 
mie des sciences : « En 1718, le 15 aout, un 
vaste orage s'etendit sur la basse. Bretagne, le 
tonnerre tomba sur. yingt-quatre eglises situees 
entre Landernau et Saint-Pol de Leon ; c'eHaitpre- 
cisement celles ou Ton sonnait .pour ecarter la 
foudre; celles ou Ton ne sonna pas furent epar- 
gnees. » M. Salgues pense cependant que le son 
des cloches n'attire pas le tonnerre, parce que 
leur mquvement a peu d'intensit^ ; mais le bruit 
seul agite Pair avec violence, et le son du tam- 

1 L'abbe de Yillars, dans le Comic de Gabalis. 



hour sur un lieu eleve ferait peut-etre le memo 
effet d'attirer la foudre. 

, On a cru encore , dans certains pays , qu'on se 
mettait a l'abri de toute atteinte des orages en 
portant sur soi un morceau de la corde attachee 
a la cloche au moment de son bapteme. 

Cloche du diable. 11 nous reste a dire un 
mot de cette cloche> Dusaulx . visitant les Pyre- 
nees a pied, son guide , qui etait un franc mon- 
tagnard , le eonduisit dans un marecage comme 
pour lui montrer quelque. chose de curieux. 11 
pretendit qu'une cloche ay ait jadis ete enfoncee 
dans' cet endroit ; ; que cent ans apres le diable, 
a qui appartenaient alors tous Jes meta.ux souter- 
rains, s'etait empare de cette cloche, et . qu'un 
patre depute peu de temps, Pavait entendu son- 
ner pendant la nuit de NoeL dans Tinterieur de 
la montagne. — Fort bien, ditiDusaulx; ce qu'on 
a pris pour le son d'une; cloche, ne, viendrait-il 
pas plutot des eaux souterraines qui s'engouf- 
frent dans quelque c.ayite ? Oh ! que non , re- 
pliqua le gutde. ,; . 

Cloche du jugement dernier. II y.a des 
cloches celebres! On respecte: beaucoup dans les 
Pyrenees la cloche de Ja vallee;; on lui donne 
toutes sortes; d^origines merveilleuses : la plus 
commune , e'est qu'elle a ete fondue par les 
anges, On l'entend,. ou peut-etre, on croit 1'en- 
tendre quelquefois : mais on ne sait, pas ou elle 
est suspendue. C*est cette cloche qui. doit, ace 
que disent les montagnards, reveiller leurs pa- 
triarches endormis dans les creux des roclicrs, 
et appeler les hommes au dernier jugement. 
. Lorsque Ferdinand le Catholique fut attaque de 
la maladie don t.il mourut , la fameuse cloche de 
la Villela (qui a dix brasses de tour) sonna, diL-on, 
d'elle-meme ; ce qui arrive quand l'Espagneesl 
menacee de quelque malheur. On publia aussitol 
qu'elle amionQait la mort du roi, qui mourutef- 
fecti vement peu apres 4 . 

Glofye, oiseau d'Afrique, noir et gros comme 
un 6lourneau. C*est pour les negres un oiseau dc 
presage. II predit lesbohs evenements, lorsque en 
chantant il s'eleve dans les airs; il en pronostique 
de mauvais s'il s'abaisse. Pour annoncer a quel- 
qu'un une mort funeste, on lui dit que le Glofye 
a chante sur lui* 

Clotho 4; L'une des trois Parques et la plus 
jeime. C'est elle qui file les deslinees ; on lui 
donne une quenouille d'une hauteur procligieuse. 
La pluparl des mythblogues la placent avec ses 
soeurs a la porte du repaire de Pluton. Lucienls 
met dans la. barque a Garon ; mais Plutarque dil 
qu'elle est dans la lune, dont elle dirige les mou- 
vements. 

Clou. II y a sur les clous quelques petites 
superstitions dont on fera son profit. Les Grec? 
modernes sont persuades qu'en fichant le clon 

1 Yoycz, dans les Legendes d'Allemagnc, (le Baoul 
de Navery, La cloche du prieur. 



GLO 



— 175 — 



(Tun cercueil a la porte d'une maison infestee, 
on en ecarte a jamais les revenants et les fan- 
tomes, Boguet parle d'une sorciere qui, pour 
im cheval blesse, disait cerLains mots~ en forme 
d'oraison et plahtait en lerre im clou qu'elle ne 
relirait jamais. Les Romains, pour chasser la 
pesle, iichaient un clou dans uhe pierre qui elait 
au cole droit du temple de Jupiter ; ils en faisaieht 
autant con Ire les channes.et sortileges, et pour 
apaiser les discordes,,gui' survenaient entre les 
citoyens. « II y en a paMlleiiient qui, se voulant 
prevaloir contra leurs ennemis; ; plantent un clou 
dans un arbre. Or, "quelle force peut avoir ce 
clou ainsi plante 1 ? ». ; - -'^ 

Clovis, fiis de^llilperic"! 61 ". II ne restait a 
Ghilperic que ce : ft^;'d^M;premiere femme. Le 
jeune hoinme fufe|p%^n^scret pour s'expliquer 
sans menagemefeSii^ regar- 
dait comme.fso^*^ de se de- 

barrasser de iuiv;G(bvis aimait une jeune fille de 
basse extraction^- un 6missaire- de Fredegonde 
viiit dire au roi qu'6 c'etait la fille d'une magi- 
cienne; que Clovis avail employe les artifices de 
celte femme pour se defaire de ses deux freres 
(empoison nes, a ce qu'on.croit), et qu'il tramait 
la mort de la reine. La vieille femme, mise a la 
question, fut forcee d'avouer qu'elle etaiL sor- 
ciere. Clovis, convaincu, se vit depouilld de ses 
riches vetemenls et conduit dans une prison, ou 
des assassins Ie poignarderent, si. les hisloriens 
disent vrai; et on lit accroire au monarque qu'il 
s'etail lue lui-meme. La magicienne , dont la fille 
.venait aussi d'eLre mise a mort, fut <5pouvantee 
de ses aveux, qu'elle relracta; mais on se hula 
dc lui imposer silence en la conduisant au bu- 
clier, C'est du moms ainsi que racontent les 
choses des chroniqueurs peu favorables, il est 
vrai, a Fredegonde 2 . 

Cluricaunes, esprits familiers un peu lulins 
en Irian de. On en comple beaucoup d'hisloires 3 . 

Cobales , g<5nies malins et trompeurs de la 
suite de Bacchus, dont ils dtaient a la fois les 
gardes et les bouffons. Selon Leloyer, les co- 
talcs, conn us des Grecs, elaient des demons 
doux et paisibles, nommes par quelques-uns 
bonhomels ou pelils bonsbommes des mon- 
thlies, parce qu'ils se monlrent en vieux nains 
tie basse stature; ils sont veins court, demi-nus-, 
lamancbe relroussee sur 1'epaule, et portent un 
; toblier de cuir sur les reins. 

« Getle sorte "de demons est preseniemenl assez 
; plaisanle, car lanlot yous les verrez rire, lanlot 
segaudir, lanlot sauler de joie, et faire mille 
tours de singe; ils contreferont et imileront les 
sin Ses, et feront tant et plus les embesognes, 
. combien qu'ils ne fassent rien du tout. A celte 

* Boguet, Discours des sorcicrs, ch. lx. 
bur le roi Clovis l e * voyez ses legendes, dans 
^Legendes de Vhisloire de France. 
' >oyez les Legendes des esprits el demons. 



heure, vous les verrez becher dans les veiiies 
d'or ou d'argent, amasser ce qu'ils auront be- 
che , el le mettre en des corbeilles et autres vais- 
seaux pour cet elTet prepares, tourner la corde 
et la poulie afm d'averlir ceux d'en haut de tirer 
le metal, et fort rarement voit-ori qu'ils offensent 
les ouvriers , s'ils ne sont grandement provoques 
de brocards, injures el risees dont ils sont im- 
patienls. Alors ils jetteront premierement de la 
terre et de petits cailloux aux yeux: des pioi> 
nierSi et quelquefois les biesseront 1 . ■»" * 




Les Allemands appellent ces memes demons 
fujiiiliers Kobold. Voy.: ce mot 

Coboliy genies ou demons reveres par les ai> 
ciens Sarmales. lis croyaient que ces esprits ha- 
bitaienl les parties les plus secretes des maisons, 
et meme les fentes du bois. On leur offrait les 
mels les plus delicals. LorsquMls avaienl l'inteiir- 
tion de se fixer dans une habitation , ils en pre- 
venaient ainsi le pere de famille : la nuit ils as- 
semblaient des tas de copeaux et repandaient de 
la fienle de divers anin)aux dans les vases de 
lail: gracieuses maniferes de s'annoncer. Si le 
lendemain le maitre de la maison laissait ces co- 
peaux en un tas, et faisait boire a sa famille le 
lail ainsi souille, alors les cobolis se rendaient 
visibles et habilai^nt desormais avec lui; mais 
s'il dispersait les copeaux et jetait le lait, ils al- 
laient chercher un autre gite. . 

Les cobolis sonl de Tessence des gobelins, des 
cobales, du koboiddes Allemands, des boggards 
et des cluricaunes* 

Cocconas* Voy. Amixandhe de Paphlagonie* 

Cochon* F.sl-il vrai, comme le croil lepeuple, 




que de tous les animaux le cochon soit celui dont 
rorganisation ait le plus de ressemblance ayec 

1 Leloyerj Hisfoire et discours des spectres, etc, 
p. 345, post Wicrum, De prcest., lib, I, cap. xxii. 



— 176 



COD 



celle de rhomnie? Sur ce point, dit M. Salgues, 
on ne saurait mieux fake que de s'en rapporter 
a Guvier. Or, voici ce que lui out revele ses re- 
cherches. L'estomac de Thomme et celui du co- 
chon n'ont aucune ressemblance : dans Thomme, 
ce viscere a la forme d'une cornemuse ; dans le 
cochon , il est globuleux; dans Thomme, le fote 
est divise en trois lobes ; dans le cochon , il est 
divise en quatre : dans Thomme, la raLe est 
courte et ramassee; dans le cochon , elle est ton- 
gue et plale; dans Thomme * le canal intestinal 
egale sept a huit fois la longueur du corps; dans 
le cochon , il egale quinze a dix-huitfois la meme 
longueur. Son coeur presente des differences no- 
tables avec celui de Thomme; et j'ajouterai, pour 
la satisfaction des savants et des beaux esprits, 
que le volume de son cerveau est aussi beauconp 
moins considerable, ce qui prouve que ses la- 
cultes intellectiielles sont inferieures a celles de 
rios academiciens, -' ' - " f 

II y aurait bien des choses a dire sur le cochon. 
Le diable s'estsouvent montre sous sa figure; et 
elle est digne de lui. On conte a Naples qu'au- 
trefois il apparaissait souvent avec cette forme 
dans le lieu meme ou T^glise de Sainte-Marie- 
Majeure a depuis ete batie," ce qui rejouissaitpeu 
les Napolitains. Des que Teglise fut commencee, 
la singuliere apparition ne se montra plus. C'est 
en memoirede cet everiementque Teveque Pom- 
ponius fit faire le pourceau de bronze qui est en- 
core sur le portail de cette eglise. Camerarius 
raconte que, dans une ville d'Allemagne , un juif 
inalade etant venu chez une yieille, et lui ayant 
demande du lait de femme, qu'il croyajt propre 
a le guerir, la sorcieres'avisa de traire unetruie 
efen porta le lait au juif, qui le but. Gelaitcom- 
mengant a operer , le jiiif s'apergut qu'il grognait 
et deyina la ruse de la.sorciere, qui voulait sans 
doute lui faire subir la metamorphose des com- 
pngnons d'Ulyssc. 11 jeta le reste du lait sans le 
boire, et incontinent tous les cochons du voisi- 
nage inoururent 4 . 

Codes (Barthelemy) , chiromancien du sei- 
zieme siecle. II avait aussi des connaissances en 
astrologie et en physiognomonie. II predit a Luc 
Gauric, celebre astrologue du meme temps, qu'il 
'subirait injustement une peine douloureuse etin- 
famante; et Luc Gauric fut en effet condamne au 
suppliee de Testrapade par Jean Bentivoglio, 
tyran de Bologne, dont il avait pronostique Tex- 
pulsion prochaine. 

Cocles prophelisa qu'il serai t lui-m&ne as- 
sassine, et qu'il perirait d'un coup sur la tele. 
Son horoscope s'accomplit ponctuellement, car 
Hermes de Bentivoglio , fils du tyran , ayant 
appris qu'il se melait ausSi de predire sa chute, 
le fit assassiner par un brigand nomme Caponi, 
le 24 septembre 1504 2 » On assure meme que, 

1 Gamerarius } De natet affect dwmon., inprowmio* 
■ 2 M. Salgues, Des erreurs.et des prdjuges. 



connaissant le sort qui le menaqait, il portait de- 
puis quelque temps une calotte de fer, et qu'il ne 
sorlait qtTarme d'une epee a deux mains. On dit 
encore que celui qui devait Tassassiner etant venu 
le consulter peu auparavant, il lui predit qu'avant 
vingt-quatre heures il se rendrait coupable d'un 
meurtre, II est plus que probable que ces pro- 
pheties n'ont ete faites qu'apres coup. 




Coclte a ecrit sur. la physiognomonie etla chi- 
romancie, mais son livre a subi des modifica- 
tions. L'&lition originale est : Physiognomonlmm 
chiromancice anastasis , sive compendium ex ph- 
ribus et pene inJtnUis auctorilms, cum approbation 
Atexandvi AcldllinL Bologne , 1504, in-foi. La 
preface est d'Achillini. 

Cocoto, demon succube, adore aux Indes oc- 
cidentales, et mentionne par Boclin \ 

Oocyte, Tun des fleuves de Tenfer desanciens, 
II entourait le Tartare , et n'etait forme que des 
larmes des mtSchan ts. 

Code des sorciers. Boguet, qui avait Lanfc de 
zele pour Textinction de la sorcellerie, a mis a 
la fin de son Dlscours des sorciers une instruction 
pour un juge e?i fait de sorcellerie. Gette piece 
curieuse, publiee en 1601 , est divisee en quatre- 
vingt-onze articles. On la connatt plus generale- 
ment sous le litre de Code des sorciers. En voici 
le precis : 

Le juge du ressort inslruit Taffaire.et la jnge, 
sans suivre en cas pareil les formes ordinaires. 
La presomption de sorcellerie suflit pour faire ar- 
reler le suspect; Tinierrogatoire doit suivre l'ar- 
restation, parce que le diable assiste les sorciers 
en prison. Le juge doit faire attention a la coiile- 
nance de Taccuse, voir s'il ne jette point de larmes, 
s'il regarde a terre, s'il barbote a part, s'il blas- 
•pheme; tout cela est indice. 

Souvent la honte emp^che le sorcier d'avouer; 
e'est ponrquoi il est bon que le juge soit seul,et 
que le greffier soit cache pour ecrire les reponses. 
Si le sorcier a devant lui un compagnon du sab* 
bat, il se trouble. On doit le raser, alin de metirc 
a decouvert le sort de taciturnity. Ii faut le visiter 
avec un chirurgien pour chercher les marques- 

1 Dcmonomanic, Hv. II, ch. vn. 



COD 

Si l'accuse n'avoue pas,- il faut le mettre dans 
une dure prison et avoir gens affides qui Lirent 
de lui laverite. 11 y a des juges qui veulentqu'on 
promette le pardon, et qui ne laissent pas de 
passer a I'execution ; mais cette coutume me. par 
raiLbarbare. 

Le juge doit eviLer la. torture, elle ne fait rien 
sur le sorcier; neanmoins il est permis d'.en 
user, , 

Si le prevent! se trpuve saisi de graisses, si le 
bruit public l'accuse de sorceilerie , ce sont de 
grandes preemptions qu'il est sorcier. Les in- 
dices legers sont les variations dans les reponses, 
les yeux fixes en terre , le regard effare. Les in- 
dices graves sont la naissance, comme si, par 
exemple, le prevenu est enfant de sorcier, s'il 
est marque, s'il blaspheme, Le fils en tel-cas 
est admis a deposer. contre son pere. Les te- 
moins repro.chabies.doi vent etre entendus comme 
les autres; on doit aussi entendre les enfants. 
Les variations dans les reponses du temoin ne 
peuvent faire pr^siurier en faveur de Tinnocence 
du prevenu, si tout l'accuse d'etre sbrcier. 

La peine est le supplice du feu : on doit etran- 
gler les sorciers et les brtiler apres; les loups- 
garous doiyent etre brftles vifs. On condamne jus- 
lement sur des conjectures et presomptions; mais 
alors on ne brule pas \ on pend. Le juge doit as- 
sisted aux executions t suivi de son greffier v ppur 
recueillir les depositions... "■ 

Ce chef-d'oeuvre de jurisprudence et d'huma- 
nite, ouvrage d'un avocat, requt dans le temps 
les suffrages des barreaux f ramjais; Boguet le dedia 
a Daniel Romanez , avocat a Salins 4 . 

Codronchi (Baptiste) , , medecin d'lmola, au 
seizieme siecle*. II a laisstS un traite des annees 
dimat6riques, de la maniere d'en dviter le dan- 
ger , et des moyens d'allonger sa vie 2 , 

Coelicoles, secte juive qui adorait les astres et 
les anges gardiens des astres. 

Coeur. Des raisonneurs modernes ont critiqud 
ce qui est dit dans YEccUsiaste, que le coeur du 
sage est au cote droit, et celui de Tinsense au 
cole gauche. Mais il faut entendre cette maxime 
comme le mot de Jonas a propos de ceux des 
Niniviles qui ne savaierit pas faire la difference 
entre leur main droiteetleur gauche, c'est-a-dire 
enire lebien et le mal. Que le coeur de Phomme 
soit si tue au cote gauche de la poitrine, c'est un 
sentiment qui, a la rigueur, peut etre refute par 
•'inspection seule, dit le docteur Brown ; car il 
est evident que la base et le centre du coeur sont 
exaclemenl places au milieu. La pointe, a la ve- 
r ile, incline du cote gauche; mais on dit de Tai- 
guille d'un cadran qu'elle est situee au centre, 

1 M, Jules Garinet, Histoire delamagie en France, 
P>320. 

2 Po annis climaterkis, ncc non de ratione vitandi 
torum pcricula, itemque demodis vitam producendi 
wnmentarius. In-8°i Bologne, 4620, 



COL 

quoique la pointe s'etende vers la circonference 
du cadran. 

Nous rappellerons que quelques homines ont 
eu le coeur velu. Voij. AristomEke. 

Cohoba, herbe dont les vapeurs enivraient 
les Indiens d'Hispaniola jusqu'a les plonger dans 
l'extase. ' .< ... ■■■■ , 

Goiffe. On s'est forme differentes idees sur la 
membrane appelee coiffe, qtii couvre quelquefois 
la tete des enfants lorsqu'ils sortent du sein de 
leur mere. Les persoimes superstitieuses la con- 
served avec soin , comme uri moyen de bori- 
heur, et on dit d'un homme lieureux qu'il est ne 
coiffe^ On a meme avance que'cette coiffe etend 
ses effets fa vo rabies j usque sur ceux qui la por- 
tent avec eux. Spar lien parle de cette superstition 
dans la vie d'Antonin. II dit que les sages^femmes 
vendaient ordinairement ces coiffes naturelles a 
des jurisconsultes crddules, qui en attendaient 
d'heureux resulta ts pour leurs affaires: lis 6 Latent 
persuadesque ce talisman leur ferait g'agner toutes* 
les causes \- On se le disputait chez nous au 
seizieme siecle. Dans quelques provinces , - on 
croyait que la coiffe revelait une VocaLion a la vie 
monastique 2 . Les sages-femmes predisaient aussi 
chez nos peres^le sort de Tenfant qui apportait 
la- coiffe sur la tete. Voy, Amniomakcik.. Avant 
que Fempereur Macrin monLat sur le trone, sa 
femme lui donna un fils qui nacjuit coiffe. On 
predit qu'il s'eleverait au rang supreme;. et. on le 
surnonima. Diademalusi Mais quand Macrin fut 
tue, il arriva de Diadematus qu'il fut proscrit et 
tue comme son pere. 

Coirieres (Claude) , sorciere du seizieme sie- 
cle. Pendant qu'elle &ait detenue en prison v elle 
donna une cerlaine graisse a un nomme Francois 
Gaillard, pareillement prisonnier, lequel, s'en 
6tant frotte les mains", fut enlevd de sa prison 
par Fassistance du diable 5 qui toutefois le laissa 
reprendre 3 . 

Colarbase, herdLique valentinien;, qui pr6- 
chaitla cabale et l'astrologie comme sciences re- 
ligieuses. II elait disciple de Valentin. II disait que 
la generation et la vie des homines dependaient 
des sept planeies, etque toute la perfection et la 
pldnitude de la verile etait dans Talphabet grec, 
puisque Jesus -Christ dtait nomme Alpha et 
Omega *. 

Colas (Antide) , sorciere du seizieme sifecle, 
qui, faisant commerce avec le diable, qu'elle 
nommait Lizabet, fut apprehendee et mise en 
prison sur l'avis de Nicolas Milliere, chirurgien. 
Elle confessa qu'etant detenue a Betoncourt, le 
(liable s'6tait apparu a elle en forme d'homme 
noir et 1'avait sollicitee a se jeter par une fenetre 
ou bien a se pendre ; une autre voix Ten avait 

1 Brown, Des erreurs 'populaires, t. II, p. 88. 

2 Salgues, Des erreurs el des prejuges* 

3 Boguet, Discours des sorciers, ch. ui, p. 327. 

4 Bergier, Dictionnaire theologique. 



— Hi — 



COL 



178 — 



COM 



dissuaclee. Gonvaincue d'tetre sorciere, mais aussi 
d' avoir commis beaucoup de turpitudes, cette 
femme fut brulee a Dole en 1599 1 ; et c'est ainsi 
que se terminent ordinairement les histoires ra- 
contees par Boguet. 

Cdlerej bien des gens ont ele possedes plus 
ou moins grievementdans un acces de colere. 

Coleti .(fitienne) .,' auteur d'un livre intitule 
Mameve de reconnaitre et de delivrer les energu- 
menes 2 . , - 

Goley (Henry), astrologue anglais , mort en 
1690. On a de lui la Clef des elements de I' astro- 
logies Lon.dr.es, 1675, in-8°. C'est un traite com- 
plex de cette science fantastique. On y trouve 
Part de dresser toutes sortes de themes d'horos- 
copes, avec des exemples de nativites calculees. 

Collanges (Gabrielde),mathematicien, ne en 
Auvergne en 1524, H n'employa ses connais- 
sanees qu'a la recherche des secreLs de la cabale 
et des nombres. II est Iraducteur de la Poly gra- 
phic el universelte 1 dcriture cabalisligue de Tri- 
themey Paris , 1561 , in-4 p . On cite plusieurs ou- 
vrages delui, dont aucun n'a ete imprirne, non 
plus que sa version de la Philosophic occidte 
d'Agrippa. 11- & laisse en manuscrit un Traite 1 de 
Uheav et malheur da manage. ' 

Collehites, pierre que Ton assure etre propre 
a chasser les demons et aprevenir les charmes 8 ; 
mais on aurait du la designer. 

Colleman (Jean), astrologue, ne a Orleans; 
Ie roi Charles VII en faisait grand cas. Louis XI, 
dit-on, lui donna des pensions, parce qu'il lui 
apprit a supputer des almanacbs. On dit que 
Colleman <§tudiait si assidument le cpurs de la 
lune, qu'a force d'application il en devinl le- 
preux\„ 

Collyre. On vojt dans la Lycanlhropie de 
Nynauld qu'un sorcier cotnposait un certain col- 
lyre avee )e fiel d'un homme, les yeux d'un chat 
noir et quelques autres choses que Pecrivain ne 
nomine pas ; a lequel collyre applique aux yeux 
faisait voir et apparaitre en l'air ou ailleurs les 
ombres des demons. » 

Colokyntho-Pirates, pirates nains fabuleux, 
qui, dans Phistoire veritable de Lucien , navi- 
guaientsurde grandes citrouilles ou coloquintes, 
longues de six coudees (trois metres). Lors- 
qu'elles etaient seches, ils les creusaient; les 
grains leur servaient de pierres dans les combats, 
et les feuilles de voiles, qu'ils atlachaient a un 
mat de roseau. 

Colombes. 11 y avait dans le temple de Ju- 
piter, a Dodone, des colombes que Ton gardait 

1 Boguet. Discours des sorcicrs, ch. xni, p. 325. 

2 Energumenos dignoscendi et liber andi ratio. Ve- 
rone, 4746. 

3 Delancre, Tableau deVinconsl. des demons > etc., 
liv. IV, p. 297. 

4 Ancien manuscrit de la bibliothequeroyale. Yoyez 
Joly, liemarques sur Bayle, a la fin. 



soigneusement ; cIIqs repondaient d'une voix hu- 
maine lorsqu'elles eLaient consultees. Mais on lit 
dans Pausanias que e'etaient des femmes pre- 
tresses qu'oh appelait colombes dodoniennes. Les 




Perses, persuades que le soleilavait en horreur 
les colombes blanches, les regardaient comme 
des oiseaux de mauvais augure, et n'en souf- 
fraient point dans leur pays.- 

Colma, chateau fort sur le Danube, qui, sc- 
ion la tradition, est sorti de terre tout construit, 
par une puissance magique, comme autrefois 
dans la mythologie grecque Pegase sous le pied 
de Minerve. Des savants disent qiven realite il{i 
ete bati en une nuit 'par la puissante arinee sar- 
mate du roi Detieaos. 




it ui ncs de Colma. 

Colonne du diable. On conserve a Prague* 
trois pierres d'une colonne que le diable apporla 
de Rome pour ecraser un pretre avec lequel il 
avait fait pacte, et le tuer pendant qu'il disaitla 
messe. Mais saint Pierre, s'il faut en croire laic* 
gende populaire, etant survenu, jeta trois fois 
de suite le diable et sa colonne dans la mer, ct 
cette diversion donna au pretre le temps de se 
repentir. Le diable eu fut si desole qu'il rompit 
la colonne et se sauva ^ 

Goltreni, lulins italiens, de Pespece de nos 
Gobelins. 

Gombadaxus, divinite dormante des Japo- 
nais. G'elait un bonze dont ils racontent Vance* 
dote suivanle. a A huit ans il fit conslruire u» 
temple magnifique, et, pretendant etre las de 1^ 
vie, il annonga qu'il voulait se retirer dans une 
caverne et y dormir dix mille ans : en consc- 

1 Voyages du docteur Putin, 



COM 

> 

qneiice il y en Ira-; Tissue fut scellee sur-le- 
champ. Les Japonais le croient encore vi van t. » 

Gombourg* « Les gens etaient persuades (au 
sombre chateau de Combourg, en Bretagne) 
qu'un certain comte de Gombourg, a jambe de 
bois , mort depuis trois. siecles , apparaissait a 
certain es epoques, et qu'on Pavait rencontre 
dans Pcscalier.de la tourelle. Sa jambe de bois 
se promenait aussi quelquefois, seule, avee uri 

chat noii vl ..» V'.?T^:V- ' s '. 

Comediens. « II serait boh, comme dit Bo- 

pet , de chasser nos r comediens et nos jongleurs, 

aitendu qu'ils sont pour la plupart sorciers et 

magiciens , lPayant d'autre but que de vider nos 

bourses et de nous debaucher. » Boguet n'esl 

pas tout a fail dans son tort. 

Gomenius (lean- Amos) t philologue du dix- 
septieme siecle, It a laisse la Lumiere. dans les 
Icuebrcs, Hollande , 165.7, ln-£j°; idem, aug- 
mcnlee de nouveaux rayons, 1665 , 2 vol. ii>4°, 
fig. G'est une traduction latihe des pretendues 
prophelies et visions de ^otter 1 *de , "Pabriciug.et 
de Christine Poniatowska, habiles gens que nous 
ne connaissons point.. .;• . 

Cometes. On a loujours vu dans les cometes 
les signes avant-eoureurs des - plus tristes cala- 
miles. Une comete parut quand Xerxes vinV en 




Europe avee dix-huit cent; mil to" hommes ( nous 
ne ies aypns pas comples) ; elle predisail la de- 
faiLe de Salamine. II en parut une avant la guerre 
du Peloponnese; une avant la defaite des Athe- 
niens en Sicile ; une avant la victoire que les 
Thebains remporterent sur les Lacedemoniens; 
une" quand Philippe vainquit les Alheniens; une 
avant la prise de Carthage par Scipion ; une 
avant la guerre civile de Cesar et de Pompee; 
une a la mort de Cesar; une a la prise de Jeru- 
salem par Titus; une avant la dispersion de 
l'empire romain par les Goths; une avant Pin- 
vasion de Mahomet, etc.j une enfin avant la 
chute du premier Empire. 

Tous les peuples regardent egalemenl les co- 
metes comme un mauvais presage; cependant, 
si le presage est funeste pour les uns » il est heu- 
reux pour les autres,puisque cnaccablant ceux- 
d d'une grande defaite, il donne a ceux-la une 
grande victoire. 

Cardan explique ainsi les causes de Pinfluence 
des cometes sur Peconomie du globe. « Elles 

1 Chateaubriand, Memoires, tome I cr . 



179 — COM- 

rendent Pair plus subtil et moins dense, dit-il, 
en Techauffant plus qu'a 1'ordinaire : les per- 
sonnes qui vivent au sein de la mollesse, qui ne 
donnent aucun exercice a leur corps , qui se 
nourrissent Irop^ delicatement, qui sont d'une 
sanle faible, d'un age avance et .d'un sommeil 
peu- tranquille, souffrent dans un air moins 
anime et meurent souvent par exees de faiblesse. 
Cela arrive plutot aux princes qu'a d'autres; a 
cause du genre de vie qu'ils menent; et il sutiit 
que la superstition ou Pignorance aient attache 
aux cometes un pouyoir funeste pour qu'on re- 
marque, quand elles paraisseiit, des accidents 
qui eussent ete fort, naturels en lout autre temps. 
— On ne devrait pas non pluss'etonner de voir 
a leur suite la secheresse et la peste, puisqu'elles 
dessechent Pair et ne lui laissent pas la force 
d'empecher les exhalaisons pesliferfes; Enfm les 
cometes produisen t les seditions e t les guer res 
en echauffa.nt le cceur de -Phomme et en ehan- 
geant les hnmeurs en bile noire. »,Oq a dit de- 
Cardan qu'il avait deux ames , Tune qui disait 
des ehoses raisonnables, Pautre qui ne savait 
que deraisonner. Apres 'avoir parle comme on 
vient de voir, Pastrologue retombe dans ses vi- 
sions. Quand une comete parait aupres de Sa- 
turne., dit-il elle presage la peste , la mort des 
sou vera ins pon tires et les revolutions dans les 
gouvernements; aupres de Mars, les guerres; 
aupres du soleil , de grandes calamites sur tout 
le globe; aupres de ta lune, des inondations et 
quelquefois des" secheresses; aupres de Venus, 
la mort des princes et des nobles; aupres de 
Mercure, divers malheurs en fort grand nombre. 

Wiston a fait de grands calculs algebriquos 
pour demontrer que.les eaux extraordinaires du 
deluge furent nmenees par une comete, et que 
quand Dieu decidera la fin du monde, ce sera 
une comete qui le brulera.,;. 

Couriers (Claude) , docteur en theologie, 
mort en 1693. 11 est auteur d'un Traite de pro- 
phelicSy vaticinations } predictions et prognosti- 
cations. 11 a ecrit aussi sur la baguette divina- 
loire et sur les sibylles. 

Communisme, doctrine qui nie le peche ori- 
ginel, et par consequent les demons; qui de- 
clare, d'apres lean-Jacques Rousseau, Phomme ne 
parfait; qui met tout en commun , qui donne a 
Phomme- el a la femme tous les droits. C'est le 
resume d'une foule d'heresies et le procede le 
pins stir pour ramener Phomme a Petal sauvage, 
Les apotactiles, les bezards, les vaudois, les 
hussites et une foule d'autres secies ontpreche 
celte doctrine sans pouvoir Petablir. 

Compitales, feles des dieux lares ou lutins 
du foyer, chez les anciens Romains. On leur sa- 
crifiail, dans Porigine, des enfants, auxquels 
Brutus substitua des tetes de pavots. 

Comtes de Penfer, demons d'un ordre su- 
perieur dans la hierarchie infernale, et qui com- 

12. 



CON 



180 



CON 



mandent cle nombreuses legions. On les evoque 
a toute heure da jour, pourvu que ce-soit dans 
un lieu sauvage que les homines n'aient pas cou- 
tume de frequenter *. 

Conclamation , ceremonie romaine du temps 
du paganisme. Elle consistait a appeler a grands 
cris Pindividii qui venait de mourir, afin d' ar- 
reted Tame fugitive et de luiiridiquer son che- 
min ou de la re veil] er si elle etait encore trop 
attacheeau corps.. 

Gonde. Oil lit dans unelettre de madam e de 
Sevigne au president du' Monceau que, trois se- 
mairies avant la morl du grand Conde\ pendant 
qu'on l'attendait 1 a Fontainebleau , M. de Yer- 
nillo'n, Tun de 'ses gentilshommes^ revenani de 
la chasse sur les irois heures , et approchant du 
chateau de Ghantilly (sejour. ordinaire du prince) , 
vil, a une fenetre de son" cabinet, mi fantome 
re vetti d' une armure ■ qui setoblait garder Tin 
homme enseveli; il descendit de cheval et s'ap- 
procha, le voyant ; toujoursi- son valet vit Ya 
metne chose et l'e-ti aver tit. lis demanderent la 
clef du cabinet ait concierge; mais its en trou- 
verent les fenetres ferm<§es et un silence qui 
n'avait pas et£ trouble depuis six mois, On conta 
cela au prince, -qui en fut tin pen frappe, qui 
s'eiwnoqua cependant ou parut s'en^ moquer ; 
mais lout le monde sut cette histoire et trembla 
pour ce prince, qui mourut trois semainesapres. .. 

Condormants, sectaires qui parurent en Alle- 
magne au treizieme et au seizieme siecle , et qui 
durent leur nom a l'usage qu'ils avaient de cou- 
cher tous ensemble , sous prelexte dei charite. lis 
adoraient une image de Lucifer et ils en tiraient 
des oracles, dans un bois voisin de Cologne. Les 
recits contemporains rious apprennent qu'un 
. pretre ayant apporte dans cette assemble la 
sainteEucharislie, Tidole se brisa en mille pieces. 

Conferentes, dieux des anciens dont parle 
Arnobe , et qui etaient , dit Leloyer, des demons 
incubes. 

Confucius. On sait que ce philosophe est re- 
vere comme un dieu a la Chine. On lui offresur- 
tont en sacrifice de la soie dont les restes sont 
djstribucs aux jeunes lilies, dans la persuasion 
oil Ton est que, tant qu'elles conservent ces pre- 
cieuses amulettes, el les sont a 1'abri de tous dan- 
gers. 

Conjurateurs , magiciens qui s'attribuent le 
pouvoir de conjurer les demons et les tempetes. 

Conjuration, exorcismes, paroles et cere- 
monies par lesquelles on chasse les demons. 
Dans l'Eglise romaine, pour faire sortir le demon 
du corps des possedes, on emploie certaines for- 
mules ou exorcismes, des aspersions d'eau be- 
nite, des prieres et des ceremonies inslituees a 
ce dessein' 2 . — Les personnes superstitieuses et 
criminelles qui s'occupent de magie abnsent du 

1 Wicrus, in Pseudomonarchia dcvmon. 

2 Bergier, Dictionnaire theologique. 



mot et nomment conjuration leurs sortileges 
impies. Dans ce sens la conjuration est un com- 
pose de paroles souvent sacrileges et de cere- 
monies deteslables ou absurdes, adoptees par 
les sorciers pour evoquer les demons. 




Conjuration des sprciircs, ' 

On commence par se placer dans le cercle 
magique ( Po\j. Cercle) ; puis on recite les for- 
mules. Voici quelque idee de ces procedes. Nous 
les empruntons aux Grimoires. 

Conjuration universeUe pour les esprits. ■. — « Moi 
(on se nomme), je te conjure, esprit (on nomine 
l'esprit qu'on veut evoquer), au nom du grand 
Dieu vivant, de m'apparaitre en telle forme (on 
1'indique); sinon saint Michel archange, in- 
visible, te foudroiera dans le plus profond des 
enfers*; viens done (on nomme Tesprit), viens, 
viens, viens pour faire ma voldnt& » 7 

Conjuration d'un livre magiqiie. — <c Je vous 
conjure et ordonne , esprits., tous et autant que 
vousetes, de fecevoir ce 1 livre en bonne part, 
afin que toules les fois que nous lironsledit livre, 
ou qu'on- le lira 6tant approuve et reconnu elre 
en forme et en valeur, vous ayez a paraitre en 
belle forme hmnaine lorsqu'on vous appellera, 
selon que le lecleur le jiigera, dans toutes cir- 
constances. Je vous conjure de venir aussitot 
la conjuration faite, afin d'executer sans relar- 
dement tout ce qui est ecrit et mentionne en 
son lieu dans cedit livre : yous obeirez , vous 
servirez , enseignerez , donnerez , ferez louL ce 
qui est en votre puissance , en utilite de ceux 
qui vous ordonneront, le tout sans illusion.— El 
si par hasard quelqu'un des esprits appelcs 
panni vous ne pouvait venir ou paraitre lors- 
qu'il serait requis , il sera tenu d'en envoycr 
d'autres revetus de son pouvoir, qui jureront 
solennellement d^xecuter tout ce que le lecteur 
pourra demander , en vous conjurant tous par 
les tves-saints noms du tout-puissant Dieu vi- 
vant, etc » 

Conjuration des demons. — « Alerte, venez 
tous , esprits. Par la vertu et le pouvoir de votre 
roi, et par les sept couronnes et chaines de vos 
rois, tous esprits des enfers sont obliges d'ap- 



CON 



— 181 — 



CON 



paraitre a moi devant ce cercle , quand je les ! 
appellerai. Venez tous a mes ordres'.pour faire 
tout ce qui est en voire pouvqir, etant recom- 
mandesi venez done de l'orient, midi, Occident 
■ et septentrion; je vous conjure et ordonne, par 
; la verlu etpuissatice de cehii qui est Dieu , etc* » 
Conjuration pour chaque jour de la scmaine. — 
x Pour Je lundi-, a Lucifer. Gette experience se 
! fait souyent;' depuis onze heures jnsqu'a douze, 
S et depuis , troiS: heures jnsqu'a qua tre. II faudra 
f da charbon, de la craie benite pour faire le 
I cercle, autour duquel on ecrira : « je' te defends* 
1 Lucifer, par le nom que. tu crains .,■ d'entrer dans 
1 ce cercle, » Ensuite on recite la formule sui- 
i vante : « Je te conjure , .Lucifer, par les noms 
| ineffables On, Alpha , . Ya , Rey , Sol , Messias , 
I ingodum, etc., que tu aies a faire, sans me 
I nuire (on designe sa demahde), » , 

Pour le mardi, a Nambroth. Gette experience 
se fait la nuit , depuis neuf heures jusqu'a dix; 
| on doit donner a Nambroth la premiere pierre 
| que Tpn trou ve , pour eti-e recu de lui en dignite 
| ethonneur. On procedera de la- fagon du lundi; 
| on fera un cercle autour duquel on ecrira ':. 
1 « Obeis-moi , Nambroth , ob&s-moi , par le nom 
S que tu crains; ». On recite a la suite celte for- 
| mule: « Je te conjure, NambroLh, et te com- 
| mande par tous les noms par lesquels tu peux 
i etre contraint et li<§ de faire telle chose, » 
1 Pour le mercredi , a Astaroth. Cette experience 
i se fait la nuit, depuis dix heures jusqu'a onze ; 
| on le conjure pour avoir les bonnes graces du 
1 prince et des autres. On ecrira dans le cercle : 
I « Viens , Astaroth ; viens , Astaroth ; viens , As- 
| tarolh ; » ensuite on recitera cette formule : « Je 
I te conjure, Astaroth, mechant esprit, par les 
| paroles et les ver.tus de Dieu , etc, » 
I Pour le jeudi , a Acham* Celte experience se 
| fait la nuit, de trois, heures a quatre; il parait 
| en forme de roi. II faut lui donner un. morceau 
I de pain lorsqu'on veut qu'il parte. On dcrira au- 
| lour du cercle : « Par le Dieu saint — , Nasim, 
I 7> 7, H.-M. A. ; » ensuite on recitera la formule 
| qui suit : « Je te conjure,. Acham; je te com- 
| mande parlous les royatimes de Dieu, agis, je 
| t'adjure, etc. » 

5 Pour le Vendredi , a B<§chet. Cette experience 
| se fait la nuit, de onze heures a douze; il lui 
I faut donner une noix. On dcrira dans le cercle : 
| « Viens, B&het ; viens , Bdchet ; viens, B&het t » 
| et ensuite on dira cette conjuration : J « Je te con- 
| jwe, Bechet, et te contrains de venir a moi ; je 
% te conjure derechef de faii*e au plus tot ce que je 
| v <Hix , qui est, etc. )) 

I ' , Po ur le samedi, a Nabam. Cette experience se 
i kit de nuit, de onze heures a douze, et si to t 
% qu'il parait il faut lui donner du pain brule et lui 
I ^^nder ce qui lui fait plaisnvOn ecrira dans 
t ^ a cerc!e : « N'entre pas, Nabam; 'n'entre pas, 
S Nab aiii; n'entre pas Nabam; » et puis on reci- 



tera la conjuration sui vante ^ « je te conjure ^ 
Nabam , au nom de Satan , au nom de Belzebuth , 
au nom d' Astaroth et au nom de tous les es- 
prits, etc. » 

Pour le dimanche , a Aquiel. Cette experience 
se fait la nuit, de minuifc aune beure^iLdeman- 
dera un poil de votre tete ; il lui faut donner un 
poil de;renard; il le prendra. On ecrira dans le 
cercle ; « Viens, Aquiel'; viens , Aquiel ; viens * 
Aquiel. » Ensuite on recitera la conjuration sui- 
vante : cc Je te conjure, Aquiel , par. tous les 
noms ecrits dans ce livre , ; que sans delai tu .sois 
ici tout pret a m'obeir, etc. )> " \ >/■ ; . 

\ Conjnraiioji Ives-forU , pour tons; les jours et a 
toiite heure du jour et de la nuit y pour les tvdsors 
caches lant par les homines que par les esprits:-— 
« Je vous commando, demons qui residez en ces 
Iienx , ou en que.lque par tie du monde que vous 
soyez , et quelque puissance qui vous. ait ete .don- 
nee de Dieu et des saints anges sur ce lieu meme, 
je vous envoie au plus profond des abimes infers 
nau-x-i Ainsiy allez tous , maudits esprits et dam- 
nes, au feu eterriel qui , vous est prepare et a tous 
vos cdmpagnons. Si vous m'eles rebelles et des- 
obeissants, je vous cpntrains. et commande par 
toutes les puissances de vos superieurs demons 
de venir obdir et repondre positivenient ii .ee 
que je vous ordonnerai au nom de J^C M etc. « 
Voy. Pikrre d'Apone, etc. > ' J 

f Nous n'avons fait qirindiquer ces stupidites 
inconcevables.i Les commentaires -sont inutiles; 
Voy. Evocations, 

Conjureurs de tempetes. Les marins su- 
perstitieux donnent ce nom a certains etresi ma- 
rins comme eux, mais en commerce avec le 
diable, de qui ils obtiennent le pdu voir de com- 
mander aux vents. Ge pouvoir reside dans un 
anneau de fer qu'ils portent au petit doigt de la 
main droite, et il les soumet a certaines condi- 
tions, comme de faire des voyages qui ne d^pas- 
sent'pasuil mois lunaire,de n'etre jamais a terre 
plus de trois jours. Si ces conditions n'ont pas 
ete "observees, on n'apaise 1'esprit maitre de 
ranneau qu'en luttant avec lui , ce qui est pe- 
rilleux , on en jetant un homme a la mei\ 

Constanthr. Tout le monde sait que, frappd 
de Tapparition d'une croix miraculeuse et de 
Tavis qui lui elait donn6 qu'il vaincrait par ce 
signe , Gonstantin le Grand se convertit et mit la 
croix sur ses dtendards. 

Jusqu'au seizifeme sifecle, aucun ecrivain n'a- 
vait attaque la vision de Gonstantin ; tous les 
monumenLs contemporains attestenl ce miracle. 
Mais les proteslants , voyant qu'il pouvait servir 
a autoriser le culte de la croix, ont entrepris^ 
d'en faire une ruse militaire..... Les philosophes 
du dernier siecle n'ont pas manque de copier 
leurs ddraisonnements. 

J.-B. Duvoisin," eveque de Nantes, et l'abbd 
de TEstocq, docteurs en Sorbonne, ont public 



CON 



182 



CON 



des dissertations sur la vision de Conslantin, qui 
a au moins cela pour elle qu'elle n'a ele con- 
testee qu'apres plus de douze siecles,par des 
gens interesses a tout nier. - 

« Combien de remarques ne pourrait-on pas 
ajouter," dit Lenglet-Dufresnoy dans son Traits 
des visions. On peut voir ce qu'ont dit de~celle-ci 
le savant pere Pagi sur Baronius r et Tiliemont 
dans son hisloire. Ces temoignages rendus a la 
verity par de tels ecrivains doiverit Teiriporter sur 
■les doutes des. critiques a qui rien ne plait . que 
'ce qui part de leur incredule imagination. Vo- 
lontiers pour se distinguer du concilium, ils adop- 
tent des fables qui peuvent prejudicier a quelque 
doctrine generaleinent avouee ; inais ils se gar- 
dent biendecroire des points d'histoire, appuyes 
sur les preuyes communement revues dans la 
discussion des fails historiques. » ; 

Constantin Copronyme , empereur icono- 
clasle de Constantinople. II etait, dit-on, magi- 
cieh ; il conjurait habilement les demons, dit Le- 
joyer; ihevoquail Jes morts et faisait des sacri- 
fices detestables et invocations du diable. ll mou- 
rut d'un feu qui le saisit par tout le corps * et 
dont la violence etait telle qu'il ne faisait que 
crier 4 . 

Constellations. II y en a douze, qui sont les 
douze signes du zodiaque, et que les astrologues 
appellent les douze maisons du soleil , savoir : le 
belief, le taureau, les gemeaux, Tecrevisse, le 
lion, la vierge, la balance, le scorpion, le sagit- 
taire, le capricorne, le verseau eties poissons. 
On les designe f tres-bien dans ces deux vers tech- 
niques, que Lout le monde connait : 

Sunt arics, taurus, gemini, cancer 3 leo, virgo, 
Libraque, scorpiiis, arcitenens, caper, amphora, pisces. 

On dit la bonne aventure par le moyen de ces 
constellations. Voy. Horoscopes et Asthologie. 

Gontre - Charmes , charmes qu'on emploie 
pour detruire reflet d'autres charmes. Quaixl les 
charmeurs operent sur des animaux ensorceles, 
ils font des jets de set prepares dans une dcuelle 
avec du sang tire d'un des animaux maleficies. 
Ensuile ils recilenl pendant neuf jours certaines 
formules. Voy. Gbatianne, Amulettes, Sort, 
Malisfices, Ligatures, eLc. 

Gontre-Sorciers , nom que prennent des 
charlatans d'un genre special, qui se donnent 
pour maitres en fait de sorcellerie et se presen- 
. tent comnie aynnt le pouvoir d'aneanlir les ma- 
lefices. Deux hommes de ce genre ont exploite 
tout recemment une commune de l'Aube ou ils 
prelendaient que 1'epizootie qui y regnait n'elait 
, qu'un ensorcellement. lis ne gu6rirenl aucune 
bGte et tirerent des bonnes gens beaucoup d'dcus. 
Le tribunal d'Arcis-sur-Aube les a condamnfe a 
dix-huit mdis de prison, le 3 juillel 1857. — Et 

1 Leloyer, Hisloire des spectres et des apparitions 
des esprits, liv, 1Y, ch. vi, p. 302. 



1'on dit que nos campagnes sont en progres, dc- 
puis qu'on y lit des journaux demolisseurs. 

Convulsions, Au neuvieme siecle, des per- 
sonnes suspecles deposerent dans une eglise de 
Dijon des reliques qu'elles avaient , : disaient-elles, 
apporlees de Rome, et qui etaient d'un saint dont 
elles avaient oublie le nom. L'eveque Theobald 
refusa de recevoir ces reliques sur une allegation 
aussi vague. Neanmoins, elles faisai'ent des pro- 
diges. Ces prodiges elaient des convulsions dans 
ceux qui venaient les reverer. L'opposilion de 
1'eveque filbientot de ces convulsions une epide- 
mic; les fenimes sbrtout s'empressaient de leur 
donner de la vogue. Theobald consul la- 'Amolon, 
archeveque de Lyon , dont. il etait suflraganL 
« Proscrivez, lui repondit reveque, ces fictions 
infernal es, ces hideuses merveilles, qui ne peu- 
vent etre que des prediges et des impostures. 
Vit-on jamais, aux tombeaux des martyrs, ces 
funestes: prodiges qui, loin de guerir les malades, 
Coht souffrir les corps et ti'bublent les esprits?.,. )) 
Cette espece de mahie fanatique -se renouvela 
quelquefois ; elle fit grand bruit au commence- 
ment du dix-huitieme siecle ; et on prit encore 
pour des miracles les convulsions \ les conlor- 
sions et les grimaces d'tme foule d'insenses. Les 
gens melancoliques et atrabilaires ont beaucoup 

1 \ " 




Convulsiontiaircs du cimcliorc Sainf-JM«t1 awl. 

de dispositions a ces jongleries. Si, dans le Lcmps 
surtout ou leur esprit est derange, ils s'appli- 
quent a rever fortement, ils fmissent toujours 
par tomber en extase, et se persuadent qu'ils 
peuvent ainsi prophetiser. Cette maladie se com- 
munique aux esprits faibles, et le corps s'en res- 
sent. De la vient, ajoute Brueys 4 , que, dans te 
fort de leurs acces, les convulsionnairesse jellent 
par terre, ou ils demeurent quelquefois assoupi^ 
D'auLres fois, ils s'agitent extraordinairenient; el 
e'est en ces dilTerents 6tats qu'on les entend par- 
ser d'une voix etouff<5e et debiter touLes les 

1 Preface de Y Hisloire du fanatisme* 



GOP 



— 18 



o 

O — 



COR 



extravagances dont leur folle imagination est 
remplie. Tout le monde a entendu parier des 
convulsions et des merveilles absurdes qui eurent 
]ieu, dans la capitale de la France, snr le tom- 
beau du diacre Paris, homme inconnu pendant 
sa vie, et trop celebre apres sa.morL 1 . La fre- 
nesie fanatique alia si loin , que le gouvernement 
fill oblige, en 1732 > de fermer le cimetiere Saint- 
Medard, ou Paris etaifenterre. Sur quoi un plai- 
sant fit ces- deux vers : ■ 

Be par le roi ? . defense a Dieu , 
D'operer miracle en ce iieuV 

Des lors . 3es conviilsionnaires tinrent leurs 
seances dans, des lieux particuliers et se don- 
nerent en spectacle certains jours dumois. On 
accourait pour les voir, et leur reputation ,sur- 
passa bientot celle des bohemiens ; puis.elle 
lomba , tuee par Fexces et le ridicule/ 

Gopernic gastronome celebre y.mort.en 1543. 
On dit communement quo. son syslemelut con- 
damne par la cour de: Rome : ce qui est faux et 
conlrouve. II vi vail a. Rome d'un bon canonieat 
Gt y professait librement 1'astronomie. Mais voyez 
a ce sujet Tarticle Galilek. . . ; ; 

Coq. Le coq a dit-on , le pouvoir de mettre 
en fuite les puissance's, inf ernales ; et comme on 
aremarque que le demon,. qu'on appelle le lion 
d'enfer, disparaH des -qu'iLv.oifrou entend le coq , 
on a repandu aussixette. opinion que le chant ou 
la vue du coq epouvante et fait fuir le lion. G ? esL 
da moins le: sentiment de: PierreDelancre, « Mais 
il faut repondre a ces; savants', .dit M.- Salgues V 
que nous avons des lions dahs ; nos;, menageries ; 
qu'on leur a presents desxoqs; que ces coqs ont 
chante, et qu'au lieu d' en avoir,peur, les lions 
n'ont temoigne que le ddsir de croquer Toiseau 
clianteur; que toutes les fois qu'on a mis un coq 
dans la cage d'un. Hony, loin que le: coq ait lue le 
lion , c'est au contraire le lion qui a mange le 
coq. » On sail que tout disparait au sabhat aussi- 
lot que le coq chante. On cite plusieurs exemples 
d'assemblees de demons et de sorcieres . que le 
premier chant d'u coq a mises en deroute.; on dit 
meme que ce son, qui est pour nous, par une 
sorte de miracle perpetuel , uhe horloge vivante , 
] force les demons , dans, les airs , a laisser tomber 
; ce qu'ils portent : c'est a peu pres la vertu qu'on 
'-■ aliribue au son des cloches. Pour empecher le 
coq de chanter pendant leurs assemblies noc- 

1 Carre de Mongeron a recueilli ces merveilles en 
(rois gros volumes in-4° } avec figures. Yoici un de 
cos miracles rapporle dans une chanson de madame 
to duchesse du Maine : 

Un decroteur a la royale, 
Du talon gauche estropie, 
Obtint, par giace speciale, 
D'etre boitcux de l'autrc pie. 

; Voyez le cimetiere de Saint-Mddard , dans les 
wf/cndes in females. 
%1 Des erreurs et des prejugcs, etc., preface. 



turnes, les sorciers, instruits par le diable, ont 
soin de lui frotter la tete et le front d'huile d'olive, 
ou de lui mettre au cou un collier de sarment, 

Beaucoup dMdees superstitieuses serattachenta 
cet oiseau, symbole du courage et de la vigilance, 
vieil embleme des Gaulois. On dit qu'un jour 
Vitellius rendant la justice a Yienne en Dauphine , 
un coq vint se percher sur son epaule ; ses de- 
vins decidferent aussitot que Fempereur tombe- 
rait surement sous un Gaulois; et, en eflet, il fut 
vaincu par un Gaulois de Toulouse. 

On devinait les choses futures par le moyen 
du coq. Voy. Alectryomanciev On dit.aussi qu'il 
se forme dans Testomac des coqs une pierre 
qu'on nomrae pierre alectorienne, du nom grec 
de 1' animal. Les anciens accordaient a cette pierre 
la propriete de, donner le courage et la force : 
c'est a sa vertu qu'ils attribuaient la force pro- 
digieuse de Milon de Crotone. On lui supposait 
encore le don d'enrichir, et quelques-uns la re- 
gardaierit comme un philtre qui moderait la soif. 
On pensait autrefois qu'il y avait dans le coq des 
vertus propres a la sorcellerie. On disait qu'avant 
d'executer ses malefices, Leonora Galigai ne 
mangeait que des crates de coq et des rognons 
de belier qu'elle avail! fait charmer. On voit dans 
fes accusations per tdes contre elle quelle sacri- 
fiait des coqs aux demons*, 

Certains juifs, la- veille du chipur ou jour du 
pardon , chargent de leurS pdches un coq blanc, 
qu'ils ^tranglent ensuite, qu'ils font rotir, que 
personne ne veut manger, et *dont ils exposent 
les entrailles sur le toit de leur maison. On sacri- 
flait , dans certaines localltes superstitieuses , un 
coq a saint Ghristophe, pour en obtenir des gue- 
risons. On croyait enfin que les coqs pondaient 
des oeufs, et que, ces oeufs etant maudils, il en 
sortait un serpent ou un basilic, a Cette supers- 
tition fut trSs-repandue en Suisse ; et dans une 
petite chronique.de Bale, Gross raconte sorieu- 
sement qu'au mois d'aout 1474 un coq de cette 
yille, ayant ete accuse et con vaincu de ce crime , 
fut condamne a mort. Le bourgeois le brula pu- 
bliquement avec son oeuf, dans un endroit nomme 
Kablenberg, a la vue d'une grande multitude de 
personnes 2 . » Voy. Basilic, Maiuagk, etc. 

Gorail. O^elques auteurs ont ecrit que le co- 
rail a la vertu d'arreter le sang et d'dcarter les 
mauvais genies. Marsile Ficin pretend que le co- 
rail eloigne les terreurs paniques et preserve de 
la foudre et de la grele. Luceti en donne cette 
raison, que le corail. exhale une vapenr chaude 
qui, s'elevant en Fair, dissipe lout ce qui pent 
causer la grele ou le lonnerre. Brown, dans ses 
Essais sur les erreurs populaires, dit qu'il est 
lente de croire que Tusage de mettre des colliers 
de corail au cou des enfants, dans Tesperance 
de.leur faire sortir les dents, a. une origine su- 

1 M. Garinet, Mist, dc lamagie m France, p. 400, 

2 Dictionnaire d- anecdotes suisses , p . 414. 



COR 



i'8fi 



COR 



perstitieuse, et que Ton se servait autrefois du 
corail comme d'uneamulette ou preservatif centre 
les sortileges. ' 
: Corbeau , oiseau de mauvais augure, qui, 




dans les idees superstitieuses, annonce des mal- 
heurs et quelquefois la mort. II a pourtant des 
qualites merveilleuses. Le livre des Admirables 
secrets cV Albert le Grand dit que, si Ton fait cuire 
ses oeufs, et qu'ensuite on les remette dans le 
nid ou on les aura pris, aussitot le corbeau s'en 
ira dans une ile ou Alogricus, autrement appele 
Alruy, a ete enseveli, et il en apporlera' une 
pierre avec Iaquelle, toucliant ses oeufs, il les 
fera revenir dans leur premier etat ; « ce qui est 
tout a fait surprenant ». Cette pierre se nomme 
pierre indienne, parce qu'elle se Lrouve ordinai- 
rement aux hides, On a devind, par le chant du 
corbeau, si son croassement petit s'appeler chant. 
M. Bory de Saint-Vincent trouve que e'est un 
langage. On Pinterpr&ait en Islande pour la con- 
naissance des affaires d'Etat. Les Islandais croient 
le corbeau instruit de tout ce qui se passe au 
loin; il annonce l'avenir, clisenL-ils ; il prevoit 
surtout les morts qui doivent f rapper une fa- 
mille : alors il vient se percher snr le toit de la 
maison , d'oii il part pour faire le tour du cime- 
tiere, avec un cri continu et des inflexions de 
voix. Les Islandais disent encore qu'un de leurs 
savants, qui avait le don d'entendre Pidiome du 



corbeau, dtait par ce'moyen instruit des choses 
les plus cachees. . 

Hesiode avance que la corneille vit huit cent 
soixan te-q uatre' ahs , tandi s q ue 1 ' h om me ne doi t 
vivre que quatre-vingt-? seize ans, et^ il assure 
que le corbeau vit. trois fois plus que la cor- 
neille, ce qui fait deux mille cinq cent quatre^- 
vingt-douze ans. On croit dans la Bretagne 
que deux corbeaux president a chaque maison, 
et qu'ils annoncent la vie et la mort. Les habi- 
tants du Finistere assurent encore que Ton voit 
sur un rocher elpigne du rivage les- ames de 
leur roi Gralon et de sa lille Dahut qui leur ap- 
paraissent sous la forme de deux corbeaux ; elles 
disparaissent a I'ceil de ceux qui s'en approchent 
Voy., Odin, Gic£ron, Augures, Arthus, etc. 

Corbeau noir. Voy. Calice du sabbat. 
. Corde de pendu. Les gens credules prelen- 
daient autrefois qu'avefc de la corde de pendu on 
echappait a tous les dangers et qu'on -etait heu- 
reux au jeu. On n'avait qu'a se serrer les tempes 
avfec une corde de pendu pour se -guerir de la 
migraine. On portait.un morceau de cetle corde 
dans sa poche pour se garantir du mal de dents. 
Enfin, on se sert de; cette expression prover- 
biale, amir de la corde de pendu, pour indiquer 
un. bonheur constant j et les Anglais du menu 
peuple courent encore apreslaxorde de pendu s , 

Cordeliers d'Orleans. On a fait grand bruit 
de Paffaire des cordeliers d'Orleans qui eut lieu 
sous Frangois I cr . Les protestants s'en empa- 
rerent; et d'un tort qui est assez maletabli, on 
fit un crime aux moines. C'etait peut-etre faire 
leur eloge que de s'etonner qu'ils ne fussent pas 
tous des anges. Voici Uhistoire. Le seigneur de 
Saint - Mesmin, prevot d'Orleans, qui donnnil 
dans les. erreurs de Luther, devint veuf. Sa 
femme dtait comme lui lutherienne en secret. 11 
la fit enterrer sans flambeaux et sans ceremo- 
nies. Elle n'avait pas regu les derniers sacra- 
ments, Le gardien et le custode des cordeliers 
d'Orleans, indignes de ce scandale, firent cacher, 
dit-on , un de leurs novices dans les voutes de 
Teglise, avec des instructions. Aux matines, ce 
novice fit du bruit sous les voutes. L'exorcisle, 
qui pouvait bien n'^tre. pas dans le secret, .pril 
le rituel, et croyant que e'etait un esprit, lui de- 
manda qui il etait? Point de reponse. — S'il elail 
muet? — II frappa trois coups, - 

On n'alla pas plus' loin ce jour-la. Le lende* 
main et le suiiendemain ; le meme incident se 
repeta. — . Fan tome ou esprit, dit alors Fexor- 
cisLe , es-tu Tame d'un tel ? — Point de r£po» 
— D'un tel. — Point de reponse. — On nomnia 
successi vement plusieurs personnes ententes 
dans l'eglise. Au nom de Louise de Mareaui 
femme de Frangois de Saint -Mesmin , prevot 
d'Orl&ms, V esprit frappa trois coups. — Es-lu 

1 Gambry, Voyage dans le Finistere > t. II , p. 

2 Salgues, Des erreurs et des prejugh, 1. 1 , p« ^3. 



COR 



— 185 



COS 



dans les flammes. — Trois coups. — Es-tu dam- 
nee pour avoir partage les erreurs de Luther ? 
— Trois' grands coups*.*, 

Les assistants etaient dans PeffroL On se disr 
posait a,signifier au seigneur de. Saint- Mesmin 
l'ordre d'enlever de Peglise sa lutherienne; mais 
il ne se deconcerta pas. II courut a Paris et 6b- 
tint des commissures du conseil d'Etat im arret 
qui condamnait huit cordeliers d'Orleans a. faire 
amende honorable pour avoir suppose de fausses 
apparitions (1534). 

• Cette faute (s'il y a eu faute) etait individuelle, 
et les huit condamnes, dont deux seulement 
etaient coupables, le gardien et le custode, 
furent bannis sans que personne appelat ni re- 
ckmaL ; ' : - ^ 

Core, compagnon de Dathan et d'Abiron. Les 
mahometans, qui le conf ondeiit ;avec le : batelier 
Charon, le font cousin germain de Moise, qui, le 
yoyant pauvre i lui enseigria I'alehimie, par le 
moyen de laquelle il acquit de si grandes riehesses 
qii'il lui fallait quarante chameaux pour porter 
son or et son argent. II y en a qui- pretendent 
merae que plusieurs^ chameaux etaient charges 
seulement des clefs de ses colfres-forts. 

Moise ayant ordonne aux Israelites de payer la 
dime de tous leurs biens (nous suivons toujours 
lesauteurs musulmans) , Gor& refusa d'ob&r, se 
souleva meme contre son bienfaiteur jusqu'a r6- 
pandre sur lui des calomnies qui comprdmet- 
taient son autorit£ parmi le peuple, si Moise: ne 
s ! en fut plaint a Dieu t qui punit Pingrat; la terre 
I'cngloutit, comme on sail, avec ses adherents. 

Corneille; Le chant de la corneille tStait re- 
gard6 par les anciens comme un tres-mauyais 
presage pour eel ui qui commengai t uneentreprise. 
lis Pinvoquaierit cependant avant le manage, 
parce qu'ils croyaient que les corneilles , apres 
la mort de -Tun ou de P autre dans cha que couple , 
observaient une sorte de veuvage. Voy\ Gorbeau, 
Augures, etc. Les sorcieres ont eu quelquefois 
des corneilles a leur service, comme on le voit 
dans plusieurs l^gendes 1 . *' 

Cornelius , pretre paien de Padoue , dontparle 
Aulu-Gelle. II avait des extases et son ame voya- 
geait hors de son corps \ ' le jour de la bataille de 
Phnrsale, il dit en presence de plusieurs assis- 
tants qu'il voyait une forte rnelde^ clesignant les 
vaihqueurs et les fu yards; et a la fin il s'dcria 
tout a coup que Cesar avait vaincu 2 . 

Comes. Tous les habitants du ten6breux em- 
pire portent des comes ; e'est une partie essen- 
tielle de Puniforme infernal. 

On a vu des enfants avec des cornes, et Bar- 
tholin cite nn religieux du mouaslere de Sainl- 
Histin qui en avait deux a la tete. Le mardchal 



de-Lavardin amena au roi un homme sauvage 
qui portait des cornes. On montrait a Paris , ien 
1690, un Frangais, nomine Trouillon , dont le 
front etait arme d'une corne de belier 4 . Voyez 
Cippus. . 

Dans le royaume de Naples et dans d'autres 
contrees , les cornes passent pour un preservatif 
contre- les sortileges; On a dans les maisons des 
cornes ornees ; et dans la rue ou dans les con- 
versations, lorsqu'on soiipconno iln sorcier^: on 
lui fait diseretement des cornes avec les doigts 
pour paralyser ses intentions magiques. Oi* pend 
ait cou des enfants, comme ornemerit , lino p air h 
de petites cornes. • 

Cornet d'Oldenbourg. Voy. Oldenbourg» 

Gornduailles. Les habitants de ce eomte disent 
qu'il doit son nom au petit chevalier Goririeus, 
qui a tue Gog et Magog, aupr&s de Plymouth. 

Gdrsiied, sorte d'epreuve ehez les Anglo- 
Saxons , qui eonsislait a faire manger par raecuse 
a jeun une once de pain ou de froiiiage consacre , 
avec beaucoup de ceremonies. Si Paccuse etait 
coupable, cette nourriture devait Petouffer en 



1 v 



yoyez, dans les Lcgendes infernales,\a. Corneille 



<k Barklay. 



Leloyer, Histoire des spectres, ou Apparitions 
sprits, liv. IV, ch. xxv, p. 456. 



s'arretant dans le gosier; mais si elle passait 
aisement, Paccuse etait declare innocent. 

Corybantiasme , esp^ce de fr6nesie. Geux 
qui en etaient attaqties s'imagihaient voir des 
faiitSmes et entendre continuellement des sif- 
dements, lis ouvraient les yeux lorsqii- ils dor- 
maient. Ge delire sanguin a 616 sou vent jug(5 
possession du diable par- les demonomanes. . 

Gosingas , prince des Cerrhehieris , pieuples 
de Thrace, et pretre de Junon. II s*avisa d'un 
sirigulier expedient pour reduire ses sujets re- 
belles. It brdonna d'attacher plusieurs longues 
dchelles les unes aux autres, et fit' courir le bruit 
; qu'il atlait monter au ciel, vers Junon , pour lui 
demander raison de la desobeissance de son 
peuple, Alors les Thraces , superstitieux et gros- 
siers, se soumirent a Gosingas et s'engagerent 
par serment a lui rester fideles. 

Cosmas, voyageur du sixieme siecle, sur- 
nomm<5 Indicopleustes } parce qu'il avait beau- 
coup navigue dans PInde, a laissd une' bizarre 
topographie ou il etablit que la terre est un carre 
long, le firmament un cintre support.8 par des 
voutes immenses. II pose la terre sur une mon- 
tagne renversde qui n'est visitee que par les 
astres, dans leur tour jourrialiei\ Mabillon a pu^- 
blie ce livre curieux en 1707; 

Dans ce livre , ou le monde est compare a un 
grand coffre, Cosmas dit, entre autres faits singu- 
liers, que le soleil , la 3unc et les autres astres 
sont conduits chacun par un ange, et que ce sont 
d'autres anges qui preparent la pluie et les orages,; 
qui distribuent le chaud, le froid, la neige, la 
rosee , les brouillards, etc. — Ne nous dtonnons 
pas de ces opinions. Sous Philippe Auguste le 

1 M. Salgues, Des erreurs et des pr6jugds ? t. HI, 
p. 128. ' 1 



COS 



— 186 — 



cou 



vulgaire eroyait encore que la terre elait carree. 

Gosquinomancie ou Coscinomancie, sorte 
de divination qui; se pratique au ;moyen. d'u'n 
crible, d'un sas, on d'un ta'mis. On met un crible 
sur des Lena! lies , qu'on prend avec deux doigts; 
ensuile on nomine 16s personnes soupgonnees de 
la rein ou de quelque crime secret, et. on juge 
coiipable eelle au.nom de qqjfle'. crible tourne ou 
trembje;, comme si celui qui tient les tenailies 
ne pouvait pas femuer le crible a sa volonte ! 

An lieu du crible, on met" aussi (earxes divi- 
nations se pratiqu en t encore) un tamis sur un 
pivot pour ^connaitre Pauteur d'un vol ; ,pn 
nomme de meme les personnes soupgonnees, et 
le lamis tourne au nom du voleur. C'est ce qu'on 
appelle dans les caurrpagnes toumer le sas t Cette 
superstition est surtout tres-repandue dans la 
Bretngne 1 . Voy. Crible. 

. Gossen, roeher du Fichtelberg, que les Alle- 
mands dis'ent etre le. sommet du baut duquel le 
(liable montra a Notre-Seigneur tous les royaumes 
de la terre. 

Cote. Dieu prit une cote d' Adam pour en faire 
notre mere Eve. Mais il ne faut pas crpire pour 
cela, fcomme fait le vulgaire; que dans les des- 
cendants d' Adam les homines ont une cote de 
moins que les femmes. 

Com. On regardait chez les anciens ■comme un 
augure favorable une palpitation dans la* partie. 
gauche du cou , et comme funeste celle qui avait 
lieu dans la partie droite. ; 

Couberen , idole de PInde , qui donrie les ri- 
chesses. 

Couches. On pretendaiten certains pays faire 
accoucber aisemcnt les femmes en liant leur cein- 
Lure a la clocbe de l'egtise, et en sonnant trois 
coups. Ailleurs, la femme en couches mettaiL la 
culotLe de son mari. Voy. A£tite. 

Cougou. On croit en Bretagne qiren comp- 
lant le chant du coucou, on y trouve l'annonce 
de l'annee precise ou Ton doit se marier 2 v S 1 il 
cbante trois fois-, on se mariera dans trois 
ans, etc. * 

On croit aussi, dans la plupart des provinces, 
que si on a de Pargent avec soi la premiere fois 
qu'on enLend le cbanL du coucou, on en aura 
Loute Pannee. — Le coucou de Balkis, probable- 
ment la reine de Saba, est un des dix anitnaux 
que Mahomet place dans son paradis. 

Coucoulampons , anges du deuxieme ordre, 
qui, quoique materiels, seloh les habitants de 
Madagascar, sont invisibles et ne se decouvrent 
qu'a ceux qu'ils honorent d'une protection spe- 
cialc. II y en a ,des deux sexes; ils contractcnt 
manage entre eux et sont sujets,a la mort; mais 
leur vie est' bien plus longue que celle des hom- 
ines, et leur sant£ n'est jamais troublee par les 

1 M. Gambry, Voyage, dans le Finislerej t. Ill, 
p." 48. 

2 M, Cambry, Voyage dans le Finistere, X. I , p. 475. 



maladies. Leur. corps est a Tepreuve du poison 
et de tous les accidents. 

Couda'is, dieux des Tartares de P Altai en Si- 
berie. lis sont au nombre de sept , tons geants de 
forme humaine, assez peu puissants et assez pen 
honores. 

Gotidrier. Les branches de cet arbre ont servi 
a quelques divinations. : Voy. Baguette mvina- 

TOIRE. 

Gouleurs. Pline le .nafuralisle nous apprend 
que les anciens tiraient des augures et des . pre- 
sages de la couleur des rayons du .soleil, de-la 
lune.', des planetes , de Pair, etc. Le.:noir est le 
signe du deuil v dit. Rabelais, paree que c r est.la 
couleur des tenebres, qui sont tristes, et Toppose 
du blanc, qui est la couleur de la lumiere eL.de 
la joie. v . 

Goumbhacarna, g^ant de, la mythologie in- 
dienne,.qui eLait si vorace qu'on craignait qu'il 
ne devorat la terre. II fat lue.par Rama. 

Coupe: (divination ■ par .la) , ; tres:riisitee en 
figypte des le temps de Joseph, employee encore 
aiijourcriiui. . Voy. Hydromancik. . 

Coups. En 1582, dit Pierre Delancre 1 , il ar- 
riva qu'a Constantinople y a Rome et a Paris , cer- 
tains demons et mauvais esprits frappaiept des 
coups aux; portes des maisons ; c'^tait un indice 
de la mort* d'auLanL de personnes qu'il. y avait 
de coups. 

Cour infernale. Wierus et d'autres ^ demono- 
manes, verses dans Vintinie connaissauce. des 
enfers, ont decouvert, q,u;-il y avait la des princeSj 
des nobles , des ofliciersv. etc. lis ont meme compte 
le nombre des deinons , et distingue leurs ein- 
plois, leurs dignites el leur puissance. Suivanl ce 
qu'ils ont ecrit, Satan n'est plus trop le souverain 
de I'enfer; Belzebuth rfegne a sa place. Voici 
retatactue] du gouvernement infernal : 

Princes et grands ' dkjnitaires; Bel^ebuth , clief 
supreme de Tempire infernal, fondateur de Fordre 
de la Mouche ; Satan, chef du parti de l'opposi- 
tion. Eurynome, prince de la mort^commandeur 
de l'ordrede la Mouche ; Moloch , prince du pays 
des larmes, commandeur de; l'ordre; Plulon, 
prince du feu; Leonard, grand mat tre des sab- 
bats, chevalier de la Moucbe : ; Baalbe.rilh,, mallre 
des alliances ; Proserpine , archidiablesse, souvc- 
raine princesse des esprils malins. 

Ministeres. Adrameleck, grand chancelier, com- 
mandeur de Pordre de la Mouche ; Astarolh , gra^l 
tresoi'ier ;* Nergal , chef de la police secrete ; 13aal, 
general en chef des arm ees inferriales, comnian- 
deur de Pordre de la Mouche ; Leviathan , gr^nd 
amiral, chevalier de la Mouche. 

Ambassadeurs. Belphegor , ambassadeur en 
France ; .Mammon, ambassadeur en Anglelerre; 
Belial, ambassadeur en Turquie; Rimmon, am- 
bassadeur. en Russie ; Thamuz,. ambassadeur cn 

1 Jncredulite et mecreance du ' sortilege , clc» 
traile VII , p. 37. 



GGU 



— 187 



COU 



Espagne ; Hutgin, ambassadeuren Italie ; Martinet, 
anibassadeur en Suisse, etc. 

Justice. Lucifer, grand justicier Alaslor, exe- 
culeur des hautes ceuvres. 
. Maisondes princes. Verdelet, inaitre des cere- 
monies; SuccoiTBenoth, chef des eunuques;;Gha- 
liios, grand cliambellah chevalier de la Mouche ; 
Melchom , tresorier:payeur i Nisroch , chef .de la 
cuisine ; Behemoth , ; grandechanso,n '; Dagun, grand 
panetier; Mull.in , premier valet de chamb re, 
. Menus plahirsi Kobal , directeur des spectacles ; 
Asmodgev-SurhUendant des maisons de jeu ; Ny-br 
has , grand paradiste. Antechrist, escamuLeiir et 
nocromancien^ Boguet Pa p pel I e le singe de Dim. 

On- voit que les demonomanes se --mo.ntre.nt 
assez gracieux envers les. habitants du noir. se- 
jo'ur. Dieu .veiulje qu'apres tanl de reveries ils 
n-ciient pas merite d'aller en leur soeieLe! 
: M, Berbigiiier a ecr.it en . 1 82:1 , apres . avoir 
Iranscrit eettc lisle, des princes de la cour infer- 
nale : « Cette cour a aussi s6s representants sur 
la lerre : Mone.au , mag.icien et sorcier a Paris, 
represenlanl de.Bclzebuth ; PineL pere, medecin 
ii 1a Salpelriere > rcpresenlant de Satan; Bonnet, 
employe a Versailles ,/representant d'E.iirynome ; 
Bouge, associe de Nicolas , representant de Pin- 
ion; Nicolas., medecin a Avignon , representant 
de Moloch ; , Baptiste Prieur , : de- Moulins , : repre- 
sent nt ; de Pa n ; Prieu r aine ,= so n - : frere , . march a nd 
droguiste,.rep,resentaAl de Lilitli!; ELieiine.Prieur, 
tte Moulins i: .rcpresentant de Leonard; Papon- 
Lominy, cousin, des Prieur, representant de Baal- 
berith; Jeanneton; Lavalette, la Alansolte et la 
Vandeval , .representant Parchidiablesse Proser- 
pine, qui a voulu mettre trois diablesses a mes 
trousses 1 . » Voy* Wmmomm : 

Gourils, pelits demons malins, corrompus et 
danscurs t dont M. Cambry alrouve. la croyanee 
e tabl i o su r 1 es co les- d u Fi n is tfere. G n 1 es re n co n Ire 
aii clair de la lune, sautant autour des pierres 
consacrees on des monuments druidiques. S*ils 
vouri saisissenl pat\ la main , il .Taut suivre leurs 
mouvements; ils vdus laissent exlenues siir la 
place quand ils la quiltent. Aussi , les Bretons, 
dans la nuit , ; evitent r ils avec spin -les lieux ha- 
lves par cetfe.especex-le demons , genre des co- 
bales. 

On ajouLe que les courils perdirenl une grande 
partie de leur puissance a l'arrivee des apotres 
du Catholicisme dans le pays, Votj. Willis. 

Courma-Vataf am. Les Indiens adorenl sous 
cc nom leur dieu Vichnou, dans sa seconde in- 
carnation, qui est celje d'urie torfue, 

Couronne nuptiale. Chez les habitants de 

knllebuch , en Suisse, le jour des noces, apres 
'ft feslin et les danses, unefemme vetue de jaune 
demande a la jeune dpousee sa couronne virgi- 
nale, qu'elle brule en cerd'monie. Le petillement 

1 les /ar/ade(s/eto M t. I, p. 4 et l 6. 



du feu est, dit-on , de mauvais augure pour les 
nouveaux.maries. 

. Gourrbie de Soulier. G'etait un.mauvais pre-^ 
sage chez . les Remains de rompre la courroie de 
son Soulier, en sortant de chex soi. Gelui qui avait 
ce malheur croyait ne^pouvoir terminer une af- 
faire commencee et ajournait celles qu'il s'etait 
proposd d'entreprendre. . ./ 
. Court de Gebelin ^ ecrivain ex travagan t, venu 
de Lausanne a Paris au dernier siecle ; il fii i; sous 
le titre de Monde primiiif , un roman philoso- 
phique en. neuf volumes in-Zi°, . que la livree de 
Voltaire prona parce qu'il attaquait la vedte roli- 
gieuse , et qui est: deseendu chez les epiciers. II 
se passion na pour le magnetisme,; et le 13. mai 
178/i; il se magnetisa si.bien. lui^meme ^qu'il . en; 
lomba roide mor.t. On lui lit cette epigraphe : 

Gi-git.ce pauvre Gobelin, , r 
Qui pa plait grec , hebreu , latin. . , ; ' 
Admirez (ous son heroisme : '; 

' 11 fut martyr du magnetisme. - ^ ir-r-.rr 

Gourtiniere. U n gen ti I h o m ip e br e ton , nomme 
M. de la Gourtiniere, ayant recu un jour dans 
son chateau plusieurs seigneurs ses voisi ns , les 
Li a i la biqn pendant quelques jours. A pros leur 
depart, il, se plaignit a^sa femme-de ce qnlelje 
ne leur avait pas fait assez bon visage ; il (it sans 
doute ces remontrances avec des paroles, pen 
honn^tes : la femme u cV une humeur hautaine, ne 
repondit rien , ma is elle resolut interieurement 
de se venger. M, de: la Gourtiniere s^lant conche 
et dormant profondement, la dame, apres avoir 
corrompu deux de ses doniestiques, leur fit egor- 
ger son mari, donL ils porterent le corps dans un 
cellier* lis y (irent une fosse, Penterrerent , et 
ils placerent sur la fosse un tonnean plein de 
pore sale. La dame, le lendemain , annon<ja que 
son mari etait alle faire un voyage. Pen apres, 
elle dit qu'il. avait ete lud dansun bois, en porta 
le deuil , mpntra du chagrin et fit Oaire des ser- 
vices dans les paroisses voisines. 

Mais ce crime ne resta pourLant pas impuni : 
le frere du defunt, qui venait consoler sa belle- 
soeur et veiller a ses affaires, se promenant un 
jour dans le jardin du chateau, et contemplant 
un parterre de ileurs en songeant ; a son frere, 
fut pris d'un.;saignement de nez qui 1'etpiina, 
n'ayant jamais .eprouve cet .accident. An meme 
instant il lui sembla voir Pombre de M. de la 
Gourtiniere qui lui faisait signe de le suivre. 11 
suivit le spectre jusqu'au cellier, oil il le vit dis- 
paraitre. Ge prodige lui ayanl donne des soup- 
Qons, il enparla a la veuve, qui se montra epou- 
vantee. Les soupQons du frere se fortifianl de ce 
trouble, il fit creuser dans le lieu oil il avait vu 
disparaitre le fantome. On decouvrit le cadavre, 
qui fut leve et reconnu par le juge de Quimper- 
Corehtin. Les coupables, arretes, fnrent con- 
danmes, la veuve : (Marie de Sornin), a avoir la 



cou 



— 188 — 



CRA 



tete tranchee et toas les membries de son corps 
disperses, pour etre ensuite brules et 1'es cendres 
jetees au vent ; les deux domestiques, a avoir la 
main droite coupee , et apres etre penduset Stran- 
gles , ieurs corps aussi brules *. Cet evene- 

ment eutlieu vers la fin du seizieme siecle. 

Courtisanes. Les Chretiens sont bien etonnes 
de voir des courtisanes servir de pretresses dans 
les Indes. Ges filles, justemenldSshonorees.chez 
nous, sont privilegiees la depuis Paventure de 
Pune d'elles; Devendiren, dieu du pays, alia trour 
ver un jour cette courtisane sous la figure d'un 
homnieyet lui promit une haute recompense si 
elle etait fidele ; pour Peprouver le dieu fit le 
mort. La courtisane, le croyant veritablement 
mort, se resolut amourir aussi darisles flammes 
qui allaient consumer le cadavre, malgre les re- 
presentations qu'on lui faisaitde ce qu'elle n'etait 
pas mariee. Elle allait se mettre sur le bucher 
deja enflamme, lorsque Devendiren se reveilla, 
avoua sa supercherie,prit la courtisane pour sa 
femme et Pemmenadans son paradis... 

Goutellier, demon invoque dans les litanies 
du Sabbat* 

Couvira, dieu des richesses dans PInde, ar- 
riere-petit-fils de Brahma. C'est un lepreux dif- 
forme ; il a trois jambes, Sa bouche ne possede 
que huit dents, et une pi&ce d'or cpuvre un de 
ses yeux. 

Crafiangon (Jacques de). Voy* Images. 

Crabes. Ges hideux petits habitants de la mer 
sont attaches par quelque lien aux demons des 
eaux, et, suivant le dire des ficossais. riverains, 




ils dansent au sabbat des sorcifcres, lorsqu'il se 
rassemble sur la plage. 

Craca, magicierine qui, au rapport de Saxon 
le Grammairien, changeait les viandes en pierres 
ou autres objels, aussit6t qu'elle les voyait posees 
sur une table. 

Grachat. Lorsque les sorciers renonceht au 
diable , ils crachent trois fois a terre. Ils assurent 
que le diable n'a plus alors aucun pouvoir sur 
eux; Ils crachent encore lbrsqu' ils gu6rissent des 
dcrouelles et font de leur salive un remede. 

Les anciens avaient Phabitude de cracher trois 

1 Arr6t du parlement de Bretagne, L II des Dis- 
sertations de Lenglet-Dufresnoy ; et Leloyef, liv. Ill, 
ch» iv. 



fois dans leur sein pour se preserver de tous 
charmes et fascinations. 

Cracher sur soi : mauvais presage. Fby. Ghe- 

VILLEMENT. 

Grachat de la lune. Les alchimisles appel- 
ant ainsi la matiere de la pierre philosophale 
avant sa preparation. G'est' une espece d'eau con- 
gelee , .sans odeur et sans saveur , de couleur 
verte, qui sort de terre pendant la nuit ou apres 
un orage. Sa substance aqueuse est tres-volalile 
et s'evapore a la moindre chaleur, a travers une 
peau extremement mince qui 3a contient. Elle ne 
se dissout ni dans le vinaigre, ni dans Peau, ni 
dansPesprit^de-vm;; mais si on la renferrne dans 
un vase bien scelle f elle s'y dissout d'elle-meme 
en une eau puante. Les philosopher hefmetiques 
la recueillent avant le lever du soleil dans du 
verre ou du bois et"en tirent une espece de 
poudre blanche seinblable a l'amiclon , qtii pro- 
duit ensuite ou ne produit pas la pierre philoso- 
phale. 

Grampe. Les morses ont sur lesbabines , comme 
au-dessous, plusieurs soies creuses. II n'y a point 
de mateldt qui ne se fasse une bague de ces soies, 
dansPopinionqu'elles garantissentde la crampe 1 . 

Crane d* enfant. La cour Cassises de la Haute- 
Marne a jugd, e,n fevrier 1857 , une affaire qui 
puisesa cause premiere dans une horrible super- 
stition. <( Des cultivateurs de la commune d'Heuil- 
Iez-le-Grand , dit Pacte d'accusation , vivaient 
dans une ferme isol^e, et devaient a cet isolement 
m6me une tranquillite que rien ne semblait vou- 
loir troubler, lorsque je 21 Janvier dernier un 
crime horrible, unique peut-6tre dans les annales 
judiciaires, vint les jeter dans le deuil et la deso- 
lation. Le mari, Jean-Bap tiste Pinot, etait parti 
des le matin pour le travail , et sa femme Tavait 
bientot rejoint apres s'etre assuree toutefois que 
son enfant, agd de onze mois, qui dtait coucM 
dans son berceau , dormait profohddment. Comme 
la grange oil elle allait travailler nNSlait qu'a 
quelques pas de la maison d^habitation , elle n'a- 
vait pas pensd en sortant a fermer les porles a 
la clef.- 

» Le travail dura quelque temps ; lafemme Pinot 
rentra la premiere pour s^ssurer si Penfant dor- 
mait encore. Quel ne fut pas son effroi lorsqu'ellc 
s'apergut que le berceau 6tait vide. On fit iimne- 
diatement de vaines recherches. Ce ne fut que le 
lendemain, dans l'apr6s-midi, quePon decouvrit, 
cache sous des gerbes de paille, dans une dcurie 
de la ferme, le corps de Penfant entierement mi, 
affreusement mutil6. La tete en avait &e detacliee 
au moyen "d'un instrument tranchant, et neput 
etre retrouvee. De profondes entailles , faites sur 
Tune des epaules, indiquaient qu'on avait eu la 
pensde de couper le corps en morceaux pour le 
faire disparattre. Le crime &ait constant, mais 

1 H. Lebrun, Abregd des voyages au p6le nord, 
ch, i. 



CRA 



189 — 



CRA 



quel etait I'assassin , et quel interet avait pu 
armer son bras ? La pauvre victime etait agee de 
onze mois a peine; les soupQons ne tarderent 
pas a se porter sur un homme qui etait au ser- 
vice de la ferme. Ses antecedents etaient faits 
pour les evei'ller. Voleur d'habitude depuis son 
enfance, il avait ete condamne pour vol a deux 
ans de prison, et pour se soustraire aux recher- 
ches de la justice, il avait change de nom; il 
avait substitue a son nom de Vautrin celui de Mo- 
risot. Get homme est age de vingUquatreans. II elait 
laciturne, recherchait Tisolement, et avait plu- 
sieurs fois dohne- des preu ves d' une f roide cruaute. 
A la nouvelle de la disparition de Tenfant, Vautrin 
avait pali ; et au lieu de se livrer comme to us a 
des recherch.es actives, on l'avait vu morrie et 
preoccupe, ; cherchant a diriger les soupqons sur 
un ancien domestique de son maitre, qui aurait 
pris l'enfant pour lui couper la tele et aller avec 
celte tete dans les chateaux. - 

» Mais cet etrange propos, emis avant que 
personne sut si la tete de Tenfant avait ete mu- 
tilee, etait une revelation* Ilindiquait le mobile 
etl'interetdu crime. Vautrin avouait en effet le 
lendemain qu'il avait entendu dire que le crane 



d'un enfant assassine avait la propriete de rendre 
invisible celui qui le portait, et de permettre a 
un voleur qui s-en ferait une lanterne, de pene- 
trer impunement dans les habitations. Vautrin 
croyait a cette odieuse superstition; ainsi s'expli^- 
quaientl'interetdu crime et la mutilation* Vautrin 
futarrete, et Finterrogatoire qui suivit ne vint 
que trop confirmer les* soup^ons qu'on avait eus 
sur lui. Les investigations ont d-ailleurs fait de-^ 
couvrir derriere des buissons des /debris* de che- 
mise et uii.pan talon souilles de sang et de boue 
appartenant a Vautrin et reeonnuspar lui; la tete 
de la victime a ete. egalement retrouvee dans un 
bois voisin, et a quelques metres un vieux bonnet 
raye ayant appartenu a finculpg. A 1'audience, 
-comme dans ['instruction*, Vautrin se reiiferma 
dans un systeme complet de denegations. Mais 
les depositions des temoinsitaient si accabiantes, 
que le verdict du jury f ut affirmatif sans circon- 
stances attenuantes. En consequence , Vautrin fut 
condamne a la peine de mort, » 

Cranologie. Voy. Gall. 

Crapaud. Les crapauds tiennerit une grande 
place danslasorcellerie. Lessorcieresles aiment et 
les choient, Elles ont toujours soin d'en avoir 





Crapaud se rendant au a abb at. 



qnclques-uns, qu*elles soignent, qu'elles nourris- 
sent et qu' elles accoutrent de livrees de velours 
vert, rouge ou noir. Pierre Delancre dit que les 
grandes sorcier'es sont ordinairement assisldesde 
quelque demon , qui est toujours sur leur epaule 
gauche en forme de crapaud, ayant deux petites 
cornes en t6te ; il ne pent etre vu que de ceux 
qui sont ou qui ont ete sorciers.- Le diable baptise 
ces crapauds au sabbat. Jean'nette Abadie et d'au- 
tres femmes ont revele qu' elles avaient vu de 
ces crapauds habilles de velours rouge, et quel- 
ques-uns de velours noir; ils pbrtaient une son- 
nelie au cou et une autre aux pattes de derrifere. 

Au mois de septembr'e 1610 , un homme se 
proinenant dans la campagne, pres de Bazas, vit 
chien qui se tourmentait devant un trou ; 
a yani fait creuser, il y trouva deux grands pots 
inverses Fun sur l'autre, lies ensemble a leur 
ouverture et enveloppds de toile ; le chien ne se 
cahnant pas, on ouvrit les pots, qui se trouve- 
rent P^eins de son, au dedans duquel rfeposait un 
Bras- crapaud vetu de taffetas vert 1 . C'etait a 

; 1 Belancre, Tableau de Vinconst des demonSj etc., 
uv " u, discours iv, p. 433, 



coup sur une sorciere qui 1- avait mis la pour 
quelque malefice. 




Crapauds dansant au sabbat, 

Nous rions de ces choses a present, mais c'd- 
taient choses serieuses au seizieme siecle , et 
choses dont l'esprit ne nous est pas expliqud. 



CRA 



— 190 



CRI 



Le pen pie' est- persuade, (lit M. Salgues 1 , 
que le crapaud a la faculle: de faire evariouir 
ceux qu'il regarde fixemenl, et cette assertion 
est accreditee par un certain abbe Rousseau, qui 
a public, dans le cours du dernier siecle, quel- 
ques observations d'hisloire naiurelle : il pretend 
que la vue seule du crapaud provoque des spas- 
mes, des convulsions, la mort meme. 11 rapporle 
qu'un gros crapaud, qu'il tenait renfenne. sous 
un bocal , Tayant regarde fixement ,il se sen tit 
aussildt saisi de palpitations, d'angoisses , de 
mouvements convulsifsi, et qu'il serait . mort in- 
failliblemenl si Foirn'etait veriu a son secours... 
Elien, Dio'scoride , Nicandre , jEtius, -Gesner, 
onl encore ecrit que I'haleine du crapaud etail 
niortelle, et qu'elle infectait les lieux ou il res-, 
pire. On a citeTexemple de deux amanls qui', 
ayant pris de la sauge sur laquelle uri crapaud 
s-etait promene, moururent aussitot 2 . Mais ce 
sont la souvent des contes. Gependant le cra- 
paud est en horreur chez tons les peoples , ex- 
cepts sur les bords de TOrenoque, ou, pour 
le consoler- de nos mepris , des indiens lui ren- 
daient les lionneurs d'un culte; ils gardaient soi- 
gneusement les crapaudssous des vases, pour 
en obtenir de la pluie ou du beau temps, selon 
'leurs besoins, et ils etaienl tellement persuades 
qu'il dependail de ces animaux dc l'accorder, 
qu'on les fouettait chaque fois que la priere n'e- 
tait pas exaucee \ 

Crapaudine, pierre qui se trouve dans la tele 
descrapauds; les sortie-res la recherchenl pour 
leurs malelices. Plusieurs ecrivains assurent que 
c'est uii objet tres-rare, et si rare, que quelques- 
uns nienL I'existence de cette pierre. Cependant 
Thomas Brown no croit pas le fait impossible, 
puisque, dit-il, tou's les jours on trouve des sub- 
stances pierreuses dans la tele des niorues, des 
carpes, des gros limacons sanscoquilles. 11 en est 
qui pensent que ces crapaudines sont des con- 
cretions minerales que les crapauds rejettent 
apres lesavoir avalees, pour nuire aThomme 4 . 
Mais ce ne sont la encore que des contes. 

Grapoulet. Voij. Zozo. 

Grateis , deesse des sorciers et des enchan- 
Leurs, mere de la fameuse Scylla. 

Credulite. Elle a ses exces, qui pourtant sont 
moins Tunestes que ceux de rincredulite. 

Grescence, cardinal, legat du saint-siege au 
concile de Trente , qui mourut paisiblement en 
1552. Jean de Chassanion, buguenot, n'aimant 
pas ce prince de TEglise, parce qu'il s'&ait eleve 
contre les protestanls, a ecrit que le diable, en 
forme de cbien noir, etait venu le voir a son 

1 Des erreurs et des prejuges, etc., t. I, p. 423. 

2 C'est un conto du Decameron. 

3 Pons, Voyage a la partie orientate de la ierrc 
fermc de l Amdriqm meridional e } t. I. 

4 Thomas Brown , Essai sur tes erreurs populaires } 
t, I , liv. Ill , ch. xiii , p. 31 2. 



dernier moment et Pavait etrangle 4 , ce qui est 
un mensonge niais.; Voy. Garlostad et Luther. 

Crespet (Pierre), religieux celeslin, mort en 
159/), auteur d'un traite. contre la magie intitule 
Deux Uvres dc la kdhie de Satan et des malms 
esprit s contre U homme } .etc. Paris,* 1590, in^ ; 
Get ouvrage est rare et curieux, 

Cretinisme, inlirmite qui dispose quelquefois, 
dit-on* au varnpirisme. . 

Crible. Parler. au. crible est un ancien pro- 
verbe qui signiliait faire danser un lamis par le 
moyen de paroles mysterieuses. Theocrite nom- 
mait les gens qui avaient ce pouvoir crible-sor- 
ciers ou sorciers du crible. « Je me suis. trouve, 
dit Bodin 2 , il y a vingt ans , dans une hiaison a 
Paris ou un jeune homme fit mouvbir un tamis 
sans y toucher, par la verlu de cerLaines paroles* 
franchises, et cela devant une societe, et In 
preuve, dit-il, que c'elait par. le pouvoir de Tes- 
.prit malin, c'est qu'en Pabsence de ce : jeunc 
homme, on essaya vainement d'operer en pro- 
nonganl les memes paroles. » Voy: Gosqujno- 

MAKCl.E. 

Crieriens, fantomes des naufrages , que les 
habitants de Pile de Sein , en Bretagne, croient 
entendre demander la sepulture , a travers cc 
bruit sourd qui precede les orages. Les anciens 
Bretons disaient : « Fermons les porles, on en- 
tend les crieriens ; le tourbillon les suit. » 

Grimes. Voy. Possessions. 

Cristalomancie, divination par le moyen do 
crislal. On iirail des presages des miroirs et des 
vases de crislal, dans lesquels le demon faisail, 
dit-on, sa demeure. Le roi Ghilderic cherchait 
1'avenir dans les prismes d'un petit globe dc 
crislal. 

Les devins acluels predisent encore par le mi- 
roir. L'anecdote suivante fera connaitre leur mc- 
thocle. — Un paiivre laboureur des environs dc 
Sezan n e , a qui oil a v ai t vole , six cents f rancs , 
alia consulter le devin ; e'etatt en 1807. Le de- 
vin lui (it donner douze francs * lui mil trois 
mouchoirs sur les yeux, un blanc, un noir elnn 
bleu, lui dit de re-garder dans un miroir ou il 
faisail venir le diable et lous ceux qu'il voulail 
evoquer. — Que voyez-yous? lui demanda-l-il. 
— Rien, repondit le paysan. La-dessus le sor- 
cier parla fort et longtemps; il recommanda an 
bonbomme de songei % a celui qu'il croyait capa- 
ble de I' avoir vole, de se representer les chose? 
et les personnes. Le paysan. se monta la tele, cl, 
a travers les trois mouchoirs qui lui serraienLlOi 
yeux, il crut voir passer dans le miroir un 
homme qui avait un sarrau bleu, un chapeau a 
grands bords et des sabots. Un moment aprcs it 
crut le reconnailre, et il s'ecria qu'il voyaiL s(l11 
volelir. — Eh bien , dit le devin , vous prendrez 

4 Des grands et redoutablcs jugemenis de DiM' 
p. 6G. 

2 Demonomanie des sorciers, liv. II, p. 185- 



cm 



— 191 ~ 



CRO 



un'ccBur de boeuf , el soixanle-trois clous a lat- 
tes que vous planlerez en croix dans ledit coeur; 
vous le ferez bouillir dans un pot neuf avec un 
orap'aud eL une feuille d'oseille ; trois jours 
apres, le voleur. s'il n'est pas mort, viendra 
vous rapporLer voire argent, ou bien il sera en- 
sorcele. • 

Le paysan fit tout ce qui lui etait recom- 
mande. Mais^son argent ne revint pas; d'oa il 
conclut que son voleur etait ensorcele, et il s'en 
frotla les mains. . 

Cristoval,de Garalde. Voy, Mamssane/ 

Critomancie, divination qui se pratiquait par 
]c tnoyen des viandes et des gateaux. On consi- 
deraiL la pate des gateaux qu'on olfraiit en sacri- 
fice, et la farihe d'orge qu'on repandait sur les 
viclimes,-pour eri tirerxles presages. 

Crocodiles. Les Egypliens modernes assurent 
que jadis les crocodiles etaient des animaux 
doux, et ils racontent de la maniere suivante 
1'origine de leur ferociLe. Huineth, gouverneur 
d'Egyple sous Gisar Al-Mutacil, calife de Bag- 
dad ; ayant fait melLre en pieces l'image de 
plomb <Tun grand crocodile (figure talismani- 
que) que Ton avail trouvee en creusant les fonde- 
menls d'un ancien temple de paiens, a 1'heure 
metne de ceLLe execution les crocodiles sortirent 
du Nil, etf ne' cesserent, depuis ce temps, de 
mure par leur voracile ! . Voy. Etoiles, Pline 
et Plularque temoignent que les Egyptiens con- 
naissent, par Tendroit ou les crocodiles pondent 




fcurs ceufs, jusqu'ou ira le debordement du Nil. 
Mais il serait difficile, dit Thomas Brown, de 
comprendre comment ces animaux ont pu devi- 
ner un efTet qui , dans ces circonstances, depend 
<le causes extremement eloignees , c'est-a-dire 
<te la mesure des rivagcs dans l'ftthiopie. Les 
habitants de Thebes et du lac Moeris rendaienl 
u n culte particulier aux crocodiles, lis leur meL- 
l^ient aux oreilles des pierres precieuses et des 
urnemenls d'or, et les nourrissaient do viandes 
consacroes. Apres leur mort-, ils les embau- 
iftaicni et les deposaient en des urnes que Ton 
porlait dans le labyrinthe qui servait de sepul- 

1 Leloyer, Histolre ct discours des spectres f etc., 
,1V - ! v, ch. xxi, p. 417. 



Lure" aux rois. Les Ombites poussaient memela 
superstition jusqu f a se rejouir de voir leurs en- 
fan ts enleves par les crocodiles.- Mais ~ ces ani- 
maux etaient en horreur dans le ' reste de 
I'lSgypte, excepte a Tenliris/ou Denderah, dont 
les habitants ne les redoulaient. pas. Ceux qui 
les adoraient disaient que , pendant les. sept 
jours, consacres aux ietes de la naissance d'Apis, 
ils oubliaient leur lerocite naturelle et ne: fai- 
saient aueun mal ; mais que le huitieme jour, 
apres midi, ils rede venaientfurie^ux. 

Croft (Elisabeth). Qtiand les Anglais a pprirent 
que leur reine Marie Tudor, : que Ton a si lache- 
ment calomniee, allait epouser le roi d'Espagnc 
Philippe II, ce fut parmi les reformes un grand 
effroi, et plusieurs inLrigues surgirent pour em- 
pecher cette union. Un certain Brack obtint 
d'une jeune " fille nominee Elisabeth: Croft, 
moyennant une somme d'argenl, qu'elle se lais- 
serait enfenner entre deux murs, et qu'au moyen 
de tuyaux dissimules elle pourrait dire les pa- 
roles .qu'on lui mettrait a l'oreille, ce qui se lit. 
Bientot done on apprit dans Londres qu'on en- 
tendait des ; voix qui ven.aient certainement du 
ciel, puisqu'on ne voyait absolument personne. 
La multitude accpurut. La voix menacuiiL I'An- 
gleterre des plus aflreux desastres si la reine, se 
mariait avec 1'Espagnol; elle s'elevaiL ayec fu~ 
reur contre le Pape el contre rfiglise romaine, 
et les reformes se pam&ient d'aise. Cette impos- 
Lure dura plusieurs jours sans qufon en soupcon- 
nat le precede, et il n'elait bruit dans Londres 
que de l'ange qui parlait. Mais parmi les magis- 
trats, quelques-uns etaient encore catholiques 
ils soup^onnerent un sLratageme; on demolit le 
'mur d'ou sorLait la voix , et on decouvriL Elisa- 
beth Croft. II ne parait pas qu'on Tait punie , 
non plus que son suborneur, parce qu'ils ayaient 
dans lafoule de nombreux partisans. 

Croix. Ce saint nom, qui est la Lerreur de 
Tenfer, ne devrait pas non plus ligurer ici. Mais 
la superstition, qui abuse de toul; ne l'a pas res- 
pecle. II y a des croix dans toutes les formules 
des grimoires, et aucun sorcier ne s'est jamais 
vante de commander au moindre demon sans ce 
signe. t 

Les croix que les sorcieres portent au cou et a 
leurs chapelels, ct celles qui se trouvent aux 
lieux ou se fait le sabbat, ne sont jamais enLie- 
res, comme on le voit par celles que Ton decou- 
vre dans les cimcLieres infesles de sorciers eL 
dans les lieux ou les. sabbaLs se LiennenL. La rai- 
son en est, disenL les demonomanes, que le dia- 
ble ne peuL approcher d'une croix intacLe. 

Croix (Epreuvc de la). Voy. Epukuvks. 

Croix (Magdeleine de la). Voy. Magdeleinb. 

Gromeruach, idole principale des irlandais, 
avant l'arrivee de sainL Patrice en leur pays. 
L^pproche du saint la fit tomber, disent les le- 
gendes, landis que les diviniles inferieures s'en- 



CRO — 192 — . CUR 



foncerent dans la terre jusqu'au menton. Suivant 
certains recits , en memoire de ce prodige , on 
voit encore leurs teles a fleur de terre dans une 
plaine qui ne se trouve plus. 

Crpmniomancie , divination par les oignons. 
•Ceux qui la pratiquaient mettaient , la" veille de 
Noel, des oignons sur un autel. lis ecrivaient sur 
les oignons le nom des personnes don ton vou- 
lait avoir nouvelle. L'oignon qui germait le plus 
vite annongait que la personne dont il portait le 
nom jouissait d'une bonne sante. 

Cette divination est encore en usage dans plu- 
sieurs cantons de PAllemagne, parmi les jeunes 
filles, qui eherchent a savoir ainsi qui elles au- 
ront pour epoux 1 . 

Croque- Mitaine, espece d'ogre dont on 
epouvante a Paris les pelits enfants indociles. 
Aujourd'hui que ses dents sont tombees, il se 
contente de les mettre au cachot et de leur don- 
ner le fouet, malgre les lumieres du siecle. Voy* 
Babau. ' 

Crucifixion au sabbait. On lit dans les de- 
clarations de Madeleine, Bavent, de la possession 
de Louviers, qu'au sabbat, ou ellb a assiste long- 
temps, elle a vu crucifier plusieurs fois des hoslies 
consacrees, attachees a une croix et dont quel- 
ques-unes ont saigne, Une certaine nuit, celle du 
vendredi saint au samedi saint, elle vit une sor- 
cifere apporter un enfant nouveau-n<§, que Ton 
crucifia en lui clouant a une croix noire les pieds 
et les mains. On lui enfonga ensuite des clous 
autour de la t6te en forme de couronne, et on lui 
perga le cot6. Elle ajoutaiLque deux hommes 
qui 6taient venus au sabbat en novices, ayant a 
ce sujet t6moign6 quelque sentiment d'horreur, 
furent crucifies eux-memes et mis a mort. Voy. 

LOUVIERS. 

Grusembourg (Guy de), alchimiste. Voy. 
Pierre philosophale.' 

Cubomancie, divination par le mo'yen des 
des. Auguste et Tibere avaient grande confiance 
en cette mani&re de consul ter le- sort. Les Grecs 
s'en servaient aussi. G'est a peu pres la m&me 
chose que 1'astragalomancie. Voy. ce mot. 

Cuivre. Theocrite assure que le cuivre pur a 
n'aturellement la vertu de chasser les spectres et 
les fantomes ; c'est pourquoi les Lactkldmoniens 
ffappaient sur un chaudron toutes les fois qu'un 
de leurs rois venait a mourir. 

Culte. Les demons recevaient un culle par 
tout l'univers, avant le christianisme. Jupiter et 
les autres dieux n'etaient veritablement que des 
demons ; mais le diable a recu un culte plus spe- 
cial de gens qui savaient bien qu'ils s'adressaient 
a lui et non a un dieu. Ainsi les sorciers au sab- 
bat adorent le diable par son nom. Le culte 
qu'ils lui rendent consisle principalement a lui 
baiser le derriere, a genoux, avec une cbandelle 

1 Delancrc, Incredulitdctmdcriance, etc*, traitd V. 



noire a la main, et a commetlre ensuite tout le 
contraire de ce que present Pfiglise. 

Certains peuples de 1' Afrique ne rendent au- 
cun culte a Dieu , qu'ils croient bon , et font des 
sacrifices au diable pour la raison contraire. Voy. 
Kurdes. 

Cunegonde, femme de Henri II, empereur 
d'AUemagne. Elle fut accusee d'adultere par des 
calomniateurs, et se purgea de Taccusatiotren 
marcharit pieds nus , sans accident, sur des socs 
de charrue rougis au feu. Voy. iSpreuves. 

Cupai. Voy. Kupay. 

Curdes. Voy. Kurdes. 

Cureau de la Chambre, habile medecin, 
mort en 1669. On a de lui un Discours sur la 
principes de la chiromancie et de la metoposco- 
pie. Paris, 1653, in-8°. On Pa aussi imprime 
sous le titre de YArt de connaitre les hommes. 

Curko, divinite des Prussiens avant leur con- 
version au christianisme. Elle etait leur pour- 
voyeuse* et ils rendaient quelques honneursa 
son image. Or cette. image etait une peau de che- 
vre elevee sur une perche de Irois metres et cou- 
ronnee d'epis. 

Gurma. Du temps de saint Augustin, un pay- 
san des environs d'Hippone, nomm6 Curma, 
mourut un matin et demeura deux ou trois joui^s 
sans sentiment. Gomme on allait Penterrer, il 
rouvrit les yeux et demanda ce qui.se passail 
chez un autre, paysan du voisinage qui , conimc 
lui," se nommait Curma. On lui r^pondit que ce 
dernier venait de mourir h Tinstant ou lui-meme 
dtait ressusciUL — Cela ne me surprend pas, 
dit-il ; on s'dtail tromptS sur les noms : on vient 
de me dire que ce n'&ait pas Curma le jardi- 
nier, n,iais Gurma le marpchal qui [devait mou- 
rir. — II raconla en meme temps qu'il avail 
entrevu les enfer3 , <?t il mena depuis meilleure 
vie. 

Gursoih Voy. Pursan. 

Curtius, ills d'un gladiateur .romain. On dil 
qu'un spectre lui annonQa ainsi sa mort : il avail 
accompagn6 en Afrique un lieutenant du gouver- 
neur de ce pays conquis. II vit un jour dans iuie 
galerie le spectre d'une femme de haute sta- 
ture, qui lui dit qu'elle etait TAfrique, et qu'cllc 
venait lui annoncer le bonheur. Elle Passura qn'il 
aurait de grands honneurs a Home ; qu'il revien* 
drait encore sur le sol africain, non plus cpmnie 
valet, mais .avec la qualile de commandant en 
chef, et qu'il y mourrait. Cette prediction s'ac- 
complit entierement ; Gurtius fut questemvp"' 5 
preteur; il.eut les privileges du consulat, elM 
envoye comme gouverneur en Afrique; mais en 
debarquant il se sentit frappe d'une maladiedonl 
il mourut 1 . II est tres-probable que ce conlea 
ete.fait apres coup. Pour un autre Gurtius, # 
Devouement. 

1 Leloyer, Histoire des spectres ou apparitions & 
esprits, liv. Ill, ch* xvi, p. 268t 



GWE 



— 193 — 



DAG 



Cwes. Voy. Chien. 

Cyclopes, personnages fabuleux qui habi- 
taienl la Sicile dans la parlie qui enloure PElna. 
Ilsetaient forgerons; geanls rades et grossiers, 
antliropo phages, ilsn'avaientqu'unoeil au milieu 
du front. Voy. l'Odyssee. 

Cylindres, sortes d'amulettes circulaires que 
lesPerses et les Egypliens portaient au cou* et 
qui etaient ornees de figures el d'hieroglyphes. 

Cymbale, c'est le nom que les sorciers don- 
nent au chaudron dans lequel ils mangent leur 
soupe au lard parmi les fetes du sabbat. 

Cynanthropie. Ceux qui sont , altaques de 
cetle espece de frenesie se persuadent qu'ils sont 
changes en chiens. C'est, comme la bousanthro- 
pie, une nuance de Fetal de lqup-garou. Voy. 

LOUPS-GAUOUS. 

Cynobalanes, nation imaginaire que Lucien 
rep resen le avec des museaux de chien et montes 
sur des glands ailes. v 

Cynocephale, singe que les figyptiens nour- 



rissaient dans leurs temples pour corinaitre le 
temps de la conjonction du soleil et de la. lime. 
On etait persuade que , dans cetle circonstafice , 
l'animal devenu aveugle refusait toule nourri- 
ture. Son image, placee sur les clepsydres, etait 
purement hieroglyphique. On prelendait qu'a 
chaque heure du jour le cynocephale criait tres- 
exaclement. Voy. Loups-garous. 

Cyprien (saint). Avant de se convertir au 
christianisme , saint Cyprien s'occupait de ma-, 
gie. On voit dans ses Acta , ecrits par Simeon 
Metaphraste, qu'il evoquait les demons, et que 
cefurent les epreuves; qu'il fit de leur impuis- 
sance contre le simple signe de la croix qui l'a- 
menerent a la foi chretienne. 

Cyrano de Bergerac, ecrivain remarquable du 
dix-seplieme sieele. On trouve dansi ses ceuvres 
deux lettres tres^originales sur les sorciers. Nous 
n'avons pas besoin d'indiquer ses histoiies. des 
empires du soleil et de la lune. II a fait aussi un 
voyage aux enfers ; c'est une pure plaisanterie 



D 



Dabaida. Les naturels de Panama ont une 
idole de ce nom, qui etait nee de race mor telle 
cl qu'on deffia aprijs sa mort. Quand il tonne ou 
qu'il fait des .eclairs-, c'est Dabaida qui est fachee ; 
alors on brule des esclaves en son honneur. . 

Dactyles , genies phrygiens du genre des ca- 
bires ; ils enseigrierent aux hommes Tart de for- 
ger le fer, si on veiit bien en croire la*mylholo- 
gie grecque. 

Dactylomancie, divination qui se pratiquait 
au moyen de bagues ou anneaux fondus sous 
I'aspeclde certaines constellations, et auxquels 
elaient attaches des charmes et des caracleres 
niagiques. C'est, dil-on, avec un de ces anneaux 
que Gyges se rendait invisible en Lou man t le 
chaton dans sa main. Clement d'Alexandrie parle 
tie deux anneaux que possedaient les tyrans de 
la Phocide, et qui les avertissaient, par un son, 
du temps propre a certaines affaires; ce qui ne 
les enipecha pas de tomber dans les grilles du 
demon, lequel leur tendait un piege par ses arti- 
fices 1 . 

Badjal on Deggial,nom deFAntechrist chez 
lesChaldeens et chez les Mahometans ; il signifie 
dans leur langue le menteur et Pimposleur par 
excellence. 

Bagobert I cr , roi de France, mort en 638, a 
agede trenle-sepl ans. Une vieille legende eta- 
Wit qu'apres qu'il fut mort un bon ermite, nomme 

^Delancre, IncrednKtc et mccreance du sortilege 
mnement conmincues, traiW V, p. 261. 



Jean, qui s'etait retire dans une petite ile voisine 
des coles de la Sicile, vit ei? songe, sur la mer, 
l'ame du roi Dagobert enchainee dans une batv 
que, et des demons qui la : mallraitaient en la 
concluisant vers TElna, ou ils devaient la prcS.ei- 
piter. On croyait* autrefois que le cralere de ce 
volcan etait une des entrees de I'enfer, etil n'est 
pas encore verifie que ce soil une erreur. L'&me 
appelait a son secours saint Denis, saint Maurice 
el saint Martin, que le roi, en son vivant, avait 
fort honords, parce qu'un jour qu'il avait offense 
son pere ils lui avaient promis leur appui, dans 
une vision. Les trois saints descendirent, re- 
vetus d'habits lumineux, assis sur un nuage bril- 
lanl. lis arreterent les malins esprits, leur enle- 
verent la pauvre ame et 1'emporterenl 2 . Un 
monument curieux, le tombeau de Dagobert, 
sculp te au temps" de saint Louis, retrace- naive- 
menl ces circonstances. La principale facade est 
diviseeen trois ban des. Dans la premiere on voit 
quatre demons (deux oni des oreilles d'ane) qui 
emmenent Tame du roi dans une barque; la se- 
conde represenle saint Denis, saint Maurice et 
saint Martin , accompagnes de deux anges , avec 
un benitier ; ils chassenL les demons. Sur la troi- 
sieme bande, on voit Tame qui s'enleve, el une 
main genereuse sort d'un nuage pour l'accueil- 
lir. Les farceurs ont glose sur celle po&ie du - 
moyen age, sur cetle legende et sur le monu- 

1 Voyez les Legmdes de I 'autre monde. 

2 Gesta Dagoberti regis, etc. 

43 



DAG 



194 



DAN 



went, qui est toujours dans -Peglise de Saint- 
Denis. Mais quel mal y a-t-il done dans ces recits 
que PlSglise n'a jamais imposes, et qui sont 



au moms des fleurs? Ge qu'il y a de mal, e'est 
que ces fleurs tombent quelquefois devant des 
pourceanx. 



HP !1 " t! Wafe 



sur" 




Vision dc ragobert 



Dagon, demon de second ordre, boulanger et 
grand panelier de la cour infernale. On le trouvc 
figurant dans la possession d'Auxonne. Les Pbi- 
listins Padoraient sous la forme d'un roonstre 
reunissant le buste de Phomme a la queue du 
poisson. lis lui attribuaient Phwenlion de Pagri- 
cullure, qu'on a attribute a tant d'autres. On Jit 
dans le premier livre des Rois que, les Philistins 
s'etant rendus maitres de Parche du Seigneur, 
et Payant placde a Azot dans leur temple, oil se 
trouvait Pidole de Dagon » on vit le lendemain 
cette idole mutilee, et sa tete avecses deux mains 
sur le seuil de la porte. a Depuis lors , dit Pau- 
teur sacr<5, les sacrificateurs de Dagon et tous 
ceux qui enlra ient dans son temple nemarcbaient 
plus sur le seuil de cette porle. » Au Pegu on 
regarde -Dagon comme le Dieu createur, et on 
croit la que, quand les kiakias aliront detruit ce 
monde, Dagon ou Dagoun en fera paraitre un 
autre qui sera bien plus beau et beaucoup plus 
. agrdable. 

Dahman est cbez les Persans le genie qui 
regoitet protege les ames des morts, et il les 
place comme elles Pont merite. 



Dahut:- Voy. Is. 

Damnetus ou Damachus, loup-garou de 
1'anliquiie, On conte qu'ayant mange le venire 
d'un petit enfant sacrifid a Jupiter Lycien en Ar- 
cadie, il fut change en loup. Mais il reprit sa 
premiere forme an bout de dtx ans, II remporla 
meme, depuis, le prix de la lutle aux jeux Olym- 
pic! ties 4 . 

Danake. C'est le nom de Pobole c[ue Pon pla- 
caiL chez les pa'iens sous la langue des moils, ct 
qu'ils donnaienta Gharon pour lour passage dans 
sa barque. 

Daniel , Pun des quatre grands prophetes. On 
lui attribue un traite apocrypbe de YAH A* 
songes. Les Orienlaux le regardent aussi comme 
Pinventeur de la geomancie. 

Dattis, sorcier du dernier siecle, qui f"t ac- 
cuse cPavoir ensorcele un jeunc bomme de Noisy 
le Grand, en 1705. Ce fait est rapporte longuc- 
ment dans VHistoire des pratiques stiperslUicusa 
du pere Lebrun,qui pense qu'il pourrait bien) 
avoir la de la sorcellerie. D'autres croient quclc 

1 Dclancro, Tableau de I'inconst. des demons, clCi 
liv. IV, disc, in, p. 267. 



DAN 



— -195 



DAN 



jemie homme ensorcele n 'avail que des halluci- 
nations. Le magnetisme, dont on commence a 
comprendre la puissance, pourrait donner raison 
an pere Lebrun, comme il explique maintenant 
beaucoup de malefices qu'on mail, contre Lous 
les leir.oignages, il n'y a pas encore Lrenle ans \ 
Danse de saint Guy-, danse epidemique qui 
gagnail au moyen age des populations lout en- 
lieres , et que les uns allribuaient a un chatiment 
de Dieu, les autres a l'obsession des demons; et 
cela a propos d'un menelrier qu'on voulait 
riiettre a mort injuslement, et qui amena sa 
delivrance en faisant danser les masses 2 . On 




Le menelrier d'Gclitcrnacli. 

■ wichercha la guerison a Echlernach, en Luxem- 
; bourg, devant les reliques venerees de sainl 
Willibrord , el le souvenir de ce singulier ph6- 
l nomtne y est toujours vivant. Ces danses eurenl 
; lieu au quatorzieme siecle snrlout. On croyait ces 
: danseurs possedes, parce qu'ils dansaient malgrd 
eux et qu'ils se disaient frappes souvenl de vi- 
sions merveilleuses. Au r-esle on ne les gueril 
\ Vie par des exorcispies. 

Danse des Esprits. Olaiis Magnus, au troi- 
sienic livrc de son Hlstoire des peuples septen- 
Irionaux, ecril qu'on voyai I encore de son temps, 
: ^.beaucoup de ces pays-la, des esprits et fan- 
^mes dansant et sauLant, principalement de 

• * Voyez les IJgend.es in females. 
: Voyez dans les IJqendes des Gomtnandemcnls de 
1c Menetrier d'Echternach. 



nuit, an son de toutes sortes d'instnimenls de 
musique. Gette danse est appelee par les gens 
du pays chorea elvarum (danse des elfes). Saxon 
le Gram maiden fait mention de ces danses fan - 
tasliques dans son Hisioire de Danemark. Pom- 
ponius Mela, dans'sa description de TEthiopie, 
dit qu'on a vu quelquefois, au dela du mont At- 
las, des llambeaux , et .en tend u des flutes et clo-' 
cheltes, et que le jour venu on n'y trouvait plus 
rien*. On ajoulail que les fan tomes fa isaient dan- 
ser ceux qu'ils rencontraient sur leur chemin , 
lesquels ne manquaient pas de se tenir pour, 
averlis qu'ils mourraierit bienlot.'On ne rencontre 
plus guere de ces choses-la. 

Danse des fees. On prelendait chez nos peres 
que les fees habitaient les forets desertes, et 
qu'elles venaient danser sur la gazon au clairde 
lune. Voy. FfsEg. 

Danse des geants. Merlin, voulant faire une 
galanterie de courlisan, fit venir, dit-6n, d'lr- 
lande en Angleterre, des rochers qui prirent la 
figure de geants , el s'en allerent en dansant for- 
mer un trophee pour le roi Ambrosius. G'est ce 
qu'on appela la danse des geants. Des ecrivains 
soutenaient, il n'y a pas longtemps, que ces ro- 
chers dansaient encore a l'av&iement des rbis 
d' Angleterre. 

Danse des morts. L'origine des danses des 
morts, dont on lit le sujet de tant de peintures, 
date du moyen age; 'el les out 6l& longtemps en 
vogue. D'abord on voyai t frequemment, pendant 




£T^~^ 



le temps du carnaval, des masques qui rcpresen- 
Laient la mort ; ils avaientle privilege de danser 
avec tousceux qu'ils rencontraient en lesprenant 
par la main, et l'efTroi des personnes qu'ils for- 
gaient de danser avec enx amusail le public. 
Bientot ces masques eurent l'idee d'aller dans les 
ci me lieres executer leur danse en l'honnenr des 
trepasses. Ces danses devinrenl ainsi un effrayant 
exercicc de devotion ; ellesdlaient accompagnees 
de sentences lugubres', et Ton ne sail pourquoi 
alors el les prirent le nom de danses macabres. 
On fit des images de ces danses qui furent rcve- 
rees par le peuple. Ges danses macabres se mul- 
Liplierent a Tinfini au quinzieme el an seizieme 
siecle: les artistes les plus habiles furent em- 
ployes a les peindre dans les vestibules des cou- 
vents et sur les murs des cimetieres. La danse 
des morts de Bale futd'abord ex6cutee danscelle 

1 Taillepied, Psijcholoqic, p. Oo. 

43. 




pi 



tits 



iff 





DAN 



— 196 



DAN 



ville en lft 35 par I'ordre da concile qui y etait 
rassemble. Ge qui l'a reudue celebre, c'est quelle 
fut ensuile refaite par Holbein,' « L/idee de cette 
danse est juste et vraie disait il y a quelque 



temps M. Saint-Marc Girardin. Ce monde-ci est 
un grand bal ou la mort donne le branle. On 
danse plus ou moins de contredanses, avec pi lis 
ou moins de joie; mais cette danse enfin, c'est 



A. 



> 



13 : 



if. 



: H i 'i 



V 



l-V, 



Danse dcs foes. 



touiours la mort qui la mene : efc ces danseurs Je meme ecrivain : I'une a Dresde, clans le ci 



de tous-rangs et de tons -dials, que sont-ils? Des 
mourants a plus ou moins long tenne. 

» Je connais deux danses des morts, poursnit 



meliere au dela de IlElbe-, 1'aulre en Auvergne, 
dans radmirable eglise de la Ghaise-Dieu. GeUc 
derniere est une iresquo ; que^ rhmmdile rongc 




Danso des fdcs* 



chaque jour. Dans ces deux danses des morts, la 
mort est en tele d'un chceur d'hommes d'ages et 
d'elats divers : il y a le roi et le mendiant, le 



vieiliard et le jeune bomme, et la mort lesen- 
tralne lousapreselle. Ces deux danses desmoid 
expriment I'idee populaire de la maniere lap 



DAN 



197 



simple. Le genie d'Holbein a feconde cette idee 
dans sa fameuse Danse des morls du cloitre des 
dominicains a Bale; c'eLait une fresque, et elle 
a peri comme perissent peu a peu les fresques. 
II en reste au in usee de Bale quelques debris et 
des miniaLures coloriees. La danse d'Holbein 
n'est pas, comme celles de Dresde el de la.Chaise- 
Dieu, une chain e. continue de danseurs menes 
par la mort; chaque.danseur a sa mort cojitumee 
d'une fagon diOerente, selon Fetat dii mouranl. 
De cette maniere, la danse d'Holbein est une 
suite d'episodes reunis dans le ineme cadre. I] y 
aquarante et une scenes clans le: draine d'Hol- 
bein ,,et dans ces quarante et .une', scenes une 
vari.ete infinie. Dans . aucun de ces .tableaux, vous 
ne trouverez la meme pose, la meme attitude, 
la meme expression : Holbein a compris que les 
homines ne se ressemblent pas plus dans leur 



mort que dans leur vie, et que, comme nous 
vivpns Lous a notre maniere, nous avonstous 
a u ssi no tre man ier e de mou ri r. 




» Holbein costume, le laid et vilain squeletle 
sous lequel nous nous ligurons. la mort, et il le 




> costume de la fa con du monde la plus bouflbnne, 

{ wpnmant, par les attribuLs qu'il lui dpnne , le 

| caractere et les babiludes du personnage qu'il 

t veul repr^senter. Chacun de ses tableaux est un 

. ^^tt'oeuvre 'd'invention. — II est incroyable 

\ wee quel art il donne l'expression de la vie et 

\ ^ u sentiment a ces squeletles hideux, a ces 

\ figures decharnees, Tous ses morts vivcnt, 

; Pensent, respirent; Lous ont le geste, la phy- 

■ sionomie, j'allais presque dire les regards et les 

I touleurs de la vie. 



» Holbein avait ajoute a Tidee popukiire. de !a 
Danse des morts : le peintre inconnu du pont de 
Lucerne a ajoute aussi a la danse d'Holbein. Ge 
ne sont pas des peintures de prix que les peiri- 
Uires du pont de Lucerne; mais elles ont un me- 
rite d'invention fort remarquable. Le peintre a 
represents, dans les Lriangles que forment les 
pouLres qui soutiennent le Loitdu pont, les scenes 
ordinaires de la vie, et comment la mort ;les in- 
Lerrompt brusquement. 

» Dans Holbein, la mort prend le costume et 



DAN 



198 



DAN 



les attribute de tous les etats, montrant par la 
que nous sommes tous sou mis a sa necessity. Au 




pout de Lucerne, la mortvitavec nous. Faisons- 
nous une partie de campagne, elle s'habille en 



cocher, fait claquer son fouet; les enfants rient 
et petillent : 3a mere seule se plaint que la voi- 
ture va trop vile.. Que voulez-vous ! c'est la mort 
qui conduit, elle a bate d'arriver. Allez-vousau 
bal , voici la niorl qui en Ire en coiffeur, le peigne 
a la main. « Ilatez-vous , dit la jeune fille, lialez- 
vouslje ne veux pas arriver trop tard. — k 
ferai vite! » Elle fait vile; car a peine a-t-elle 
touch e du bout, de son doigt ddcharne le from 
de la danseuse, que ce front de dix-sept ans se 
desseche aussi bien que les ileurs qui devaient 
le parer. 

)) Le pont de Lucerne nous montre la morl a 
nos cotes et partout : a table, ou elle a la ser- 
viette aufcour du cou , le verre a la main , et porle 
des sautes; dans l'atelier du peintre, ou, en 
garcon barbouilleur, elle tient la palette et broie 
les couleurs ; dans le jardin, ou, vetue en jardi- 
nier, l'arrosoir "a la main , elle mene le rnaitre 
voir si ses tulipessont ecloses ;_dans la boutique, 




oil en gargoif marchand , assise sur des ballots 
d'etofle, elle>]rair engageant et appelle les pra- 
tiques; dansle corps de garde, ou, le tambour 
en main, elle bat le rappel ; dans le carrcfour, 
oil, en faiseur de tours, elle rassemble les ba- 
dauds ; au barreau, ou, vetue en avocat, elle 
prend des conclusions : le seul avocat (dit la 
Idgendeen mauvais vers allemands places au bas 
de chaque tableau) qui aille vite et qui gagne 
touLes ses causes; dans l'antichambre du minis- 
tre, oil, en solliciteur, Tair bumble eL le dos 
courbe, elle presente une petition qui sera ecou- 
l4e;.dans le combat, enlin, ou elle court en tele 
des bataillons, et pour se faire suivre elle s'est 
noue le drapeau autour du cou... » 
Danse des tables. Voy. Tables touiwaistks. 
Danse du sabbat. Pierre Delancre assure 
que les danses du sabbat rendent les homines 
furieux et font avorter les femmes. Le diable, 
dit-on , apprenait dillerentes sortes de danses aux 
sorciers de Geneve. Ces danses etaient fort rudes, 
puisqu'il se servait de verges et de batons commc 
ceux qui font danserles animaux. 11 y avait dans 
ce pays une jeune femme a qui le diable avait 
donnd une baguette de fer qui avait la vertu de 
faire danscr les personnes qu'elle Louchait. File 



se moquait des juges durant son proces, et leur 
protestait qu'ils ne pourraient la faire moiirir; 
mais elle dechanta *. 




Les demons 2 dansent avec les sorcieres, cn 

1 Delancre, Tableau de VinconsL des demons,^; 
liv. Ill, disc, iv, p. 204, 

2 Bodiiij Demonomania, lh\ I, ch, iv. 



DAN 



— 199 — 



DAY 



forme cle bouc on de tout autre animal. On daase 
generalement en rend an sabhat, dos a[dos, ra- 
remenl seul ou a deux. II y a trois branles: le 
premier se. nomme le branle a la bobemienne ; 
le second s'execuLe comme celui'de nos artisans 
dans les campagnes, e'est-a-dire en sautant tou- 
jours le dos tourne ; dans le troisieme branle, on 
se place tons en long , sc tenant par les- mains 
el avec certaine cadence, a peu pres comme dans 
ce qu'on appelle aujourd'hui le galop. On exe- 
cule ces danses au son d'un petit tambourin, 
d'une flute, d'un violon on d'un autre instrument 
que Ton frappe avec un Mton. C'est la settle mu- 
sique du sabbat. Cependant des sorciers ont as- 
sure qu'il n'y avait pas de concerts au monde 
mieux executes... 

Danse du soleiL C'est une croyance encore 
repandue dans beauconp de villages que le soleil 
danse le jour de Paques. Mais cette gracieuse 
tradition populaire n'est que de la poesie, comme 
les trois soleijs qui se levent sur P horizon le ma- 
lm de la Trinite. 

Dante, le plus grand poete de PItalie, mort 
en 1321, a fait dans sa Divina Comedia une des- 
cription prodigieuse, en trente-trois chants, de 
1'enfer et une autre du-piirgatoire. Mais il ne faut 
chercher la qiPune grande poesie; M. E. Aroux, 
dans son livre intitule Y'Herfoic du Dante, a 
voulu demon trer que Dante etait attache a Phe- 
rdsie s vaudoise, qui eritraina tant d'i imaginations 
au treizieme Steele; c'est douteux. 

Daphnephages, devins qui, avantde repondre 
aux questions qu'on leur faisait, mangeaient des 
feuilles de laurier , parte que, eet arbre etant con- 
sacre a Apollon, 31s se croyaient de la sorte in- 
spires de ce dietu 

Daphnomancie , divination par le laurier. On 
on jelait une branche dans- le. feu; si elle petil- 
lait en brulant, c/^tait un heureux presage ; mais 
si elle brulait sans faire de bruit, le pronostic 
etait facheux. 

Dards magiques. Les Lapons, qui passaient 
autrefois pour de grands sorciers et qui le sont a 
present bien peu, lan^aient, dit-on, des dards de 
plomb longs d'un doigt contre leurs ennemis 
absents, et croyaient leur envoyer avec ces dards 
cnchanles des maladies et des douleurs violentes. 
fttf. Tyre. 

Daroudji. C'est le nom que les Persans don- 
ncnt a la troisieme classe de leurs mauvais g&iies. 

Barvands , mauvais gtSnies en Perse, opposes 
a«x amschaspands; 

Daugis, auteur peu connu d'un livre contre 
les sorciers intitule Tvaite sur la magic, le sor- 
Mfyc, les possessions } obsessions et male/ices, ou 
1'on endemonlre la vdrite et larealild; avec une 
nieihode sure et facile pour les discerner, el les 
elements contre les devins, sorciers, magi- 
ciens, elc. Paris, in-12, 1732. 

Dauphin. On ne sait pas trop sur quoi est 



fondle cette vieille croyance populaire , que le 
dauphin est Tanii de Phomme. Les anciens le 
connaissaient si imparfaitement, qu'on Pa presque 
toujours represents avec le dos courbe en arc, 
tandis qu'il a le dos plat comme les autres pois- 
sons, a moins que nous ne donnions le nom de 
dauphin a un poisson qui ne serait pas celui des 
anciens. II y a des races perdues. On trouve dans 
Elien et dans d'au Ires naturalistes des enfants 
qui.se promeneilt en nier a eheval sur des dau- 
phins apprivoises ; ce sont de ces merveiUes qui 
ne sont plus faites pour nous. ^- On sail que le. 
dauphin est le symbole de la rapidite .: et c'est 
dans un sens emblematique i pour'rappeler qu'il 
faut se hater avec prudence , qu'on a peint le 
dauphin entortille a une ancre ; car il est faux que 
par affection pour Phomme il la conduise au fond^ 
de la mer, comme le contaient nos peres - 

Dauphine, anciennc province de France qui, 
des le quatorzieme siecle, attaqueedans sa foi, 
ainsi que les Gevennes , par diverses bandes h6- 
•retiques, accueillit rapidement le calvinisme^ et 
lbrs de la revocation de Pedit de Nantes, devint 
le theatre de ph(§nomenes extraordinaires ou se 
glissa vite la magie. II s'eleva la des holes de 
propheles, qui , dans des extases et des transports, 
disaient etfaisaieht des choses tout a fait excen- 
triques, Un nomme Serre ou Duserre etait le gou- 
verneur et le maitre de Pecoie de prophetic. 
Quelqucs-uns de ses dleves se firent un nom, 
entre autres Gabriel Astier et une jeune fille 
(car il y avait prophfetes et prophetesses) nom- 
mee Isabetle, connue sous le nom de la belle 
Isabeau* Des mini stres pro testants se mfilaient a 
cet ebranlement ; Juried lui-meme prophdtisa. 11 
fallut envoyer des troupes pour abattre cette tetii- 
pele qui devenait menagante. Isabeau se con- 
verlit; et la repression, que lesreformfe ont fort 
noircie, se fit avec moderation 2 .0n a appeld; ces 
singuliei^s rebelles camisards , a cause de leur 
maniere cle se reconnaitre dans leurs reunions 
secretes : ils se mettaient une chemise par-dessus 
leurs habits. 

David* Selon les Orienlaux , ce prophete-roi 
se faisait obeir des poissons, des oiseaux et des 
pierres; ils ajoutcnt cpe le fer qu'il tenait dans 
ses mains s'amollissait , et que les larmes qu'il 
versa pendant les quarante jours qu'il pleura son 
peche faisaient naitre des planles. Adam , disent 
les musulmans-, avait donne soixante ans de la 
duree de sa vie pour prolonger celie de David, 
dont il prdvoyait le rfrgne glorieux. 

David, pretre apostat, mele a la possession de 



1 Brown, Des erreurs populaires , liv. V, cli, n. 

2 Yoyez, dans les Ldgendcs infernales^cs Propheies 
du Dauphine. M. Ilippolyle Blanc a donne recemment 
unecuricuseet tres-inteVessantehistoire do ces fails, 
sousce litre: De ['inspiration des t ' camisards, 
1860 A h Paris, chez Henri Plon. 



DAY 



200 



DEL 



Louviers par ses relations avec Madeleine Ba- 
yent. 11 eut une mort subile. 
. David Georges, vitrier de Gand, qui en 1525 
se mil a courir les Pays-Bas, en disant qu'il etait 
le Messie envoye sur la terre pour remplir le 
del, qui avait beaucoup trap de vide. On le si- 
gnals commeunfou dangereux; mais ilchangeait 
de nom pour se.meUre a couvert des poursuites. 
II ensorcelait les esprits, ditDelancre, tandis que 
les autres sorciers ensorcelaient les corps. Au 
bout de treize ans qu'il sejourna a Bale, il mou- 
rut. Ses, disciples furent etonnes de sa mort, car . 
ils le croyaient immortel : cependant il leur avail 
predit qu'il ressuciterait trois jours apres son 
trepas. Ge qui n'eut pas lieu 1 ; et ses resles fu- 
rent bruits en 1559. 

David. Jones. Les matelots anglais appellent 
de ce nom le mauvais genie qui preside a tous' 
les esprils malfaisants de lamer. II est dans tous 
les ouragaps; on Pa yu quelquefois d'une taille 
gigantesque,. montrant trois rangs de dents ai- 
gues dans sa bouche enorme, ouvrant de grands 
yeux effrayants et de larges narines, d'ou sor- 
taient des flammes bleues* 

Deber. Des th^ologiens h^breux disent que 
Deber signifie le demon qui offense la nuit; et 
Cheteb ou Ghereb , celui qui offense en pleinmidi. 
Decarabia. Voy. Caiubia. 
Decius (Publius). Pendant la guerre des Ro- 
mains contre les Latins > les consuls Publius De- 
cius et Manlius Torqualus, campes pres du Ve- 
suve, eurent tous deux le meme songe dans la 
m£me nuit : ils virent en dormant un homme 
d'une figure haute, qui leur dit que Pune des 
deux armees devait descendre chez les ombres, 
et que celle-la serait victorieuse dont le general 
se devouerait aux puissances de la mort* 

Le lendemain les consuls, s'etant raconte leur 
songe, firent un sacrifice pour s'assurer encore 
de la volonte des dieux , et les entrailles des vic- 
times con fir meren t ce qu'ils avaient vu. lis con- 
vinrent done entre eux que le premier qui ver- 
rait plier ses bataillons s'immolerait au salut de 
la patrie. 

Quandle combat fut engage, Decius, qui vit 
tldchir Paile qu'il commandait, se devoua, et 
avec lui toute Parmee ennemie aux dieux infer- 
naux, et se precipita dans les rangs des Latins, 
ou il recut la mort en assurant a Rome une vic- 
toire eclatante 2 . - 

Si ce double songe des consuls et les presages 
des victimes publies dans les deux armees n'e- 
taientqu'un coup de politique , le ddvouement de 
Decius etait un acte de patriotisme bien grand, 
meme chez les Bomains. 

Decremps, escamotenr du dernier siecle, qui 
publia un Traite de la magic blanche. 

1 Voyez Thistoire de David Georges, dans les L6- 
gendes infernales. 

2 Tite-Livo et Vatere-Maxime. 



Dedshail,le diablechezplusieurs tribusarabes. 

Dee (Jean), savant fou, ne aLondres en j J 527. 
II s'occupa de cabale, d'alchimie et d'astrologie. 
La reine Elisabeth le tira de sa misere et Pappela 
$o?i pfiilosophe. II a laisse quelques ecrits que Ga- 
saubon a publies. Mori enJ607. 

Deification. Yespasien, se voyantsur le point 
de mourir, dit k ses amis, par une assez fine 
raillerie de Padulation des Romains , qui deifiaient 
leurs empereurs apres la mort : « Je sens que je 
deviens dieu. » 

Deiphobe , sibylle de Cumes. Voy. Sibylles. 

Deisme. Le deisrne n'est autre chose que la 
religion de la nature materielle , mais en niant 
tout dans le surnaturel : cetle triste et froide doc- 
trine n'explique rien , ne produit rien , ne mene 
a rien. 

Dejections. Le medecin de Haen, dans le der- 
nier chapilre de son Traite de la magie, dit que 
si Pon voit sortir de quelques parties que ce soil 
du corps humain, sans lesion considerable , des 
choses- qui naturellement ne peuvent y enlrer, 
comme des couteaux, des morceaux de verre, 
du fer, de la poix; des touffes de criir, des os, 
des insecles , de grosses epingles tordues, des 
charbons, etc. , on doit attribuer Lout cela au de- 
mon et a la magie. Voy. Excrements* 

Delancre (Pierre) , demonographe renomme, 
ne a Bordeaux dans le seizi&me siecle. 11 ful 
charge d'instruire le proefcs de quantites de vau- 
riens accuses de-; sortileges. Dans ces travaux il 
demeura convaincu de toutes les abominations 
du sabbat et des sorciers. II mourut a Paris vers 
1630, On a de lui deux ouvrages recherches sur 
ces matieres. 

1° L 'incredulity et mecrdance du sortilege plci- 
nement convaincttcs , oil il est amplement etcu- 
rieusement traite de la verite ou illusion du sor- 
tilege, de la fascination, de raltouchement , du 
scopelisme, de la divination, de la ligature oti 
liaison magique, des apparitions et d'une infi- 
nite d' autres rareset nouveaux sujets, par P. De- 
lancre, conseiller du roi en son conseil d'fitat. 
Paris, Nicolas Buon, 1612, in-4° de pr6s de 90S 
pages, assez rare , dedie au roi Louis XIII , divisc 
en dix traites. 

Dans le premier traite , l'auteur prouve que 
tout ce'qu'on dit des sorciers est veritable. Le se- 
cond, intitule de la Fascinalio?i, demontre que 
les sorcifcres ne fascinent, en ensorcelant, qu'an 
moyen do diable. Par letroisieine traite, consacrc 
a YaUouchement, on voit ce que peuvent fairc 
les sorciers par le toucher, bien plus puissant 
que le 'regard. Le traite quatrieme, ou il s'agit 
du scopMismC; nous apprend que par cette science 
secrete on maleficie les gens en jelant simple- 
ment des pierres charniees dans leur jai'din. Le 
magnetisme explique aujourd'hui la plupart de 
ces prodiges. Le traits suivant delaille toutes \® 
divinations* Au sixi&me trait<5 » on s'instruit de 



DEL 



DEM 



tout qui tient aux ligatures. Le septiemeroule sur 
les apparitions. L'auteur, qui ne